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Saison 5, Episode 15

Écrit par Cindy (un très célèbre co-auteur anonyme)

Version française de


Traduction Hypérion

 

"Lois ? Lois, tu m'entends ?"

Lois cherchait désespérément dans les ténèbres noires comme de l'encre, tendant l'oreille pour écouter la voix faible de son mari. "Clark ? Clark où es-tu ?"

"Lois…"

Elle arrivait à peine à l'entendre et puis il disparut. "Clark ?!" Mais il n'y avait pas de réponse et elle réalisa quelle était perdue dans le noir et elle essaya de crier, mais sa voix aussi avait disparu…

Avec un cri de terreur, Lois sursauta dans le lit, transpirante et agitée. Elle tendit une main tremblante vers la lampe sur la table de nuit. Clignant des yeux à la soudaine lumière, elle regarda l'espace vide à côté d'elle, encore incapable d'y croire. Elle rit amèrement de sa stupidité. Bien sûr qu'il n'était pas rentré. Pourquoi le ferait-il ?

Elle éteignit à nouveau la lumière, mais sachant d'expérience qu'elle ne pourrait plus dormir maintenant, elle se leva et retira l'édredon du lit. L'enroulant autour d'elle, elle s'installa dans le fauteuil tout proche de la fenêtre, levant les yeux vers la lune et les étoiles, se balançant doucement.


Vortex Temporel

Clark était assis en tailleur au milieu de la route poussiéreuse. Il ne se souvenait pas avoir eu aussi chaud de sa vie. Sa gorge était si sèche qu'il parvenait à peine à avaler et la sueur lui coulait dans le dos comme une rivière. Essuyant son front d'un revers de main, il se leva et, abritant ses yeux du soleil, regarda au loin sur la route à la recherche d'un coin d'ombre, d'eau ou… d'autre chose.

Et il n'y avait rien. Il savait qu'il n'y avait rien. Il avait remonté et descendu la route jusqu'à ce que ses jambes cèdent sous la fatigue (quelque chose d'autre à quoi il n'était pas habitué). Mais la route ne menait nulle part. "Seulement la route typique d'un vortex temporel," marmonna-t-il.

Frustré, il donna un coup de pied dans une pierre et se mit à courir à travers champ. Il ne s'attendait pas à arriver quelque part, rétrospectivement, il ne savait pas à quoi s'attendre. Il ne s'attendait pas à ce qui était arrivé. Il se mit à courir sur le bord du vortex.

Tout d'abord, il ne comprit pas ce qui se passait - un instant il courrait, le suivant, le vent le frappait et il se retrouvait couché par terre hébété et meurtri.

Secouant la tête pour s'éclaircir les idées, il se remit sur ses jambes et regarda autour de lui. Il n'y avait toujours rien à voir, mais quand il tendit la main, il sentit comme un mur de verre devant lui. Il le frappa tout d'abord doucement puis plus fort, puis il le martela. Rassemblant toutes les forces qui lui restaient, il essaya de briser le mur, ne parvenant qu'à meurtrir ses phalanges et son ego. Frustré et sentant la panique le gagner à nouveau, il se mit à taper sur le mur en jetant brutalement ses poings encore et encore, jusqu'à ce qu'il s'écroule sur le sol, à bout de souffle et haletant.

Le soleil le frappait tandis qu'il était étendu dans le champ, vaincu et mourant…

Épisode 15 : La Deuxième Fois

Écrit Cindy (et un très célèbre co-auteur anonyme)
(Traduction Hypérion)

De Nos Jours à Métropolis

Le bureau de Tom Crawford était décoré comme si une soirée se préparait. Des pizzas et des bouteilles de soda jonchaient le dessus de son bureau et l'on entendait de la musique de fond. Un cérémonie avait bel et bien lieu.

Les seuls invités de la soirée, toutefois, étaient Crawford et Tempus. Tempus avait les pieds posés sur le bureau de Crawford et mâchait avec satisfaction une fine part de pizza aux pepperonis. Crawford était debout au milieu de la pièce, mâchonnant d'un air absent un morceau de pepperoni et semblant résolument mal à l'aise.

Tempus soupira en finissant sa part. "Qui aurait cru que ces petit morceaux de porc ronds et fins pouvaient avoir si bon goût ?"

"Oui, c'est vrai," marmonna Crawford.

Si Tempus avait remarqué le manque d'enthousiasme de Crawford, il l'ignorait. "Et pendant que nous sommes là, dans la calme sérénité de ce bureau mangeant une double pepperoni au fromage," poursuivit-il, "Superman n'a rien de mieux à faire que de moissonner la récolte du champ illimité dans lequel je l'ai laissé, plan après plan. Perry White en est à sa troisième bouteille de bicarbonate essayant de trouver comment le Daily Planet va survivre au procès que vous avez intenté ce matin. Dommage qu'il n'ait pas trouver une bonne raison de retirer l'article, même après que Lois l'ait averti. Et quant à Lois…" Il s'interrompit et sourit à Crawford. "Je hasarde une hypothèse et dis qu'elle est, soit en train de pleurer toutes les larmes de son corps soit qu'elle a changé les verrous." Il éclata d'un rire sardonique.

Crawford le regarda. "Plutôt intelligent la façon dont vous avez combiné tout ça, je trouve."

"Vous trouvez ?" Tempus le regarda stupéfait. "Tom, vous ne réalisez pas ce que cela signifie ? Je ne peux rien faire ! Rien ! Après toutes les années passées à ruminer et à manœuvrer pour détruire Lane et Kent, uniquement pour voir chacun de mes plans détruits par cette bonne âme moralisatrice de Superman… C'est le triomphe qui n'arrive qu'une fois dans la vie ! Ou dans mon cas, dans plusieurs vies. Le fait est que c'est la fin parfaite et le jour parfait." Il prit une autre part de pizza avec un infini plaisir.

Crawford avait l'air écœuré. "Alors, et maintenant ?" demanda-t-il, retournant à son bureau et s'effondrant sur sa chaise.

Tempus réfléchit un moment en posant sa pizza. "Voilà une question intéressante. Je n'y ai pas vraiment pensé. D'ordinaire un vaurien sadique, psychopathe à la soif de pouvoir comme moi voudrait continuer à prendre le pouvoir sur le monde. Mais c'est ennuyeux à mourir, vous ne croyez pas ?"

"Euh, je suppose…" Crawford ne semblait pas très sûr.

"Non," décida Tempus, "cette fois, je crois que je vais faire ce que chaque homme mérite de faire après avoir commis le crime parfait : m'asseoir, me détendre et prendre quelques semaines de congé pour me remémorer avec sadisme le film complet des évènements encore et encore avant de passer à autre chose."

Joyeusement, il reprit sa pizza, les yeux posés sur Crawford qui buvait une canette de coka light d'un air morose. "Quoi Tom. " s'exclama Tempus, prenant une serviette, "Dites, mon garçon, vous ne vous sentez pas bien ? Je vous déconseille de boire ces boissons gazeuses avant de dormir."

"Je vais bien," marmonna Crawford, regardant ailleurs.

"Tom ! C'est le plus beau jour de ma vie ! Prenez un autre morceau de pizza."

Crawford posa sa boisson sur le bureau. "Non, merci. Je crois que vous avez raison au sujet des boissons gazeuses. Je me sens un peu barbouillé. En fait," il se leva très vite. "je crois que je vais rentrer à la maison"

Tempus avala le morceau de pizza qu'il mâchait et se leva. "Vous quittez si tôt ma soirée de triomphe ? Pourtant, vous savez combien j'ai horreur des rabat-joie !" Soupirant bruyamment, il sortit un revolver de sa veste et le pointa vers Crawford. "C'est dommage. J'aurais vraiment espéré ne pas en arriver là."

Terrifié, Crawford avala sa salive et recula légèrement, tout à fait conscient que la seule chose derrière lui était une fenêtre avec 17 étages au-dessous. "En arriver à quoi ?" demanda-t-il.

"A la pathétique obligation de vous menacer de vous blesser à moins que vous ne fassiez exactement ce que je vous dis." répliqua Tempus d'un ton sinistre. "Maintenant, asseyez vous."

Crawford s'assit très vite sur la chaise la plus proche. "Vous voyez, Tom," poursuivit Tempus, s'approchant de lui. "ce que je sais, c'est que vous allez sortir de ce bureau et suivre cet instinct fou et persistant qui vous dit de monter sur la colline, grimper dans votre Dodge et dire hasta la vista !" En souriant, il s'assit face à Crawford. "J'ai bien peur que cela ne soit pas acceptable. Maintenant que vous avez entamé des poursuites contre le Daily Planet, que nous savons être une partie importante de mon plan, j'ai bien peur que vous ne deviez rester un peu plus longtemps avec moi. Vous êtes le témoin clé de ce procès."

Il leva le revolver et Crawford frissonna. "Compris, Tom ?"

Crawford fit un petit signe de tête affirmatif Tempus se mit à rire. "Super."

Vortex Temporel

Clark ouvrit les yeux et fut surpris de se trouver encore en vie. Il remua légèrement et, étant donné qu'il n'était pas mort, décida de s'asseoir.

Il faisait si chaud à l'intérieur du vortex que le simple fait de s'asseoir l'obligeait à reprendre sa respiration. Il posa la main par terre s'attendant à sentir une chaleur intense venant du sol, mais fut surpris car malgré que le sol soit chaud, il n'attrapa pas les ampoules qu'il attendait.

Et il comprit pourquoi le sol était si chaud. Pourquoi il avait tant de difficultés à respirer.

Il manquait d'air.

Il n'avait même plus l'énergie de paniquer, maintenant, c'était gaspiller de l'air. Il s'allongea et retira ses lunettes pour se frotter les yeux ? Il ne s'était jamais senti aussi impuissant de sa vie et il pensa à Lois. Où était-elle ? Et que pensait-elle ?

Ses pensées furent interrompues par une odeur de fumée et il sauta en voyant que la réflexion du soleil dans ses verres de lunettes avait enflammé l'herbe. Réagissant très vite, en sachant que le feu risquait de consumer le reste de son oxygène, il piétina les petites flammes et saisit ses lunettes. En les examinant, une idée lui vint à l'esprit et il inclina les légèrement. Le soleil s'y réfléchit et il les dirigea vers le 'mur' vitré du vortex.

Dans un premier temps, il ne se passa rien. Puis, soudain, le mur commença à cloquer et à fondre. Clark laissa exploser sa joie en éclatant de rire, "Les supers pouvoirs sont hautement surfaits !"

Le trou du mur s'agrandissait et un effet d'aspiration se formait. Et avant même que Clark ne s'en rende compte, il était aspiré hors du vortex et disparaissait quelque part entre le temps et l'espace…

De nos Jours à Métropolis

Arrivant de nulle part, comme s'il s'éveillait soudain d'un profond sommeil, Clark se retrouva à Centennial Park, assis sur un banc. A vrai dire, il s'agissait exactement du banc sur lequel il était assis la nuit où H.G. Wells l'avait trouvé.

A première vue, il semblait que rien n'avait changé. Tout était à la même place, excepté que maintenant il faisait jour. L'après midi, d'après ce que pouvait voir Clark en regardant les gens à côté de lui qui finissaient leur déjeuner.

Perplexe, se demandant quel jour c'était, il prit un exemplaire du Daily Planet posé sur le banc à ses côtés… et frissonna.

"Non… c'est pas possible," murmura-t-il en regardant la date.

Dix jours s'étaient écoulés. Dix jours depuis qu'il était sorti en colère de la maison après cette dispute ridicule qui n'aurait jamais dû arriver. Dix jours depuis que H.G.Wells était apparu pour lui montrer combien il avait eu tort… et à quel point Lois était en danger.

"Lois…" Clark jeta le journal et se leva d'un bond, maintenant anxieux de retrouver sa femme et de s'expliquer. De s'excuser. De l'avertir…"

Presque avant qu'il n'ait le temps de faire un geste, il entendit un appel au secours si fort qu'il porta ses mains à ses oreilles. Il lui fallut un moment pour se remettre de sa surprise et comprendre ce qui se passait.

Ses supers pouvoirs étaient revenus. "Comme ça peut changer d'un jour à l'autre," murmura-t-il.

Les cris montaient. Il y avait des enfants au milieu.

Il disparut dans un tourbillon de feuilles et de papiers.

L'école primaire du quartier sud de Métropolis était à l'ordinaire un bâtiment bien entretenu, à l'écart du reste de la ville, attenant à une cour de récréation sûre et clôturée. Beaucoup de natifs de Métropolis qui avait été à l'école la considéraient comme la meilleure école de la ville.

Aujourd'hui, toutefois, l'école était encerclée par les groupes d'interventions des forces de police et des membres de la presse aussi bien télévisée qu'écrite. Le Daily Planet était représenté, naturellement dans ce cas, par Lois Lane et Jimmy Olsen.

Lynn James, de LNN News, se tenait devant les portes de l'entrée aussi près qu'elle le pouvait sans se faire arrêter. "Nous sommes en direct de l'Ecole Primaire de Métropolis où un homme armé a pris en otage une classe pleine d'enfants, avec leur institutrice. Le reste de l'école a été évacué sans danger. Les pourparlers sont interrompus et les autorités craignent le pire. Il semble…"

"Regardez ! Dans le ciel !" monta un cri derrière elle.

Tous les yeux se levèrent tandis que Superman s'approchait et se posait, se dirigeant droit vers le chef des opérations.

Lynn James était aux anges. C'était son deuxième scoop sur Superman en deux semaines. Ça ne pouvait pas aller mieux. "Superman vient juste d'arriver sur les lieux !" annonça-t-elle à la caméra. "Comme vous devez le savoir, Superman n'a été vu nulle part depuis dix jours ! Personne ne sait où il était et pourquoi il avait disparu, mais je le répète ! Superman est là !"

"Lois ! C'est Superman ! Il est revenu ! Est-ce que c'est pas génial ?!" Jimmy, étonné du manque de réaction de Lois, commença frénétiquement à prendre des photos.

En fait, Lois restait là, sans voix, la surprise de voir son mari traduisant son incrédulité. Le soulagement l'envahit alors qu'elle essayait de reprendre sa respiration. Il était vivant ! Elle avait eu si peur… Mais alors où était-il tout ce temps pendant qu'elle s'inquiétait, pendant qu'elle agonisait en demandant où il était ? Elle ne savait pas si elle devait hurler, pleurer ou le prendre dans ses bras, alors elle restait juste là à le regarder s'envoler vers la fenêtre de l'école et réapparaître quelques secondes plus tard tenant l'homme armé par le col.

Superman déposa le terroriste à la police qui l'embarqua. Se retournant alors, il s'avança vers Lois, un chemin qui, malheureusement le conduisit vers la zone des journalistes où il fut immédiatement entouré par des reporters surexcités.

"Superman ! Lynn James, LNN News ! Pouvez-vous nous dire où vous étiez ?"

"Superman ! Tom Karron, Métroline ! Puis-je avoir une déclaration ?"

Malgré tous ses efforts, l'Homme d'Acier, n'était pas de taille à lutter contre la horde de journalistes et il resta là, inexorablement entouré et croisa le regard de Lois. Elle le regarda un long moment et quoiqu'il fasse, même sa super vision n'arrivait pas à lire ce qui se trouvait derrière ces yeux sombres.

"Superman !"

"Superman !"

Il se retourna un bref instant vers l'un des reporters et quand leva à nouveau les yeux, elle était partie.

Un peu plus tard, Clark se posait près du 348 Hypérion Avenue et arrangeait sa cravate en grimpant les escaliers qui menaient à la propriété. Il essaya d'ouvrir la porte qui était verrouillée et regarda vers fenêtre de l'étage. Pas de lumière. Lois n'était visiblement pas à la maison.

En haussant les épaules, il chercha les clés mais trouva sa poche vide. "Pas de clés," marmonna-t-il en réfléchissant. "Est-ce que je les ai laissées dans mon autre veste… où est-ce que je les ai perdues quand j'étais coincé dans le vortex temporel ?"

Il regarda des deux côtés, puis à nouveau vers les fenêtres. "Non,' décida-t-il, "Vaut mieux pas."

Il se souvint de la clé que Lois avait laissée une fois ou deux dans le pot de fleurs (ou était-ce sous le pot de fleurs ?) et commençait à regarder 'à travers' quand il entendit ses pas.

Elle n'était pas encore assez près pour le voir et d'ailleurs n'y prêtait pas attention car elle cherchait ses clés dans son sac.

Elle leva les yeux et commença à monter les escaliers, s'arrêtant net quand elle vit Clark sur le palier. "Oh, regardez qui est là," dit-elle enfin, grimpant le reste des marches.

"Lois -"

"Non. Je ne plaisante pas." Ce faisant, elle enfila sa clé dans la serrure. Clark tendit la main et la posa sur la sienne. Surprise par ce contact inattendu, elle se retourna lentement vers lui. "Oh, mon Dieu, Clark…"

Maintenant qu'elle était là, enfin, juste devant lui, Clark se retrouva incapable de parler. "Je… Je suis revenu dès que j'ai pu…" essaya-t-il de dire.

Lois, pleurant silencieusement, se détourna de lui. "Je ne peux pas," dit-elle doucement.

Clark réalisa qu'il perdait du terrain. "Lois, il fallait que je te vois ! Il faut qu'on parle ! Il faut que je m'explique-"

Lois semblait se ressaisir et se remit à essayer d'ouvrir la serrure. "Oui, une explication. Ce serait…" Elle s'arrêta et leva les yeux vers lui avec impuissance.

"J'ai essayé de te parler avant," continua Clark. "mais il y avait trop de gens autour de nous, alors je suis venu à la maison. Mais je n'ai pas trouvé mes clés."

Lois ouvrit enfin la porte et se retourna vers Clark en entrant. "Ça n'aurait rien changé, même si tu les avais eues." dit-elle fermement. "J'ai changé les serrures."

Elle lui claqua la porte au nez et il resta là, stupéfait.

Tempus et Tom Crawford se tenaient devant le téléviseur du bureau de Crawford et regardaient le reportage de Lynn James sur LNN News. "Superman n'a pas communiqué où il se trouvait pendant ces deux dernières semaines durant lesquelles il avait disparu, mais je pense qu'on peut dire que Métropolis est heureux de le voir de retour…"

De colère, Tempus envoya par terre tout ce qui se trouvait sur le bureau de Crawford. Crawford se leva d'un bond et laissa tomber la télécommande et la télé fut coupée.

Tempus ne le remarqua même pas. "Pas tout Métropolis !! Bon sang !! Que faut-il donc faire pour débarrasser ce monde - ou un autre monde - de ce boy-scout aux bottes et à la cape rouges ?!"

Crawford ne put se retenir de sourire, juste un peu. "On dirait que Métropolis n'est pas d'accord avec vous."

"Eh bien, Métropolis ne sait pas ce que je sais." marmonna Tempus énervé. Comme pour confirmer ses propres mots, il s'arrêta et se tourna lentement pour regarder Crawford. "Tom - je suis impressionné. De temps à autre un petit éclair de luminosité apparaît."

"Crawford le regarda mal à l'aise. "Quoi ?"

Tempus commença à arpenter le bureau. "Je pense que les gens de Métropolis - du monde - doivent être informés. Ils doivent savoir que Superman sera responsable de la ruine du futur !"

Crawford soupira. Il était au courant du plan de Tempus depuis le début, mais là, il était complètement perdu. "De quoi parlez-vous ?"

Tempus, hocha la tête sans l'entendre. "Oui, oui c'est ça ! Seulement vous ne pouvez pas leur expliquer ça - ils ne vont pas comprendre."

"Ils ne vont pas comprendre. Et que voulez vous dire par moi ?"

Se penchant vers lui tout excité, Tempus répondit. "Vous êtes conseiller municipal, Tom. C'est votre travail - votre devoir - de protéger le peuple de Métropolis contre le diable !"

"Le diable ! Superman ?!" Crawford le regarda avec horreur. "Attendez une minute - vous voulez retourner Métropolis contre Superman ?!"

"Non, non, pas du tout," Tempus hocha la tête et sourit à Crawford qui vit qu'il était néanmoins on ne peut plus sérieux, pour une fois. "Je veux que vous retourniez Métropolis contre Superman. Pour montrer à la société quelle menace il représente."

Martha Kent apportait une tarte aux myrtilles sur la table pendant que Jonathan et elle écoutaient Clark finir son histoire. "Et elle est rentrée," dit-il tristement. "Elle n'a même pas allumé la lumière."

"Oh, chéri," Martha posa la main sur son épaule en passant les assiettes devant lui.

"Je ne savais pas quoi faire - si je devais rester ou non. Après tout, elle ne voulait visiblement pas que j'entre et voler jusqu'au premier n'allait rien y changer. Alors je suis venu ici. Je n'avais aucun autre endroit où aller."

"Eh bien, mon chéri," commença Martha, posant les assiettes sur la table, "tu peux certainement rester ici aussi longtemps que tu le voudras - spécialement après tout ce que tu as vécu, mais - "

Jonathan l'interrompit, hochant la tête, "Rester ici ne va pas arranger les choses entre toi et Lois. Tu dois retourner là-bas et lui parler. Lui expliquer ce qui est arrivé. Faire en sorte qu'elle t'écoute."

"Ton père à raison, mon chéri…"

Clark sourit à demi. "C'est de Lois dont nous parlons. Que suis-je supposé 'faire' pour qu'elle m'écoute ?"

"Le fait est, fiston," dit doucement Jonathan, "vous n'aller pas régler ça à moins que Lois ne sache ce qui t'ai arrivé et si tu n'es pas à Métropolis, tu ne pourras pas la mettre au courant."

Clark recula sa chaise et se leva. "Je sais, vous avez raison…" Il sortit de la salle à manger.

"Clark, tu ne veux pas un peu de tarte ? " lui demanda Martha.

Clark s'assit avec lassitude sur le canapé. "Non, merci, Maman."

Martha échangea un regard inquiet avec son mari pendant que leur fils commençait à surfer sur la télévision. "Jonathan, il m'inquiète," murmura-t-elle.

Jonathan acquiesça d'un signe de tête.

Clark était sur la chaîne USNEWS qui posait la question suivante, "Superman est enfin de retour. Vous avez vu son audacieux sauvetage tout à l'heure, mais il n'a pas cru nécessaire de raconter à qui que ce soit où il était. Que cache-t-il ? Pourquoi l'Homme d'Acier ment-il au monde ?"

Clark sentit le sang lui monter au visage et il se mit à crier. "Quoi ?!" Martha et Jonathan accoururent.

Le reporter continuait, "Tom Crawford, Conseiller Municipal de Métropolis, est ici avec nous. Monsieur Crawford, en tant que représentant du peuple, quels sont vos sentiments sur de cette situation concernant Superman - sa mystérieuse disparition et son retour soudain ?"

Crawford, entouré d'une foule de gens dans une rue animée, avait l'air du parfait politicien inquiet en répondant, "Superman, qui est censé protéger les gens, a soudain décidé de partir sans prévenir ? Et puis, Superman, qui est censé représenter la vérité, revient soudain et refuse de s'expliquer ? Où était-il exactement ? Qu'a t-il fait ? Et pourquoi ne veut-il rien dire à personne ?"

Martha tendit la main et caressa doucement celle de Clark qui tremblait de colère. Elle était furieuse elle aussi et tandis qu'ils écoutaient Crawford poursuivre, elle vit que Jonathan commençait à s'énerver, "Il est visiblement mêlé à quelque chose de sinistre - et probablement d'illégal. En tant qu'élu du peuple, c'est mon travail - mon devoir - de protéger les gens et d'aller au bout du complot diabolique que Superman est visiblement en train de préparer. Et n'ayez crainte ! Je le ferai !"

Clark coupa le son sur la télécommande et se leva au moment où Martha tendait la main pour lui prendre la télécommande des mains, de peur qu'elle ne finisse dans l'espace à tous moments. "Complot diabolique ?!" s'exclama Clark. "Comment sommes nous arrivés de 'voyage mystérieux' à 'complot diabolique' ?!"

"Il a l'air déterminé à crucifier Superman," reconnut Jonathan, serrant lui aussi les poings de colère.

"Oui et c'est vraiment commode que je ne puisse m'expliquer," ajouta Clark. Il s'arrêta soudain et se tapa la tête. "Oh, comme je suis bête ? Il travaille visiblement pour Tempus."

Martha s'exclama. "Alors tu dois l'arrêter !"

"Qu'est-ce que je suis censé dire ?" cria Clark. "Ma propre femme ne veut même pas me parler !"

Jonathan se leva et fit pivoter Clark face à lui. "Clark maintenant tu m'écoutes," dit-il très fermement. "Tu dois retourner à Métropolis, parler à Lois et régler toute cette histoire !"

Clark hocha la tête. "Ce qui nous ramène à - comment vais-je faire pour qu'elle m'écoute ?"

Martha, qui regardait la télé, hocha pensivement la tête. "Elle a montré clairement ses sentiments… elle ne veut pas parler à 'Clark'…" Elle s'interrompit alors que repassait la séquence où Superman sortait de l'école en tirant le terroriste.

"Vrai…" reconnut Clark, sans savoir où elle voulait en venir avec ça.

Martha sourit. "Mais et si elle devait parler à Superman ?"

Clark et Jonathan la regardèrent.

La salle de rédaction du Daily Planet débordait d'activité. Il était tard et chacun essayait de rassembler autant d'informations que possible sur Superman pour l'édition du matin.

Jimmy Olsen tapait frénétiquement sur son ordinateur. Avant de partir, Lois avait, sans enthousiasme, écrit un article sur le sauvetage de Superman, mais Perry pensait qu'il manquait quelques détails. Plutôt que de le faire remarquer à Lois (ce qui, pensait-il, serait une très MAUVAISE idée), il avait autorisé Jimmy, le seul autre témoin du journal, à ajouter ce qu'il pouvait avant de le terminer lui-même. Toutefois maintenant, il y avait d'autres chats à fouetter. Lois et lui avaient été toute la journée en réunion avec le service contention au sujet des poursuites intentées par Crawford. De plus, il n'allait pas laisser Crawford lancer des propos calomnieux sur Superman. Pas le moindre.

Perry ouvrit la porte de son bureau. "Jimmy !!!"

Avant que les syllabes ne soient sorties de sa bouche, Jimmy était dans son bureau, essoufflé. "Oui, Chef ?"

"Jimmy, je veux que tu épluches toutes tes photos et que tu sortes 10 à 15 bonnes photos de Superman faisant un sauvetage dramatique, secourant quelqu'un ou accomplissant un tour de force…"

Jimmy lui fit un signe de tête affirmatif, sachant où Perry voulait en venir. "Oui, Chef, je m'en occupe."

Perry furieux l'entendit à peine. "…je me moque de ce que dit Crawford - cette ordure ne va pas détruite la réputation de Superman ! Pas tant que je vivrai et DIRIGERAI CE JOURNAL !!"

Jimmy acquiesça encore une fois et, pensant à son salut, sauta sur la première occasion pour filer. Perry se dirigea vers son bureau. Fulminant toujours, il se mit à ranger des papiers. La plupart d'entre eux se retrouvèrent par terre quand Superman atterrit.

"Mais qu'est-ce que -" Perry leva les yeux et fut stupéfait de voir Superman entrer par sa fenêtre. D'ordinaire il passait par la porte.

"Désolé, Monsieur White," le salua Superman en lui montrant les papiers éparpillés.

"Quoi ?" Oh, ça ne fait rien, mon garçon. Vous allez bien ? Je veux dire -"

Superman leva la main. "Oui, merci. Eh bien, au moins, ça ira - avec votre aide."

"Bien sûr ! Tout ce que vous voulez ! Que puis-je faire ?"

Superman retint le regard de Perry. "Je dois raconter mon histoire, Monsieur White. Je voudrais la raconter au Daily Planet, car je sais que vous serez objectif."

Le cœur de Perry fit un bond. Il savait que ce jour finirait mieux qu'il n'avait commencé. "Je me fais un point d'honneur à toujours donner toutes les versions d'une histoire," dit-il avec assurance."

Superman acquiesça. "J'y compte bien, Monsieur White. Il y a juste une chose."

"Oh ?" demanda Perry nerveusement.

"Je veux que Lois Lane écrive l'article."

Perry sourit, soulagé. "Superman, je crois que ça peut s'arranger."

Les deux hommes se serrèrent la main, chacun se satisfaisant de son coup.

Tôt le lendemain matin, Lois Lane sortit de l'ascenseur et entra dans la salle de rédaction du Daily Planet, l'air impitoyable. Les nombreux membres du personnel, déjà fatigués d'avoir travaillé jusqu'à des heures impossibles sur le retour de Superman, s'appliquèrent à l'éviter.

En se dirigeant vers son bureau, elle s'arrêta à la machine à café pour se servir une tasse de déca en jetant un regard d'envie vers le vrai café. "Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour un peu de caféine ce matin…" marmonna-t-elle, ajoutant un peu de lait. Elle se caressa le ventre en soupirant. "Ne t'inquiète pas mon tout petit," murmura-t-elle d'un air rassurant. "J'aurai bien le temps de prendre de la caféine plus tard - c'est promis."

Portant la tasse à ses lèvres, elle s'apprêtait à en boire une gorgée quand Perry sortit de son bureau et l'aperçut. "Lois !" cria-t-il. "Dans mon bureau ! Tout de suite !"

Lois soupira et se retourna pour le regarder. Tout à son enthousiasme, il ignora le message évident "ne m'embêtez pas" que lui envoyait Lois en agitant la main.

Lois posa son café et prit son manteau, le jetant, ainsi que son porte documents dans le coin de son bureau. Le porte documents arriva à bon port mais le manteau se retrouva par terre. Jimmy s'approcha silencieusement et le ramassa. Lois n'en tint aucun compte et emporta son café dans le bureau de Perry.

"Oui, Perry ?" dit-elle, essayant de garder son calme en entrant.

L'atmosphère était loin d'être calme. Perry était si excité qu'il parvenait à peine à respirer en se tournant vers elle en agitant les mains. "Où étiez-vous, Lois ? On a un journal à sauver ! Et vous êtes justement la femme qui peut le faire. Attendez d'entendre l'article que j'ai pour vous !"

"Oh, c'est… formidable, Perry," répondit Lois, essayant sans succès de s'enthousiasmer.

Perry la regarda. "Ai-je oublié de dire que l'on essaie de sauver le Daily Planet de la faillite du siècle, Lois ?"

"Non, Chef. En fait, rien qu'hier, plusieurs fois."

"Eh bien, étant donné qu'il ne manquait plus que l'article Crawford au milieu de toute cette pagaille -"

"Chef, il n'y avait aucune raison de supprimer l'article à part les déclarations de Bobby le Morfal. On en a parlé !"

"Lois ! Est-ce trop demander que d'avoir votre complète attention !"

"Très bien," dit Lois, essayant de se concentrer. "Vous avez un… article pour moi."

Perry s'arrêta un instant et s'assit sur le bord de son bureau. "Ecoutez, ma chérie," dit-il calmement l'air préoccupé. "Je sais que les choses n'ont pas été très faciles pour vous ces deux dernières semaines. Je ne sais même pas comment vous arrivez à vous lever pour venir travailler. Bon, je ne sais pas exactement ce qui s'est passé entre Clark et vous," il leva la main alors que Lois s'apprêtait à répondre, "et très franchement, je ne veux pas le savoir. Mais je ne vais pas rester là à laisser toute votre vie aller à Volo. La Lois Lane que je connais n'accepterait pas la fatalité sans se battre !"

Lois le regardait. Elle était si lasse de tout ça. Perry n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait et elle était tellement tentée de lui raconter - pour soulager son cœur et qu'il la réconforte. Mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas faire ça, alors elle se contenta de remuer son café et de penser à ce qu'elle pouvait dire pour le rassurer.

Mais Perry continuait à parler. "Et je sais exactement ce qui va ramener quelques couleurs à ces joues ! Imaginez, Lois : le plus grand article à la une à Métropolis depuis des semaines. Et cet article nous est apporté sur le pas de la porte. Et il pourrait bien nous sortir de notre fin toute proche."

Lois posa son café. "Chef, même un article disant 'On a vu Elvis au Club Méd.' n'aurait pas un tel effet. De quoi s'agit-il ?"

Perry lui sourit. "Superman. C'est de ça qu'il s'agit."

Lois eut l'impression de recevoir coup.

"Tout là-haut," s'exclama Perry, sautant de son bureau et montrant la fenêtre." Très haut dans le ciel de Métropolis, aucun doute maintenant, il est de retour."

"Uh-huh," marmonna Lois.

"Et maintenant qu'il est revenu," poursuivit Perry, son excitation grandissant, comme si c'était encore possible, "chaque reporter et présentateur de Métropolis - et même, du pays - se vendrait pour savoir où il était pendant presque deux semaines. Toutefois…" il s'interrompit avec un effet théâtral, que Lois aurait trouvé tout à fait ennuyeux si elle n'avait pas eu le pressentiment de ce qui allait arriver, "un seul journal a obtenu l'interview exclusive de Superman - Le Daily Planet."

Il termina avec brio, attendant les félicitations, mais Lois essayait juste de ne pas vomir son petit déjeuner. Elle acquiesça brièvement tout en se disant "Je ne peux pas faire ça," mais la seule chose qu'elle parvint à dire fut, "Quoi ?"

"Et tout spécialement Lois Lane."

"Quoi ?"

Perry tapa dans ses mains l'air triomphant, tandis que Lois le regardait les yeux écarquillés. "Superman est venu en personne hier soir," l'informa-t-il. "Il a proposé - il nous a proposé - cette interview. Il a dit qu'il voulait que cette histoire soit racontée uniquement par le Daily Planet. Et seulement si c'est vous qui l'écrivez.

"Oh, j'en suis sûre." Lois commençait à s'énerver et Perry, s'en apercevant, était interloqué.

"Bon sang, Lois, où est le problème ? Vous êtes le seul reporter de la planète qui a les exclusivités sur Superman…"

"Eh bien, il va falloir en trouver un autre parce que je ne ferai pas celle-ci." Lois se leva et commença à quitter le bureau de Perry.

"Oh, vous ne voulez pas la faire !" Perry traversa la pièce et lui coupa la sortie avant même que Lois ne comprenne ce qui se passait. Durant toutes ces années au Planet, elle ne l'avait jamais vu aller si vite. "Lois, c'est le seul article assez énorme pour avoir le potentiel de remettre le Daily Planet sur les rails. C'est ça ou on peut dire adieu à notre boulot !"

"Perry !" Lois, qui était prête à revenir avec une réponse typique à la Lois, s'arrêta soudain, ses forces l'abandonnant. "Je suis désolée, Perry… Je ne peux pas. Je ne peux… pas."

Perry posa doucement la main sur son épaule. "Lois, je suis désolé. Je suis vraiment désolé. Mais vous n'avez pas le choix. Superman a promis au Daily Planet une interview exclusive La seule et unique condition est qu'elle soit faîte par vous. Maintenant, je sais que vous passez des moments difficiles, mais le Daily Planet aussi… et nous savons tous les deux pourquoi," ajouta-t-il, et Lois était ennuyée par cette insinuation. Elle était sûre de son article, mais elle savait pertinemment que ces poursuites allaient apporter beaucoup de problèmes au Daily Planet, et elle savait aussi à quel point Perry s'inquiétait.

Cachant son visage dans ses mains en essayant de chercher ce qu'il fallait faire, elle fut surprise de s'entendre dire, "D'accord, Perry, je vais le faire."

"Parfait !" répondit Perry avant même que Lois n'ait le temps de faire marche arrière. " Vous pouvez tous les deux vous installer dans un endroit tranquille et…"

"Non !" dit Lois à la hâte. Perry la regarda surpris. "Je veux dire," dit-elle, essayant de réfléchir à toute vitesse, "C'est vraiment une belle journée… peut-être pourrions nous nous retrouver dans le parc ?" N'importe où, mais dans un lieu public. N'importe où, où elle n'aurait pas à se retrouver seule… avec lui.

"Le parc, très bien," dit Perry, "Superman a dit qu'il m'appellerait ce matin pour s'assurer de tous les détails.

"Bien," dit Lois, "dites lui que je le retrouverai là-bas dans une heure." Elle dressa les sourcils en regardant Perry, lui montrant que la porte était toujours bloquée. Il se recula et elle sortit, en claquant la porte derrière elle et se dirigea vers les lavabos des dames pour pouvoir s'isoler pour pleurer.

Une heure et cinq minutes plus tard, Lois était assise sur un banc dans Centennial Park à regarder sa montre. "Il lui reste un quart d'heure pour se montrer." se dit-elle en tapant du pied. "Et puis…" Et puis quoi ? S'il était en retard, cela voudrait sans doute dire qu'il est en train de sauver quelqu'un d'une chose horrible et Perry la renverrai faire l'interview... Comment Clark pouvait-il lui faire ça ? C'était tellement déloyal de la piéger comme ça… Et alors, elle se souvint de son expression le soir précédent quand elle lui avait claqué la porte au nez. Elle avait presque senti son cœur se briser.

Ces pensées furent interrompues par le 'woosh' de Superman se posant à côté d'elle. "Salut," dit-il, s'asseyant à ses côtés.

Pour un homme gagnant sa vie avec les mots…"Salut," répondit-elle, en jetant un regard sur sa montre.

"Désolé, je suis un peu en retard, "s'excusa-t-il. "Je… en vérité, je n'étais pas sûr que tu viendrais"

"Perry m'a chargé d'une mission et je suis là." répondit-elle. Ils pouvaient être deux à jouer à ce petit jeu. Elle alluma son magnétophone. "Superman, la première question que j'ai à vous poser est évidente. Pouvez- vous me dire où vous-vous trouviez pendant ces deux dernières semaines ?"

Clark la regarda tristement. "Non, Lois."

"Je vois," dit Lois brusquement, prenant des notes sur son bloc. "Dites-moi, Superman, quel genre de questions attendiez-vous de cette interview ?"

"Lois," dit Clark très calmement, "arrête ça. S'il te plait, éteins le magnétophone."

"C'est une interview, Cl - Superman," lui lança Lois. "Et si vous n'êtes pas prêt à en accorder une, j'ai du travail qui m'attend au Daily Planet. Pendant qu'il y a encore un Daily Planet. C'est vrai que vous n'étiez pas là pour être au courant de ça."

Clark tendit la main et éteignit le magnétophone. Lois le regarda en colère et commença à rassembler ses affaires.

"J'en sais plus que tu ne le crois, Lois. Je suis au courant de la plainte de Tom Crawford et plus encore, je sais ce qu'il y a derrière." Il tendit la main pour l'empêcher de se lever et bien que s'éloignant de lui, elle resta là, "J'ai été enfermé par Tempus dans un vortex temporel. Je ne me suis échappé qu'hier."

Lois le regarda et il se mit à rire. "Mon Dieu, c'est stupide ! Tout ça est stupide !" Il s'enfonça la tête dans les mains puis leva les yeux vers elle. "Lois, la seule raison pour laquelle j'ai demandé à Perry cette interview était que je pouvais te regarder dans les yeux et te dire la vérité. Même si tu ne veux pas m'écouter, je ne pourrais pas vivre en sachant que tu penses que j'ai pu te quitter. Lois… tout ça est un malentendu."

Lois ne répondit pas tout de suite et soupira. "Je ne sais pas ce que je vais faire," reconnut-il. "Je ne peux pas dire aux gens, à part à toi bien sûr, la vérité. Après tout, qui va me croire ?"

"Qui en effet ?" demanda calmement Lois.

Clark se leva et la regarda. "Tu crois que je ne sais pas ce que les gens disent de moi ? Comment ils pensent que je suis 'parti' sans prévenir - sans rien dire ? Et je ne peux pas leur dire la vérité ! Lois," Il s'assit à nouveau à côté d'elle et lui prit la main. "Tu es la seule à qui je puisse dire ça, qui peut me croire, qui peut m'aider. Lois, Tom Crawford est un homme dangereux. Il travaille pour Tempus."

Lois le regarda horrifiée. "Crawford travaille pour Tempus ? Tu en es sûr,"

"Ecoute," la supplia son mari. "Je vais tout te dire. Mais écoute."

Et Lois écouta, malgré elle, malgré sa colère, sa tristesse. Elle s'assit là sur le banc et écouta son histoire, commençant avec H.G. Wells venant vers lui deux semaines plus tôt quand il s'était assis sur ce même banc. Son voyage six mois dans le futur et puis six mois plus tard. Comment il l'avait été témoin de son assassinat, son expérience dans le vortex temporel…

"… Alors j'ai été aspiré hors du vortex et j'ai atterri sur ce banc… et j'ai découvert que j'étais parti depuis dix jours !"

Lois hocha lentement la tête. "Tu es resté prisonnier dans un champ de mais pendant dix jours." Il ne savait pas si elle essayait juste d'assimiler la nouvelle ou s'il y avait un peu de scepticisme dans sa voix. D'un autre côté, il ne pouvait pas vraiment la blâmer.

"Je… eh bien, je crois qu'oui. Ça ne m'a pas paru aussi long. Le temps a dû s'accélérer ou se ralentir ou… autre chose. Je n'en suis pas certain."

"Clark… attends une minute. Tempus est - était en prison ! "Comment a-t-il pu sortir ?"

"Lois, je n'en ai aucune idée. Mais il l'a fait. Tu crois vraiment que je pourrais inventer une histoire pareille ?"

Lois soupira. "J'en sais rien, Clark. Tu t'es bien inventé une autre identité et tu as laissé tout le monde, moi y compris, croire que tu étais quelqu'un d'autre."

"Oh, ne reviens pas là-dessus." Il se mit à rire, essayant de détendre de l'atmosphère et elle sourit en se relevant.

"Il faut vraiment que je retourne au Daily Planet…"

Superman se leva d'un bond. "Attend, Lois ! Euh… c'est tout ce que tu as à dire ?!"

"Non," dit Lois, ramassant son porte documents, "mais c'est tout ce que j'ai à te dire maintenant considérant que Perry attend de moi un article en première page pour l'édition de ce soir et que je n'ai pas grand chose à y mettre."

"Lois, je sais que toute cette histoire est un choc… Je sais que c'est presque incroyable. Mais tu dois me croire. Je ne t'ai pas quittée. Je ne pourrais jamais te quitter"

Lois le regarda d'un air évasif. "Que veux-tu que j'écrive ?"

Clark hocha la tête. "C'est une interview exclusive. Ecris ce que tu veux."

"Bien." Elle se retourna pour s'en aller.

"Quand pourrons nous parler ?" demanda-t-il désespéré.

"Je ne sais pas, Clark." Et elle commença à partir.

"Lois, s'il te plaît !"

Lois se retourna une dernière fois. "Ecoute, Clark, je crois que tu étais prisonnier quelque part. Je le crois vraiment. Mais que ce soit Tempus ou une soucoupe volante… Ça m'est égal. Tu dis que tu ne partirais jamais… mais le fait est… tout ça est arrivé parce que tu es parti. Tout le reste s'est passé après"

Et elle s'en alla sans se retourner. Clark commença à la suivre mais changea d'avis et s'arrêta en la regardant disparaître dans l'allée.

Tom Crawford soupira en son for intérieur quand Tempus fit irruption dans son bureau. "Cette fois ca y est - c'est l'enfer, n'est-ce vrai ?" pensa-t-il.

"Tom !" s'écria Tempus, traversant la pièce vers lui. "Vous ai-je demandé comment vous alliez ?" Le sentiment Anti-Superman se répand sur la ville ! Les gens commencent à haïr ce petit saint - n'est-ce pas merveilleux ?"

"Oui, formidable," marmonna Crawford.

"Mais vous devons continuer, Tom," poursuivit Tempus, traversant la pièce et se tournant pour regarder Crawford, le visage tout excité. "Nous devons continuer - le monde doit haïr Superman. Vous ne voyez pas ? Si Superman s'en va, on est sauvés - on sera tous sauvés ! L'avenir en dépend !" Il poussa un soupir de joie. "Dieu merci j'ai eu la prévoyance de m'occuper de Herb. Gentil garçon, la bonne âme modèle, mais ne sachant pas s'occuper de ses affaires, vous voyez ce que je veux dire, Tom ? Au moins, nous savons qu'il n'ira plus farfouiller dans quelque univers alternatif, cette fois-ci. Et je suppose qu'il ne reviendra pas ici de sitôt non plus."

Crawford se contenta de le regarder.

Lois était assise sur le canapé depuis des heures, réfléchissant, essayant d'écrire… mais se passant et se repassant la voix de Clark encore et encore sur le magnétophone. Il n'y avait pas grand chose dessus, excepté Clark lui demandant d'éteindre le magnétophone, mais elle voulait juste entendre sa voix.

Elle savait qu'il lui avait dit la vérité - il y avait mentir et il y avait mentir et Clark ne mentait pas - pas comme ça. Mais la vérité était, quoiqu'elle savait pourquoi il était parti si longtemps, qu'elle ne pouvait passer sur le fait qu'il était tout d'abord parti. Le souvenir de leur dispute la faisait encore pleurer et elle entendait le bruit horrible de la porte se refermant derrière lui.

Mais l'avoir découvert sur le pas de porte hier - c'était exactement comme cette nuit où elle était rentrée à la maison en pensant qu'il était sur la Nouvelle Krypton et qu'elle l'avait trouvé sur le pas de la porte, un peu comme une sorte de rêve. Seulement, elle avait laissé sa fierté obscurcir le soulagement qu'elle ressentait de voir qu'il allait bien, qu'il était vivant… elle avait eu si peur que quelque chose soit arrivé. Car elle savait qu'il ne l'aurait jamais quitté - pas vraiment.

Les pensées embrouillées, elle regardait l'article à moitié écrit sur son ordinateur portable. "Perry ne va jamais marcher," ronchonna-t-elle, l'imaginant au Daily Planet, déjà en train de tourner et virer, se tenant prêt pour boucler l'édition du soir. Elle n'avait pas répondu au téléphone depuis environ 3 heures.

Levant les yeux, elle vit un nouveau reportage à la télévision dont le son était coupé et attrapa la télécommande pour le remonter. Lynn James commentait la "rapide escalade de mécontentement sur Superman."

"Tout le monde veut savoir où se trouvait Superman," disait sa voix. Et Lois soupira quand l'image fut coupée laissant place à Tom Crawford se trouvant dans une rue remplie d'une foule de sympathisants. "Je demande," criait-il, par delà les applaudissements de la foule, "que Superman donne à Métropolis une explication sur l'endroit où il se trouvait ses dix derniers jours. Je lui donne vingt-quatre heures pour expliquer à cette ville pourquoi il l'a abandonnée au moment où elle avait besoin de lui !" La foule hurla son approbation et Lynn James répéta les déclarations de Crawford.

Lois éteignit la télé l'air dégoûté. "Vingt-quatre heures. Et puis quoi ? Qu'est-ce que vous allez faire après ?" C'était pour la forme, bien sûr, mais elle se le demandait - que pouvait cacher Tempus dans sa manche cette fois ci ? Pourquoi était-il si tranquille ?

Reportant son attention sur ce qu'elle faisait précédemment, elle remit à nouveau le magnétoscope en marche. "Lois, arrête ça," lui parvint la voix de Clark. Elle l'éteignit, songeuse, regarda le téléviseur et hocha la tête.

Martha Kent répondit à la troisième sonnerie du téléphone. Les chaînes locales avaient repris l'ultimatum de Crawford à Superman et Jonathan et elle l'avaient vu repasser une bonne demi-douzaine de fois depuis les dix dernières minutes. Ils essayaient de chercher la meilleure façon d'aider leur fils quand la sonnerie les interrompit.

"Allô ?"

"Martha, c'est Lois."

"Lois !" Martha regarda son mari les sourcils dressés. Elle savait qu'il ne faudrait pas longtemps à ces deux là pour arranger les choses - ça avait toujours été comme ça. Jonathan n'en était pas aussi sûr et maintenant il lui souriait avec espoir. "Chérie, comment allez-vous ?" On était tellement inquiets à votre sujet…"

"Martha," dit Lois en vitesse, "Je ne veux pas paraître brusque, mais savez-vous où est Clark ? J'ai vraiment besoin de le trouver et je ne sais même pas où chercher -" Sa voix se brisa alors et elle se maudit de se mettre à pleurer.

"Non, chérie, je ne l'ai pas vu ni entendu depuis qu'il est parti ce matin pour vous retrouver. J'en déduis que ça ne s'est pas bien passé ?"

Lois se reprit du mieux qu'elle le pouvait. "Ce qui s'est… eh bien ce qui s'est passé. Il m'a dit ce qui lui était arrivé. Je n'ai pas… eh bien, je n'ai pas pu…"

"Oh, chérie," soupira Martha. "Il avait peur que vous soyez toujours en colère."

"J'étais en colère. Maintenant je suis juste désorientée. Et inquiète. Nous devons encore mettre les choses au point et maintenant Crawford rend plus important que jamais cet article que je dois écrire sur l'endroit où se trouvait Superman - mais je ne peux pas le faire sans Superman."

"Il va revenir, chérie. Il vous aime. Et il sait que vous l'aimez. Je vous l'ai déjà dit, c'est ce qui est important - vous pouvez traverser toutes les épreuves."

"Pas si je ne peux pas le trouver," dit Lois en pleurant, mais les questions supplémentaires furent interrompues quand Superman apparut à la fenêtre. "Oh ! Ça ne fait rien, Martha, je l'ai trouvé. Il est là."

Lois raccrocha le téléphone et se tourna pour regarder son mari qui la regarda à son tour l'air nerveux.

"Je - euh - Je voulais te laisser un peu de temps, mais j'ai entendu pour Crawford et…"

Il s'interrompit attendant que Lois réponde et ne sachant que dire d'autre. "Euh… Lois ?"

Lois le regarda droit dans les yeux. "Peux-tu… peux tu te changer ? Parce que c'est plus facile quand tu…"

Elle avait à peine prononcé ces mots qu'un coup de vent tourbillonna dans la pièce et que Clark se retrouva devant elle, plein d'appréhension.

"Merci." Elle avait tant de choses à lui dire, mais maintenant qu'il était là, tout ce quelle parvenait à faire était de le regarder…

Il décida de rompre le silence pesant. "Je sais que tu es encore en colère, mais il faut que l'on trouve quelque chose au sujet de Crawford et Tempus. Que tu me crois ou non, il y a quand même danger et -"

"Clark -"

"On discutera de ce que j'ai fait plus tard, pour l'instant on a un problème à régler - ensemble."

Il s'approcha du canapé et lut l'article de Lois (ce qu'il contenait) en quelques secondes alors que Lois essayait encore. "Clark…"

"Um, Lois il n'y a pas grand chose là-dedans…"

"Clark." Lois fit enfin en sorte qu'il la regarde.

"Quoi ?"

"Je te crois."

Il la regarda un instant. "C'est vrai ?"

"Bien sûr que je te crois. Je sais que tu n'inventerais pas quelque chose comme ça." Clark la regarda les yeux au bord des larmes tandis qu'elle poursuivait. "Et tu as raison."

"J'ai raison ? A propos de quoi ?"

Lois lui montra l'ordinateur. "Il n'y a pas grand chose là-dedans."

Il lui sourit et soupira. "Ce n'est rien - voyons ce qu'on peut trouver."

"Ce à quoi j'ai pensé, " commença Lois, se mettant dans le rythme habituel qui était le leur, "c'est àquelque chose comme 'Superman s'est absenté pour combattre quelque chose…"

"C'est bon, c'est très bon…" dit-il, reprenant là où elle s'était arrêtée, " 'et même s'il ne peut promettre de s'occuper de chaque urgence qui se présente, il peut promettre de faire du mieux qu'il peut suivant ses possibilités.' "

A ce moment Lois crut qu'elle allait se mettre à pleurer en le regardant. "Oh, Clark…"

"Lois," dit Clark s'empressant de poser le portable. "Je suis désolé. Je suis tellement désolé d'être parti comme je l'ai fait - j'ai eu tort. C'est comme si tout était soudain devenu incontrôlable…"

"Tu ne savais pas ce qui allait se passer, rien de ce qui est arrivé n'était ta faute…"

"Si, c'était ma faute. Je m'étais promis de ne jamais te faire pleurer et ce soir là c'est exactement ce que j'ai fait."

"Tu n'aurais jamais dû douter de toi. Je sais que tu ne m'aurais jamais quitté comme ça."

Clark posa sa main sur sa joue. "Je ne te quitterai jamais plus comme ça. J'ai retenu quelque chose de tout ça, c'est que nous formons une équipe. Nous-nous appartenons. Tous les trois." Il l'embrassa alors et, malgré elle, Lois se mit aussitôt à pleurer. Clark passa ses bras autour d'elle et la tint serrée contre lui jusqu'à ce qu'elle s'arrête. Quand elle releva enfin la tête, son pull était mouillé de larmes, elle paraissait s'être calmée. "Je suis désolée," dit-elle, en souriant timidement, "Je ne sais pas d'où c'est venu."

"Tu en avais le droit." dit-il en lui souriant.

Elle hocha la tête. "Nous avons tant à faire…"

Il éclata de rire et ils se remirent au travail. A eux deux, ils terminèrent l'article en un rien de temps et l'envoyèrent à Perry qui était, bien sûr, ravi de le recevoir, autant que de voir ses deux reporters vedettes à nouveau ensemble. "Qui signe cet article ?"

"Tous les deux, Perry," Lois souriait dans le téléphone. "Lois Lane et Clark Kent."

Elle raccrocha et se tourna vers son mari, qui la regardait avec fierté. "Quoi ?"

"Rien. J'étais juste en train de penser à quel point je t'aime."

"Je t'aime aussi."

Il leva la tête et lui sourit. "Alors… tu veux aller voler ?"

Elle se mit à rire dans un cri de joie et se soulagement. "Je croyais que tu ne le demanderais jamais."

Etre à nouveau dans les bras de Clark était la sensation la plus merveilleuse au monde. La nuit était claire et Lois distinguait chaque étoile dans le ciel.

Les bras de Clark et sa cape lui tenaient chaud et en se recroquevillant dans ses bras, elle soupira de bonheur. "Que vas-tu faire quand nous serons trois ?" lui demanda-t-elle, moqueuse, posant sa tête contre son épaule.

Clark haussa les épaules. "Oh, il nous faudra un genre de sac à dos pour porter les bébés."

"Clark !" Lois lui donna une petite claque sur l'épaule et se mit à rire.

Il rentrèrent à la maison par où ils étaient sortis, la fenêtre, et Clark les fit voltiger jusqu'à la chambre.

Il firent immédiatement l'amour, avec une passion née de l'angoisse que tous deux avaient eu de se demander s'ils se reverraient jamais et, plus tard, ce fut au tour de Lois de serrer Clark. Elle le réconforta pendant qu'il lui en disait un peu plus sur ce qui s'était passé dans le futur, combien il se sentait anéanti et impuissant de la regarder mourir, comment il pensait qu'il allait mourir dans le vortex après que Tempus ait renvoyé Wells dans le temps. Elle était couchée, caressant sa tête tandis qu'il s'apaisait et maudissait Tempus pour ce qu'il avait fait.

"C'est de pire en pire, Clark, chaque fois," fit-elle remarquer. "Et maintenant il doit être furieux car tout son plan a été contrecarré quand tu es revenu." Clark acquiesça mais ne répondit pas. Lois arrêta ce qu'elle faisait et se mit à réfléchir. "Nous devons l'arrêter, Clark. C'est pour ça que Wells n'est pas revenu de l'endroit où Tempus l'a envoyé. Parce qu'il sait que c'est à nous de le faire."

Clark soupira. "Pourquoi est-ce toujours à nous de le faire ?"

Lois lui sourit doucement. "Parce que tous les deux, " elle lui prit la main, "ensemble, nous sommes plus fort que tout. Je crois que tu le sais."

Clark se tourna vers elle et l'embrassa. Le bébé se mit à bouger, les surprenant tous les deux et Lois se mit à rire.

Lois s'éveilla le matin suivant alors que le soleil passait à travers la fenêtre. Ouvrant les yeux, elle sourit et se retourna pour embrasser Clark… et trouva le lit vide.

Elle s'assit effrayée. Avait-elle rêvé ? N'avait-il pas du tout été là ?"

C'est alors qu'elle la vit. Une rose rouge sur l'oreiller à côté d'elle, et elle s'illumina. Il y avait un petit mot attaché à la rose. Il disait seulement. "Je t'aime."

Lois sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle tendit la main et prit le petit mot. De l'autre côté, Clark expliquait qu'il allait parler à Perry pour expliquer son absence en disant qu'il était allé "aider Superman… Je serai de retour… pour le petit déjeuner." Elle sourit.

Perry White était assis à son bureau, regardant l'interview de Lois et Clark avec Superman dans l'édition du matin. Il était dans l'édition de la veille au soir, mais Perry pensait qu'il valait mieux qu'il soit aussi dans celle du matin. C'était un excellent article - probablement de quoi gagner un prix Kerth. Il hocha la tête. Aussi longtemps qu'il vivrait, il ne saurait jamais comment ses deux là arrivaient à faire ça.

C'est justement à cet instant que Clark Kent frappa à la porte et passa la tête dans l'embrasure. "Chef ?"

Perry leva les yeux et dressa les sourcils. "Tiens… regardez qui est là," dit-il avec son accent du Sud.

Clark se mit à rougir en entrant. "Vous avez une minute ?"

Perry le regarda longuement et haussa les épaules en lui montrant le fauteuil. Clark ferma la porte derrière lui et s'assit mal à l'ase. Il était évident que Perry n'allait pas lui rendre la tâche facile.

"Je pensais… Je veux dire, je sais que Lois vous a dit que j'étais revenu… que nous avons écrit cet article ensemble," commença-t-il. Mais je voulais venir vous parler… vous expliquer où j'étais. Pourquoi j'étais parti."

"J'imagine que c'est toute une histoire."

Lois prit sa douche, s'habilla et descendit au rez-de-chaussée, se demandant si elle devait ou non préparer le petit déjeuner. Elle décida de le faire, se disant qu'elle ne savait pas dans combien de temps Clark rentrerait. De plus, elle réalisa qu'elle avait très peu à manger dans la maison. Elle n'avait pas eu beaucoup d'appétit ces derniers temps, avec le départ de Clark… maintenant elle avait soudain une faim de loup. Elle alla dans la cuisine voir ce qu'elle pouvait trouver. Clark comprendrait.

Elle avait vidé la moitié d'une boîte de céréales quand le téléphone sonna. Elle le décrocha, la bouche pleine. "Ammô ?"

"Madame Lane ? C'est Tom Crawford."

Lois se dépêcha d'avaler. "Crawford ? Que voulez-vous ?"

"Madame Lane… Je sais que ce que j'ai fait est mal… c'est pourquoi je quitte la ville. Mais je ne peux pas laisser Tempus s'en sortir après ce qu'il a fait… à vous et à votre mari… et à Superman. J'ai les preuves pour disculper Superman et le Daily Planet de tout méfait."

"Où êtes-vous ? " dit Lois précipitamment.

"Centennial Park. Mais comme je l'ai dit, je m'en vais -"

"Non, non ! Ne partez pas ! J'arrive. Je vous retrouve à la fontaine."

Crawford hésita. "Il est après moi, Madame Lane. Je ne peux pas rester longtemps."

"J'arrive tout de suite," répondit Lois. "Ne bougez pas."

Elle raccrocha et hésita. Clark la tuerait si elle y allait toute seule… Mais elle allait juste chercher les preuves de Crawford. Elle avait commencé avec lui. Elle devait finir avec lui.

"Chef, Superman m'a demandé de l'aider. Je… je ne pouvais pas lui dire non ! Il m'a demandé de n'en parler à personne, spécialement à Lois, pour sa propre sécurité."

Perry hocha la tête. "Et vous avez dit ça à Lois ?"

"Oui, Chef."

"Et elle comprends tout ça ?"

"On en a parlé hier soir. Nous avons mis les choses au clair. Nous allons… bien.''

Lois entra dans le parc et se dirigea très vite vers la fontaine. Il n'y avait aucun signe de Crawford. En fait le parc semblait désert. C'est vrai qu'il était encore très tôt, mais…

"Bonjour, Lois."

Lois frissonna un instant et se retourna...

"Clark…" Perry le regarda dans les yeux. "Lois a vécu un enfer. Ça n'a pas été facile pour moi non plus de la regarder venir chaque jour, le cœur brisé avec ce bébé qui va bientôt arriver."

"Je sais, Chef -"

"Maintenant écoutez moi, mon garçon." dit Perry, se levant et faisant le tour de son bureau. Il pointa son doigt vers Clark. "Votre femme et votre enfant sont les choses les plus importantes au monde ! Souvenez-vous bien de ça. Rien ne passe avant ça ! Et je dis bien rien ! Pas même Superman ! Vous avez saisi ?"

"Oui, Chef," le rassura très vite Clark, un peu décontenancé par sa véhémence.

Perry s'arrêta, la colère le passant. "Peut-être que c'est étrange de recevoir cet avertissement de quelqu'un comme moi… qui a toujours fait tout passer avant sa famille. Mais écoutez-moi bien, mon garçon… ça n'en vaut pas la peine. Le reste n'en vaut pas la peine."

"Oh, je sais, Chef, je sais." Clark sourit à Perry qui fit de même, satisfait de ce que son effet avait produit.

A ce moment, Jimmy fit irruption à la porte. "Hé, CK ! Heureux de vous revoir !"

"Merci, Jimmy."

"Il y a un appel pour vous sur la ligne un."


Surpris, Clark regarda Perry qui lui indiqua le téléphone sur son bureau. Clark se leva et appuya sur le bouton. "Clark Kent."

"Clark ! Ravi d'entendre votre voix ! Par-delà le temps, comme on dit !"

Clark commença à s'emporter en entendant la voix de Tempus à l'autre bout du fil et se retourna afin que Perry ne le voit pas. "Je pensais à vous."

"Oui, vous m'avez manquez, aussi. Mais tant pis, on va se rattraper… la femme, la famille…"

Clark sentit le doigt glacé de la peur lui toucher le cœur. "De quoi parlez-vous ?"

"Je suis à Centennial Park, Clark. L'endroit où tant de choses commencent. Et finissent." Tempus leva le téléphone et soudain la plus grande peur de Clark fut confirmée. Il entendait Lois à l'autre bout. "Clark, non ! C'est un piège - mph !" Et Tempus éclata de rire quand la ligne fut interrompue.

Clark raccrocha et sortit de la pièce en courant criant par-dessus son épaule. "Chef, je dois y aller, Lois a des problèmes…" Puis il disparut et Jimmy et Perry le regardèrent partir.

Superman se posa à Centennial Park quelques secondes plus tard - il ne se souvenait pas avoir jamais volé aussi vite. Son cœur battait si fort qu'il pouvait à peine entendre.

Le parc était relativement désert, il vit Lois et Tempus qui se tenaient devant la fontaine et il fut à coté d'eux en une seconde. "Bonjour, Superman !" le salua joyeusement Tempus, le bras autour du cou de Lois et tenant un revolver. Clark frissonna au souvenir de tout ce qui s'était passé dans le futur. Cette fois ci, toutefois, il ne permettrait pas que quoi que ce soit arrive à Lois et il la rassura du regard.

"Laissez-la partir Tempus. Tout de suite."

"N'approchez pas davantage." l'avertit Tempus, appuyant le revolver dans le cou de Lois. Malgré tous ses efforts, un cri de terreur s'échappa de sa bouche et Clark, anxieux, fit un pas vers elle.

"Je ne plaisante pas !" Tempus leva le revolver et Clark se figea et leva les mains.

"D'accord," dit-il calmement, "dites-moi seulement ce que vous voulez."

"Ce que je veux ?" Tempus eut l'air interloqué. "Mais, Superman, je ne veux rien de vous. Je vous ai invité pour dire au revoir."

"Vous partez… quelque part ?" demanda Lois, échangeant avec Clark un regard étonné.

Tempus la regarda et sortit la télécommande spatio-temporelle de Wells de sa poche. "Oh, non, pas moi. Je pensais que vous voudriez dire au revoir à votre mari."

Clark hocha la tête avec fermeté. "Lois ne va nulle part, Tempus. C'est entre vous et moi. Ça l'a toujours été."

Tempus acquiesça. "Oui, en effet et vous savez, j'y ai bien réfléchi. Toutes ces années, Clark, tout ce temps… Je suis allé dans le passé, j'ai essayé de vous tuer quand vous étiez bébé. Je suis allé dans un univers parallèle où j'ai essayé de tuer Superman ! J'ai essayé de vous enfermer dans une fenêtre temporelle - deux fois ! Rien n'a pas marché ! Avez vous une quelconque idée de combien tout cela est frustrant ?"

"Mince, désolé," marmonna Clark.

"Et c'est si important que je le fasse ! Si vos descendants fondent Utopia, la vie telle que nous la connaissons est finie ! Je ne peux pas laisser cela arriver. C'est mon travail - mon devoir !"

"La vie que vous connaissez est déjà terminée, Tempus," lui promit Clark. "Laissez partir Lois - tout de suite. Et peut-être - peut-être seulement - je vous laisserai partir." Lois vit à quel point son mari était furieux et elle espérait qu'il se maîtrise.

Tempus hocha la tête. "Le fait est que - je m'y suis pris de la mauvaise manière ! Vous tuer est proche de l'impossible et qui pourrait prendre le temps de le faire ? Seulement," il resserra son étreinte autour du cou de Lois, "tuer votre femme, ici présente - est beaucoup plus facile. Pas besoin de se servir de cette saleté de kryptonite et ça produit le même résultat. Pas de descendants, que ce soit dans quatre mois ou quarante ans. Pas d'Utopia."

"Tempus," Clark fit un pas en avant, "si vous touchez un cheveu de sa tête, je jure -"

"Ne jurez pas, Clark, c'est si inconvenant pour un super héros," dit Tempus en riant. Il appuya sur un bouton de la télécommande et une fenêtre temporelle s'ouvrit derrière lui. "Restez en arrière," poursuivit-il, se reculant et tirant Lois avec lui. "Je me suis laissé dire qu'il faisait terriblement chaud à l'intérieur de ces vortex, Lois. Désolé de ne pouvoir venir avec vous pour vous tenir compagnie. Dites au revoir, Madame Kent," dit-il à Lois se préparant à la précipiter dans l'inconnu.

"Lois !" Clark se précipita vers elle, mais avant qu'il ne puisse l'atteindre, Lois se retourna et envoya un coup de genou à Tempus là où il fallait. Le revolver se déclencha, ratant Lois de quelques centimètres et Tempus, cramponnant toujours l'arme, tomba en arrière dans le vortex en hurlant. La fenêtre se referma et Tempus disparut.

Clark attrapa Lois qui s'écroula dans ses bras en haletant et ils s'effondrèrent sur le sol. Il la tenait serrée dans ses bras en la berçant comme s'il ne voulait jamais la laisser partir.

"Clark," murmura-t-elle, essayant sans succès de tourner sa tête vers lui.

Il continuait à la serrer comme s'il ne l'avait pas entendue.

"Clark," essaya-t-elle plus fort.

Cette fois-ci, il l'entendit et cessa de la bercer, mais la tenant toujours serrée contre lui.

"Clark, s'il te plaît - je ne peux pas respirer."

"Oh !" Clark desserra son étreinte et elle se détendit, tendant la main pour caresser son visage.

"Ça va," dit-elle doucement. "Je vais bien. Je suis là. Tout va bien. Il est parti."

Clark hocha la tête, mais elle vit l'expression égarée de son regard et réalisa que vortex ou non, Tempus serait encore dans le coin pendant longtemps.

Il lui prit la main et l'aida à se lever en remarquant que le parc commençait à se remplir de gens venus prendre leur pause déjeuner. "Euh - je vais essayer de trouver Clark, Lois."

Elle le regarda étrangement et réalisa. "Oh, ce serait formidable, Superman. Merci."

Il lui sourit et disparut derrière les buissons, seulement pour réapparaître quelques secondes plus tard en tant que Clark qui passa ses bras autour d'elle. "Je crois qu'on devrait te conduire chez le médecin."

"Pourquoi ?"

"Lois, un cinglé vient juste d'essayer de te tuer !"

Lois se recula. "Clark, je vais bien. Il ne m'a pas fait mal. Vraiment. Je vais bien."

Clark reconnut qu'il n'allait pas remporter cette bataille et changea le sujet vers quelque chose qu'il pouvait gagner. "Lois, que faisais-tu ici avec lui ?"

"Crawford m'a appelé," expliqua-t-elle en hésitant. "Il a dit qu'il quittait la ville mais qu'il avait des preuves contre Tempus, disculpant à la fois Superman et le Daily Planet, et il m'a demandé de le retrouver ici."

"Lois c'est Tempus qui lui a fait faire ça !"

"Mince, tu crois, Clark ? Je le sais maintenant, merci." Il la regarda en fronçant les sourcil mais ne répondit pas. "Allez vas-y -dis le."

"Quoi ?"

"Que je n'aurais pas dû venir ici, que j'aurais dû t'appeler…"

"Oh, je vois que tu as très bien compris comment ça marche, maintenant." soupira-t-il." Alors, où est Crawford, maintenant ?"

"Allons voir à son bureau."

Lois se dirigeait déjà vers la voiture et Clark hocha la tête en soupirant. Une pensée le traversa et il sourit en la suivant. Lois avait dit une fois qu'elle était inquiète d'élever un 'super bébé', mais elle avait plus à s'inquiéter si leur enfant avait seulement la moitié de sa propre énergie et son penchant pour les problèmes. "Attends un peu que le petit sache marcher," se dit-il en atteignant la voiture dont Lois, qui commençait à s'impatienter, avait déjà démarré le moteur.

"Formidable article, les enfants !" Personne au Daily Planet ne se souvenait d'avoir vu Perry aussi surexcité qu'il l'était à cet instant. Ses reporters vedettes avaient trouvé assez de preuves dans le bureau de Tom Crawford pour l'impliquer complètement et disculper Superman et le journal de tous méfaits.

Malheureusement, il n'y avait nulle part aucun signe de Crawford qui risquait d'être poursuivi.

Lois et Clark craignaient que Tempus n'ait disposé de Crawford après son appel téléphonique à Lois, mais n'avaient pu prouver cette hypothèse, malgré les nombreuses recherches de Superman dans Métropolis. Tout ce qui avait été trouvé dans le bureau de Crawford indiquait que Tempus avait tout calculé, si son plan original avait fonctionné, ce qui n'était pas arrivé. Et sans preuve du contraire, Tom Crawford était maintenant le responsable de tout ce qui s'était passé à Métropolis pendant ces deux dernières semaines.

Mais au Planet, un air de fête flottait dans l'air. Sans la menace de poursuites pesant sur sa tête, le journal était hors de danger et, avec l'interview exclusive de Superman par Lois et Clark, le tirage était en hausse, ce qui était encore mieux.

"Lois ! Clark !" leur cria Perry en traversant la salle de rédaction. "Je veux que vous rentriez à la maison et preniez le reste de la journée."

"Mais, Perry, il y a une suite à faire, et…" Lois continua de protester mais Clark échangea un regard de connivence avec Perry. Lois était passée par tant de choses pendant ces deux dernières semaines et en dépit de son insistance répétée à dire qu'elle allait bien, un jour de repos lui ferait du bien.

"Merci, Perry." Les remerciements de Clark interrompirent le sermon imminent de sa femme sur tout le travail qu'ils avaient à faire. Leur rédacteur sourit en réponse et se retira pour interpeller Jimmy sur une chose ou une autre.

"Clark !" Lois se tourna vers lui agacée. "Pourquoi as-tu fait ça ? On doit -"

"Non, Lois," Clark l'interrompit fermement. "Tu as besoin de te reposer, je me moque de ce que tu peux dire. Ce bébé a besoin que tu te reposes. Ne discute pas de ça avec moi."

Elle vit qu'il le pensait vraiment et ne releva pas. "Bien. Alors… on a le reste de la journée… qu'est-ce qu'on va faire de tout ce temps ?" elle lui sourit d'un air entendu, enchantée à l'idée de pouvoir le faire rougir.

"Ce n'est pas exactement se reposer, Lois" dit-il en riant, se demandant si quelqu'un d'autre l'avait entendue. "Sérieusement - j'ai appelé le médecin et je t'ai pris un rendez-vous."

"Tu as fait quoi ?! Clark ! Je te l'ai dit - je vais bien !! On va bien !"

"Tu sais quoi," lui répliqua Clark fermement. "Je crois qu'on pourrait laisser le Docteur McGrath en juger."

Lois essaya de protester, mais quelque chose lui dit de ne pas pousser Clark maintenant, aussi elle le laissa à regret l'aider à mettre son manteau tandis qu'ils se dirigeaient vers l'ascenseur.

Lois s'agitait sans arrêt sur sa chaise pendant qu'ils attendaient dans la salle d'attente du médecin. Elle soupira bruyamment, mais son mari, apparemment plongé dans un magazine, continua de l'ignorer.

"C'est vraiment gâcher un après-midi de liberté," marmonna-t-elle.

Clark posa le magazine l'air contrarié et était sur le point de répondre, mais à ce moment là, la réceptionniste leva les yeux. "Monsieur et Madame Kent ? Salle 6."

Clark aida Lois à se lever et ramassa leurs affaires avant que tous deux ne suivent l'infirmière dans le couloir jusqu'à la salle d'examen.

"Madame Kent, mettez cette blouse s'il vous plaît," dit l'infirmière en tendant à Lois une chemise en papier. "Le docteur va tout de suite s'occuper de vous."

"Une chemise ?" Lois était surprise. "Je vais avoir un examen complet ?"

L'infirmière acquiesça, très professionnelle. "C'est ce qu'a dit le docteur."

Elle quitta la pièce et Lois soupira en déballant la chemise. "Tu ne crois pas qu'ils pourraient les faire plus grandes, considérant la taille des femmes qui les portent. Euh, Clark…"

"Quoi ? Tu veux que je sorte ?"

Lois était là, perdue, les bras dans le dos. "Quoi ? Non, bien sûr que non. C'est juste ce pull… les boutons… dans le dos…" Elle se débattait. "Tu peux m'aider ?"

"Oh… bien sûr." Il la déboutonna et elle se mit à rire.

"On est déjà venus… pourquoi es-tu toujours si nerveux quand on rentre dans la salle d'examen."

"Je crois que c'est à cause des étriers."

Clark lui-même commençait à s'impatienter le temps que le Docteur McGrath arrive dans la salle. "Je suis vraiment désolée," s'excusa-t-elle. "J'ai eu une césarienne en urgence ce matin et ça a tout décalé"

"Ce n'est rien," la rassura Clark. "Nous vous remercions de nous recevoir à la dernière minute."

Le Docteur McGrath lui fit un petit signe de la main et se tourna vers sa patiente. "Alors, Lois ! J'ai entendu dire que vous avez eu quelques émotions ! Formidables articles, au fait, vous deux."

"Merci - Je vais bien, vraiment," insista Lois. "Clark a tendance à en faire trop parfois."

"Les nouveau pères sont comme ça," s'apitoya le Docteur McGrath en faisant un clin d'œil à Clark. "Prouvons-lui qu'il n'a pas à s'inquiéter."

Le Docteur McGrath examina Lois et assura les deux parents que tout allait bien - les battements de cœur du bébé étaient forts et la mère et l'enfant se portaient bien. "Mais étant donné que vous êtes là, pourquoi ne pas faire une échographie - juste pour être sûrs."

Lois leva les yeux vers Clark, qui dirigea un regard inquiet vers le médecin. "Pourquoi ? Je croyais que vous disiez que tout allait bien !"

"Je l'ai dit et c'est vrai. C'est seulement que Lois est presque prête pour une échographie et, de cette façon, nous pourrons complètement éloigner les inquiétudes de tout le monde."

"Mais… tout de suite ?" demanda Lois surprise.

"Eh bien, normalement, il faut prendre un rendez-vous pour cela, mais avec vous, Lois - je trouve que nous devrions le faire tant qu'on vous tient. Il faut battre le fer tant qu'il est chaud, comme ont dit."

Le regard de Clark disait," Tu sais qu'elle a raison" aussi, Lois soupira."

"D'accord… allons-y."

Une heure et un litre et demi d'eau plus tard, Lois s'allongea sur la table pendant que Clark approchait une chaise à côté d'elle. "J'ai l'impression que je flotte," grogna Lois en changeant de position. "Il n'y avait pas autant d'eau dans le Titanic." Clark se mit à rire quand le Docteur McGrath entra en poussant un grand écran de contrôle tandis qu'une infirmière le suivait avec d'autres équipements.

"En principe," dit le médecin pendant qu'on installait le matériel, "C'est Angie, ma technicienne, qui s'occupe de ça, mais j'ai eu quelques annulations cet après midi et je pense que je préfère faire cette échographie moi-même."

Un moment après, tout était en place et le médecin releva le pull de Lois et exposa son ventre. Clark tenait la main de Lois et elle fut surprise de s'apercevoir qu'il tremblait.

"Tu vas bien ?" demanda-t-elle en le regardant.

"Moi ? Oh, oui, très bien," répondit Clark sur un ton peu convaincant.

Lois sourit d'un air entendu et tendit la main pour caresser la sienne.

"Bon," dit le Docteur McGrath en souriant. "Vous êtes prêts pour le premier aperçu de votre bébé ?" Lois et Clark acquiescèrent très excités. "D'accord, alors." Elle sortit un tube de gel. "Attention, Lois."

"Oh, je sais ça va être - aaah !! Froid !!"

Elle serrait la main de Clark et ils se mirent à rirent.

"Bon," Le Docteur McGrath alluma l'écran de contrôle et plaça le transducteur sur le ventre de Lois.

"Ooh, non, n'appuyez pas !" supplia Lois en se tortillant.

"Tenez bon," dit le Docteur McGrath en souriant, en faisant tourner le transducteur plus doucement.

Lois et Clark regardaient captivés pendant que le Docteur McGrath examinait l'écran avec attention. Aucun d'eux ne pouvait donner un sens aux images sur l'écran et ils attendaient le diagnostic du médecin. Elle resta quelques minutes silencieuse, prenant des mesures, déplaçant le transducteur, semblant regarder tout ce qu'il fallait observer.

"D'accord, Lois. Vous voyez ici ?" Elle indiqua une tâche indiscernable sur l'écran. Lois et Clark hochèrent la tête en retenant leur respiration. "C'est la tête de votre bébé."

Lois tendit le bras et passa sa main sur l'écran aussi doucement que si elle touchait le bébé lui-même puis elle posa sa main sur sa bouche et des larmes apparurent au coin de ses yeux tandis qu'elle souriait.

"Est-ce que tout paraît normal ?" demanda Clark avec anxiété.

"Tout semble parfait, vraiment super," les rassura le médecin en regardant l'écran sans remarquer le regard amusé que Lois jetait à Clark. "Tenez, vous voyez ça ? C'est le cœur du bébé - fort et magnifique."

"Il bat si fort !" s'exclama Lois.

"C'est normal," la rassura le médecin. "Les battements de cœur d'un fœtus sont d'environ 140 pulsations minute et celui de votre bébé est parfaitement dans la norme."

Muets de saisissement, Lois et Clark restèrent sans voix les quelques minutes qui suivirent tandis que le Docteur McGrath indiquait différentes parties du corps - bras, jambes, autres organes vitaux. Elle proposa d'imprimer des clichés du bébé et de faire un enregistrement vidéo. Les deux offres furent acceptées avec enthousiasme et remerciement par les futurs parents.

"Oh, mes parents vont adorer ça," dit doucement Clark. Et Lois lui serra la main. C'était si réel maintenant, le bébé était juste là - et elle ne savait pas comment elle allait pouvoir attendre encore quatre mois.

"Pouvez-vous dire si c'est un garçon ou une fille ?" demanda-t-elle soudain.

"Lois !" protesta Clark. Ils en avait discutés mais n'étaient pas certains de vouloir ou non le savoir. Du moins, il ne voulait pas.

"Clark…" Lois le regarda d'un air suppliant et il se mit à rire. Il aurait du savoir que Lois n'était pasdevenue la journaliste d'investigation qu'elle était en laissant des questions sans réponse. Ce n'était simplement pas dans sa nature et il soupira et donna son assentiment.

Le Docteur McGrath fronça les sourcils, hocha la tête et fit tourner le transducteur, essayant d'avoir un meilleur aperçu du bébé. "Je suis désolée," dit-elle, "mais le bébé a les jambes croisées et la façon dont il se présente…" elle s'interrompit, continuant à regarder, mais hocha à nouveau la tête." Non… je suis désolée, je ne peux rien dire sous cet angle."

"Quoi ? Que voulez-vous dire par je ne peux rien dire ?! Et si je m'allonge comme ça ? Ou si je me tourne ? Ou…" Lois n'allait pas laisser tomber et Clark sourit au médecin.

"Lois… alors nous attendrons. Ce sera une surprise."

Lois regarda d'un air suppliant le médecin qui haussa les épaules d'impuissance. Secouant la tête et se rallongeant, Lois ronchonna. " J'ai horreur des surprises."

Quand ils entrèrent dans la maison un peu plus tard, cassette vidéo et clichés en main, Lois s'arrêta dans son élan. "Oh ! Je réalise - on n'a rien à manger à la maison. On aurait dû s'arrêter à l'épicerie." Elle fronça les sourcils et regarda Clark qui hochait la tête.

"Tu ne veux visiblement pas saisir l'opportunité de te reposer, chérie. Tu restes ici à te détendre, je vais à l'épicerie, d'accord."

Lois haussa les épaules en enlevant son manteau, elle détestait faire les courses. "Bien sûr. Pas de problème. Regarde ? Elle se pelotonna sur le canapé. "Je peux me détendre aussi bien que n'importe qui."

Clark, tout à fait conscient de l'aversion de sa femme pour les courses (ce n'était pas un accident qu'il n'y ait rien à manger dans la maison pendant qu'il n'était pas là) étouffa un petit rire. "Bien. Je reviens tout de suite. On pourra appeler les futurs grands-parents et leur dire qu'on a notre premier film de famille."

"Ne te perds pas à sauveur quelque malheureuse personne en revenant !" lui cria Lois. "La dernière fois, tous les surgelés ont décongelé le temps que tu rentres à la maison."

Clark s'arrêta et se retourna, l'air sérieux. "Lois, je t'ai dit que je prenais l'après midi."

Lois le regarda d'un air de dire "Mais, bien sûr,"

"Non, je suis sérieux. Lois," il s'avança et s'assit en face d'elle, "J'ai vraiment pensé à tout ça. J'ai dit des choses terribles la nuit où je suis parti, mais certaines étaient vraies - je trouve vraiment, qu'en quelque sorte, Superman a trop envahi ma vie. J'avais une vie avant lui," lui rappela-t-il. Et elle acquiesça.

"Je le sais. Mais je ne te connaissais pas alors."

Il sourit. "Je n'ai pas dit que c'était une vie formidable."

Elle sourit à son tour et il redevint sérieux. "Mais c'est vrai, j'ai pensé - avec le bébé qui va arriver, j'ai besoin d'être là plus souvent. Ça veut dire que Métropolis devra survivre seul un peu plus souvent. Pas tout le temps et je n'ignorerai certainement pas quelque chose de grave. Mais si je désire passer un peu de temps avec ma famille, ça doit passer en premier. Autrement, que me reste-t-il vraiment ?"

Les yeux de Lois se remplirent de larmes et elle tendit la main pour caresser son visage. "Tu nous auras, Clark. Tu nous auras toujours."

Clark hocha la tête. "Et je veux être ici pour vous. Pour vous deux. Et un jour, pour vous tous."

Lois se mit à rire à travers ses larmes. "Oh, mon Dieu, s'il te plaît. Un à la fois !"

Il se mit à rire aussi et l'embrassa.



FIN


Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)