Docteur Goose PDF Imprimer Envoyer
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Saison 5, Episode 21

Écrit par DoubleL

Avec l'aide d'Adrienne, KathyB, Laurie, Pam et Leanne

Version française de


Traduction Chantal Martineau

La jeune et jolie brune jeta un coup d’œil dans sa direction, elle tapait impatiemment avec son crayon sur l'encadrement de la porte. Elle lui manquerait vraiment. Parfois, elle lui donnait l'impression que son cœur allait exploser de fierté. Il avait pleuré devant son chagrin, il s'inquiétait quand elle revenait plus tard que prévu. Elle était connue pour lui faire monter la pression par son obstination et son manque de discrétion. Il avait vu mûrir son caractère et son talent. N’ayant jamais peur de s’impliquer à 200 pour cent, elle fonçait toujours avant de réfléchir aux conséquences. Maintenant, elle allait entamer un nouveau chapitre de sa vie, qui allait demander de la délicatesse, de l’amour...

Le bruit du crayon sur la porte devenait de plus en plus fort...

… et plus que tout... De la patience.

*"Perry !"*

Perry jeta son crayon sur son bureau à cette interruption soudaine et retira ses lunettes de lecture. Levant les yeux, il rencontra le regard impatient de sa journaliste d'investigation numéro un. "Sapristi, Lois! Ne voyez-vous pas que je suis en train de corriger un article ? Je vous l’avoue, parfois, le style d’écriture de Ralph a autant de sens qu’un chien qui se mord la queue. S’il n’était pas si bon à trouver les scandales concernant les politiciens, je le..."

*"Perry !!!"*, dit-elle, en brisant le crayon. Elle était malade et fatiguée de tout aujourd'hui. Etre enceinte de neuf mois pendant un mois d’août torride, de travailler sur des histoires qui n’étaient pas valorisantes, d’être ignorée par son rédacteur.

Posant doucement ses lunettes, il croisa les mains sur son bureau, essayant de trouver une attitude calme, qu’il ne ressentait pas. "Oui, Lois, je peux vous aider ?"

"Tenez." Elle jeta des copies imprimées sur son bureau et posa ses mains sur son ventre, lançant à Perry un regard presque désespéré. "J’ai terminé les retranscriptions de l’Ecole de Cuisine. Vraiment, ce sera très intéressant de savoir ce que donneront ces recettes !", dit-elle, avec une pointe de sarcasme. "Ecoutez-moi, je veux prendre le reste de la journée. J’ai un rendez-vous chez le médecin dans quelques heures. Je sais que je suis supposée rentrer à la maison et me reposer, mais il y a une nouvelle boutique pour bébés qui vient d’ouvrir ses portes juste en bas de la rue et je veux aller y jeter un œil avant de rentrer."

"Comment vous débrouillez-vous Clark et vous avec la suite de l'article sur le scandale du marché au poisson ?"

"Comme des poissons dans l’eau," répliqua-t-elle. "Je crois qu’il est en ce moment avec le Sergent Zymack à finaliser ses notes. Je dois me lever et me dégourdir les jambes. Ce bébé fait pression sur le bas de mon dos depuis la réunion de ce matin. A plus tard, d’accord ?"

"D’accord, ma chérie, allez-y doucement. Demain, nous terminerons ce que nous avons commencé."

"Merci, Perry. Je vais essayer de travailler la journée entière demain."

"Ecoutez, Lois, vous devez suivre les ordres du médecin et vous reposer comme vous êtes supposée le faire."

"Ça ira *bien*, je vous le promets. Je vais rester à mon bureau toute la journée, de toute façon. A demain."

'Je n’ai jamais vu une femme si têtue de toute ma vie.' pensa Perry, en la regardant se diriger lentement vers les ascenseurs. 'Je plains les médecins et les infirmières qui seront dans la salle d’accouchement quand le bébé arrivera. Ils s’en souviendront toute leur vie. Ainsi que son pauvre mari.'

Marchant un demi pâté de maisons après le Daily Planet, Lois s’arrêta à la nouvelle boutique pour bébés. Se promenant dans le magasin, elle remarqua la présentation d’une nouvelle ligne de vêtements de maternité pour l’automne. 'Dieu merci, je n’aurai pas besoin de vêtements de maternité pour l’automne, à moins qu’une grossesse kryptonienne dure un an.' S’aventurant dans l’autre moitié de la boutique, elle acheta quelques bricoles de dernière minute pour la chambre du bébé. 'Oh non, pas ce magasin aussi !' En face d’elle étaient pliées des couvertures de couleur bleu roi, avec des petits logos de Superman imprimés en diagonale. Il semblait que chaque boutique pour bébés dans laquelle elle s’était arrêtée avait en réserve des taies d’oreillers Superman, des peluches Superman et même des couvertures de bébé Superman frappées du "S" mythique. Un panneau au-dessus de la vitrine indiquait : "Pour le petit Superman de votre vie."

"Oh, ça alors. Tout ça est *tellement * ridicule," marmonna-t-elle, en zigzaguant entre des petites affaires de bébés. Elle se dit que Clark devait demander à Murray de s'assurer que les royalties de la vente de ces articles allaient bien à la Fondation Superman.

"Puis-je vous être utile ?" demanda une voix derrière elle, brisant le cours de ses pensées.

"Non, merci, je ne fais que regarder."

Quand Lois se retourna, les yeux de la vendeuse remarquèrent son profil proéminent. "Wow, on dirait que *nous* n’avons plus longtemps à attendre."

"Non, en effet, *nous* n’avons plus longtemps à attendre. Vous voyez, ça peut arriver à tout moment."

"Garçon ? Fille ?… Jumeaux ?"

Lois lui jeta un regard agacé. "Écoutez..." puis se ravisa avant de dire quelque chose de vraiment méchant. Elle répondit calmement, "Non, juste un. Nous ne savons pas encore ce que c'est."

"Oh, je vois." La vendeuse tenta de regagner la confiance de Lois. "Puis-je vous montrer les dernières tendances pour les ensembles de berceau ?"

Elle faisait de son mieux pour rester polie malgré les remarques trop curieuses de la vendeuse, Lois réussit tout de même à lui retourner un sourire forcé. "Bien, nous avons déjà pris soin de ça..."

N’écoutant pas la réponse de Lois, la vendeuse continua sur le même ton. "Il y a une chose qui est très populaire auprès..."

'Laissez-moi deviner, Superman,' pensa Lois.

"Les ensembles sur le thème de Superman."

"J’ai remarqué; on dirait qu'il y en a *partout*," répliqua Lois, agissant de manière modérément intéressée.

"C’est un modèle très populaire auprès des mamans d’aujourd’hui, surtout celles qui attendent un petit garçon. Superman est un si bel exemple à suivre. Après tout, la frénésie sur la possibilité que Superman cherche une compagne a créé un marché plein de promesses." Elle attrapa le bras de Lois et ajouta subtilement, "Si vous voyez ce que je veux dire !"

"Oui, c’est certain." Lois eut un sourire forcé et leva les yeux au ciel en regardant la femme qui se tournait pour ranger quelque chose. Elle avait espéré que cette partie de la vie de Superman ne soit pas connue de la population en général.

"Eh bien, je veux dire, ne représente-t-il pas ce que toutes les femmes espèrent secrètement ?" La vendeuse repéra soudain le badge du Daily Planet accrochée au porte-clés de Lois.

"N'êtes-vous pas Lois Lane du Daily Planet? Alors ça, *vous* êtes une des premières personnes qui devrait être intéressée par un ensemble Superman pour la chambre de votre bébé. Après tout, Superman et vous semblez trèèès proches !" La vendeuse se pencha vers elle et lui murmura à l'oreille : "J’ai lu un des exemplaires du National Inquisitor!" Elle fit un clin d'œil à Lois. "Dites-moi, est-ce qu'il embrasse comme un dieu ?"

"Je vous demande pardon ?! Comment osez-vous dire ça !" Se frayant rapidement un chemin à travers la boutique, Lois entendit la vendeuse dire, "Je suis désolée, mademoiselle Lane, je ne supposais absolument rien ; je me rappelle avoir lu que c’était faux..."

Lois sortit comme une balle du magasin, se précipitant sur le chemin d’hommes d’affaires qui marchaient sur le trottoir. A son regard, il se séparèrent sur son passage comme l’ouverture de la Mer Rouge. Tandis qu’elle marchait, un million de pensées lui passèrent par la tête pour devenir une véritable paranoïa. Et si tout le monde savait ? … C’est la troisième personne qui essaie de me vendre des trucs pour bébés à l'effigie de Superman… tout le monde chuchote et fait des commentaires sur ma taille... faisant des plaisanteries sur Superman qui pourrait avoir des enfants... Oh, mon Dieu, que se passerait-il si quelqu’un était au courant ?' S’arrêtant pour se reprendre, elle fouilla dans son sac et sortit un mouchoir.

Le logo 'Au royaume du Chocolat' eut l'effet d'un remède contre ses émotions. S'y dirigeant tout droit, elle passa sa commande. "Je vais prendre un triple cornet au chocolat, ne lésinez pas sur la crème glacée, avec une portion plus petite sur le dessus pour ne pas qu’il tombe, tout ça dans un cône gaufré, s’il vous plaît."

Un jeune homme au visage plein de tâches de rousseur se tenait derrière le comptoir et lui tendit le cornet, tout en acceptant son billet de dix dollars. Il lui rendit la monnaie sur le comptoir, attendant impatiemment qu’elle sorte son porte-monnaie de son sac. Observant son gros ventre, il se tourna vers son collègue et murmura : "Ouais, elle a besoin de prendre dix kilos de plus, pas vrai." Les jeunes garçons rirent sous cape.

"Excusez-moi, est-ce que vous me parliez ?" lui lança-t-elle. Le visage du garçon vira au rouge de sa honte grandissante, il hocha la tête. Lois s’éloigna avec son cornet, le fusillant du regard, quitta le marchand de glace et se rendit à la Jeep qui était stationnée près du Planet.

Tournant le dernier coin de rue, elle observa l’image que son reflet projetait dans une vitrine et remarqua son profil très proéminent. 'Oh mon Dieu, je ressemble à un hippopotame. Et j’avale un cornet en plus. Je ne serai plus jamais mince, Clark ne me trouvera plus jamais séduisante...' Son esprit vagabonda vers ce genre pensées et de grosses larmes commencèrent à rouler sur ses joues. Même si au fond d’elle-même elle savait que la grossesse était une chose merveilleuse, après avoir porté durant neuf mois ce qu’elle croyait être un énorme bébé, elle se sentait énorme. Elle était si fatiguée de porter des vêtements de maternité et de se dandiner comme un pingouin. Elle ne pouvait plus se pencher pour attacher ses chaussures ou encore se retourner dans son lit sans l’aide de Clark. La glace qui fondait dans le cornet perdit tout à coup son attrait et elle la jeta dans une poubelle qui se trouvait tout près. Soudain, elle sentit une paire de bras forts et aimants entourer ses épaules et réalisa alors qu'une fois de plus, elle ne regardait pas où elle allait. Elle sursauta.

"Chérie, qu’est-ce qui ne va pas ?" lui demanda-t-il, avec sympathie.

Clark était la dernière personne qu’elle voulait voir en ce moment.

"Oh, Clark." Les larmes coulèrent le long de ses joues plus librement. "Je suis aussi grosse qu’une maison," pleura-t-elle contre son épaule. "Je suis si grosse et je crois que tu ne me trouveras plus jamais belle, plus jamais."

Elle sentit son pouce caresser sa joue mouillée de larmes et il replaça ses cheveux derrière son oreille. "Lois, regarde-moi," dit-il silencieusement, avec amour. Elle regarda ses grands yeux bruns. "Tu sais que tu es fatiguée et que tu as trop travaillé. Tu laisses ton imagination prendre le dessus et te jouer des tours… et tu *es* la future maman la plus sexy que j’aie jamais vu de toute ma vie."

"Tu dis ça juste pour me faire plaisir," répliqua-t-elle assez vigoureusement, voulant clairement se laisser convaincre.

"Oui, tu as raison…" il la serra très fort dans ses bras... "parce que c’est la vérité." Il se pencha vers elle et lui murmura à l'oreille. "Et Superman dit *toujours* la vérité."

Contemplant son superbe visage, il la regarda se mordiller la lèvre avec ce petit sourire narquois très spécial qu’elle réservait uniquement à lui. Son visage redevint sérieux.

"Mais Clark, tout le monde me regarde de façon si méchante, même les autres femmes. Et les trucs de bébés sur Superman... il y en a partout. As-tu parlé à Murray des royalties qui doivent aller à la Fondation Superman ?"

S’arrêtant à nouveau un instant, elle dit d'une voix qui frôlait la panique. "Clark, que ferions-nous si tout le monde savait... pourquoi cette vendeuse a-t-elle tellement insisté pour me vendre des trucs de bébés à l’effigie de Superman... les gens parlent encore de cette affreuse histoire de tabloïds… ils croient que parce que je connais Superman, je pourrais fantasmer d'avoir son bébé..."

Clark posa son doigt sur ses lèvres pour la calmer. "Eh alors, ce n’est pas le cas ?" dit-il avec un grand sourire. Elle donna une petite tape sur sa poitrine.

"Oh, Clark, regarde l’heure qu’il est. Il est presque quatre heures. Viens-tu chez le médecin avec moi ? Ils vont faire la même chose que d’habitude, comme ils l'ont fait toutes les semaines ce mois-ci. Tu sais, écouter le pouls du bébé, mesurer mon ventre. Peut-être que cette fois il y aura quelques signes prouvant que je vais *réellement* mettre de ce bébé au monde. S’ils me demandent de revenir la semaine prochaine, je crois que je vais hurler !"

"Je te rejoins là-bas, d’accord ? Je dois d’abord donner cet article à Perry." Il pencha la tête pour chercher ses lèvres, embrassant en même temps le reste de sa crème glacée. "Mmmm, aux pépites de chocolat. Délicieux !"

Marchant avec elle jusqu’à ce que ses idées se soient éclaircies, il l’accompagna jusqu’à la Jeep. La voyant s’éloigner au volant de la voiture, il pensa en son for intérieur, 'Je ne suis pas pressé de voir ce que donnera sa dépression postnatale. Mon Dieu, aidez-moi, ainsi que le reste du monde.' Il hocha la tête et se dirigea vers le Planet.

Dans une demeure au nord-est de Métropolis, un homme irrité repassait encore et encore un enregistrement vidéo. Il s'agissait d'un ancien reportage sur les sauvetages de Superman pendant la tempête de neige de l’hiver passé.

Marta Fisher, du réseau LNN, et une Lois Lane alors très mince, employée du Daily Planet, se tenaient devant l’Hôpital Général de Métropolis et interviewaient certaines des personnes que Superman avait sauvées. Une scène montrait Superman en train de lire un livre de comptines à la fille du maire qu'il avait secourue le jour précédent d’une chute dans un étang glacé.

Bradley Goose regardait l’écran de télévision, les yeux remplis de colère et d’un désir de vengeance.

"Bien sûr, il a sauvé *l’enfant du maire* ! Je suppose qu’il choisit les personnes qu’il sauve, tout dépend avec qui il veut rester en bons termes. Et *où* était Superman quand notre Meredith a été tuée ? Au lit, avec cette journaliste, Lois Lane ! Eh bien je vais montrer à Lois Lane et Superman comme ça fait mal de perdre un enfant. Je vais leur montrer !" Il prit un magazine sur la table à côté de lui et le jeta sur l'écran quand l’image de Superman apparut. *"Pourquoi ne l’as-tu pas sauvée ? Pourquoi, pourquoi ?"*

Mary Goose entra dans la pièce. Jetant un œil à l’enregistrement qui lui était trop familier, elle posa une main réconfortante sur l’épaule de son époux. "Bradley, tu regardes cette cassette et tu te fais du mal et ça dure depuis des mois et des mois ; ça ne nous la ramènera pas. S’il te plaît, laisse sa mémoire reposer en paix."

"Il va payer pour ne pas avoir sauvé notre fille... quand il était trop occupé à s’envoyer en l’air avec Lois Lane."

"Nous n’avons pas de preuves tangibles sur les déplacements de Superman à ce moment-là. Il aurait pu être à l’autre bout du monde ! De toute façon, Bradley, il a été prouvé que cette liaison était un coup monté."

"C’est l’histoire qu’elle et *Superman* ont inventé et ce Clark Kent est simplement trop stupide pour le croire. Puisque tu ne veux pas croire aux histoires que nous livrent les tabloïds, je préfère supposer qu’ils sont coupables. Lois Lane est enceinte. Que le bébé soit celui de Superman ou de son mari, je vais faire souffrir Superman parce qu’il n’a pas sauvé notre enfant !"

"Que vas-tu faire ?" lui demanda nerveusement sa femme. Elle s’inquiétait du comportement de son mari qui se détériorait depuis la mort de leur fille.

Alors que Bradley continuait de contempler la télévision, l’inquiétude et l’image de tendresse de la fille du maire se transformaient lentement en un excès de colère et de rage dans son âme. Il se leva et répondit froidement à sa femme : "Ne t’inquiète pas; ça ne te concerne pas," et il quitta la pièce.

Le Dr Bradley Goose était un des obstétriciens les plus en vue de Métropolis, connu pour avoir développé des techniques prometteuses de fécondation. Toutefois, ironiquement, sa femme, Mary, et lui avaient découvert très vite qu’ils avaient eux-mêmes des problèmes de fertilité. Malgré tout son savoir, ses efforts et ses recherches, il n'était pas parvenu à trouver la solution qui leur permettrait de concevoir un enfant. Sa frustration l’avait tout d’abord mené au désespoir, puis à un dérangement mental, alors qu’il devenait jaloux sans raison de ses propres patients qui lui confiaient l'excitation de leur premier voyage dans le monde des parents. Peu de temps après, une augmentation inexpliquée de fausses couches s’installa chez ses patients. Ses partenaires lui demandèrent de quitter la profession et ses donateurs arrêtèrent de lui accorder des fonds pour ses recherches. Il fut accusé de pratique mal intentionnée et de meurtres.

Perry White avait écrit sur lui un éditorial au moment où il était passé en jugement. Certains anciens patients et associés témoignèrent contre Goose et il était sur le point d'être condamné. Soudain, le bureau du procureur changea d’avis et les accusations furent levées, apparemment pour manque de preuves. Le Dr Bradley Goose et sa femme Mary disparurent de la scène.

Jamais il ne fut révélé que Lex Luthor était celui qui avait mis la main à la poche pour réhabiliter le nom de Bradley. Le Dr Goose fut ensuite embauché dans le privé par Lex afin de poursuivre secrètement ses recherches sur son futur projet de clonage. Avec les fonds de la LexCorp, ses expériences s'étaient à nouveau trouvées couronnées de succès. Mary Goose tomba enceinte. Une petite fille, Meredith, était née.

La salle d’attente du cabinet du Dr McGrath était bondée de femmes enceintes et l’attente était d’au moins deux heures. Clark n’était pas encore arrivé, mais cela ne dérangeait pas Lois parce qu’elle pensait que le diagnostic serait le même que celui de la semaine précédente. 'Deux heures d’attente pour un examen de cinq secondes suivi de la même déclaration que j’ai entendue lors de mes trois dernières visites. 'Tout va très bien, Lois, vous avez pris un kilo ou deux. Je vous reverrai la semaine prochaine. 'La semaine prochaine, le mois prochain, le siècle prochain ! Qui pouvait savoir la durée d’une grossesse mi-humaine mi-Kryptonienne ? Probablement onze mois, comme un éléphant.' pensa-t-elle en son for intérieur alors qu’elle commençait à lire un article intéressant dans le dernier Baby Talk.

"Lois Lane," appela la réceptionniste. "C'est à vous." 'Maudit soit-elle, toujours au moment où je trouve un article intéressant'. Elle plia le magazine et le fourra dans son sac.

Ce fut un examen de routine comme Lois l’avait envisagé, sauf que ce jour-là, on lui avait fait un examen interne pour vérifier si son col commençait à se dilater. C’était plutôt inconfortable à cause de la pression exercée par le bébé, mais Lois s’était dit que c’était un petit coup de pouce que la nature lui donnait pour la préparer aux affreuses douleurs qu'allait provoquer l’accouchement. Après l’examen, Lois rejoignit le Dr McGrath dans son bureau.

"Bien, Lois, on dirait que le bébé se met en position et que vous commencez à être dilatée. Environ deux centimètres."

"C’est fantastique ! Est-ce que ça veut dire que je n’aurai pas besoin de revenir la semaine prochaine ?" répondit-elle avec un sourire plein d’espoir.

"Bien, ça dépend de beaucoup de choses. Certaines femmes peuvent se balader des jours durant à la moitié dilatées, tandis que chez d'autres la dilatation est de dix centimètres en quelques heures. Nous avons estimé votre d’accouchement pour le milieu de la semaine ou en début de semaine prochaine. Rappelez-vous que ce n’est qu’une estimation. Nous ne le provoquerons pas à moins qu’il n’y ait un problème, soit avec vous, soit avec le bébé. Vous faites encore vos siestes de deux heures dans l’après-midi, n'est-ce pas ? Combien de temps avez-vous encore l’intention de travailler ?"

"Oui, je fais de mon mieux pour me reposer le plus possible. Demain *devrait* être ma dernière journée. J’essaie de travailler le plus longtemps possible. Si je reste à la maison toute la journée, je vais devenir folle !"

"Ecoutez Lois, je sais que vous n’êtes pas du genre à rester assise à regarder le monde vivre à votre place, mais cette fois il s’agit d'un enfant. Profitez-en. Profitez de ces quelques moments tranquilles avant l’arrivée du bébé. Et reposez-vous. Une fois que votre petit bout de chou sera de ce monde, vous allez vous demander où sont passées ces périodes calmes. Appelez-moi si vous perdez les eaux ou si vous commencez à sentir des contractions espacées de cinq minutes. Et bien sûr, si vous avez des questions ou des inquiétudes, n'hésitez pas à me les poser. Vous êtes mère pour la première fois. Il n’y pas de questions trop stupides ou trop idiotes. Vous pouvez encore suivre votre routine, mais n’en faites pas trop."

'La routine,' pensa Lois. 'Ça alors, si elle savait !'

Clark était sorti faire sa ronde nocturne. Ne parvenant pas dormir, Lois descendit au rez-de-chaussée et s’installa devant la télévision avec du pop-corn et une bouteille d'eau. Zapper était ennuyeux. Des pubs. Du base-ball. Gabby à Howard Stern, bla, bla, bla. 'Beurk.'

Étalant ses pieds sur la table basse, Lois posa la télécommande sur son ventre. Elle se coucha, d'abord sans bouger, puis se déplaça graduellement comme une balançoire. En souriant, Lois s’émerveilla à la vue de son ventre qui changeait de forme alors que le bébé bougeait. Les petites bosses de ses coudes, de ses pieds et de son derrière apparaissaient à un endroit et se déplaçaient de l'autre côté de son ventre.

'Tu es prêt pour la Macarena, mon petit ? Quand tu seras né, tu auras toute la place que tu voudras pour bouger.'

Soudain, un coup de pied du bébé fit voler la télécommande qui tomba par terre. Elle atterrit face contre terre, ce qui changea la chaîne de la télévision. Les yeux de Lois s’écarquillèrent et elle commença à se passionner de ce qu’elle voyait à l’écran.

Elle regardait intensément le téléviseur, tandis que la femme enceinte hurlait de douleur. La sueur lui recouvrait le corps. Les gens autour d’elle ne lui étaient d'aucun réconfort, aucun médicament ne pouvait apaiser sa souffrance. Soudain, la chair de son ventre se déchira et un horrible monstre, se tortillant et mordant tout sur son passage, se dressa de ses entrailles, attaquant tout le monde dans la pièce, sauf son hôtesse. La femme regardait avec horreur la bête qu’elle venait de mettre au monde. Un cri à vous glacer le sang se fit entendre dans la nuit calme.

Un grand coup de pied du bébé la surprit au moment critique du film et elle lança un cri pouvant rivaliser avec celui de l’actrice.

Sans ralentir pour ouvrir la fenêtre, Superman atterrit dans la maison et des éclats de verre s’éparpillèrent sur le sol.

"Mon Dieu, Lois, que se passe-t-il ?! Tu vas bien ?! C’est le moment ?!"

Lois, encore absorbée par la télé, ne lui répondit pas immédiatement.

"Lois ?!!"

Clark eut la réponse à sa question en entendant la voix agaçante du présentateur. "Nous retrouverons 'Ma mère a donné naissance à un démon extra-terrestre' tout de suite après cette page de publicité.'

"Quoi !?" Clark jeta un œil au téléviseur et se rendit compte que le cri d’horreur qu’il venait d’entendre provenait du film. Il était en colère d'avoir été éloigné d'une véritable urgence par cette fausse alerte et il éteint la télévision. "Lois, tu sais que parfois tu me fais mourir de peur. Je ne savais pas ce qui se passait. J'étais en train de contrôler une situation explosive entre deux gangs à Hobbs Bay, je n’ai pas besoin de fausses alertes de ce genre !" Il baissa d’un ton en voyant la réaction de Lois qui avait l'air de dire 'ne me fais pas ces yeux là'.. "Ne regarde pas des programmes pareils si tu sais qu’ils vont te faire peur, d’accord ?"

"Oh, ne monte pas sur tes grands chevaux. Le bébé m'a simplement donné un grand coup au moment où elle a donné naissance à-à-à cette *chose*. Clark, et si… ?"

Clark l’interrompit immédiatement car l’heure de la discussion était passée depuis longtemps. "*Ne commence pas*, Lois."

"Mais... je veux dire que nous ne savons pas ce qui pourrait clocher. Nous sommes carrément en terrain inconnu dans le domaine de la reproduction entre espèces."

"Lo-is, nous avons vu l'échographie et nous n’avons entendu qu’un cœur. Des battements de cœur normaux. Tu m’as dit que le Dr McGrath t’avait dit aujourd’hui que la tête était déjà en position et que tu étais dilatée de 2 centimètres. Ça ne sera plus très long. Rappelle-toi, le Dr Klein a dit que jusqu’à maintenant, cette grossesse était aussi normale que n’importe quelle autre."

"Si l’on considère que je vais donner naissance au bébé d’un extra-terrestre," dit-elle avec une pointe de sarcasme. Elle le regarda et sourit, essayant de lui faire regagner sa bonne humeur. "Probablement l’extra-terrestre le plus sexy qui existe."

Ça ne marchait pas. Clark ne trouvait pas ça drôle. "Est-ce que ça va aller si je m'en vais ? Je dois retourner du côté de la Baie et ensuite je vais une petite ronde au-dessus de la ville. Retourne au premier et essaie simplement de dormir, d’accord ? Je vais essayer de faire vite."

"D’accord, je suis désolée de t’avoir inquiété. Fais attention, je t’aime."

Clark l'embrassa pour lui dire bonsoir et s'envola dans l’air humide de la nuit. Attrapant le balai, elle rassembla verre brisé en une pile dans un coin de la pièce. "Et il me dit que c’est moi qui suis émotive, mince alors."

Mary Goose posa un petit déjeuner encore chaud devant son mari qui lisait le journal du matin. "Comment va le travail, chéri ?" demanda-t-elle, essayant de détendre l'atmosphère, pour oublier la soirée de la veille pleine d'émotion .

Bradley, absorbé par son article, répondit avec un grognement inintelligible.

"Ce doit être un article intéressant. Que lis-tu ?" demanda-t-elle, essayant d'attirer son attention.

"C’est un article sur notre bon Superman, écrit par Lois Lane, elle raconte ses dernières implications dans les pourparlers pour la paix mondiale." Il déchira soudain l’article du journal, le mit une boule et le jeta sur le sol de la cuisine. "Je le déteste !! Il est vraiment hypocrite."

"Bradley, je crois que ton obsession pour Superman dépasse les bornes. Rappelle-toi que ta tension monte quand tu t'énerves."

"De quel côté es-tu ?" Sa voix s’éleva avec colère au commentaire de sa femme, pensant qu’elle défendait les mérites de Superman. "Tu te moques apparemment qu'il estime davantage certaines personnes que d'autres ? Tu n'es pas contrariée après ce qu'il a fait à notre fille ?"

"Bien sûr que je suis de ton côté." Mary savait au fond de son cœur que c’était un accident et bien qu’elle aurait donné n’importe quoi pour que Superman ait pu sauver leur fille, elle savait que ce n’était pas sa faute. Son mari, toutefois, voyait les choses différemment et elle ne voulait pas le pousser à bout, à cause de son caractère instable.

"Mais rappelle-toi Bradley, j’ai perdu Meredith, moi aussi." Elle posa sa main sur son épaule. "S’il te plaît ! La meilleure chose que tu puisses faire pour le moment est de mettre un terme à tout ça, de laisser les choses se dissiper et d’oublier cette obsession de te venger de Superman, pour que nous puissions reprendre le cours de notre vie."

Il agita l'épaule pour repousser son contact. "Il n’y a plus de vie sans Meredith. Je n'oublierai *jamais*, je ne lui pardonnerai jamais," et il sortit en coup de vent de la maison pour se rendre à son laboratoire à la LexCorp.

Le soleil matinal brillait dans la chambre à coucher d' Hyperion Avenue. Lois ouvrit les yeux et remarqua que les couvertures du côté de Clark étaient à peine déplacées. Elle espérait qu’il n’était pas encore fâché contre elle pour le petit incident de la veille. "Clark ? Es-tu à la maison ?" Elle n’obtint pas de réponse.

Encore endormie, elle haussa des épaules devant son absence et se dirigea vers la salle de bains afin de se préparer pour sa dernière journée de travail. Alors qu’elle s'essuyait en sortant de la douche, elle entendit le coup de vent familier que faisait Clark à son arrivée. Sifflotant un chant de Noël, il entra dans la salle de bains et prit une autre serviette pour l’aider à s'essuyer les jambes et le dos et l'embrassa. Lois était décontenancée par sa bonne humeur, étant donné qu’il était parti la plus grande partie de la nuit.

"Hmm, Superman a l'air gai ce matin. Un grand changement comparé au Superman avec qui j’ai eu une discussion hier soir." Elle arrêta de le taquiner et se tourna pour le regarder dans les yeux. "Vraiment Clark, je suis désolée si je t’ai mis en colère."

"En colère ? Oh, la nuit dernière. Ne t’en fais pas. Il y avait beaucoup d’urgences en même temps et j’ai exagéré. Je suis désolé moi aussi."

"Tu es parti toute la nuit ? Tu as dormi ?" Lois jeta un œil à son costume qui était couvert de boue et de suie. "Tu es tout sale !"

"La nuit a été très chargée. Après l’incident à la baie, il y a eu un vol, un sans-abri qui s'est fait harceler, un incendie dans une maison et un déraillement de train en Californie. J’ai peut-être dormi une heure entre trois et quatre heures du matin."

"Et tu es frais et dispos ce matin ?"

"Oui ! Tu sais, passer une nuit à aider les gens, ça ravigote." Il enleva son costume et le jeta dans le panier à linge, puis entra dans la douche.

Lois continua de se sécher les cheveux. "À quoi ressemble le temps ce matin ?"

"Plutôt humide. Tu vas sûrement avoir chaud aujourd’hui; tu devrais mettre un short."

"Clark, j’ai chaud depuis le mois d’avril avec cette canicule." Elle épongea délicatement l’eau de son ventre. "Tu crois que Perry ne verra pas d'inconvénient à ce que je porte un short ?"

"Voyons voir, tu as porté un costume de poulet, un ensemble de rockeuse, un autre de serveuse. Cat a mis un bikini pendant la vague de chaleur. Non, je ne crois pas que ça dérange Perry que tu portes un short. C’est vendredi après tout. Ils essaient d’implanter une politique de tenue plus décontractée pour le vendredi. Tu ne sortiras pas de toute manière."

Elle arrêta de s'essuyer les cheveux et tira le rideau de douche pour lui répondre. "Je ne ferai pas quoi ?"

Clark sortit de la douche et s'entoura la taille d'une serviette. Il jeta un œil à sa femme qui lui jeta un regard énervé. "Lois, promets-moi de rester au Planet aujourd’hui et profites-en puisque c'est ta dernière journée. Pas d’enquêtes. Pas de criminels. Pas de Lois qui se met dans le pétrin. D’accord ? Tu me le promets ?"

"Clark, tout ce que je vais faire aujourd’hui, c’est organiser mes fichiers et mes dossiers pour la personne qui va me remplacer pendant que je serai en congé de maternité. Des trucs aussi simples que ça." Lois jeta à Clark un autre regard en coin. "De toute façon, que peut-il m’arriver pendant que je suis au bureau ?"

Clark enlaça sa femme par derrière, admirant sa beauté dans le miroir. "Lois, chérie, je sais que j'ai toujours l'air de te harceler pour que tu te tiennes tranquille. C’est juste que les problèmes semblent toujours te trouver, même au bureau. Nous sommes si près d’avoir ce bébé. A chaque sauvetage qui m'emmène loin de toi, je ne peux m’empêcher de me sentir un peu anxieux si je ne sais pas où tu es. Et quand tu me fais ce sourire-là, ça me rend vraiment nerveux de savoir ce que tu peux bien comploter."

Arrivés ensemble au Planet comme à l’ordinaire, Clark prépara, pour satisfaire certaines envies, un café moka décaféiné avec crème et sucre, sans danger pour le bébé, pour sa jolie partenaire.

Lois se dirigea vers son bureau, jeta un œil aux piles de dossiers et au désordre qui couvraient son bureau. Depuis qu'elle avait réduit ses horaires, la paperasse qui aurait dû normalement être archivée ou bien jetée en fin de journée s’accumulait de plus en plus haut, jusqu’à ce que son bureau soit complètement recouvert. Laissant échapper un soupir en s'asseyant, elle se prépara à attaquer son pire ennemi : l’organisation. Préparer son remplacement était un défi bien plus grand que traquer n’importe lequel des criminels qu’elle avait affrontés.

Alors que Perry passait près du bureau de Lois, il s’arrêta et posa une main paternelle sur son épaule. "Comment allez-vous ce matin, Lois?"

"Bien, Perry. J’essaie simplement de décider par où commencer." Perry lui donna quelques tapes amicales sur l’épaule, s’esclaffa et poursuivit son chemin.

Clark retourna au bureau de Lois et lui tendit son café. "Voilà, chérie, comme tu l’aimes."

"Oh, merci, Clark." Elle s'arrêta un instant. Son front se mit à transpirer à la vue de la vapeur qui s'élevait de la tasse et elle hésita soudain à boire le café moka.

"Tu sais, on dirait qu’il fait drôlement chaud ici. C’est peut-être seulement moi, mais après tout, je n'ai pas vraiment envie de boire un café chaud ce matin. Je suis désolée, Clark."

Alors qu’elle s'apprêtait à s'en débarrasser dans la plante sur son bureau, Clark eut immédiatement pitié de la plante et lui enleva la tasse. Regardant autour de lui pour voir si quelqu’un leur prêtait attention, il envoya son souffle glacial sur la tasse, mélangea le tout et lui tendit avec un sourire jusqu'aux oreilles.

"Pas de problème. Voilà, Milkshake Glacé Cappuccino Moka."

"Tu vois pourquoi c’est pratique de t’avoir sous la main," le taquina Lois. Elle regarda les piles de notes, de brouillons d'articles et de dossiers qui attendaient d’être rangés et soupira. "Tu ne peux pas savoir comment je déteste faire ça. *Je* sais où tout se trouve. Pourquoi devrais-je l’organiser pour une autre personne ?" Clark sourit tandis qu’elle continuait ses lamentations. "Si je jette tout par terre, pourras-tu ranger tout en super vitesse comme tu l’as déjà fait ?" Elle pensait au jour où Superman était venu à son appartement quand elle avait été suspendue. Il avait eu pitié de sa salle de séjour encombrée et avait ramassé et rangépar ordre alphabétique toutes ses cartes en à peu près deux supers secondes.

Clark se pencha vers elle et murmura, "Il y a trop de gens. De toute manière, que vas-tu faire pendant les huit prochaines heures ? Je crois que tu vas faire ça toute seule."

Lois sourit faiblement, "Hmmmph, " et se connecta Internet, alors que Clark retournait à son bureau. Téléchargeant son courrier, elle reconnut les mises à jour promotionnelles habituelles, des messages de l’Association Internationale de la Presse, des rapports de LNN. Elle survola brièvement, elle considérait habituellement ces choses comme une perte de temps. Elle cliqua ensuite sur le suivant qui n’avait ni nom ni adresse d'expéditeur.

"Qu’est-ce que c’est ?" se demanda-t-elle, alors que le message se téléchargeait à l’écran. Elle continua de lire la comptine.

A la cime de l'arbre, le bébé sera bercé,
Quand le vent soufflera , le berceau va se balancer,
Quand la branche cassera, le berceau va chuter,
Et avec le berceau, le bébé va tomber.


"Ça alors, qui peut m’envoyer un courrier pareil ?" dit-elle, à voix haute.

Sans quitter les yeux de ses notes, Clark répondit "Tu réfléchis encore tout haut, chérie ?"

"Seulement pour ceux qui possèdent une super oreille." murmura-t-elle alors qu’elle relisait la comptine en essayant de savoir qui pouvait l’avoir envoyée. Elle se tourna vers lui et dit tout haut. "Non, j’ai reçu un courrier. C’est une comptine."

"C’est gentil," répondit automatiquement Clark en tapant un article que Lois aurait appelé une nouvelle sans intérêt, sans vraiment prêter attention à sa femme.

Lois continua à parler toute seule. 'Wow, je n’avais jamais remarqué combien ces vers étaient tordus. Pourquoi quelqu’un déposerait-il un bébé dans un arbre et le ferait ensuite tomber ? C’est probablement un truc stupide, de la publicité ou encore une campagne choc pour un nouveau produit de sécurité pour enfants.' Elle appuya sur la touche de suppression. Lois essaya de se concentrer sur sa tâche d’organisation, mais les paroles de la comptine lui revenaient toujours en tête. Ses pensées se dirigèrent ensuite vers Clark et ses trouvailles à propos du scandale sur l'affaire du poisson. "Hé, Clark, as-tu eu la chance de parler à Zymack, hier ?"

Pas de réponse.

"Clark ?" Lois regarda Clark et reconnut immédiatement à son air lointain, que la réponse allait devoir attendre encore un peu.

"Je dois y aller. Je suis désolé, qu’as-tu dit, il y a quelques minutes ? Je ne t’écoutais pas."

"Laisse tomber. Qu’est-ce que tu entends ?"

"Une jeune mère appelle à l’aide, quelque chose au sujet de son bébé." Il s'interrompit un instant. "La réunion..."

"Vas-y ! Je trouverai une excuse si tu n’es pas revenu dans vingt minutes. Fais attention."

"Qui va me couvrir quand tu seras partie ?" Il sourit et sortit très de la salle par un couloir. Lois entendit le sifflement familier au moment où Perry, qui sortait de son bureau, découvrait que la chaise de Clark était vide.

"Lois, mais où diable est allé Clark ?"

"Hum, il est allé au service de la rédaction. Quelqu’un avait besoin de son aide pour un article sur des points de vue politiques à Bornéo."

"Dites-lui que dès qu'il revient, je veux le voir pronto. J’ai des changements à faire sur son article. Et la réunion est dans vingt minutes."

"Oh, je vais le faire, Chef. Je peux commencer à travailler dessus jusqu’à ce qu’il revienne." Elle pensa en son for intérieur : 'Un jour, je vais être à court d’excuses.'

Sa super oreille repéra rapidement un appel au secours frénétique en provenance du Riverwalk Emporium Park. C’était un espace de plein air avec des jeux, des boutiques et des restaurants, le tout sur des niveaux différents. Superman atterrit et découvrit la mère hystérique qui indiquait, au-delà de la barrière, le sommet d’un arbre non loin de là. Perché de façon précaire au bout d’une grosse branche à laquelle la femme n’avait pas accès, un bébé dans un landau pleurait désespérément pour retrouver sa mère. "Ne vous en faites pas madame, je vais vous le ramener sain et sauf." Superman vola par-dessus la barrière pour rejoindre le petit enfant. Alors qu’il allait attraper la poignée, le berceau glissa soudain de la branche et le bébé fut projeté vers l’avant et tomba avec le landau. Superman rattrapa rapidement l’enfant et le ramena à sa mère. Elle le retira très vite du landau pour le réconforter.

"Madame, comment votre bébé a-t-il pu se retrouver sur cette branche d’arbre ?"

"Je ne sais pas. J’ai posé le berceau pendant que je renouais le lacet de chaussure de ma fille. Je l'ai regardé courir vers l’aire de jeux, puis j’ai rangé mes petits paquets dans un sac plus gros. Quand je me suis retournée, mon bébé n’était plus là. J’ai d’abord cru que quelqu’un l’avait kidnappé et quand j’ai regardé par-dessus la barrière pour voir si je remarquais quelqu’un de louche dans la foule, je l’ai vu au sommet de l’arbre. Je ne comprends pas comment ça a pu arriver, je l’ai quitté des yeux à peine une seconde."

"Malheureusement, il ne faut parfois qu’une seconde pour kidnapper un enfant." Superman resta avec la femme tremblante et ses enfants pendant un instant, essayant d’apaiser leur peur.

"Je crois que vos enfants et vous êtes en sécurité maintenant. Pourquoi ne les ramenez-vous pas à la maison. Je vais surveiller les environs et regarder si je peux trouver une explication à ce qui vient d’arriver." Superman parla à quelques personnes qui faisaient leurs emplettes et à des gens qui mangeaient dans les environs. Personne n’avait remarqué quoi que ce soit d’anormal.

Un homme se tenait devant une des boutiques, se faisant passer pour un badaud. Il observait Superman à une distance suffisante parler à des gens et chercher des indices. Il sourit en regardant la scène, puis poursuivit son chemin.

Lors de son vol de retour, les images du regard hystérique de la jeune mère et le cri du bébé qui pleurait revenaient toujours à la mémoire de Superman. Les inquiétudes périodiques commençaient à refaire surface, même s’il avait plusieurs fois discuté de ses sentiments avec Lois. Alors que la date de l’accouchement approchait, son angoisse grandissait, toujours plus forte à chaque sauvetage qu’il effectuait.

Il vola très vite vers le Daily Planet, juste à temps pour prendre un café et de se rendre à la salle de conférence où la réunion allait commencer.

"Tout va bien ?" lui demanda Lois, alors qu’il prenait un siège à ses côtés.

"Oui, juste un accident très étrange. Je t’en parlerai plus tard." Il commença à prendre des notes alors que Perry ouvrait la réunion.

Lois tenta de trouver la position la plus confortable qu’elle pouvait sur la chaise de bois dur de la salle de conférence. Clark aurait aimé pouvoir la suspendre dans les airs, si ça pouvait aider à soulager un peu son inconfort.

Ralph était assis face à Lois, l'air agacé. "Mince, Lois, ne peux-tu arrêter de bouger ? Avec tous les mouvements que tu fais, on croirait que tu te prépares à éjecter ce bébé." Tous les yeux se posèrent sur lui suite à ce commentaire déplacé. Clark se leva et jeta à Ralph un regard qui le fit taire immédiatement. Ralph détourna la tête quand Lois lui lança son crayon. Perry intervint. "Hé, hé. On n'est pas au cirque, Ralph, je veux vous voir dans mon bureau après la réunion. Bon, Dianne, je vais vous mettre avec Clark pendant que Lois sera en congé de maternité. Vous allez avoir la chance d’apprendre beaucoup avec lui, pour votre transition vers le journalisme d'investigation. Restez avec Lois pour le reste de la journée, familiarisez-vous avec des articles en cours et les affectations. Faites la même chose avec Clark. Et, John, comment se déroule cette enquête..."

Les paroles de Perry se transformèrent rapidement en bruits d’arrière plan alors que Lois pensait en son for intérieur : 'Merci beaucoup, Perry. Mettre Dianne avec Clark. Quel enthousiasme. Blonde. Belle. Mince.' Lois savait que la relation entre Dianne et son mari serait purement professionnelle. Cependant, en pour sa sérénité d'esprit, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir remplacée par une journaliste plus attirante et avide de connaissances.

La réunion semblait durer des heures. Lois n’avait pas vraiment hâte de passer une partie de l’après-midi avec Dianne pour la familiariser avec ses dossiers. Elle ne se sentait prête à partager cela avec personne, sauf avec Clark.

Le sauvetage qu’il avait fait plus tôt dans la journée revenait constamment à l'esprit de Clark. Ça n’avait aucun de sens. Il n’y avait aucun témoin ayant vu la manière dont le bébé et la poussette avaient pu s’éloigner de la mère et se retrouver dans l’arbre. Il était impatient de partager ses pensées sur cet événement avec Lois.

Après la réunion, Clark discuta brièvement avec Dianne des articles sur lesquels ils allaient travailler plus tard. Alors qu’il se versait une autre tasse de café, il aperçut sa femme revenir des lavabos vers son bureau. Elle paraissait épuisée et semblait faire triste mine en s'asseyant pour continuer la pénible tâche de ranger les dossiers devant elle. Il se dirigea derrière sa chaise et commença à lui masser les épaules. "Chérie, es-tu certaine que tu ne veux pas rentrer à la maison un peu plus tôt pour te reposer ?"

"Non, Clark, je me sentirai beaucoup mieux une fois que tout ça sera terminé et derrière moi quand je prendrai mon congé de maternité."

Clark se pencha vers elle pour lui murmurer à l'oreille : "Alors, où la plus belle femme du monde veut-elle déjeuner aujourd’hui ?"

Fermant ses yeux, elle sourit quand elle sentit ses larges mains tièdes courir le long de son cou. "Hum, tu réussis toujours à secourir juste à temps, plus qu’au sens littéraire du terme."

"Je suis ravi d'obéir au doigt et à l'œil." Et il l’embrassa sur la joue. "Dans environ une heure ? J'aurai terminé les corrections pour Perry d’ici là."

"D’accord, peut-être que j'aurai avancé dans ce bazar, moi aussi."

En sortant du petit restaurant, Lois se rappela de demander ce qui s'était passé pendant le sauvetage effectué par Superman ce matin-là. Clark l’informa de la tournure plutôt bizarre des événements.

"C’est un des sauvetages les plus étranges que j’aie jamais fait. Tu sais, Riverwalk Emporium Park, il y a différents niveaux de promenades et d’aires de jeux parmi les arbres. Un bébé dans une poussette est en quelque sorte passé par-dessus la rambarde, il était hors de portée de sa mère, à la cime d'un arbre. Quand j'ai voulu l’attraper, la poussette a glissé de la branche. Ce bébé serait mort si j’étais arrivé quelques secondes plus tard."

"Clark ! Ce courrier étrange que j’ai reçu ce matin. Penses-tu qu’il y ait un rapport ?"

"Quel courrier ? Je crois que je n'ai pas fait très attention à ce que tu m'as dit. Désolé."

"Quelqu’un m’a envoyé la comptine "Rock-a Bye Baby"par e.mail. Tu sais…Rock-a-Bye Baby, in the treetop. Blah, blah, blah, down will come baby, cradle and all."

"Je dirais que *c’est* un peu plus qu’une simple coïncidence. Ça ne parait pas être un courrier ordinaire. Sais-tu qui l'a envoyé ?"

"Je n’en suis pas certaine. Tu sais, je ne me rappelle pas avoir vu d'adresse d'expéditeur. Je l’ai supprimé, mais je ne crois pas avoir vidé la corbeille depuis 2 ou 3 jours. Allons voir."

Bradley Goose retourna à son laboratoire après avoir planifié ce qu’il allait faire pour la prochaine opération de sauvetage de Superman. Il s’assit devant son ordinateur pour envoyer un autre message à Lois Lane. Il n’entendit pas les pas feutrés de Lex Luthor qui s’approchaient de lui.

"Bonjour, Bradley."

Bradley sursauta quand il entendit son visiteur, envoyant voler accidentellement un tube à essai et son contenu.

"Vous êtes un peu nerveux aujourd’hui, Bradley?"

"Hum, non, monsieur Luthor. Je, hum, je vais bien. J’essayais simplement de trouver des informations sur Internet." Il envoya rapidement le message et ferma la fenêtre.

"J’ai étudié votre dernière théorie sur l’extension de la durée de vie de nos expériences de clonage. Je dois vous avouer que je suis impressionné."

"Hum, merci, monsieur Luthor. Je crois que nous nous rapprochons d’une découverte qui va faire avancer les recherches sur la durée de vie de nos clones au-delà de nos espérances. Maintenant, si ça ne vous dérange pas, monsieur, j’ai besoin de prendre le reste de la journée. J’ai un rendez-vous personnel auquel je dois assister." Avant même d’attendre une réponse de Luthor, Bradley rassembla nerveusement ses affaires et sortit à toute vitesse.

Lex attendit que Bradley quitte la pièce, accéda au dossier des 'messages envoyés' et lu les deux comptines envoyées à Lois Lane. Il jeta curieusement un œil vers la porte, faisant le lien entre le comportement nerveux de Bradley, les courriers et Lois. Il composa un numéro sur son téléphone cellulaire pour donner à l'un de ses sbires l'ordre de suivre Bradley et de le rappeler pour l'informer de ses déplacements.

L'homme de main de Lex Luthor suivit Goose jusqu’à une petite garderie située dans le centre de Métropolis. Il observa Goose mettre une casquette, coincer un bloc-notes sous son bras et glisser une petite boîte noire dans la poche de son manteau. L’homme qui l’observait commençait à composer le numéro de Lex, mais il décida d’attendre pour voir ce qui allait suivre.

Bradley Goose entra dans le bureau de la garderie. "Excusez-moi, je suis Rex Smith, de la Commission de la Santé du Comté. D'ordinaire, nous arrivons sans nous annoncer pour nos inspections trimestrielles, simplement pour garder tout le monde sur le qui-vive. Pouvons-nous commencer ?"

Goose resta calme, notant les endroits où il pouvait cacher l'engin. La directrice le fit passer dans toutes les salles sans hésitation car qu’elle savait que son centre était conforme à toutes les lois de la ville. La dernière pièce qu’il demanda à inspecter fut la cuisine.

La directrice lui parlait en lui faisant visiter l’endroit. "J’ai bien peur que la pièce soit un peu encombrée pour le moment, nous préparons les repas et nous devons nous relayer pour que tout le monde puisse manger dans une demi-heure." Elle jeta un œil à Goose, tandis qu’il faisait le tour de la cuisine, faisant mine d’inspecter le compteur électrique, les connections du four et d’autres bricoles. Le bruit de la porte d'entrée l'informa de l’arrivée d’un autre visiteur. La directrice s’excusa. "Excusez-moi, je dois aller voir qui vient d’arriver."

"Allez-y, madame, j’ai presque fini." Quand la directrice quitta la pièce, Goose sortit l’appareil de sa poche, mit la minuterie et le glissa au fond de la corbeille qui se trouvait à côté du poêle. Puis il quitta la garderie, faisant un dernier commentaire à la directrice, qui s’apprêtait à faire visiter les lieux à un parent.

"J’ai terminé, madame, vous allez recevoir un rapport écrit du comté d’ici deux semaines. Bonne journée."

L'homme de main regarda Bradley quitter rapidement le bâtiment, sauter dans sa voiture et partir avant que quelqu’un ne soupçonne quelque chose. Il prit le téléphone et fit un rapport à Lex sur ce qu’il venait de découvrir.

Revenant à la salle de rédaction après le déjeuner, Lois et Clark jetèrent un œil au courrier de Lois. "C’est étrange. Il n’y a rien dans la corbeille. Je sais que je ne l’ai pas vidée depuis des jours." Soudain, un petit bruit se fit entendre. Sur l’écran, il y avait un message : 'Vous avez de nouveaux messages'. Lois cliqua sur l’icône et ils lurent ensemble le nouveau message, à voix haute.


Coccinelle, coccinelle,
Vole vite chez toi
Ta maison est en feu
Et tes enfants vont brûler;
Tous sauf un
Et c'est la petite Ann
Et elle s'est glissée sous le poêle.


"Oh non, Clark, ça devient vraiment étrange."

"Sans blague." Clark regarda soudain au-dessus de lui et cramponna instinctivement sa cravate.

"Qu’est-ce que tu entends ?" demanda tout bas Lois.

"Un appel radio au sujet d’un feu dans une garderie." Lois regarda Clark avec stupeur quand il lui répondit. Est-ce que c’était juste une coïncidence ou y avait-il un lien ?

"Lois, promets-moi que tu vas rester ici. Si jamais tu reçois d’autres messages de ce genre, appelle-moi, d’accord ?" Lois acquiesça et posa tendrement sa main sur sa joue. Habituellement, quand Clark lui demandait spécifiquement de ne *pas* aller quelque part, sa première réaction serait de faire exactement le contraire. Aujourd’hui, elle n’avait simplement pas le goût de l’aventure. Elle avait trop chaud, elle était trop grosse et simplement trop fatiguée pour faire quoi que ce soit *à part* rester là où elle était. Elle se rendit une fois encore aux lavabos. Quand elle revint à son bureau, elle s’assit et étudia le message qui était encore à l’écran. La seule chose à laquelle elle pensait était à ces enfants en danger dans un bâtiment en feu. Elle espérait que Superman allait parvenir à tous les secourir à temps. Un fax brandi devant elle, la ramena sur terre.

"Fax pour vous, mademoiselle Lane." Lois laissa échapper un profond soupir. Était-ce le bébé qui faisait pression sur son diaphragme ou bien était-elle si perdue dans ses pensées qu’elle avait oublié de respirer ? Elle jeta un coup d’œil furtif à un visage qu'elle ne connaissait pas, celui de l’homme qui lui tendait le fax.

"Oh, hum, merci." L’expression de son regard l’énervait un peu, mais elle ne savait pas pourquoi. 'Il doit être nouveau. Il fait peur,' pensa-t-elle et elle continua son travail alors qu’il s’éloignait.

Encore une fois, Superman vola au-dessus de la ville, juste devant les véhicules d’urgence, écoutant les appels au secours et cherchant de la fumée à l’horizon.

L’alarme de la garderie Happy House sonnait et une fumée épaisse et noire s’échappait de la fenêtre de la cuisine. Les enseignants et les membres du personnel faisaient frénétiquement le compte de leurs groupes d’enfants, alors qu’ils les rassemblaient dans l’aire de jeux et dans le parking. Superman atterrit, éteignit le feu, aspira la fumée pour dégager rapidement le bâtiment puis l’expira dans l’atmosphère.

Un instituteur cherchait désespérément un enfant dans les groupes qui s’étaient formés. "Martha Anne ?! Où est Martha Anne ?! Est-ce que quelqu’un a vu Martha Anne ??!!"

"Il y a quelqu’un qui manque à l’appel ?" demanda Superman au professeur inquiet.

"Martha Anne. Elle était en ligne avec nous lors de notre sortie, mais maintenant, je ne la vois plus. S’il vous plaît, Superman, vous devez la trouver !"

Dans une des salles de classe, Superman découvrit la fillette en larmes. Recroquevillée dans un coin avec sa couverture, sous une boîte déguisements, elle semblait paralysée par la peur et le brouhaha occasionnés par l’alarme.

"Tu es Martha Anne?" demanda Superman à la petite fille qui le regardait les yeux remplis de larmes. Toussant et pleurant, elle acquiesça.

"Je suis Superman, je vais te conduire dehors auprès de ton instituteur, d’accord ?" La petite fille acquiesça. L’entourant de sa cape, il la tint tout contre lui alors qu’ils s'envolaient lentement vers l’extérieur, où il la remit à son professeur soulagé.

"Le compte y est ? Je n’ai vu personne d’autre à l’intérieur."

"Oui, oh oui, merci, Superman, je ne sais pas comment vous remercier."

Superman écouta la conversation que la directrice avait avec le chef des sapeurs pompiers. "Nous venions tout juste de manger et on se préparait à lire une histoire quand le détecteur de fumée s’est déclenché. Je suis allée à la cuisine et j’ai vu de la fumée qui venait d’une poubelle, juste à côté du four. Je ne comprends pas. Il est interdit de fumer et j’ai été la dernière à nettoyer la cuisine. La serviette qui était au-dessus a dû prendre feu. En l’espace de quelques minutes, la cuisine entière était en flammes."

Superman félicita la directrice de sa réaction. "Je suis heureux que vous ayez réagi si rapidement, en sortant les enfants dans la cour."

"Vous savez, vingt minutes plus tard, c'était l'heure de la sieste. Merci encore, Superman. Vous êtes arrivé juste à temps."

'Juste à temps, juste à temps...' "Aaahh, je ne peux pas oublier ces mots!" s’exclama Superman dans l’atmosphère, en revenant au Planet. La phrase lui revenait toujours en tête. Qu’arriverait-il s’il n’arrivait pas à temps quand son propre enfant aurait besoin de lui ? Qu’arriverait-il s’il était en train de sauver quelqu’un d’autre ailleurs ?

Alors que Clark entrait dans la salle de rédaction, il remarqua que Jimmy et Perry se tenaient près du bureau de Lois. Le trio attendait intensément qu’un nouveau message apparaisse.

Réajustant sa cravate, il se dirigea vers le bureau de Lois. "Quoi de neuf ?"

Perry leva la tête, content de voir revenir la seconde moitié de son équipe vedette. "Clark, enfin vous voilà. Avez-vous eu la chance de parler à Superman du bébé coincé dans l’arbre ?"

"Oui, Perry. Et j’ai aussi appris qu’il venait juste d’éteindre un feu dans une garderie. Je lui ai dit, il y a quelques instants, que Lois avait reçu un deuxième courrier anonyme avec une comptine. Vous savez celle qui dit Coccinelle, Coccinelle, vole vite chez toi, ta maison est en feu".

Lois lui lança un regard inquiet. "Est-ce que des enfants -- est-ce que Superman les a tous sauvés ?"

"Ils vont tous bien. Il a dû aller récupérer une fillette qui se cachait dans le coin d’une des classes. Avec toute l’agitation, elle a dû courir à l’intérieur du bâtiment sans que personne ne la remarque. J’ai dit à Superman que tu avais reçu un second courrier qui pourrait être lié au sauvetage du bébé dans l’arbre et que nous allions voir ce que nous pouvons trouver."

"Eh bien, jusqu’à maintenant, nous n’avons reçu que ces deux-là. Mais, pour ma part, c’est deux de trop." Lois laissa tomber l’idée d’en recevoir un autre et commença à travailler sur un autre dossier.

"Peut-être que c’est seulement le hasard," commenta Perry, en se dirigeant vers son bureau.

Clark regarda Lois et Jimmy. "Peut-être, mais j'en doute. Jimmy, il n’y a pas d’adresse d'expéditeur sur ces deux messages. Est-ce que c’est difficile de les trouver ?"

"C’est assez laborieux, CK."

"Eh bien, on dirait qu'il ne se passe rien au pays tordu des Contes de Fées pour le moment," grommela Lois. Nettoyant son écran avec un spray et un essuie-tout, elle essuya les empreintes digitales que ses collègues de travail avaient laissées sur l'ordinateur. Elle se leva et s’étira, retenant le côté de son ventre alors que le bébé bougeait vers la gauche.

"Est-ce que tout va bien, chérie ?" demanda Clark, en voyant sa femme grimacer.

"Clark, c’est juste un petit exercice pour réaligner ma cage thoracique. Je vais bien. Je m’étire beaucoup et j’ai mal partout. Ne sois pas si inquiet à chaque soupir ou moue que je fais, d’accord ?" Elle était un peu fatiguée et s'irritait des questions constantes que posait son mari pour savoir si elle allait bien ou non.

Jimmy détourna le regard, peu surpris du commentaire tranchant de Lois à son mari et décida de se retirer très vite dans la chambre noire.

Lois observa l'expression de son mari, qui la fit immédiatement se raviser. "Je suis désolée, Clark. Je ne voulais pas te brusquer. Je sais que tu es inquiet à chaque mouvement que je fais ou encore à la moindre douleur que je peux ressentir, mais je te le dis, *vraiment*, je vais bien. Tu me pardonnes ?"

"Excuses acceptées." Il s’avança plus près de son bureau pour lui donner des détails sur le sauvetage, en ayant l’impression que cet article pourrait être publié dans le journal du lendemain. "Lois, ces deux sauvetages mettaient en cause des enfants innocents. Le bébé dans l’arbre et l’incendie, aucun des deux n’a eu d’avertissement avant que ça n’arrive."

"Les enfants n’en ont pas eu, mais *nous*, oui !"

"C’est comme si quelqu’un essayait de compromettre la sécurité des enfants, ce sont des cibles faciles pour les sauvetages de Superman."

"Ecoute-moi, Clark, peut-être que *c'est* un bon article à écrire avec Dianne."

Clark répondit à son commentaire avec un regard inquisiteur, à sa manière de se démener pour mener à bien une histoire. "Attends, il y a une seconde, je parlais à la meilleure journaliste d'investigation du Planet, Lois Lane. Je sais qu’elle était ici il y a une minute. Tu la connais, Mad Dog Lane, qui n’abandonne jamais une piste pour ses histoires, qui est toujours à l’affût du prochain prix Kerth."

"Je sais, je sais. Mais Dianne doit commencer quelque part. Et en supposant que ce bébé arrive *avant* la fin de ce siècle, l'article ne pourra pas attendre mon retour de congé de maternité."

"Tu en es sûre ? Il est déjà 2 heures. Perry m’en voudra si je ne lui remets pas à temps l'article sur le scandale du marché noir du poisson pour l’édition de demain."

"J’ai déjà pris soin de ça pour toi."

Clark se glissa derrière elle et commença à lui masser les épaules. "Tu veux savoir quelque chose ? Tu es la meilleure, mon petit ouragan."

Elle ricana en approuvant. "Mmmm, c’est merveilleux." Elle pencha la tête en arrière et ébouriffa ses cheveux dans le visage de Clark.

La douce odeur de concombre qu’elle portait encouragea Clark à lui déposer un baiser dans le cou. "Tu sais, quand nous rentrerons ce soir à la maison, je vais te faire un massage complet. Tu sais, pour faire connaître au bébé les gestes tendres de son père."

"Ça m'a l'air formi…"

"Hé, hé ! Faites au moins semblant de travaillez ?" cria Perry, en sortant de son bureau. "Vous pensez que vous allez pouvoir tout finir pour 3 heures, en agissant comme deux perroquets Amazonien morts d'amour ?"

"Non, Chef," répondirent automatiquement les deux jeunes gens.

Un bruit discret provenant de l’ordinateur annonça l’arrivée d’un nouveau courrier.

"Oh, mince, voyons ce que dit celui-là," dit Perry. Le trio attendit avec impatience que le message se télécharge. Avec un soupir de soulagement, Clark annonça. "C’est simplement une mise à jour du département des Ressources Humaines sur le pique-nique de la fin du mois." Avec un soupir de soulagement, tout le monde retourna à son bureau.

Bradley arrêta la corbeille du courrier et déposa des boîtes sur le bureau de Lois. Quand elle les remarqua, il était déjà loin. "Hé, attendez ! Je n’ai pas commandé ça !" Alors qu’elle réalisait que l’homme poursuivait sa route sans se retourner, Lois murmura. "Super, d’autres trucs que je vais devoir balancer."

Dans un coin sombre et peu fréquentable de Hobbs Bay, une jeune prostituée se tenait dans l’embrasure d’une porte, essayant de trouver un client lui permettant d’avoir sa prochaine dose de drogue.

Bradley Goose se promenait dans une Sedan, quatre portes. Remarquant la jeune femme qui cherchait son prochain client, il se gara de l’autre côté de la rue et observa la scène.

Une autre voiture s’approcha et s’arrêta à côté d'elle.

"Hé, monsieur, vous voulez passer du bon temps ? Vingt dollars ?"

Alors que le client éventuel ouvrait la porte de sa voiture pour la faire monter, ses enfants sortirent en criant de l’entrée et la rejoignirent, tirant sur sa jupe courte en pleurant pour avoir quelque chose à manger.

"Maman, maman, n’y va pas, on a faim." Les trois jeunes enfants priaient leur mère de ne pas les quitter encore. Elle ignora les pleurs et les prières des enfants, préférant satisfaire son client que toute autre chose. Les cris et les pleurs ses enfants troublèrent l’homme et il décida que tout cela n’en valait pas la peine, peu importe le prix modique qu’elle lui demandait. Il la poussa hors de la voiture et s’en alla en accélérant.

Goose sourit en voyant la scène de l’autre côté de la rue. Il sortit son ordinateur portable et envoya un autre courrier à Lois Lane au Daily Planet. Sachant qu'il allait toucher sa corde sensible, il espérait qu’elle remette ce message à Superman. Il pourrait observer les réactions de Superman qui irait sortir les enfants du pétrin.

"Clark, il y a un autre message qui arrive." Lois espérait qu'il ne vienne pas de son personnage mystérieux.



Il y avait une jeune femme qui voulait du crack
A ses enfants elle voulait donner des claques
Elle avait besoin de drogue, mais ils l’empêchèrent d'en obtenir
Alors elle décida de les punir !


Clark lut le message et quitta la salle de rédaction avant que Lois n’ait terminé de le lire. Superman vola vers un quartier connu pour ses maisons de crack. Volant au-dessus du quartier en état de décrépitude, il trouva la mère en manque qui maudissait ses enfants, là, sur le trottoir. Elle avait la main levée et menaçait de frapper son gamin. Superman atterrit entre la mère violente et ses enfants innocents figés par la peur.

"Arrêtez de frapper vos enfants !"

"De quoi vous mêlez-vous ?! Laissez-nous tranquilles !" En hurlant, elle prit ses enfants par le bras et les traîna à l’intérieur de l’appartement.

Clark fut attristé de voir la terreur dans leurs yeux. Comment une mère pouvait-elle trahir ses propres enfants ? Superman entra dans l’appartement et prit le plus jeune qui saignait du nez. Les deux autres enfants s’accrochèrent à la jambe et à la cape de Superman, se cachant derrière lui pour échapper à leur mère enragée.

"Vous avez besoin d’aide et ces enfants doivent être placés dans un foyer où ils seront aimés et soignés convenablement."

"Je leur donne tout ce dont ils ont besoin. Je n’ai besoin de l’aide de personne. Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’un remontrant !" cria-t-elle en prenant une barre de fer qu'elle lui jeta dessus.

Superman attrapa la barre de fer de sa main libre. Déposant la petite fille à terre avec ses frère et sœur, il arracha la corde de la barre de fer et attacha la mère les mains dans le dos. Après avoir appelé la police, il emmena les pauvres enfants à l’extérieur pour éviter une confrontation, bloquant du même coup la mère déséquilibrée afin qu’elle ne s’échappe pas.

Clark regarda de l’autre côté de la rue et vit la voiture de Bradley s’en aller. La police arriva au moment où Superman quittait les lieux et il décida d’intercepter la voiture, environ un pâté de maison plus loin.

"Monsieur, excusez-moi. J’ai remarqué que votre voiture était garée de l’autre côté de la rue pendant l’incident. Connaissez-vous l’identité de la femme qui vient d’être arrêtée ?"

"Non, Superman." Bradley ne savait que répondre, il essayait de trouver une excuse valable. "Je… hum, ne faisais que passer. Je ne sais pas, ma femme et moi, c'est à dire, ne sommes plus vraiment… ensemble... vous voyez. Je n’ai jamais été avec une prostituée, à dire vrai. Quand la police est arrivée, j’ai paniqué... Je dois, je dois rentrer chez moi. Ça n’arrivera plus."

Superman était déçu qu’un homme marié puisse avoir recours à la prostitution plutôt que de demander de l'aide, mais l’homme n’avait commis aucun crime et il n’avait aucune raison de le suspecter ou de l’accuser de quoi que ce soit. Superman avait l’impression que le type avait vraiment fait une erreur et il lui tapota l’épaule. "Peut-être que votre femme et vous devriez vous faire aider."

"Je vous remercie Superman, je vais le faire." Bradley s’éloigna espérant que Superman n’avait pas vu l’ordinateur portable gros comme une main, caché sous son siège.

Lois raccrocha le téléphone après sa conversation avec son mari. "Perry, Clark vient d’appeler. Il dit que Superman a sauvé des enfants maltraités qui vivent dans une maison de crack avec leur mère droguée. Il est pour l'instant au commissariat, il discute avec une assistante sociale de mettre les enfants dans un même foyer d’accueil." Elle s'interrompit et soupira. "Vous savez, ça me rend malade de savoir que des personnes désaxées peuvent avoir des enfants alors que des gens plein d’amour ne peuvent pas en avoir." Reportant son attention sur l'article de Clark, elle termina le peu de réécriture qu’elle devait faire et appuya sur la touche 'envoyer'. "La correction de l’article sur le scandale du poisson va arriver chez vous, Chef."

Perry se dirigea vers son bureau. "Vous savez, parfois, j’ai l’impression que mes enfants auraient pu grandir en s'épanouissant davantage s’ils avaient été en foyer d’accueil, en tout cas, en ce qui me concerne, j’étais toujours au travail et je ne passais pas assez de temps avec eux à la maison."

"Chef, vous avez été un père merveilleux. Vos enfants savaient qu’ils pouvaient compter sur vous."

"Eh bien, peut-être, je ne sais pas. Maintenant, que se passe-t-il avec cette histoire de… de… comptine qui arrive sur votre ordinateur ?"

"Ce truc de courrier devient vraiment bizarre. Au début, je croyais que c’était une farce. Mais maintenant, ça me parait trop simple pour être juste une coïncidence. Superman a fait trois sauvetages paraissant liés aux courriers que j’ai reçus. Jimmy a essayé de savoir de qui pouvait venir ces messages."

"Lois, si quelqu’un peut résoudre cette affaire, c’est bien vous." Perry posa sa main sur son épaule. "Vous allez me manquer, vous savez."

"Hé, Chef, ce n’est pas comme si je partais pour toujours. Prenez ça comme de longues vacances que je n’ai jamais prises." Perry s’esclaffa et se retira dans son bureau.

Lois se tourna pour trouver les personnes dont elle avait besoin. "Jimmy, Dianne, nous devons trouver qui est derrière tout ça et vite. Superman a dit qu’il a fait aujourd’hui trois sauvetages impliquant des enfants. Et c’est le troisième message de ce farceur." Lois se remémora toutes les blagues jouées par le Farceur, à elle, à Clark et au reste de Métropolis. "Jimmy ! Crois-tu que le Farceur se soit encore échappé ? As-tu réussi à trouver quelque chose à propos de ces courriers, d’où ils viennent ?"

"J’ai vérifié auprès de George, le technicien de notre serveur, Métropolis.com. Ça vient d’une personne inscrite sur notre serveur, mais c’est tout ce qu’il a pu dire pour le moment. Il n’y a pas de traces à l’extérieur du système. Pour ce qui est du Farceur, à ma connaissance, il est encore en prison pour une vingtaine d’années."

Clark réapparut environ une demi-heure plus tard. Il donna à Dianne les détails de la conversation de Superman avec le commissariat de police de Métropolis.

Lois parla à Clark de son inquiétude à propos du Farceur, relatant la conversation qu’elle avait eue avec Jimmy. "Clark, crois-tu que le Farceur puisse être impliqué de quelque manière que ce soit ?"

"Cette idée m’a traversé l’esprit, mais je ne crois pas que ce soit son genre. Je crois qu’il y a un autre mobile derrière tout ça, autre chose qu’une farce démentielle."

Clark, Dianne et Jimmy continuèrent à vérifier les suspects possibles qui auraient pu provoquer les accidents impliquant l’apparition de Superman. Lois continua son travail sur les montagnes de papiers qui l’entouraient. Le travail touchait à sa fin quand elle put enfin apercevoir de bois du bureau sous la pile de dossiers.

Le double pastrami gruyère qu’elle avait eu au déjeuner lui donnait soudain soif. 'Une fontaine d'eau avec beaucoup de glace serait vraiment meilleure qu’une boisson en boîte. Mais si je vais me chercher une boisson *tout de suite*, ça veut dire que je vais devoir doubler mes allées et venues aux toilettes cet après-midi. Mince, d’une manière ou de l’autre, je suis perdante.' Elle soupira, se leva et se dirigea vers le bureau de Clark qui travaillait avec Dianne. Elle posa ses mains sur les épaules musclées de son mari, les massant légèrement. Une partie d’elle voulait être certaine de tenir Dianne à sa place.

"Je descends boire quelque chose au restaurant du journal. Vous voulez quelque chose, vous deux ?" demanda Lois.

"Pourquoi n’utilises-tu pas le distributeur ? Tu n’as pas besoin l'aller si loin," dit Clark, en jetant son beau sourire à sa femme. Tous les doutes de Lois sur Clark travaillant avec Dianne s’évanouirent dans un nuage de fumée.

"Non, j’ai besoin de me lever et de marcher, de toute manière, je veux boire un truc avec beaucoup de glace. Qu’est-ce que je peux vous rapporter ? Dernier appel !"

"Rien pour moi, merci." Clark se tourna vers Dianne. "Voulez-vous quelque chose à boire ?"

"Oui, merci Lois, un jus de raisin sera très bien."

"Humm, je n’en ai pas bu depuis longtemps, je crois que ce sera donc deux. Je serai de retour dans quelques minutes, alors écoutez attentivement mon ordinateur au cas où j’aurais de nouveaux messages, d’accord ?"

"D’accord," dit Clark, reportant son attention sur l’écran et se coupant des bruits familiers de la salle de rédaction.

Bradley Goose se tenait avec les autres journalistes près du photocopieur. Écoutant la conversation que Lois avait eue avec Clark et Dianne, il décida de la suivre et il retourna dans le hall au rez-de-chaussée par l'escalier de secours.

Prenant l’ascenseur pour descendre chercher une boisson au restaurant du journal, Lois entra et découvrit que la grille métallique de la salle de restaurant était tirée, bloquant l'accès au distributeur de boissons et de glace. Le panneau disait : "Ouverture à 18h."

"Quoi !? Les gens ne sont pas censés avoir soif à 16 heures ? Super. On dirait que je vais être obligée de prendre une boîte. Mais il n’y a pas de jus de raisin dans la salle de rédaction, il y en a peut-être dans la machine de l’imprimerie." Quelques personnes déambulaient, posant leurs regards sur cette femme entretenant une conversation privée avec la grille métallique, qui se trouvait entre elle et son soda glacé. Lois les remarqua soudain et répliqua : "Vous n’avez jamais vu de femme enceinte se parler?" Les employés choisirent de ne pas répondre et poursuivirent leur chemin. Bradley, qui se tenait dans un coin, entendit la réflexion de Lois et vit là l'opportunité d'orchestrer un autre sauvetage. Il sourit nerveusement en tirant son ordinateur portable pour composer une autre comptine.

Lois prit l’ascenseur de service tout près d’elle pour éviter d’avoir à descendre deux autres étages. Elle passa devant la réserve jusqu’au distributeur situé à l’opposé de la pièce. Des rouleaux de papier journal géants, pesant près d’une tonne chacun, étaient entreposés au-dessus de sa tête comme l'immense forêt d’où ils provenaient.

La pièce fourmillait d'employés dans le bruit lent et monotone des moteurs qui tournaient. Les conducteurs de petits engins se frayaient un chemin à travers les rangées de rouleaux. Les grands bras circulaires des remorques motorisées attrapaient les rouleaux d’une tonne et les transportaient du haut des piles dans la salle de découpe. Là, les rouleaux seraient posés en rang sur le sol, attendant d’être chargés dans le fond des presses géantes, pour le prochain tirage. On entendait par moments des bruits d'avertisseurs tandis que les chauffeurs allaient et venaient entre les rangées de rouleaux.

Lois faisait attention de ne pas se trouver sur le chemin de l’un d’entre eux. Il lui arrivait parfois de parler avec certains des hommes travaillant dans cette salle car c'était aussi un raccourci pour se rendre au garage. Quelques-uns lui firent poliment un petit signe en s’approchant d’elle.

"Comment va le bébé aujourd’hui, Mme Lane?"

"Oh, très bien, James, ça ne sera plus très long."

"Eh bien, faites attention en vous promenant ici, d’accord ?"

"Bien sûr, merci."

Elle se rendit de l’autre côté de la salle. "Oui ! Jus de raisin de luxe, en stock !"

Sortant les deux boîtes du distributeur, elle les ouvrit et porta la boisson fraîche et pétillante à sa bouche. Elle revint sur ses pas en lisant l’étiquette nutritionnelle de la boîte. Pendant qu’elle s’attardait sur des détails insignifiants comme les calories et la teneur en sodium, elle manqua accidentellement le tournant qui la menait à l’ascenseur.

Bradley, en bleu de travail, se glissa dans les vestiaires, sauta sur une remorque vide et se prépara à suivre Lois.

Lois entendit un murmure derrière elle et soudain le bruit de l'alarme de sécurité. Le son la fit sursauter et elle renversa le jus de raisins sur son chemisier blanc. Elle se retourna pour trouver le coupable et elle fut momentanément aveuglée par les lumières brillantes d’une remorque venant dans sa direction.

Se retournant pour se mettre à courir, elle se trouva dans un cul-de-sac. Les rouleaux étaient trop près les uns des autres pour lui permettre de trouver une sortie de secours. Alors que la remorque s’approchait de plus en plus, les bras circulaires s’ouvrirent au-dessus d’elle, prêts à accueillir un nouveau rouleau de papier entre leurs griffes.

Lois, ne pouvant pas voir qui conduisait la machine, essaya de sauter très vite sur le côté, mais son poids la trahit, lui faisant perdre l'équilibre et elle tomba à genoux. Elle vociféra à la douleur vive et intense qui lui traversa le corps.

Bradley posa un poids sur l’accélérateur et disparut avant que Lois ne puisse le voir, envoyant la machine foncer vers elle. Regardant devant elle, elle vit le bras de la remorque s’abattre sur elle.

Alors qu’elle roulait à demie sur le côté, elle sentit le bras de métal froid lui effleurer le bras. La remorque continua sa course et alla frapper les rouleaux de papier, les déséquilibrant au-dessus d’elle. Remarquant que la cabine du conducteur était maintenant vide, elle se recroquevilla. Couvrant son ventre de sa tête et de ses bras, Lois fit une prière en espérant que les règles du code fédéral sur la sécurité au travail allaient la protéger, ainsi que son enfant, des rouleaux massifs de papier de presse qui venaient s’écrouler autour d’elle.

Clark travaillait à son bureau, il aidait Dianne à rédiger l'article quand ils entendirent le bruit discret d’un nouveau message sur l’ordinateur. Cette fois, c’était sur le sien, pas celui de Lois et il téléchargea le message.



Humpty Dumpty marchait entre les rangées.
Humpty Dumpty vit les piles tomber.
Ni les Superman ni les maris,
Ne purent secourir Humpty Dumpty.



"Bon sang, qu’est-ce que c’est que ça !?" s’exclama Clark en lisant le vers.

"Qu'est-ce que c’est, Clark?" demanda Dianne, levant les yeux de ses notes.

Soudain, la super oreille de Clark lui fit percevoir un cri et le bruit de chute de rouleaux de papier. Il jeta un œil en direction du bureau de Lois et vit qu’elle n’était pas revenue.

"Excusez-moi, Dianne. Je vais aller voir ce que fait Lois." Il partit à toute vitesse.

Clark emprunta l'escalier qui menait à l’entrepôt. Se transformant en un éclair rouge et bleu, il vola jusque dans la salle et se laissa flotter au-dessus des rouleaux éparpillés pour accéder au lieu de l’accident. Des piles de papier tombaient par terre comme des dominos géants. Tout le monde courait pour trouver un endroit pour se protéger afin d'éviter d’être broyé. Clark entendait la plainte continue d’un moteur de remorque.

"Il y a quelqu’un ici ?" cria Superman. James, qui se tenait hors de danger contre le mur, répondit à Superman.

"Superman. Mme Lane est venue pour chercher quelque chose à boire. Je ne sais pas si elle a pu sortir ou non." Il indiqua la direction où il l’avait aperçu pour la dernière fois.

"Lois ?!" Il commença à balayer l’espace de sa vision à rayons X quand il entendit un petit appel étouffé. "Clark !"

Il balaya les piles de papier et trouva Lois recroquevillée dans la cabine d’une remorque, les rouleaux de papier étaient en équilibre instable au-dessus d’elle.

"Lois ! C’est Superman. Écoutez-moi. NE BOUGEZ PAS ET NE TOUCHEZ À RIEN ! Attendez que j'aie tout déplacé pour ne pas provoquer d’avalanche !"

"D’accord, Superman."

Clark reconnaissait la panique dans sa voix, même si elle essayait d’être brave. Très vite, Superman replaça les rouleaux à leur place.

Lois sentit ses bras forts et protecteurs la sortir avec précaution de la cabine. "Doucement, je suis un peu tendue," dit-elle doucement. Ils se tenaient près l’un de l’autre, ses bras la supportant alors qu’elle reprenait son souffle.

"Lois, comment ? Laisse tomber, je ne veux même pas le savoir."

"Quoi ?! Tout ce que j’ai fait, c’est d’aller au distributeur. La chose suivante que j'ai vue, c’est que ce truc m’avait coincé devant les rouleaux. Ce n’était *pas* ma faute."

Sa brève colère devant le fait qu’elle semblait toujours se trouver dans des situations périlleuses, se transforma très vite en inquiétude pour elle et la sécurité du bébé en la regardait se frotter le ventre encore et encore. "Tu vas bien ? Laisse-moi t’amener chez le médecin."

"Clark, je vais bien, laisse-moi une minute," murmura-t-elle en le regardant, ne dévoilant pas sa véritable identité. Elle sentit le bébé rouler de l’autre côté et s’étirer. Clark sentit lui aussi son mouvement contre lui. Ils se regardèrent aussitôt et laissèrent échapper un soupir de soulagement.

James et certains des autres employés préposés au transport du papier venaient dans leur direction voir si Lois allait bien. Clark desserra son étreinte afin que personne n’ait de soupçons sur leur relation.

"Mme Lane, vous allez bien ?"

Lois acquiesça d'un petit signe de tête à la question de James tandis que Superman la prenait gentiment dans ses bras pour l'amener vers l’ascenseur. "Je vais très bien, je vous le jure. Et je crois que ce type..." elle tapota le bras de Superman, "est trop protecteur."

Superman sourit poliment devant les autres, alors qu’il volait lentement vers l'intimité de l’ascenseur de service. Voler sur une si petite distance était un peu inconfortable pour Lois. Il poursuivit sa conversation privée avec elle quand ils furent hors d'écoute des autres employés au moment où les portes de l’ascenseur commencèrent à se fermer.

"Je sais que ce n’était pas de ta faute, mais je ne crois pas non plus que ce soit un accident. Je viens juste de recevoir un message très étrange." Tandis qu’elle se redressait, ils se regardèrent intensément. Sans un mot, l’impact de l’accident qui avait presque réussi leur parut très clair. Superman embrassa sa femme, posant sa tête sur ses cheveux. Il lui chuchota à l'oreille : "J'ai si peur pour toi et lui."

"Ou elle et de toute manière, tu ne peux pas être partout à la fois." Clark s’arrêta à sa dernière phrase. Lois passa ses bras autour de son cou et posa un baiser sur sa joue, puis posa sa tête sur son épaule.

Les observant à distance suffisante derrière le container, Bradley réagit avec plaisir au regard angoissé de Superman pendant le sauvetage. Il disparut rapidement du bâtiment par une sortie de secours pour préparer sa prochaine étape. Sans être remarqué par Bradley ou Superman, l'homme de main de Lex, qui avait aussi observé l’accident, appela Lex sur son portable après que Bradley eut quitté la pièce.

"Vos spéculations étaient exactes ! Bradley a essayé de tuer Lois Lane, puis s’est caché et a regardé Superman la sauver. Il semble avoir pris une étrange forme de plaisir à regarder les réactions de Superman de voir Lois en danger."

"Je ne sais pas ce qu’il prépare, mais je veux que vous continuiez à le suivre," répondit Lex avant de raccrocher. L'homme de main continua suivant les ordres qui lui avaient été donnés.

Superman escorta Lois à son bureau. Perry sortit comme une tornade de son bureau pour savoir pourquoi ses deux meilleurs journalistes avaient soudain disparu de sa salle de rédaction. "Lois, ma chérie, comment allez-vous ? Superman, que diable est-il arrivé ? Dianne a dit que Clark était parti comme s’il y avait le feu!"

"Tout va bien, Perry, c’est juste quelques rouleaux de..." Sa voix se fit plus lente et progressivement moins forte à chaque mot qu’elle prononçait. "papier de l'imprimerie... qui ont failli me tomber dessus... et m’écraser."

"Nom d’un chien !! Où est Clark?"

Lois leva les yeux vers Superman, lui jetant un regard du style 'Je suis à court, à toi de jouer'. Superman s’adressa à Perry. "Il est, hum, en bas et parle avec les hommes qui étaient là quand c’est arrivé, il vérifie leurs appareils, il mène son enquête pour voir s’il y a des témoins. Je suis certain qu’il va revenir très bientôt." Il jeta soudain un œil en direction de la grande fenêtre de la salle de rédaction, vers la ligne d’horizon de Métropolis. "Je suis désolé, je dois y aller. J’entends l'alarme d'une banque. Lois, prenez soin de vous et du bébé, d’accord ?" Lois lui sourit, sachant que son véritable plan était de faire un rapide échange d’identité et dans un éclair bleu, il disparut.

Perry reporta son attention sur Lois. "Et avez-vous reçu un autre de ces messages anonymes ?"

Dianne répondit, "Hum, Clark en a reçu un, Chef, cette fois sur *son* ordinateur."

Lois et Perry se dirigèrent vers Dianne pour lire ce qu’il y avait sur l’écran de Clark. "Oh, mon Dieu," dit lentement Lois. Se sentant entraînée vers l’arrière, elle s’accrocha au bras de Perry pour un peu de support.

"Lois, vous venez dans mon bureau tout de suite et vous allez vous reposer sur le sofa ou je vous envoie directement à l’hôpital." Perry la tira par le bras vers son bureau comme un enfant de cinq ans.

"Je vous le dis, Chef, je suis trop énervée pour m’allonger. Je vais bien."

"Lois, vous allez vous allonger, tout de suite ! Ne dites plus un mot !" Lois leva les yeux au ciel. Une fois installée sur le canapé, la détente lui parut soudain une bonne idée. Le bébé commença à bouger doucement, ce qui assura Lois que tout allait vraiment bien. Il la couvrit et retourna dans la salle de rédaction pour qu’elle puisse se reposer dans le silence et en paix. Lois décida que c’était un bon moment pour mettre en pratique ses exercices de respiration Lamaze, elle pouvait encore sentir son cœur battre à tout rompre à cause de l’incident survenu un peu plus tôt. Elle se concentra et commença à prendre de grandes et profondes inspirations. Rapidement, elle se sentit calme et reposée. 'C’est incroyable, ça marche vraiment.' Avant même qu’elle ne le réalise, elle s’endormit. Clark revint en courant dans la salle de rédaction où Perry, Jimmy et Dianne se tenaient près de son bureau. "Perry, où est Lois? Superman l'a-t-il ramenée ici ?"

"Elle va bien, mon garçon, elle est dans mon bureau. Je l’ai fait allonger pour qu’elle se repose. Je crois qu’elle fait un petit somme.

Clark se rendit jusqu’à la porte du bureau de Perry et observa la scène à travers des stores partiellement fermés. Lois était confortablement installée sur le canapé. Clark sourit de plaisir en écoutant les deux battements de cœur au son rythmé et doux. Comment cette superbe femme, qui portait leur enfant, pouvait être celle qui avait pu lui faire arracher la porte de ce même bureau l’an dernier ? 'Je vais te laisser dormir, mais seulement pour un petit moment,' pensa-t-il. 'Parce que je sais que si je ne te réveille pas bientôt, je n’entendrai jamais la fin de cette histoire.'

Dianne essayait de relier tous ces événements étranges. Tandis que Clark revenait à son bureau, elle se leva avec inquiétude et détermination.

"Très bien, Clark, c’est mon premier essai au journalisme d'investigation.. Je veux savoir comment vous et Lois faites ça."

"Faire quoi ?"

"Vous savez, *ça* !" Elle indiqua toutes les notes détaillées sur les sauvetages de Superman. "Vous avez tous les deux constamment des scoops sur Superman. Et comment saviez-vous que Lois était dans le pétrin au sous-sol ?"

"Eh bien, ce message contenait des indices assez évidents."

"Je sais, mais je veux vous demander comment se fait-il que vous soyez toujours au même endroit au même moment que Superman et arriviez à dénicher une exclusivité ?"

La conversation rendait Clark un peu nerveux, ne sachant pas dans quelle direction Dianne se dirigeait avec ces questions. "Si je dois être votre partenaire, la prochaine fois faites-le moi savoir, que je puisse être là à temps, d’accord ?"

Sa détermination et sa force de vivre lui rappelait un peu Lois la première fois qu'il l'avait rencontrée. Mais elle n’avait pas dans les yeux la même étincelle qu'avait sa femme quand elle flairait un article.

"D’accord, mais il n’y a pas de symbole secret en forme de chauve-souris ou rien de ce genre. Je crois que c’est simplement le fait que Lois et moi avons été les premiers à couvrir des reportages sur Superman, nous avons développé une confiance mutuelle à rapporter ses actions, de façon précise et véridique. Retournons dans l’entrepôt de papier. Je vais vous montrer la remorque dont Superman m’a parlé et où Lois était emprisonnée. Superman a dit qu’il n’avait rien trouvé sortant de l’ordinaire, mais nous pouvons tout de même questionner certains des employés pour voir s'ils ont d'autres détails."

Mettant de côté son interrogatoire, Dianne sauta sur l'occasion de parler aux autres témoins et courut devant Clark jusqu’aux ascenseurs. "Ça me va, allons-y."

Lois se réveilla environ dix minutes après que Clark et Dianne soient partis. Perry était assis à son bureau à travailler. Elle avait l'air un peu déboussolée.

"Vous allez bien, ma chérie ?"

"Oui," elle se rassit lentement. "J’ai fait un rêve étrange. Tous ces énormes rouleaux de papier tombaient par terre comme des dominos géants."

"Mais Chérie, j’ai bien peur que ce ne soit pas un rêve."

En se relevant, l’incident de l’entrepôt lui revint nettement. "Oh, wow, vous avez raison. Il faut que je sache..." Elle essaya de se relever, mais elle ne put retrouver son équilibre pour se lever du canapé moelleux. "Bon sang, je suis fatiguée de ne pas pouvoir bouger. Je me sens comme une baleine échouée sur un rivage."

Perry se dirigea vers elle pour lui tendre la main. "Attendez une minute, Lois, vous n'allez rien faire, sinon vous asseoir à votre bureau."

"Perry !"

"Clark et Dianne sont retournés au sous-sol pour parler à James. Vous allez rester ici comme je l’ai promis à Clark. Vous avez eu beaucoup de chance cette fois, mais je ne veux pas que vous preniez d’autres risques."

"Mais Perry !"

"Il n’y a pas de *mais*... maintenant, retournez à votre bureau. C’est un ordre !"

"Perry, je n’ai pas besoin d’une baby-sitter pendant qu’une journaliste débutante d’un autre service travaille avec mon mari sur un article qui me concerne!"

"Lo-is. Est-ce que je détecte une pointe de jalousie dans votre voix ?"

Lois réalisa à quel point son dernier commentaire était enfantin. "Non, Perry, c’est de la frustration. J’ai un peu de difficulté à lâcher prise."

"Je sais, Lois. Ne vous inquiétez pas, tout va très bien se passer. Maintenant, retournez tranquillement à votre bureau. Vérifiez si Jimmy à trouver autre chose sur ce cinglé qui vous envoie ces messages."

Au regard que Perry lui jetait, elle savait qu’elle n’allait pas gagner cette bataille. Enfilant ses chaussures, Lois retourna avec amertume à son bureau. Jimmy n’était pas dans les parages et le magazine sur les bébés semblait de loin plus intéressant que les dossiers restés à classer sur son bureau. Elle choisit de continuer la lecture de l’article qu’elle avait commencé à lire la veille dans le cabinet du médecin. Peu de temps après, elle entendit la voix de Dianne quand elle et Clark sortaient de l’ascenseur.

"Pourquoi cette personne met-elle en scène des sauvetages d’enfants ? Qu'essaie-t-elle de prouver en mettant la vie d’enfants en danger pour que Superman les sauve ? Ça doit être terriblement dur pour lui émotionnellement."

Sans lever les yeux de son article, Lois répondit quand ils s’approchèrent d’elle. "Oui, Dianne, je suis certaine que c’est difficile pour Superman."

La réponse de Lois prit Clark un peu par surprise. Ses pensées étaient concentrées sur un plomb qu’il avait trouvé par terre, près d’un rouleau de papier. Il n’avait pas remarqué que Lois était revenue à son bureau.

"Lois, chérie, comment te sens-tu ? T’es-tu fait mal ?" Il se pencha et lui donna un tendre baiser tandis qu’elle lui prenait la main pour la poser sur son ventre.

Elle ouvrit les yeux alors que leur baiser se terminait et elle vit son regard sombre et inquiet. "On va bien, vraiment."

S’assurant que Lois allait bien, Clark se leva et retourna à son bureau, commentant ce que Lois venait juste de dire. "Même les émotions de Superman semblent devenir plus vives quand des enfants sont impliqués. Je peux réellement m’identifier à lui. Avec notre bébé qui va arriver, je m'inquiète constamment qu’il ou elle soit en sécurité, que je puisse le ou la protéger. Superman à toujours l'air de se trouver là où on a besoin de lui, mais il ne peut pas être partout en même temps."

Lois savait que, même si les mots de Clark s'adressaient Dianne, ils avaient été dits pour elle. Ces mots profonds la touchèrent et ses yeux se remplirent de larmes. Elle connaissait ses craintes qu’il arrive quelque chose à sa famille, de ne pouvoir être là si les siens avaient besoin de lui. Elle feuilleta les pages du magazine de plus en plus vite pour détourner ses pensées de son dernier commentaire. Cependant, Tandis qu'elle tournait les pages, une publicité attira son attention. Un visage familier sur une vieille couverture du magazine refit surface dans sa mémoire, celui de l'homme qu'elle avait vu plus tôt ce jour-là et n'avait pas reconnu comme faisant partie du personnel.

"C’est lui !"

Clark et Dianne répondirent en même temps, surpris : "Qui lui ? De qui s’agit-il ?"

"J’ai déjà vu cet homme! C'était un associé du Dr McGrath, quand j'ai commencé à aller la voir à l'institut !"

"Tu veux dire que tu l'as déjà consulté en tant que patiente ?"

"Non, je veux dire que je l’ai déjà vu dans ce bâtiment ! Clark, c’est l’homme qui distribuait le courrier ce matin !"

"Lois, un médecin de renom ne travaillerait pas à temps partiel comme coursier au Planet."

"Je te le dis, il n’a pas simplement porté le courrier, mais les fax et aussi les fournitures de bureaux. Jette un œil à son visage !"

Lois montra la photo du magazine à Clark et Dianne. Dianne reconnut, elle aussi, le visage. "Lois, je l’ai vu aux archives juste avant le déjeuner... et il mettait de l’encre dans la photocopieuse, juste avant que vous n’ailliez vous chercher quelque chose à boire !"

Tous trois crièrent à l’unisson : "Jimmy !!"

Jimmy venait de sortir de la chambre noire. "Je suis là. Qu'y a-t-il ?"

Clark utilisa sa vision grossissante pour lire les petits caractères se trouvant dans l’article imprimé. Il était écrit 'Dr Bradley Goose : nouvelles percées sur la fécondation.' "Jimmy, trouve tout ce que tu peux sur les médecins qui se spécialisent dans le domaine de la fécondation et vois s’il y en a un qui se nomme..." Lois dit son nom avant que Clark n’invente une excuse lamentable.

"Dr Bradley Goose."

"Ah, bien sûr," répondit Jimmy, en voyant Lois et Clark se sourire.

"Un de ces jours, je saurai comment vous faites." Jimmy se retourna pour s’asseoir devant son ordinateur, puis se retourna vers Lois, Clark et Dianne avec un sourire. "Dites, vous n’allez pas me faire courir partout pour rien, n'est-ce pas ?"

"Pauvre Jimmy," s’esclaffa Clark et il lui jeta l’élastique avec lequel il avait joué tout au long de la conversation.

Dianne dit à Lois et Clark. "Comment saviez-vous son nom ?" Lois connaissait la réponse parce qu’elle avait vu Clark baisser ses lunettes. Elle répondit avant que Clark ne puisse dire quoi que ce soit. "Je me rappelle son nom par expérience," Clark répondit ensuite. "Je crois avoir déjà vu son nom en cherchant des informations sur la fertilité." Il sentit que la conversation, qui devenait de plus en plus personnelle, mettait Lois mal à l'aise. "Hum, c’était pour un de mes amis, du Kansas." Lois continuait de se demander ce que Goose avait à voir dans tout ça.

"Clark, pourquoi est-il dans nos bureaux à faire des petits boulots, à moins qu’il..."

"Ne nous espionne ?"

"Vous ne croyez pas qu’il ait quelque chose à voir avec ces messages électroniques que vous avez reçus ?" demanda Dianne.

"Je ne sais pas," répondit Clark, en mâchouillant le bout de son crayon et en réfléchissant sur le rôle de Bradley dans tout ça. "J’ai trouvé un morceau de plomb au sous-sol qui aurait pu être utilisé pour retenir l’accélérateur de la remorque au plancher. Je vais l'amener au poste de police pour qu’on relève les empreintes."

Jimmy revint assez rapidement, n’ayant rassemblé que peu d’informations.

"Il n’y a pas beaucoup de dossiers informatiques sur votre Bradley Goose. J’ai cependant trouvé un article nécrologique sur sa fille, datant d’un an et demi. Goose et sa femme roulaient dans une tempête de neige quand ils ont perdu le contrôle de leur véhicule et ont glissé dans la rivière. Ils ont survécu, mais leur fille, Meredith, n’a pas eu cette chance. Le siège de la voiture était défectueux. La ceinture de sécurité est restée coincée et ils n’ont pas pu la sortir à temps. Malheureusement, elle s’est noyée."

"C’est si triste," répondit doucement Lois. "Il y a autre chose ?"

"J’ai trouvé un autre article dans le National Inquisitor, datant d'à peine quelques mois. Il a écrit un éditorial et l’a envoyé à leur chronique Coups et Piques, au sujet de Superman, qui semblait choisir les personnes qu’il voulait secourir et comment il jugeait les priorités de ses super sauvetages."

Clark sentait monter sa colère. "C’est un tissu d'imbécillités." Lois remarqua que le crayon qu’il avait mordillé nerveusement était presque en miettes. Elle s'écarquilla yeux, lui signalant de cacher le crayon qu’il avait presque dévoré de frustration.

Jimmy poursuivit. "Il semble qu’il rejette la mort de sa fille sur Superman, parce qu’il ne l’a pas sauvé à temps."

"Vous ne croyez pas qu’il ferait ces trucs déments à Superman pour se venger, n’est-ce pas ?" demanda Dianne.

"Je ne sais pas," répondit Clark. "Je crois qu’il y a vraiment un rapport. C’est plus qu’une simple coïncidence, cet homme apparaît toujours sur notre chemin. As-tu trouvé autre chose, Jimmy ?"

"Eh bien, il y avait une note qui faisait référence à un article paru il y a huit ou neuf ans. Il semble que le Dr Goose ait été accusé de pratiquer des avortements quand il était gynécologue. Je n’ai pas réussi à trouver l’article parmi les fichiers informatiques. L’article a été publié avant qu’on commence à archiver nos documents sur ordinateur."

Perry émergea de son bureau. "Comment va l'article, les enfants ? Des pistes ?"

"Eh bien, Lois et Dianne ont reconnu une photo d’un ancien obstétricien dans une publication du Métropolis Baby Talk, elles disent que c’est le même homme qui faisait des petites choses aujourd’hui  dans la salle de rédaction: coursier, livreur, technicien d'entretien des photocopieurs."

Perry s’esclaffa. "Vous voulez dire qu’un médecin de Métropolis veille au grain ici au Daily Planet ?"

"Non, Chef, je crois qu’il nous espionne. Je crois qu’il se sert de nous comme appât pour tenir Superman sur le qui-vive."

Perry prit le magazine et jeta un œil à la photographie. "Bon sang ! Bradley Goose !"

"Vous le connaissez, Chef ?"

"Il y a environ neuf ans, quand nous manquions de personnel dans la salle de rédaction, j’ai couvert son procès. Il a été traîné devant la Cour parce qu’il aurait pratiqué des avortements sur certaines de ses patientes. Il a été accusé de meurtre et de faute professionnelle. Le pire est que, même si plusieurs de ses patientes ont témoigné contre lui, il a été acquitté, apparemment par manque de preuves. On ne l'a pas vu en public depuis, d'après ce que je sais."

"Jusqu'à maintenant," répondit Lois. Un grand frisson la parcourut et elle caressa de manière protectrice son enfant à naître.

Perry jeta un œil à sa montre. "Écoutez les enfants, l'après-midi a été chargé. Arrêtons-nous pour le dîner, c’est moi qui invite.

Lois avait déjà perdu l'appétit en apprenant la raison pour laquelle Bradley Goose avait été jugé et la dernière chose qu’elle voulait était d’aller dans l'un des bars de Perry, manger un dîner gras et lourd . "Je vous remercie, mais je décline votre invitation, je ne crois pas que je pourrai supporter les 'Côtes aux Lards de 'Bo's' ou tout autre chose pour le moment."

Clark entoura Lois de son bras. "Je crois qu’on va rester ici, Perry. Je veux savoir si nous pouvons trouver plus d’infos sur ce Dr Goose. Et s’il tente réellement de nous piéger pour atteindre Superman, je veux être certain que nous serons ici pour lui dire deux mots. Dianne, vous et Jimmy pouvez y aller. Lois et moi pouvons maîtriser la situation pour l'instant."

Dianne et Jimmy les laissèrent avec Perry. La salle de rédaction était silencieuse et Lois et Clark étaient parmi les quelques personnes restées là à l'heure du dîner.

Mary Goose observait son mari qui raccrochait nerveusement le téléphone. "Qui était-ce, mon chéri ?"

"M. Luthor. Il veut me rencontrer au laboratoire dans cinq minutes."

"Ça à l'air urgent. Est-ce que tout va bien ?"

"Hum, oui. Il veut revoir certaines des notes que je lui ai laissées pour qu’il les étudie." Il attrapa sa valise et courut vers la porte.

Mary Goose n’était pas totalement naïve et elle ne croyait pas un seul instant à ses excuses. Elle vit une feuille de papier s'envoler après le passage de son mari, passant de sa poche sur le sol. La ramassant, elle y lut les notes griffonnées. Parmi celles-ci se trouvaient les adresses électroniques de Lois Lane et Clark Kent.

Bradley Goose retourna effectivement au laboratoire, mais pas pour les raisons qu’il avait données à sa femme. Il s’assit nerveusement, alors que Lex Luthor faisait les cent pas devant lui.

"Alors, Bradley, vous avez dit quelque chose à propos de vacances personnelles dont vous aviez besoin. Etes-vous à ce point stressé par vos recherches ? Dois-je vous allouer un budget plus important pour un nouvel équipement?"

"Non, M. Luthor. Ce n’est pas la recherche. Après le dernier achat, j’ai l’impression que nous sommes à la pointe de la technologie. C’est quelque chose de plus.. personnel."

"Est-ce que ce problème personnel revêt les couleurs, disons, rouge et bleu ?"

Bradley paraissait un peu confus. "Excusez-moi, je ne comprends pas."

Lex s’arrêta face à Bradley. "Cela a t-il quelque chose à voir avec Superman?"

Bradley n’était pas certain de la manière de formuler sa réponse, mais savait que Lex était toujours très perspicace et il ne voulait pas être perçu comme celui qui allait mentir à Lex Luthor.

"Oui, monsieur, c’est ça." Bradley continua de parler du sentiment de vengeance qu’il nourrissait envers Superman, il était responsable de la mort de sa fille. Alors qu’il lui parlait des soupçons qu’il avait envers Lois Lane, Lex se pencha en avant et attrapa Goose par le collet. "J’ai entendu parler du petit incident que vous avez orchestré cet après-midi sur Lois Lane." Il s’avança davantage et fixa froidement les yeux de Goose. "Si elle a été blessée de quelque manière que ce soit, je vous promets de vous arracher les cheveux jusqu’au dernier et que de vous faire cuire à petit feu, *Goose*!" Lex le rejeta au fond de sa chaise et se dirigea vers une boîte qui était posée sur le comptoir. Tout tremblant, Bradley ne savait pas s’il devait rester là ou s’enfuir à toutes jambes. Quand Lex se retourna vers lui, son visage avait complètement changé, comme s'il était quelqu'un d'autre. C’était un visage plaisant, confiant, autoritaire.


"Si c’est Superman que vous voulez, je peux faire quelque chose pour vous."

Lois s’assit sur une chaise près du bureau de Clark et posa ses chevilles enflées sur les genoux de son mari en grignotant une barre de Nutri Grain. Clark lui massait les pieds en lisant l’article des archives informatique que Jimmy avait trouvé sur la mort de Meredith Goose.

"Clark, tu ne crois pas vraiment que ce Goose essaie de prendre sa revanche, n'est-ce pas ? Crois-tu qu’il est au courant, tu sais, pour toi, pour nous ?"

"Non, je crois seulement qu’il sait qu’on peut entrer en contact avec Superman très facilement. Cet article renvoi à un autre article qui n'est pas encore dans les archives informatiques. Je vais aller chercher le certificat de décès et je vais voir si nous pouvons retracer l'histoire du procès de Goose." Il se leva et jeta un œil à sa femme. "Reste ici, je t’en prie. Ça ne sera pas long."

"Non, attends, Clark. Je veux aller avec toi. On ne sait pas à quel moment il va à nouveau surgir ."

Ils montèrent dans l’ascenseur, descendirent deux étages et se dirigèrent dans le couloir donnant aux archives, juste à côté de l'imprimerie. Surnommée la morgue, la pièce était un vaste endroit où l’on entreposait des rangées et des rangées d'anciennes publications du Daily Planet. Des échelles de bibliothèque donnaient un accès facile aux plus hautes étagères où étaient stockées les archives du journal, classées par date de parution.

Ils passèrent dans l’embrasure des doubles portes de la pièce faiblement éclairée. Lois s’arrêta momentanément pour reprendre son souffle. "Je vais t’attendre ici, Clark." Les allées semblaient s'avancer de plus en plus dans la pénombre et elle voulait faire attention où elle marchait.

"D’accord, c’est daté de 1989. C’est probablement dans les rangées du milieu. Je reviens tout de suite." Clark décida de marcher à vitesse humaine, pour éviter de provoquer une rafale de vent qui aurait pour conséquence de mettre les papiers sans dessus dessous.

Lois se tenait près du monte charges. Elle eut un instant de nervosité en voyant une lumière à travers la petite fenêtre, signalant l’arrivée d’un taxi.

'Reprends-toi, Lois, c’est probablement les gens de la maintenance,' pensa-t-elle, en jetant nerveusement un œil dans l'allée où Clark était entré. 'Qu’est-ce qui prend si longtemps à Clark ? Le journal doit être complètement au fond,' pensa-t-elle. 'Peut-être que cet article va nous donner un indice sur ce qui se passe.'

Les portes horizontales s’ouvrirent et un homme sortit de l’ascenseur dans un par-dessus vert foncé avec logo du Daily Planet cousu sur la poche. Lois le fixa. La grande ombre du taxi cachait sa silhouette. Elle jeta un coup d’œil dans l'allée pour voir si Clark revenait, quand quelque chose de froid et dur fut appuyé dans son dos. Quand elle laissa échapper un petit cri alarmant, Clark apparut instantanément au coin de l'allée.

"Arrêtez ! N’avancez plus, M. Kent," dit Goose, qui appuya le revolver dans le dos de Lois, la faisant reculer.

"Bradley Goose." Les yeux de Clark se plissèrent, il reconnaissait l’homme devant lui comme étant celui de l’article et celui qui se trouvait dans la voiture dans le quartier des prostituées.

Bradley fit un signe, leur indiquant à tous deux de monter dans l’ascenseur de service. Il les suivit à l’intérieur, les tenant à la pointe de son revolver.

Lois lui rappela aussi ses autres identités. "Vous êtes aussi celui qui m'a livré le courrier et les fournitures de bureau."

Clark le regarda froidement. "Il est dit ici, Goose, que vous avez été accusé à diverses reprises d'avoir pratiqué des avortements."

"Toutes mes recherches, tous mes efforts, ne profitaient qu’à des étrangers. Côtoyer quotidiennement ces femmes illuminées par leurs grossesses, alors que ma propre femme et moi-même ne pouvions concevoir un enfant..."

"Comment avez-vous pu enlever la vie à un enfant innocent ? Enlever un enfant à ses parents ?" répliqua brutalement Clark.

Alors que l’attention de Bradley était concentrée sur Clark, Lois essaya de s’avancer vers la porte se trouvant sur le côté opposé. Bradley s'agita et leur fit signe de lever les mains.

"Je ne pouvais pas laisser ces mères avoir des enfants. Je ne pouvais pas leur laisser la joie qui nous était enlevé à ma femme et à moi. Je ne pouvais pas continuer de pratiquer, en faisant bénéficier ces femmes de la technologie qui leur permettait de concevoir un enfant alors qu'aucune de mes théories ne pouvait aider ma propre femme."

Lois sentit ses genoux faiblir à ces mots sinistres. "Écoutez, Dr Goose, peu importe contre quoi vous vous battez... ça ne vaut pas la peine de risquer la vie d'enfants innocents à Métropolis."

"Fermez-la. Comment pouvez-vous savoir ça, vous n’avez probablement pas eu de difficulté à être enceinte." Lois et Clark se regardèrent, se rappelant tous les essais et pensées qu'ils avaient eu à l’idée de pas pouvoir avoir d’enfant. Bradley poursuivit sa confession. "Finalement, nous avons pu avoir une superbe petite fille. Notre Meredith, si belle, si pleine de vie."

Bradley fit ralentir l’ascenseur et l’arrêta entre le deuxième et le troisième étage. Il faisait balancer son arme entre Lois et Clark pour les garder en alerte. Clark était prêt à bondir en super-vitesse si Bradley décidait de tirer.

Des larmes se formèrent dans les yeux de Bradley, tandis qu’il poursuivait son histoire. "Nous n’avons pas pu la sortir de la voiture quand elle a plongé dans la rivière. La ceinture de sécurité est restée coincée et nous n’avons pas pu la sortir avant qu’il ne soit trop tard." Son regard était enragé et il commença à trembler en pointant son pistolet dans toutes les directions, alors que le ton de sa voix montait. "Et où était Superman? Il n'est pas venu la secourir. Il nous a abandonnés, il a abandonné ma petite fille. Superman l’a laissé mourir. Je n’ai plus rien à perdre."

Clark sentait son cœur se serrer. Il savait qu’il ne pouvait pas être partout à la fois, mais ça n’enlevait pas toujours le sentiment de culpabilité, surtout quand un enfant innocent, perdait la vie.

"Après la mort de Meredith, j’ai tout perdu. TOUT ! Je vais montrer à Superman ce que ça représente. Je dois lui faire comprendre que le sauvetage de chaque enfant en danger est important. *Tout* est de sa faute, vous savez !"

Lois n'arrivait pas à croire aux paroles de ce malade. "Alors c'est vous qui nous avez envoyé ces comptines. Vous avez orchestré ces horribles incidents, pour qu’on passe le mot à Superman. Qu’est-ce que vous êtes, un "Père l’Oie‘’ dérangé ?"

Bradley était de plus en plus énervé par les accusations de Lois. Sa colère la plus profonde et son opinion sur elle ne l’empêchèrent pas de transgresser la suggestion que lui avait fait Lex Luthor, de ne pas lui faire de mal. Clark essayait de s’approcher graduellement de Lois, quand soudain, Bradley braqua son arme dans sa direction. "Et c’est aussi de votre faute si Meredith est morte, Mme Lane !"

"NON !" cria Clark, craignant qu’il n'appuie sur la gâchette, il se plaça devant sa femme. "Bradley, vous ne devriez pas faire ça. Lois n'a rien à voir dans tout ça."

"Que voulez-vous dire, *tout* est de ma faute ?" s’exclama Lois, en se dégageant de l’emprise protectrice de Clark pour le confronter, mais Clark mit sa main devant lui pour l’arrêter.

"Superman n’a pas sauvé notre fille parce qu’il était au lit avec *vous * !"

Lois ouvrit la bouche, le regard à la fois plein de colère et de surprise, tandis qu’il terminait ses accusations. "Quoi ??!"

"Votre femme ne pouvait pas sortir du lit de Superman et par sa faute, il n’est pas venu au secours de notre fille et elle est morte ! Maintenant, c’est votre tour !"

Les émotions de Clark se transformèrent en rage et il la poussa derrière lui pour la protéger sans se soucier de la menace de Bradley. "C’était un piège, Goose."

"Et vous croyez tout ce que dit ce boy-scout en collants? Bon sang, vous êtes crédule, Kent. J’ai lu les articles sur la façon dont Superman parvient toujours à sauver sa maîtresse, hum, pardon, votre femme."

Goose essayait de jouer avec les émotions de Clark. Clark avait peur qu'il tire et que la balle ricoche sur lui et heurte peut-être sa femme sur son chemin.

"Et quand Superman se décidera de venir sauver sa maîtresse, je lui souhaiterai la bienvenue avec ça !" Bradley tira une petite boîte de la poche de son par-dessus. "Et vous *le* verrez souffrir, tandis que je m’occuperai de tuer ses deux meilleurs amis sous ses yeux."

Bradley ôta momentanément son regard de ses deux captifs tandis qu’il ouvrait la petite boîte.

Clark avait peur de savoir ce que cette boîte lui réservait et vit la légère distraction de Bradley comme une opportunité pour lui retirer le pistolet des mains et s’échapper. Il s’avança au moment où Goose sortait un petit morceau de Kryptonite grossièrement taillé.

Toutefois, les réflexes de Goose étaient rapides et il frappa Clark, déjà affaibli par la Kryptonite.

Les supers pouvoirs de Clark diminuèrent rapidement sous le choc et il sentit un morceau de météorite déchirer la chair de son front. Clark se couvrit la tête et tomba à genoux, alors que la douleur insupportable lui traversait le corps. Quand Goose le frappa une nouvelle fois à la tête avec la crosse du revolver, Clark s'effondra en essayant de rester conscient.

Lois regardait la scène avec horreur, son mari était en détresse, du sang coulait de son front, dans ses yeux et sur ses lunettes.

"Clark !! Oh mon Dieu, tu vas bien ?!" Lois se jeta à genoux à côté de son mari. Elle posa son oreille sur sa poitrine pour voir s’il respirait.

Goose se pencha pour vérifier si Clark représentait toujours une menace. Comme que la Kryptonite qu'il tenait se rapprochait du ventre de Lois, le bébé commença à donner de grands coups. Lois sursauta surprise et caressa son ventre. Clark l’entendit crier et essaya de tendre son bras vers elle.

Bradley se mit à crier . "Allez, Superman. Venez au secours de vos amis ! Superman !"

"Lois ?!" La voix de Clark était faible et vacillante.

"Clark, je vais bien." Elle prit de petites inspirations rapides que le professeur aux cours Lamaze lui avait enseignées pour l’aider à calmer la douleur. "C’est le bébé, Clark. Il donne des coups. Forts !"

Lois avait toujours réussi à repousser la Kryptonite loin de Clark par le passé. Avec son exposition continue, elle ne l’avait jamais vu aussi affecté que maintenant. Il perdait beaucoup de sang, encore plus qu’avant et elle voyait qu’il commençait à perdre connaissance. Lois ramena sa tête sur ses jambes et posa le bout de sa jupe sur la plaie pour arrêter le sang. Le bébé donna un coup sur le côté de sa tête qui le fit crier de douleur.

"Oh, mon Dieu, je suis désolée." Elle se recula un peu, mais continua à lui tenir la tête en appuyant sur la plaie. Pendant un instant, elle crut qu’il était mort. "Clark, accroche-toi !… Tu ne vas pas mourir comme ça !… S’il te plaît !"

Bradley était frustré par l’absence de Superman. "Alors, où est-il ?!" Il commença à faire les cent pas devant le journaliste effondré. "Peut-être qu’il est quelque part avec une autre salope."

La remarque désobligeante sur sa femme le fit sortir de l’inconscience. "Ne... l’appelez... pas..." Alors que Goose passait près de Clark, il réussit à lui attraper une cheville, mais Goose se retourna et lui donna un coup dans les côtes. Il pointa le revolver en direction de Clark et releva la gâchette. Le cri de Lois résonna à travers des murs et dans la cage d’ascenseur.

Jimmy, Dianne et Perry revenaient dans la salle de rédaction après le dîner quand ils entendirent la sonnerie indiquant qu’un nouveau message électronique était arrivé au bureau de Lois. Jimmy téléchargea le message.



Lois et Clark
Marchaient main dans la main
Pour retrouver un article ancien
Clark fut frappé et grimaça de douleur
Et la pauvre Lois et son enfant ne virent plus jamais du jour la lueur.


Jimmy n'arrivait pas à croire ce qu’il venait de lire. "Perry !! Venez jeter un œil à ça !"

"Par la guitare d’Elvis ! Qu’est-ce qui se passe, nom d’un chien ?"

Soudain, une Mary Goose hystérique se précipita dans la salle de rédaction, cherchant de l'aide. Elle courut vers Perry et Jimmy, les attrapant par la manche pour attirer leur attention. "Vous devez l’arrêter !" cria-t-elle.

"Madame, s’il vous plaît," dit Perry, brusquement. "Nous avons ici une situation d’urgence."

"Non, vous ne comprenez pas. Je crois que mon mari essaie de tuer Superman. Il a juré de prendre sa revanche sur Superman parce qu’il n’a pas sauvé notre fille. Je ne sais pas quel est le lien, mais je crois que vos journalistes sont impliqués et en danger." Mary Goose regarda l’écran de l’ordinateur et réalisa qu’il était peut-être trop tard.

Jimmy étudia le message pendant un moment. "Clark essayait de trouver une ancienne publication, pour obtenir des informations sur un certain médecin..."

Mary Goose indiqua la page du magazine de bébé avec la photo de son mari. "C’est mon mari, Bradley Goose." Mary leur présenta la feuille de papier griffonnée qu’elle avait trouvée. "Je ne sais pas s’il y a un lien, mais j’ai trouvé leurs adresses électroniques sur un morceau de papier que Bradley a perdu. J’ai bien peur qu’il ait envoyé ces messages. C’est un homme très malade."

Jimmy et Perry se précipitèrent vers l'escalier de service menant aux archives avec Mary Goose qui les suivaient de près. La pièce était silencieuse et les lumières étaient tamisées. Elle paraissait déserte. Le bouton 'En service' de l’ascenseur était allumé.

"Bradley doit les retenir prisonniers en bas." Perry pressa le bouton, la sonnerie retentit, mais rien d’autre, la cabine ne bougea pas. "Le bouton d’urgence doit être en marche."

Jimmy frappa sur les grandes portes de métal. "Lois ! Clark ! Est-ce que ça va ?" Il regarda autour de lui pour forcer les portes.

Mary Goose les rejoignit. "S'il vous entend, il va les tuer."

"Elle a raison, Jimmy. Nous devons user de prudence. Je vais appeler la police. Mais où est donc Superman ?" Perry courut et traversa la porte, retournant en haut dans la salle de rédaction.

C’est alors que deux employés de l'imprimerie approchèrent, curieux de connaître la source de ce tapage.

"Qu’est-ce qui se passe ici ? On a cru entendre quelqu’un crier."

"Nous devons entrer dans cet ascenseur ! Lois et Clark sont retenus par un..."

Jimmy ne put finir sa phrase.

Juste à ce moment, le bruit d’un coup de feu résonna dans la cage.

Bradley avait tiré un coup à travers le plafond de l’ascenseur pour avertir Superman. "Alors, où est-il ? Mme Lane, ne vient-il pas toujours à votre secours ? Criez ! Criez 'Au secours, Superman'. Allez-y !"

A travers ses larmes, elle voyait la tête de Clark baigner dans une marre de sang, se battant pour respirer. Entre l'hémorragie et la Kryptonite, elle savait qu’ils ne disposaient plus de beaucoup de temps.



Hank, un des imprimeurs du Daily Planet avait en sa possession une clé ouvrant les portes de l’ascenseur. Il y avait une échelle de maintenance sur le côté de la cage. Hank et l’autre imprimeur, Ron, descendirent rapidement l’échelle jusqu’à la cage d’ascenseur un peu plus bas. Jimmy allait suivre, mais Perry revint juste à temps. "Eh, attends une minute. Avec ton dernier rendez-vous avec la mort, pas question que tu descendes toi aussi. La Brigade d'Intervention est en route."

Bradley posa le revolver contre la tempe de Lois, essayant de lui faire peur pour qu’elle appelle Superman, mais elle était tellement affolée que tout ce qu’elle parvint à sortir fut un gémissement. Furieux, Goose attrapa Lois par le bras, la tirant vigoureusement loin de Clark. Lois sursauta quand la Kryptonite se rapprocha de son ventre et Goose réalisa ce qu’il en était.

Il essaya d’approcher la Kryptonite plus près du ventre de Lois, ses yeux se rétrécissaient alors que Lois tentait désespérément de s’échapper. "Alors, pourquoi une femme aurait peur d’une petit caillou à moins de porter le bébé de Superman ?" demanda-t-il, d’une voix démente. "Dooonc, cette liaison n’était pas une supposition. Eh bien, M. Kent, il semble que vous allez avoir vous aussi quelques mots à dire à Superman. SI JAMAIS IL VIENT !"

"Eloignez-vous… d’elle," dit Clark à Bradley entre deux respirations saccadées. "Ne faites pas… de ma femme et mon enfant d’autres... victimes." Sa vision se brouillait, tout ce qu’il pouvait voir était Lois, dans le coin, qui cachait son ventre. "Superman… ne viendra… pas. C’est moi que vous voulez. Je suis Superman."

Lois continua de respirer par petites inspirations rapides et se concentra sur son mari. Elle paraissait choquée par sa confession. "Clark, non !"

"Vous ! Bien, bien, bien, M. Kent, vous ne semblez pas si super à mes yeux." Bradley se mit à rire. Il s'agenouilla à côté de Clark et s'esclaffa, quand la proximité de la Kryptonite fit gémir Clark de douleur. "Alors, vous *êtes* Superman. Alors, les petits sauvetages que j’avais orchestrés vous ont donné une bonne leçon, celle de protéger votre enfant. C’est vraiment mieux que ce que j’avais prévu."

Son grand sourire se transforma en rage. "Pourquoi n’avez-vous pas sauvé mon enfant, Superman? Pourquoi ?!?" Il cria en attrapant Clark par la chemise et le secoua. "Vous n’avez pas sauvé mon enfant et maintenant, vous n’allez pas pouvoir sauver le vôtre."

Goose relâcha Clark et dirigea le revolver vers le ventre de Lois. Lois le supplia, fixant la gâchette du revolver de Bradley. "Superman n’a pas voulu que votre fille meure. Il ne peut pas être partout à la fois ! S’il vous plaît ! *Non* !"

"Dites au revoir, Mme Lane."

Lois ferma ses yeux et leva la jambe en donnant un coup aussi haut que son ventre le lui permettait. Frappant violemment Bradley sur une rotule, le coup le fit tomber à la renverse avec beaucoup de douleur.

La force de Clark avait complètement disparu. Les pleurs, les cris et tout le reste ne faisaient plus que résonner dans sa tête. Il essaya, mais ne put se rendre jusqu’à Lois à temps pour la protéger. La dernière chose qu’il se rappela avant de perdre connaissance fut le cri de Lois, la voix de Bradley et le son d’une autre balle qui avait été tirée. *Lois !!* cria-t-il dans sa tête, alors que les ténèbres tombaient sur lui.

C’est à ce moment que la porte de la trappe de la cabine s’abaissa et que Hank et Ron sautèrent dans la cage, provoquant la distraction de Goose. Sa balle s’était logée dans le mur au fond de l’ascenseur, manquant Lois. Avant que Goose ne puisse tirer une autre fois, Hank et Ron étaient sur lui, luttant pour le maintenir au sol. Et comme l’homme au revolver s'écroulait, son arme retentit une dernière fois, le tuant instantanément.

Jimmy, incapable de respecter la suggestion de Perry, arriva dans la cage d’ascenseur. "Lois ! CK ! Est-ce que tout va bien ?" Il aida Lois à se relever et se dirigea vers Clark qui était maintenant inconscient.

"CK !" appela Jimmy, mais Clark ne répondit pas. "Lois, est-ce qu’il est mort ?"

"Je ne sais pas Jimmy, il a perdu beaucoup de sang. Goose l’a frappé à la tête avec le revolver." Lois jeta un œil à Goose et vit que la Kryptonite était tombée de sa main dans un coin de la cage.

"Jimmy, c’est de la Kryptonite là, dans le coin. Sors-la d’ici, tout de suite !" Lois essayait de garder la panique hors de sa voix, mais c’était difficile parce qu’elle savait combien cette roche était dangereuse pour son mari et son enfant. "Superman pourrait arriver d’une minute à l’autre et nous ne devons pas l’exposer," ajouta-t-elle, espérant que ce serait suffisant pour masquer son désespoir grandissant.

"D’accord, bien sûr." Jimmy prit la pierre et la fit sauter dans sa main. Le bébé se tendit de nouveau et recommença à donner des coups. La douleur contre sa cage thoracique déjà endolorie menaçait de submerger Lois et elle utilisa la technique des courtes respirations pour la rendre plus tolérable.

"Lois !! Vous allez bien ? Est-ce que le bébé est en route ?!"

Lois hocha de la tête, alors que le bébé se calmait. "Non, je vais bien, va porter ça à STAR Labs *tout de suite* !" Jimmy allait la donner à Hank pour qu’il la sorte de l’ascenseur.

"Non, Jimmy, je veux que ce soit *toi* qui y aille personnellement et tu la donneras au Dr Klein. Je veux être certaine que ça ne tombe pas encore entre de mauvaises mains."

La Brigade d'Intervention venait d’arriver et allait descendre dans la cabine. Jimmy les appela pour leur dire que tout était terminé. Il appuya sur le bouton d’arrêt d’urgence et la cabine retourna au dernier étage.

"Je vais appeler une ambulance, CK a été grièvement blessé," dit Jimmy, en se dépêchant d’aller chercher du secours.

"Ils sont déjà là, Jimmy. Bon sang, Lois, vous allez bien ?" demanda Perry, qui regardait Lois, couverte du sang de Clark.

Elle était si inquiète que la seule chose qu’elle parvint à faire fut de hocher la tête. La Kryptonite partie, le bébé était calme et serein. Sa voix se brisa et des larmes commencèrent à couler sur ses joues tandis qu’elle tenait son mari. Elle était certaine qu’avec l’absence de Kryptonite, il allait se remettre vite, mais il était encore inconscient. "Clark est mourant. Quelqu’un doit l’aider."

"Bradley !!" Mary vit son mari étendu sur le sol. Elle s'effondra en réalisant qu’il était mort et s'approcha de lui. Henderson envoya un détective pour réconforter la veuve.

Soudain, Clark commença à gémir et essaya d’ouvrir les yeux. Sa vision était encore brouillée et la sonnerie dans sa tête ne s’était pas tue. Il appela sa femme qu’il n'arrivait pas à voir. Une main tremblante, mais douce et réconfortante, caressa son visage et essuya ses lunettes couvertes de sang avec sa pochette.

"Tu es vivant. Oh, mon Dieu, Clark, tu es en vie. Je suis là, chut, je suis là." Elle plaça un mouchoir que lui avait donné Perry sur la plaie qui avait maintenant cessé de saigner. Elle couvrit ses yeux et son front de ses collègues de travail, au cas où Clark regagne ses pouvoirs et se mette à récupérer trop vite. Il y avait trop de gens qui risquaient de le voir. "Je vais bien, Clark, je vais bien. Reste-là sans bouger. Il y a beaucoup de monde autour de nous," murmura-t-elle.

Deux ambulances attendaient à l’entrée du Daily Planet. L'une devait se rendre aux les urgences de l'Hôpital Général de Métropolis et l'autre devait transporter le corps de Goose à la morgue. Lois monta avec de Clark dans l'ambulance tandis qu'on examinaient sa plaie à la tête. Avec son front coupé et son œil tellement gonflé qu’il était presque fermé, le personnel médical ne reconnut pas Superman, même sans ses lunettes. Elle essaya de peigner ses cheveux en broussaille sur son front. Silencieusement inquiète que l’enflure et la grosse ecchymose soient restées les mêmes depuis tout ce temps, elle pensa qu’il y avait peut-être des fragments de Kryptonite dans la plaie. Étant entré pour une perte de sang, le personnel se préparait faire des points de suture Clark à leur arrivée à l’hôpital. Quand il terminèrent de nettoyer de la plaie, ils remarquèrent quelle était presque cicatrisée. Lois avança sa propre théorie. "Oh, il saigne toujours beaucoup. Une petite coupure et on croirait qu’il s’est coupé jusqu’à l’os."

Aux urgences, Lois fut placée sous monitoring pour mesurer la tension du bébé. Un examen interne montra qu’elle n’était pas plus dilatée que des deux centimètres de sa précédente visite chez le médecin. Le bébé ne montrait aucun signe de stress et son pouls était normal. Les médecins l’encouragèrent à rester, mais elle insista pour rentrer à la maison avec son mari. Perry leur dit que Jimmy et lui allaient aider Dianne à terminer l'article pour l’édition du lendemain matin. Lois raconta à Jimmy, Dianne et l’Inspecteur Henderson les détails de l’incident dans l’ascenseur pendant que Clark insistait auprès du personnel infirmier des urgences que des points n’étaient pas nécessaires, qu’il allait bien et qu’il n’avait besoin que d’un bandage.

Comme ils se préparaient à partir, Mary Goose s’approcha d’eux.

"Mme Lane, Mr Kent, je suis vraiment désolée pour le mal que vous a fait mon mari. C'était un homme très malade. Jamais je n'aurais jamais pensé qu’il allait devenir si violent. Je suis vraiment désolée."

Clark lui sourit poliment. "Je suis désolé pour vous aussi, madame et je suis désolé pour la perte de votre fille."

"Oh, et s’il vous plaît dites à Superman, si vous le voyez, que je ne lui en veux pas. Bradley a rejeté sur Superman la mort de notre fille, pour ne pas l’avoir secourue. Je sais que ce n’était pas sa faute. Il ne peut pas être partout à la fois. Nous devons le remercier pour toutes les vies qu’il sauve." Alors qu’elle se retournait pour s’en aller, elle s’arrêta vers Lois. "Et Mme Lane, je sais que cette histoire que les journaux à scandales ont raconté n’étaient pas vraie. Il est évident que vous prenez bien soin de votre mari. S'il vous plaît, faites attention à vous."

"Merci, Madame Goose."

L’horloge sonnait deux heures du matin quand Lois et Clark rentrèrent enfin chez eux. Se tenant devant le miroir de la salle de bain, Clark enleva le bandage. Les effets de la Kryptonite avaient presque disparus, son front montrait à peine l’ombre de l’enflure et de l’ecchymose qui s'y trouvaient auparavant. Après avoir partagé une longue douche tiède, ils se mirent au lit et éteignirent la lumière.

Lois posa la tête sur son oreiller et eut immédiatement le nez bouché, elle réagit alors avec frustration.

"Aaaagghh ! Je suis si fatiguée de ne pas pouvoir respirer le soir quand je m’allonge pour dormir. Je sais aussi que j’ai pleuré, mais c’est comme ça tous les soirs depuis un mois. Clark, pourrais-tu me donner un mouchoir, s’il te plaît ?"

Clark alluma la lumière. Réalisant que la boîte était vide, il se leva lentement pour aller en chercher une. Sa tête commençait à le lancer et il porta la main à son front. "Oww." Il s’assit sur le lit.

"Oh, chéri, je n’ai pas réalisé que ta tête te faisait encore mal. Je vais y aller." Elle réussit à se lever et alla à la salle de bain à la recherche de mouchoirs. Quand elle revint dans la chambre à coucher, elle remarqua que Clark était encore assis sur le bord du lit, les yeux fermés, le visage caché dans les mains.

"Tu vas bien ?" Elle se mit devant lui, caressant doucement sa tête douloureuse.

Clark leva son regard, les yeux brillants de larmes à la lueur de la lune. "Je sais ce que Mary Goose a dit, mais Lois, est-ce que j’ai laissé mourir leur fille? Est-ce que tu m'obsèdes à ce point quand je te fais l’amour que j'en oublie tout le reste ?" Il tendit la main pour lui caresser la joue comme à son habitude.

"Bien, c’est l'effet que j’aimerais avoir sur toi." Lois commença à plaisanter, mais elle réalisa que cela dérangeait vraiment Clark, quand elle vit qu'il ne riait pas.

"Lois, est-ce que c’était ce soir-là, quand toi et moi étions au Château Roberge?"

"En vérité, Clark, j’ai demandé à Jimmy de vérifier la date de la mort sur le certificat de décès de Meredith Goose. C’était après notre escapade. Tu étais à Los Angeles, aidant les victimes des coulées de boues causées par El Nino. Ce n’était pas de notre faute. Mais même si ça avait eu lieu pendant ce week-end, tu *n’étais pas* responsable. Tu ne peux pas t'en vouloir."

"Je ne crois pas que j’aie eu si peur ou que je me suis senti si impuissant comme je l’ai été ce soir. Après avoir sauvé tous ces enfants dernièrement, et Bradley t'a presque tuée..." Il s’approcha encore plus. Caressant son ventre, il sentit un petit coup en retour. "Et notre bébé." Sa gorge se noua un instant. Fermant les yeux pour faire disparaître ses larmes, il posa sa tête sur le ventre de Lois.

"Clark, le bébé donnait des coups terribles quand la Kryptonite était près de moi. Penses-tu qu’il s’agissait de la tension liée à la situation ou que le bébé réagissait la Kryptonite ?"

"Je ne sais pas, Lois." Clark resta quelques instants silencieux, essayant de rassembler les millions de pensées qu’il voulait partager avec sa femme. "Lois, quand j'ai débarqué à Métropolis, je n’avais aucune idée de ce que l'avenir me réservait. J’ai tellement rêvé de trouver un endroit où vivre... un endroit où je me sentirais bien et que je pourrais m'épanouir. Et alors je t’ai rencontré."

Lois sourit et effleura sa joue, essuyant une larme au coin de son œil. "Chut, Clark. Je sais ce que tu vas me dire. Tout va bien. Couchons-nous et essayons de dormir."

"Non, Lois, j'ai besoin d'en parler. Il la regarda dans les yeux. "A notre première rencontre, je suis tombé amoureux de toi. J’espérais tellement que tu fasses partie de mon avenir. Mais il y a eu de nombreuses fois où j’ai bien failli ne plus croire en cet avenir. En nous."

Lois pressa sa main.

"Mais alors que cet avenir se rapprochait, il est devenu plus réel après que tu aies accepté de m'épouser, je ne croyais pas que quelque chose de plus heureux puisse m’arriver." Il déboutonna le bas de sa chemise de nuit pour lui caresser le ventre. Il sentit le bébé pousser en réponse. "Maintenant tu attends notre enfant, un enfant conçu de notre amour. Cet enfant portera une part de mon héritage Kryptonien, que maman et papa et probablement Lara et Jor-El, n’étaient pas certains que j'aurais un jour. La vie ne peut vraiment pas être plus belle."

Lois essuya les larmes de Clark, touchée par ces mots qui lui allaient droit au cœur.

"Lois, si quelque chose devait arriver à toi ou à lui, je ne sais pas si je pourrais encore continuer, je vous aime tellement tous les deux."

"Oh, Clark." Des larmes de joies coulèrent sur ses joues.

Ils s’embrassèrent alors que leurs larmes coulaient plus librement. Clark essuya tendrement ses larmes et captura ses lèvres dans un long et doux baiser. Alors que leur baiser durait, il lui coupa littéralement le souffle et elle le repoussa doucement.

"Désolée," dit-elle. "Je ne pouvais plus respirer. Clark, qu’est-ce que j’ai fait pour te mériter, pour mériter, tout ça." Elle lui prit la main et la posa sur son ventre. Ensemble, ils sentirent leur bébé bouger doucement. "Je suis la femme la plus chanceuse de tout l’univers."

Même si sa tête continuait d'élancer, il la prit doucement dans ses bras et la posa sur le lit. Clark fit pleuvoir sur elle une rivière de baisers dans son cou, sur sa poitrine et sur son ventre. Des baisers légers dansaient autour de son nombril qui menaçait de perdre toute ressemblance avec son existence passée. Il posa son oreille sur son ventre et écouta le battement de cœur fort, rapide et rythmé de la nouvelle vie qui grandissait en elle. Une nouvelle existence. Un nouvel amour. Un battement de cœur plus fort, normal prit le dessus et il jeta un œil à sa femme qui s'était endormie. Il reboutonna sa chemise de nuit et l’aida à se coucher sur le côté gauche. Mettant des oreillers sous son ventre, contre elle et entre ses genoux, il l’embrassa sur la joue et éteignit la lumière. Très vite, une paix intérieure le submergea et, lui aussi, dériva vers le sommeil.

De la fumée de cigare tournoyait en cercles et s’élevait dans l'air au-dessus d’un fauteuil de cuir. Le téléphone sonna cinq ou six fois avant qu’il ne se décide à répondre.

"Très bien. Je vois que la Kryptonite a été livrée au Dr Goose comme convenu. Oui, j’ai reçu un appel de mon informateur à l’hôpital il y a quelques instants m’avisant de son décès... Il n’était qu’un pion, une pièce à bouger pour me rapprocher un peu plus près d’éliminer Superman... Prendre avantage d’un esprit délicat et instable est une chose terrible à faire, n'est-ce pas...? Goose a échoué dans sa tentative de tuer Superman. Votre prochaine mission est de retrouver la Kryptonite manquante. Quand vous la trouverez, vous recevrez un chèque par courrier."

Il raccrocha silencieusement le combiné et prit une autre longue bouffée de son cigare. L’informateur de l’hôpital lui donna aussi un rapport sur le bilan de santé de Lane et Kent. Beth entra dans le bureau. "Était-ce ton informateur au téléphone ? As-tu découvert ce que Bradley voulait faire ?"

Une lueur scintilla dans son œil tandis que la fumée tourbillonnait au-dessus de lui. "Nous devrions nous retirer pour la soirée, ma chérie ?" Lex se leva et embrassa sa femme tandis qu’ils se dirigeaient vers leur chambre à coucher. L'avenir lui semblait plus prometteur avec la venue prochaine de l’enfant de Lois Lane et Clark Kent, alias Superman.

Lois Lane lut tout haut le grand titre de l’édition matinale du Daily Planet. "Ancien obstétricien de renom, Bradley Goose, meurt après un kidnapping et une tentative de meurtre."

"Eh bien, il semble que Dianne ait fait du bon travail pour une journaliste d'investigation débutante."

"Oui, c’est une histoire que je suis contente que nous n’ayons pas eu à terminer. Je crois que nous étions un peu trop proche de tout ça."

Clark posa un yogourt sur le plateau, des fruits des tropiques fraîchement cueillis et une superbe orchidée jaune à côté de Lois en grimpant dans le lit. Comme elle se penchait vers lui pour l’embrasser, ils furent interrompus, comme toujours, par la sonnerie du téléphone. Lois décrocha le combiné en souriant à la vue du menu. "Âllo ?"

"Oh, bonjour, Perry, oui, nous allons bien. Eh bien, nous avons parlé à Superman ce matin. il s’est excusé de ne pas avoir été dans les parages, il était dans une partie très reculée des Alpes où une avalanche menaçait une station de ski." Lois sourit en direction de Clark, en croisant les doigts. "Oui, je crois que c’est une bonne chose qu’il ne soit pas venu à notre secours, c’était un assez gros morceau de Kryptonite... Clark va bien, cette coupure à la tête est encore pas mal enflée, mais je crois sera bientôt comme neuf."

Elle cligna de l'œil en regardant son mari qui lui donna d’un morceau de papaye fraîche. Son front était aussi lisse et sans défauts qu’avant. Il lui fit signe qu’il allait prendre une douche.

"Oui, Perry, Clark et moi trouvons que Dianne a fait un très bon boulot sur cet article. Un peu trop de détails sur la Kryptonite par contre, nous pensons, mais elle est nouvelle... Mais rappelez-vous, Perry, après mon congé de maternité, je serai de retour. Pas de remplaçant, d’accord ? ... Ne vous inquiétez pas pour moi, Perry. Je vais rester tranquille jusqu’à la naissance du bébé. Bien sûr, nous vous appellerons quand il naîtra. Et vous me verrez avant la fin de mon congé de maternité. Je vous amènerai le bébé dès que je le pourrai. Je dois le plus tôt possible lui faire couler le journalisme dans le sang." Elle s’esclaffa. "Hé, remerciez Jimmy et Dianne pour nous... Au revoir, Perry."

Lois appréciait les derniers morceaux de son fruit et la vue quand Clark revint dans la chambre. Des gouttelettes d’eau luisaient encore sur son corps fraîchement douché et enveloppé d'une serviette.

"Je me sens vraiment mieux ; comment était ton petit déjeuner ?" demanda-t-il.

"Et les magasins disent qu’ils sont frais comme s’ils venaient d’être coupés. On devrait les poursuivre pour publicité mensongère. Et dire que je me plaignais parce que tu me gâtais !"

Clark rit en se penchant pour embrasser sa femme. "Tu es prête à aller prendre ta douche ?" Il tendit la main vers elle. Soudain, le visage de Lois se crispa.

"Tu vas bien ?"

Lois ne répondit pas tout de suite. Elle se détendit et sourit à son mari. "Je crois que je viens d’avoir une contraction!"

"Vraiment ? Comme hier soir ?"

"Non, je ne pense pas qu'il s'agissait de contractions hier soir, juste de coups. Aide-moi à me lever et aller prendre ma douche. Si c’est vraiment le moment, je veux me laver les cheveux."

"Lois, à ta place, je ne m’inquiéterais pas pour ça."

"Clark, une femme veut toujours être belle, spécialement quand elle a un bébé, tu sais, pour les visiteurs et les autres personnes qui vont venir la voir."

Clark savait qu’il avait mieux à faire que discuter avec sa femme. "D’accord, chérie. Fais ce qui te convient le mieux... Je vais rester ici jusqu’à ce que tu sortes, d’accord ?"

"D’accord, pas de sauvetages, hein ?"

"Je te le promets."

Clark s’habillait et faisait le lit quand il entendit Lois sursauter et reprendre son souffle dans la douche. Immédiatement, il fut à ses côtés.

"Qu’est-ce qui se passe ? Tu viens d’avoir une autre contraction ?"

Lois se caressa le ventre et sourit à son mari.

"Contraction numéro deux !"

"Tu crois que c'est le moment ?!"

FIN


Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997).