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Saison 5, Episode 22

par Pam Jernigan

Édité par Peace

Version française de


Traduction Muriel Adamski




Intro

17 août 1998 -- Lundi, 14 heures


"Lois, tu es toujours enceinte ?"

Entrant dans la salle de rédaction du Daily Planet pour la première fois depuis qu'elle était en congé de maternité Lois Lane, fixa Ralph, à l'origine de cette question sans esprit. Avant qu'elle n'ait le temps répondre, son mari vint à sa rencontre devant l'ascenseur, se jetant généreusement entre elle et sa victime.

"Oui, Ralph, elle est toujours enceinte." Clark se pencha pour un rapide baiser, étouffant le "comment as-tu deviné ?" que marmonnait Lois. Il se retourna et sourit. "On ne sait jamais quand le bambin va se décider à apparaître."

Le bras de Clark passé autour d'elle, Lois ébaucha un sourire. Ici, avec Clark, dans la salle de rédaction, elle se sentait à l'aise, capable, responsable. Assise à la maison à attendre était sur le point de la rendre marteau -- spécialement après ces fausses contractions, la semaine précédente, qui lui avaient donné de faux espoirs. "Je suis juste venue faire une petite visite."

"Oh, eh bien, c'est bon de te voir. Et étant donné que je ne suis pas en congé comme certaines personnes," dit Ralph en ricanant pour montrer qu'il plaisantait, "Il faut que j'y aille. Bonne chance !" L'ascenseur sonna à nouveau et Ralph s'y engouffra.

Lois leva les yeux au ciel. "Il appelle ça congé. Ça me rend dingue !"

"Et bien, ce n'est pas surprenant, chérie. Nos dernières vacances t'ont également rendue dingue."

"Non, chéri," le corrigea-t-elle en souriant, "tu penses à cette île avec Spencer Spencer. Nos dernières vacances étaient pour notre lune de miel et *ça* j'ai beaucoup aimé !"

"Tu as tout à fait raison," concéda-t-il gracieusement en lui faisant signe de le précéder vers les canapés de la réception. Lois avait un air si adorablement suffisant quand elle avait marqué un point. "Comment te sens-tu aujourd'hui ?"

Avec son aide, elle s'enfonça dans le canapé et posa immédiatement ses pieds sur la table. "Je vais aussi bien que ce à quoi on peut s'attendre. Je pense que le bébé est un peu descendu car j'arrive presque à respirer à fond, maintenant, mais je suis toujours fatiguée et mon dos me fait mal, et mes pieds on l'air de ballons gonflés d'eau, et je dois aller aux toilettes toutes les demi-heures. A part ça, cependant…"

Clark sourit en compatissant. Malgré ses plaintes, elle supportait bien sa grossesse, il admirait son humeur égale et pensait qu'elle n'avait jamais été aussi belle. "A part ça," termina-t-il pour elle, "tu es excitée pour le bébé et tu es inquiète à propos de l'accouchement. Et rester à la maison à ne rien faire te fait regretter d'avoir pris si tôt ton congé de maternité."

Elle prit ça en considération et hocha a tête. "Non, il fallait que je sorte, je n'arrivais pas à faire quoi que ce soit, entre les petits sommes et les allées et venues aux toilettes -- sans parler de l'occasionnel ex-obstétricien meurtrier," elle sourit de façon désabusée. "Et je me sens moins fatiguée cette semaine, donc c'était une bonne décision. C'est l'attente qui est dure. Je souhaite seulement que quelque chose *se passe* ! En fait, pas juste quelque chose. Je veux que le monde soit parfaitement paisible afin que toi et moi puissions mettre ensemble ce bébé au monde."

"Je me moque que le monde s'effondre, Lois." Le visage de Clark était plus grave qu'elle ne l'avait jamais vu. "Je serai là."

Elle lui sourit, acceptant sa détermination mais sachant que tout pouvait arriver et, en général, arrivait. "Bref, je suis en route pour aller chercher ta mère à l'aéroport, elle a appelé ce matin et a dit qu'elle s'était décidée à venir, et j'ai pensé que ça ne te gênerait pas…"

"Non, pas du tout, si ça ne te gêne pas. Combien de temps pense-t-elle rester ?"

"Eh bien, ça dépend--"

"Hé, Lois, comment ça va ?" Jimmy grimpa les escaliers avec un large sourire en voyant son couple préféré.

Lois sourit, elle trouvait que l'enthousiasme de Jimmy lui manquait, même s'il était souvent à côté de la plaque. "Bien, Jimmy, merci. Comment vas-tu ?"

"Je vais *très bien*. Le chef m'a dit d'aider Clark et Dianne, alors j'apprends beaucoup et j'ai le nouveau programme de statistique qui est cool. C'est un peu comme celui qu'a Penny, en fait, mais, euh, laissez tomber. Bref, j'ai rentré des informations sur Superman et je les ai comparées aux chiffres de la criminalité, juste pour voir s'il y avait un indice sur le genre de choses qui pouvaient attirer Superman, vous voyez."

Lois échangea un regard inquiet avec Clark. "Et tu as trouvé quelque chose ?"

"Pas vraiment, mais il y avait une chose intéressante -- depuis à peu près un mois, Superman n'a *rien* fait le lundi soir. Pas d'arrestations, pas de sauvetages -- pas même les petites choses comme descendre un chaton d'un arbre."

Clark détourna la tête pour cacher un frisson et Lois soupira imperceptiblement. Les cours de préparation à d'accouchement. Eh bien, maintenant, ils étaient terminés donc ces indices ne mèneraient à rien.

"Je ne sais pas si tu peux appeler ça un indice," rétorqua Clark en tripotant ses lunettes.

"Bien sûr que si" le contra aisément Jimmy. "Une fois, c'est une anomalie, deux fois, c'est une coïncidence, trois fois c'est--"

"Trois fois, c'est l'œuvre de l'ennemi," dit Lois en complétant son homélie. "Sauf que j'en doute. En fait, probablement qu'il regardait juste… les matchs de foot du lundi soir ou quelque chose comme ça."

Clark et Jimmy se tournèrent tous deux vers elle en fronçant les sourcils, mais seul Clark fut assez courageux pour la corriger. "Ce n'est pas la bonne saison pour ça, chérie."

"Ne discute pas avec une femme enceinte." Lois les regarda de travers en tirant la langue pour faire bonne mesure.

"Hé, je ne suis pas dans le coup, les amis," déclara Jimmy avec un sourire. "Vous pouvez vous disputer à ce sujet tout seuls. Prenez soin de vous, Lois, et faites-nous savoir quand le bébé sera né !"

"Tu seras le premier à le savoir -- ou est-ce que ce sera Clark ?" plaisanta Lois. Elle échangea un sourire avec son mari et commença ensuite le processus compliqué de se mettre sur pieds.

"Je vais à l'aéroport, maintenant, Clark…" Il fronça légèrement les sourcils et elle s'arrêta. "Quoi ?"

"Rien, vraiment," lui assura-t-il avec un sourire d'excuse. "Mais est-ce vraiment sage de conduire si loin ? Tu pourrais avoir des contractions…"

Elle leva les yeux au ciel. "Si seulement. De toutes façons, si c'est le cas, je t'appellerai, soit par téléphone soit par la vitre," Elle lui tapota la poitrine et lui sourit. Il était si adorable quand il voulait la protéger -- du moment qu'il n'en faisait pas trop. "Tu essaies juste de renter à la maison pour 6 heures, d'accord ?"

"Je serai là," promit-il, en l'embrassant pour lui dire au revoir. "Et si tu as besoin de quelque chose -- n'importe quoi -- tu n'as qu'à crier."

"Tout ce dont j'ai besoin, c'est que quelqu'un provoque l'accouchement," ronchonna-t-elle en plaisantant.

Il sourit. "Je peux trouver plusieurs choses à essayer ce soir…"

"Et si je ne tombe pas de sommeil avant," répliqua-t-elle, "je te prends au mot." Elle enfonça le bouton d'appel de l'ascenseur et fixa ensuite les portes spéculativement. "Hé, tu sais, à la télé, les femmes enceintes ont toujours le travail qui se déclenche dans les ascenseurs..."

Son sourire s'élargit. "Et bien, si ça marche, tu me le fais savoir, OK ?"

"Tu parles." L'ascenseur arriva et ils s'embrassèrent avant qu'elle ne grimpe dans la cage avec un large sourire.

Clark regarda les portes se refermer et attendit en l'écoutant descendre doucement et libérer sa femme déçue dans le hall d'entrée. Il sourit et retourna à son bureau.

Lundi, 14 heures

"… alors là *je* dis, file-moi le fric, tu vois ?" récita Peabody, l'air très fier de sa prouesse. Il fit quelques pas en se pavanant pour se donner un genre.

"Ferme-la, Peabody," répliqua Stubbs en le foudroyant du regard. Il était plus large que son compagnon, en taille et en poids, avec un regard plus sévère. "Tu n'as jamais menacé quelqu'un sans avoir de l'aide."

"Je l'ai fait !" répondit le petit homme indigné. "Je sais pas pourquoi tu peux jamais croire ce que je dis -- c'est pas poli."

Les deux hommes se trouvaient dans un petit appartement encombré et sale appartenant à Mr Jeremiah Stubbs. Dire que l'endroit avait besoin de la présence d'une femme aurait été trompeur, il aurait plus bénéficié du placement prudent d'un petit explosif. Pourtant, son propriétaire le remarquait à peine, puisqu'il n'aimait pas s'embêter avec des absurdités.

"Ouais, eh ben, oublie ça -- on doit parler de quelque chose de plus important." Stubbs montra du doigt la table devant lui sur laquelle se trouvait un paquet de coupures de journaux. "Tu vois ça ?"

"Ouais, je vois, qu'est-ce qu'il y a à voir ? Et c'est pas vrai que j'ai jamais menacé personne, j'ai menacé des tas de gens…"

"Ces coupures-là," continua Stubbs, en ignorant la tentative de son compagnon pour se défendre, "montrent les choses qui ont mal tourné, le mois dernier. C'est pas des grandes choses, je dis pas que ça l'est, mais," il leva son doigt épais pour accentuer ses dires et attendit de voir si Peabody le remarquait.

"…j'ai menacé Archer l'autre mois, et, oh, il a eu peur de moi…"

"Archer a eu peur d'Intergang, tête d'œuf, et tout ce que tu faisais c'était de porter des messages pour eux. Mais tu m'écoutes une petite minute, là."

Peabody, silencieux pendant un moment, fit enfin attention. "Où t'as eu les coupures, Stubbsie ?"

"M'appelle pas comme ça -- et t'occupe pas d'où je les ai eues. Ce que j'ai découvert c'est que ces trucs là, ils sont tous arrivés un lundi et Superman n'était pas dans les parages. Autant que je peux dire, il n'a rien fait ces nuits là. Maintenant, je sais pas ce qu'il pouvait bien faire ---"

"Le poker du lundi soir, tu crois ?" interrompit l'irrépressible Peabody.

"Quoi ?" Stubbs fut momentanément distrait par ça. "Nan, ça se peut pas. Tout le monde sait qu'il a ces, comment qu'on dit, yeux à rayons X. Il verrait à travers tes cartes, personne ne jouerait avec lui."

Après avoir eu l'air abruti pendant un moment, Peabody acquiesça à contrecœur, il pouvait comprendre ça. "Alors, quoi ?"

"Ça n'a pas d'importance, tu vois ? Quoi qu'il fasse, ce qu'il ne fait pas le lundi soir, c'est arrêter les crimes."

Le visage de Peabody s'illumina tandis qu'il y réfléchissait. "Alors, tu veux dire que si on organise quelque chose un lundi…"

"Il sera pas dans le coin pour nous arrêter." finit Stubbs, content d'avoir finalement réussi à communiquer. "Alors j'ai pensé, on peut se faire une bijouterie ou quelque chose comme ça ce soir. Après tout, qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?"

Lundi, 16 heures

Lois ouvrit la porte de la maison et fit entrer sa belle-mère. "Et alors, Jimmy a remarqué que Superman était occupé à autre chose pendant nos cours d'accouchement." continua-t-elle, Quoique, bien sûr, Jimmy ne sache pas que c'était à cause des cours d'accouchement, il sait qu'il s'est passé *quelque chose*… " Elle alluma les lumières et se dirigea vers le sofa. Elle se fatiguait plus vite que jamais, ces jours-ci, et rester debout à attendre l'avion de Martha à l'aéroport n'avait pas aidé ses pieds enflés. "Et je ne sais même pas pourquoi on s'est embêtés avec ces cours d'accouchement." conclut-elle amèrement en s'enfonçant dans le sofa pendant que Martha s'asseyait à côté d'elle, "parce qu'apparemment, je ne vais jamais accoucher !"

Martha rit doucement. "Je sais que vous avez un peu de retard, chérie, mais c'est normal, vous savez -- les dates fixées ne sont que des calculs approximatifs, après tout."

"Oui, pour les grossesses humaines," lui rappela Lois, fâchée. "Sauf que ce bébé est à moitié Krytonien. Qui sait ? Elles sont peut-être enceintes pendant *des années*…"

"Non, j'en doute," rétorqua Martha, en prenant un ton rassurant. "Clark s'est développé normalement étant bébé. Nous n'avons rien suspecté de différent chez lui jusqu'à ce qu'il ait, oh, cinq ou six ans… et, le Dr Klein n'a t-il pas dit que les choses progressaient normalement ?"

"Oui…" admit Lois, son humeur sombre s'effaçant lorsqu'elle s'assit et reprit son souffle. Rien qu'au cours de ces quelques dernières semaines, le bébé avait grandi si vite qu'il appuyait sur son diaphragme en diminuant sa capacité pulmonaire. "Mais j'ai toujours une semaine de retard."

"Eh bien, combien de temps vont attendre vos médecins avant de provoquer l'accouchement ?"

A ces mots, Lois retrouva un peu de sa gaîté. "Juste une semaine. J'ai un autre rendez-vous mercredi matin et le Dr McGrath a dit qu'après ça ils discuteront pour mettre les choses en route. Elle a bien dit la semaine dernière que tout avait l'air normal."

"Je pensais qu'ils n'attendraient pas trop longtemps," répondit Martha satisfaite. "Mon professeur, lors de mes cours d'accouchement m'a dit que d'habitude, ils ne laissaient pas les femmes avoir plus de deux semaines de retard."

Lois hocha la tête de façon distraite et regarda ensuite sa belle-mère. "Attendez une minute, quand avez-vous suivi des cours d'accouchement ?"

Les yeux de Martha scintillèrent. "L'été dernier. J'étais intéressée et la clinique locale offrait des cours, alors…"

"Ils vous ont juste… acceptée ? Je veux dire, vous n'êtes pas enceinte…"

"Lois, ma chère," dit Martha en riant, tapotant le genou de sa belle-fille. L'un des avantages quand on vieillit, c'est qu'on commence à ne plus s'occuper de ce que peuvent penser les autres. J'ai demandé à observer et j'ai payé l'admission. En fait," confia-t-elle, "ça tombait bien parce qu'il y avait une fille dans la classe qui n'avait pas de partenaire, donc je me suis portée volontaire pour l'aider. Son nom est Annira, elle est si adorable. Elle a accouché il y a un mois. C'était un tel privilège de l'aider et d'être là quand le bébé est né…" Elle repensait à ce souvenir en secouant la tête d'émerveillement.

Lois regarda simplement Martha, une fois de plus étonnée de ce dont cette femme était capable. "Et comment vont-ils maintenant ?"

Le sourire de Martha fut emprunt de tristesse. "Elle a donné le bébé pour qu'il soit adopté. Il a été placé dans une bonne famille. Il lui manque, bien sûr, mais elle sait que c'était la meilleure chose à faire pour lui, la meilleure vie qu'elle pouvait lui donner. J'étais si fière d'elle. A part ça, néanmoins, elle va bien -- elle se repose plus que la plupart des mamans, en tout cas."

"C'est déjà ça," acquiesça Lois sans savoir vraiment que répondre.

"La prochaine fois que vous viendrez à la ferme, vous pourrez la rencontrer, si vous voulez," offrit Martha, se levant ensuite, prête à se mettre au travail. "Bon… puis-je vous apporter quelque chose ?"

"Non, tout va bien, merci," Lois se leva en souriant lugubrement sur la réalité de sa grossesse. J'ai juste besoin d'aller faire un tour aux toilettes -- encore."

 

Lundi, 18 heures

Clark put terminer son article avant 18 heures, mais avant de pouvoir retourner à la maison, il entendit un reportage à la radio au sujet d'un pétrolier en train de couler près des côtes, menaçant le port de Métropolis de pollution à grande échelle. Il soupira et téléphona à Lois.

"Hé, chérie, comment vas-tu ?… Oh, bien, Maman est là…" Il jeta un œil dans la salle. Personne n'avait l'air de lui prêter attention, mais ça ne faisait pas de mal d'être prudent, Lois comprendrait une allusion voilée. "Ecoute, il s'est passé quelque chose. Je dois aller vérifier. Oui, c'est ça, je dois voir si Superman va se montrer un lundi." Il sourit, appréciant une fois de plus l'esprit vif et généreux de sa femme. "Je rentre aussi vite que possible, mais si tu as besoin de quelque chose, tu m'appelles. Je vous embrasse toi et junior… et ma mère aussi. A bientôt."

Il raccrocha le téléphone avec un sourire et se dirigea vers les escaliers, en tirant sur son nœud de cravate.

Lundi, 18h30

La galerie marchande Cozy Corner n'avait rien d'inhabituel. Son concepteur avait construit un certain nombre de petits centres commerciaux de quartier avec une fade similarité dans la conception et la disposition. Le centre commercial, en forme de L, comptait une banque à une extrémité et un supermarché haut de gamme à l'autre, avec une variété de petites boutiques entre les deux. A cette heure, plusieurs magasins étaient déjà fermés, mais quelques uns restaient ouverts. Il y avait de la lumière dans le salon de coiffure où une cliente tardive faisait retoucher ses racines, et un vendeur en train de bâiller tenait la teinturerie ouverte pour les dépôts du soir. Cependant, ce qui intéressait Stubbs et Peabody, c'était la bijouterie.

Les deux escrocs étaient assis dans la vieille Buick de Stubbs, espérant passer inaperçus. Il y avait seulement quelques voitures dans le parking à cette heure. Ils avaient fait trois fois le tour pour trouver une place qui leur convenait à tous les deux, la première place leur semblait beaucoup trop proche du magasin pour le confort de Peabody et, la seconde, trop éloignée pour une observation pratique.

"Donc, c'est fermé, c'est ça ?" demanda Peabody nerveusement.

"Ouais," répondit Stubbs, les yeux traînant sur la vitrine du magasin. "Si on était plus près," expliqua-t-il avec une politesse exagérée, "tu verrais qu'ils ont fermé depuis une demi-heure. Mais puisque c'est trop prenant pour toi, faudra que tu m'fasses confiance."

"Ouais, on pourrait les voir, ils pourraient nous voir. Non merci, s'ils nous voyaient ils se douteraient qu'on prépare quelque chose."

"Ils vont le savoir de toute façon, Peabody."

Le petit homme fronça les sourcils en se trémoussant sur son siège. "Je sais pas pourquoi on doit y aller alors qu'ils sont toujours là. C'est beaucoup plus facile d'y aller quand ils sont partis. J'veux dire, il fait encore grand jour !"

"On est en août, espèce d'idiot, qu'est-ce que tu crois, qu'on va attendre jusqu'à minuit ? J'ai besoin de faire dodo. En plus, je t'ai dit -- les trucs que je veux sont dans le coffre pour la nuit et on a besoin de l'un d'eux pour l'ouvrir pour nous !"

"Non, on n'en a pas besoin, je pourrais l'ouvrir…" L'air vantard de Peabody disparut devant le regard blême de son compagnon.

"Oh, ferme-la… allez, il est temps d'y aller."

Stubbs émergea de la voiture en sifflant et en regardant autour de lui aussi nonchalamment qu'il le pouvait, ce qui signifiait qu'il avait exactement l'air d'un voyou sur le point de commettre un délit majeur. Il se dirigea résolument vers la devanture du magasin, Peabody se traînant derrière lui en marmonnant de façon indignée.

"… y croit que je sais pas comment forcer un coffre. Je force les coffres depuis que je suis môme, c'était ma, comment qu'on dit, ma spécialité, j'aurais pu avoir une médaille pour ça, si on donnait des médailles pour forcer les coffres chez les scouts, j'aurais pu le faire, c'est c'que j'veux dire…"

"Et ensuite, vous tirez et vous lancez comme ça," montra Lois. Martha et Elle se trouvaient dans le salon de la maison, de détendant après le dîner.

Martha se soumit très attentive, pendant que sa belle-fille lui expliquait le reste des mouvements d'art martial. Elle sourit. "Je pense que c'est merveilleux la façon dont ils ont pris une forme de combat et l'ont transformée en exercices."

Lois sourit en retour, heureuse que son idée ait eu du succès. "Ça s'appelle du Tai Chi et je suis tombée dessus il y a quelques années. L'ami de Clark du quartier chinois me l'a appris. C'est une façon géniale de s'échauffer." Les mouvements pouvaient être aussi très efficaces en accéléré si on en avait besoin, mais ce qui l'attirait surtout en eux ces derniers jours, c'est qu'on pouvait les pratiquer avec un ventre gonflé et ils n'étaient pas trop difficiles pour son organisme déjà stressé. "Recommençons celui-là encore une fois depuis le début."

Martha copiant ses mouvements, Lois reprit le geste encore une fois. En prenant une profonde inspiration, elle leva les bras au-dessus de sa tête et écarta légèrement les jambes. Avec grâce, elle descendit sa main droite en un coup stylisé. Elle suivit ensuite le mouvement en avançant d'un pas en poussant sur sa main gauche, la paume à l'extérieur. Une série complexe de mouvements plus tard, ses bras se retrouvèrent à nouveau au-dessus de sa tête. Pour finir, elle les lança tous les deux vers le bas, tout en expirant.

Martha sourit de plaisir. "J'ai pu le suivre beaucoup mieux cette fois-ci, ma chérie -- bien que je suis sûre que je n'avais pas l'air aussi gracieuse que vous."

"Je me suis beaucoup entraînée," admit Lois avec un rire triste. "Ça a un effet très apaisant et, dernièrement--"

Elle fut interrompue par la sonnerie de la porte.

Mr Stanley Tucci referma la chambre forte dans un bruit sourd. Il était directeur général et, en partie, propriétaire des Bijouteries Mazik et il retirait une grande satisfaction de ses deux fonctions. Il avait travaillé pour Mazik durant les 30 dernières années et il avait ouvert ce nouveau magasin l'année précédente, peu de temps après avoir acheté des parts dans l'entreprise. Le jeune Michael Mazik, son associé, n'avait pas la même passion que son père pour les affaires, mais ça aurait pu être pire - l'entreprise aurait pu être reprise par son bon à rien de frère, Jason. De toutes façons, le vieux Mazik n'aurait jamais pris d'associé. Maintenant, Mr Tucci était propriétaire et il sentait qu'enfin il avait quelque chose de concret à montrer pour toute une vie de dur labeur.

"On a fini ?"

C'était le jeune Peter Collins, le nouvel employé du magasin. Mr Tucci aimait réserver son jugement sur ses employés pendant les six premiers mois, mais jusque là, au moins, Collins avait plutôt bien travaillé. C'était un bon vendeur, bien habillé, respectueux du client -- tous les attributs nécessaires lorsque le prix de votre marchandise avait tendance à aller au-dessus des cent dollars et plus.

"Oui, j'ai rangé le dernier plateau." répondit Mr Tucci en rafraîchissant patiemment la mémoire du jeune homme sur les procédures de fermeture. Il tâta la chaîne de sa montre de manière distraite. "La chambre forte est fermée, alors maintenant nous devons juste nous assurer que le sol est propre et--"

Il fut interrompu par un coup frappé à la porte d'entrée du magasin.

La sonnerie retentit à nouveau avant que Lois n'atteigne la porte. En fronçant légèrement les sourcils, elle ouvrit la porte et découvrit sa mère.

"Lois ? Tu es toujours enceinte ?" demanda Ellen qui s'empressa d'entrer en haussant les sourcils.

"Non, maman, je ne suis pas enceinte," répondit Lois, en grinçant des dents. "Tu as en face de toi un hologramme, un clone, un double maléfique, choisis ce que tu veux. Le moi réel est mince et svelte sur une plage à Tahiti."

"Comme tu veux, chérie. Bonjour, Martha, je ne m'attendais pas à vous voir ici."

"Bonjour, Ellen," répondit Martha en riant. "Nous faisions juste quelques exercices d'art martial… Vous venez prendre des nouvelles de notre petit-enfant ?"

"Oui, effectivement," acquiesça Ellen. "Et j'ai fait du *shopping* !" Elle leva deux sacs pour le prouver, en souriant d'un air conquérant. "Je commençais à croire que je n'aurais jamais de petits-enfants, vous savez -- Lois ne semblait pas vouloir admettre qu'elle était une femme, encore moins se marier, et Dieu sait que Lucy ne rencontre jamais quelqu'un de convenable."

"Oh, je sais," sympathisa Martha, "Je pensais que Clark ne se déciderait jamais à s'installer dans une ville pour y rester, encore moins se marier… Venez par ici, asseyez-vous, vous semblez un peu fatiguée."

"Eh bien, je suis un peu fatiguée," confessa Ellen en suivant Martha jusqu'au canapé.

Lois, ignorée en arrière-plan, leva les yeux au ciel et se dirigea vers la cuisine. Elle avait bien besoin d'un autre verre d'eau.

"Du thé glacé pour moi, Lois" lui dit sa mère en interrompant un instant sa conversation avec Martha.

"Oui, maman." Lois prit une profonde inspiration et essaya de retrouver le calme qu'elle avait obtenu grâce aux exercices de Tai Chi. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas sa mère, elle l'aimait. Mais personne, pas même Ralph, ne pouvait la rendre dingue aussi vite qu'Ellen Lane. Quand elle revint au salon avec les boissons, elle trouva les deux grands-mères la tête enfouie dans les achats d'Ellen.

"Oh, n'est-ce pas adorable !" s'écria Martha sur le ton que chaque femme utilisait, peu importe sa sensibilité, à cette occasion.

"Et avec un bonnet assorti," ajouta Ellen avec fierté en exposant le bonnet en question du bout des doigts. "J'adore les bonnets, pas vous ?"

"Oh, Lois," Martha se retourna pour faire participer sa belle-fille à la discussion. "Vous aimez, n'est-ce pas ?"

Lois regarda le petit ensemble blanc et vert en cherchant ses mots. Par moment, sa maternité imminente lui semblait irréelle. "C'est vraiment… minuscule."

"Eh bien chérie," expliqua Ellen avec une note d'impatience, "les bébés sont minuscules au début. J'aurais cependant souhaité qu'on sache si c'est un garçon ou une fille -- ça rend le shopping plutôt difficile."

"Je suis désolée, maman, mais comme je te l'ai dit, le médecin n'a pas pu nous le dire. On le découvrira bientôt de toute façon." Son calme s'était évaporé, la laissant tendue et agitée. Elle avait besoin d'exercices, mais elle n'imaginait pas sa mère en train de faire des mouvements de Tai Chi. "Vous voulez aller faire un tour ? La marche est sensée stimuler les contractions, d'après ce que j'ai entendu, et j'ai besoin d'aller chercher les chemises de Clark chez le teinturier de toute façon."

"Eh bien, je suppose," commença Ellen un peu douteuse, mais Lois passa outre les objections qu'elle aurait pu formuler.

"Chouette, on y va ! Dès que j'aurai fait un petit tour aux toilettes, en tout cas. Ce n'est pas loin."

Collins se précipita à la porte du magasin. Il savait qu'il était encore à l'essai aux yeux de son directeur et Mr Tucci lui avait bien fait comprendre dernièrement qu'il devait améliorer ses talents avec les clients. Alors qu'il s'approchait de la vitrine, il vit deux hommes qui attendaient dehors, pendant un moment, il crut reconnaître l'un de ses clients de la semaine précédente. La ressemblance s'évanouit quand il regarda mieux, en plissant les yeux à la lumière du jour qui s'estompait, mais l'impression persista.

"Je suis désolé mais nous sommes fermés," dit-il très fort, indiquant le panneau qui affichait les horaires du magasin. "Nous rouvrirons demain matin."

Le plus grand des deux hommes fronça les sourcils et porta la main à son oreille pour indiquer qu'il n'avait pas entendu à travers la vitre.

"C'est *fermé*," essaya à nouveau Pete un peu plus fort. Pourtant l'homme n'avait pas l'air de comprendre

Pete soupira, réprima son envie de rouler des yeux et déverrouilla la porte. L'ouvrant légèrement, il parla dans l'entrebâillement. "Désolé, Messieurs, mais c'est fermé."

Stubbs sourit malicieusement. "On sait," répondit-il brièvement, en poussant la porte pour l'ouvrir et en bousculant Collins. "Mais on ne peut pas attendre."

Peabody suivit une seconde plus tard en fermant la porte derrière lui. "Surprise," annonça-t-il avec un sourire. "Nous sommes les gentils voleurs de bijoux du quartier."

Après avoir redressé le pétrolier, Superman avait décidé de jeter un rapide coup d'œil sur la ville avant de rentrer à la maison. Il venait juste de finir de persuader un chaton de descendre d'un arbre quand son attention fut attirée par un bulletin de la police. Il semblait qu'un hôpital pédiatrique au nord de l'état était menacé par un incendie. Il réfléchit brièvement quant à la sagesse de partir si loin de Métropolis, mais il décida que ça valait peine de prendre le risque. De plus, cela ne devrait lui prendre qu'une demi-heure tout au plus, et comment Lois pourrait-elle se mettre en danger en l'espace d'une demi-heure ?

Disant, d'un air absent, au revoir à la propriétaire du chaton, il s'envola et prit de l'altitude en se dirigeant vers le nord. Au sol, la petite fille de 12 ans serrait fort son chaton nouvellement retrouvé et le regardait s'envoler, bouche bée et agréablement étonnée. C'était *tellement* cool !

"Dos au mur," ordonna Stubbs. Pete recula et se concentra afin de survivre à cette rencontre. La politique du magasin n'incluait pas le sacrifice des employés.

Mr Tucci émergea de l'arrière-boutique et entra dans le magasin. "Peter, qu'est-ce qui se--" Il s'arrêta, les yeux écarquillés, quand il vit une arme pointée sur son employé. "Que voulez-vous ?"

"Mince, alors, un sandwich, ce serait chouette." charria nerveusement Peabody.

Stubbs regarda brièvement son partenaire dans le crime et reporta ensuite son attention sur ses victimes. "Ne faîtes pas attention -- on veut des diamants, des rubis… vous savez, le cambriolage traditionnel de bijouterie. Alors ouvrez le coffre et donnez-nous la marchandise."

Mr Tucci déglutit et ses mains se portèrent automatiquement vers sa montre à gousset, une habitude nerveuse.

"Ne bougez pas," avertit Stubbs en avançant vers le vieil homme.

"Quoi ?" demanda Mr Tucci, sans comprendre que ses gestes pouvaient être interprétés comme une menace.

"J'ai dit, ne bougez pas," répéta Stubbs, en frappant le directeur pour insister. Le vieil homme s'effondra comme une masse. Collins s'apprêtait à crier, mais s'arrêta quand Stubbs ramena son arme sur lui. "C'était un avertissement," fit Stubbs, bien qu'il n'avait pas vraiment eu l'intention de frapper le bonhomme aussi fort. "Alors, ouvre le coffre."

"Je ne peux pas !" rétorqua Pete, furieux et inquiet pour son patron. "C'est lui le directeur, il connaît la combinaison, pas moi ! Je ne sais pas comment l'ouvrir !"

La teinturerie du Cozy Corner était ouverte jusqu'à 19 heures le lundi, plus tard que d'habitude, mais malgré ça, Lois parvint à peine à arriver à temps. Le vendeur avait l'air contrarié qu'on vienne déranger sa soirée tranquille, mais elle l'ignora. "Je viens chercher les chemises de mon mari," annonça-t-elle brusquement en tendant le ticket. "Le nom est Kent."

Le vendeur prit le ticket et acquiesça, en marmonnant de façon inintelligible, et se dirigea vers l'arrière du magasin pour prendre les chemises. A mi-chemin, il se retourna soudain avec un regard de compréhension subite qui se transforma rapidement en un regard concupiscent. "Alors, comme ça, vous êtes Madame Kent, hein ? Je me demandais de quoi vous aviez l'air…" Ses yeux s'attardèrent sur sa silhouette et fixèrent son ventre rond. "Je comprends tout." Avec un ricanement d'autosatisfaction, il se retourna et disparut dans l'arrière-boutique.

Martha et Ellen dirigèrent leurs yeux ébahis vers Lois qui frémit de désarroi. "Je n'en ai aucune idée. Clark vient généralement prendre ces trucs quand il rentre à la maison."

Une minute plus tard, le vendeur revint, une fois de plus avec un air de total ennui. "Voilà, réparées et prêtes à être portées."

Lois le paya et elle s'en allèrent, toujours incapables de comprendre l'attitude du vendeur. Pourtant soudain, Lois se mit à rire. "Ça y est, je comprends maintenant." Elle se retourna vers sa belle-mère. "Clark a toujours besoin qu'on recouse les boutons de ses chemises."

Martha acquiesça un peu surprise puis ses yeux commencèrent à pétiller tandis qu'elle saisissait. "Donc il croit que vous et Clark-- ?" Lois opina de la tête et les deux femmes furent prises d'une crise de fou rire, laissant Ellen tirer l'inévitable conclusion.

"Lois !" s'exclama-t-elle scandalisée, "Ne me dis pas que c'est toi qui déchire ses chemises ?"

"Zut, zut, zut," jura Stubbs calmement. Il faisait les cent pas du magasin à l'arrière-boutique, mais quand il revint, la situation ne s'était pas améliorée. Le vieil homme était toujours par terre. Le type plus jeune disait qu'il respirait et qu'il survivrait, ce que Stubbs était secrètement soulagé d'apprendre. Il n'avait pas voulu l'assommer, qui pouvait savoir que le vieux bougre était si fragile ? Et maintenant, ils ne pouvaient pas ouvrir le coffre, et le type ne se réveillait pas, mais l'autre, il avait vu leurs visages de près. Stubbs commençait à percevoir quelques défauts dans son plan, mais s'il y avait une seule façon de terminer le boulot, il était partant. L'argent était trop bon pour le laisser filer.

"Hé, Stubbsie ?" demanda timidement Peabody.

"Oh, la ferme," répondit agressivement Stubbs. "Et je t'ai dit de pas m'appeler comme ça."

"Non, tu vas m'écouter," insista Peabody énergiquement. "Je peux forcer ce coffre, j'te dis. Je l'ai regardé de près et je peux le faire !"

Stubbs loucha hargneusement vers son complice et médita sur ses options. Il détestait ça mais… "Oh, très bien. Essaie, je suppose que ça ne peut pas faire de mal. Et peut-être que ce type va se réveiller."

Le visage de Peabody s'illumina. "Merci, Stubbsie ! J'vais réussir, t'en fais surtout pas !"

"Ouais, c'est ça," rétorqua Stubbs amèrement. "Mais m'appelle pas comme ça !"

"Tu ne déchires pas ses chemises ?" demanda Ellen, tandis que les trois femmes marchaient sur le trottoir. "Eh bien, alors, *quoi* ? Qu'y a-t-il de si drôle avec ces boutons ?"

Lois essayait de s'arrêter de pouffer et de trouver une explication. "Ce n'est pas drôle, vraiment, maman, c'est juste mes hormones, et Martha et moi parlions tout à l'heure de, euh, vêtements et…" Elle était à court d'idées. Son babillage disparaissait devant le regard pénétrant de sa mère.

"Et qu'est-ce que tes hormones ont à voir avec Martha ?" riposta Ellen avec esprit. "Je suis désolée Martha, je ne veux pas être rabat-joie, mais j'ai bien l'impression d'être hors du coup, qui est apparemment très drôle, et je n'aime pas cette impression."

Lois et Martha devinrent toutes deux sérieuses et échangèrent un regard coupable. Lois posa la main sur le bras de sa mère. "Je suis désolée, maman. Je ne voulais pas te mettre à l'écart." C'était dans des moments comme celui-ci que Lois regrettait la barrière que le secret de Clark avait érigée entre elle et sa mère. "Mais c'est trop compliqué à expliquer, et ce n'est pas si important, de toute façon." Elle cherchait un moyen de faire distraction face à sa mère. "Ce qui est beaucoup plus intéressant pour moi, maintenant par contre" continua-t-elle vivement, "c'est de trouver des toilettes -- est-ce qu'un de ces magasins est encore ouvert ?"

"On va le savoir tout de suite," répondit rapidement Martha, tout aussi désireuse que sa belle-fille de changer de sujet. Elles avancèrent en silence en scrutant le complexe à la recherche de portes ouvertes ou d'autre signe de bienvenue.

"Il y a de la lumière à la bijouterie Mazik," proposa Ellen, mais Martha hocha la tête énergiquement.

"Je n'irai pas là-dedans, Ellen."

Lois se désintéressa de la conversation en regardant vaguement les vitrines du magasin lorsqu'elles passèrent devant la bijouterie. Elles avaient presque dépassé le magasin quand Lois aperçut quelque chose d'étrange. Elle tourna légèrement la tête et fronça les sourcils, était-ce un corps étendu sur le sol ? Ses instincts lui criaient que quelque chose n'était pas normal et son cerveau s'emballa à la vitesse supérieure. Elle se détourna de la vitrine du magasin en essayant d'agir comme si elle n'avait rien remarqué. S'il avait jamais existé un moment où elle ne devait pas s'impliquer, c'était maintenant. Elle se consola avec la pensée qu'une fois en sécurité loin des lieux du crime, elle pourrait appeler la police.

Elle continuait, sans prêter attention à un quelconque problème. "Pour l'amour du ciel, comment peut-on avoir une si mauvaise expérience pour ne pas vouloir aller aux toilettes là-dedans ?"

"C'est une longue histoire," rétorqua obstinément Martha, "Mais, faites-moi confiance, nous n'avons pas de chance avec les Mazik."

Juste comme les trois femmes dépassaient la dernière vitrine de la bijouterie, elle entendirent une porte s'ouvrir derrière elles. Lois ferma les yeux de façon résignée. "Zut," marmonna-t-elle en s'arrêtant.

Ellen et Martha se retournèrent pour voir ce qui se passait et leurs yeux s'écarquillèrent. "Lois," murmura Ellen de sa voix rauque, "Il y a un homme là derrière--"

"Avec un revolver," termina Lois en redressant les épaules et en se retournant vers lui.

"Bonjour, mesdames," dit Stubbs avec un sourire démoniaque.

Quelques instants plus tard, Lois, Martha et Ellen étaient poussées à l'intérieur du magasin. Elles se retrouvèrent debout dans un coin.

"J'vais pas vous faire de mal, sauf si on m'y pousse," assura Stubbs, "mais je peux pas vous laisser partir non plus, pas avant qu'on ait fini et qu'on soit partis."

"Vous auriez pu juste nous laisser poursuivre notre chemin," protesta Martha. "Nous n'avions rien vu du tout !"

"Elle si," la contredit Stubbs, en faisant un signe de tête vers Lois.

Lois tressaillit, sans vraiment oser regarder sa mère ou sa belle-mère dans les yeux, et balbutia. "Clark va me tuer." Elle redressa les épaules et posa une main protectrice sur son ventre. "Maman, Martha… restons calmes et hors de son chemin. Il aura bientôt fini et on pourra s'en aller," ajouta-t-elle avec un regard déterminé. "Je vais aux toilettes."

Stubbs remarqua son regard et dit prudemment. "C'est derrière. Vous revenez tout de suite. Et ne pensez même pas à aller quelque part," ajouta-t-il, "parce que ces deux dames, elles restent ici."

"Bien," acquiesça Lois, en essayant de trouver un moyen de soulager sa vessie.

"Qu'est-il arrivé à ce pauvre homme ?" demanda Ellen en montrant Mr Tucci.

Pete Collins, qui était en train de vérifier la respiration de son patron, se retourna. "Ils l'ont frappé -- assommé ! Je n'arrive pas à le réveiller." Il avait une pointe de panique dans la voix.

Ellen se leva en défiant Stubbs de l'empêcher de traverser la pièce pour se rendre auprès de Mr Tucci. "Je suis infirmière, laissez-moi regarder."

Stubbs les observa une minute et décida ensuite qu'ils ne représentaient pas une grande menace. Il reporta son attention sur des questions plus importantes. "Comment ça va, Peabody ?" dit Stubbs en direction de l'arrière-boutique tout en gardant un œil sur ses otages.

"J'y arriverai, très bientôt, sûrement…" fut la réponse étouffée qui lui parvint de l'arrière-boutique

"Ah flûte ! Ça marche pas." Stubbs regarda Collins, qui se trouvait maintenant contre le mur, d'un air spéculatif, pendant qu'Ellen examinait le directeur inconscient. "Peut-être qu'après tout tu peux vraiment ouvrir le coffre et que tu ne me le dis pas."

Pete Collins déglutit difficilement mais ne broncha pas. "Je suis juste un employé, je vous dis. Je ne peux pas l'ouvrir. Regardez," il indiqua la vitrine d'exposition la plus proche. "Il y a dix montres Rolex là-dedans, elles étaient censées aller dans le coffre mais j'ai oublié. Vous pouvez les prendre !"

Stubbs les regarda à peine. "Je ne veux pas de montres bon marché, j'en ai déjà une."

Collins resta bouche bée. "Mais, mais ce sont--"

"Etes-vous de parfaits idiots ?" éclata Ellen, distraite de son examen et incapable de se contenir. Est-ce que ces crétins ignorent donc ce que vaut une Rolex en or ?" Elle s'avança, indignée.

"On est pas trop cultu-rés," rétorqua sommairement Stubbs, "mais on sait certaines choses. Comme se servir d'une arme." Il pointa le revolver vers elle et elle s'arrêta net, les yeux écarquillés par la peur. Très lentement, elle recula jusqu'à ce qu'elle soit à nouveau aux côtés de Mr Tucci.

"Merci, Madame," Stubbs sourit à pleines dents, lui tirant un chapeau imaginaire par sarcasme plus que par politesse.

Ellen termina son examen du directeur évanoui et rampa jusqu'à sa fille qui était assise par terre. "Il n'a pas l'air bien," confia-t-elle. "Il a vraiment besoin d'être soigné aux urgences, mais je ne crois pas qu'il soit en danger immédiat." Elle regarda avec colère dans le magasin. "Où est donc Superman quand on a besoin de lui ?"

A l'hôpital pédiatrique de New Troy, à 55 kilomètres au nord de Métropolis, Superman s'affairait rapidement à éteindre un incendie qui faisait rage. Il avait déjà fait sortir les patients et les employés de l'hôpital des deux étages les plus proches du brasier, les sauveteurs étaient en train d'évacuer les étages restants dans l'aile touchée. Pour une situation d'urgence, les choses se déroulaient plutôt bien, mais Clark était porté par une urgence intérieure, une crainte persistante qui lui disait que Lois était en danger. Il se dit qu'il devenait paranoïaque, mais dirigea tous ses efforts afin de maîtriser la situation aussi super humainement que possible. Bientôt les pompiers pourraient prendre la relève, et trois secondes plus tard, Superman serait de retour à Métropolis.

Lois ferma les yeux et essaya de réfléchir. C'était difficile, surtout parce qu'Ellen marmonnait encore des plaintes et des jurons, après vingt minutes, mais Martha essayait de la calmer, laissant l'opportunité à Lois de se concentrer sur son propre bien-être. Etre assise les jambes croisées n'était pas inconfortable, surtout avec l'une des chemises de Clark pour lui servir d'oreiller dans le dos. Se relever serait un défi, mais c'était pour plus tard. Elle ouvrit un œil et regarda sa montre, puis referma les yeux en se plongeant dans les exercices de respiration appris en classe. Inspirer très lentement, expirer très lentement. Inspirer, expirer. La situation ne s'arrangerait pas en paniquant.

"Lois, qu'y a-t-il ?" La question d'Ellen, chargée d'inquiétude, troublait le calme que Lois avait réussi à acquérir.

Lois ouvrit les yeux et regarda sa mère. La situation ne s'arrangerait pas non plus en démentant. "Tu sais, quand j'ai dit qu'on pourrait s'en sortir ?" demanda-t-elle doucement.

Ellen hocha légèrement la tête, et Martha se pencha plus près, crispée par l'intuition que quelque chose avait changé.

"On n'a plus beaucoup de temps. Je crois que le travail a commencé. Et je refuse d'avoir mon bébé pendant une prise d'otages -- ça fait vraiment trop cliché."

Ellen pâlit en regardant frénétiquement autour d'elle dans l'espoir que le cambriolage allait soudain cesser d'exister. Martha toucha le bras de Lois. "Vous êtes sûre, chérie ?"

"Je crois bien. J'ai eu des petites contractions depuis un moment maintenant, mais celles-ci sont différentes. Elles ne sont pas encore trop rapprochées ou trop dures à supporter, toutefois, alors on a encore un peu de temps. "Martha, maman, aidez-moi à me lever." Elle tendit les bras et ses deux aînées l'aidèrent à se mettre debout.

"Merci" dit-elle à bout de souffle, en ajustant ses vêtements et en tapotant son ventre de façon rassurante. "Ne t'en fais pas, bébé. Maman va te sortir de là," promit-elle dans un murmure. Regardant autour d'elle, elle vit que Stubbs était au fond du magasin en train de vérifier les progrès de Peabody. Avant de pouvoir changer d'avis, elle s'écria, "Hé, vous !"

Stubbs se retourna, surpris et mécontent de l'interruption. "Qu'est-ce qu'vous voulez ?"

Lois avança d'un pas, sa mère la suivant avec incertitude.

"Je veux sortir d'ici," commença-t-elle brusquement.

Stubbs rit amèrement. "Nous le voulons tous, mais vous voyez, il y a un petit problème."

"Oui, je sais, vous avez des problèmes pour ouvrir ce coffre. Alors, je me propose de vous aider."

"Quoi ?" protesta Ellen, sidérée. Stubbs était un peu moins surpris.

Martha regardait avec fascination pendant que Lois ignorait sa mère et poursuivait. "Croyez-le ou non, je connais quelques petits trucs sur la façon d'ouvrir les coffres forts. Je rencontre pas mal d'escrocs dans ma profession et je suis curieuse." Lois prit une profonde inspiration et bluffa. "Big Louie m'a appris tout ce qu'il sait."

Stubbs avait l'air assez sceptique. "Vous connaissez Big Louie ?"

Elle sourit froidement. "Je connais des gars qui connaissent des gars," déclara-t-elle, en se souvenant de l'homme qui l'avait aidé à retrouver les affaires volées à Clark quatre ans plus tôt. Voyant que Stubbs n'était pas tout à fait convaincu, elle ajouta. "En plus, j'ai joué au tennis avec sa fille à l'université."

Ellen, ignorée à l'arrière plan, roula des yeux et s'affaissa sur un comptoir. "Pour ça…," gémit-elle, "j'ai payé quatre ans d'études…"

Stubbs réfléchit à l'information et porta ensuite son regard sur le coffre. Peabody marmonnait tout seul et le coffre était toujours fermé. Elle pouvait difficilement faire pire. "Ok, tentez le coup. Mais je compte rien vous laisser sur le butin."

"Oh, je comprends," acquiesça Lois. Tout ce que je veux, c'est en finir avec cette historie. De plus, ça doit vous rassurer -- vous savez que nous n'irons pas à la police car nous serons complices."

Stubbs sourit. "Ouais, c'est juste. On dirait une de ces situations tout bénéf' pour moi."

Lois commença à se diriger vers l'arrière-boutique, lentement, pour ne pas affoler l'homme au revolver. "C'est vraiment une coïncidence," fit-elle pour converser. "Car j'ai justement mis en pratique mes talents de perceuse de coffre aujourd'hui." Elle passa devant Stubbs et regarda Martha derrière elle. "J'ai même appris quelques gestes à ma belle-mère."

Martha fronça un instant les sourcils et ses yeux s'écarquillèrent. "Oui, c'est vrai." Ellen la regarda comme si elle était folle. "Vous nous avez interrompues quand vous êtes arrivée, Ellen."

Satisfaite que Martha sache ce qu'elle insinuait, Lois s'avança vers le coffre et se concentra pour se souvenir de tout ce qu'elle avait entendu sur l'ouverture des coffres. Elle avait enquêté une fois sur le sujet, deux ans plus tôt, dans un article sur les cambriolages. Le problème était que, la chose principale qu'elle avait découverte, c'est qu'il était quasiment impossible de forcer les coffres modernes à moins d'utiliser de grandes quantités d'explosifs. Mais ça n'avait pas vraiment trop d'importance -- tout ce qu'elle avait à faire était de simuler jusqu'à ce qu'elle soit dans la bonne position et jusqu'à ce que passe sa prochaine contraction. Elles arrivaient à peu près toutes les 10 minutes et ça faisait seulement 7 minutes que la dernière était passée.

Comme si elle lisait dans ses pensées, la contraction arriva à ce moment là. Le muscle de son utérus se tendit. Cela ne faisait pas mal, véritablement, mais ça semblait plus fort que la dernière fois et, sous sa main, elle sentit son ventre se contracter à nouveau. Son instinct fut de se raidir, mais elle commença à respirer longuement et elle détendit ses épaules, ses bras et ses jambes. Quand la contraction diminua, une minute plus tard, elle ouvrit les yeux et trouva Peabody qui la fixait anxieusement.

"M'dame, qu'est-ce qui va pas ?"

"Rien," le rassura-t-elle, puis elle sourit timidement. "C'est juste une contraction."

L'incendie enfin sous contrôle, Superman atterrit rapidement pour un dernier mot avec le chef des pompiers. Superman décrivit ce qu'il avait fait et ce qu'il fallait encore faire, puis il expliqua que s'ils pouvaient tout prendre en charge à partir de maintenant, on avait besoin de lui ailleurs. Le chef des pompiers le remercia et lui assura que ces hommes étaient très capables. Superman acquiesça, accepta les remerciements pour son aide, et s'envola vers le sud dans un éclair rouge et bleu. Il ne pouvait chasser cette impression que Lois avait besoin de lui.

"Stubbsie, la femme va *accoucher* !" hurla Peabody, déchiré entre inquiétude pour elle et dégoût à la pensée de la biologie que ça impliquait.

Lois prit rapidement avantage de son haut-le-cœur. "Oh, ce n'est rien attendez que je perde les eaux… du liquide amniotique, partout… et vous savez, ça ne fait pas que se répandre en une fois, mon corps continue à en produire…"

Peabody déglutit difficilement et s'éloigna d'elle, presque involontairement. "Stubbsie !"

Stubbs vérifia de loin tout en essayant de garder un œil sur ses otages. "Tu veux te calmer ?" demanda-t-il impatiemment. "Et m'appelle pas comme ça !"

Un regard frénétique fut sa seule réponse et Stubbs poussa un soupir. De la façon dont les choses tournaient, il pouvait s'attendre à voir Superman à tout moment et ce serait presque un soulagement. "Très bien, Peabody, tu passes devant et tu surveilles les autres, je vais garder un œil sur elle."

Peabody se hâta vers la porte, s'arrêtant juste pour prendre possession du revolver. Lois s'occupait de la porte du coffre en souriant. Maintenant les chances étaient à égalité. Elle s'inquiétait de voir Martha s'attaquer au plus grand des deux. Même avec une arme, Peabody n'était pas une grande menace. Elle regarda sa montre. Encore 8 à 10 minutes avant la prochaine contraction, alors elle devait faire semblant d'être occupée pendant ce temps. Elle ne pouvait prendre le risque de provoquer une bagarre pendant que son corps programmait autre chose, le moment le plus sûr pour tenter quelque chose serait seulement après une contraction. Il n'y avait aucun moyen de se préparer avec les femmes qui se trouvaient dans le magasin, mais on ne pouvait rien y faire

Martha faisait silencieusement les cent pas et s'agita soudain. Elle passa mentalement en revue les mouvements de Tai Chi qu'elle avait appris et essaya de deviner quand Lois se mettrait en action. Sans aucun doute, elle voudrait attendre la fin de la prochaine contraction, mais il n'y avait aucun moyen de prévoir dans elle arriverait. Peabody la laissa faire ses allées et venues, son attention partagée entre l'avant du magasin et l'arrière-boutique, alors, elle augmenta ses pas, examinant les alentours à la recherche de quelque chose d'utile.

"Martha," appela Ellen, "Que se passe t-il ici ? Elle était toujours assise par terre, le dos appuyé contre le mur, en gardant un œil sur son patient.

Martha examina son kidnappeur qui n'avait apparemment pas entendu la question. Elle s'approcha un peu d'Ellen et parla à voix basse. "Lois m'a appris quelques mouvements d'auto défense. On doit essayer de se débarrasser du revolver."

"Vous êtes folle ?" demanda Ellen dans un murmure, d'un air effaré. "Martha après l'incident de la fête pour la naissance du bébé, je ne sais pas si je vais pouvoir supporter ce genre d'excitation !"

Pete Collins, ayant entendu, écarquilla les yeux de stupeur. "Vous ne pouvez pas, Madame, ils risquent de vous faire du mal !"

"Pas si je fais ça bien," rétorqua Martha en s'éloignant d'eux afin de ne pas trop attirer l'attention.

Clark arriva en un éclair à la maison en ajustant sa cravate et entra dans la propriété. "Lois ? maman ?" Il se rendit à la cuisine écoutant et cherchant quelques signes de vie, n'importe quoi qui puisse effacer ses craintes. "Tout va bien ?"

Un relent de l'arôme qui émanait de la cuisine le fit sourire, sa mère avait préparé le dîner. Mais son sourire s'effaça vite quand il réalisa que Lois n'était pas à la maison. Il se dirigea vers les escaliers mais s'arrêta net quand il découvrit un petit mot sur le bureau. "Partie faire un tour avec ta mère et la mienne, bientôt de retour, bisous, Moi." Clark leva les yeux aux ciel, toujours inquiet. "Lo-is !"

Il remit son costume et s'envola pour examiner les environs, en espérant les apercevoir. Comme ça ne marchait pas, il plana au-dessus du coin considérant ses alternatives. Il tendit l'oreille en essayant d'entendre sa femme soit parler, soit rire… ou appeler à l'aide. Rien. Il était parfois parvenu à retrouver sa trace en écoutant les battements de son cœur, mais ça marchait seulement quand il savait où elle était. Ce soir, malheureusement, il n'en avait aucune idée.

Lois se trouvait à court d'idées à force de manipuler les boutons du coffre quand une nouvelle contraction la saisit. Celle-ci était plus forte et elle retint un gémissement. Une seconde plus tard, pourtant, l'inspiration lui vint et elle grogna bruyamment. Assez bruyamment, espérait-elle, pour être entendue dans la pièce à côté. Elle pressa les mains sur la porte du coffre et s'y appuya, les pieds écartés, l'une des positions qu'elle avait apprises.

Stubbs la vit bouger, entendit sa plainte et fronça les sourcils. Cette histoire d'accouchement le mettait mal à l'aise et il commençait à envisager de tout laisser tomber et de ficher le camp.

Peabody frémit en entendant gémir Lois et recula un peu. Martha sourit d'un air déterminé. Le spectacle allait commencer. Ses pas la menèrent près du présentoir des Rolex et elle s'arrêta. "Oh, mon Dieu, regardez ça," dit-elle joyeusement.

"Regarder quoi ?" demanda Peabody avec prudence, désireux de se distraire.

"Ce sont les Rolex dont je vous ai parlé," ajouta Pete, se levant et s'approchant pour mieux les voir. "Celle-là," montra-t-il, "vaut 15.000 $."

"Vraiment ?" demanda Peabody, étonné. "Quel genre de dingue voudrait dépenser autant d'argent pour une montre ?"

"Moi, je le ferais," Ellen prit la parole, sans bouger de sa position. "Si j'avais cet argent, bien sûr."

"Eh bien, regardez au moins la façon dont c'est fabriqué," Martha invita Peabody à regarder de plus près. Elle se tourna vers le jeune employé. "Pourriez-vous la retirer du présentoir pour nous la montrer ?"

"Pourquoi pas ?" dit-il pour la forme en prenant ses clés.

Peabody se rapprocha déchiré entre l'avidité et l'incrédulité. "Y a pas une montre qui vaut quinze mille balles." Il pencha son arme, pratiquement oubliée dans sa main.

"C'est ce que dit le prix indiqué sur l'étiquette." répliqua Pete, terre-à-terre.

Lois sentit la contraction diminuer et entendit des voix résonner dans la pièce de devant. C'était le moment. Elle tourna une dernière fois le bouton principal et s'écria "Ça y est !"

"Ouais ?" rétorqua Stubbs, étonné. Il s'approcha d'elle pour constater par lui-même et elle recula légèrement en étirant ses bras en l'air. Quand ils furent à la même hauteur, elle le frappa en abattant son bras droit sur le crâne de l'homme en un geste rapide. Il se plia légèrement et un coup de pied l'atteignit dans l'estomac, le projetant à terre.

Martha fit semblant de reculer pour permettre à Peabody de mieux voir la montre que tenait Pete. Elle donna ensuite un coup dans le revolver, faisant sursauter Peabody qui lâcha l'arme. Peabody la regarda étonné, une expression qui s'intensifia seulement quand elle fit suivre son coup de machette par un bon coup de pied dans le plexus solaire, tout comme les exercices qu'elle avait appris. Il se plia en deux et elle continua en lui balançant un coup de genou dans la figure, ce qui le projeta à terre.

Peabody se remit sur ses pieds et se planta devant Martha encore une fois. Elle lui présenta ses poings, dans ce qu'elle espérait être une pose menaçante, et la détermination de celui-ci vacilla. Puis, semblant sortir de nulle part, Pete se trouvait là et décocha un coup poing qui envoya valser le petit voleur.

Ellen ramassa le revolver, le tenant prudemment et ils se regardèrent les uns les autres, excités et ravis de leur succès.

Stubbs se releva et Lois se planta face à lui de l'autre côté de la pièce. Elle était plus essoufflée que prévu et son ventre rebondi la gênait. Il lui lança un regard méchant, mais il ne semblait pas vouloir attaquer une femme enceinte.

"Vous ne devriez pas faire ça, madame," grogna-t-il.

"Non, c'est *vous* qui ne devriez pas faire ça," le contredit Ellen.

Lois se retourna, surprise et vit sa mère qui se tenait dans l'embrasure de la porte, menaçant Stubbs avec son propre revolver. Ellen entra lentement dans la pièce et se dirigea vers sa fille en gardant soigneusement le revolver braqué. "Sortez de là, Mr Stubbs," ordonna-t-elle. "Ce cambriolage est terminé."

Stubbs hocha la tête et se plia à l'inévitable. Il se traîna vers l'avant et découvrit Peabody qui se tenait dans un coin, surveillé par Pete. Peabody regarda son partenaire d'un air penaud. "Ils m'ont frappé, Stubssie… je suis désolé."

"Ouais, t'es désolé," grogna Stubbs en le rejoignant dans le coin. "Et pour la dernière fois, bon sang, *m'appelle* pas comme ça !"

Comme Ellen prenait la révèle pour les surveiller, Pete se détourna un peu, en s'adressant à Martha. "Vous l'avez trouvé ? C'est juste ce petit bouton sous le comptoir, là…"

Elle regarda de plus près l'endroit indiqué et sourit. "Oui, ça y est." Elle passa sa main sous le comptoir et soudain une alarme se déclencha . Tout le monde dans le magasin grimaça.

"Pas celle-là !" hurla Pete, en se précipitant vers elle. Il farfouilla sous le comptoir et soudain, la sirène s'arrêta. "Désolé, j'avais oublié celle-là. J'ai déclenché l'alarme silencieuse maintenant, la police devrait bientôt arriver."

Lois balaya le magasin du regard et se mit à rire. Quelle équipe de justiciers inattendue -- même si les escrocs en question étaient plutôt stupides. Elle était celle qui avait le plus d'expérience et pourtant elles l'avaient secourue. "Merci, maman !" dit-elle avec un grand sourire. Peut-être avait-elle été injuste avec sa mère.

Ellen sourit aussi, sans quitter les prisonniers des yeux. "Pas de problème, chérie. C'est ce que font les mères pour leurs filles. Et au moins, cette fois-ci, tu apprécies mon aide, par comme lorsque tu t'es plainte de ma façon d'organiser la fête pour le bébé ou quand tu évitais de discuter des préparatifs pour ton mariage…"

En fin de compte, peut être pas.

Quelques secondes plus tard, Superman arriva dans un whoosh, cape au vent. Il examina la scène prêt à combattre les forces du mal et fut quelque peu perplexe de découvrir que les méchants étaient déjà sous contrôle.

"Oh, Superman," dit Ellen faussement accueillante. "Ravie que vous veniez nous rejoindre !"

Superman haussa les sourcils à la vue de sa belle-mère tenant une arme et se tourna ensuite infailliblement vers Lois. Elle sourit timidement. "On va bien, Superman. Juste une petite aventure. La police et l'ambulance sont en route. Et ne vous inquiétez pas, l'ambulance est pour Mr Tucci, pas pour moi." le rassura-t-elle, en indiquant la silhouette immobile du directeur.

Superman, croisa les bras, pour cacher les fortes émotions qu'il ressentait. "Vous deviez juste allez vous promener, hein ?" dit-il calmement.

"Eh bien, ce n'était pas censé être aussi excitant," répondit-elle avec un sourire contrit. "Je pensais juste prendre tes, eum… les affaires de mon mari chez le teinturier -- elles sont fichues, j'en ai bien peur, elles auront au moins besoin d'être repassées, mais je pense que nous devrions trouver une autre teinturerie de toute façon -- et donc nous marchions et il y avait un *corps* par terre ! J'ai essayé de l'ignorer, mais je n'ai pas été assez rapide et ils m'ont remarquée et, eh bien…" elle s'arrêta tout à coup, alors qu'une autre contraction arrivait.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-il brusquement, en remarquant son changement de respiration et sa posture. "Oh, mon Dieu, tu vas accoucher." Il tendit la main vers elle mais à l'instant ou elle sentit qu'il la touchait, elle ouvrit les yeux.

Elle s'agrippa à son bras et le serra, en parlant avec quelques difficultés. "Je vais -- bien. Juste besoin de -- Clark," insista-t-elle en regardant expressément son costume rouge de haut en bas. "Pouvez-vous -- le trouver pour moi ?"

"Oui, bien sûr." fit sévèrement Ellen. "Une femme a besoin de son mari dans un moment pareil."

"Je ferais ce qu'elles disent, Sooperman," approuva Peabody. "Ces dames font peur."

Superman sourit à ce commentaire. "Ne m'en parler pas. OK, je vais trouver Clark et l'amener ici. Il sera là dans un instant. Vous êtes sûre que ça ira bien encore quelques minutes ?"

La contraction passée, Lois respira profondément. "Ça ira pour quelques heures, vraiment. Tout ce que je veux, c'est que mon mari me conduise à l'hôpital."

"D'accord…" Il partit à contrecœur, en remarquant que la police arrivait sur les lieux. Il devrait se souvenir d'être prudent en arrivant -- la dernière chose dont il avait besoin maintenant, c'était d'une contravention.

Lorsque Clark arriva au magasin, quelques minutes plus tard, les choses étaient en effervescence. Mr Tucci était transporté dans l'ambulance et Pete accompagnait son patron. Ce qui laissait à Martha, Ellen et Lois, le soin d'expliquer les évènements à la police, qui avait déjà arrêté les deux voleurs de bijoux. Quand Lois vit arriver Clark, son visage s'illumina et elle se pressa de le rejoindre. Enfin, ils pouvaient s'enlacer, s'assurer l'un l'autre que tout allait bien.

Clark serra sa femme et son enfant contre lui, les tenant aussi fort qu'il pouvait le faire, encore tout retourné qu'elle ait encore frôlé le danger. Il ne s'y était jamais habitué et c'était encore pire car il n'avait pas été là pour la protéger. Après quelques instants, il recula, anxieux d'en savoir plus sur ce qui s'était passé.

Il fut devancé par un inspecteur de police. "Madame, nous avons besoin de votre déposition, ensuite vous nous accompagnerez au commissariat pour les procédures."

Lois le regarda en contestant. "Non, je suis désolée, je dois--"

"Tiens, tiens, tiens," fit tout à coup le policier, un regard illuminé éclairant son visage très banal. "Mais, c'est Lois Lane ! Je savais que vous me sembliez toutes familières." Il se retourna vers les autres femmes. "Madame Kent, Madame Lane, quel plaisir de vous revoir," dit-il en souriant impudemment. "Vous-vous souvenez de moi, n'est-ce pas ? Inspecteur Doyle -- mais vous pouvez m'appeler Frankie."

"Oui, c'est très touchant." dit brusquement Lois en le reconnaissant comme l'un des inspecteurs qui l'avait arrêtée, deux mois plus tôt. "Mais je dois allez tout de suite à l'hôpital pour avoir un bébé, *si* vous n'y voyez pas d'inconvénient. ?"

"Non, non, pas du tout," répondit Frankie avec courtoisie. "Je vais juste rester ici et faire à nouveau connaissance avec vos mères."

Lois et Clark partirent avant qu'il ne puisse changer d'avis. En se dirigeant vers la porte, ils entendirent Peabody marmonner à son compagnon. "Tu vois, Stubbsie, je t'ai dit que ces dames me faisaient peur !"

Lundi, 21 heures

Se faire admettre à l'hôpital ne fut pas une histoire trop compliquée puisqu'ils étaient déjà enregistrés en ayant suivi les cours d'accouchement. Le seul retard, en fait, fut provoqué par les contractions. A ce moment là, elles étaient assez fortes pour empêcher Lois de marcher.

"Tu es sûre que ça va ?" demanda Clark, impuissant, tandis qu'elle se tenait au mur du couloir à attendre qu'une autre contraction passe.

Lois prit une profonde inspiration et sourit à son mari. "Je vais bien, c'est normal, tu le sais bien. On devrait prendre ça comme un bon présage, vraiment que ça aille aussi vite. Je ne veux pas prendre de médicaments pour provoquer l'accouchement si j'ai mon mot à dire."

Ils continuèrent à avancer et trouvèrent la salle de travail qui leur avait été assignée, dans laquelle une infirmière déterminerait s'il le moment était vraiment venu ou s'il s'agissait d'une fausse alerte. C'était une chambre particulière avec un lit et une chaise et de l'espace pour installer différents appareils. Ils avaient appris, pendant les cours, qu'ils resteraient dans la même pièce avant et pendant l'accouchement.

"Je n'aime vraiment pas te voir souffrir," murmura Clark. Il avait déjà plusieurs fois aidé à mettre des bébés au monde, en tant que Superman, mais là, c'était son épouse, la femme qu'il aimait plus que la vie elle-même, ça mettait sa présence d'esprit à rude épreuve.

"Je sais, mais je suis forte et, souviens-toi, quand nous sommes ensemble, nous pouvons tout maîtriser. Etre avec toi," lui rappela-t-elle, "c'est plus fort-- Elle s'interrompit l'air incrédule. "Wow, ça fait bizarre…"

"Quoi, une autre contraction, déjà ?"

"Non. Je crois…" Elle regarda par terre. "Je crois que je viens de perdre les eaux."

"Oh, ça fait mal ?" demanda Clark un peu épouvanté.

Lois leva les yeux au ciel de manière indulgente. Les hommes. Comment un homme, surtout un super homme, pouvait-il affronter presque toutes les situations et pourtant être aussi gauche quand il s'agissait de simple biologie ? Surtout avec tous les livres qu'il avait lus ? Ce serait presque ennuyeux si ça n'était pas aussi mignon. "Non, ça ne fait pas mal. Tu crois que tu pourrais me trouver une serviette, chéri ? Je dégouline." souffla-t-elle.

Ceci l'anima et il se mit en action. L'infirmière entra dans la pièce juste comme il atteignait un chariot rempli de linge.

"Vous venez de perdre les eaux, c'est ça ?"

Lois leva la tête vers cette voix inattendue et amicale. "Oh ! Oui, je crois bien." Clark prit quelques serviettes et les tendit à Lois.

"Eh bien, c'est bon signe," rétorqua joyeusement l'infirmière. "Mon nom est Judy, je serai votre infirmière pour la soirée." Elle sourit à ce qu'elle venait de dire. "Et vous devez être Mr et Mme Kent, exact ?"

Lois hésita un instant, décontenancée par se titre inhabituel. Elle avait très sérieusement pensé au choix du nom qu'elle utiliserait en se faisant admettre à l'hôpital. Lois Lane était, après tout, son nom professionnel. Mais c'était sans aucun doute un événement familial, et elle avait finalement décidé d'utiliser le nom de son mari car ça lui donnait davantage l'impression qu'ils formaient une vraie famille. De plus, le bébé serait déclaré sous le nom qu'avait donné la maman lors de son admission et ce bébé serait définitivement un petit Kent.

"Oui, c'est nous." répondit Clark à sa place, retrouvant enfin la parole. "Je m'appelle Clark et voici ma femme, Lois."

"Enchantée de vous rencontrer tous les deux." dit Judy en souriant. "Maintenant, Lois, on va se débarrasser de ses vêtements humides. Vous mettrez cette chemise -- rien en dessous, s'il vous plaît." Elle tendit à Lois un vêtement informe, en indiquant l'autre extrémité de la chambre. "Il y a une salle de bains derrière cette porte."

Lois prit la chemise d'un air dubitatif. "Clark, je vais avoir besoin de ton aide avec ça…"

Dans le Centre Ville, Ellen et Martha se trouvaient en face du poste de police, Martha fut assez amusée de voir qu'il s'agissait de celui qu'elles avaient "visité" en juin dernier, suite à la fête organisée pour l'annonce de la grossesse. "Et bien, nous y voilà de nouveau, n'est-ce pas Ellen, ?" plaisanta-t-elle en essayant de cacher sa soudaine nervosité. Suivre ces cours d'accouchement avait été merveilleux, mais ça lui démontrait aussi la multitude de choses qui pouvaient mal tourner -- même quand la mère et l'enfant étaient tous deux entièrement humains.

"Je vous en prie, ne me le rappelez pas, Martha," répondit Ellen en grimpant les marches et en pénétrant dans l'immeuble avec la résolution déterminée d'en finir avec cette histoire aussi vite que possible. Martha suivit d'un pas plus lent. Il faisait nuit et, même si l'entrée était bien éclairée, elle préférait ne prendre aucun risque dans ces escaliers de pierre. Martha rattrapa Ellen et l'inspecteur Frankie juste devant la porte d'entrée.

Le commissariat du 37ème district n'avait pas changé depuis leur dernière visite, même les gens assis sur les bancs paraissaient familiers. "Venez par ici," leur fit signe l'Inspecteur Frankie "et je vais prendre vos dépositions."

"Bien," répondit Martha avec une pointe de nervosité. "Pourrait-on en finir vite, s'il vous plaît ? Ma belle fille est à l'hôpital en train d'accoucher, et j'aimerais bien être là-bas…"

Frankie leva la main d'un geste apaisant, en partie sur la défensive. Ellen sourit avec sympathie. "Ne vous en faites pas, Martha, on a tout le temps. Les premiers accouchements prennent toujours un temps fou, croyez-moi," souligna-t-elle, en roulant des yeux à ce souvenir. "Lois à mit une éternité à venir. Et, tout ça en supposant, qu'il s'agisse bien de l'accouchement et pas d'une fausse alerte.

 

Lundi, 21h20

"Oh, c'est bien le bon moment, c'est sûr," annonça Judy du bout de la table. "Lois et Clark se regardèrent avec un mélange de triomphe et de terreur. "Lois, vous êtes dilatée de quatre centimètres. Ça se passe très bien."

Judy interrompit son examen et Lois s'allongea à nouveau sur le lit. "Restez un peu tranquille, un moment, Lois. Je veux vous mettre sous moniteur pendant quelques minutes. L'infirmière fit rouler le chariot près du lit et sortit l'ensemble des câbles. "Ça va vous donner une idée de la force de vos contractions, et nous pouvons garder aussi un œil sur les battements de cœur du bébé, afin d'être sûrs qu'il va bien. Savez-vous si c'est un garçon ou une fille ?"

"Non, on n'a pas pu le voir," répondit Lois en regardant Judy fixer les deux électrodes sur son ventre avec deux morceaux de sparadrap. Les câbles et les électrodes étaient reliés à la machine sur le chariot et, quand les appareils furent branchés, les voyants s'allumèrent.

"OK, au travail. Vous voyez ce chiffre ici ?" dit Judy, en indiquant le cadran à cristaux liquides. Il clignotait de temps en temps, et le nombre qui augmentait ou diminuait constamment de quelques chiffres. "Il indique le rythme cardiaque du bébé. Je vois qu'il est à peu près de 138 à 140, c'est normal. Quand vous avez une contraction, ce rythme cardiaque va légèrement baisser, et ça aussi c'est normal du moment qu'il remonte ensuite. Ce moniteur-là," elle indiqua le second voyant," indique la tension musculaire de la maman. Elle est basse pour le moment parce qu'il n'y a pas de contraction, mais quand la prochaine arrivera, vous verrez ce chiffre grimper. Les valeurs indiquées ne sont pas très importantes, mais ce sera un moyen de comparer. Et cela, également, est indiqué ici." Elle montra une fine ligne qui ressemblait à un indicateur de séismographe ou au graphique d'un détecteur de mensonges.

"Hé, Clark," plaisanta Lois en lui serrant a main, "ça ne te rappelle pas quand Trask nous a fait passer au détecteur de mensonges, il y a quelques années ?"

Il se mit à rire, davantage pour se détendre que pour l'humour du propos. "Oui, je m'en souviens. Il cherchait Superman, et j'étais *tellement* nerveux." Ils échangèrent un regard amusé. "Pas toi pourtant, tu étais si calme…" Il jeta un coup d'œil à l'indicateur. "Eh, regarde la ligne a bougé quand tu as ri."

Elle rit à nouveau à cette observation en regardant monter et descendre l'aiguille sur le papier de l'imprimante. "Eh, bien, si c'est vraiment le grand jour, tu as quelques coups de fil à passer -- nous avons besoin du Dr Klein !"

"Ça va prendre combien de temps ?" Martha faisait les cent pas dans la pièce. L'officier avait commencé à prendre leurs dépositions, mais avait été interrompu par un autre problème.

Elle regarda sa montre. "Il a dit qu'il allait revenir dans cinq minutes et ça fait seulement deux minutes. Et quand il reviendra, nous finirons nos dépositions, nous les signerons et nous partirons. Ça ne prendra pas beaucoup de temps."

Martha la regarda avec surprise. "Comme pouvez-vous être aussi calme ? Notre *petit enfant* est en train de naître, sans nous !"

"Ah, croyez-moi, Martha," déclara Ellen, "ils ne font que commencer. Ils ne voudront pas de nous là-bas de toute façon."

Martha en fut étonnée. "Vous pensez qu'ils ne nous laisseront pas entrer ?"

"Eh bien, peut-être que si," accorda Ellen, "mais je doute qu'ils fassent très attention à nous." L'instant d'après elle parla à nouveau, à voix basse. "J'étais en train de me remémorer quand j'ai eu Lois. Ils ne voulaient pas laisser entrer Sam, ils ne m'avaient rien dit, et avec les médicaments anti-douleur, j'étais à peine consciente la plupart du temps. Cependant, lorsqu'ils l'ont mise dans mes bras pour la première fois... C'est quelque chose que je n'oublierai jamais. Elle était si petite, si parfaite." Elle se tut un instant, perdue dans ses pensées. "Sam voulait un garçon, bien sûr," continua-t-elle en regardant Martha.

"Il n'a pas dit ça, n'est-ce pas ?" demanda Martha stupéfaite.

"Oh, si, il l'a dit." Le sourire d'Ellen était crispé. "Sam n'a jamais eu de tact. Lois s'en fichait à l'époque, bien sûr, mais j'aurais souhaité l'empêcher de l'entendre plus tard. Pourtant elle a très bien réussi sa vie. C'est vraiment incroyable comme ils changent -- et les attitudes sur la naissance ont bien changées aussi. A quoi ressemblait votre accouchement ,"

"Je, euh…" Martha s'éclaircit la gorge, elle ne s'attendait pas à cette question. "Clark a été adopté."

"Oh, mon, Dieu, je le savais, je suis vraiment désolée." Elle grimaça d'avoir abordé un sujet aussi douloureux.

"Non, ce n'est rien, Ellen," lui assura Martha. "Mon infertilité a cessé de me bouleverser depuis longtemps. Je regrette d'avoir manqué certaines choses, mais… nous avons été bénis quand nous avons eu Clark." Elle sourit et changea la conversation vers un sujet plus gai. "Je me souviens de la première fois où je l'ai tenu dans mes bras, il était si mignon ! Plus grand qu'un nouveau-né, bien sûr, et il avait déjà la tête couverte de cheveux noirs…"

 

Lundi, 22h15

"Tu t'en tires bien, Lois," la rassura Clark d'une voix douce, alors qu'elle avait une autre contraction. Il l'aida à retourner jusqu'au lit au milieu de la pièce. Ils avaient souvent changé de position, ce qui aidait les choses à progresser et détendait Lois.

Elle sourit difficilement. "Facile à dire pour toi. Tu peux m'apporter quelque chose à boire ? J'ai très soif. Ça doit être à cause de cette respiration."

Clark regarda Judy qui acquiesça. "La meilleure façon d'étancher cette soif est de se désaltérer avec des glaçons -- il y a une machine à glaçons dans le couloir, justement pour cette raison."

"Chouette," marmonna Lois en s'appuyant sur le lit. Elle avait entendu dire qu'on ne la laisserai pas manger ou boire grand chose pendant l'accouchement et elle comprenait pourquoi, mais à ce moment elle aurait tué pour un soda.

Pendant que Clark se dirigeait vers la porte, il se tamponna brusquement dans le Dr Alyssa McGrath, l'obstétricien de Lois.

"Enfin, vous êtes là !" s'écria Lois. "Je pensais que j'allais avoir ce bébé sans vous !"

Le médecin se mit à rire. "Oh, vous n'avez pas vraiment besoin de moi. Judy peut pratiquement se charger de tout. Mais puisque je suis là, laissez moi jeter un coup d'œil."

Lois se soumit à un examen supplémentaire à un endroit, qui jusque là, était resté très privé, et fut récompensée par de bonnes nouvelles. 'Tout se passe bien. Dilatation six centimètres !"

"J'espère bien. C'est un sacré boulot !" parvint à dire Lois en plaisantant.

Clark revint et offrit des glaçons à Lois.

"Eh bien ce sera pire avant de s'améliorer," lui rappela le médecin. "Vous avez presque atteint le moment de transition. La partie la plus difficile de l'accouchement. Les contractions vont être plus longues, plus fortes. Et votre corps aura envie de pousser, mais vous ne devrez pas le faire parce que le col de l'utérus n'est pas encore totalement ouvert. Si vous poussiez, vous pourriez l'endommager et il risquerait d'enfler, et les choses prendraient encore plus de temps."

"On le sait," acquiesça Clark. "Lois je crois que c'est ta dernière chance pour un anti-douleur ?" Il interrogea le médecin du regard qui lui fit signe que oui.

"Si vous voulez une péridurale, Lois, c'est le point de non-retour. Dans quelques instants, ça n'aura plus le temps d'agir."

"Oui, eh bien…" Lois considéra la question, comme elle l'avait considérée depuis des mois. Elle n'avait jamais pu se décider, cependant, entre les ennemis et les horaires à respecter, qui aurait eu le temps ? "Oh, en voilà une autre qui arrive."

Elle s'assit sur le lit, en croisant les jambes pour s'équilibrer et agrippa la main de Clark. Il se mit à décompter les secondes de la contraction. Les plus récentes avaient duré 45 à 55 secondes. Elle commença à reprendre sa respiration tandis que Clark lui murmurait des encouragements à l'oreille.

Quand la douleur disparut, elle observa le regard inquiet de Clark. "Qu'en penses-tu ?"

Il hésita. "C'est ton choix, chérie. Tu sais que je te soutiendrai, quoi que tu fasses. Et je pense que tu t'en aies incroyablement bien sortie, mais ce n'est pas moi qui souffre."

Elle prit une profonde inspiration. "Eh bien, jusque là, oui, je peux l'encaisser. Du moment que tu es là…"

"Je suis là, Lois." promit-il. "Quoi qu'il arrive."

"Alors, je ne veux pas troubler cette expérience avec des médicaments." Elle redressa les épaules et répéta, "Je peux l'encaisser. Je suis forte."

Lundi, 22h30

"Alors, là, j'ai attrapé le revolver," expliqua Ellen, avec une patience exagérée, "et je suis allée voir comment allait Lois. Elle était sur la défensive, face au plus grand des deux hommes -- Stubbs, vous avez dit ? -- et j'ai pointé l'arme sur lui. Ensuite, Martha a déclenché l'alarme, et… voilà, jusqu'à ce que vous arriviez."

L'Officier Frankie vérifia si Rosa avait tout noté et se tourna ensuite vers les femmes avec un air amusé. "Alors, comment se fait-il, Madame Lane," il balaya du regard son ensemble chic, "que vous en sachiez autant sur les armes à feu ?"

"Il y a longtemps, j'étais l'épouse d'un célèbre médecin. Et il était à la mode de savoir se servir d'une arme." Elle jeta un œil à Martha tout en parlant, peu certaine de la réaction de l'autre femme.

Martha sourit par sympathie. "Eh bien, je suis contente que vous ayez pu vous en servir. Je n'ai jamais utilisé que des carabines et des fusils, jusqu'ici. On peut partir, maintenant ?"

Rosa retira la feuille de la machine à écrire et la présenta pour approbation. Elles la parcoururent et signèrent ensuite au bas de la page.

"Nous pourrions avoir besoin de vous au procès, vous comprenez," ajouta Frankie ,"mais ça ne devrait pas être un problème. Ils vont probablement vouloir passer un marché."

"Peu importe," soupira Ellen, "Maintenant, pouvons-nous partir, *s'il vous plaît ?*"

"Mesdames, vous êtes libres de partir. Merci de votre aide."

 

Lundi, 23h10

"…et comme autres informations, on a tenté de cambrioler ce soir une bijouterie locale. Les prétendus voleurs ont vraisemblablement été tenus à distance par trois femmes -- dont l'une d'elle était apparemment prête à accoucher -- qui ont réussi à prendre leurs armes et à les tenir en respect jusqu'à l'arrivée de la police, et bien sûr, de Superman…"

Lex Luthor regardait le reportage réalisé sur les lieux et reconnut Ellen et Martha. Il releva un sourcil. "Ah, Lois, c'est vous qui allez accoucher, alors ?" murmura-t-il. "Vous avez toujours eu cet espèce de flair." Il se pencha en arrière, pensif. Il avait échoué dans le clonage de Superman et il avait laissé Lois s'éloigner de lui. Cependant, il lui vint tout à coup à l'esprit que le bébé présenterait de nouvelles opportunités. Il devrait prendre prudemment ceci en considération.

Lundi, 23h30

Quand Martha et Ellen arrivèrent enfin à l'hôpital, elles furent surprises d'entendre un homme demander à la réception où il pouvait trouver Lois Lane. Elles échangèrent un regard interrogateur, s'apercevant qu'aucune d'elle ne le connaissait. Il était petit et maigrichon, habillé d'un long manteau démodé et portait un chapeau melon. Ellen fronça les sourcils et recula, mais avant qu'elle ne puisse l'accoster, il se retourna et son visage s'illumina.

"Ah, bien, bien !" s'exclama-t-il joyeusement. "Madame Kent, Madame Lane, quel plaisir de vous rencontrer toutes les deux !"

"Et vous êtes ?" s'enquit froidement Ellen. Sa fille pouvait connaître un nombre certain de personnes peu fréquentables (Big Louie, par exemple) mais cela ne voulait pas dire qu'Ellen était prête à être en bons termes avec eux.

"Oh, oui, bien sûr," pouffa l'étrange petit homme dont la bonne humeur n'était absolument pas réfrénée. "Permettez-moi de me présenter. H.G. Wells, à votre service." Il fit une révérence, en faisant virevolter son chapeau d'une manière théâtrale.

"Elle le scruta un instant et dit ensuite. "Vous êtes fou ?"

Martha dressa sceptiquement les sourcils. "Vous ne ressemblez pas à H.G. Wells."

Ellen roula des yeux. "Martha, ne l'encouragez pas !" Les considérants tous deux comme des cas désespérés, Ellen se dirigea d'un air digne vers la réception de l'hôpital.

"Nous sommes-nous déjà rencontrés ?" demanda Monsieur Wells avec une expression intéressée. "Je ne crois pas me souvenir…"

Martha croisa les bras dans une attitude de défi. "Oui, j'ai rencontré Monsieur Wells, mais il était beaucoup plus vieux, et-- "

Monsieur Wells rit à nouveau, en l'interrompant. "Savez-vous à quel point vous ressemblez à votre fils quand vous faites ça ? Plutôt comique, vraiment. Mais je crois que je vois où se trouve la confusion. Oui, c'était moi, mais, euh, un moi plus vieux. Apparemment je vais continuer mes voyages encore quelques années, selon cette chère Lois, et je ne vous dis pas comme ça me rassure. J'ai passé des moments tout simplement formidables dernièrement, rendant visite à diverses incarnations de… eh bien, ce n'est pas important." Il baissa la voix et regarda autour de lui avec considération. "Vous voyez, il me semble que, pour ainsi dire, ceci est la naissance d'Utopia et je n'ai pas pu m'empêcher de faire une petite visite."

Martha le regardait avec amusement. Il semblait agir comme H.G. Wells, d'après ce qu'elle avait vu, et elle se souvenait maintenant avoir entendu que Clark et Lois avaient rencontré une version plus jeune et une autre plus vieille du même homme. De toute façon, il semblait difficilement dangereux, alors elle laissa tomber et décida qu'elle pouvait aussi bien le croire.

"Venez, Martha," appela Ellen de la réception. "Lois est dans la chambre 218. C'est par ici…" Elle était visiblement impatiente.

"Partez devant, Ellen, merci," répondit Martha, moins nerveuse maintenant qu'elle se trouvait enfin dans le bon bâtiment. "Je serais là dans un instant."

Ellen haussa les épaules et partit, et Martha se retourna vers son compagnon. "Donc, vous êtes allé dans le futur, exact ?"

"Oh oui, plusieurs fois. Magnifique là-bas, vraiment." Il redressa les épaules et jeta un rapide coup d'œil vers le haut. "Puis-je vous accompagner ?" Sans attendre la réponse, il se mit lentement en route dans la direction qu'Ellen avait prise. "Je ne veux pas interrompre Lois pendant que les choses sont, hum, en progrès, mais j'aimerais tellement rester dans les parages et être tenu au courant de la situation."

"Je pense qu'on peut arranger ça. Alors dites-moi…" demanda Martha pendant qu'ils marchaient. "Ce bébé est-il un garçon ou une fille ?"

Monsieur Wells s'esclaffa. "Oh, non, Madame Kent. Je ne vais pas vous le dire. Vous devrez simplement attendre et voir par vous-même. Je peux vous dire, par contre, que ce ne sera plus très long, alors, soyez patiente !"

Lundi, 23h25

"Clark, je ne crois pas que je pourrai tenir longtemps." La voix de Lois contenait une note évidente de panique. L'étape de transition de l'accouchement avait commencé et les contractions étaient plus longues, plus rapprochées et plus douloureuses.

"Tu peux le faire, Lois," l'encouragea-t-il en lui serrant doucement la main. "Souviens-toi, toi et moi ensemble, nous pouvons surmonter--"

"Facile à dire pour toi," aboya-t-elle, en retirant sa main de la sienne. "Tout ce à quoi tu as dû faire face jusqu'ici c'est--" elle s'interrompit pour regarder où se trouvait Judy. L'infirmière était de l'autre côté de la pièce, alors, Lois continua dans un souffle. "La pire des choses que tu aies jamais eu à subir c'était la Kryptonite et, crois-moi, ce n'était rien comparé à ça !"

"Je te crois, chérie," répondit-il avec ferveur. Mais tu as toujours été plus forte que moi de toute façon."

Lois, à bout de souffle, rit de cette remarque. "Tu le penses ?"

Il sourit. "Je le sais. Que puis-je faire pour t'aider ? Tu as besoin de plus de glaçons ou d'un massage ?"

Elle redressa les épaules en reprenant sa détermination. "Un massage m'aiderait, je suppose."

Lundi, 23h45

Ellen passa la tête par la porte de la chambre. "Clark ?" appela-t-elle doucement. Elle pouvait voir que Lois se tenait debout face au mur et s'y retenait tandis que Clark était à côté d'elle en train de lui masser le bas du dos. Pas une fausse alerte, alors, conclut-elle.

Clark regarda vers elle et lui fit signe d'entrer. "Heureux que vous soyez là."

Ils sont si lents au commissariat," se plaignit amèrement Ellen, sans remarquer le regard étonné que lui jetait l'infirmière. "Mais c'est sans importance. Comment ça va Lois ?"

Lois ne se retourna pas. "Bien," fut la réponse étouffée, avec une note de sarcasme.

"Eh bien… tant mieux. Je peux t'apporter quelque chose ?" proposa Ellen, pour une fois peu désireuse de s'immiscer.

"Quelques glaçons de plus, ce serait une bonne chose," suggéra Clark. "Il y a une machine au bout du couloir, à côté de la salle d'attente."

"D'accord, alors… je reviens tout de suite." Elle fut de retour un moment plus tard avec un gobelet de glaçons, mais quand elle entendit la voix de Clark en train de compter, elle réalisa qu'ils ne faisaient pas attention à elle. Elle laissa le gobelet sur une table et battit en retraite vers la salle d'attente; elle devait passer un coup de fil et elle suspectait Martha de vouloir elle aussi en passer un.

 

Mardi, 0h30

"Allez, chérie, tu vas y arriver. 45…46…47…48. Encore quelques contractions et ensuite tu pourras commencer à pousser…60…61…62… Voilà, la contraction est à son maximum, elle décline maintenant… c'est ça, ça descend… 76…77…78… Oh la, ça remonte ! Tu peux le faire, Lois, tu es forte, fait juste ta respiration. Non, chérie, n'essaie pas de pousser, tu n'es pas encore prête à pousser…92…93…94, c'est ça, ça y est maintenant… ça revient… détends toi, chérie, c'est fini, tu t'en sors bien. Une profonde inspiration, voilà, c'est bien."

"Clark ?"

"Oui, chérie ?"

"Tais-toi."

"Oui, chérie."

Mardi, 0h30

Les appels passés, le silence régnait dans la salle d'attente. C'était une nuit calme pour l'hôpital, apparemment, Martha, Ellen et H.G. Wells avaient la pièce pour eux. Ellen avait partagé ce qu'elle avait vu, Sam et Jonathan avaient été prévenus et maintenant il leur semblait qu'elles n'avaient plus rien à faire à part attendre.

Mardi, 1 heure du matin

Lois se pencha en arrière, haletante, essayant de reprendre son souffle. Cette étape de transition était vraiment tuante. Les contractions étaient longues, dures et beaucoup trop rapprochées. Pourtant, elle regrettait déjà d'avoir agressé Clark, ce n'était pas sa faute. En fait, en un sens ça l'était, supposa-t-elle, mais elle était toute aussi responsable de se trouver dans cette situation. Elle le regarda d'un air coupable.

Il remarqua son regard et sourit. "Ça va, Lois, je peux encaisser. Tu peux m'injurier si tu veux."

Elle émit un faible rire. "Nan. Je vais garder ça pour les tétées de nuit."

Judy les regardait et sourit à son tour. Elle aimait son travail la plupart du temps, mettre des bébés au monde était une émotion sans limites, mais elle aimait surtout ça quand les parents étaient si proches, émotionnellement, que ces deux là. Certains pères ne pouvaient supporter de rester en salle de travail ou n'étaient d'aucun soutien; certaines mères semblaient en vouloir au monde entier ou étaient résignées. Cependant, la confiance et l'amour entre les Kent était visible. Cela lui donnait en quelque sorte un espoir pour l'avenir.

Il était temps de vérifier à nouveau les progrès. Judy s'approcha d'eux aussi discrètement que possible et examina Lois une fois de plus. Elle sourit. "Bien, Lois, félicitations, vous avez dépassé l'étape de transition. Vous êtes maintenant prête à pousser."

"Oh, merci mon Dieu," grogna Lois. Elle avait ressenti le besoin de pousser depuis les dernières contractions. Les livres qu'elle avait lus sur la naissance disaient qu'elle allait ressentir une "envie de pousser" mais ils avaient oublié d'expliquer que ce serait davantage une réaction crispante, involontaire. Il lui avait fallu énormément de volonté pour ne *pas* pousser, pour empêcher les réactions instinctives de son corps, et ses muscles avaient encore des spasmes par moment. Avec l'aide de Clark, elle changea à nouveau de position, s'installant différemment dans le lit afin de travailler avec la gravité et non contre.

Judy lui parla pendant la première contraction de la nouvelle étape, en comptant jusqu'à huit pendant que Lois poussait, ensuite en insistant pour qu'elle se détende un moment avant de recommencer. "C'était parfait, Lois," commenta-t-elle alors que la contraction se terminait. "Vous y êtes presque -- la période pendant laquelle il faut pousser n'est parfois pas plus longue qu'une demi-heure. Stacey ?" Elle s'adressa à l'une des autres infirmières. "Cours prévenir le Dr McGrath qu'elle y est presque. Lois, détendez-vous autant que vous pouvez."

Lois s'affaissa dans les bras robustes de Clark. "Ce n'est plus du tout amusant," marmonna-t-elle. "Et en plus, où est donc le Dr Klein ?"

Mardi, 1h15 du matin

Le silence dans la salle d'attente fut dérangé par l'arrivée d'un savant très distrait. "C'est ici que Lois est en train d'avoir son bébé ?" C'était un homme à moitié chauve, d'âge moyen, doux en apparence, à l'exception d'un blouson de cuir noir usé.

"Qui êtes-*vous* ?"s'écria Ellen, étonnée par son entrée spectaculaire. Tout compte fait, elle ne passait *pas* une bonne soirée.

Il la regarda, offensé. "Je suis Bernard Klein. Qui êtes-vous ?"

"Ellen Lane, et il se trouve que je suis la mère de Lois."

"Eh bien, il se trouve que je suis son médecin. En quelque sorte."

Martha interrompit sa conversation tranquille avec H.G. Wells et s'avança avec un sourire. "Dr Klein, je suis ravie de vous rencontrer. Clark m'a beaucoup parlé de vous."

"Ah, oui ?" Le Dr Klein eut l'air un instant paniqué, puis son visage s'éclaira. "Oh ! Vous devez être sa mère… Je voulais vous rencontrer, en fait, vous avez fait un travail remarquable avec lui. Est-ce que votre mari est là ?"

Elle secoua la tête. "Pas encore, il ne voulait pas laisser la ferme si près de la période des moissons, pas sans savoir quand allait naître le bébé. Mais je l'ai appelé et nous espérons qu'il sera là dans la matinée."

Le Dr Klein sourit. "Peut-être que Superman pourrait aller le chercher."

Ellen les observait avec impatience. "Pourquoi ai-je l'impression que vous savez tous les deux quelque chose que j'ignore ?" Elle fronça un instant les sourcils, ressentant une drôle de sensation de déjà vu, puis elle hocha la tête. Bien sûr que ce n'était pas arrivé avant, sinon elle s'en serait souvenue.

Klein avait l'air stupéfait, mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Wells prit la parole. "Je suppose qu'il s'agit de quelque chose de personnel à propos de Clark, Madame Lane; le Dr Klein est, je crois, une sorte de médecin de famille à tous les deux." Il regarda Klein avec des yeux pétillants.

"Eh bien, oui," répondit le chercheur, maintenant tout à fait confus. "Qui êtes-vous ?"

Ellen gémit et se massa les tempes. "Ne le demandez pas."

Mardi, 1h30 du matin

"Allez, Lois, *pousse*, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit. Détends-toi, maintenant, respire et *pousse*." Clark lui parla pendant une autre contraction, puis lui essuya le visage avec un linge humide. "Tu t'en sors très bien, chérie," lui murmura-t-il à l'oreille. "Est-ce que je t'ai dit combien je t'aime ?"

"Une ou deux fois," répondit-elle en essayant de se détendre entre les contractions. "Je ne pourrais pas -- faire ça -- sans toi." Elle était maintenant assise sur le lit et Clark était assis derrière elle, à l'encourager. Le bout du lit avait été enlevé en partie pour permettre à l'infirmière d'observer la progression du bébé.

"Vous-vous en sortez vraiment bien, Lois; lorsque vous poussez, je peux voir la tête du bébé -- on dirait qu'il ou elle va avoir beaucoup de cheveux." Elle sourit au jeune couple. "Je vais installer le miroir. Comme ça, vous pourrez voir également.


Mardi, 1h30 du matin.

"Vous voyagez dans le temps ?" répéta Klein avec scepticisme.

Wells fit oui de la tête avec enthousiasme. "Oh, oui, oui. C'est fascinant, même si c'est quelque peu pénible parfois. Une fois, dans l'Ouest Américain, j'ai été accosté par un groupe de voyous dans une taverne, heureusement pour moi, Luisa--"

"C'est impossible," l'interrompit Klein, refusant qu'on le fasse dévier de son sujet. "Les lois de la physique ne le permettent pas."

"Ah, c'est là que vous avez tort, vous voyez. Il y a un petit principe connu, un espace temporel, si vous voulez, et c'est de ça que je tire avantage avec mon flux facilitator…"

De l'autre côté de la pièce, Ellen se pencha en arrière avec un soupir de martyre. "Ils sont fous tous les deux."

Martha sourit. "Sans aucun doute," répondit-elle doucement. "Mais ils ne sont pas dangereux, j'en suis sûre. Après tout ce que nous avons vécu cette nuit, ça ne peut pas être si mal !"

Ellen sourit à contrecœur. "Non, je suppose que non. C'est juste que… je m'inquiète pour ma petite fille." Un mouvement à la porte de la salle d'attente attira son attention. "Oh, mon Dieu," marmonna-t-elle, "qui maintenant ? Sam !" Elle se leva précipitamment et traversa la pièce pour accueillir son ex-mari. "Je n'arrive pas à croire comme je suis contente de te voir."

Sam se mit à rire. "La journée a dû être dure, si le fait de me voir est une bonne chose." Cependant, en dépit de ses paroles brusques, il la prit dans ses bras pour la réconforter.

H.G. Wells leva la tête, interrompant ses explications sur sa machine à remonter le temps. Il vérifia sa montre à gousset et plissa le front avec anxiété. Se retournant vers le Dr Klein, il murmura. "Il est presque temps. Vous feriez mieux d'y aller."

Klein déglutit difficilement. Plus il s'approchait de l'expérience de la naissance, plus il était sûr qu'il n'avait pas envie d'y prendre part. Pourtant, il avait promis d'être là pour examiner le bébé, juste au cas où, et une promesse était une promesse.

Mardi 1h45 du matin

"Vous êtes prête, Lois ?" Judy lui sourit pour l'encourager. "On dirait que ce bébé est prêt à sortir. Stacey, on a besoin du Dr McGrath, maintenant."

Lois fit oui de la tête avec vigueur, trop fatiguée pour expliquer qu'elle avait plus que hâte que cet accouchement se termine. Le fait de pousser était mieux que la transition -- au moins, maintenant, elle avait quelque chose à faire, plutôt que seulement subir, mais la douleur était la douleur et trop c'était trop.

"Tu as été fantastique," murmura Clark à sa femme. "Je ne peux te dire à quel point je t'aime en ce moment."

"Tu pourras me le montrer plus tard," pouffa-t-elle faiblement, puis elle fit la grimace. "Beaucoup plus tard."

Clark passa ses bras autour de ses épaules et la serra doucement. "Lois, tu es incroyable. Rien de tout ce que j'ai pu faire n'a été un dixième aussi…" il chercha ses mots, et revint ensuite sur le plus évident, "fantastique."

"Hah," dit-elle en riant, les yeux rayonnant d'amour et d'espièglerie. "Ne pense pas -- que je ne me souviendrai pas -- de ça."

Stacey revint précipitamment dans la pièce. "J'ai fait appeler le Dr McGrath. Elle était en train de terminer un autre accouchement, mais elle sera bientôt là… ou alors on peut faire venir quelqu'un d'autre si elle est occupée."

Clark fronça les sourcils à cette suggestion. Cependant, avant qu'il ne puisse protester, une autre silhouette entra dans la chambre et parmi tous les uniformes hospitaliers, Clark reconnut un visage familier. "Dr Klein, vous êtes là !"

"Dr Klein ?" répéta Judy. Elle ne le connaissait pas, mais peut-être était-il un confrère du Dr McGrath. "On commence à voir la tête, Docteur, je l'ai préparée pour l'accouchement. Pensez-vous qu'elle a besoin d'une épisiotomie ?"

Les yeux du Dr Klein s'ouvrirent d'horreur à cette question. "Ah, non !"

Judy le regarda avec surprise. "Vous ne voulez même pas jeter un coup d'œil ?"

"Non, non, non, non, non…" dit-il en reculant, une note de panique dans la voix. "Je ne suis pas obstétricien !"

"Qui êtes-vous, alors ?" demanda sévèrement Judy.

"C'est un ami," intervint rapidement Clark, en rattrapant le chercheur avant qu'il ne soit complètement sorti de la pièce. "C'est un médecin, mais, euh, c'est un pédiatre, il est là pour examiner le bébé."

Judy se détendit, mais leur fit la leçon. "Les pédiatres n'examinent pas les bébés juste après la naissance d'habitude, vous savez." Elle le scruta un instant de haut en bas en remarquant son attitude en plein encadrement le la porte. "Oh, très bien, c'est d'accord, s'ils veulent que vous soyez là, mais ne restez pas dans mon chemin."

Le Dr Klein acquiesça avec ferveur et fit de son mieux pour se fondre dans le mur.

Mardi, 1h50 du matin

Maintenant qu'Ellen avait Sam pour la soutenir -- ou au moins pour la distraire -- Martha pensa qu'il n'y avait pas de danger à rendre visite à Lois dans la salle de travail, elle se glissa donc hors de la salle d'attente et descendit le couloir. Elle était tellement excitée à propos du bébé qu'elle avait du mal à se contenir et elle voulait vraiment prendre part à sa naissance. Bien que Clark représentait tout ce qu'elle avait pu souhaiter d'un enfant, elle avait encore, au fond d'elle-même, le regret mélancolique d'avoir manqué l'une des expériences principales de la vie d'une femme.

Elle était à peine entrée dans la chambre quand le médecin arriva et, avec elle, le chaos. Le chaos organisé espérait Martha, mais néanmoins, le chaos en apparence, en la personne de plusieurs infirmières. Le personnel de l'hôpital allait et venait dans tous les sens, en déplaçant divers équipements vers des endroits probablement plus pratiques. Assise sur le lit, Lois poussait pendant une contraction.

"Six -- sept -- huit --," comptait l'infirmière. 'Maintenant, détendez-vous, c'est bien."

Le médecin prit place au bout du lit. "D'accord, maintenant, Lois, la prochaine sera la bonne, je crois. La tête était presque sortie à la précédente. Vous pouvez le voir dans le miroir ?"

Deux petits signes de tête affirmatifs furent la seule réponse du couple sur le lit. Le temps paraissait tourner au ralenti tandis que chacun dans la chambre attendait la prochaine contraction.

Lois pressa la main de son mari, très fort, pour lui indiquer que la prochaine allait venir. "Ça vient," dit Clark pour informer le médecin, qui affichait un sourire rassurant.

"On y est presque, les enfants !"

Martha se rendit compte qu'elle retenait sa respiration.

"Allez, Lois, ça y est," répéta l'infirmière. "Maintenant, poussez !"

Lois poussa avec toute la force qui lui restait en agrippant la main de Clark, les yeux figés sur le miroir. Tandis qu'elle poussait, elle vit la tête du bébé sortir une fois de plus, plus loin qu'auparavant, plus loin… alors même qu'elle était certaine de s'évanouir sous l'effort, la tête du bébé fut libérée, retenue doucement par des mains gantées. Le liquide amniotique fut rapidement évacué du nez et de la bouche du nouveau-né, ce qui sembla effrayer le bébé qui se mit à haleter à la recherche de l'air.

"Poussez encore une fois, Lois," lui redit l'infirmière. Et elle se soumit. Lorsque le médecin et l'infirmière stabilisèrent la tête du bébé, il se retourna et les épaules passèrent. Une fois cette étape importante terminée, le corps du nouveau-né glissa facilement et Lois se détendit en pleurant de joie. Un son plus aigu se joignit à ses pleurs, quand le bébé découvrit ses poumons.

"Ecoutez ça," s'exclama le Dr McGrath avec satisfaction. "Et voyons voir… Lois, Clark… Félicitations, vous avez une fille."

Clark enlaça tendrement sa femme, tandis qu'un flot d'émotions le laissait sans voix. Elle lui sourit, comprenant son silence, elle ressentait également la même chose.

Après un moment de calme, la chambre redevint un lieu de chaos intentionné et, en voyant qu'elle ne manquerait à personne, Martha se glissa à l'extérieur. Elle se retint de courir jusqu'à la salle d'attente et son sourire était assez grand pour lui faire mal aux joues.

Un seul regard, en fait, indiqua beaucoup à Ellen et Sam. "Ils ont eu le bébé ?" demanda Ellen avec excitation.

"Oui !" confirma joyeusement Martha. "Et c'est une fille !"

Ellen et Martha s'enlacèrent brièvement pour célébrer la nouvelle. "Une petite fille -- c'est merveilleux," bredouilla Ellen.

Martha éclata de rire en se dégageant. "Je suis si excitée. Je n'ai jamais été aussi excitée depuis… qu'ils m'ont dit qu'ils allaient avoir un bébé ! Oh ! Et je dois encore aller téléphoner à Jonathan !" Elle se dépêcha pour passer l'appel que son mari attendait.

Oublié dans un coin, H.G. Wells sourit de contentement et toucha le bord de son chapeau. "Et c'est ainsi que ça commence…"

"Heure de la naissance " annonça Judy en regardant la grande horloge murale, "1h53 du matin, mardi 18 août. Elle pleure normalement et sa peau est d'un joli rose."

"Ce n'est pas fini pour vous, Lois." lui rappela le Dr McGrath, "vous devez encore pousser un peu pour libérer le placenta. Clark, voulez-vous couper le cordon ombilical ?"

Clark fit non de la tête. "C'est vous le professionnel, docteur," En toute logique, il savait que le cordon n'avait pas de terminaison nerveuse et que l'incision ne blesserait ni sa femme ni sa fille, mais il n'était pas très enclin à le faire. De plus, Lois tenait toujours fermement ses mains et il ne voulait pas la quitter avant qu'elle ne soit prête.

"D'accord, très bien," répondit le médecin, toujours occupé à remettre les choses en ordre.

Une infirmière s'approcha des nouveaux parents. "Voici vos bracelets d'identité," elle en plaça d'abord un sur le poignet de Lois puis ensuite sur celui de Clark. "Le bébé en aura un aussi, c'est de cette façon que le personnel saura à qui il appartient."

"Je la veux dans la chambre avec moi," dit Lois dans un effort.

"Oui, elle restera avec vous, tout est arrangé," l'apaisa l'infirmière, "mais nous devons la garder en observation dans la nursery pendant un petit moment cette nuit pendant qu'on vous transportera dans votre chambre, et même après ça, il se pourrait bien qu'elle doive circuler un peu."

Clark inspecta son nouveau bracelet. C'était une bande de plastique transparent contenant une fiche libellée sur laquelle on pouvait lire les mots. "Bébé Fille Kent" et d'autres informations nécessaires; sur le plastique était imprimé le mot "Père". Il vérifia celui de sa femme et il était identique à part, qu'à la place, il portait l'inscription "Mère". Nous sommes parents maintenant… stupéfiant…

Entre-temps le Dr Klein essayait vaillamment d'apercevoir le nouveau-né, mais il fut chassé de la chambre par l'équipe médicale qui était en train de nettoyer, peser et mesurer le bébé de façon experte. "Trois kilos !" annonça une silhouette anonyme habillée de bleu. "Et 46 centimètres." Une autre infirmière mit une couche, des vêtements de coton et un petit bonnet au bébé qui braillait et l'enveloppa dans une couverture.

Une fois les premières observations faites, Judy prit la dernière des Kent en date et l'amena à ses parents. "Elle a un Apgar de neuf sur dix, Lois, ce qui veut dire qu'elle est en parfaite santé. Plus petite que je ne l'avais pensé, surtout pour un bébé né après terme, mais il n'y a rien d'anormal à ça."

Lois tendit les bras pour recevoir son bruyant petit bout de chou, sans faire attention à l'infirmière. "Bonjour, petit trésor," roucoula-t-elle doucement, et elle fut récompensée par l'apaisement des cris du bébé. De petits yeux essayèrent de s'ouvrir à la recherche du son familier. "Tu reconnais ma voix, trésor ? Tu l'as entendue pendant des mois, n'est-ce pas ?" fredonna Lois, d'une voix qu'elle reconnaissait à peine elle-même. Ceci, cependant, semblait rassurer le bébé.

Clark se pencha et caressa timidement du bout du doigt les joues du bébé. "Salut, toi… Je suis ton papa, et voici ta maman."

Le tête du bébé se déplaça en cahotant à ce contact et sa bouche s'ouvrit en un "o". "Ah, j'ai entendu parler de ce réflexe, " gloussa doucement Lois. "Voyons si on peut bien l'employer." Maladroitement, elle sortit une épaule de sa chemise et déposa le bébé sur son sein. Le nouveau-né avait besoin d'aide pour se mettre en position, mais il s'agrippa ensuite avec une telle ardeur que Lois fut surprise. "Oh !"

"Ça fait mal, chérie ?" demanda Clark anxieux. Ils s'étaient mis d'accord sur le fait que l'allaitement serait un bon départ pour le bébé, mais aucun d'eux ne savait à coup sûr si ça allait marcher.

"Nonnn… pas vraiment," répondit prudemment Lois, "C'est juste étrange, c'est tout. Regarde-la !" Pendant un instant, le nouveau-né téta avec enthousiasme mais parut ensuite se désintéresser et abandonna sa prise afin d'observer les alentours. "Clark, tu aimerais la prendre ?"

Avec précaution, Clark souleva le petit bout de chou; même en lui maintenant la nuque, il avait à peine besoin de deux mains pour la tenir. "Elle ne pèse rien du tout," murmura-t-il, impressionné.

Lois se recouvrit. La pudeur avait momentanément perdu toute signification, mais elle commençait à avoir froid. Une des infirmières anticipant cette réaction commune, posa une couverture chauffante sur les genoux de la nouvelle maman. En baissant les yeux, Lois remarqua quelque peu surprise que le médecin semblait avoir terminé. Elle balaya la pièce du regard en essayant d'évaluer ce qui se passait, mais elle fut interrompue par le murmure surexcité de Clark. "Lois, elle me regarde !"

Elle regarda son mari et réalisa, qu'en effet, le bébé semblait examiner le visage de son père, une expression sérieuse sur ses traits délicats. "Elle est en train de t'évaluer," rétorqua Lois, en riant doucement. Au son de sa voix, le bébé ferma un peu les yeux et les rouvrit pour fixer sa mère. Lois, se soumit à son tour à l'examen du nouveau-né. "Oui, chérie, nous sommes tes parents. Nous ressemblons à ça. Tu es coincée avec nous."

Le bébé, bien sûr, ne fit aucun commentaire, mais après un long moment, elle ferma les yeux et sembla dériver vers le sommeil.

Clark regarda sa femme, les yeux rayonnants d'amour. "Je crois qu'on a réussi le test."

"Je t'aime, Clark."

"Moi aussi, je t'aime."

Mardi, 8h45

"Une fille," répéta rêveusement Lois en regardant le bébé s'endormir dans ses bras pendant la tétée. Le soleil du matin brillait dans la chambre particulière, et Clark était assis sur la seule chaise de la pièce. Même avec le bébé dans la chambre avec elle, elle avait réussi à dormir un peu pendant la nuit. Elle espérait qu'il en avait été de même pour Clark, mais son attention était fermement concentrée sur sa magnifique et miraculeuse petite fille.

"C'est difficile à croire, n'est-ce pas ?" commenta doucement Clark, en les regardant avec un sourire si satisfait qu'il en devenait presque arrogant.

"Elle est si minuscule, si… dépendante !" Lois arracha son regard du bébé pour fixer son mari. "Nous avons tellement de responsabilités envers elle ! C'est plutôt effrayant, tu sais ?"

Il acquiesça d'un signe de tête. "Je sais, mais on y fera face et tout ira bien. Au fait, le Dr Klein a finalement pu l'examiner avant qu'ils ne l'amènent ici," ajouta-t-il. "Autant qu'il puisse en dire, elle est en parfaite santé."

"Oh, bien," répondit Lois soulagée. "Elle est unique en quelque sorte, "commenta-t-elle inutilement.

"Oui, mais elle va bien," répéta Clark. "Et, en parlant de responsabilités… nous devons remplir le certificat de naissance. Tu aimes toujours le nom qu'on lui a choisi ?"

"Tu sais, je pense qu'il lui va parfaitement." Le bébé termina de téter, la tête inclinée en complète relaxation. Clark la prit délicatement, laissant Lois se recouvrir.

Clark sourit à sa fille. "Oui, il est parfait. Tout comme elle."

"Alors, c'est réglé," acquiesça Lois en regardant Clark déposer le bébé dans le berceau de l'hôpital qui était orné d'une pancarte rose identifiant l'occupante comme étant Bébé Fille Kent. "Je peux vivre avec ça, ça sonne bien. "Voici ma fille," prononça-t-elle, en s'exerçant pour l'avenir, afin de s'habituer au nom, "Elle s'appelle--"

"Bonjour, vous tous, tout le monde est décent ?" La voix joyeuse d'Ellen la précéda dans la chambre, bien que de très peu, puisqu'elle n'attendit pas la réponse.

"Oui, maman, merci de le demander," répliqua Lois, en relevant à la hâte sa chemise d'hôpital.

Ellen s'affaira jusqu'au lit, sans comprendre la remarque. "Bonjour, chérie. Je n'ai pas beaucoup dormi, mais qui pourrait dormir avec une telle agitation. Oh, voilà ma petite princesse !" Elle eu la grâce de baisser la voix d'un ton quand elle remarqua que le bébé était endormi.

Lois regarda Clark, cherchant une stabilité émotionnelle face à Ellen l'Ouragan. Il haussa un sourcil et sourit d'un air désabusé. "Je suppose que les heures de visite ont commencé."

Bien évidemment, Sam suivit bientôt, désireux de faire la connaissance de sa petite fille qui refusa obstinément de se réveiller et s'enfonça plutôt dans un profond sommeil.

"On dirait que c'est une bonne dormeuse," observa Sam.

"L'infirmière m'a assuré que les nouveau-nés le sont souvent," répondit Lois, en cachant sa crainte irrationnelle que ce soit un symptôme de quelque horrible condition. "Elle a eu hier une assez rude journée, après tout."

"Oui, je suppose," concéda Sam à la hâte, n'aimant pas s'éterniser sur ce sujet. "Lois, je voulais juste te dire, eh bien…" il hésita, cherchant ses mots. "Je voulais te dire combien j'étais fier de toi."

"Oh, papa," murmura Lois, soudain au bord des larmes.

"Tu as si bien réussi dans la vie, avec une carrière fantastique et un mari fantastique, et maintenant une magnifique petite fille…" il était sur le point de s'étrangler, lui aussi, tandis qu'il fixait sa petite fille. "Je sais que tu n'as plus besoin de mon approbation depuis bien des années… je sais que je n'ai pas été le genre de père dont tu avais besoin… eh bien, je suis fier de toi, c'est tout."

"Merci," parvint à dire Lois. "Ça signifie beaucoup pour moi." Elle sourit à Clark qui l'avait rejointe sur le lit.

Ellen sourit également, heureuse de ce répit entre père et fille, mais changea rapidement de sujet. "Alors, avez-vous décidé quel nom vous allez lui donner ?"

"Effectivement;" répondit Lois, en souriant maintenant avec une touche d'espièglerie, "c'est fait."

"Eh, bien dites-nous !" s'écria Ellen impatiente.

"Nous dire quoi ?" fit une voix joviale venant de la porte.

"Jonathan !" fit Lois avec un grand sourire. "Vous êtes là !"

Martha suivit son mari dans la chambre. Vous ne pensiez pas qu'il allait rater ça, n'est-ce pas ? Il a pris un vol de nuit," ajouta-t-elle en faisant un clin d'œil à son fils.

"Quelle chance pour lui," répondit Lois rayonnante. "Jonathan, que pensez-vous de votre petite fille ?"

"Elle est magnifique," répondit-il fièrement, se tenant près du berceau à la regarder dormir. "Comment l'avez-vous appelée ?"

"C'est justement ce que j'étais en train de demander." rétorqua Ellen, à peine capable de cacher son impatience. "Peut-être que maintenant ils vont nous le dire."

"D'accord, d'accord," dit Lois en riant. "Maintenant que tout le monde est là, nous pouvons l'annoncer."

"Ce fut un choix difficile," ajouta Clark. "Nous avons envisagé *beaucoup* de prénoms au cours de ses derniers mois."

"Jimmy a même réalisé un sondage sur Internet sur le site du Daily Planet." admit Lois en pouffant. "Près de 400 personnes ont voté, et on a eu quelques bonnes suggestions de cette façon."

"C'était dur de les éliminer pour ne garder que les meilleures propositions, même maintenant que nous savons que c'est -- eh bien -- une fille." Clark sourit à nouveau, incapable de contenir la joie que lui procurait sa petite fille. "Nous avions pensé l'appeler comme l'une de ses grands-mères--"

Martha sourit à cette idée, mais Ellen eut l'air mal à l'aise, en jetant un œil à sa nouvelle rivale.

"Mais nous avons pensé que ce ne serait pas très diplomate," poursuivit Lois pour lui. "Et l'idée de crier "Ellen Kent !" ou "Martha Kent", viens ici tout de suite !", semblait un peu bizarre," ajouta-t-elle en grimaçant.

"Sans oublier que ce serait irrespectueux," intervint Clark. "Donc, on a abandonné ça, mais ensuite ça laissait encore un grand nombre de possibilités."

"Alors on a essayé de penser à d'autres traditions," expliqua Lois. "J'aime bien l'idée que toutes les femmes de ma famille ont des prénoms avec des "L". Et la famille de Clark," ajouta-t-elle les yeux pétillants, "a aussi une tradition de noms avec "El"…"

Clark sourit, mais secoua la tête et murmura. "Je n'ai jamais été très proche de cette branche de la famille."

"Avez-vous considéré d'autre types de prénoms ?" demanda Martha patiemment, désireuse d'être franche avec Lois.

"On a pensé à un joli prénom, fort, traditionnel comme Elizabeth ou Katherine ou Jessica ou Mary," répliqua Clark, en souriant à sa mère.

"Mais Elizabeth, me fait penser à Beth Luthor," lui rappela Lois, "et, bien qu'elle semble gentille, c'est une situation étrange. Et j'aime bien Katherine, mais je ne veux *pas* qu'on surnomme mon enfant Kat."

Ellen et Sam eurent l'air quelque peu désolés de ce refus, mais l'acceptèrent. "Martha fronça pensivement les sourcils. "Il y a beaucoup de surnoms qu'on peut utiliser avec Katherine. Je trouve que Kay serait bien…"

"Et puis, je me suis souvenue d'une histoire que vous m'aviez racontée, Martha." Lois sourit à sa belle-mère.

Martha eut un regard interrogateur et Lois se tourna vers ses parents pour leur expliquer. "Vous voyez, quand Martha et Jonathan ont adopté Clark, quand il était bébé, la famille de Martha a conclu qu'il était euh," elle regarda autour d'elle, ne sachant pas si elle allait rouvrir de vieilles blessures. "Le résultat d'une erreur de jeunesse."

"Tu veux dire un bâtard," exprima Sam. "Probablement une grossesse d'adolescente, ce n'était pas trop acceptable dans les années 60." Il remarqua l'ensemble des regard dégoûtés tournés vers lui. "Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?"

"Bref," continua Lois, "la famille de Martha pensait qu'elle faisait quelque chose de mal plutôt que quelque chose de bien et ils l'ont mise à l'écart-- refusant d'avoir affaire à elle. Sauf sa tante préférée."

Jonathan passa son bras autour de sa femme tandis que Martha souriait, comprenant où cela menait.

"Cette tante, vous voyez, a gardé le contact, et elle leur rendait visite quand elle le pouvait. Elle était presque la seule famille de Clark de ce côté là, et il l'aimait beaucoup." La voix de Lois s'adoucit. "Elle est morte il y a 20 ans, mais ils se souviennent d'elle très tendrement. Et quand j'ai entendu parler d'elle, je savais que c'était le genre de femme à qui je voudrais que ma fille ressemble. Quelqu'un d'aimant, mais de fort également. Quelqu'un qui ferait le bien, quoi qu'il arrive."

Clark sourit tendrement à sa femme. "Avec toi comme mère, Lois, comment pourrait-elle être autrement ?"

"Bon, bref," dit-elle en rougissant. "On s'est mis d'accord sur le fait que ce serait un prénom idéal pour notre fille." déclara Lois, faisant signe à son mari de faire la grande annonce.

Clark eut un large sourire. "Allez, tout le monde, dites bonjour à… Laura Lane Kent."

 

Mardi, 19h30

Ce soir-là, Lex Luthor était assis à son bureau en train de méditer près de la cheminée, en fronçant pensivement les sourcils sur son journal. Un léger bruit attira son attention et il dirigea son regard sur sa femme qui était assise à l'autre bout de la pièce à lire un de ses romans. Une maison pleine de livres, c'est ce qu'elle avait dit qu'elle voulait, et elle l'avait obtenue. Il n'était pas tout à fait sûr de ce qu'elle voudrait d'autre, mais elle semblait heureuse de ce quelle avait. Et elle semblait l'aimer. Il prit ça un instant en considération, en tournant et retournant l'idée dans sa tête, l'examinant froidement sous tous les angles.

Il y avait longtemps que quelqu'un ne l'avait aimé. Beaucoup l'avaient désiré, il savait ça, et il appelait ça de l'amour, mais celles-là, il ne les comptait pas. Elles avaient à peine souhaité échanger leurs corps contre son aide en diverses situations. Même Lois avait été éblouie, et s'était plus que suffisant pour ses intentions. La possession était plus sûre que la passion. Avec Beth, pourtant, il semblait avoir les deux. Une sensation curieuse d'être aimé.

Il n'avait pas cru ça d'elle au début, bien sûr. Elle s'était servie de lui tout comme il s'était servi d'elle -- il pouvait comprendre ça, et aussi longtemps qu'il tirait le meilleur profit du marché, il était satisfait. Il avait même du respect pour sa détermination et sa bravoure. Il savait que, juste à un certain point, elle craignait encore pour sa vie, et c'était au moins la preuve de son intelligence. Elle le comprenait plus que la plupart des gens. Et pourtant elle l'aimait. Il secoua la tête de stupéfaction et reprit la lecture de son journal.

Un petit article attira son attention. Ainsi, Lois avait donné naissance à une fille. L'enfant hériterait-il de super pouvoirs ? Les possibilités le séduisaient, mais il y avait des difficultés. Pour que l'enfant lui soit utile, il devrait être séparé de ses parents, et ce serait un vrai défi.

Lex Luthor vivait pour les défis, surtout quand l'éventuelle récompense était aussi grande. Il devait y avoir un moyen…

Il gloussa faiblement, et Beth leva le nez de son livre. "Qu'y a-t-il, Lex ?" demanda-t-elle doucement.

"Rien," murmura-t-il, puis il se contredit. ""Je pensais juste… N'as-tu jamais songé à avoir des enfants ?" Il posa le journal sur la table en plaçant prudemment l'avis de naissance Lane-Kent sur le dessus.

Les yeux de Beth s'écarquillèrent. D'une voix avec un mélange d'espoir et de crainte, elle répéta, "Des enfants ?"

"Eh bien, oui," répondit brusquement Lex, en se levant de son fauteuil. Il est commun pour les couples mariés de discuter au moins du sujet," plaisanta-t-il sur un ton affectueux.

"Je, euh… c'est que, je n'ai pas vraiment…" Beth rougit, apparemment incertaine de quelle façon répondre.

Lex traversa la pièce jusqu'à son fauteuil et la souleva tendrement dans une étreinte chaleureuse. Il appréciait sa réponse. Non, il n'y avait aucun calcul de sa part, Beth suivait son cœur. Cette découverte était profondément satisfaisante. "Tu disais ?" fit-il quand il arrêta enfin de l'embrasser.

"Je n'ai jamais penser à être enceinte," marmonna Beth, encore affectée par l'ardeur de son mari et sa propre réponse.

"Eh bien, à ce propos, ma douce," répliqua Lex, en jetant un dernier coup d'œil au journal abandonné tandis qu'il guidait sa femme vers la chambre à coucher, "je pensais plutôt à… une adoption."

Mercredi, 11h

Clark ferma la porte sur le dernier visiteur et s'y s'appuya en feignant l'épuisement. Il balaya du regard la chambre d'hôpital et vit Lois lui sourire depuis son lit.

"Est-ce que la foule t'a fatigué, chéri ?" s'enquit-elle, la voix faussement inquiète.

"Je n'aurais jamais cru qu'on connaissait autant de gens," répondit-il, en se déplaçant dans la pièce. "Heureusement que l'infirmière est venue leur dire que les heures de visites étaient terminées." Il s'arrêta près du berceau en souriant à Laura qui regardait silencieusement autour d'elle.

"Eh bien, je m'apprêtais à les mettre dehors, de toute façon," déclara Lois. "Je suis prête à quitter cet endroit, et pour ça je dois changer de vêtements, et suffisamment de gens m'ont vue nue cette semaine." Elle descendit prudemment du lit et laissa son mari l'aider à traverser la pièce pour s'asseoir sur la chaise. Elle se mit à fouiller dans le sac qu'elle avait amené à l'hôpital.

"C'était bien de voir Perry, quand même," commenta négligemment Clark.

"Et Jimmy et Penny," accorda Lois. "C'est nous qui *leur* avons rendu visite ici il n'y a pas si longtemps," ajouta-t-elle en riant, sans cesser de fouiller. C'était un petit sac, comment donc son chemisier vert avait bien pu disparaître ? "J'ai presque eu un infarctus quand Mr Wells est apparu, par contre."

Clark se mit à rire. "Moi aussi, j'ai cru qu'il venait encore avec de mauvaises nouvelles."

"Mais c'est gentil de sa part d'être venu. Et le voir se disputer avec le Dr Klein, c'était amusant. Aha !" chantonna Lois en retirant triomphalement son chemisier du sac. "Maintenant, j'ai juste besoin de mon jeans-- oh, et voilà l'ensemble du bébé pour rentrer à la maison." Elle le tendit à son mari. "Tu crois que tu pourras lui mettre ?"

Clark accueillit les petit habits de coton jaune et blanc avec un sourire. "Pas de problème." Doucement et délicatement, il commença à manœuvrer les bras du bébé pour lui enfiler le vêtement. "Il y a un bonnet pour aller avec ça ?"

Lois regardait son mari habiller leur fille et essuya une larme. Il avait l'air si *heureux*, si naturel. Comme s'il était né pour ça.

"Lois ?" Il se tourna vers elle, en attendant une réponse à sa question. "Un bonnet ?"

"Oh ! Un bonnet, oui…" Elle replongea dans le sac. Elle espérait se sentir bientôt aussi compétente qu'il en avait l'air. "Bien, que nous sommes au mois d'août…"

"Oh, oui, eh bien, tant qu'on la tient éloignée du soleil."

Lois se leva et ôta sa robe de chambre. Elle était contente de l'avoir emmenée -- les chemises de l'hôpital étaient si ternes. Maintenant, pourtant, elle se sentait assez sûre d'elle pour remettre de vrais vêtements. Malheureusement, c'était toujours des vêtements de grossesse; elle avait encore l'air d'être enceinte de six mois. Elle soupira.

Clark la regarda et devina la raison de cet air plaintif. Il eut l'idée de la rassurer mais décida qu'elle ne le croirait pas ou le prendrait mal. "J'étais content de voir le type de la bijouterie -- c'était quoi son nom ?"

"Mr Tucci," répondit-elle, en s'égayant. "Oui, j'étais inquiète pour lui, alors c'est bon de savoir qu'il va mieux. Et il a dit qu'il pensait donner une promotion à Pete Collins," dit-elle en souriant. "Il devrait au moins recevoir un bonus, d'après ce que m'a dit ta mère."

"Je crois qu'il sera récompensé," opina Clark. "Tu as la couverture du bébé ?"

"Juste ici," répliqua-t-elle, en prenant la couverture bleu foncé qui avait autrefois enveloppé le petit Clark. Ça devrait la protéger."

Clark prit la couverture et souleva Laura pour l'envelopper. "Quel voyage a fait cette couverture. De Krypton, au Kansas, à Métropolis -- d'une génération à l'autre…"

Lois, maintenant complètement habillée, traversa la pièce, enlaça Clark et posa sa joue contre son dos.

Il lui sourit par-dessus son épaule. "Et si ceci n'est vraiment que le commencement, nous aurons d'autres enfants--"

"Tu peux porter le prochain, chéri," lui proposa Lois d'un ton généreux.

"Merci," dit Clark en riant, "Mais penses-y. Nos enfants auront des enfants, et ils auront des enfants… et ils changeront ce monde pour qu'il soit meilleur.

Lois sourit légèrement en regardant le bébé s'endormir dans les bras de son mari. "Je suppose que c'est l'espoir de tous les parents pour leurs enfants."

"Oui. Et nous le réaliserons, également. Parce que toi et moi, il n'y a rien qu'on ne puisse faire."

Clark se retourna dans ses bras, transférant son sourire de sa fille à sa femme. Se penchant vers elle, il scella leur futur d'un baiser.



FIN


Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997).