Une question de confiance PDF Imprimer Envoyer
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Saison 5, Episode 17

par Leanne Shawler

Version française de


Traduction Chantal Martineau



PROLOGUE

Une lourde pluie de printemps était tombée et les rues étaient mouillées et glissantes. Beth Luthor descendit avec précaution du trottoir et s’engagea dans la rue, regardant de chaque côté de la route en traversant.

Un moteur se fit entendre et Beth se tourna dans sa direction, sursautant au bruit. Des phares l’aveuglèrent et elle mit son bras devant ses yeux pour se protéger. Elle se mit à courir, mais elle n’allait pas assez vite, la voiture arrivait sur elle. Elle prit une grande inspiration pour crier, mais avant qu’elle n'y parvienne, une rafale de vent la souleva de terre et la poussa plus loin.

Beth ouvrit ses yeux. "Su—Superman ?"

"Vous allez bien, madame Luthor ?" lui demanda Superman, alors qu’ils survolaient les rues au-dessus de la ville.

"Ou... oui," murmura Beth. "Merci."

Superman leva les yeux au-dessus d’elle, avant de lui sourire de manière bienveillante. "Puis-je vous déposer quelque part ?"

Beth acquiesça. "Si cela ne vous pose pas trop de problèmes, j'allais chez mon oncle. C’est au coin de la 15ème et de Wordsworth."

Superman emmena la femme encore choquée à sa destination. "Vous êtes sûre que tout va bien? Je vais avertir la police --"

Il fut interrompu par les balbutiements de Beth. "Non... non ! S’il vous plaît ! J’aurais dû regarder des deux côtés de la rue avant de traverser. J’agis toujours de la sorte, je suis maladroite et je ne fais pas attention."

Superman sourcilla de manière réprobatrice, mais il ne chercha pas à discuter et continua son vol dans le ciel sombre de Métropolis.

"Lois ?" demanda Clark, pleinement éveillé, à travers la fenêtre ouverte de leur chambre à coucher, après avoir terminé sa ronde de la soirée.

"Lois ?" Une pointe de panique s'entendait dans sa voix car il ne la trouvait nulle part. Puis il entendit un bruit sourd au-dessus de lui. "Lois !" Maintenant très inquiet, Clark se dirigea à toute allure vers le grenier.

Il y trouva Lois, assise sur le plancher. Elle leva la tête, le contempla et lui sourit. Il vit instantanément que son sourire était très nerveux. "Clark !" s’exclama-t-elle gaiement, même si sa voix était troublée. "Tu es revenu !"

Clark se rua à ses côtés et enroula ses bras autour d’elle. "Lois, est-ce que ça va ?" lui demanda-t-il. "J’ai entendu un gros "boum". Tu es tombée ? Tu vas bien ?" Il observa bien son visage. "Tu as pleuré !"

"Je vais très bien, Clark," le rassura Lois, posant sa main contre son bras. "Je me suis pris les pieds dans une chaise et elle est tombée quand j’essayais de faire plus de place, c’est tout."

Clark regarda autour de lui. Leur grenier était déjà plein à craquer. Des boîtes de leurs vieilles affaires, des trucs qu’il avait amassés lors de ses voyages et des meubles et autres articles divers de la maison des grands-parents de Lois. Lois les avait sauvés, il y avait longtemps de cela et elle les avait entreposés jusqu’à maintenant. Etant donné qu’elle avait nettoyé la chambre pour le bébé à l’étage, il était plus utile de tout remiser au grenier.

"J’étais en train de jeter un coup d'œil à la commode de Grand-Mère," dit Lois, tapotant la commode de chêne ouverte à ses côtés. Clark remarqua finalement les vieilles lettres qui étaient attachées ensemble avec un vieux ruban et qui étaient sorties et posées à l’extérieur. "Et regarde ce que j’ai trouvé !"

De son côté, elle leva une lourde robe de baptême : ancienne, avec des bandes de soie de couleur crème, le tout recouvert d’un tissu diaphane attaché avec de longs lacets. Autour de la taille était tressé un long lacet, des rubans de soie crème étaient attachés en une boucle, les pointes étant presque aussi longues que la grande robe. Les yeux de Lois s'embuèrent à nouveau. "N’est-ce pas la plus jolie chose que tu aies jamais vue ?"

"C’est la tienne ?" demanda Clark, s’étirant doucement pour toucher le vieux tissu.

"Celle de ma mère," répondit Lois. "Et il y en a d’autres dans la valise aussi."

"C’est ce qui t’a amené ici ?" demanda Clark. Lois acquiesça. "Tu devrais faire plus attention, Lois. Les escaliers menant à cet endroit ne sont pas tout à fait stables. Que se serait-il passé si tu étais tombée ?"

"Tu ne me fais pas confiance, Clark?" C’était une question rhétorique. "Je vais bien, Clark. *Nous* allons bien." Lois prit la main de Clark et la posa sur son ventre rebondi. Ils pouvaient sentir l’enfant bouger vigoureusement à l’intérieur. "Ce petit-là me le fait savoir, quand trop c’est trop."

Clark se pencha et déposa un baiser sur le front de sa femme, ils s’enlacèrent, admirant les vestiges du temps passé et rêvant du futur.

Beth regardait avec effroi la scène devant elle. Faiblement, elle s’appuya contre l’embrasure de la porte. L’inspecteur Henderson la supporta gentiment par le coude.

"Madame Luthor ?" demanda-t-il, "Etes-vous certaine de vouloir voir cela ?"

"Je dois le faire," répondit Beth. Elle était arrivée quelques minutes avant la police au bureau de son oncle.

"Cet homme était votre oncle ?" demanda le détective.

"Un vieil ami de la famille," répondit Beth. "Je l’appelais mon oncle."

Son oncle décédé, un homme corpulent, reposait étalé à moitié nu sur le sol de son bureau, entouré de livres et de divers documents éparpillés. S’il n'y avait pas eu autant de dégâts, certains auraient pu croire que le vieil homme avait rendu l'âme pendant un moment de passion. Mais quelqu’un était venu pour chercher quelque chose de particulier, c’était visiblement la même personne qui l’avait invitée sur les lieux du crime.

Avaient-ils trouvé ce qu’ils cherchaient ? Espéraient-ils qu’elle ait une réaction quelconque face à ça ? Beth réfléchit. Elle devait arrêter de penser à "eux" et "ils" et commencer à penser à "Lex". Qui d’autre pouvait porter tant d’intérêt à son oncle ? L’oncle Sherman était un avocat dont le l’activité était le règlement de successions, il était en semi-retraite. Il n’avait jamais traité de dossiers criminels controversés, rien qui puisse justifier un vol et encore moins une mort violente.

Elle ne cherchait qu’une petite, toute petite confirmation, une attestation qui lui ferait découvrir la vérité sur Lex Luthor.

"Ça vous dérange que je jette un œil, inspecteur ?" demanda Beth.

"Oui, madame. Vous dérangeriez la scène du crime."

"Inspecteur, c’est une question de vie ou de mort. Ma vie et ma mort." La voix de Beth était hésitante et inquiète, même à ses propres oreilles. "Je vais attendre que vos enquêteurs et autres personnes examinent les lieux, mais je ne partirai pas tant que je n'aurai pas jeter moi-même un coup d'œil."

Henderson la regarda l'air suspicieux. "Y a-t-il quelque chose dont vous devez me parler, madame Luthor ?"

"Pas pour le moment, Inspecteur. Mais si je découvre que la chose que je suspecte avoir été volée *l’a vraiment été*, peut-être qu’à ce moment-là, nous aurons une petite conversation."

Henderson lui donna son accord. Beth croyait qu’être mariée à un ancien magnat du crime avait ses avantages. Le désavantage qui apparaissait était qu'elle ne pouvait avoir d’emprise sur lui. Les tables avaient changé de propriétaires et Beth doutait qu’elle pourrait en bénéficier pour sa propre protection. Lex était charmant, romantique, le gentilhomme parfait, un amant merveilleux, mais Beth ne se faisait plus d’illusions sur la personne qui arrivait en premier dans leur couple.

Beth voulait que son rêve devienne réalité. Elle comprenait et acceptait les comportements mégalomanes de Lex, mais elle croyait que cette énergie pouvait être canalisée d’une manière plus acceptable.

Elle se remémora ce qui était arrivé après que Lois l’ait interviewée la première fois.

"Eh bien," dit Beth, alors que la porte se fermait derrière elle, "ça ne s'est pas trop mal passé, n'est-ce pas ?"

"Si tu pouvais si bien en retirer un avantage, je ne vois pas pourquoi j’étais si inquiet que Lois te voit sous tes meilleurs jours," répondit Lex, sèchement.

Beth tira sa langue en guise de réplique. "Lex, je ne suis pas avantagée par la situation – sauf si tu comptes que je sois encore en vie."

Lex se leva et prit les mains de Beth dans les siennes. "Si tu m’aimes tant, comme tu l’as dit à Lois, quand commenceras-tu à me faire confiance ?"

"Lex, t’aimer ne veut pas dire rester l’aveugle devant les fautes que tu as commises." Beth soupira. "Je te fais confiance de plus en plus chaque jour."

"Alors pourquoi est-ce que des comptables vérifient toujours mes comptes ? Pourquoi est-ce que j’ai l’impression de me sentir observé ?" lança Lex, avec frustration.

"Les comptables ont été engagés pour que la ville apprenne à te faire confiance," dit Beth brusquement. Sa voix baissa d’un ton. "Je veux être certaine d’avoir fait le bon choix." Elle regarda dans les yeux de son mari, les siens se remplissant de larmes. "Je veux être certaine de ne pas avoir libéré un monstre."

"Est-ce que c’est ce que tu crois que je suis ?" lui demanda Lex, brisé.

"Je ne veux pas que tu penses ça."

"Regarde-moi, Beth," lui ordonna doucement Lex. Elle leva les yeux vers lui. "Tu m’as redonné une raison de vivre. Sans toi, je serais encore un criminel recherché et regarde où j’en suis aujourd’hui."

"Lex, laisse-moi un moment pour réfléchir à tout ça. Je t'en parlerai demain."

Lex se détendit et sourit. "C’est très bien, mon amour."

"J’ai un rendez-vous avec le --"

"Le Conseil des Orphelins de Métropolis, oui, je sais. Vas-y, maintenant." Lex l’embrassa sur les sourcils. Elle sentit ses yeux rivés sur elle alors qu’elle le quittait.

Beth tourna la tête, tandis que le corps de son oncle était emmené à l’extérieur par les membres du bureau du coroner. Si la confession avait disparu, qu’allait-elle faire ? Porter une confiance aveugle en Lex l’avait mise à l'écart parce qu’il possédait ses attestations, son 'assurance vie', avait été un événement de trop. Elle était presque certaine que c’était dans ses capacités d’arranger le tout pour que ça semble être un 'accident', comme celui qu’elle avait presque eu ce soir-là. Elle pouvait mener à terme la prochaine étape, celle de révéler au monde, dès aujourd’hui, toute la vérité à propos de Lex. Elle pourrait le détruire avant que lui ne la détruise. Lois Lane en aurait l’exclusivité.

Mais la vérité était qu’elle l’aimait. Elle ne pouvait pas le détruire. Elle le punirait très bien s’il devait la tuer...

"Mon Dieu, je déteste être une victime !" murmura-elle silencieusement.

Une lettre – elle allait écrire une lettre à Clark Kent, avec l'ordre qu’elle ne soit ouverte qu’après sa mort. C’était une chose risquée -- Clark pourrait tenter un acte d’héroïsme ou encore laisser sa haine envers Lex assombrir ses actions.

De toute manière, écrire une lettre à Clark et le dire à Lex allait mettre Clark et Lois dans une situation très dangereuse. S’il pouvait s’en prendre à sa vie, il s’en prendrait aux leurs aussi.

Elle pouvait aussi lui faire croire qu’il y avait une deuxième copie cachée à un autre endroit. Beth sourit à demie à cette idée : la bonne vieille manière de procéder. Le fait qu’elle n’existe même pas mettait son plan à l’épreuve des plus imbéciles.

Oui, elle pourrait tenir tête à Lex avec ça, si elle pouvait arriver à lui avant que ses assistants ne viennent à elle. Elle l’avait surveillé étroitement, mais elle savait très bien qu’une garde de 24 heures était impossible – pour elle et pour l’équipe de détectives privés qu’elle avait engagés.

Beth avait réfléchi à toute cette histoire et se sentait plus calme. Elle avait encore besoin de retrouver cette attestation, si elle encore là. La police adorerait si elle la trouvait.

Beth sortit son téléphone cellulaire et composa le numéro direct où Lex pouvait être joint. Il répondit à la première sonnerie. "Bonjour, Lex," dit-elle.

"Beth !" s’exclama-t-il avec surprise. "Je t’attendais à la maison plus tôt !"

"Quelque chose est arrivé," répondit Beth, de façon concise. "Mon oncle Sherman a été assassiné."

"Oh, ma chérie, c’est terrible. Est-ce que tu vas bien ?" Lex semblait vraiment affecté. Peut-être que Beth s’était trompée.

"Je vais bien. J’ai vraiment hâte de sortir d’ici et de rentrer à la maison." Beth observait attentivement les policiers tandis qu’elle parlait.

"Tu as été témoin ?" La voix de Lex était remplie de crainte.

"Oh non," répondit froidement Beth, sans toutefois s'en rendre compte. "Je veux être certaine que la seconde copie d’un de mes documents personnels est encore ici et ne manque pas à l’appel." Beth baissa sa voix. "Et je ne veux absolument pas que la police la trouve."

"Une deuxième copie ?" Il semblait que Lex ne pouvait en croire ses oreilles. "Tu en as fait plus d’une copie ?"

"L’oncle Sherman voulait que je la fasse en trois exemplaires, mais je croyais que cette dernière était de trop."

"Tu ne m’as jamais parlé de cela."

"Ce n’était pas important, Lex. Ce qui est important pour le moment : qu’est-ce que nous faisons si cette copie est manquante ?"

"Nous allons en discuter quand tu seras revenue."

"D’accord, je vais essayer de ne pas trop perdre de temps."

"Ma chérie, sois prudente."

"Ne t’en fais pas, Lex. Je vais être prudente." Beth coupa la ligne téléphonique.

Les experts remballaient leurs affaires. Henderson s’approcha d’elle. "Madame Luthor, vous pouvez entrer, mais, s’il vous plaît, ne touchez à rien."

"Je vais essayer." Beth fit un premier pas dans le bureau. "Je sais exactement où c’était supposé être."

"L’endroit a été fouillé, madame Luthor. Rien n’est au même endroit qu’auparavant."

"C’est une enveloppe cachetée. Si c’est dans ce... fouillis," Beth fit un geste vers le sol couvert de papiers, "alors, je peux vous faire confiance sur le fait qu’elle demeurera scellée ?"

"Si c’est important dans ce cas, elle sera ouverte, madame Luthor," Henderson était soupçonneux.

"Si c’est ici, inspecteur, je peux vous donner ma garantie personnelle que cela n’a aucun rapport avec cette enquête."

Beth regarda tranquillement par terre, cherchant minutieusement des yeux cette enveloppe. Elle se rendit au bureau de son oncle. Tous les tiroirs avaient été tirés et vidés. Beth toucha un panneau sous le bureau. Un tiroir s’ouvrit, malheureusement vide.

Peu importe qui c'était, ils l'avaient découvert. Lex n'engageait que les meilleurs.

Beth se reprit, ôtant cette pensée de sa tête. Un scénario encore plus inquiétant se dessinait : si ce n’était *pas* Lex ?

Beth pensa qu’elle préférait de loin que ce soit son mari qui ait fait le travail. Il est plus facile de se battre contre un adversaire qu’on connaît, après tout. Elle remercia Henderson pour le temps qu’il lui avait accordé et se retourna pour quitter les lieux.

"Madame Luthor ?" la rappela l’inspecteur Henderson. "La lettre ? Est-ce que vous l’avez trouvée ?"

"Non, inspecteur," soupira Beth. "Mais avisez-moi si vous la trouvez."

"Je suis certain que nous le ferons, madame Luthor," répondit l’inspecteur Henderson. Quand elle fut partie, Henderson ajouta silencieusement, "et avec toutes les forces que la loi peut déployer."

"Voici ce que vous désiriez, madame." L'homme mince, habillé de noir, plaça l’enveloppe sur le grand espace servant de bureau.

Une petite main très bien manucurée prit l’enveloppe entre deux doigts. "C’est ça ?" demanda une voix étouffée.

"Oui, madame." L’homme mince se frotta les mains nerveusement. "Pas ouverte. Elle était exactement à l’endroit où vous aviez dit qu’elle serait."

"Bien sûr," sourit Mindy Church. "Je l’ai vue moi-même."

Mindy sourit, alors qu’elle se remémorait avoir excité le vieil avocat avec sa cravate, son corps courbé enroulé à ses côtés. Avec un peu de brandy et un peu de sexe, elle avait pu obtenir exactement ce qu’elle voulait et cela se trouvait dans sa main.

Elle redirigea son attention vers le voleur qu’elle avait engagé. "Bon travail," dit-elle. "Eric va vous payer. Allez le voir en sortant."

Le voleur sortit avec allégresse du bureau. C’était intelligent de ne pas croiser Mindy Church et de ne pas, en plus, rester trop longtemps en contact avec elle parce qu’elle pouvait avoir des idées qu’elle pourrait vouloir mettre à exécution.

"Il a fallu du temps pour connaître l’existence de cette lettre," dit-elle d’un ton inspiré, prenant note de la sortie rapide de l’homme. Elle brillait silencieusement. "Mais maintenant, j’ai la tête de Lex sur un plateau." Mindy se mordilla les lèvres. "Et je suis Salomé. Ceci pourra, je l’espère, lui apprendre de ne plus jamais me repousser. Salomé a eu sa revanche sur Jean le Baptiste, et moi donc !"

Mindy déchira l’enveloppe avec un coupe-papier orné d’argent. Il contenait la confession de Beth.


La confession...

Un coup violent me sortit de ma rêverie : j’étais en train de lire "Pendragon", de Stephen Lawhead, alors il me fallut un moment avant de réaliser de quoi il s’agissait.

Un nombre assez important de coups successifs et lourds, dans mon quartier normalement calme, me confirma que mon voisin, plutôt tranquille d'ordinaire, jetait quelque chose de lourd contre le mur.

J 'étais contrariée et même un peu irritée d’avoir été dérangée pendant ma lecture. Mon voisin était un homme encore dans la fleur de l’âge, mais la mauvaise fortune l’avait amené ici, ses cheveux et sa barbe mal peignés, ses vêtements en lambeaux, qu’il essayait de tenir propres le plus possible, bien qu’il résidait dans cet immeuble, étaient un signe de sa condition.

Moi, au moins, j’étais ici par choix. Etant entendu que mon travail d’historienne ne payait pas bien et que mon penchant pour les livres (et le chocolat, je dois l’avouer) faisait substantiellement fondre mon chèque de salaire. Et, bien que le voisinage était mal famé, les planchers grinçants, les murs moites (et je vivais au troisième étage) et que les tuyaux grinçaient dans tout le bâtiment, tandis que l’eau essayait de circuler – le vieux bâtiment avait encore un reste de classe et une sorte de grâce décadente que j’aimais (depuis toujours, je suis une fervente de la vieille et belle architecture) même quand je me battais pour sauver mes livres de la moisissure.

J’étais trop effrayée pour quitter mon appartement et aller frapper à l’autre porte pour montrer mon mécontentement. Comme je l’ai dit, c’était un quartier difficile. Mais alors que j’écoutai plus attentivement, j'entendis quelques grognements de douleur et, plus faiblement, des jurons enragés.

Je retirai donc un balai du placard que je frappai contre le mur, ignorant la poussière de plâtre qui tombait du plafond. Furieusement, je criai : "Hé, vous ! Restez tranquille là-dedans !"

Les bruits cessèrent et quelques instants plus tard, quelqu’un donna un coup de pied dans ma porte, puis s’enfuit.

J’attendis quelques instants encore et j’allai vérifier ce qui se passait chez mon voisin. Si quelqu’un d’autre était inquiet, les voisins le cachaient bien parce que les portes étaient résolument fermées dans le couloir. Sauf celle de mon voisin.

J’entrai prudemment dans sa chambre, avançant avec précaution entre les débris. J’avais probablement trop regardé de séries policières (sans mentionner tous les romans policiers), mais il me semblait très important de ne pas déranger la "scène du crime".

Tout ça fut vite oublié quand j’entendis une plainte sourde. Je me précipitai et trouvai mon voisin étalé contre un mur. Il semblait à peine conscient, mais au moment où je lui touchai doucement l’épaule, il se pencha sauvagement, mais pas de manière efficace vers moi, les yeux brillants de colère.

"Tout va bien," lui dis-je, de ma voix la plus douce. "Ils sont partis." Il se reposa contre le mur.

"Je devrais appeler la police," dis-je, tout haut.

"Non !" Son cri perçant m’incita à ne pas bouger.

"Une ambulance ?"

"Non..." Mon voisin avait des difficultés à parler. "Numéro près du téléphone. Marta."

J’acquiesçai et me dirigeai vers le téléphone, qui était posé par terre. Le téléphone et la table sur laquelle il était placé avaient été renversés. Je composai le numéro qui était inscrit de façon très claire sur un calepin tout près du téléphone. On me répondit à la deuxième sonnerie.

"Allô ?" dit une voix endormie.

"Marta ?" demandai-je.

"Ja," répondit-elle. "Qui est-ce ? Comment avez-vous trouvé ce numéro ?"

J’ignorai ses deux questions. "Il y a un de vos patients au --" Je lui donnai l’adresse et le numéro de l’appartement. "Il a été battu assez sévèrement."

"Comment ?" Sa voix reflétait une inquiétude profonde.

"Gravement. Je ne l’ai pas bougé," lui dis-je.

"J’arrive tout de suite." Elle raccrocha et je raccrochai le combiné.

"Elle vient," dis-je à mon voisin. "Ça ne sera pas long."

Un grognement me servit de réponse.

"Je suis votre voisine," dis-je pour faire la conversation. "Nous-nous sommes rencontrés quelques fois dans le couloir, je crois."

Il sourit. "Oh, oui. Ces 'bonjours' et 'comment allez-vous' débordant de joie. La personne la plus heureuse du bâtiment." Il reprit son souffle avec douleur.

"Non, pas vraiment," dis-je, avec un large sourire. "Ces jeunes collégiens du 409 peuvent faire la fête quand ils s’y mettent."

Il approuva.

"Mon nom est Beth," dis-je.

Il acquiesça, puis commença à fermer les yeux.

"Vous savez, vous devriez essayer de rester éveillé jusqu’à ce que le médecin arrive."

Il ouvrit ses yeux et leva ses sourcils, il ne comprenait pas.

"Vous savez," débitai-je. "Au cas où."

Il fit ce que je lui dis, s’obligeant à garder les yeux ouverts, mais demeurant silencieux.

Je regardai autour de moi, ne voulant pas l’observer de trop près, pour ne pas être mal à l'aise sous son regard. Son appartement était sensiblement pareil au mien : une seule pièce avec une petite cuisinette, un fauteuil (maintenant renversé) pour diviser la pièce. Nous étions près du lit, adossés au mur que nous partagions.

Je pris une couverture du lit et la mit sur son corps meurtri, essayant de ne pas remarquer les cicatrices plus anciennes, visibles à travers son chandail en lambeaux.

"Merci," dit-il.

Je m’assis à ses côtés, jouant avec un bout de la couverture et attendis que Marta arrive.

Je n'eus pas à attendre longtemps. Marta, quand elle arriva, était une femme forte de type arien, avec des cheveux blonds tirés en une natte serrée. Elle portait un vieux pantalon de sport gris, un pull assorti et une paire de chaussures de course.

Mon voisin semblait de nouveau amusé. Je pouvais le voir à la manière dont sa bouche faisait la moue. "Est-ce que j’ai interrompu quelque chose ?" demanda-t-il.

"Mon sommeil," répondit Marta d'un ton brusque, repoussant la couverture pour pouvoir mieux l’examiner. "Je sors tout juste d’une garde de 16 heures."

"La salle d’urgence encore ?" Il grimaça et prit une petite inspiration entre ses dents alors que Marta palpait doucement ses côtes.

"Côtes fracturées." Elle sourcilla. "Il faut faire une radio."

"Faites-moi une atèle, Marta, je vais m’en sortir."

Il endura un examen plus approfondi. "Des ecchymoses importantes," déclara-t-elle enfin. Elle pointa un crayon lumineux dans ses yeux. "Pas de contusion," murmura-t-elle, surprise.

"J’ai essayé de garder ma tête hors du chemin," dit-il modestement. Je remarquai que depuis l’arrivée de Marta, il se comportait de façon plus confiante. C’était totalement à l’opposé de ce que son physique suggérait, tellement que je l’examinai de plus près moi-même.

Je tirai mes propres conclusions, sans en parler toutefois, après que Marta ait donné son diagnostic final.

"Vous devez aller à l’hôpital," dit-elle fermement à son patient, de sa manière inusitée de tourner les phrases. "Les côtes peuvent être plus graves qu’on ne pense, des organes endommagés, ça peut être sérieux."

Mon voisin commença doucement à hocher la tête au moment où elle prononça le mot 'hôpital'. "Non, Marta. Pas d’hôpital."

"La clinique, alors ?" insista Marta.

Mon voisin y réfléchit un moment. "Oui. Oui, d’accord. La clinique. C’est fermé à cette heure-ci, n'est-ce pas?"

"J’ai la clé !" sourit triomphalement Marta.

"Je vais ranger ici," offris-je, "en attendant votre retour."

Mon voisin ouvrit la bouche pour répondre, mais fut interrompu par Marta. "Qu’est-ce qu’on fait d’*elle* ?" Sa voix se cassa – bien sûr, si elle n’avait pas de lien avec tout cela.

"Rien," dit-il, en me regardant. Le sentiment qui me remplit était comme s’il regardait directement mon cœur. C’était comme s’il savait que je savais. Je me contraignis à ne rien laisser paraître. Il ne pouvait pas le savoir, simplement le suspecter, mais peut-être était-ce suffisant.

"Marta," dit-il, en tournant son regard vers le médecin. "Pourriez-vous me descendre tout de suite ?"

Marta hocha la tête. "Une civière," répondit-elle. "Je reviens." Elle nous laissa, m’offrant un autre regard étrange, alors qu’elle s’éloignait.

"Marta n’aime pas gaspiller ses mots," dit mon voisin, brisant le silence qui suivit.

"Je sais qui vous êtes," avouai-je, la voix tremblante.

Il resta complètement immobile et me fixa avec un de ces regards pénétrants. "Vous savez ?"

J’acquiesçai.

"Et qu’allez-vous faire de ce que vous savez ?"

Mon Dieu, aidez-moi, je devins confuse. "Je... je ne sais pas."

Sa bouche se déforma sous l’effet de l’amusement, mais il ne se détendit pas. Il ne dit rien, attendant que je continue.

J’essayai de rassembler mes idées et commençai. "Vous êtes un grand homme, un génie de la création que Métropolis ne pourrait se permettre de perdre, mais toutefois..." Je déraillai. J’allais me mettre dans l’embarras. Je n’avais pas pu accepter sa première chute publique, même si cela faisait des années. L’homme que j’avais admiré, un véritable citoyen de la ville de Métropolis était devenu, bien... "Vous avez planifié beaucoup de morts d’individus, volé une banque, menacé des vies et des emplois... vous deviez être puni et puis..." J’essayai de sourire. Ça ne marchait pas. "Ça me paraît être une immense perte, tout ce talent créatif que vous possédez s’en va maintenant à la dérive, maintenant que vous êtres coincé *ici*."

"Qui dit que c’est perdu ?"

"Moi," déclarai-je. "Vous devriez faire de bonnes choses pour la ville, pas la décimer. Vous *pouvez* redevenir le bienfaiteur de la ville et l’homme d’affaires sans pitié que vous étiez auparavant." Les derniers mots avaient été glissés là pour lui montrer que je ne vivais pas complètement dans les nuages.

"Comment ?" demanda-t-il, d’une curiosité grandissante, mais drôlement distant, comme si nous parlions d’une autre personne.

"Si je pouvais avoir de l’argent, encore --" Mon voisin fit un geste en direction de son appartement ruiné qui suggérait 'est-ce que je vivrais ici si j’en avais ?' Je ne me trompais pas et je continuai, ignorant son geste pathétique, "—vous voyez, je connais le moyen que vous récupériez tout ce que vous avez perdu, Lex." C’était la première fois que je prononçais son nom devant lui, j’en avais des frissons. "Sauf Lois Lane, bien sûr."

Ses yeux s’assombrirent et il fit la moue. "Il n’y a pas de 'bien sûr' dans tout cela."

Je hochai la tête. "Mais oui, il y en a un. Et plus vite vous le réaliserez, mieux ce sera."

"Mieux pour qui ?" lança-t-il, avec défi.

"Pour vous," répondis-je calmement. "Le fait que vous-vous accrochiez à elle altère votre vision du monde." Je pris gentiment sa main. "L’amour, c’est la chose la plus difficile à laisser partir. *Je* sais cela. Si vous l’aimez vraiment, son bonheur vient en premier, son bonheur vous commande de la laisser aller et avancer."

"Je... ne peux pas," dit-il, avec angoisse.

Je caressai doucement le dos de sa main pour le détendre. "Vous le pouvez. Vous allez avoir besoin d’un peu d’aide, c’est tout."

"De vous ?" Un autre défi.

"Je voulais parler plus d’une aide professionnelle."

Si Lex avait eu la force physique de se jeter sur moi, je suis certaine qu’il l’aurait fait. "C’est pourquoi je suis allé en prison."

Il y avait eu des temps difficiles, je pouvais le deviner. "Peut-être que Marta pourrait vous recommander des gens de confiance, plus... sensibles... à vos besoins." Sa moue devint plus sombre et il ferma ses yeux, m’ignorant.

"Très bien," dis-je, "mais c’était une partie nécessaire de mon plan."

Lex Luthor ouvrit un oeil. "Que tireriez-vous de ce plan ?"

"Une maison pleine de livres," soupirai-je, avant que je ne puisse me contenir. Je hochai la tête. "Non, je veux juste que vous puissiez réaliser à quel point vous avez du potentiel et que vous serviez cette ville du mieux que vous le pouvez."

"Très altruiste," se moqua-t-il, mais ça l’avait accroché, je le savais. "Alors, qu’est-ce que c’est, ce plan à toute épreuve de votre part ?"

"Je ne vous le dis pas," répondis-je fermement. "Le Lex Luthor qui existe aujourd’hui prendrait l’idée et se sauverait avec, laissant de préférence son créateur mort. Non-merci. Je préfère rester en vie."

Lex me contempla avec un intérêt renouvelé.

Je continuai : "Laissez-moi monter mon plan d’assurance vie et puis alors, je vous dirai tout, promis."

"J’espère bien que vous le ferez," dit-il. "Mais pendant ce temps, vous devez garder le secret. Comment puis-je vous laisser hors de vue en sachant cela ?"

"Je possède d’autres secrets et je les ai gardés," lui dis-je. "De toute manière, je ne m’imagine pas être l’objet de votre revanche."

"Brillante femme," répondit Lex, aussi confiant en moi que je l’étais en lui.

Marta revint avec ses deux assistants et ils emmenèrent Lex à la clinique. Le temps que Lex allait prendre pour revenir n’était pas défini, alors je n’avais pas beaucoup de temps pour me préparer pour son retour, sinon écrire cette confession.

J’ai ici écrit mon histoire comme prélude à un plan que j’avais déjà écrit, dans l’espoir que le lecteur puisse comprendre les pourquoi et les circonstances dans lesquelles j’ai rencontré Lex Luthor et donc de ma mort prématurée.

Mon plan était celui-ci...

Mindy déposa la dernière feuille de papier, les yeux écarquillés. "Beth Luthor," dit-elle tout haut, lentement et vigoureusement, "et nous qui croyions que vous n’étiez qu’une marionnette."

Son sourire alors qu’elle réfléchissait se dessinait lentement, délicieusement sensuel, comme un chat sachant que la crème était à sa portée.

"Non !" s’exclama Cat Grant. Elle était debout à côté de la machine à café et regardait dans le carton de lait. "D’accord," cria-t-elle à tout le personnel du Daily Planet, qui pouvait l’entendre, "qui a pris le reste de la crème allégée ?" Pas un membre de l’équipe ne regardait dans sa direction, prétendant de ne pas l’entendre. Une Cat sans sa crème était, eh bien, c’était comme se mettre sur le chemin de Lois Lane quand elle voulait un article.

Les ascenseurs s’ouvrirent. Lois et Clark en sortirent. "Mais Clark," dit Lois, "pourquoi est-ce qu’elle ne voudrait pas que la police soit mise au courant ? Qui voudrait essayer de la tuer?"

Clark haussa ses épaules. "Lois, je ne le sais pas. Superman a suivi la voiture du regard jusqu’à ce qu’elle aille se garer dans un parking souterrain et il ne pouvait plus rien voir. Il est retourné mener sa petite enquête après être allé rapidement déposer madame Luthor, mais toute trace avait disparu." Ils étaient arrivés au bureau de Lois. "Crois-tu que nous pourrions faire une série d’articles sur le fait que la peinture au plomb affecte la santé et le contrôle du crime ? Je - *Superman* commence vraiment a en avoir assez de perdre les gens dans ces maudits garages !"

Lois lui tapota la main pour le rassurer et se pencha pour s’asseoir sur sa chaise. "Tu sais, chéri, je ne peux pas m’approcher du plomb ou des vapeurs nocives dans *mon* état !"

"Lois ! Clark !" Perry les appela, sorti de son bureau et s’approcha d’eux. "J’ai des nouvelles intéressantes pour vous deux !" Il tendit à Lois la feuille de papier qu’il tenait.

C’était un communiqué de presse de la police de Métropolis. Lois lut les premières lignes de l’article. "Vous voulez qu’on suive cette histoire ?" demanda-t-elle en sourcillant, ne voyant pas pourquoi Perry était si excité.

"Continuez de lire, Lois."

Lois fit ce qu’il dit et ses yeux s’agrandirent. "Clark ! Le parrain de Beth Luthor a été assassiné la nuit dernière !"

"Quoi ?!" Clark n'arrivait pas à le croire. "Mais --" Il prit une inspiration et alors qu’il tentait de se calmer, Lois raconta les faits à Perry.

"Madame Luthor a, elle-même, presque été tuée hier soir."

"Par le fantôme de César !" s’exclama Perry. "Qu’est-il arrivé ?"

Clark avait repris un calme apparent. "Superman l'a sauvée alors qu’elle s’apprêtait à se faire percuter par une voiture, qui, d’après Superman, continua sa course folle jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans un garage sous-terrain. Je crois qu’il a dit qu’il avait laissé madame Luthor chez son oncle."

"Est-ce que ça pourrait être le même type ?" demanda Lois. "Ou peut-être qu'il n'y a pas de rapport ? Ça met madame Luthor sur les lieux du crime, très précisément."

Perry fronça les sourcils. "Lois, êtes-vous en train de dire que madame Luthor *aurait tué* son propre parrain ?"

Lois haussa des épaules, son expression disant clairement 'des gens ont fait pire.'

Clark prit le communiqué de presse des mains de Lois et le parcourut rapidement. "Je ne le crois pas, Lois," dit-il finalement. "Si l’on se fie à ce rapport, il y avait un élément qui laissait croire à une intimité sexuelle dans ce meurtre."

"Et alors ?" Lois n’était pas prête à lui donner raison sur ce point. "Il était son parrain, ça ne veut pas dire qu’ils étaient parents ! Je veux dire, il a pu abuser d’elle et ça a été la dernière chose qu’il a faite !"

"Clark," dit Perry, "l’inspecteur Henderson s'occupe de ce dossier. Pourquoi n’allez-vous pas lui rendre une petite visite pour voir ce qu’il a à dire ?"

"Bien sûr, Chef." Clark remit son manteau.

"Attends, j’y vais aussi !" dit Lois, jetant à Perry un regard 'n’essayez même pas de m’arrêter'.

Leur départ fut retardé par l’arrivée d’Alice White, portant une grande boîte de carton remplie d'un tas choses.

Perry sourit à belles dents, ses bras ouverts pour l’accueillir. "Alice! Je ne t’attendais pas si tôt!"

Alice acquiesça. "Je suis venue ici pour te rappeler notre déjeuner et aussi," elle se tourna vers Lois, "pour vous donner ça." Elle lui tendit la boîte.

Lois regarda la boîte béatement. "Alice, vous n’auriez pas dû..."

"Non, non, ma chère. C’est seulement des vieux vêtements que mes fils avaient l’habitude de porter, rien de chic, même si vous allez devoir les laver à nouveau. Je pouvais encore vaguement sentir les boules de naphtaline ce matin quand je les ai sortis." Alice sourit à Lois. "C’est pour quand le bébé sera plus vieux et qu’il pourra ramper. Vous ne voudrez pas salir ses nouveaux vêtements si ce n’est pas nécessaire." Son sourire s'agrandit. "Même si d’une façon ou d’une autre, ils y arrivent quand même !"

"Merci," balbutia une Lois encore surprise.

Alice acquiesça, encore souriante et se tourna vers Perry. "Je te vois à treize heures ?" demanda-t-elle, posant un instant sa main sur son veston.

Perry acquiesça et la regarda partir. Il se tourna et put voir que Lois et Clark avaient les yeux rivés sur lui. "Qu’est-ce que vous attendez ?" grogna-t-il, bon enfant. "Vous avez un article à écrire !"

"On s'en occupe, Chef!" Clark conduisit Lois vers les ascenseurs.

Lex Luthor s’assit derrière son bureau, observant sa femme, qui se tenait devant lui.

"As-tu entendu parler de quoi que ce soit ?" demanda-t-elle, se tortillant nerveusement les doigts.

Lex hocha la tête. "Non, rien encore." Il sourcilla, regardant le téléphone. "Peu importe la personne qui l’a maintenant, elle voudra s'en servir."

"Et si c’était encore au bureau de mon oncle, dans son bazar ?" demanda Beth, pleine d’espoir.

Encore une fois, Lex hocha la tête. "La police l’aurait sans doute déjà trouvé et nous serions tous les deux derrière les barreaux." Il faisait reposer son menton sur ses mains fermées. "Nous allons devoir attendre de voir ce qui se passe."

L’interphone émit un petit bruit, faisant sursauter Beth. "Monsieur Luthor ?" La voix de la secrétaire de Lex crachotait dans les haut-parleurs. "Il y a deux journalistes du Daily Planet qui sont ici pour vous voir."

Les Luthor se regardèrent, Beth était sous l’effet de la surprise "Penses-tu que --?" commença-t-elle.

"Non." Lex n’était pas d’accord avec elle. "Le boy-scout Kent nous aurait fait coffrer à la première occasion. Ne leur donnons pas la satisfaction de nous suspecter encore plus."

Beth acquiesça, alors que Lex pressait sur le bouton de l’interphone. "Faites-les entrer."

Lex s'enfonça à nouveau dans son fauteuil. Beth releva un peu sa jupe et s’assit sur le coin de son bureau.

Lois et Clark entrèrent. Lois, dans un ensemble de maternité marron foncé, paraissait fabuleuse à ce stade avancé de sa grossesse. Clark était bien habillé, il portait un costume gris foncé.

"Lois !" Lex les accueillit avec un sourire forcé. "Vous êtes si... radieuse !" Il hocha la tête vers Clark. "Kent."

"Luthor," retourna Clark, la voix tranchante.

Lois s’assit dans un fauteuil sans le demander et passa tout de suite à l’attaque. "Madame Luthor," commença-t-elle.

Madame Luthor l’interrompit avec un : "Beth, s’il vous plaît."

"Beth," continua Lois. "Avez-vous une idée des motifs qui auraient pu mener à l’assassinat de votre oncle hier soir ?" Lois était directe, le visage de marbre.

Beth hocha la tête, ses larmes menaçaient de couler. "Je ne comprends rien ! Il était à la retraite. Il travaillait sur des successions. Il travaillait aussi pour des petits criminels, mais rien qui ne puisse le tuer !"

"Était-ce pour cela que vous étiez là-bas hier soir ? Du travail pas trop honnête ?" demanda Lois. Clark, les bras croisés, regardait Lex qui observait sa femme se démener pendant l’interrogatoire. Luthor semblait amusé, toujours avec distance, peut-être était-il curieux. Il ne montrait pas d’inquiétude.

"Je – Je --" Beth cherchait une explication. "C'était mon oncle ! Pourquoi, n'aurais-je pas eu le droit d’aller le voir ?"

Lois acquiesça, d'un sourire semblable à celui d’un chat. "C’est vrai. Vous ne l’aviez pas vu depuis très longtemps, n’est-ce pas ? Presque un an ?"

Beth acquiesça et s'humecta les lèvres nerveusement.

C’était maintenant au tour de Clark. "Croyez-vous que la mort de votre oncle soit liée à l’attentat contre votre vie ce même soir ?"

"Quoi ?!" Lex se leva rapidement de son siège et alla aux côtés de Beth, l’entourant de ses bras. "Ma chérie, tu ne m'as jamais parlé de ça!"

Beth secoua sa tête. "Je suppose que j’ai... oublié, après avoir trouvé mon oncle et tout ça." Elle observa Clark et lui demanda : "Comment savez-vous ce qui est arrivé ?"

"Superman nous l’a dit," dit Clark. "Son impression est qu'il s'agit un accident avec délit de fuite intentionnel."

Lex dirigea son regard de Beth à Clark. "Superman ? Vous devez être tous les deux très," ses yeux se rétrécirent, "proches."

Lois et Clark se regardèrent avec une pointe de peur spéculative. Clark haussa les épaules. "C'est Lois qui a obtenu l'exclusivité de sa part sur cette histoire, Lex. Pourquoi ne serions-nous pas proches ?"

Lex fit la moue et laissa le sujet tomber de lui-même. "Est-ce qu'il serait possible que la mort de son oncle et l’attentat sur la vie de ma femme soient reliés ? Qu’ils essaient de m’atteindre ?"

"Qui voudrait vous tuer, Beth?" demanda Lois. Elle put apercevoir le regard étrange que Beth jetait à son mari et réfléchit sur sa signification.

"Je ne sais pas," répondit Beth, les mains posées sur celles de Lex. "Peut-être que Lex a raison et que quelqu’un est jaloux ou frustré de notre chance."

Se tenant ensemble, la tension des Luthor était évidente, mais il était clair comme de l’eau de roche que Lois et Clark ne pourraient plus rien tirer d’eux. Après qu’ils soient partis, Beth demanda, "Penses-tu qu’ils soupçonnent quelque chose ?"

Lex s’éloigna. "Mais bien sûr, mon amour. C’est la meilleure équipe de journalistes de Métropolis."

Le téléphone sonna. Beth observait la scène, alors que Lex y répondait et écoutait.

Mindy murmurait fermement dans le combiné du téléphone. "Je sais la vérité, Lex. Si vous ne voulez pas que le monde entier la connaisse, je crois que vous devriez considérer très sérieusement le fait de joindre la famille d’Intergang, dirigée par *moi*. Je vous donne 24 heures. Vous savez où me joindre."

Mindy raccrocha, se cala dans son fauteuil et sourit, satisfaite.

Lex se tournait vers sa femme. "C’était l’appel que nous attendions," lui dit-il. "Ils veulent deux millions de dollars pour la confession."

"Qui veut ça, Lex?" demanda Beth

"Intergang." La lèvre de Lex se courba avec dégoût. "Nous avons 24 heures pour leur donner ce qu’ils veulent."

Beth soupira. "Je suppose qu’on ne peut pas se tourner vers la police, n’est-ce pas ?"

"Tu as tout à fait raison, mon amour." Lex enroula son bras autour d’elle. "Ne t’en fais pas. Maintenant que je sais qui la possède, ça devrait être facile de la lui enlever."

Le front de Beth se plissa. "Comment ? En la volant ?"

Lex acquiesça. "Si nous voulons rester libres, nous devons le faire !" Il caressa ses cheveux vers l’arrière. "Maintenant, Beth, pourquoi ne vas-tu pas te reposer pendant que je m'occupe de tout ça ?

Beth approuva. "Oui, Lex." Elle fit un mouvement pour l’embrasser sur la joue, mais Lex attrapa son menton et changea ce mouvement en un long baiser passionné.

Alors que Lois et Clark traversaient la salle de rédaction du Daily Planet, Lois grognait. "Clark, nous devons publier cette histoire !"

Ils passèrent à côté de Cat qui parcourait un magazine de mode. "Lois, tu sais que Perry ne nous donnera pas la permission. Il n’y a pas assez de preuves réelles. Je déteste avoir à dire cela, mais Luthor va nous poursuivre pour ça."

Cat les regarda. "Lois, imprimer des rumeurs, c’est mon travail !" Lois se tourna, les yeux s’illuminés. Chacune croisa le regard de l’autre, immobiles, puis lentement, un sourire spéculateur se dessina sur le visage de Lois. Cat le remarqua et comprit tout de suite. "Va voir tout d’abord ce que Perry va te dire," l’avisa-t-elle.

Lois acquiesça et se tourna vers le bureau de Perry. Clark hocha la tête. "Vous me faites peur vous deux quand vous communiquez comme ça sans parler," dit-il avec un sourire.

Lois leva les yeux au ciel et entra dans le bureau de Perry. "Perry, on doit imprimer ça !" commença-t-elle.

Perry White jeta un œil au visage excité de Lois et à la mine douteuse de Clark et il avait déjà une idée de la décision qu’il allait prendre. Néanmoins, il fit comme à son habitude. "Alors, Lois, montrez-moi ce que vous avez."

Lex décrocha le combiné et composa le numéro. Après une attente de quelques instants, il fut connecté. "Madame Church, je vous retourne votre appel."

"Si tôt ?" La voix de Mindy de l’autre côté semblait surprise.

"Il n’y a rien à gagner en prolongeant des choses importantes. Que voulez-vous que je fasse ?"

"Je vais vous envoyer une limousine tout de suite. Nous allons pouvoir nous asseoir, signer un contrat et peut-être ensuite prendre un verre pour célébrer ça ?"

Lex était d’accord.

Dans le bureau du rédacteur en chef du Daily Planet, Perry White hochait la tête. "Lois, je m'excuse, mais tout cela n’est encore que des suppositions. Écrivez-moi un article qui contienne les preuves irréfutables qu’Henderson vous a données --"

"Mais Chef!" l’interrompit Lois. "Même Henderson a des soupçons sur ce qui s'est *réellement* passer en coulisses --"

Perry la fit taire d'un geste de la main. "Lois, jusqu’à ce que vous puissiez arriver ici et me donner plus de preuves, je ne publierai pas cette histoire, point final."

Lois quitta le bureau de Perry en un tourbillon, suivie de Clark. Quand elle retourna à son bureau, Lois se tourna vers lui en boudant. "Clark, cette histoire sera déjà dépassée quand Perry nous laissera la publier." Elle s’arrêta au beau milieu de sa tirade. Clark tirait sur sa cravate.

"Désolé, chérie," dit Clark. "Je dois y aller. Tu fais attention à toi, d’accord ?"

"Ne t’en fais pas, Clark, je vais faire attention à ma pression sanguine." Elle le regarda partir. Avec un soupir, elle rassembla les notes de son article et se dirigea vers la salle de conférence chercher un peu de paix et de tranquillité.

Cat passa la tête dans l’embrasure de la porte. "Tu ne peux la publier ?" demanda-t-elle.

Lois détourna le regard de son travail. "Non, il ne veut rien entendre." Elle lui tendit une feuille de papier. "Voilà. J’ai écrit toutes les choses de base."

Cat entra, prit la feuille et la lut. "Est-ce une conspiration *contre* Lex ou engendrée *par* Lex ?"

"Contre lui, si tu l’écoutes parler," répondit Lois, "ce qui veut dire que ce doit être exactement l’opposé."

"D’accord, Lois." Cat tapota la feuille de son ongle. "Je vais voir ce que les pipelettes pourront me raconter." Elle fit à Lois un sourire en coin. "Et je me demande si Perry fera publier *mon* histoire ?"

Lois sourit et tira la langue à Cat. "Oui, c’est ça !" dit-elle, puis elle retourna à son travail.

Une demi-heure plus tard, un coup timide, qui fit sursauter Lois, se fit entendre à la porte de la salle de conférence. Instinctivement, sa main se dirigea vers son ventre gonflé, alors qu’elle se tournait pour voir qui l’avait dérangée. Ses yeux s’agrandirent de surprise, Lois fit signe d’entrer à son visiteur.

Beth Luthor entra, ses doigts tremblant contre la poignée de la porte. Elle ferma la porte derrière elle et elle croisa les doigts. "Lois, je suis désolée de vous déranger, mais il fallait que je vienne."

La voix de Lois était prudente. "S’il vous plaît, Beth, asseyez-vous."

Beth s’assit dans le siège face à Lois et tenta de rassembler tout son courage et son être en émoi. Finalement, elle regarda la journaliste du Daily Planet. "Lois, je – j’ai besoin de votre aide."

"Mon aide ?" continua Lois, sur ses gardes, sentant une nouvelle importante qui allait faire déboucher cette histoire.

Beth prit une grande inspiration. "Je me suis fait piéger. Intergang veut deux millions ou..." Beth ferma ses yeux, prit une autre grande inspiration et continua, "Il y a quelque chose dans mon passé. Quelque chose qui pourrait anéantir Lex!" Beth se mordit la lèvre pour l'empêcher de trembler. "Après tout ce qu’il a dû traverser, Lois, ce serait tellement injuste qu’il puisse être ruiné à cause de quelque chose que j’ai fait !"

"Qu’avez-vous fait ?" demanda gentiment Lois.

Beth hocha la tête. "Je ne peux pas vous le dire. Croyez-moi, j’ai essayé de vivre avec les conséquences de mes actes tous les jours depuis cela. Je n’ai jamais tué personne ni rien de la sorte, Lois, mais j’ai trahi la morale établie." Beth essuya les larmes sur son visage. "Lex serait dévasté, s’il l’apprenait."

Clark entra dans la salle de conférence, replaçant sa cravate. "Madame Luthor ?"

Lois se tourna vers son mari. "Clark, Beth dit qu’elle est victime d'un chantage d’Intergang."

"Chantage ?" Clark regarda Beth. Dans son tailleur gris, elle n'avait pas l'air de quelqu'un ayant quelque chose à cacher. "Qu’est-ce que nous pouvons faire pour vous aider ?"

"Intergang possède une de mes lettres personnelles, la seule pièce compromettante qui existe." Beth joignit les mains. "Je l’ai écrite à mon oncle il y a longtemps de cela, en me confessant." Elle hocha la tête. "Je n’aurais jamais dû l’écrire, la laisser seule a été mon erreur."

"Est-ce que c’est pour cela que vous êtes allée voir votre oncle ?" demanda Clark, posant sa main sur l’épaule de Lois.

Beth hocha la tête. "Non. J’ai reçu un coup de téléphone me disant de me rendre là-bas."

"Venant de qui ?" demanda Lois.

"Je ne sais pas," répondit Beth. "C'est pour ça que j’y suis allée."

"Mais Beth, que voulez-vous que nous fassions ?" demanda Lois, ressentant une sympathie profonde envers la femme en larmes.

"Si vous pouviez trouver où est la lettre, on pourrait leur reprendre et tout cela pourrait être évité !" s’exclama Beth en ajoutant, "Cela pourrait faire un très bon article sur Intergang pour vous deux."

"Beth, je suis désolée," Lois hocha la tête, "mais je ne suis pas sûre que nous pouvons vous aider."

"Mais vous êtes la meilleure équipe de journalistes de Métropolis!" s’exclama Beth.

"Ça pourrait effectivement être une grosse histoire, mais nous n’avons pas encore percé le mystère d’Intergang," rappela Clark. "Ça pourrait nous prendre beaucoup de temps. Plus de temps que vous n'en possédez."

Beth laissa sortir un petit "Oh."

Lois poursuivit. "Je vous promets que je peux regarder ce que je peux trouver sur Intergang, mais Beth, je ne peux pas vous promette de vous tenir à l'écart de cette histoire."

Beth ferma ses yeux, grimaçant. Avec un long soupir, elle se leva. "Est-ce que vous pouvez me promettre une chose ?"

Prudemment, Lois répondit, "Ça dépend."

"Que si vous trouvez la lettre pendant votre enquête – vous ne l’ouvrirez pas ?"

Lois sourcilla. "Beth, je ne sais pas si je --"

Beth l’interrompit, agitée, "Vous ne comprenez pas ! Ce serait mon arrêt de mort si quoi que ce soit en sortait !"

"Votre arrêt de mort ?" dirent Clark et Lois en chœur.

Lois ajouta, "Je croyais que vous aviez dit que vous n’aviez tué personne ?"

"C’est le cas," confirma Beth. "Mais... certains individus... n’aimeraient pas que ce que je sais soit rendu public – car d'autres que moi sont concernées, vous voyez – et ils essayeraient de se venger. Et croyez-moi," ajouta-t-elle avec intensité, "ils me trouveraient, même si je faisais partie d'un quelconque programme de protection des témoins." Elle prit une grande inspiration. "J’ai pris un grand risque en venant vous voir avec ça, mais je n’avais personne d’autre vers qui me tourner. S’il vous plait, ne me trahissez pas."

Clark répondit pour eux deux. "D’accord, madame Luthor. Si nous découvrons la lettre, nous vous la retournerons et nous espérons que *vous* en ferez bon usage."

Beth acquiesça tristement. "Je vous remercie." Elle jeta un œil à sa montre. "Je dois y aller. Je ne veux pas que Lex s’inquiète pour moi." Elle les regarda chacun à leur tour. "Merci, encore une fois."

Lois attendit qu’elle soit partie. "Comment as-tu pu lui promettre une chose pareille ?" s’exclama Lois. "Que se passerait-il si cette lettre contenait des informations qui pourraient nuire à quelqu'un ? Ces individus dangereux de qui elle a peur ne devraient pas pouvoir courir si facilement dans les rues de Métropolis !"

Clark lui massa les épaules et la serra dans ses bras. "Tu ne lui fais pas confiance ?"

Lois haussa des épaules et tourna la tête. "Il y avait quelque chose chez elle qui clochait, tu ne trouves pas ?"

Clark s’assit sur la table et posa son regard sur elle. "Je ne sais pas, elle semblait vraiment craindre pour sa vie. Mais en attendant," sourit-il. "Elle nous a promis un excellent article. Voyons ce que nous pourrons trouver avant  par nous-mêmes!"

Perry s’assit dans la chaise face à Alice et demanda un menu au garçon. C’était un beau jour de printemps et Alice avec choisi de l’attendre à la terrasse d’un petit café italien. "Désolé, je suis en retard, chérie," murmura-t-il, déposant son manteau sur une autre chaise.

Alice mit le menu sur la table avec un léger claquement. "Alors, une autre histoire déchirante ?" demanda-t-elle.

"Bien, ce n’est pas comme si je fréquentais quelqu’un d’autre." Perry grimaça. "Lois voulait que je publie un article. Elle était loin d’être prête et j’ai dû lui expliquer --"

Alice l’interrompit du revers de la main. "Des excuses, Perry, tu as toujours de bonnes excuses. Tu dis que tu veux qu’on recommence à se fréquenter et tu fais les même erreurs qui ont fait que nous nous sommes quittés !"

Perry regarda son assiette vide. "Je suis désolé, Alice. J’essaie, j’essaie vraiment. Tu ne peux pas me faire changer en une seule nuit."

Alice passa sa main dans ses cheveux roux. "Peut-être que c’est vrai ce qu’on dit à propos des vieux chiens ; on ne peut pas leur appendre de nouveaux tours," dit-elle, platement. Elle le fixa sérieusement. "Pourquoi est-ce qu’on essaie ? Nous allons simplement retourner à notre vieille routine, comme nous l’avons fait pendant les trente-deux dernières années et demie."

"Nous ne le ferons pas," Perry se pencha en avant et prit sa main. "Il y a très longtemps, nous n’avions pas l’habitude de manger ensemble et tu avais de la chance si tu me voyais avant minuit chaque soir. Regarde-nous maintenant. Peut-être est-ce que je ne suis pas arrivé à l’heure, mais tu me vois plus qu’avant."

Alice y réfléchit en lui souriant. "Je suis désolée. Je trouve simplement que c’est difficile de te faire confiance avec tes promesses et quand tu es en retard..." Elle se garda de poursuivre sa phrase et continua, brillante, "Commandons, d’accord ? Je crois que je vais prendre des linguinis aux palourdes. Que vas-tu prendre ?" Elle lui tendit le menu.

Perry feuilleta le menu. "Hmmm ..."

Alice sourit. "Laisse-moi deviner : des spaghettis avec des boulettes de viande ?"

Perry la regarda d’un œil amusé. "Peut-être est-ce que je deviens trop prévisible en vieillissant."

Alice se mit à rire. "Je savais que c'est ce que tu voulais quand tu m’as demandé de te retrouver ici. Tu aimes la nourriture d'ici presque autant que celle de Betty's Burgers. Combien de temps as-tu pour manger ?"

Perry sourit. "Aussi longtemps que tu veux." Il regarda sa montre et se remit à la contempler, de façon coupable. "Euh, à vrai dire, je dois y retourner à seize heures. Ils peuvent vivre sans moi d’ici là."

Alice rit à nouveau. "Oh, Perry ! Mon vieux chien de chasse !"

"Madame Church!" s’exclama un jeune assistant d’Intergang, entrant à toute vitesse dans le bureau de Mindy. "Lex Luthor est ici !"

Mindy leva les yeux, cachant rapidement ses émotions sous un masque comique. "Faites-le entrer, Eric."

Eric se tourna pour ouvrir la porte et Luthor entra en force. Eric s’enfuit rapidement, fermant la porte derrière lui.

"Lex," lança Mindy. "Comme c’est gentil de venir me rendre visite."

"La confession," grogna Lex. "Je la veux tout de suite."

Mindy leva un sourcil. "Vous êtes prêt à faire ce que je vous demande ?"

Lex se jeta dans un fauteuil de cuir rembourré tout près de lui, relâchant son corps tendu. "Bien sûr," dit-il, d’un sourire poli.

Mindy ouvrit un tiroir et y tira une feuille de papier enroulée. Elle la détacha et se leva, déposant la feuille sur le bureau devant elle, les mains posées au-dessus et au-dessous, pour empêcher que la feuille ne s’enroule. "J’ai fait préparer un contrat. Vous n’avez qu’à signer sur les pointillés."

Lex se leva et se dirigea lentement vers le bureau, retirant un stylo de sa poche. Il regarda la feuille et la lut rapidement. Il leva les yeux, son regard s’arrêtant momentanément sur le décolleté de Mindy. Il posa la main par-dessus les siennes. Leurs visages n’étaient séparés que de quelques centimètres. D’une voix rauque, il demanda, "Où dois-je signer, encore ?"

Les yeux de Mindy s’agrandirent et elle se pencha vers l’avant pour un baiser. Un doux effleurement sur leurs lèvres d’abord, avant que leurs bouches ne se fondent ensemble, dans un torrent de passion ténébreuse.

Lex rompit leur baiser le premier, laissant Mindy haletante. Il sourit. "En premier lieu, ma chère, je dois voir cette confession."

La main libre de Mindy se dirigea vers le tiroir du bureau et puis s'arrêta, alors que son désir mourait. "Non, Lex," désapprouva-t-elle. "Vous allez signer en premier et vous allez ensuite avoir ce que votre cœur désire." Elle se lécha sensuellement les lèvres.

Encore souriant, Lex rétorqua gentiment, "Mais comment puis-je savoir que vous l’avez ?"

Mindy se sentit très importante. Avec un léger mouvement de tête, elle repoussa ses longs cheveux blonds. "Lex, cette petite friponne, votre femme, est en fait le génie qui a permis votre retour parmi nous." Le visage de Lex commença à perdre son entrain. "Oh oui, maintenant je sais que vous viviez comme un voyou quand elle vous a trouvé, puis elle vous a emmené dans un hôpital psychiatrique et a monté toute cette histoire de clone. Réussissant même à convaincre l’assistante du coroner de changer les empreintes, c’était une brillante idée de sa part. Ça doit être dû à toutes les stratégies et les tactiques qu’elle lit dans ses livres. Est-ce que ça constitue assez de preuves pour vous convaincre ?" lança-t-elle.

Amèrement, Lex acquiesça et reprit son stylo. Il signa le contrat avec regret, alors que Mindy le regardait avec un triomphe grandissant.

Lex se releva, rangeant son stylo et présentant sa main. "Maintenant, la confession ?"

"Bien sûr," répondit Mindy. Elle ouvrit le tiroir du haut de son bureau et y retira une enveloppe blanche, puis la déposa sur le bureau au lieu de la garder dans la main. "Mais tout d’abord," dit-elle, prenant la main de Lex dans les siennes et se dirigeant de l’autre côté du bureau, plus près de lui, "pourquoi ne scellons-nous pas notre pacte ?"

Le sourire charismatique de Lex envoya des frissons délicieux le long de la colonne vertébrale de Mindy. "Pourquoi pas ?" Il la prit dans ses bras et il s’embrassèrent passionnément, se couchant sur le bureau.

Seule, Mindy attacha le dernier bouton de sa robe moulante et tenta de retrouver le contrat qui avait atterri quelque part par terre. Elle le relut à nouveau, toute souriante. Son sourire se changea en un regard horrifié quand elle remarqua que la signature de Lex avait disparu. "Non ! De l’encre sympathique !"

De retour dans la sécurité de sa limousine, Lex ouvrit l’enveloppe, dépliant le papier qui était à l’intérieur. "Vide !" s’exclama-t-il, il se cala à nouveau dans son siège et sourit d’un amusement surpris. Le jeu était très serré.

Dans un café au bord de la route, Lois et Clark mangeaient avec Bobby le Morfal. Il y a une précision à apporter, Lois et Bobby mangeaient alors que Clark les regardait.

Bobby déposa le dernier des os de poulet, sans aucun morceau de viande restant, puis soupira, se tapotant l'estomac.

Clark regarda Lois, qui engloutissait encore une purée de pommes de terre à l’ail. Il soupira lui aussi, puis se tourna vers Bobby. "D’accord, Bobby. Qu’y a-t-il de nouveau à propos d’Intergang?"

"Tu espères que je vais te répondre avec ta femme qui s'est goinfré la moitié de ma paie ?" répondit Bobby le Morfal, outragé.

Lois prit la parole, la bouche encore pleine de purée. "Qui appelles-tu goinfre ?"

"Madame Lane," répondit Bobby, se penchant vers elle, "si tu n’étais pas une dame qui porte un enfant, je te *dirais* qui j'appelle goinfre."

"Sois juste," l’interrompit Clark, poussant légèrement Bobby vers l’arrière. "J’ai commandé trois fois tes honoraires habituels."

Bobby acquiesça à contrecœur. "D’accord. Alors, qu’est-ce que vous voulez savoir ?"

"La position des quartiers généraux d’Intergang," répondit Clark, platement.

"Mince ! Pour *ceci*, j’ai droit à un dessert !"

Alors que Clark demandait le service d’un garçon, Lois s’avança vers lui, s'essuyant la bouche. "Tu le sais ?"

Bobby haussa les épaules. "J’en ai une très bonne idée. Ça ne vous surprendra peut-être pas de savoir que Luthor cherchait très anxieusement ce même repère, justement ce matin."

Clark se détourna du serveur, il avait passé sa commande. "Luthor ? Ce matin ? L’a-t-il trouvé ?"

Bobby haussa à nouveau les épaules. "Ça, je ne peux pas le dire. En effet, je ne le dirai pas avant que le dessert n’arrive."

Clark tapota impatiemment la table de métal tandis qu’ils attendaient. Bobby regarda avec dégoût Lois qui terminait la sauce et les petits pois.

Triomphalement, le serveur arriva, plaçant une tranche de gâteau Mississippi en face de Bobby et alors que Lois commençait à protester parce qu’elle allait manquer cette extravagance chocolatée, une autre tranche fut placée en face d’elle. Elle sourit à Clark, qui lui sourit en retour, elle et Bobby plongèrent dans le dessert.

Bobby s’arrêta au beau milieu de sa course. "D’accord, Clark, Lois. C’est un gâteau *vraiment* excellent."

"C’est vrai !" approuva Lois, entre deux bouchées.

"Alors, tu vas nous le dire ?" précipita Clark.

"Tout ce que je sais, c’est que Luthor n’a pas trouvé leur QG. La dernière chose dont j’ai entendu parler à propos du QG d’Intergang, c’était quelque chose à propos d’un sous-sol sous Costmart quelque part dans le centre ville," résuma Bobby, en mangeant.

"C’est tout ?" s’exclama Clark.

"C’est tout ce que je sais."

"Est-ce que je peux manger le reste de son gâteau ?" demanda Lois, pas satisfaite de la réponse elle non plus.

Bobby tint son dessert hors de sa portée. "Hé, mes informations sont meilleures que les autres qui circulent dans la rue !"

Clark acquiesça et se leva. "Viens, Lois. On a du travail à faire." Il aida Lois à se lever et ils allèrent appeler un taxi. Détendu, Bobby continua de manger.

"Ne trouves-tu pas cela étrange," dit Lois, alors qu’ils sortaient de l'ascenseur et entraient dans la salle de rédaction du Daily Planet, "que Lex cherche lui aussi le QG d’Intergang? Si on se fie à Beth, il n’était pas supposé le savoir ?"

Clark fit la moue. "Oui, mais il a peut-être réussi à le savoir d’une autre manière. Peut-être a-t-il intercepté un appel d’Intergang ?" Sa moue s'accentua. "Ou peut-être qu’ils essaient tous les deux de *nous* utiliser pour pouvoir trouver un moyen d'atteindre Intergang."

"Nous utiliser dans un plan impliquant la pègre pour accéder à Intergang ?" Lois fronça les sourcils. "Il y avait quelque chose d’étrange chez Beth aujourd’hui, mais... elle ne semble pas être du genre à ..." Lois se mordit la lèvre. "Elle *est* mariée à Luthor après tout." Elle jeta un long regard à Clark. "Peut-être devrions-nous ouvrir cette lettre si nous la trouvons." Prétendant ignorer le regard 'on lui a promis' de Clark, elle continua. "Bien sûr, tout ça fait partie d’un plan 'écrasons Intergang', c’est peut-être pour cela qu’ils veulent que nous le fassions pour eux." Ils avaient rejoint leurs bureaux. "Clark ?"

Clark était en train de passer au peigne fin la salle de rédaction. Il arrêta et posa son regard sur Lois. "Tu proposes deux hypothèses, Lois." Il sourit. "Sans parler de ton balbutiement." Il vit Jimmy à son bureau. "Jimmy ! Nous avons besoin de ton aide !"

Jimmy Olsen jeta un œil aux photographies fraîchement développées qu’il venait tout juste d'étaler sur son bureau, soupira tristement et alla rejoindre ses amis, en souriant. "Quoi de neuf, vous deux ?"

Clark lui raconta tout. "Nous avons besoin des plans de tous les Costmart du centre ville." Voyant le regard confus que lui jetait Lois, il ajouta, "C’est pour notre article, on a besoin de preuves. Je vais demander à Superman de tous les regarder."

"Et aussi, tous les permis que Costmart aurait pu demander à la municipalité pour un agrandissement," ajouta Lois, "même si le QG d’Intergang ne figure pas sur les plans."

"C’est vrai," répondit Clark. "Espérons qu’ils aient utilisé l’espace d’une structure déjà existante."

Jimmy glissa son regard de Clark à Lois et de Lois à Clark. "Je veux une exclusivité pour les photos," marchanda-t-il.

Lois et Clark se tournèrent et le regardèrent. "C’est comme si c’était fait !"

Jimmy sourit. "Alors, je m’y mets tout de suite !"

Il courut et se dirigea vers son ordinateur et les Archives de la Ville on-line, s’excusant alors que quelqu’un lui rentrait dedans.

La personne ne s’arrêta pas et se dirigea immédiatement vers Lois et Clark, qui étaient penchés sur bureau de Lois et revoyaient leur plan.

"Qu’avez-vous fait de ma femme ?" La personne était Lex Luthor, il leur posait une question.

Clark tourna la tête et le regarda ; Lois tourna la tête, elle aussi, surprise de son apparition.

"Lex !" souffla Lois.

"Où est ma femme ?" répéta Lex, ayant de la difficulté à se contenir tant sa colère était grande.

Lois hocha la tête, confuse. "Je ne sais pas de quoi vous parlez. Nous n’avons pas --"

Lex l’interrompit du revers de la main. "Ne me donnez ces mièvres excuses prétextant que vous ne l’avez pas vue. Je *sais* qu’elle est venue ici. Ce que je veux savoir c'est ce que vous avez fait d’elle."

Jimmy entra le code d’accès pour la cinquième fois et jeta un coup d’œil à sa montre. "Non, pas ce soir !" grogna-t-il. Il décrocha le combiné et composa un numéro.

Dans l'écouteur, il entendit, "Bonjour ! Je ne suis pas ici pour le moment, mais si vous laissez votre nom et votre numéro de téléphone, je vous rappellerai dès que possible."

Jimmy grogna encore. "Penny, c'est Jim. Écoute, il y a du nouveau au journal. Il semble que le serveur des archives de la Ville soit encore en panne. Il faut que j'aille dans le centre ville. Je suis désolé, mon amour, mais je vais devoir remettre ça. Si tu n’es pas trop fâchée après moi, viens me rejoindre aux Archives de la Ville, d’accord ? Je serai à la section du Planning. Je t’aime."

Jimmy raccrocha, prit son manteau et sortit, manquant l’altercation qui s’annonçait dans le coin des Kent dans la salle de rédaction.

Tentant de contenir sa colère, Clark demanda, "Qu’est-ce qui vous faire croire qu’on lui a fait quelque chose ?"

"Elle a disparu," répondit Lex, durement.

"Disparu ?" Clark sourcilla. "Luthor, peut-être vaudrait-il mieux que vous veniez avec nous dans la salle de conférence, nous pourrons parler en privé."

Clark conduisit Luthor dans la salle de conférence, faisant un petit signe à un Perry White curieux. Perry acquiesça compréhensif et le regarda avec inquiétude, alors que Lois suivait les deux hommes.

Clark attendit que Lois et Lex soient assis et commença. "Luthor, dites-moi pourquoi vous croyez que votre femme a disparu."

"Elle est sortie ce matin pour venir vous voir, je l’ai découvert plus tard." Luthor sourcilla quelque peu. "Quand je suis revenu à la maison et que je me suis aperçu qu’elle n’était pas là... J’ai appris qu’elle avait donné congé au chauffeur que je lui avais donné et elle était partie seule. Elle n’a pas appelé ni laissé de message. La seule chose que j’ai pu faire, c’est de remontrer là où elle a été vue pour la dernière fois, ici. Avec vous."

Lois acquiesça avec réticence. "Elle est partie avant le déjeuner, Luthor."

Les yeux de Lex étaient sombres. "Que vous a-t-elle dit ?"

"Beth nous a dit qu'elle était victime d'un chantage à propos d'une lettre qu’elle a écrite," répondit Lois. "Nous savons que vous savez parce que nous avons entendu des rumeurs disant que vous cherchiez le repère d’Intergang."

Lex acquiesça, le corps tendu. "Je ne l'ai pas trouvé." Il brossa des particules invisibles sur son veston. "Je suis surprise qu’elle soit venue vous voir. Vous a-t-elle dit ce que contenait la lettre?"

Les yeux de Lois se rétrécirent. "Non, elle ne l’a pas fait. Elle a seulement dit que ça annoncerait sa mort si ce qu’elle contenait était rendu public."

Le corps de Lex se détendit et il se leva. "Peut-être avez-vous raison, Kent," dit-il. "Je m’inquiète parfois trop vite." Il baissa son regard vers Lois et puis vers Clark. Leurs visages indiquaient poliment l’incrédulité. "Je suis désolé de vous avoir dérangé."

Clark regarda la porte se fermer derrière Lex Luthor.

"Penses-tu qu’il sait où elle est ?" demanda Lois. "Il est ici pour qu’on suive son plan, n'est-ce pas ?"

Clark hocha la tête. "Luthor est habituellement un mystère pour moi, mais cette fois, je dois avouer qu’il ne sait pas où Beth se trouve. Et c’est ce qui l’inquiète."

"Je crois que c’est possible. Lex s'est trop rapproché d’Intergang et ils ont répliqué en l'enlevant. On doit trouver ce QG, Clark."

Clark acquiesça. "Allons voir comment Jimmy se débrouille."

Lois haussa les épaules. "Bien, nous savons que le QG est dans un Costmart du centre ville. Alors, pourquoi n’allons-nous pas regarder ça de plus près ?" Elle fit leur signe secret du vol.

"*Nous*, Lois ?" Clark croisa ses bras.

Lois sourit et soupira. "Eh bien, au moins, j’aurai essayé, n'est-ce pas ?"

Clark ne put s’empêcher de lui sourire en retour. "Je serai de retour aussi rapidement que possible." Il regarda par-dessus son épaule pour s’assurer que les stores de la salle de conférence étaient fermés et tourbillonna pour revêtir son Costume. "Tu peux aller voir comment Jimmy se débrouille."

"N’oublie pas," lui rappela Lois, acquiesçant. "Le QG est probablement peint au plomb !"

Clark acquiesça. "Si le plomb bloque ma vision, je saurai qu’il y a quelque chose de louche." Il se pencha et l'embrassa sur le front. "Je t’aime."

Lois mit sa tête en l’arrière, l’invitant à lui donner un autre baiser. Clark n’eut pas besoin d’autre encouragement pour continuer. "Je t’aime moi aussi," dit finalement Lois.

Les paupières de Beth s’ouvrirent graduellement, alors qu’elle se réveillait. Soudain, ses yeux s’ouvrirent tout grands et son corps se tendit. Beth émit un léger gémissement de douleur. Ses mouvements étaient limités par la corde et elle découvrit qu’elle était attachée debout. Elle jeta un coup d’œil à son corps et elle vit qu’elle était retenue fermement par de la corde très épaisse.

Ses bras étaient liés serrés contre son corps. Ses mains étaient libres. Beth les agita pour expérimenter les mouvements qu’elle pouvait faire, mais elle ne pouvait les bouger qu’à partir des poignets. Il n’y avait pas de nœuds à la portée de ses mains.

Elle regarda autour d’elle. Le décor était sombre : des murs noirs, un bureau laqué noir, des meubles de cuir noir et des accessoires chromés.

Un des panneaux vitrés s’ouvrit.

"Madame Church !" s’exclama Beth. "Vite ! Aidez-moi à me détacher de ces cordes ! Avant qu’ils ne reviennent et..." Sa voix se tut, incertaine du reste.

Mindy Church regarda sa prisonnière comme si elle était folle. "Pourquoi le devrais-je ? C’est moi qui vous ai mise là."

"Vous... vous m’avez kidnappé ?" la voix de Beth se fit plus basse. "Pourquoi ?"

Mindy se mit à rire. "Parce que votre mari est un méchant, très méchant homme, madame Luthor."

Beth essaya de cacher sa peur et parla courageusement. "Vous confondez entre lui et son clone, madame Church, je vous assure. Lex est un homme bon."

"Continuez de rêver, ma chère," lança madame Church. "J’ai essayé de faire une transaction avec votre mari cet après-midi et il a *triché* ! J'ai horreur que les hommes trichent."

"Qui aime ça ?" répondit Beth. "Je comprends la dureté du monde des affaires, mais n’est-ce pas --" elle réussit tout de même à bouger et faire le mouvement qu’elle désirait, même attachée "—un petit peu exagéré ?"

"Ah," Mindy s’approcha d’elle. "Pas vraiment. Pas quand j’ai découvert qui est le vrai maître derrière monsieur Luthor."

"Que voulez-vous dire ?"

"Je veux parler de *vous*, madame Luthor. Vous l’avez placé où il est maintenant."

L’estomac de Beth se serra quand qu’elle réalisa que Mindy Church pouvait savoir. Néanmoins, elle répondit courageusement. "J’ai pris soin de lui, je lui ai fait récupérer la santé, je l’ai aidé à reprendre sa place, là où il appartient dans la société qu'il -- son *clone* ! – avait pratiquement détruit !"

Mindy sourit gentiment. "Et vous avez fait tant de choses en plus de ça, n’est-ce pas ?"

"Je ne sais de quoi vous vous parlez."

Mindy tournoya et se dirigea vers son bureau. Beth observait attentivement tandis que madame Church retirait quelque chose du tiroir de son bureau. Elle la balança doucement. "Oh oui, vous le savez, madame Luthor. Oui, vous le savez."

Beth se mordilla la lèvre et fixa la lettre, les pensées agitées. "Vous avez envoyé ça à la police ?" dit-elle enfin.

"Pourquoi ferais-je cela quand je peux en retirer quelque profit ?" demanda Mindy, reposant paresseusement la lettre en sûreté.

"Vous ! Intergang ?!" s’exclama Beth.

Mindy ébouriffa ses cheveux blonds et rit. "Vous ne pourrez jamais le prouver." Ses yeux s’assombrirent. "Peu importe ce que vous ou votre ténébreux mari ferez pour vous sauver, vous et son grand nom. Jamais."

Madame Church sourit. "Je vais vous laisser réfléchir à cela." Elle se pencha au-dessus de son bureau et pressa sur un bouton. "Et pendant que vous faites ça, vous allez pouvoir jeter un œil sur le visage de l’homme qui a assassiné votre oncle. Mais vous ne pourrez jamais prouver *cela* non plus."

La porte glissa d'un côté une fois encore et elle révéla un homme habillé entièrement de noir. "Peter, gardez un œil sur notre invitée, voulez-vous ? Je dois aller à un rendez-vous d’affaires très important."

Volant au-dessus de Métropolis, Superman scanna le premier Costmart en vue. Maintenant, il s’était habitué à voir les différents éléments qui composaient la structure d’un bâtiment et il se concentra sur la partie du sous le sol. Il paraissait normal et il pouvait voir les câbles électriques circuler en dessous. Regardant encore plus profondément, il se concentra sur les particules de sable du sol qui composait le sous-sol de Métropolis.

Le second Costmart ne révéla rien d'extraordinaire. Clark espérait silencieusement que ce serait le troisième. Sinon, lui et Lois allaient devoir recommencer à nouveau leurs recherches.

Le troisième Costmart était dans la partie la plus sinistre de la ville, ce qui, quand Clark y pensait, avait bien du sens, si l’établissement était aussi le siège social d’une organisation criminelle. Il scanna lentement le bâtiment, perçant chaque étage jusqu’à ce qu’il arrive au sous-sol, puis l’étage sous le sous-sol, puis... rien.

Superman s’élança dans les airs, son regard tentant encore de percer les profondeurs du bâtiment Costmart. "Bingo !" dit-il, avec un petit sourire triomphant.

Il remonta encore dans le ciel, cherchant un bon endroit pour entrer. Remarquant un espace vacant dans le garage, il plongea, tête première, pour creuser un trou dans l’asphalte et faire un tunnel étroit dans le sol.

Supposant la profondeur du sous-sol, il se réorienta et creusa horizontalement à travers la terre. La terre devint du béton. Il appuya sur le mur de béton épais d'un mètre, le faisant craquer, jusqu’à ce que la pression le fasse céder et crée une ouverture.

Superman entra à l'intérieur en se dépoussiérant, puis jeta un œil autour de lui. Il était dans un tunnel. Du béton épais l’entourait. Le passage était éclairé de tous côtés par des lampes fluorescentes. Il regarda vers le haut, utilisant sa vision à rayons X et ne vit... rien. Le plafond avait été recouvert de plomb.

"Il doit y avoir une feuille de ce matériau qui couvre l’endroit entier," murmura Superman, sa tête se tournant lentement de gauche à droite. Sa vision à rayons X confirma cette théorie.

Il se dirigea vers la gauche dans le couloir, certain que plus profond il avancerait dans Costmart, plus il se rapprocherait du quartier général d’Intergang.

Derrière les étages de l’entrepôt de Costmart se trouvait un ascenseur de service. Les employés l’utilisaient pour aller à l’étage prendre leur pause et accéder aux bureaux administratifs.

Mindy Church était assise à son bureau et signait des papiers qui préserverait les affaires de la chaîne Costmart. Les déposant sur son chariot pour les envoyer, elle ouvrit un tiroir de son bureau qui révélait un petit écran et un clavier. Elle alluma le moniteur.

L’image vacillante en noir et blanc montrait Beth encore attachée à un poteau. Elle observait la scène avec un sourire alors que Beth se débattait avec les cordes serrées qui la retenaient.

Mindy pressa sur une touche et l’image changea. Elle montrait Peter le voleur assis à son bureau en train de lire... Mindy pressa une autre touche pour faire un zoom. Une bande dessinée de Spiderman.

Elle murmura, tout haut : "Qu’est-il arrivé à la série des Dark Knight qu’il lisait ?"

Tapant sur un autre bouton, elle observa le long couloir qui menait au repère d’Intergang. "Quoi ?!" s’exclama-t-elle, en voyant Superman se diriger vers le fond du couloir.

Rapidement, Mindy retira l'écran et le clavier du tiroir. Elle les déposa dans un sac. Le double fond qui se trouvait dans le placard derrière elle, avec quelques dossiers par-dessus allaient pouvoir cacher les fils. Sans plus attendre, madame Church prit le sac, son sac à main et son manteau et quitta le bâtiment.

Il y avait une porte au fond du couloir. Superman ne prit pas de gants pour l’ouvrir, il la brisa et se retrouva dans la pièce derrière la porte.

"Superman !" s’exclama Beth Luthor, alors que Superman baissait ses poings puissants et se relevait.

Peter tomba de sa chaise, la bande dessinée volant par-dessus sa tête et il tenta de s'enfuir à toute vitesse.

Dans un rapide mouvement, Superman l’agrippa et il le retint par le col. "Pas si vite, monsieur."

Superman se dirigea vers madame Luthor et d’une seule main, il brisa rapidement les cordes qui la retenaient. Il les utilisa ensuite pour attacher le voleur.

Puis, il se tourna vers Beth. "Madame Luthor, tout va bien ?"

"Je suis en un seul morceau," répondit Beth, se massant les bras.

Superman hocha la tête et la prit par le bras. "Votre mari est inquiet à votre sujet, nous devons vous sortir d’ici."

"Attendez ! La lettre !" s’exclama Beth.

Superman laissa retomber sa main et la regarda fouiller à toute vitesse les tiroirs du bureau.

Elle trouva l’enveloppe et en sortit le contenu. Un sourire apparut sur son visage. Rapidement, Beth prit l’enveloppe et son contenu et l'enfouit dans la poche de sa veste.

Superman fixa longuement sa poche et hocha la tête. "On va vous ramener chez vous, madame Luthor et conduire cet... homme en prison."

"Voilà," dit Jimmy, jetant la pile de plans sur la table de la salle de conférence.

Penny l'imita et laissa également tomber une grande pile de documents et de dossiers sur la table.

Voyant la manière dont Jimmy regardait Penny et l'air coupable qu'il jetait à la pile qu’ils avaient apporté, Lois répondit, "Merci Jimmy !" Déçue, elle leva les yeux vers eux. "Je viens tout juste de parler à Superman. Ils ont attrapé l’homme qui a fait le coup."

Les visages de Jimmy et Penny changèrent. "Alors, on a fait tout ça pour... rien ?" demanda Jimmy.

Lois hocha la tête. "Non, ça va être très utile pour l'article et la police sera heureuse d’avoir les preuves déjà réunies dans cette affaire." Elle leur sourit. "Si tu te dépêches, tu pourras avoir l’exclusivité pour les photos." Elle lui donna l’adresse.

Jimmy et Penny sourirent. "Super !" dit Jimmy. "Allons, Pen, on ne doit pas manquer ça !"

Penny leva les yeux au ciel en souriant et regarda Lois avant d’être pressée par son petit ami.

Superman observait la scène pendant que Lex Luthor prenait chaleureusement sa femme dans ses bras. "Je croyais t’avoir perdue," murmura Luthor.

Superman les laissa et s’envola dans la nuit.

Lex tira Beth de leur étreinte, la tenant devant lui, il étudia sérieusement son visage. "Qu’est-il arrivé ?" lui demanda-t-il.

"Mindy Church avait la lettre," lui dit Beth. "Elle m’a kidnappé ! Et elle m’a laissé en compagnie de l’homme qui a tué mon oncle Sherman, pour qu’il me surveille !"

"La lettre ?"

Beth sourit et la tira de sa poche. "Je l’ai," dit-elle.

Lex tendit la main pour l’avoir. "Puis-je ?"

Elle ne la lui donna pas. "Lex, tu m’avais dit qu’Intergang avait la lettre."

Lex la regarda, platement, pour entendre la suite.

"Madame *Church* avait la lettre ! Lex, si seulement je pouvais le prouver !"

Lex sourit devant la surprise de Beth. "Alors, ma chère, nous allons devoir nous appliquer à prouver tout cela." Beth acquiesça. "La lettre ?"

"Prends-la," dit Beth, lui donnant l’enveloppe et son contenu. "Lis-la, garde-la, brûle-la, fais en ce que tu veux. Je te fais confiance, maintenant."

Lex prit la lettre et la rangea dans la poche intérieure de son veston. "Il reste tout de même l’autre lettre, n’est-ce pas ?"

Beth se contenta de sourire.

"Bon travail, Clark, Lois !" proclama Perry.

"Mais Chef, nous n’avons pas eu Intergang," se plaignit Lois, massant discrètement le bas de son dos. La journée avait été longue.

"Non, mais vous avez eu le meurtrier," répondit Perry. "Avec ses empreintes digitales sur les lieux du crime, au moins quelque chose de bien est arrivé." Il lui sourit. "Contrairement à votre théorie, Lois."

Lois haussa des épaules.

Perry jeta un œil à sa montre. "Enfer et damnation !" s’exclama-t-il. "Je dois aller chercher Alice." Il se leva et prit son manteau.

Clark sourit, la main sur ses lunettes comme s’il allait les baisser pour scanner quelque chose avec sa vision à rayons X. "Est-ce que les choses vont bien entre Alice et vous?" demanda-t-il.

Perry leur sourit, l'air très heureux. "Les choses vont très bien, Clark." Il cligna de l'œil en regardant Lois. "Mais elles s’apprêtent à être encore meilleures." Il se dirigea vers la porte.

Lois sourit à Clark. "Ça doit être une sortie du tonnerre !"

Clark acquiesça, d’accord avec elle, un sourire en coin sur le visage. Lois et Clark se frayèrent un chemin jusqu’à leurs bureaux. S’asseyant encore une fois, Lois leva son regard vers Clark. "As-tu pu jeter un œil à la lettre ?"

Clark hocha la tête. "Nous lui avions promis que non, Lois."

"Tu n’as pas regardé ?!" Lois était béate. "Mais pourquoi pas ? Et si c’était quelque chose dont nous aurions eu besoin pour notre sécurité ?"

"Et si ce n’était pas le cas," lui rappela Clark, "Nous serions en train d’envahir l’intimité de madame Luthor. Elle nous faisait confiance, Lois."

Lois sourcilla et soupira. Visiblement, elle n’appréciait pas beaucoup, mais elle ne pouvait faire maintenant quant de la décision de son mari.

Clark sourit et commença à lui masser délicatement les épaules. "Que dirais-tu si on rentrait à la maison et que je te masse les pieds, hmm ?"

Lois sourit à son mari. "Ça semble parfait." Elle grimaça et souffla soudain. "Oh !"

Clark était à genoux à ses côtés le temps qu'elle le dise. "Qu’est-ce que c’est ?" dit-il, d'une voix forte. "Lois ?"

Lois regarda Clark. "Il m'a donné un grand coup !"

Clark tira le pull de Lois et jeta un œil à son ventre. Il regarda le bébé que personne ne voyait et un sourire se dessina au coin de sa bouche. "Vilain bébé," le réprimanda-t-il, en agitant son doigt.

Lois rit de bon cœur. Le bébé donna un autre coup, faisant onduler l’estomac de Lois.

Les yeux de Clark s’écarquillèrent. "Wow ! C’était un coup !"

Lois sourit et prit sa main qu’elle plaça sur son ventre, sans résistance. Leurs regards se croisèrent, perdus dans la contemplation de leur enfant à naître.

"Je t’aime," murmurèrent-ils tous deux.



FIN



Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)