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Saison 6, Episode 9

Première partie

Écrit par Sheila Harper

Version française de

Épisode 9 : Walk In My Shoes

Traduction Hypérion

PRÉCÉDEMMENT DANS LOIS & CLARK :

Un mois auparavant le Dr Klein avait fini par décoder une partie des dossiers que Clark avait copiés sur le réseau de la LexCorp. Les parties décodées contenaient suffisamment d'informations pour convaincre Lois elle-même (qui avait essayé de voir l'histoire de Luthor de façon impartiale) qu'il avait menti, qu'il n'y avait jamais eu de clone.

Et cela signifiait que l'homme vivant ouvertement à Métropolis connaissait la véritable identité de Superman.

Le problème avec la pierre Zélig, il le savait depuis longtemps, était qu'elle était trop personnelle. Il fallait serrer la main de la victime pour effectuer un transfert. Mais avec cette petite machine amplifiant et concentrant le pouvoir de la pierre… la programmation était effective à distance. Même Superman ne serait pas invulnérable à un tel transfert.

"Comment ça s'est passé ?" demanda Clark, se tenant dans son habituelle posture de Superman, bras croisés, jambes plantées comme de jeunes chênes, cape au vent.

En entendant cette voix familière, Laura commença à s'agiter, et se mit à crier en tendant les bras vers son papa.

"Oops," ajouta-t-il, jetant un œil autour de lui pour voir si quelqu'un avait remarqué la réaction de sa fille.

Lois dressa les sourcils. "Il vaudrait mieux que tu n'aies pas ton costume le jour où elle sortira 'papa' pour la première fois."

"Un autre meurtre ?" demanda Lois en poussant la porte de la petite maison de Chris Tryfillis pour retrouver Clark. Elle regarda les notes qu'il avait prises. "Qu'est-ce que c'est que ça ? Aucune trace de lutte, rien n'a été volé, pas de signe d'effraction, juste une balle derrière la tête ?"

"Comme une exécution. Mais on n'a pas besoin de chercher un rapport avec Luthor, cette fois. Tryfillis travaillait au laboratoire informatique de la LexCorp," dit son mari.

Nick se recula de son bureau en regardant dans le couloir à travers la vitre. Un couple avançait vers la porte de son laboratoire : un homme aux cheveux bruns avec des lunettes et une petite femme brune à ses côtés.

Oh, Seigneur. Il plongea derrière son écran, cognant presque sa chaise dans sa hâte de se mettre hors de vue de la vitre, en tremblant dans l'attente du coup de feu. Ces gens étaient ceux que la police pensait être les assassins de Chris, et maintenant, juste quelques heures après qu'il les ait vus quitter la maison de Chris, ils se montraient à son laboratoire.

''Docteur Trifyllis ?" appela Lois. ''Votre porte était ouverte. Etes-vous encore là ?"

Clark lui attrapa la main. Quelque chose n'allait pas. Il baissa ses lunettes et radiographia la pièce. "Lois, attends," dit-il--"

--quand un éclair de lumière blanche les saisit et les figea sur place. Puis la lumière s'éteignit et ils s'écroulèrent.

"Que-- que s'est-il passé ?" demanda Clark--

--avec un geste de recul en entendant la voix. Haut perchée, indubitablement féminine . . . que lui était-il arrivé ? Ignorant la douleur dans sa tête, il se redressa sur un coude et s'examina. Un tailleur ? Des bas ? Il passa une main incrédule sur sa poitrine, sur des formes très familières. Il leva un regard horrifié vers son double. "Lois ?"

L'image de lui-même hocha la tête et il grogna, "Oh, non, pas encore."

Clark prit les mains de Lois dans les siennes et dit, "Ferme les yeux et concentre-toi sur le fait d'être dans ton propre corps."

Ils fermèrent les yeux et, pendant quelques instants, le seul bruit dans la pièce était celui que faisait Laura qui mâchait l'un de ses jouets. Lois ouvrit les yeux. "Il ne s'est rien passé."

Clark garda les yeux fermés et lui serra les mains. "Essaie encore."

Ils se penchèrent l'un vers l'autre jusqu'à ce que leurs fronts se touchent, mais à nouveau : "Rien" dit Lois frustrée. " Ça ne marche pas." Elle se recula et se leva, puis arpenta la pièce avec nervosité. "Clark, qu'est-ce qu'on va faire ?"

Il cachait manifestement sa déception. "Trouver Nick Trifyllis," dit-il.

La frustration et la peur la conduisirent à exprimer l'impensable par des mots. "Et si on ne le trouve pas ?"

Clark leva vers elle son regard sombre. "Je ne sais pas."

ACTE 1

"Chérie ? Tu peux me donner un coup de main ?" appela Clark.

Lois attrapa Laura et grimpa l'escalier. "Viens, mon trésor, montons voir Pa-- Ma-- Montons," termina-t-elle, décidant d'éviter de prononcer les noms. Les choses étaient suffisamment confuses sans avoir besoin d'y mêler Laura.

Clark avait enlevé la jupe et la veste assortie qu'il portait, enfilé un jeans, et se débattait pour détacher le petit haut de soie bleu nuit, qui se boutonnait dans le dos. "Oh, tu es là," dit-il en regardant par-dessus son épaule au moment où Lois et Laura entraient dans la chambre. "Tu peux m'aider à retirer ça ?" Il avait les deux bras dans le dos, mais ne paraissait pas trouver les boutons.

C'est tellement bizarre, se dit Lois en posant Laura par terre et en la regardant ramper vers sa "mère." La voix de Clark n'était plus la même à ses oreilles. Et de plus, il ressemblait à ce clone infantile que Lex avait fait d'elle. "Voilà," dit-elle en défaisant les boutons avec un sourire.

Il retira le chemisier et prit un t-shirt qu'il enfila avec un soupir de soulagement. Puis il remarqua son expression. "Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?"

Elle hocha la tête. "D'ordinaire tu tourbillonnes pour enlever ton costume qui s'attache dans le dos, et maintenant . . . "

Il se baissa pour prendre Laura. "Sois gentille," l'avertit-il. "Je n'ai encore rien dit sur ta façon de -euh - tourbillonner."

"Oui, mais--" Lois s'arrêta, s'imaginant soudain Clark coincé dans son costume et sa cravate, et elle se mit à rire. "D'accord, nous avons donc tous deux besoin de nous entraîner à mettre et retirer nos vêtements."

Clark se dirigea vers l'escalier, et elle ajouta, "Tu ne vas pas descendre comme ça, n'est-ce pas ?"

Il jeta un œil à sa poitrine visiblement féminine et fit la grimace. "On dirait que je n'ai pas d'autre choix."

"Pas ça. Je veux dire--" Son regard se posant sur ses cheveux qui n'avaient pas rencontré un peigne depuis plusieurs jours, elle tendit la main vers lui, s'arrêta et se dit 'Et puis zut,' elle arrangea doucement ses cheveux.

Il leva les yeux au ciel, sourit et hocha la tête. "Qu'est-ce que tu as contre le look 'épouvantail à moineaux' ?"

Elle le suivit dans l'escalier. "Est-ce l'une des citations de ton père ?" Le voyant hocher la tête elle poursuivit, "Parce que quelqu'un pourrait venir. De plus ça n'a pas l'air vrai."

"Euh- euh." Il mit Laura dans sa balançoire et se retourna pour regarder Lois s'asseoir dans son fauteuil favori les jambes croisées. "Ça non plus"

"Quoi ?"

"Les hommes ne s'assoient pas comme ça. J'ai--tu--as l'air d'une fille."

Ce fut au tour de Lois de lever les yeux au ciel, mais elle décroisa ses jambes. "Ça va comme ça ? Ou dois-je poser ma jambe sur mon genou et me gratter ?"

Clark prit une lente et profonde inspiration et compta jusqu'à vingt. "Non, ce que tu dois faire c'est venir à la cuisine pour m'aider à préparer le dîner."

"J'ai fait la cuisine hier soir," se plaignit-elle.

"Lo--, tu as commencé à faire cuire le riz et tu as tourné la sauce aigre-douce. Ce n'est pas de la cuisine."

"Et je devais aussi m'occuper d'un bébé qui pleurait." Mais elle se leva et le suivit dans la cuisine.

Les serrures de l'appartement de Nick ne ralentirent pas un instant Enrico O'Reilly, et ses recherches furent également rapides et efficaces. En moins de dix minutes, il avait rempli la poche de son manteau d'une demi-douzaine de disquettes. Il n'avait pas réussi à trouver un carnet d'adresses, aussi il essaya d'allumer l'ordinateur pour voir si Trifyllis avait un fichier d'adresses. Toutefois, le programme refusa de s'ouvrir sans mot de passe et après avoir bataillé pendant encore une dizaine de minutes, il fut forcé d'admettre sa défaite et de quitter l'appartement sans avoir trouvé l'adresse du mystérieux Alexios.

"D'accord, on ne peut rien faire sans Nick Trifyllis, mais il n'est ni chez lui ni à son travail, alors la première chose que nous devons faire est de le chercher. Tu as une idée ?" demanda Clark en mettant une cuillerée de purée de carottes dans la bouche de Laura.

Sa fille montra son mécontentement au goût de ces légumes en faisant une grimace et en les rejetant avec sa langue sur son menton. Depuis l'autre côté de la table, Lois essuya la purée orange du visage de son bébé et lui dit sévèrement. "Pas de compote avant d'avoir mangé tes carottes." Mais Laura l'ignora et, en souriant, prit une cuillerée de céréales et de compote dont seulement la moitié parvint à sa bouche.

"Ces bavoirs ne valent rien," se plaignit Lois, essayant d'essuyer les derniers efforts de Laura pour manger seule. "Je vais lui trouver un de ces trucs en plastique." Elle regarda de l'autre côté de la table et remarqua l'expression patiente de Clark. "Désolée, chéri" dit-elle en riant. "Je suis un peu déroutée."

"J'ai remarqué." lui répondit-il en souriant. "Mais pouvons-nous revenir à Nick Trifyllis ?" ajouta-t-il prestement.

"Eum, bien. Peut être qu'on pourrait fouiller sa maison et son laboratoire cette nuit."

"D'accord. Tu crois que ta mère pourra garder Laura ou tu veux que j'appelle mes parents ?"

Lois fronça les sourcils. "Je peux peut-être y aller toute seule. Je peux faire un rapide aller-retour pour voir s'il est là et je reviendrai te chercher."

"Tu me laisses ici pendant que tu vas là-bas ? Je croyais qu'on était partenaires."

"Nous le sommes. Mais tu es le premier à dire que Laura se rend compte que nous sommes souvent absents. Je pensais juste qu'il valait mieux que nous ne partions pas tous les deux si nous n'avions pas à le faire-- et je peux fouiller plus vite."

Clark se retourna et regarda sa fille qui sembla sentir son regard et leva les yeux vers lui en souriant tandis que les carottes dégoulinaient de sa bouche. Un sourire réticent se dessina sur le visage de Clark devant à la joie de Laura. "Je suppose que tu as raison," dit-il enfin.

Les feux rouges qui approchaient paraissaient envoûtants dans l'obscurité et, bien qu'il ne soit qu'à quelques kilomètres de Carsonville où Alex avait déménagé quand il était sorti de prison, Nick sentit ses yeux se fermer en perdant sa bataille contre le sommeil. Sa tête dodelinait; ses mains se détendaient sur le volant; il glissait de plus en plus dans les bras de Morphée.

Ce n'est que lorsque sa tête tomba sur le côté et frappa le volant qu'il s'éveilla. Sonné, il leva les yeux et vit des buissons devant lui; puis surpris et paniqué, il réalisa qu'il avait quitté la route et plongeait droit dans un bouquet d'arbres. Une poussée d'adrénaline le réveilla en sursaut et il appuya sur le frein et tourna le volant à gauche. La voiture dérapa en biais et percuta un arbre avec la portière arrière côté passager.

Quand le véhicule s'arrêta en cahotant, Nick sortit une torche électrique de la boîte à gants et sauta par la portière pour vérifier les dégâts. La lueur de la torche lui fit découvrir une grande rayure au dessus de la roue arrière et il se retourna et retint ses larmes. C'en était trop: la mort de Chris, lui-même poursuivi par les assassins et maintenant il bousillait sa voiture. Ses tempes battaient à tout rompre, il grimpa derrière le volant et chercha son téléphone cellulaire. "Allô ? Triple A ?"

Donner le bain à Laura était plus difficile que la veille au soir. S'agenouiller devant la baignoire faisait souffrir les genoux de Clark; se pencher au dessus du bord lui faisait mal aux côtes; et retirer Laura de cette position lui donnait des douleurs dans les bras et les épaules. Elle glissa de ses mains quand il souleva son petit corps mouillé, et la rattraper lui démolit presque le dos. Il l'allongea sur une serviette sur le sol de la salle de bains pour l'essuyer et lui enfila un pyjama léger, mais se relever et la porter lui fit mal aux reins. Il gémit en la descendant à la cuisine pour lui préparer un biberon et se demanda si c'était la raison pour laquelle Lois se servait toujours de la baignoire de bébé posée sur la table à langer.

Le micro-ondes réchauffa très vite le biberon -- trop vite, réalisa-t-il, en poussant un sifflement quand il versa le lait chaud sur son poignet, tout en espérant avoir la précision de sa vision infrarouge. Toutefois, quelques minutes dans le freezer firent descendre le lait à une température convenable, et Clark emmena le bébé et le biberon au premier vers le rocking-chair de la chambre de Laura.

Il s'assit dans le fauteuil et, installant sa fille sur son bras droit, lui présenta le biberon -- tout comme il le faisait quand Lois n'était pas là. Mais au lieu de l'attraper et de porter la tétine à sa bouche, elle tourna la tête et le repoussa. "Qu'est-ce qui ne va pas, mon trésor ?" demanda-t-il. "Est-ce que ma petite Laura a mal au ventre ?" Il caressa son petit ventre et essaya de lui redonner le biberon, mais elle le repoussa d'une main en agrippant son tee-shirt de l'autre.

<Oh, non.> Il se souvint soudain que Lois se plaignait que Laura ne voulait jamais prendre de biberon avec elle -- pas même un jus de fruit. Il ferma les yeux. Non, c'en était trop. Il ne pouvait pas le faire; il ne savait même pas *comment* faire.

Mais pas plus que Lois la première fois -- ni Laura, qui pour l'instant continuait à tirer sur son tee-shirt. En soupirant, il releva sa chemise et ouvrit le devant du soutien-gorge. "J'espère que tu sais comment faire, trésor, parce que tu vas devoir te débrouiller toute seule."

Non seulement Laura savait comment faire, mais elle se cramponna avec tant d'enthousiasme que Clark retint sa respiration et sursauta quand elle le saisit. Elle se mit à téter farouchement; les sourcils froncés pendant qu'il la serrait contre lui. Il était tendu, et quand il essaya de la bercer, son petit visage mécontent se crispa. "Qu'est-ce qui ne va pas, ma-- Oh !" hurla-t-il soudain quand elle le mordit. Il s'écarta brusquement. "Non !"

A sa brusque réprimande, Laura eut le souffle coupé, puis se mit à pleurer. Clark se leva et fit les cent pas dans la chambre, la tenant contre son épaule comme s'il lui faisait faire son rot, en lui tapotant le dos doucement et en lui murmurant de doux "Chh-chh" alors que tout ce qu'il avait envie de faire était de pester. Cette chose était impossible. Il n'arrivait pas à lui faire prendre un biberon et il s'y prenait mal car elle ne pouvait téter non plus, et s'il ne trouvait pas très vite quelque chose, sa fille allait être affamée.

Se rappelant vaguement des livres qu'il avait lus quand Lois avait décidé d'allaiter, Clark se dit que le lait n'avait pas coulé. Le seul problème était qu'il ne savait pas comme faire pour y parvenir. Il pensa que cela était dû à sa tension, mais il n'avait pas sur ce corps le contrôle qu'il avait sur le sien. Il n'arrivait pas à ralentir les battements de son cœur et ses autres fonctions vitales pour se détendre malgré l'anxiété et l'énervement qu'il ressentait.

Mais il devait essayer.

Il se rassit dans le rocking-chair et prit de profondes et lentes inspirations, essayant d'envoyer à ses muscles le message "relax, relax". "Ça va, trésor," murmura-t-il, se balançant doucement en caressant le dos de Laura. Peu à peu ses pleurs diminuèrent et, quelques sanglots étouffés plus tard, elle soupira et frotta sa tête contre son épaule.

Clark la tourna et l'installa au creux de son bras. Les petits yeux bruns abattus et mouillés de larmes se levèrent vers lui et il lui caressa la main tandis qu'elle essayait à nouveau de téter. Quand ses petits doigts s'entourèrent autour de son pouce, il lui sourit -- et sentit soudain un étrange picotement dans sa poitrine. La prise hésitante de Laura devint ferme et assurée, son front se détendit avec contentement, et ils poussèrent tous deux un profond soupir.

Et comme elle se détendait dans ses bras, il la berça, caressant ses doux cheveux d'une main et passant l'index de son autre main sur la peau douce de la petite main qui cramponnait son pouce. Il lui parla doucement et sourit en regardant ses yeux bruns à moitié endormis tout en appréciant l'agréable sensation de la nourrir et de sentir la paix lui submerger le cœur. "Je t'aime, ma petite fille," murmura-t-il, et sa gorge se serra quand elle se recula pour lui faire un grand sourire mouillé de lait avant de retourner à la sérieuse affaire de manger.

Quand elle sombra enfin dans le sommeil, il la tint un long moment, étudiant son visage avec tendresse. Il l'avait aimée avant même sa naissance, mais quelque part… ceci créait un lien auquel il ne s'attendait pas. Pas besoin de se demander pourquoi Lois s'était tant battue pour la garderie du Daily Planet. La seule chose à se demander était comment elle avait pu se séparer de Laura pour retourner travailler.

"Hey, Nicky ! Entre. Qu'est-ce que tu fais dans ce bled ?" Alex Trifyllis était un peu plus petit que Nick, et ses cheveux châtain clair retombaient négligemment derrière ses oreilles et dans sa nuque. Il attrapa l'ordinateur portable et ouvrit la porte de son appartement en désordre comme s'il était le portier de l'hôtel Lexor. "Et en plus un taxi ? Qu'est-il arrivé à ta voiture ?"

La gorge de Nick se serra de chagrin, mais il parvint à dire, "Je l'ai bousillée. Je me suis endormi au volant."

"Mon vieux, tu as de la chance de ne pas avoir été tué," dit Alex en fermant la porte derrière eux.

Un sanglot se brisa sur les lèvres de Nick et il laissa tomber son sac par terre.

"Nick, qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda Alex, embarrassé et surpris.

Passant sa manche sur son visage, Nick essaya de contenir ses larmes, mais elles réapparurent aussi vite qu'il les avait essuyées. Il cessa de lutter et laissa finalement échapper, "Chris a été tué cet après-midi. Assassiné." Puis il s'effondra sur le canapé, serrant son invention dans ses bras en pleurant.

Un whoosh alerta Clark du retour de Lois et elle descendit l'escalier en trottinant quelques instants plus tard. "Désolée d'avoir été si longue," dit-elle. "Un vol à la banque qui a tourné en échange de coups de feu."

Il leva les yeux brusquement, se souvenant de l'impact de la balle dans son bras quand Woody Sams avait volé son corps. "Tu vas bien ?"

Elle acquiesça. "Ne t'inquiète pas. Je les ai désarmés avant même qu'ils ne m'aient vue." Elle fit une moue préoccupée, bien à la manière de Lois. "Tu penses vraiment que ton aura est en train de diminuer ?"

L'habitude qu'il avait de ne jamais montrer à quel point il était inquiet reprit le dessus et il essaya de minimiser ses craintes. "Je ne sais pas, mais je ne veux pas le découvrir. Etant donné que tu as pris le temps d'arrêter un cambriolage, je suppose que Nick n'était ni chez lui ni à son laboratoire ?"

"Exact. Mais quelqu'un d'autre y était."

"Quoi ?"

"Quelqu'un fouillait son appartement -- et de plus, quelqu'un qui se moquait que ça se sache." Elle se laissa tomber sur le canapé à côté de Clark. "Je ne peux pas dire si quelque chose a disparu, mais Nick n'était pas là et je n'ai pas vu de taches de sang," ajouta-t-elle.

Surpris, il se tourna brusquement pour la regarder. "Je n'avais pas pensé à ça. Mon Dieu, s'il avait été tué--"

"--on pourrait rester coincés comme ça. Pour toujours."

Ces mots restèrent comme suspendus en l'air tels une menace, tuant l'espoir. "Ça n'arrivera pas," dit Clark catégorique. "On va revenir dans nos corps," promit-il, puis il essaya de détendre l'atmosphère avec une petite plaisanterie. "Tu sais, chérie, quand je disais que j'aimais ton corps, ce n'était pas exactement ce que j'avais à l'esprit."

Lois sourit et jeta ses bras autour de lui et le serra très fort. "Oui, je sais. J'aimerais autant être hors de ton corps qu'à l'intérieur, moi aussi."

"Je n'ai pas dit ça," plaisanta-t-il, se reculant juste assez pour la regarder.

Elle éclata de rire et lui tapa l'épaule, en ralentissant son geste au dernier moment. "Clark Kent, tu es *incorrigible*."

Il se mit à rire. "Oui, mais tu m'aimes quand même."

Elle lui sourit tendrement. "Oui, je t'aime."

Elle hésita et il remarqua sans mal qu'elle était troublée car les mêmes émotions le bouleversaient. Ce petit échange de plaisanteries aurait dû normalement conduire à un baiser -- ou davantage, étant donné que Laura était endormie. Mais… même s'il brûlait de se perdre dans les bras de sa femme, il ne pouvait pas embrasser cet homme assis à côté de lui. Il ne pouvait pas.

Et au lieu de cela, il lui parla de ce à quoi il avait pensé pendant qu'elle était partie. "Chérie, je pense que nous avons supposé certaines choses sur ce…" Il les montra du doigt l'un et l'autre, essayant d'indiquer ce qui leur était arrivé.

Elle acquiesça. "Je sais. Etant donné que c'était le laboratoire de Nick Trifyllis, nous avons supposé que c'était lui qui nous avait attaqués."

Sa vive intelligence ne cessait jamais de l'étonner et de le ravir. "*Et* qu'il travaillait sur quelque chose pouvant avoir ce genre d'effet," poursuivit-il.

"Mais il y a des chances," protesta-t-elle. "Après tout, nous savons qu'il est lié à Asabi, qui était lié à Lex -- à l'époque où Lex prévoyait de transférer l'esprit d'un corps à un autre."

"Oui, mais ce lien est…" Clark ouvrit la main et la tourna plusieurs fois pour indiquer que c'était 'aléatoire'. "Asabi est peut-être son astrologue ou… ou son guide spirituel ou autre chose. Malgré ce que nous savons, il pouvait s'agir d'Asabi et non de Nick dans ce laboratoire."

Elle vit rapidement la faiblesse de ses arguments. "Mais pourquoi Asabi nous tirerait-il dessus avec quelque chose ?"

"Et pourquoi Nick Trifyllis ?" lança-t-il, en arrivant au point qui l'avait troublé.

Lois fronça les sourcils. "Alors tu penses qu'un étranger avec un -- une arme psychique nous a tiré dessus ? Mais pourquoi ? Et comment ? Personne ne savait qu'on allait au laboratoire."

"Je ne sais pas," dit-il, son exaspération et sa frustration contenues dans ces quatre mots. "Je n'arrive pas à trouver la raison pour laquelle *quelqu'un* a voulu faire ça. Ou le rapport que cela peut avoir avec le meurtre de Chris Trifyllis ou bien ce que Luthor vient faire dans le tableau. C'est juste que… je pense que nous avons fait des suppositions que nous ferions mieux de vérifier avant de conclure que Nick est notre tireur."

Elle se mordit la lèvre, puis acquiesça brusquement. "D'accord, alors Lane et Kent doivent faire quelques investigations. Demain on dira à Perry de confier nos articles à quelqu'un d'autre."

"Ça me paraît un bon plan." Clark prit Lois dans ses bras et sentit sa tristesse se refléter dans son étreinte. Sa gorge se serra. Ils s'étaient déjà trouvés dans des situations impossibles auparavant et ils avaient toujours trouvé une solution. C'était juste un autre obstacle à traverser ensemble. C'est ce que cela devait être, l'alternative était impensable.

Le matin suivant, Clark passa son pied à travers une seconde paire de collants. "Voilà," dit-il en se levant et en jetant le collant troué dans la poubelle. "Pas de robe, pas de collant et *pas* de talons." Il sortit une veste et un pantalon marrons du placard. "C'est un ensemble pour aller travailler ?" demanda-t-il en le tenant en l'air afin que Lois puisse le voir de la salle de bains.

Elle fronça le nez. "Je crois." Il attendit qu'elle s'explique et elle poursuivit, "C'est juste… qu'il me fait ressembler à une mémère. Peu importe. Mets la blouse saumon ou la blanche avec ça."

Il regarda les affaires de Lois dans l'armoire d'un air désespéré. "Une blouse saumon. C'est une chemise rose, c'est ça ?"

Elle sortit de la salle de bains dans le peignoir de Clark, la brosse à dents entre les dents et prit le chemisier de soie rose et une paire de chaussures plates. "Tiens," dit-elle, en lui mettant les vêtements dans les mains puis elle retourna à la salle de bains. "Les hommes," marmonna-t-elle entre ses dents.

Clark était en train de se débattre avec le petit haut de soie quand il entendit un léger bruit inquiétant de tissu déchiré. Euh-oh. Il se dépêcha d'arranger cela, puis enfila la veste en se disant qu'elle pourrait cacher la misère, mais évalua mentalement les dégâts : trois paires de collants et un chemisier de soie. Non, une blouse, rectifia-t-il en soupirant. Pourquoi fabriquait-on les vêtements de femme dans des matières si fragiles, quand même ?

Mais une vive et déplaisante odeur de roche brûlée attira son attention. Il s'approcha de la porte de la salle de bains. "Chérie ?"

"N'entre pas, Clark !" cria-t-elle. Derrière la porte, il l'entendait marmonner, "Laisse-moi arrêter ça." De la fumée sortait par la porte entrebâillée.

"Lois ?" appela-t-il encore, maintenant inquiet. Dans un certain sens, il savait qu'elle allait parfaitement bien, que rien à part la kryptonite ne pouvait lui faire de mal, mais l'habitude d'années d'amour et d'inquiétude ne pouvait pas s'arrêter en quelques heures.

La porte claqua et aucune fumée ne s'éleva dans la chambre, ce qui voulait dire que Lois avait probablement avalé les preuves, mais la vue de sa femme surmenée et mal rasée -- et trois trous dans le plafond et dans le mur -- lui firent découvrir le problème. "Clark," demanda-t-elle, "pourquoi ne te rases-tu pas d'une autre façon ? Ce truc--" elle lui montra le miroir -- "est dingue et -- et inefficace et…"

Sa respiration était rapide et tremblante et, après une nuit où leurs corps avaient dû s'adapter et durant laquelle ils avaient mal dormi, c'était apparemment trop de contrariétés à surmonter. Aussi il s'avança pour la prendre dans ses bras et posa sa tête dans le creux de son épaule. Son souffle saccadé lui indiqua qu'elle était au bord des larmes, et elle marmonna contre son épaule, "Tu m'as montré comment contrôler ma vision infrarouge, alors j'ai pensé que je pouvais le faire, mais je n'arrive pas à comprendre ce truc du miroir. Et comment vais-je être Superman alors que je ne peux pas utiliser tes pouvoirs convenablement ?"

"Tu feras ça très bien, chérie, comme tu l'as fait quand tu étais Ultrawoman," l'apaisa-t-il en lui tapotant le dos comme il l'avait fait avec Laura la veille au soir. "Est-ce que ça peut t'aider si je te dis que j'ai presque brûlé la maison de mes parents avant de *comprendre* ce truc du miroir ?"

Elle lui répondit avec un petit rire. "Et qu'a dit Martha ?"

"Elle m'a fait remplacer le carrelage de la salle de bains et repeindre toute la maison. Les dégâts provoqués par la fumée, c'est ce qu'elle a dit. Papa a juste ajouté que c'était une bonne chose que je n'ai pas essayé de faire ça dehors car il ne pouvait pas se permettre de perdre un champ de blé si près de la moisson."

Elle leva la tête. "Vraiment ? Je ne sais pas pourquoi, je les ai toujours cru plus compatissants et compréhensifs que ça."

"En général ils l'étaient, mais après quelques heures, j'étais plutôt contrarié et je m'en prenais au monde entier, et ils ont voulu s'assurer que je réalisais que je devais assumer la responsabilité de ce que j'avais fait."

"Je pense que cette leçon a été bonne," dit Lois avec humour.

"Tu as probablement raison." Clark haussa légèrement les épaules. "Bref, me raser m'a été aussi difficile à apprendre que ça l'est pour toi."

Elle passa le revers de sa main le long de sa joue. "On dirait que Clark Kent va remettre le style Miami Vice à la mode."

"Oui. Malheureusement, Superman aussi," dit-il doucement en se dirigeant vers la chambre de Laura, tandis que Lois le regardait bouche bée.

FIN DE L'ACTE 1

ACTE 2

Clark sortit en trombe des lavabos des dames et descendit la rampe d'accès vers la salle de rédaction, le rouge de ses joues clairement visible sans la protection habituelle du maquillage de Lois. Lois l'attendait pour aller à la réunion. "Tu rougis," dit-elle curieuse.

Ses joues devinrent écarlates. "Ne me demande pas," dit-il, puis il s'arrêta. "Est-ce de *ça* dont parlent les femmes quand elles se lèvent toutes ensemble pour se rendre aux lavabos ?"

Lois baissa les yeux, essayant d'imaginer la conversation sur laquelle Clark était tombé entre : question d'hygiène intime, détails sexuels sur les partenaires ou spéculations sur les performances de Clark au lit. Les autres femmes avaient arrêté depuis longtemps de lui poser des questions, mais elle savait qu'elles continuaient à parler de lui, particulièrement étant donné qu'il lui accordait la même attention flatteuse après deux ans de mariage et un bébé, qu'au début de leurs fiançailles. Plus d'une fois les bavardages avaient commencé quand elle se trouvait enfermée dans les toilettes, pour s'arrêter soudain quand elle en sortait. Peut-être que si elle et Clark avaient arrêté de s'embrasser et de se frôler en se regardant avec désir au journal, les ragots auraient cessé, mais… Non, certaines choses n'en valaient pas la peine.

Souriant et imaginant combien elle aimait regarder le corps musclé et magnifique de son mari, Lois se retourna pour lui répondre -- et ressentit à nouveau le choc de le voir dans son petit corps féminin. Elle balbutia, "Je- je ne suis pas sûre de savoir de quoi tu parles, mais peut-être que-- je veux dire, je m'en doute. Si c'est ça que tu as entendu, alors c'est probablement ce dont elles parlent. Quelques fois." Elle ferma les yeux. Dieu soit loué, le teint de Clark ne rougissait pas Elle ne faisait pas attention, d'ordinaire, quand elle débitait son flot de paroles, mais il y avait quelque chose de ridicule de l'entendre de la voix de Clark.

Dire à Perry White qu'ils étaient sur une enquête -- en particulier au milieu de la réunion -- était facile à envisager mais difficile à faire. Le rédacteur en chef à sa façon "J'aime-faire-monter-la-pression-dans-la-salle-de-rédaction." accueillit leur entrée dans la salle de conférence avec un brusque, "Vous êtes en retard," et les envoya s'asseoir. "Très bien, Clark, votre article sur le sauvetage du jet par Superman hier fait allusion à un sabotage. Je veux la suite. Que pense la Direction Générale de l'Aviation Civile ? Pourquoi Superman pense-t-il qu'il s'agit d'un sabotage et non d'un problème technique ou d'une erreur humaine ?"

Clark s'apprêtait à répondre mais réalisa juste à temps que "Lois" ne devait rien savoir de l'histoire du sabotage, et il se tut, ce qui était très bien car Perry n'avait pas terminé. "Et *s'il y a* quelque chose, je veux Lane et Kent là-dessus comme une fan d'Elvis à la recherche d'une mèche de cheveux du King. Je *ne veux pas* voir cette histoire sortir dans un torchon comme le Star. C'est compris ?"

Lois et Clark échangèrent un long regard. Le moment était venu de dire "Oui, Chef". Et ils répondirent presque à l'unisson..

"Oui, Perry"

"Oui, monsieur."

Le "monsieur" apparemment sorti de la bouche de Lois valut à Clark un regard cinglant, et il se tortilla sur sa chaise mal à l'aise et , pour la première fois il réalisa qu'une réponse normale venant de lui ressemblait à une vacherie de la part de "Lois". La tâche allait être plus difficile qu'il ne l'avait imaginée, même après son baptême du feu dans les lavabos des dames.

Le regard cinglant de Perry le cloua sur sa chaise quand ce dernier poursuivit, "Et quand pourrais-je voir l'article au sujet de la conférence sur le réaménagement scolaire que vous avez couverte hier, Lois ?"

Clark était sur le point de répondre quand Lois, qui recommençait à griffonner sur son bloc-notes d'un air absent dit, "Il sera sur votre bureau dans une heure."

Clark ferma les yeux et se lança dans des explications. "Clark le corrige pour moi avant de vous l'envoyer, Perry. " Sous la table, à couvert, il tapota la jambe de Lois.

Elle lui lança un rapide coup d'œil horrifié lui disant qu'elle réalisait ce qu'elle venait de faire. "Oui, c'est pour ça que vous nous avez associés, n'est-ce pas ?" ajouta-t-elle. "Parce qu'ensemble nous faisons du bon travail."

Quelques petits rires accueillirent ce commentaire ingénieux et Clark pensa avoir entendu un léger "*Nous nous amusons bien ensemble*, vous voulez dire ?" Mais il l'ignora, alors que, par contre, Lois lança à la personne qui venait de dire cela un regard qui l'aurait grillé sur place si elle n'avait pas oublié qu'elle avait une vision infrarouge.

Perry n'était pas d'humeur aux bavardages. "Du calme, tout le monde," ordonna-t-il. "On a beaucoup de travail. Bon, Clark, si vous pouvez vous arracher à votre travail de jouer les éditeurs avec les articles de Lois, j'aimerais savoir si vous avez trouvé un rapport entre le meurtre d'hier et la série d'assassinats sur laquelle vous enquêtez."

Clark prit une profonde inspiration et se tendit, espérant en son for intérieur que Lois ne parlerait pas de Lex. Il ne voulait pas que l'information filtre avant d'avoir un dossier en béton. "Cl--" commença-t-elle, et elle couvrit son lapsus en toussant, puis poursuivit, "Lois et moi avons trouvé un lien entre certains des meurtres, mais il n'y a rien qui les relie tous ensemble. Nous avons essayé d'interroger le frère de la victime qui a découvert le corps, et il semblerait qu'il ait disparu.

Lois était la femme la plus parfaite et la plus brillante qu'on ait jamais vu, se disait Clark en se détendant et en expirant lentement. "Nous ne savons pas si c'est lui le tueur ou bien si le tueur le pourchasse ou autre chose, mais nous le recherchons," dit-il.

"Oui," ajouta-t-elle. "Sa disparition a vraiment l'air suspecte."

Perry tapota son stylo dans la paume de sa main. "Très bien," dit-il. "Voilà une initiative qui me paraît raisonnable. Donnez-moi juste les exemplaires des deux autres articles avant de courir après le frère."

Sous la table, Lois tapa la main de Clark et la caressa. "Merci de ton aide," lui souffla-t-elle à l'oreille.

"Merci à toi aussi," murmura-t-il dans un souffle, mais il savait qu'elle l'entendait. Ensemble ils avaient passé le premier test. Maintenant ils devaient juste se souvenir de s'asseoir à leur bureau respectif.

Enrico O'Reilly posa un volumineux sac en plastique sur le bureau de Luthor. Luthor leva les sourcils. "Les disquettes," expliqua Enrico. "Toutes celles que j'ai pu trouver dans la maison de cet informaticien et dans l'appartement de son frère. Si les fichiers que vous cherchez ne sont pas là, aucun de ces deux types ne les détient. Pas chez eux, en tout cas."

Lex hocha la tête et congédia son employé. C'était une tâche qu'il devait faire seul -- juste au cas où l'un de ses subordonnés soit derrière les importants problèmes qui empoisonnaient ses affaires. S'il s'agissait de l'un d'entre eux, il ne voulait pas lui fournir plus de munitions sous la forme d'un dossier prouvant irrévocablement que la LexCorp avait abandonné la recherche sur le clonage en avril 1994 parce que les techniques existantes avaient été un échec.

Il prit les disquettes et les laissa glisser de sa main. Il espérait que les fichiers s'y trouvent. Sinon, il fallait qu'il les recherche, et il n'était pas sûr de savoir en qui avoir confiance pour le faire.

Il soupira. La vie était bien trop difficile quand on ne pouvait pas faire confiance aux personnes qui travaillaient avec vous.

"Jimmy, j'ai besoin que tu trouves tout ce que tu peux sur Nick Trifyllis--"

"--famille, travail, amis, loisirs--"

"--où il a passé ses dernières vacances. Adresses, numéros de téléphone--"

"*Tout*."

La tête de Jimmy Olsen alla d'un reporter à l'autre. "Autre chose ?" demanda-t-il d'un air facétieux.

"Oh !" Clark claqua des doigts. "Asabi."

"C'est vrai. Il nous faut l'adresse d'Asabi…" La voix de Lois s'estompa et elle regarda Clark d'un air interrogateur.

"Il haussa les épaules. "Ne me regarde pas."

"Je n'ai jamais su son nom. Quoi qu'il en soit," poursuivit Lois, "il était le serviteur de Lex Luthor. Et il faut qu'on le trouve -- *hier*." Elle accentua ces derniers mots en pointant un doigt vers Jimmy et il fit un pas en arrière en levant les bras.

"Bien sûr, C.K.. Je m'y mets tout de suite."

Lois hocha la tête et se retourna, pivotant au dernier moment vers le bureau de Clark au lieu du sien, et Clark soupira et s'assit en hésitant devant l'ordinateur de Lois.

Après que Lois eut terminé de rédiger la conférence de presse de la veille, elle envoya le dossier à Clark, puis se leva pour aller chercher une tasse de café. Jimmy, qui passait près de la machine à café, s'arrêta et demanda avec hésitation, "C.K., est-ce que je peux vous demander votre avis à propos… des femmes."

Lois se figea et leva le menton, acceptant le défi. "Bien sûr, Jimmy. Que veux-tu savoir ?"

Jimmy baissa les yeux, puis releva la tête, un grand sourire aux lèvres. "Penny et moi avons parlé de l'éventualité… de vivre ensemble."

"Hé, c'est formidable ! Je ne pensais pas que vous étiez devenus aussi proches," dit-elle.

"Oui, eh bien… je crois qu'elle est peut-être, vous savez, la bonne."

Lois se souvint de la réaction de Jimmy devant Kate, la malade qui pensait que Clark était amoureux d'elle. Elle n'était pas certaine que Jimmy soit encore prêt à se fixer -- certainement pas de la façon dont Clark l'avait été -- mais elle ne pensait pas que son mari s'érigerait en juge contre son ami, aussi elle se limita à, "J'espère que tu as raison, Jimmy. Rien ne peut te rendre plus heureux que de trouver la bonne personne."

Jimmy acquiesça d'un petit signe de tête. "Comme vous et Lois."

Elle regarda vers son bureau, où son mari était assis les sourcils froncés sur l'écran, travaillant probablement sur la suite du sabotage de l'avion, et elle sourit avec tendresse. "Oui, comme nous." Elle se retourna vers son jeune ami. "C'est cela que tu voulais me dire?"

"Quoi ? Oh… non. En réalité--" Il regarda "Lois" et baissa la voix. "Comment Lois et vous avez décidé de vous partager les tâches ménagères?"

Lois, soulagée, faillit éclater de rire. Elle avait eu peur que Jimmy ne lui demande quelque chose sur la physiologie sexuelle masculine, ce qui l'aurait obligée à inventer quelque chose ou à le faire attendre jusqu'à ce qu'elle puisse demander à Clark. Et pourtant, quel destin pervers avait pu lui faire poser cette question après une semaine passée à s'énerver et à reprocher à son mari, d'ordinaire obligeant, de lui laisser la plupart des tâches ménagères ? "Nous les faisons ensemble, en général. La cuisine, la vaisselle, la lessive, le ménage, les factures, les courses."

"Ensemble ?" Le jeune homme paraissait totalement incrédule. "Mais Lois ne veut-elle pas faire toutes sortes de choses qui ne sont pas nécessaires ?"

Elle se mit à rire. "Essuyer les toiles d'araignées ? Aspirer sous les meubles ? Laver le plan de travail sous la cafetière ? Faire une liste de courses ?"

"Eh bien… oui."

"J'ai appris à le faire -- et aussi à l'aider à déplacer les meubles." Il l'avait vraiment fait. Clark ne s'était jamais dérobé à faire sa part de travail. Le problème se posait quand son deuxième travail l'appelait.

Jimmy vérifia à nouveau si des femmes écoutaient. "Mais, C.K. ça prend *une éternité*."

"Oui, mais jusqu'à ce qu'elle ait fini, tu es coincé à la maison de toute façon. Alors tu peux soit t'asseoir dans ton fauteuil à regarder la télé pendant qu'elle fait le ménage autour de toi et développe une rancœur viscérale soit l'aider à faire le travail et avoir plus de temps pour faire autre chose que vous pourriez faire *tous les deux*."

"Oh;" Les yeux de Jimmy s'écarquillèrent. "Vous voulez dire…?"

Lois essaya de cacher son petit sourire. "Pense à ça comme à des préliminaires."

"Wow, C.K. Je n'aurais jamais pensé… Hé, merci !" Jimmy s'éloigna tandis que Lois se servait une deuxième tasse de café; puis il se retourna et ajouta, "Je vais me mettre sur cette recherche. Je vais faire aussi vite que je peux."

"Merci." dit-elle et elle se dirigea vers le bureau où son mari travaillait. Elle lui tendit une tasse de café, souriant à son petit merci, puis s'assit sur le coin du bureau et se pencha pour dire à voix basse. "Je t'envoie mon article comme ça tu pourras le vérifier. Sinon, Perry risque de s'apercevoir de quelque chose."

Clark jeta un œil vers le bureau du rédacteur en chef. "Oui. Je pense qu'il se pose déjà des questions." Il regarda par-dessus son épaule pour s'assurer que personne ne se trouvait à portée de voix. "J'ai téléphoné à la Direction Générale de l'Aviation Civile, mais il faut que Superman se rende à l'aéroport pour donner un coup de main aux enquêteurs avec sa vision à rayons X. Ils ont une idée de ce qui s'est passé, mais ils ont besoin de l'aide de Superman pour trouver *pourquoi*."

Elle hocha la tête, glissant sa main sur son nœud de cravate. "D'accord, mais… qu'est-ce que je dois chercher ?"

Il jeta un œil autour de lui pour vérifier que personne n'écoutait. "Les commandes étaient verrouillées, aussi j'ai regardé le système de lubrification et il y avait une drôle d'odeur. Pas comme du silicone, mais quelque chose… d'âcre. L'huile de lubrification était en bon état, mais j'ai cru voir une sorte de résidu… Quoi qu'il en soit, essaie de voir si tu sens quelque chose et vérifie s'ils ont examiné l'huile comme je l'ai demandé. Il faudra peut-être que tu apportes un échantillon à STAR Labs."

"Sentir quelque chose ?" demanda-t-elle incrédule. "Cl-- chéri, ce n'est pas parce que j'ai--" elle baissa la voix -- "un super odorat que je peux reconnaître différents produits chimiques en les sentant !" Elle se mordit la lèvre. "Je ne peux pas faire ça?"

Un soupçon de panique se lut dans ses yeux et il lui prit les bras et la caressa. "Tu peux le faire, chérie, " l'encouragea-t-il. "Il n'y a personne sur terre qui puisse mieux que toi enfiler les bottes de Superman."

Sa bouche se tordit en une expression ressemblant tout à fait à Lois et elle essaya de sourire à travers ses larmes qui menaçaient de couler. Pour lui donner la chance de se reprendre, il lui expliqua ce qu'il avait fait quand il avait aidé les enquêteurs, puis il conclut. "Pendant que tu seras partie, je chargerai quelqu'un de la recherche de faire quelques vérifications. "Il ouvrit son bloc-notes et commença à faire une liste. "Liste des passagers de l'avion, liste des criminels qui peuvent avoir ce genre d'expérience, liste des gens qui pouvaient normalement avoir accès à l'avion… Autre chose ?"

Offres de rachats en attente, procès et autres trucs contre la compagnie ou le constructeur. C'est l'un de ses nouveaux avions intercontinentaux, n'est-ce pas ?"

"Oui. Je finis d'écrire ce que j'ai et je l'envoie sur ton ordinateur -- euh, le mien." Il hocha la tête devant leur situation confuse. "De toute façon, tu pourras y ajouter la dernière mise à jour sur Superman quand tu reviendras."

"J'y vais." Elle se pencha, hésita, puis posa un baiser sur sa tempe. "A tout à l'heure."

"Dépêche-toi," la pressa Clark. "Comme ça nous pourrons commencer à chercher Nick Trifyllis."

Lois ne prit pas la peine de répondre. Elle traversa la salle de rédaction en vitesse, grimpa la rampe d'accès et s'engagea dans la cage d'escaliers. Clark la regarda partir avec un sourire mélancolique. C'était dur de rester assis et de la laisser faire l'enquête qu'il avait envie de faire. Il soupira et se retourna vers son ordinateur.

Lois n'était toujours pas revenue quand il eut terminé de vérifier son article et d'écrire ce qu'il pouvait sur le sabotage. Clark envoya donc l'article à Perry et prit le téléphone pour commencer à rechercher Nick.

"Non, Mme Lane, le Dr Trifyllis n'est pas là, mais je peux vous transférer sur sa boîte vocale si vous voulez lui laisser un message," dit la secrétaire du laboratoire.

"Vous pensez qu'il reviendra bientôt ? J'ai vraiment besoin de lui parler." Clark tenta de dévier la conversation. "Je ne sais pas si vous êtes au courant pour son frère. Il a été tué hier."

"Vraiment ? Quelle horreur ! Pas la peine de se demander pourquoi Nick n'est pas venu. Vous savez ce qui s'est passé ?"

Clark baissa la voix comme s'ils partageaient une confidence. "On lui a tiré dessus chez lui. Nick l'a trouvé."

"Oh, non ! Pauvre Nick !"

Il avait appuyé sur le bon bouton et la secrétaire ne tarda pas à lui donner toutes sortes d'informations sur Nicolas Trifyllis, qui était, apparemment, une sorte de saint pour essayer de trouver un moyen d'aider les personnes ayant des difficultés à apprendre. En réponse à la question de Clark sur la nature du travail de Nick, la femme répondit avec désinvolture, "Oh, je ne sais pas comment il appelle ça. Une chose technique avec électromagnétique quelque chose ou un truc comme ça. mais il essaie de transférer le savoir d'une personne à une autre."

"Comme de la télépathie ?" demanda Clark, perplexe.

"N-o-o-onn," dit-elle enfin, "Je ne crois pas. C'est un genre de truc pour apprendre. Il a dit quelque chose au sujet d'une histoire écrite par un écrivain de science-fiction. Assiltoff ou un nom comme ça."

Il hésita, fouillant dans sa mémoire. "Assimov ?" demanda-t-il enfin, se souvenant un peu d'une histoire sur l'étude automatique.

"Je crois. Peut-être."

Il pouvait presque voir son haussement d'épaules, et il poursuivit. "Est-ce qu'il travaille avec quelqu'un d'autre ?"

"Oh, non ! M. Gendell ne donne pas assez d'argent à Nick pour cela, même s'il a réellement besoin d'aide. Il travaille toujours de si longues heures à essayer de terminer avant que l'argent ne manque."

Elle continua quelques minutes, mais Clark ne l'écouta que d'une oreille. Si Trifyllis n'avait ni partenaire ni assistant -- et étant donné qu'apparemment la secrétaire ne savait rien -- il fallait qu'il cherche ailleurs. Attendant qu'elle reprenne son souffle il l'interrompit, "Est-ce que M. Gendell a déjà vu une démonstration du travail de Nick ?"

"Oh, bien sûr. Il était là hier. Nick était malade d'inquiétude à ce sujet, mais je pense que tout s'est bien passé. En tout cas, M. Gendell avait l'air content quand il est parti, et Nick m'a dit qu'il avait obtenu une subvention pour trois autres années."

Clark prit note d'appeler Gendell pour confirmer que Trifyllis était parvenu à fabriquer un appareil qui échangeait les esprits d'un corps à un autre, bien que le bavardage de la secrétaire ait déjà bien éliminé la possibilité qu'un étranger avec une arme puissante ait pu se cacher dans le laboratoire de Nick. Il glissa une autre question au milieu de la tirade de la femme, ajoutant une note mélancolique à sa voix. "Etant donné que vous ne m'en avez rien dit, je suppose que le Dr Trifyllis n'est pas encore revenu. Avez-vous une *quelconque* idée du moment où il reviendra ?"

La secrétaire baissa la voix. "Non, vraiment aucune," dit-elle à regret. "Je n'imagine pas qu'il soit sorti fêter ça alors que son frère vient d'être tué, mais je sais aussi qu'il n'est pas parti bien loin."

Voilà qui était intéressant. "Comment le savez-vous ? Il est trop consciencieux ?"

"Eh bien, oui ça aussi, mais… ses animaux de laboratoire sont toujours là. Il ne partirait pas comme cela en les laissant, pas sans avoir pris des dispositions pour eux. Il les traite comme des animaux de compagnie, et il ne les laissera pas, au cas où quelqu'un d'autre fasse des expériences sur eux."

Intéressant mais inutile et, environ une minute plus tard, Clark se débrouilla enfin pour mettre un terme à la conversation. Il chercha le numéro de téléphone de Gendell dans l'agenda de Lois et l'appela, passant le nombre incalculable de personnes protégeant le multimilliardaire des intrusions du public. Un quart d'heure plus tard, il obtint enfin Gendell en personne, et après s'être présenté et l'avoir assuré qu'il ne publierait aucune information, il l'interrogea sur les expériences de Nick Trifyllis.

Un silence suivit. "Savez-vous que vous ne posez pas des questions faciles, Mme Lane ?" répondit Gendell.

Essayant de se mettre dans la peau de Lois, Clark répondit, "Je pose uniquement celles pour lesquelles j'ai besoin d'une réponse. Et à l'heure actuelle, j'ai besoin de savoir sur quoi travaillait Nick Trifyllis."

"Je vous ai fait confiance pour écrire un article sur moi, et vous n'avez rien fait qui ait pu me faire changer d'avis, alors je pense que je peux à nouveau vous faire confiance." Il hésita. "Depuis trois ans, j'ai subventionné les recherches de Nick Trifyllis pour transférer le savoir à des étudiants lents ou handicapés, et ça n'a mené nulle part. J'étais sur le point de suspendre les subventions -- jusqu'à hier. Il m'a montré deux chiens, l'un pouvant faire une roulade sur commande et l'autre ne le pouvant pas, il a ensuite dirigé sur eux la lumière de son rayon conducteur et il a réussi, le chien qui ne faisait pas de roulade auparavant peut maintenant le faire. C'était absolument étonnant."

Transfert de savoir ? Etait-il possible que Nick n'ait pas réalisé qu'il transférait l'âme d'un corps vers un autre ? "Une lumière ? Un éclair de lumière aveuglante ?"

"Pourquoi, oui. Comment le savez-vous ?" demanda Gendell.

"Euh -- c'est l'une des raisons pour lesquelles j'enquête sur ses recherches. A quoi ce truc -- comment l'avez vous appelé ? -- ressemble-t-il ?"

"Rayon conducteur. Quelque chose comme une caméra vidéo. J'ai tout d'abord pensé qu'il était en train de filmer les chiens."

"A-t-il dit quelque chose sur la façon dont il fonctionnait ?" demanda Clark tout en prenant des notes sur son bloc.

"Pour autant que je me souvienne, dans son dernier rapport il se servait d'un laser pour générer un champ électromagnétique qu'il pensait être capable de transmettre des informations d'un esprit à un autre d'une façon plus complète que ne peut le faire le langage usuel."

"Mais c'était quand son projet n'avait aucun résultat, n'est-ce pas ?"

"C'est exact."

"A-t-il dit quelque chose après la démonstration ? Quand elle a soudain marché ?"

"Rien de particulier. Je voulais savoir quand il allait commencer les tests avec des gens. Il a dit que -- son rayon conducteur -- ne copiait pas les informations d'un esprit à un autre. Il les *déplaçait*, aussi il ne voulait pas se risquer sur des êtres humains."

Tant pis pour Trifyllis s'il ne savait pas ce qu'il faisait. "Mais il n'a pas dit pourquoi son projet qui avait précédemment échoué marchait soudain ?"

"Non?" La curiosité dans la voix du milliardaire se ressentait à l'autre bout du fil. "Pourquoi ? Se passe-t-il quelque chose que j'ignore ?"

"Je ne sais pas M. Gendell. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous enquêtons," répondit Clark. Il remercia Gendell de ses informations et raccrocha.

Prochaine étape : s'occuper d'Asabi. Clark jeta un œil dans la salle de rédaction, mais Jimmy n'était pas en vue, ce qui signifiait qu'il était probablement encore en train de chercher les adresses et les numéros de téléphone. D'accord, Asabi, était en attente. Mais il y avait quelqu'un d'autre -- quelqu'un qui avait appelé quand Lois et lui fouillaient le labo de Nick Trifyllis. Il réfléchit quelques instants tandis que ses yeux se promenaient sur les notes qu'il avait prises la veille sur les déclarations du détective.

Owen Preece, le patron de Chris Trifyllis. C'était lui. Il attrapa l'annuaire.

"Il n'est pas passé," répéta lentement Lex. "Pourquoi n'êtes-vous pas allé le voir ?" Sa main se crispa sur le téléphone. Avait-il eu tort de croire à la fidélité d'Asabi ?

"Je l'ai appelé à plusieurs reprises toute la nuit, monsieur. Il n'a pas répondu," dit doucement Asabi.

Lex réfléchit. "Son téléphone est peut-être en dérangement ou alors il est chez sa petite amie."

"Vous voulez que j'aille voir à son appartement ?"

Toujours obligeant à anticiper les désirs de Lex. Asabi était-il trop beau pour être vrai ? "Non. J'enverrai Enrico. Mais appelez-moi immédiatement si notre jeune savant se montre." Lex raccrocha le téléphone et tapota son stylo sur son bureau de chêne. L'expérience avait marché, mais il avait perdu la trace à la fois du savant et de son appareil. Cette situation commençait à ressembler aux diverses affaires qui avaient inexplicablement échouées ces derniers mois, et il n'aimait pas l'échec d'Asabi. Peut-être était-il temps de demander à Enrico de garder un œil sur le mage.

FIN DE L'ACTE 2

Les personnages de cet épisode sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucun non respect des droits n'est délibéré de la part de l'auteur ou du Season 6 group, toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs © 1999.