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Saison 5, Episode 14

Écrit par Cindy (et un très célèbre co-auteur anonyme)

Version française de


Traduction Hypérion

 



De nos jours à Métropolis.

Les flammes provenant de l'entrepôt ne présentaient aucun signe d'apaisement et les gens rassemblés à l'extérieur regardaient l'air absorbé les pompiers combattre l'incendie avec les moyens dont ils disposaient. La foule - tout le monde, les équipes de journalistes, les gens qui en avaient échappé au péril de leur vie, attendaient anxieusement de voir si d'autres auraient autant de chance, les passants qui s'arrêtaient pour aider ou qui simplement restaient bouche bée tandis que l'immense building illuminait le ciel gris - acclamaient Superman qui ressortait de l'immeuble, sortant un autre survivant de l'incendie. Il laissa l'homme avec les ambulanciers et disparut une fois encore à l'intérieur.

Une journaliste de télé qui se tenait derrière le capitaine des pompiers, commentait l'incendie en direct. "Ici Lynn James, LNN News, en direct de la quatrième alerte au feu ravageant le quartier commercial de Métropolis. Derrière moi le plus grand entrepôt de vêtements de la ville, situé au coin des avenues Cash et Mulroy, presque entièrement entouré par les flammes. Heureusement, Superman est arrivé et se bat contre la montre pour sauver les dizaines d'employés toujours prisonniers de l'immeuble."

Elle se tourna vers le capitaine des pompiers. "A mes côtés le Capitaine des pompiers, le Chef Andrew Park, Chef, avez-vous une idée de la façon dont le feu a commencé ?"

Park, vétéran de trente ans à la brigade des sapeurs pompiers, soupira en répondant. "Pas pour l'instant. Les pompiers ont été envoyés immédiatement après que nous ayons reçu un coup de téléphone anonyme nous avertissant de l'incendie. C'est d'un des pires que j'ai vu depuis longtemps.

"Pouvez-vous nous dire combien de personnes sont prisonnières à l'intérieur ?"

A ce moment, Superman ressortit de l'immeuble portant une autre employée. Sous les acclamations, il laissa la femme entre les mains des secours et courut vers le Chef. "Excusez-moi," dit-il à la journaliste, qui était ravie d'avoir ce moment enregistré par la caméra. Superman se tourna vers Park. "Monsieur," dit-il l'air pressé, "J'ai passé l'immeuble aux rayons X et il n'y a plus personne à l'intérieur. Malheureusement, le dernier étage entier commence maintenant à brûler. Je vais monter les lances à incendie sur le toit et essayer d'arrêter le feu avant qu'il ne s'étende." Il se précipita pour prendre les lances et le Chef s'excusa d'interrompre l'interview. Lynn James se retourna vers la caméra.

"Comme nous venons de l'entendre," poursuivit-elle, essayant se retenir l'excitation dans sa voix, "Plus personne n'est retenu à l'intérieur de l'immeuble, merci Superman. Je répète, tous les employés ont été secourus. Superman a une fois de plus sauver la situation !"

Superman s'envola sur le toit aussi rapidement que possible, la lance dans la main. Au moment où il demandait qu'on ouvre l'eau, une énorme boule de feu fit irruption de l'un des étages inférieurs, apparemment provoquée par le déplacement d'air dans son sillage. Il entendit des hurlements et les cris d'horreurs montant de la foule alors que l'immeuble commençait à s'affaisser avant de s'écrouler sous les flammes. Les pompiers commencèrent à faire reculer les gens aussi vite que possible, tandis que Superman tenant toujours en main la lance à incendie, regardait avec une horreur non dissimulée l'immeuble s'effondrer sous ses yeux, le bruit de tonnerre augmentant en résonnant dans sa tête.

Dans l'allée, de l'autre côté de la rue en face de l'immeuble, un homme regardait caché dans l'ombre. A l'inverse des témoins horrifiés, il semblait retirer un immense plaisir de la catastrophe qui se déroulait devant lui. La vue des gens éparpillés et le désarroi impuissant de Superman le firent réellement éclater de rire, ce que certains auraient même considéré comme de la jubilation, tandis qu'il appuyait sur une télécommande qu'il tenait dans sa main gauche.

"Oh !" soupira-t-il, essayant de reprendre sa respiration après ses éclats de rire, "maintenant, je me souviens pourquoi causer des ravages et un immense chaos est si drôle !"

Si l'attention de Superman n'avait pas été concentrée sur la catastrophe, il aurait entendu ce rire - le rire de Tempus.

Dans la salle de rédaction du Daily Planet, Lois Lane était assise à son bureau, discutant au téléphone, apparemment au beau milieu d'un article important qui ne se déroulait PAS très bien. "Que voulez-vous dire par il ne veut pas me parler ?" demanda-t-elle balayant d'un geste une pile de papiers par terre. Plusieurs employés se regardèrent se demandant s'ils devaient lui donner un coup de main, mais à l'avis général quand Lois était comme ça il valait mieux rester loin, très loin. Il fallait reconnaître, qu'il y avait un moment qu'elle n'avait pas piqué une telle crise, et Clark, qui d'ordinaire arrivait à la calmer, était sorti toute la matinée et, depuis qu'elle était enceinte, son humeur était imprévisible. "J'ai confirmé l'interview hier après midi !" tempêtait-elle furieusement. "Eh bien, je crois que je m'en serais souvenue s'il m'avait dit qu'il détestait les journalistes… qu'est-ce que vous essayez de me dire exactement ?" Elle éloigna le téléphone et le regarda alors que la personne à l'autre bout du fil n'était visiblement plus là. "Génial. Vraiment génial." Elle saisit une liste de questions prévues pour l'interview et dans un geste de colère, la chiffonna et la jeta à travers la pièce.

Perry White traversait innocemment la salle de rédaction quand il fut soudain, durement frappé au visage par une feuille de papier. Surpris davantage par sa précision que par sa colère, il se dirigea à grand pas vers le bureau de la seconde moitié de son tandem de reporters vedettes. "Lois, que diable croyez-vous être en train de faire ?"

"Ne commencez pas avec moi, Chef." Lois, qui était par terre à essayer de ramasser les feuilles tombées sous son bureau, lui fit un geste de la main.

"Excusez-moi," répliqua Perry, se penchant et ramassant une poignée de papiers qu'il posa sur son bureau en une pile bien rangée. "Peut-être que je suis vieux jeu, mais je n'ai pas l'habitude de recevoir--"

"Chef, l'interview est annulée," l'interrompit Lois, se relevant et posant brusquement le reste des papiers sur la pile bien rangée de Perry.

"Que voulez-vous dire par l'interview est annulée ?" demanda Perry, l'insulte maintenant oubliée.

"Juste ce que je viens de dire. Crawford a refusé. L'un de ses sbires a téléphoné et a annulé."

"L'interview de Crawford est la principale info la Une de l'article de demain exposant les faits que le Député West a commis le plus important détournement d'impôts du siècle !" Perry faisait maintenant de grands gestes - pas un très bon signe. Lois s'en moquait.

"Eh bien, apparemment on ne verra pas cet article à la Une, ni même une mise en examen de West à ce sujet, de sitôt."

Perry hocha la tête. Lois était visiblement en plein délire, peut-être quelque chose provoqué par les hormones ou un truc comme ça, mais il savait qu'il valait mieux ne pas relever. Il ne pouvait laisser tomber ça et il l'arrêta tandis qu'elle se dirigeait vers la rampe en haussant les épaules.

"Oh, non. Vous ne partez pas, Lois, c'est moi qui vous le dis. Cet article sera publié demain matin. Et je ne veux plus entendre un mot à ce sujet. Allez-y ? Prenez Clark, rendez-vous au bureau de Crawford et installez-vous dans l'un de ses fauteuils de cuir à 10.000 dollars jusqu'à ce qu'il vous parle, même si ça doit prendre du temps."

"Chef…"

"Ne dites rien. Je n'écoute plus. JIMMY !!" Perry se retourna et repartit vers son bureau en braillant après Jimmy.

Lois soupira et regarda le siège vacant de Clark. "Prenez Clark." murmura-t-elle, retournant à son bureau. "Bien sûr. Le seul problème est que je n'ai aucune idée de l'endroit où il est." Elle regarda sa montre. "Oh oui, on dirait que ça va être une belle journée." Elle soupira encore et commença mettre un peu d'ordre dans les papiers dispersés sur son bureau. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et elle se retourna, espérant voir Clark, et elle balança à nouveau les papiers par terre. Au lieu de Clark c'était Jimmy qui sortait de l'ascenseur tenant une feuille de papier, l'air résolument sombre. Il passa devant Lois, semblant ne pas la voir et sauta par-dessus les papiers se trouvant sur son chemin.

"Jimmy !" cria Lois assise par terre. "Regarde ce que tu fais !"

"Lois, s'il vous plaît, je ne peux pas maintenant."

"Quoi ?" Lois se leva, cramponnant les papiers dans les deux mains, en regardant Jimmy qui se dirigeait vers le bureau de Clark d'où il sortit un répertoire téléphonique dont il se mit à tourner les pages.

"Bonjour ?" Lois n'était pas habituée à être ignorée, spécialement par Jimmy et ça n'allait pas adoucir son humeur. "Où est ce dossier de STAR Labs ? J'en avais besoin il y a deux heures !"

Jimmy laissa tomber le répertoire sur le bureau de Clark. "Lois je voulais vous trouver ce dossier."

"Oh, eh bien, je suis ravie de voir que tu es si motivé." lança Lois, se demandant si la moindre petite chose pouvait tourner rond aujourd'hui.

"Seulement je n'ai pas pu le regarder." poursuivit Jimmy, reportant son attention vers le répertoire téléphonique.

"Et pourquoi ?"

"Lois, je veux bien aller chercher ce dossier. Malheureusement, pour le faire il faut une voiture ! Un véhicule à moteur ! Une automobile !" Jimmy commençait à se déchaîner maintenant. "Ce que je n'ai pas !"

Lois arrêta sa tirade, surprise. "Jimmy, de quoi parles-tu ?"

Jimmy était maintenant hors de lui. "Ma voiture, Lois ! Ma voiture a été volée ! Je l'ai garée dans le parking souterrain et elle n'y est plus." Il agita une feuille de papier. "La police est venue prendre ma déposition et les informations et elle s'est excusée de ce vol, mais je reste quand même sans voiture et avec ma moto en réparation, aucun moyen de transport. C'est un problème que je dois vraiment régler tout de suite."

Il commença à composer un numéro de téléphone tandis que Lois restait debout devant lui, abasourdie et se sentant gênée. "Jimmy, je suis vraiment désolée," commença-t-elle. "C'est terrible…"

Jimmy l'ignora. "Oui, Location de voiture Red Reliable ? "Bien. Oui, j'ai besoin de louer une voiture. Maintenant."

Lois reporta son attention sur ses papiers qu'elle avait à présent, pour la plupart, rangés sur son bureau, quand un coup de vent soudain s'engouffra dans la salle de rédaction, les éparpillant à nouveau sur le sol. Lois hocha la tête et jeta en l'air celui quelle tenait dans un geste de totale défaite.

Un instant plus tard, son mari entra tranquillement, arrangeant sa cravate, avec des traces de fumée et un air désespéré. Il allait passer à côté du bureau de Lois, mais sa femme le regardait fixement, aussi il s'arrêta. "Où étais-tu ?" murmura-t-elle furieuse.

"En train de me battre contre l'incendie du quartier commercial," répliqua Clark, se frottant la nuque d'un air fatigué que Lois ignora.

"Pendant TROIS heures ?" demanda-t-elle, la voix plus forte que ce que Clark n'aurait souhaité. "Qu'est-ce que tu faisais - tu as rencontré Calvin Klein ?"

Clark se contenta de la regarder un long moment puis se dirigea vers son bureau et retira le répertoire que Jimmy avait laissé traîner. Il était clair que quelque chose n'allait pas. "Clark ?!"

"Je suis désolé d'être en retard," répondit brièvement Clark sans la regarder.

"Oh, ne joue pas à ça avec moi," l'implora Lois, hors de patience.

"Je ne veux pas parler de ça maintenant, d'accord ?" dit calmement Clark. "Plus tard. J'ai besoin de réfléchir."

Lois s'arrêta une seconde, ne s'expliquant pas les raisons de sa réticence et, malgré sa mauvaise humeur, légèrement ennuyée. "Eh bien. Tu vois, juste au cas tu aurais la curiosité de savoir comment va ta femme en cette très mauvaise journée, je vais t'éviter ce problème et interrompre ta réflexion pendant dix secondes pour te mettre au courant. Après deux semaines de longues et fatigantes recherches, Thomas Crawford 'l'Ordure' a annulé à la dernière minute et Perry est sur le point de faire un infarctus. Il faut qu'on aille là-bas et qu'on se plante devant lui. Oh, et Jimmy s'est fait voler sa voiture - aucun remerciement à Superman.

Clark paraissait en pleine concentration, n'ayant pas entendu le moindre mot de ce qu'elle disait. "Bien," marmonna-t-il.

"Clark !" Clark contrôla son attention, levant les yeux vers sa femme maintenant en colère. "Clark si tu ne veux pas me parler, tu peux au moins m'écouter ! La voiture de Jimmy a été volée et tout ce que tu sais dire c'est 'bien !' Et tu n'as même pas remarqué, j'ai pratiquement écrit cet article toute seule - ce serait bien que tu essaies de faire quelques efforts pour mériter de signer ton article !"

Clark se leva. "Il faut que j'aille changer de vêtements, Lois, je sens la fumée. Je te retrouve là-bas." Sa voix était toujours calme, comme s'il n'avait pas remarqué que la fumée lui sortait presque des oreilles.

Lois ne se maîtrisait plus, ça dépassait l'entendement. Clark était si exaspérant quand il agissait ainsi. Il n'y avait rien de pire que de se disputer avec quelqu'un qui ne participait pas et Clark avait découvert depuis longtemps que s'il ne répondait pas à Lois, ça l'agaçait davantage que s'il prenait part. Il faisait rarement ça excepté quand il était extrêmement contrarié et, étant donné qu'il l'était maintenant et qu'il ne lui disait pas pourquoi, ça la rendait dingue.

"J'en ai marre de porter tout le poids de ce partenariat ! Je veux que tu viennes avec moi !" dit Lois. Et elle ajouta, "Et tu ne veux même pas parler à Jimmy de sa voiture ?"

"Je te retrouve chez Crawford dans vingt minutes. D'accord ?" Clark semblait ne pas avoir entendu sa question et Lois laissa tomber.

"Vingt minutes. Bien. Tu as intérêt à être là, Clark, je te le dis." Lois se pencha, prit la feuille de papier froissée qui avait atterri sur Perry, attrapa son porte document et se dirigea vers les ascenseurs.

Clark leva les yeux vers sa silhouette qui s'éloignait. Elle se retourna et croisa son regard, montra sa montre et murmura," Vingt minutes, " au moment où les portes de l'ascenseur se refermaient.

Perry sortit alors de son bureau et s'arrêta surpris de voir Clark assis à sa place. "Kent ! Pourquoi n'êtes vous pas avec Lois à rattraper cette interview ?" dit-il, se demandant pourquoi personne ne semblait l'écouter aujourd'hui.

"J'y vais, Chef," promit Clark, attrapant son manteau. "Je viens juste de revenir de couvrir l'incendie du quartier commercial."

La rudesse de Perry s'évapora. "Oh, mon garçon, j'ai entendu que Superman avait attisé l'incendie…"

Clark pivota brusquement. "Ce n'est PAS ce qui s'est passé. Il…"

Perry l'interrompit en reniflant. "Kent, vous sentez le barbecue. Peut-être devriez vous aller nous laver… OLSEN ! Tu es là…" Il se dirigea vers la silhouette de Jimmy qui s'éloignait.

"Quelle bonne idée," marmonna Clark. Il commença à mettre son manteau, mais s'arrêta soudain, levant les yeux en alerte.

"Toutes les unités dans le secteur de Smith et Maple, cambriolage et possible prise d'otages à la Galerie d'Art Drogin…" C'était un appel que seul Clark pouvait entendre et à ce moment il grommela. "Oh, non…" Il n'avait pas d'autre choix. "Je suis désolé, Lois…" Il disparut en coup de vent. La plupart des papiers de Lois atterrirent cette fois sur son bureau ?

A l'extérieur de la Galerie d'Art Drogin, des voitures de police et des officiers sillonnaient le secteur. Leur attention complètement portée sur la situation, ils ne remarquaient pas l'homme tapi dans l'ombre. Pas plus que Superman qui, atterrissant devant l'immeuble, attrapa l'inspecteur Henderson par le bras.

"Superman !" s'exclama Henderson, soulagé. "Le malfaiteur est à l'intérieur, armé et menaçant de détruire des objets d'une valeur inestimable si on ne lui donne pas cinq millions de dollars."

Superman l'arrêta. "Vous plaisantez. Il tient la galerie en otage ?" Henderson haussa les épaules d'un air las et Superman hocha la tête. "Laissez-moi essayer."

Dans la galerie, un petit homme au teint mat était appuyé contre le mur, tenant ce qui paraissait être un marteau en métal. Près de lui, à une courte distance, se trouvaient des poteries anciennes en exposition. L'homme sursauta quand Superman entra dans la salle. "N'approchez pas plus près," le prévint-il, levant le marteau. ""Je les pulvérise !"

Superman s'approcha. "Doucement," l'avertit-il. De son super souffle, il réfrigéra le marteau de métal, obligeant l'homme à le laisser tomber dans un cri. Il se fracassa par terre et Superman sauta en avant et attrapa l'homme pour le remettre à la police qui se précipita à l'intérieur et l'embarqua.

"Merci, Superman," dit Henderson en souriant.

"Heureux de vous rendre service," répondit Superman, se sentant de meilleure humeur.

A ce moment, le marchant d'art de la galerie, un homme grand avec une fine moustache, se précipita dans la salle. Avec un monstrueux accent, il commença admonester le super héros. "Ah ! Regardez ce que fousse avez faite ! " cria-t-il en rage. "Cette marteau -- il estait de la Dynastie Hiroshige il date du 14ème ziècle ! Il est fichou ! Détruite !"

Réellement horrifié, Superman bégaya, "Je suis désolé -"

"Désolé ? Vous êtes désolé ? Vous avez détruit une œuvre d'art inestimable !"

Superman ne se souvenait pas être un jour resté à ce point sans voix.

Un quart d'heure plus tard, Superman sortit de la galerie, faisant un petit signe à un Inspecteur Henderson grimaçant. Se dirigeant vers la cabine téléphonique la plus proche, il referma la porte derrière lui et composa le numéro de chez lui. Après quatre sonneries, le répondeur se mit en marche. Lois avait récemment réenregistré leur message de bienvenue, disant avec insistance que le vieux message de Clark était trop "professionnel" pour leur répondeur personnel. Sa voix, résonnant plus joyeusement que plus tôt ce jour là, passait dans l'appareil et il en écouta le son avec plaisir. "Bonjour, nous ne sommes pas à la maison pour l'instant et nous ne pouvons pas vous répondre, mais s'il vous plaît, laissez nous un message !" La machine bipa et Clark soupira en commençant à parler.

"Salut, chérie - Je suis désolé de ne pas t'avoir rejoint - J'ai eu… une urgence. Je t'expliquerai quand je rentrerai à la maison. Je t'aime." Il raccrocha le téléphone, ouvrit la porte de la cabine et s'envola.

De retour à l'intérieur du bureau du directeur de la galerie d'art, Tempus terminait de payer le marchand. "Une performance vraiment intéressante," complimenta-t-il. "Vous avez peut-être un avenir au théâtre !"

"Vous trouvez," répondit le 'marchand'.

"Et, qu'est-ce que c'était que cet accent," demanda Tempus. "Allemand, Russe… Polynésien ?"

"C'est important ?" Le type compta son argent et s'en alla.

Tempus grogna. "Dilettante." Il décrocha le téléphone sur le bureau à côté de lui et composa le numéro de la maison des Kent. Après que la voix enregistrée de Lois se soit tue, il composa un numéro à deux chiffres et écouta. "S'il vous plaît entrer votre code de sécurité pour effacer les messages." Tempus composa un numéro à cinq chiffres.

"Oh, mes amis," dit Tempus en souriant, amusé. "Vous n'êtes pas censés avoir un code de sécurité si prévisible." Il écouta le message de Clark, ("Oh, comme c'est mignon") puis le détruisit promptement. "Dommage, Lois n'entendra pas ça. J'espère qu'elle n'est pas trop en colère après toi, Clark."

L'immeuble de bureaux du 1411 Edison Avenue était encore partiellement en construction et comme Lois en sortait, mettant un bloc notes et un magnétophone dans son porte documents tout en marchant, elle devait sauter entre plusieurs cônes oranges. Ça lui rendait la tâche plus difficile, mais elle était trop énervée pour s'arrêter et le faire convenablement. "Cette construction a commencé il y a deux ans" marmonna-t-elle. "Combien de temps faut-il pour terminer un immeuble ?" Elle se promit de le découvrir quand elle en aurait fini avec ce maudit article. Au moins, Crawford avait enfin accepté de parler et son témoignage conduirait à traduire West pour détournement d'impôts.

Alors qu'elle se dirigeait vers sa voiture, une radio retentit et un employé du chantier la siffla quand enfin elle s'arrêta pour chercher ses clefs. "Oh, pitié," marmonna-t-elle, les sortant de son sac. "Pas la peine d'essayer."

Elle grimpa dans sa voiture et démarra le moteur en attachant sa ceinture. C'est à cet instant qu'elle se retourna vers l'employé. "Je suppose que tu devrais être contente, Lois," se raisonna-t-elle, en souriant. "Il va se passer du temps avant que tu entendes encore ça - aussi répugnant que cela paraisse." Sa radio s'alluma, sur la même station que celle du chantier. "Je déteste cette chanson," grommela-t-elle, sa mauvaise humeur revenant Et, en engageant la voiture dans le chemin, elle mit une cassette dans l'appareil.

Elle sortit du chemin, passa devant les employés du chantier qui reportèrent leur attention sur la radio quand la voix du présentateur fut soudain coupée. "Nous interrompons ce programme pour un reportage spécial. Superman a appréhendé avec succès un homme menaçant de détruire des objets d'une valeur inestimable à la Galerie d'Art Drogin cet après midi. L'homme est retenu par la police. La galerie ne déplore que des dommages minimes, apparemment causés par Superman. Et maintenant un mot de nos annonceurs."

Lois claqua la porte en entrant dans sa propriété du 348 Hypérion Avenue et jeta ses affaires sur le canapé. "Clark ? Clark tu es là ?" Sa voix se propagea dans la pénombre de la maison vide tandis qu'elle se penchait pour écouter le répondeur dont le voyant rouge indiquait qu'il n'y avait pas de messages.

"Pourquoi est-ce que je crie après un homme qui a une super oreille ?" se demanda-t-elle, hochant la tête en se dirigeant vers l'escalier.

Elle avait atteint la première marche quand son mari atterrit par la fenêtre provoquant une brise froide en se posant. Elle hésita un peu puis continua à monter sans se retourner.

"Oh, très bien, tu es là," dit-il, se tournant pour refermer la porte-fenêtre derrière lui ?

Lois s'arrêta alors, ayant presque atteint le haut des escaliers, et se retourna brusquement. Elle commença à descendre doucement et Clark fut surpris de la colère qui dévorait son visage. "Oui, je suis là. Merci de faire une apparition - ça me permet de justifier de mettre 'et Clark Kent' après mon nom sur l'article."

Clark hocha la tête avec lassitude, tendant la main vers le levier qui ouvrait le compartiment secret derrière la cheminée. "Je suis désolé, Lois - J'ai dû -"

Mais Lois, commençant à s'échauffer, arriva en bas des escaliers et se dressa les mains sur les hanches. "Tu sais quoi, Clark, moi aussi je suis désolée ! Je suis désolée que ça m'ait pris la journée pour obtenir une terrible interview que j'ai fini par diriger moi-même. Je suis désolée que la voiture de Jimmy ait été volée." A ce moment, Clark avait disparu dans le compartiment, mais Lois continuait, sans s'arrêter, "Et de plus, je suis désolée que tu n'aies pas été là pour tout ça, parce que même si on ne peut pas techniquement classer ça comme des 'désastres', le fait est qu'on avait besoin de toi et que si tu avais été pas là où tu étais censé te trouver, rien de tout ceci ne serait arrivé !"

Clark réapparut alors, fermant le compartiment derrière lui. Il avait revêtu des vêtements normaux et il était furieux. Il avait fallu un bon moment avant qu'il ne commence à s'énerver ; en fait il ne se souvenait pas d'avoir été aussi en colère depuis longtemps, mais quand il était comme ça, il pouvait être aussi fort que Lois. "D'accord," dit-il cinglant. A ce seul mot, sa colère était visible, sa voix ne cachant plus ce qu'il ressentait. "Parlons une seconde de 'l'endroit où je suis censé me trouver' - où est-ce exactement ? Est-ce à mon bureau, à écrire un article avec toi ? Est-ce à surveiller Jimmy pour que ses affaires ne soient pas volées ? Ou est-ce à répondre aux centaines d'appels au secours que j'entends chaque jour ? S'il te plaît dis-le moi, car j'aimerais vraiment le savoir !!" Maintenant il criait, les soucis et les horreurs de la journée le poursuivant. Lois avait récupéré, cette fois, et était prête à donner le meilleur d'elle-même.

"Ne retourne pas ça contre moi," lui lança-t-elle, lui montrant le répondeur. "Ce n'est pas moi qui ai disparu pendant des heures sans un mot !"

Clark, maintenant furieux, s'avança vers elle. "De quoi parles-tu ? cria-t-il. "Je t'ai laissé un message te disant qu'on avait besoin de moi ! Mais tu sais quoi ? Tu as raison ! J'aurais dû venir avec toi et sauver des centaines de personnes des problèmes de cette ville! Rien de ce que j'ai fait ces derniers jours n'a bien tourné. J'ai détruit un immeuble entier, pulvérisé une œuvre d'art du 14ème siècle. Je ne peux satisfaire qui que ce soit, et surtout pas moi ! Alors, tu me dis, Lois, où je suis censé être ?" Il était maintenant debout devant elle, tremblant de colère, les yeux au bord des larmes. Lois était décontenancée - elle ne l'avait jamais vu aussi égaré.

"Clark -" commença-t-elle frappée par l'idée que l'un d'entre eux avait besoin de se calmer, mais il regarda soudain la fenêtre. "Quoi ?" soupira-t-elle.

Clark parut réfléchir intérieurement et se tourna vers elle, les yeux toujours brûlants. "Rien."

Lois leva les bras aux ciels, troublée. "Quoi ?!"

Clark haussa les épaules. "Une alarme. Ne t'inquiète pas pour ça."

Lois hocha la tête, perplexe. "Vas-y."

"Non."

"Clark !"

"J'ai dis non ! Ceci est plus important. Il faut qu'on parle de ça maintenant !" Il était plus calme à présent, ce qui étonnait Lois encore davantage.

"Tu ne peux pas - ne rien faire ! Tu dois aller aider !"

Clark leva les yeux au ciel en hochant la tête, s'agitant à nouveau. "Non, tu sais quoi ?" dit-il en riant amèrement. "Non, je ne dois rien du tout ! Où est-il écrit que je dois me précipiter chaque fois que quelqu'un appelle dans cette ville !"

"Mais Clark… tu es Superman."

Clark hocha la tête farouchement. "C'est vrai, Lois. Je suis Superman. Et peut être que le moment est venu pour Superman de s'arrêter - de calmer le jeu. De finir par comprendre."

Lois était à présent complètement perdue. "Calmer le jeu ? De quoi parles-tu ? Superman ne peut pas s'arrêter - il est… Superman ! Pourquoi parles-tu de toi à la troisième personne ? ! "

"Parce que C'EST une autre personne," cria Clark, attrapant un coussin sur le canapé et le faisant éclater entre ses mains en envoyant des morceaux de mousse dans toute la pièce. "Et il me bouffe la vie !"

Lois, un peu effrayée par cet éclat de colère lui ressemblant si peu, réalisait enfin qu'elle avait peut-être poussé Clark un peu trop loin. C'était une chose que d'être embêtée par ses sorties et ses absences inopportunes, mais il y avait visiblement derrière tout ça autre chose qu'une scène de ménage. Clark, peu habitué à se laisser emporter, était vite devenu incontrôlable. Même quelques semaines plus tôt, quand elle était sous l'influence de cette drogue et qu'elle piquait elle-même des colères, il n'était pas aussi énervé. "Calme toi, Clark -" essaya-t-elle, mais il était trop tard. Il n'écoutait plus.

"Lois, je ne gagnerai pas, quoique je fasse," fulmina-t-il en marchant à grands pas dans la pièce, sans prendre garde aux morceaux de mousse qui volaient. "Si j'essaie s'aider les gens, tu me dis que je me dérobe à mes responsabilités ! Si je te dis qu'il vaut mieux que je reste pour finir notre conversation, tu me dis qu'il faut que j'y aille !! Nous allons avoir un bébé dans quelques mois et je ne veux plus faire ça ! Il avait atteint la porte et tendait la main vers la poignée.

"Où vas-tu ? " cria Lois, elle aussi au bord des larmes.

Clark avait à présent ouvert la porte et il se retourna soudain si calme que Lois était encore plus terrifiée qu'auparavant. "Tu veux savoir quelque chose, Lois, je n'en sais rien. Je te le dirai quand je le saurai." Il parla si calmement que Lois n'était pas sûre de l'avoir bien entendu jusqu'à ce qu'il se retourne et s'en aille.

"Attends ? Attends une minute ! Clark !"

La porte se ferma brusquement derrière lui et Lois se retrouva seule dans la pièce vide avec un mélange d'angoisse et de confusion, les restes du coussin explosé répandus à ses pieds.

Clark marchait dans la rue d'un pas rapide. Il essayait d'ignorer tout autour de lui, mais l'une des malédictions d'avoir une super oreille était qu'il ne pouvait jamais la fermer complètement, alors il était obligé d'entendre, jusqu'à un certain point, les fameux appels qui contribuaient à son tourment.

Il tourna dans Centennial Park et se laissa enfin tomber sur un banc. Il se pencha en arrière levant les yeux vers les étoiles puis se retourna pour regarder la fontaine - leur fontaine. Se souvenant de cette nuit, cette nuit pluvieuse fatidique, il sourit amèrement. Pourquoi tout avait-il si mal tourné ? Le fait que Lois ait appris qu'il était Superman était le premier pas vers la construction de leur vie ensemble. Maintenant il aurait souhaité ne jamais avoir entendu parler de Superman. Il se prit la tête dans les mains.

Il avait dû parvenir avec plus de succès qu'il ne l'avait pensé à faire le vide autour de lui car il n'entendit pas les pas derrière lui. La première chose dont il eut conscience de ne pas être seul était la main qui se posait doucement sur son épaule. Sursautant, il leva les yeux vers le visage d' H.G.Wells.

"Bonsoir, Monsieur Kent," dit le vieil homme gentiment. "Vous passez un moment difficile, n'est-ce pas ?"

Clark ferma les yeux et hocha la tête. Quand il les rouvrit, Wells était toujours là, attendant patiemment. "Je suis vraiment là Monsieur Kent," dit-il, presque en s'excusant. "Je suis devenu le porteur de mauvais présages, n'est-ce pas ?"

"Vous réalisez," dit Clark, "que je viens sans doute de passer l'une de mes pires journées ? De toute ma vie ?"

Wells grimaça. "Je suis terriblement désolé de l'apprendre. Cela rend encore plus difficile ce que j'ai à vous dire."

"Les choses ne peuvent pas être pires."

"Justement, Monsieur Kent."

"Comment ça ?"

Wells hésita. "Je suis venu ce soir car j'ai quelque chose à vous montrer. Quelque chose qu'il m'est impossible de vous dire. Vous pourriez me croire sur parole, mais je pense que c'est quelque chose que vous devez voir par vous-même."

Clark le regarda un instant. "Est-ce que ça veut dire ce que je crois que ça veut dire ?"

"Probablement, Monsieur Kent," acquiesça Wells.

"Est-ce que j'ai le choix ?"

"Eh bien, Monsieur Kent, ça dépend," répondit Wells.

"De quoi ?"

Wells le regard sérieusement. "De ce que vous êtes ou non satisfait de votre vie - maintenant - à cet instant." Il sortit l'appareil de contrôle temporel et commença à toucher les boutons.

"Pas de machine à remonter le temps ?" demanda Clark, surpris de la manière dont il était blasé des voyages temporels.

"Oh, c'est bien plus facile à garer," dit Wells en riant. Et Clark le regarda tandis que leurs images brillaient, tourbillonnaient et disparaissaient.

Bureau de Tom Crawford - De nos jours

Tom Crawford soupira, se prenant la tête dans les mains. Il savait, il savait vraiment le jour où Tempus était venu le voir, qu'il aurait dû "dire non", continuer à poursuivre sa carrière de conseiller municipal et conseiller financier auprès du député Ken West. Bien sûr, ça ne lui rapportait pas beaucoup de revenus et il n'y avait sûrement aucune gloire à en retirer, mais au moins, il ne travaillait pas la nuit… Il était certain que cette femme journaliste savait qu'il lui avait menti. Il n'avait jamais été un bon menteur -

Ses pensées furent interrompues quand la porte de son bureau s'ouvrit et que Tempus entra, le visage réjouit. "Bonsoir, Tom," salua-t-il Crawford de son habituelle façon théâtrale, se jetant dans le siège de l'autre côté du bureau et s'affalant les pieds en l'air. "Je crois que nous avons quelques affaires à régler !"

Crawford prit une grande inspiration et se leva. "Oui," dit-il essayant de dominer sa voix. "J'aimerais vous parler de -"

"Tom ! Parler de quoi ?" dit Tempus en riant. "Je vous l'ai dit, vous allez être bien récompensé d'avoir menti à Lois Lane ! En fait, vous avez fait un si bon travail, qu'il y a un bonus pour vous !

Il lui tendit une enveloppe. Crawford avala sa salive et la saisit puis il commença à la regarder avec incertitude. "Je ne sais pas, ça ne me paraît pas bien - Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de -"

"Quel scrupuleux étalage de bonne conscience," l'interrompit Tempus. "Si je ne m'abuse, vous venez de gagner 10 000 dollars pour deux heures de travail !"

"Non, c'est pas ça," dit Crawford, hochant la tête. "C'est juste que le Daily Planet va publier une histoire qui est complètement fausse !"

Tempus éclata de rire puis se leva et se dirigea vers la porte. "Tom, votre sollicitude est pour moi une leçon d'humilité, mais croyez moi - la justice est servie, et de belle façon. De plus, c'est un petit peu trop tard maintenant pour éviter la crise. L'article à scandale de Lois Lane est sur le point d'être publié comme nous l'avons dit. C'est déplorable, vraiment."

"Mais Superman -"

"Superman ? Voilà un sujet intéressant. C'est vraiment dommage pour Lois Lane qu'il soit pris en ce moment. Et je dis bien pris." Toujours en riant, Tempus laissa un Crawford perplexe qui le regardait tandis qu'il quittait le bureau et claquait la porte derrière lui. Et comme il se trouvait devant la porte fermée portant le nom de Thomas Crawford, il soupira en s'amusant toujours. "Pitoyable imbécile."

Métropolis - Six Mois dans le Futur

Dans une ruelle déserte de l'autre côté de l'immeuble du Daily Planet, l'air semblait briller et les images commençaient à tourbillonner tandis que Clark et Wells apparaissaient. Pendant qu'ils se remettaient de leur voyage dans le temps, Clark regarda autour de lui et reconnut les alentours et Wells vérifia les calculs de son appareil. "Ah, oui," dit-il satisfait. "Splendide. Vraiment splendide."

Clark était terriblement troublé. "Si je ne peux pas… pourquoi est-on ici ? Et euh… exactement … à quelle époque sommes nous ?"

"Patience, Monsieur Kent. Patience" le reprit gentiment Wells. "Vous le verrez bien assez tôt. Nous avons fait un bon dans le futur exactement de six mois du jour où nous sommes partis. Venez, allons voir." Il leva la main vers la rue. "Y allons-nous ?"

Clark le suivit malgré lui et ils traversèrent la rue en direction du Daily Planet. Quant ils atteignirent le trottoir opposé, il passèrent devant un kiosque à journaux. Wells marchait devant mais se retourna quand il réalisa que Clark avait été distrait par la première page du Daily Planet, dont le titre affichait, "La Vague de Crime Toujours pas Maîtrisée."

Clark se pencha pour y regarder de plus près. La signature était, "par Lois Lane et Roger Darmon. "Quoi ?" explosa-t-il.

Wells était sur le point de dire quelque chose, mais y réfléchit et haussa simplement les épaules, essayant de convaincre Clark de venir avec lui. Clark, toutefois, ne bougea pas et Wells capitula. "Oui, Monsieur Kent," dit-il doucement. "Je sais que c'est… eh bien, certains évènements ont précipité…" Il s'arrêta tentant de trouver ses mots et soupira, renonçant. "Certaines choses ont changé."

"Quelles choses ?" demanda Clark.

Wells lui montra l'immeuble du Daily Planet. "Peut-être vaudrait-il mieux que nous allions à l'intérieur."

"Peut-être vaudrait-il mieux pour vous que vous me disiez d'abord ce qui se passe."

Wells hocha la tête. "Croyez moi, Monsieur Kent. Les choses seront tout à fait claires bien assez tôt. Venez, entrons. J'ai découvert qu'il vaut mieux ne pas embrouiller le futur par des explications fastidieuses. Il prit Clark par le coude et le guida vers la porte tournante, le suivant à l'intérieur.

Salle de Rédaction du Daily Planet - Six Mois dans le Futur

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Clark et Wells sortirent et regardèrent dans la salle de rédaction. Elle avait l'air pareille que d'habitude. En fait, s'il n'y avait pas eu le gros titre du journal, Clark aurait pu jurer qu'il ne s'était même pas écoulé une journée. Le personnel allait et venait, les téléphones sonnaient. Clark chercha Lois qui n'était pas à son bureau, qui, bien que vide, était exactement à l'endroit où il devait être.

Sur son bureau à lui, toutefois, se trouvait une plaque au nom de "Roger Darmon".

"D'accord. Que se passe-t-il ici ? Et qui est 'Roger Darmon' ?!"

Wells apparemment l'ignora, lui indiquant la salle de conférence ou une mini réunion se déroulait. Perry la dirigeait, bien sûr, et Jimmy et Lois étaient assis à la table, avec un jeune homme brun et séduisant d'une trentaine d'années que Clark présuma être Roger Darmon. Wells fit signe à Clark de le suivre.

La chose suivante dont Clark se rendit compte fut qu'ils se retrouvèrent dans la salle de conférence. Il regarda autour de lui perplexe et étonné. "Comment -" Il s'arrêta, réalisa soudain que personne dans la pièce n'était conscient de leur présence. "Ils ne peuvent pas nous voir, nous entendre ?" murmura-t-il à Wells.

"Oh, non, Monsieur Kent," répondit Wells sur un ton normal. "Nous sommes pour eux tout à fait invisibles."

Clark l'aurait questionné davantage, mais il fut distrait par la plainte frustrée de Lois. "Mais Perry…"

"Lois, il n'y a rien que je puisse faire pour ça," répondit fermement Perry White.

"Eh bien, qu'est-ce que vous dites ? Qu'on devrait juste - laisser tomber ?!"

"Ecoutez, ma chérie," commença Perry sur un ton que Clark reconnut être celui de Perry quand il 'marchandait' avec Lois. "Je sais que vous êtes en colère. Mais nous devons essayer de rester objectifs. Nous allons faire ce que nous pouvons étant donné les circonstances."

Mais apparemment, Lois ne voulait pas se calmer. "Peut-être que nous devons vraiment en discuter ! Des circonstances !"

Roger Darmon se pencha et croisa le regard de Lois. "Lo-is," la reprit-il. Et Clark fut saisi de la familiarité avec laquelle Darmon posait sa main droite sur la main gauche de Lois en essayant de la calmer. Ça lui faisait mal de voir la main de Darmon se poser sur l'alliance de Lois.

Perry se passa la main dans les cheveux. "Les circonstances sont que nous sommes embarqués sur un bateau qui prend l'eau ! Ses six derniers mois n'ont rien vu d'autre que désastre après désastre - et ces poursuites sur l'article Crawford/West, ça c'était le comble. Ma chérie, il n'y a plus d'argent. Et cette fois, on ne peut même pas trouver un criminel comme Lex Luthor pour racheter.

"Je ne peux pas croire que j'entends ça." dit sèchement Lois. "Après tout ce par quoi on est passés, Stern … jette l'éponge ?!"

"Eh bien, Lois," soupira Perry, "si vous arriviez à dénicher un article que tout le monde dans cette ville ait réellement envie de lire, je suppose que Stern serait si heureux qu'il enverrait tout le personnel à la 20ème convention annuelle des sosies d'Elvis, tout frais payés."

Lois parut blessée. "Etes-vous en train de dire que ce que j'écris n'est pas…" elle ne parvenait pas à le dire, "n'est pas…"

Perry leva les mains, indiquant que la discussion était terminée. "Lois, j'ai besoin d'un article en première page. A tel point que si vous m'ameniez des photos du King vivant dans un igloo dans la toundra de l'Alaska, je ne m'en plaindrais pas. J'ai seulement besoin d'un article ! D'accord ?"

Lois ouvrit la bouche, surprise. "Perry !"

"On s'en occupe, Chef." La coupa Roger Darmon, arrêtant efficacement une des longues tirades de Lois.

C'était au tour de Clark de s'étonner. "Il vient de l'appeler 'Chef !'…"

"En effet," répondit Wells d'un air énigmatique.

"Ce qu'il nous faut, " dit Jimmy judicieusement, "c'est un bon article sur Superman."

Perry leva les bras au ciel. "Jimmy, laisse tomber, d'accord ? Ce bateau-là a déjà coulé."

Lois paraissait ne les entendre ni l'un ni l'autre.

Clark en avait par-dessus la tête et Wells, s'en apercevant, croisa son regard. Un instant plus tard, ils étaient dans la grande salle. Clark attendait que Wells dise quelque chose, mais comme il ne le faisait pas, il leva les bras au ciel et haussa les épaules. " Eh bien ? Allez-y !"

Wells se gratta la tête. "Ah, eh bien vous voyez… Superman n'a pas été vu à Métropolis depuis six mois."

"Il n'a pas été vu ? "

"Apparemment, tout ça est un mystère… Tout à fait troublant, vraiment."

"Troublant ?! Vous-vous moquez de moi ?! Clark le regarda fixement. "Et Lois… on dirait que c'est comme si elle ne savait rien. Comment pourrait-elle ne rien savoir ? Comment pourrait-elle ignorer où je suis ? Il s'arrêta soudain. "Attendez une minute. Comment… comment pourrais-je ignorer où je suis ? Et, " il indiqua le bureau de Roger, "qui est Roger ?"

"Oui, eh bien," Wells avait l'air nerveux, "Monsieur Darmon est le nouveau partenaire de Madame Lane."

Clark était stupéfait. "Quoi ?"

Wells leva la main. "D'enquêtes. Rien d'inquiétant."

Clark restait sans voix et il tourna son attention vers la salle de conférence où chacun se levait, la réunion étant terminée. Pour une raison ou une autre, la tenue vestimentaire de Lois attira son attention - c'était l'une des tenues qu'il préférait et elle ne l'avait pas la porter depuis longtemps… car elle ne rentrait plus dedans depuis un moment. Il eut soudain le souffle coupé en réalisant ce qui avait dû également changer en six mois. Faisant le tour du bureau de Lois, il fut tout retourné de voir une photo de Lois, tenant un petit bébé. Des larmes apparurent au coin de ses yeux tandis qu'il regardait son enfant et il se retourna et vit que Wells le regardait.

"Bien, oh mon - nous ferions mieux d'y aller," dit Wells, se tournant vers les ascenseurs, mais Clark le saisit et l'arrêta.

"Pas question," dit-il, on ne peut plus sérieux. "Si vous ne me dites pas tout, je vais le découvrir moi-même." Il se précipita vers la salle de conférence mais, cette fois, Wells le retint.

"Monsieur Kent, attendez," dit le vieil homme se tournant devant Clark. "Si vous-vous rappelez, vous ne pouvez parler à personne ici. Ils ne peuvent pas vous entendre. Je sais que c'est très déroutant et peut-être un peu perturbant…"

"Vous ne savez pas combien c'est perturbant," répondit Clark pas très gentiment.

"Vous devez vous souvenir," poursuivit Wells, "nous ne faisons que regarder le futur. Ce n'est pas encore arrivé Et nous ne sommes pas réellement présents ici. Pensez-y plutôt comme… plutôt comme une vue intergalactique, inter dimensionnelle de demain."

Clark n'était pas impressionné. "Et que se passe-t-il si je n'aime pas la vue ?"

Wells marqua un temps d'arrêt. "Um, voyons. La vérité est que les choses ne vont pas très bien au Daily Planet à ce moment particulier du futur, Monsieur Kent. Tout est un peu compliqué, mais apparemment, la charmante, mais déterminée, Madame Lane a insisté pour obtenir une interview qui s'est terminée par un procès. Une inculpation ridicule pour diffamation et écrits calomnieux, si je me souviens bien. Ça a été plutôt ignoble - une affaire assez litigieuse, vous voyez."

Clark ne répondit pas et Wells poursuivit. "On dit que le Planet va être vendu et que le propriétaire…"

Clark l'interrompit, hochant la tête. "Attendez une seconde. Si c'est supposé être le futur… Pourquoi apparaît-il que je ne m'y trouve pas ?"

"Oui, eh bien, apparemment vous, euh, vous ne faites pas vraiment partie du tableau en ce moment."

"Oh, je ne fais pas partie du tableau." C'était plus une déclaration qu'une question et Clark avait un mauvais pressentiment sur ce à quoi tout cela menait.

"Monsieur Kent," dit Wells, sortant sa télécommande spatio-temporelle, "afin de pouvoir saisir totalement les évènements qui se déroulent devant vous, nous devons d'abord avancer dans le temps - juste un peu plus, vous voyez. Pour vous donner un meilleur aperçu, pour ainsi dire."

"Un meilleur aperçu de quoi ?" demanda Clark.

Wells, occupé à programmer la machine ne répondit pas et Clark, commençant à avoir la migraine, se frotta les tempes. Un moment plus tard, Wells leva les yeux, satisfait. "Voilà. Tout est prêt. Préparez-vous à partir pour -"

"Je ne crois pas être prêt pour tout ça" l'interrompit Clark ironique.

Pour la deuxième fois depuis que leur 'aventure' avait commencé Wells voulait répondre à Clark, mais changea à nouveau d'avis. "Oui, eh bien, Monsieur Kent," répliqua-t-il sur le champ, "c'est la raison pour laquelle je suis ici pour vous servir de guide." Il tapota la main de Clark. "Je ne vous ai encore jamais mal conseillé, n'est-ce pas ?"

Clark n'était pas calmé pour autant. Leurs silhouettes commencèrent à tourner et briller et elles disparurent du centre de la salle de rédaction, au milieu du personnel qui ne sut jamais qu'ils étaient là.

348 Hypérion Avenue - De nos Jours

Lois était assise sur le canapé dans la pénombre. Après le choc initial du départ de Clark, elle était restée là, debout au milieu de la pièce, pendant des heures, incapable de comprendre ce qui s'était passé. Enfin, ne sachant que faire, elle se surprit à prendre l'aspirateur pour nettoyer les morceaux du coussin pulvérisé répandus sur le tapis. Puis, après avoir rangé tout ce qu'elle avait balancé en entrant, elle se changea. Maintenant, deux heures après le départ de Clark, elle était blottie sans savoir que faire. Bien qu'il commençait à se faire tard, elle savait que dormir était hors de question, alors elle se mit dans un coin du canapé, écoutant leur dispute résonner dans sa tête.

"Où vas-tu ?"

"Je te le dirais quand je le saurais."


Le bruit de la porte résonna dans ses oreilles jusqu'à ce qu'elle réalise que c'était le téléphone qui sonnait. Elle sauta et attrapa le téléphone sans fil, les mains tremblantes en ouvrant l'appareil. "Clark ?"

"Mon rêve devient réalité. Lois." lui parvint la voix étouffée et la bouche pleine de Bobby le Morfal. Il était appuyé contre la cabine téléphonique au fond d'un passage miteux, mâchant un Big Mac Géant.

"Bobby ?" demanda Lois, essayant de se réorienter. "Je suis désolée - j'attendais un appel de Clark…"

"Le grand garçon est en retard pour le dîner, hein ?"

Lois commençait à perdre patience. "Est-ce que tu as des raisons de m'appeler ou -"

"Lois, tu as cette espèce de ton dans la voix." Bobby s'enfila entre huit et dix frites dans la bouche.

"Quel ton ?" demanda Lois sur la défensive.

"Clark et toi vous êtes un peu disputés, n'est-ce pas ?"

"Bobby !"

"D'accord, d'accord," dit Bobby adoucissant sa voix. "Ne fais pas l'interview de Crawford."

Lois se posa la main sur la tête essayant de comprendre. "Quoi ?"

"Tu as interviewé Crawford ce matin et tu vas être poursuivie en diffamation aussi vite que je peux avaler ces frites." l'avertit-il.

"Je ne comprends pas. De quoi parles-tu ?"

Bobby se mit à rire. "Tu ne me nourris pas assez pour les détails, ma grande. Et, en bref, tout ce que je sais, c'est que Crawford est une ordure bien plus grande que tu ne le crois. Cette interview de ce matin, il va déclarer que les informations lui ont été tirées sous la contrainte ou quelque chose comme ça - apparemment il y a un gros truc qui se prépare en ville. Quelque chose qui pu la corruption. Crawford ne contrôle rien… on dirait qu'il se prépare quelque chose."

Lois maintenant paniquait. "Mais - prépare quoi ?! C'est dans l'édition de demain - c'est une affaire réglée !"

Bobby haussa les épaules, remarquant que le marchand de beignets de l'autre côté de la rue allait fermer dans dix minutes. "Ça j'en sais rien. Ce que je sais c'est que West n'est pas plus impliqué dans un détournement d'impôts que, eh bien, toi. Tu es victime d'un coup monté."

"Mais, Bobby, qui -"

"Ecoute, c'est tout ce que je sais," la coupa Bobby. "Faut que j'y aille, ma grande. Et tu peux m'envoyer trois grandes pizzas aux peppéronis, des litres de Pepsi et un bon pour une Mega Glace à la chantilly à l'endroit habituel." Il sourit et ajouta. "Oh, et vas-y doucement avec Kent. A plus." Il raccrocha brusquement et traversa la rue en courant.

Lois coupa le téléphone sans fil et le posa sur la table en regardant sa montre. "Ça fait plus de deux heures, Clark. C'est ridicule," dit-elle doucement en se levant pour regarder par la fenêtre.

Le tic-tac de sa montre était assourdissant.

Métropolis - Un an dans le futur.

Les images de Wells et Clark brillèrent et tournèrent à nouveau et ils apparurent au 1411 Edison Avenue à Métropolis, devant un immeuble relativement récent qui affichait 'Bureaux de Luxe'. Clark se secoua la tête pour se remettre les idées en place et regarda autour de lui. "Nous sommes apparemment de retour à Métropolis." commenta-t-il. "De combien avons nous voyagé. Ça n'a pas l'air différent."

Wells acquiesça, consultant son appareil. "Oui, Monsieur Kent. Nous sommes de retour à Métropolis. La date ? Précisément un an dans le futur de votre présent. Et quoique ça ne semble pas différent à première vue… peut-être devriez-vous y regarder de plus près ?" Il lui montra le kiosque à journaux à quelques mètres de l'endroit où ils se trouvaient.

Clark fit quelques pas et regarda les gros titres. "Eh bien, apparemment, les choses n'ont pas changé en mieux - Le National Inquisitor et le New Metro Times sont encore en activité," fit il sèchement remarquer. Puis il eut l'air surpris. "Où est le Daily Planet ?" Il regarda tous les journaux étalés et un regard d'horreur se lut sur son visage quand ses yeux se posèrent sur ce qui ne pouvait être que le Daily Planet.

Le journal qui était la fierté et la joie de Perry White, qui donnait à Clark lui-même un sentiment d'auto satisfaction quand il passait devant un kiosque ou que quelqu'un le lisait, avait été transformé en une basse feuille de chou de supermarché. "Le Daily Planet - Bienvenue dans Notre Monde," indiquait le logo. Et la première page n'avait même pas la décence d'indiquer les habituels mensonges sur les célébrités. Au lieu de ça, il y avait une pathétique photo trafiquée d'Elvis se tenant près d'un igloo sous le gros titre "Elvis vit dans la Toundra de l'Alaska !"

Clark était cloué au sol sous le choc. "Le Daily Planet est un tabloïd ? murmura-t-il consterné. "Comment se peut-il… non, je ne peux pas croire que Perry laisserait arriver une chose pareille !"

Wells lui tapota l'épaule avec compassion. "Malheureusement, le Daily Planet a fini par couler en dépit de tous les efforts de Monsieur White. Je suis désolé de dire qu'il a finalement été vendu à un conglomérat qui publie cette… presse à sensation, dirons-nous."

Clark chercha sur la première page les signatures des journalistes. "Mais qu'est-il arrivé à tout le monde ?"

"Oui, eh bien, nombre d'entre eux sont partis vers des cieux plus cléments après le… eh bien, vous savez. Le jeune Monsieur Olsen a suivi ses aspirations et est devenu photographe pour un magazine géographique de renom. Il est maintenant en Afrique."

Clark sourit malgré lui. "Jimmy ? En Afrique ?" il se mit à rire. "Et où est Perry ?"

Wells hésita.

"Mr Wells ?"

Wells hocha doucement la tête.

Un regard horrifié traversa le visage de Clark. "Quoi ? Que voulez-vous -" Il s'arrêta, déconcentré par quelque chose derrière Wells. Le vieil homme se retourna et ils virent ensemble la Jeep de Lois s'avancer vers eux et s'arrêter au feu rouge. "Lois !" Clark se retourna et attrapa Wells par les épaules. "Et Lois ?"

Wells indiqua à nouveau le kiosque d'un geste de la main. Clark se tourna vers la boîte, stupéfait. "Eh bien, elle ne peut pas écrire pour…"

Il s'arrêta soudain et s'y reprit à deux fois quand ses yeux se posèrent sur la couverture du magazine PERSONALITES. "Ce n'est pas…" soupira-t-il. "Est-ce que c'est… c'est Lois !" Il regarda le beau visage de sa femme sur la couverture, sous le gros titre qui indiquait. " Amour, Vie et Vides : Tout le monde le lit -- Découvrez la femme qui est derrière." Le sous-titre dessous indiquait "Lois Lane auteur du Best Seller."

"Auteur du Best Seller ?" demanda-t-il doucement.

Wells sourit et acquiesça. "Apparemment, Madame Lane est romancière depuis un certain temps, Monsieur Kent. Après que les circonstances l'aient forcée à ré envisager sa carrière, si je puis dire, elle a publié un roman passionnant - une histoire déchirante sur une journaliste qui perd son unique amour ou ce genre de tragédie. Elle est sur la liste des best seller depuis le jour où il a été publié. Elle vient juste de vendre les droits cinématographiques."

Clark écarquilla les yeux. "Les droits cinématographiques ?"

Lois avait stoppé et garé la jeep juste derrière eux et sortait maintenant de la voiture, habillée élégamment et portant un petit sac sur l'épaule.

Clark incapable de détourner les yeux de sa femme demanda. "Pourquoi est-elle ici ?"

"Eh bien," répondit Wells, "Connaissant Madame Lane comme vous la connaissez, je suis sûr que vous ne serez pas étonné d'apprendre que de passer ses journées à donner des interviews et à faire sa publicité ne pourrait longtemps la satisfaire. Elle a commencé depuis peu à travailler à nouveau en free-lance comme journaliste d'investigations."

Lois se dirigeait vers l'immeuble de bureaux et Clark et Wells la suivirent, s'arrêtant quand elle entra. "Mais comment trouve-t-elle le temps de faire tout ça ?" demanda Clark. "Je veux dire…" il hésita. "Avec le bébé et tout le reste…"

Wells acquiesça. "Eh bien, un roman à gros tirage, sans parler des droits cinématographiques, permettent à Madame Lane de donner ce qu'il y a de mieux à son enfant, y compris une excellente garderie. Et quoique sa toute nouvelle carrière lui permette également de passer beaucoup de temps avec son bébé… il semble que Madame Lane n'ait pas le temps de s'arrêter à cela. Il est évidemment très important qu'elle reste occupée."

"Mais…" Clark était embarrassé par ces insinuations, mais son attention était concentrée sur Lois qui, apparemment, rôdait dans le couloir bien loin du bureau de la sécurité. Dès que le gardien fut occupé avec un livreur, elle se glissa dans la cage d'escaliers.

Clark grogna. "Oh, non… qu'est-ce qu'elle fait ?"

Cela amusait Wells. "Monsieur Kent. Certaines choses ne changent jamais. Elle enquête."

Clark fut surpris de se retrouver soudain avec Wells dans un couloir désert au dernier étage de l'immeuble, devant la porte d'un bureau sur laquelle était inscrit le nom de "Thomas Crawford". Avant qu'il n'ait le temps de demander ce qui se passait, la porte de la cage d'escaliers s'ouvrit derrière eux et une Lois légère et silencieuse se faufila, regardant de chaque côté pour vérifier qu'elle était seule.

Quand elle vit avec satisfaction qu'elle l'était, l'ironie étant qu'elle n'avait pas idée de ne pas manquer de compagnie, elle sortit une longue et fine lime à ongles de métal de son sac et commença à forcer la serrure de la porte du bureau de Tom Crawford.

"Oh, Lois," soupira Clark. Il s'appuya contre le montant de la porte, la regardant se débattre à essayer d'ouvrir la serrure et rit doucement. "Chérie, tu n'as jamais été très bonne à -"

Presque au même moment, Lois marmonna à voix basse. "Oh, allez, Lois. Tu as toujours été si…" et se bagarra encore, "bonne à faire ça !"

Laissant presque tomber la lime, elle s'assura une meilleure prise de sa main droite et plaça la gauche sur le montant de la porte pour se tenir. Clark, baissant les yeux, réalisa que la main gauche de Lois était à quelques centimètres de la sienne et ressentit une douleur presque physique d'être à la fois si près et si loin.

Cette douleur n'était rien comparée à l'agonie qu'il ressentit un instant plus tard quand il s'aperçut qu'il manquait quelque chose à la main gauche de Lois. Son alliance avait disparu.

Il soupira, essayant de comprendre pourquoi, vérifiant qu'il ne s'était pas trompé de main… Mais, bien sûr, il ne s'était pas trompé et ses larmes coulèrent sans crier gare. Il leva les yeux vers Wells qui le regardait avec compassion.

"Je ne comprends pas," bégaya Clark, espérant encore qu'il s'agissait d'un malentendu. .. d'une erreur…"Elle ne porte pas son alliance…"

A ce moment, Lois parvint à ouvrir la serrure. "Oui !" cria-t-elle doucement en ouvrant la porte et en se précipitant à l'intérieur.

348 Hypérion Avenue - De nos Jours.

Lois faisait les cent pas dans le salon avec le téléphone portable. Toutes les lumières étaient maintenant allumées, sa tristesse repoussée par la découverte de la crise toute proche. "Justement, Perry," disait-elle, agitant en l'air un stylo comme si le rédacteur en chef pouvait la voir. Elle hocha la tête entendant la réponse. "Je pense seulement qu'on devrait le mettre en attente jusqu'à ce que je puisse faire quelques recherches et voir si Bobby est sur une piste… Clark ? Oubliez Clark."

Son visage s'obscurcit alors et elle lança le stylo à travers la pièce et se jeta sur le canapé. "Très drôle. Non ! Je ne vais pas appeler Superman. Pourquoi ? Parce que ! Perry , écoutez moi. Je veux que vous mettiez l'article en attente. Il me faut du temps pour voir ce qui se passe."

Bureau de Tom Crawford - Un An dans le Futur

Clark et Wells se tenaient dans le couloir, à présent désert, à l'extérieur du bureau de Crawford. Clark regardait sa main gauche avec stupéfaction. Wells s'apprêtait à suivre Lois, mais Clark, plus rapide que lui, même dans ces circonstances, tournoya et l'attrapa par le devant de la chemise.

"Ou vous me donner immédiatement des réponses," commença-t-il, d'une voix glaciale, "ou vous allez devoir vous trouver un autre compagnon de voyage, parce que je suis à deux doigts de…"

"Dites donc, Monsieur Kent !" dit Wells hautement insulté et peu habitué à être malmené. "Il n'y a aucune raison de s'énerver pour ça ! Je vous ai déjà expliqué…"

Clark n'était pas d'humeur et avant que le vieil homme n'ait le temps de s'en rendre compte, il était épinglé contre le mur, regardant deux yeux très en colère. "Je suis en train de voir un avenir où le Daily Planet a été détruit et où Lois Lane n'est plus ma femme ! Peut-être pourriez-vous m'en expliquer davantage ?"

Wells croisa les yeux de Clark et retint son regard jusqu'à ce que Clark relâche son étreinte et qu'il puisse s'extirper de sa poigne. "Je n'aurais jamais cru que vous étiez quelqu'un de violent," marmonna-t-il, arrangeant ses vêtements, sa réserve habituelle oubliée.

Clark semblait vouloir empoigner Wells à nouveau, mais le vieil homme se réfugia en vitesse dans le bureau et Clark le suivit.

Dans la pièce sombre, Lois fouillait tranquillement dans les classeurs à l'aide d'une lampe de poche. Wells et Clark la regardèrent du pas de la porte, Clark oubliant momentanément sa colère tandis qu'il se concentrait sur elle. Un moment après, Wells leva les yeux vers lui et, le voyant plus calme, respira à fond. "Maintenant que nous sommes ici…" commença-t-il, mais Clark ne l'écoutait plus.

"Qu'est-ce qu'elle cherche ?" demanda-t-il.

Wells hocha la tête. "Comme je le disais, maintenant que nous sommes ici, je pense qu'il est temps de parler de ce qui se passe."

Clark détourna son attention de Lois et une fois de plus se concentra sur l'homme à ses côtés." Ça vaut mieux pour vous, vous savez ."

"Allez, Monsieur Kent… Je sens quelques ressentiments."

"Oh, vous croyez ? Clark avait à présent dépassé le stade de la plaisanterie et de la politesse.

Wells parut ne pas remarquer le sarcasme et s'assit sur le canapé en cuir pour se préparer à raconter son histoire. Lois, pendant ce temps, sortait des dossiers du tiroir et les feuilletait un par un.

Wells fit signe à Clark de s'asseoir à côté de lui. Clark soupira et le rejoignit, son expression des plus impatientes. "Eh bien ?"

"Comme vous l'avez vu à travers nos voyages," commença Wells, ignorant son agressivité, "Le Daily Planet est passé par des moments plutôt difficiles après qu'un certain article écrit par Madame Lane ait été publié. Le Planet a été cité dans un procès car l'article était presque entièrement basé sur l'interview d'un individu nommé Crawford dont les informations s'avérèrent être complètement fausses. Et, comme vous le voyez, nous sommes maintenant assis dans le bureau de Monsieur Crawford."

"Crawford" songea Clark. "C'est l'interview à laquelle j'étais censé aller avec Lois. Mais pourquoi n'a-t-il pas été inculpé pour fausses déclarations à la presse ?"

"Apparemment, Monsieur Crawford est revenu sur son histoire, déclarant qu'il avait été mal interprété par Madame Lane et qu'elle avait des raisons personnelles de le discréditer."

"Mais - Lois n'avait pas enregistré l'interview ? Des bandes, des notes…"

"Envolées," expliqua Wells. "Mystérieusement disparues." Il dressa les sourcils. "Heureusement, Madame Lane n'avait aucun antécédent judiciaire à se reprocher, mais elle est restée ferme sur le fait Crawford lui avait menti intentionnellement au cours de l'interview et pendant le procès. Elle s'est fait la promesse de prouver que Crawford travaillait pour quelqu'un d'autre qui avait une dent contre elle et le Daily Planet. Elle cherche des preuves."

"Toute seule ?!"

Là, Wells était étonné. "Monsieur Kent - vous tenez sûrement Madame Lane en plus haute estime que…"

Clark commençait à s'énerver davantage. "Oui, non - ce que je veux dire, c'est que je suis son mari. Je suis son partenaire ! Je devrais être là - elle ne devrait pas se batte toute seule ! Elever seule notre enfant !"

Wells acquiesça. "Exactement."

"Alors, dites-moi," dit Clark d'un ton suppliant. "S'il vous plaît."

Wells soupira. "Il est évident, que… d'après l'opinion générale…"

"Quoi ?"

Wells le regarda dans les yeux. "Vous l'avez abandonnée, Monsieur Kent."

Clark hocha la tête. "C'est impossible."

Wells haussa les épaules. "Pour autant que je m'en souvienne vous avez eu tous les deux un léger… différent quelque peu important. Vous êtes sorti et n'êtes jamais revenu. On ne vous a plus jamais vu et on n'a plus jamais entendu parler de vous depuis."

"Mais je… je ne l'ai jamais quittée. Clark le regarda. "Vous ne comprenez donc pas. Si vous compreniez, vous auriez que je ne peux pas vivre sans elle."

"Oui, Monsieur Kent. Oui." Wells lui tapota l'épaule et le regarda impuissant. "Mais la seule explication que l'on puisse trouver à votre disparition est…"

Clark était horrifié. "Tout le monde pense que j'ai quitté ma femme !"

Wells acquiesça et leva les bras. "En fait, non. Votre absence pendant plus d'un an a été déclarée comme étant une disparition inexpliquée. La crainte du pire."

"Lois a dit à tout le monde que j'avais disparu ?"

"Que pouvait-elle dire d'autre ?" demanda Wells tristement. "Elle seule connaît votre secret, sait certainement que l'hypothèse d'un meurtre est presque impossible dans votre cas. Une femme anxieuse en surface est presque préférable à une batterie de questions auxquelles il est impossible de répondre. Mais en privé, elle n'a pas d'autre choix que de croire que l'homme qu'elle a épousé a disparu au coucher du soleil, comme bien d'autres hommes avant lui et comme beaucoup d'autres après lui."

Bouleversé, Clark se prit la tête entre les mains. Wells continua doucement. "Ses défenses sont fortes et résistantes, Monsieur Kent. Elles sont tout ce qu'il lui reste pour se protéger de la douleur qu'elle ressent à l'intérieur - la tristesse d'avoir été abandonnée par l'amant qu'elle pensait être son âme sœur."

Wells s'arrêta de parler, ses mots lourdement suspendus dans le calme qui s'en suivit. Le seul son provenait du froissement des papiers tandis que Lois poursuivait ses investigations.

Soudain, le silence fut interrompu par son exclamation de victoire. Lois, ayant trouvé ce qu'elle cherchait, sortit un mini appareil photo et commença avec acharnement à photographier.

Elle était si absorbée à prendre ses photos et Clark et Wells à la regarder, qu'aucun d'eux n'entendit la porte s'ouvrir et un homme entrer dans la pièce, très silencieusement. Lui aussi, resta à regarder le joli visage de Lois tandis qu'elle lisait les preuves, heureuse de sa magistrale découverte. "Alors, c'est ça que vous cachiez," murmura-t-elle, feuilletant les pages. "Je ne sais pas pourquoi je suis si -"

"Etonnée ? Choquée ? En grand besoin d'oxygène ?"

Les lumières s'allumèrent et à la stupéfaction de Clark, Tempus se tenait là, un revolver directement pointé sur Lois. "Madame Lane !" dit-il en riant. "Quelle surprise de vous trouver ici - dans un bureau qui visiblement ne vous appartient pas, examinant des dossiers qui eux non plus, c'est assez ironique, ne vous appartiennent pas ! Je ne puis vous dire combien que suis heureux de la tournure fatidique des évènements… quoique je n'ose espérer qu'il en soit de même pour vous."

Clark avait alors sauté de son siège, bien conscient que lui et Wells n'étaient que des observateurs impuissants de l'action qui se déroulait devant eux. Lois restait assise au bureau de Crawford, regardant Tempus droit dans les yeux sans peur apparente.

"Tempus."

"Pas possible ! Vous me reconnaissez ? Et sans mes lunettes !"

Lois ne répondit pas et Tempus s'avança vers elle, le revolver maintenant pointé sur sa tête. Lois laissa le tiroir du bureau se refermer et se leva d'un bond."

"Bien," dit Tempus, "maintenant que nous en avons terminé avec les préliminaires, parlons affaires."

"Je ne fais pas d'affaires avec les psychopathes, Tempus," répondit froidement Lois. "C'est en contradiction avec mes instincts."

Tempus agita le revolver devant elle. "Comme c'est amusant, Lois. Vos répliques cinglantes vont vraiment me manquer quand j'aurai perdu mon calme et que j'aurai collé une balle entre vos deux ravissants yeux bruns."

"Faîtes-moi une faveur en m'épargnant vos compliments bidons." lui lança Lois. Clark vit qu'elle essayait de gagner du temps.

"Je vais vous dire, je vais faire mieux que ça," lui promit Tempus en riant. "Je vais nous faire à tous deux une faveur et vous supprimer !"

"On dirait que j'ai trouvé le bon dossier," dit Lois désespérément. "Celui qui contient manifestement toutes les preuves que vous avez payé Tom Crawford pour accuser à tort le Député West et me divulguer l'histoire. Qu'il avait si peur pour sa vie qu'il continua à mentir pour être certain de ne pas finir au fond de la rivière. Si effrayé, qu'il a regardé le Daily Planet se noyer, et ma carrière avec… et mon mariage."

Clark regarda, avec désespoir et impuissance, Wells qui lui posa la main sur l'épaule.

"Je suis impressionné, Lois," admit Tempus. "Vous êtes un sacré bon reporter. Vous n'avez rien perdu de votre compétitivité durant cette année, n'est-ce pas ? C'est vraiment dommage que vous ayez perdu le bon sens que portent en eux les excellents journalistes. Oh attendez ! Ça ne fait rien, vous n'aviez aucun sens commun dés le début." Il redressa le revolver et sa voix devint implacable. "Levez vous."

Lentement et maintenant visiblement terrifiée, bien qu'essayant de le cacher, Lois se leva.

"On va faire un petit tour."

"Un petit tour où ?"

Tempus se mit à rire. "Question intéressante. Il faut que j'y pense. Un endroit désert, silencieux… où personne ne vous entendra hurler quand j'appuierai sur la gâchette."

"Certaines personnes savent où je suis," protesta Lois.

"Bien sûr, bien sûr," acquiesça Tempus. "Mais devinez quoi ? Je m'en moque !" Il attrapa Lois par le cou et lui appuya le revolver dans le dos. "Allons-y," la pressa-t-il en la poussant devant lui hors du bureau.

"Où l'emmène-t-il ?" demanda Clark terrifié à Wells.

"Dans un endroit silencieux et désert." lui rappela Wells.

Clark se tourna vers lui. "Comment pouvez vous plaisanter ainsi ! Il va la tuer !"

"Monsieur Kent, je vous assure que je ne plaisante pas. Madame Lane est arrivée au bout de sa période de chance. Elle est allée trop loin, cette fois. Je crains fort que l'inévitable soit…"

"Non," dit soudain Clark, "non ! Il y a toujours une alternative ! Vous m'avez amené ici pour une raison et ce n'est pas pour voir Lois se faire assassiner ! Allons y !"

Il se dirigea vers la porte, Wells sur ses talons.

Tempus et Lois venaient de sortir de l'immeuble et Clark et Wells étaient derrière eux. Tempus tenait Lois par le bras en marchant et plusieurs passants souriaient à l'apparemment heureux couple. Aucun d'entre eux ne pouvait voir ce que voyait Clark - que Tempus appuyait un revolver dans les côtes de Lois.

Ils approchèrent du côté passager de la voiture de Lois et Tempus ouvrit la portière. "Montez et glissez vous de l'autre côté," lui murmura-t-il à l'oreille.

"Je ne crois pas," répondit Lois, sachant que si elle restait là, dans cette rue animée devant la moitié du monde, elle serait en sécurité. Il ne pouvait pas la tuer ici, n'est-ce pas ?

Tempus appuya fortement le revolver contre ses côtes, dissipant toute idée de raison, alors que Lois grimaçait de douleur. "C'est amusant de voir combien me frotter à vous fait ressortir le pire en moi." persifla-t-il.

"Quelle coïncidence," répondit Lois tandis qu'il la poussait dans la voiture.

Tempus grimpa sur le siège passager à côté d'elle. Aucun deux ne savait qu'ils avaient deux passagers assis sur la banquette arrière, l'un d'eux au bord de la panique, l'autre étrangement calme.

"Démarrez la voiture et roulez, Lois," lui ordonna Tempus. "Je vous dirai où aller. Et n'ayez pas quelque idée ou je me sers de ce revolver avant que vous ne puissiez dire 'plus rapide que -' eh bien, vous voyez."

"Non !" Clark tenta d'attraper le revolver, mais Wells le retint.

"On en a déjà parlé, Monsieur Kent. Nous ne sommes ici que des observateurs…"

Clark agita la main, énervé.

Lois lança à Tempus un regard furieux, aussi bien pour ses menaces que pour son évocation de Superman. Il leva à nouveau résolument le revolver dans sa direction et elle démarra la voiture.

Il firent quelques kilomètres, dans un silence pesant, Lois convaincue que les battements de son cœur éloignaient sa frayeur.

"Où l'emmène-t-il ?" demanda Clark à Wells.

"Où allons-nous ?" demanda soudain Lois.

"Bonne question," marmonna Clark.

"Mon Dieu, Lois," s'exclama Tempus, "n'avez-vous pas encore appris que vos instincts de journaliste vous attirent des problèmes ? Vous savez quoi - vous continuez à rouler et je vous dirai où nous allons, d'accord ? Maintenant, tournez à droite et garez vous."

Clark regarda par la vitre. "On est sur la jetée," dit-il à voix basse. "C'est désert à cette époque de l'année - il n'y aura personne pour l'aider !" Il se tourna et regarda Wells qui croisa son regard mais ne répondit pas.

Lois gara la voiture et Tempus, qui tenait toujours le revolver, se tourna vers elle. "Descendez - doucement."

"Non !" Clark criait, maintenant, malgré que Lois ne puisse l'entendre et que, par conséquent, elle ne réponde pas. "Lois ne fais pas ça !"

"Du calme…" était tout ce que Wells pouvait dire.

Lois sortit lentement de la voiture et Tempus se glissa et descendit après elle, fermant la porte derrière eux. Il lui prit le bras et la conduisit sur le bord de l'embarcadère.

Clark et Wells étaient eux aussi sortis de la voiture, regardant une Lois terrifiée qui se tournait vers Tempus. "Vous n'allez pas vous en sortir comme ça," l'avertit-elle les yeux aux bord des larmes.

Tempus éclata de rire. "Oh, je me demandais quand vous alliez en arriver là ! Attendez, je vais terminer pour vous…" Il leva les yeux vers le ciel sombre et hurla. "AU SECOURS ! SUPERMAN !"

L'horreur apparut sur le visage de Clark. Très, très lentement, il leva, lui aussi, les yeux vers le ciel. Il n'y avait rien, naturellement. Pas de réponse. Il ferma les yeux un bref instant et posa son regard sur sa femme ravissante, terrorisée et sans défense.

"Oh, c'est vrai," soupira Tempus, "j'ai oublié - On n'a pas vu Superman depuis longtemps, n'est-ce pas, Madame Kent ?"

Lois ne répondit pas, mais regarda de gauche à droite espérant que quelqu'un sorte de l'ombre à la dernière minute. Alors, sans prévenir, elle se jeta sur Tempus qui trébucha en arrière tandis qu'elle se mettait à courir dans une dernière tentative désespérée de s'échapper. Tempus hocha la tête presque à regret et leva le revolver, le pointant en direction de la silhouette qui s'enfuyait.

Clark paniqua, ne sachant de quel côté se retourner, ni que faire. "Il va vraiment la tuer !" cria-t-il.

Wells acquiesça, très calmement. "Oui, j'ai bien peur que oui."

Clark le regarda incrédule et courut après Tempus et Lois le bras tendu "STOP !!!"

Il n'était pas sûr d'avoir vraiment crié, car même sans super oreille, ce coup de feu fut le bruit le plus fort qu'il avait jamais entendu.

Clark ne savait pas exactement ce qui s'était passé dans les quelques secondes qui suivirent, mais soudain Wells et lui se retrouvèrent seuls sur la jetée. Il n'y avait aucun signe de Lois, Tempus, ni même de la voiture de Lois, d'ailleurs. Il était par terre, tremblant, ses jambes s'étant dérobées sous lui après le choc de voir Lois se faire assassiner.

Wells le regarda et, sentant que Clark avait eu suffisamment de temps pour se remettre, décida d'interrompre le silence. "Monsieur Kent ?"

Il avait apparemment tort, car Clark ne répondit pas.

"Monsieur Kent ?" Vous allez bien ?"

"Je n'ai pas pu la sauver." La voix de Clark était à peine audible. Il semblait se parler à lui-même.

"Non, Monsieur Kent, " reconnut Wells. "Pas cette fois."

Clark leva enfin les yeux vers Wells. "Je ne peux pas - je ne comprends pas. Comment peut-elle… Comment cela a-t-il pu arriver ? Je ne pouvais pas l'entendre ? Je ne pouvais pas l'attraper ?"

Wells hésita avant de parler. Le temps était venu pour Clark de comprendre le but de leur voyage. "Si vous vous souvenez," lui rappela-t-il lentement, "vous avez dit que vous ne supportiez plus du tout d'être Superman - et puis vous êtes parti. En fait. Juste après notre rencontre dans le parc, vous avez souhaité n'avoir jamais entendu parlé de Superman."

Clark eut l'air surpris. "Mais - non !! Je ne voulais pas dire jamais ! Je ne voulais pas dire… pour toujours !"

"Vraiment ?"

Soudain, Clark commença à entrevoir la vérité et s'assit par terre quelques instants, figé. "Je suis parti," murmura-t-il. "Et d'une façon ou d'une autre, je ne suis jamais revenu." Il se leva lentement et se tourna vers Wells. "Et à cause de ça, tout cela est arrivé ?"

"Vous avez vu les évènements qui ont suivi votre départ précipité ce soir, euh, ce serait ce soir à votre époque, c'est précisément ce qui s'est passé." l'informa Wells.

"Mais comment ?" demanda Clark. "Je me connais et je connais Lois. Et je sais que tous les deux ensemble sommes plus important, plus puissants que tous les super pouvoirs que je possède. Je dois revenir en arrière et aider Lois. Je dois empêcher que cela n'arrive." Il se retourna pour montrer la jetée mais réalisa, qu'entre autres choses, elle avait disparue.

"Eh bien, j'aurais dû vous dire que - " commença Wells.

Clark l'interrompit, proche de la panique, "Il n'est pas trop tard, n'est-ce pas ?"

"Bien sûr que non, Monsieur Kent," se pressa de le rassurer Wells. "Il n'est jamais trop tard pour tirer un enseignement de ses erreurs - et avoir la capacité d'apprendre à être prévoyant peut être d'une aide précieuse. Vous ne trouvez pas ?"

Clark attrapa soudain chaleureusement la main de Wells. "Mais je dois vous avertir, Monsieur Kent. Il y a plusieurs choses que je n'ai pas la chance de pouvoir expliquer. Des choses qui ne peuvent peut-être pas se rectifier si facilement."

"Quelles choses ?" demanda Clark mal à l'aise.

"Comme vous l'avez dit je ne sais combien de fois, votre réaction n'aurait jamais conduit à votre disparition de Métropolis, peu importe comment les pressions et frustrations quotidiennes vous affectent et peu importe votre relation avec votre femme." Il parut soudain embarrassé et dit, "Laissez-moi vous montrer."

Il sortit l'appareil spatio-temporel et appuya sur divers boutons. Les informations commencèrent à défiler sur l'écran de contrôle, informations qui n'avaient pour Clark ni queue ni tête. Hochant la tête d'un air perplexe, il regarda Wells pour avoir des éclaircissements.

"Au cours de mes voyages à travers le temps, j'ai pu cerner le moment exact où les actions et les réactions se brisent, précisément à quel moment la chaîne des évènements que nous avons vu tous les deux s'est enclenchée." Wells s'arrêta et regarda Clark. "Vous voyez, tout semble être concentré sur le fait que vous avez quitté Madame Lane et êtes allé à Centennial Park. Mais je n'arrive pas à déterminer exactement comment tout est arrivé, eh bien, s'est ensuite détraqué, si vous voulez."

"Je ne comprends pas," dit Clark, pour la millième fois de la journée. "Je sors faire un tour après une journée vraiment horrible, je fais un petit vol de nuit pour m'éclaircir les idées et ensuite je rentre à la maison. Et en tête de liste ? Du fond du cœur, les plus sincères excuses que j'ai jamais faites de toute ma vie."

"C'est précisément ça, Monsieur Kent. Pour une raison quelconque la machine indique que vous n'êtes jamais revenu à la maison. Et toutes les preuves que j'ai pu rassembler amènent directement au fait que vous avez soudain disparu de façon inexplicable."

"Comment cela a-t-il pu arriver ?"

"Eh bien," supposa Wells, "Aujourd'hui, votre aujourd'hui, a été un jour éprouvant pour vous et Madame Lane."

"Vrai," reconnut Clark. "C'est entièrement ma faute si l'immeuble s'est écroulé et j'ai raté le rendez-vous avec Lois pour l'interview. Elle a réagi à tout cela et je réalise maintenant que je n'ai aucune excuse d'avoir rejeté la responsabilité sur elle.

"Mais Monsieur Kent," protesta Wells. "Ca y est, vous avez trouvé. Tout ce que j'ai vu dans le futur indique que ni vous ni Madame Lane n'aviez le contrôle de vos actes pendant les dernières douze heures. Ils étaient entièrement guidés par quelque force invisible et inexplicable."

"Alors ce que vous dites," dit Clark pensivement, "C'est que quelque chose a provoqué tout ça indépendamment de ce que Lois et moi faisions ? Quelque chose… ou quelqu'un," pensa-t-il , les engrenages commençant à tourner dans sa tête.

Wells suivait sa propre idée. "Je pourrais vous dire, Monsieur Kent, que tous les signes convergent vers le fait que vous et Madame Lane êtes les seules cibles visées. C'est comme si le temps utilisait une arme contre vous…" sa voix s'estompa quand il croisa le regard de Clark et réalisa qu'ils pensaient la même chose.

Clark le dit "Tempus. Je dois rentrer. Je dois retourner protéger Lois… maintenant."

"Précisément, Monsieur Kent." Wells enclenchait déjà son appareil. "Prêt ?"

"Il n'y a rien de mieux que la maison," marmonna Clark alors que leurs images tournoyaient et disparaissaient.

Ils réapparurent en bordure d'une route déserte, dans ce qui semblait être le milieu d'un champ en pleine campagne. Il n'y avait rien en vue a plusieurs kilomètres à la ronde mis à part la route et l'herbe soufflée pas le vent. Clark et Wells qui s'étaient, bien entendu, attendus à se retrouver à Centennial Park, eurent l'air surpris.

"Et ceci n'a rien à voir avec quelque chose proche de la maison." fit remarquer Clark inutilement. "Du moins, pas à Métropolis."

"Oh, mon dieu," dit Wells, tapotant son appareil. "Je suis sûr que c'est juste un mauvais fonctionnement dans le randipolimètre du transmetteur orbital… Je n'arrive pas à trouver le bon…"

Il s'interrompit en remarquant un affichage défilant sur l'écran de contrôle. Mettant l'appareil dans la poche de son manteau, il en sortit une brochure et se mit à feuilleter les pages à toute vitesse.

Clark ressentit un malaise, maintenant familier, le parcourir. "Qu'est-ce qui ne va pas ?"

"Oh mon Dieu." L'ordinairement imperturbable H.G. Wells était plus proche de la panique la plus absolue que Clark ne l'avait jamais vu. "A en croire tous mes graphiques, nous sommes dans un vortex temporel !"

Clark commença aussi à paniquer. "Un vortex temporel ?! Qu'est-ce qu'un vortex temporel ?!"

Wells voyant la détresse de Clark essaya de rester fataliste. "Ce n'est… pas une bonne chose…"

Clark ne voulait pas se calmer. "Eh bien, c'est quel genre de chose ?!"

Wells hocha la tête perplexe et donna un petit coup sur l'appareil. "Je ne vois pas comment cela a pu arriver - il n'y a aucune raison pour que nous ayons été expédiés dans cette dimension à moins que quelqu'un n'ait altéré le…"

Sa voix s'estompa et Clark et lui échangèrent un regard horrifié en réalisant ce qui avait dû se passer. Toutefois, avant même qu'ils ne puissent ouvrir la bouche, il y eut soudain un aveuglant éclair de lumière.

Tempus apparut à côté d'eux, brandissant son revolver et paraissant extrêmement satisfait de lui-même. "Et, bien, qu'avons nous ici," il leur sourit. "C'est un oiseau, c'est un avion… non, c'est Clark Kent, prisonnier d'un vortex temporel ! Salut, Herb," ajouta-t-il, se tournant pour saluer Wells. "Est-ce une télécommande dans votre poche ou êtes-vous juste heureux de me voir ?"

Il tendit la main vers le manteau de Wells et retira l'appareil, à la grande surprise de Wells. "Tempus, mon Dieu ! Que faites-vous ?"

La colère de Clark avait maintenant atteint son comble et il s'avança vers Tempus, ignorant le revolver qu'il tenait. "Vous êtes responsable de tout ça -- de m'empêcher de revenir vers Lois, n'est-ce pas ?"

"Oh…" dit Tempus en fronçant les sourcils. "Est-ce que ça veux dire que vous n'êtes pas content de me voir ? Après tout ce que nous avons vécu ensemble. Attention." Il esquiva Clark et pointa le revolver sur sa tête. "Souvenez-vous - les supers pouvoirs dans une fenêtre temporelle ne sont pas aussi évidents qu'ils en ont l'air."

"Comment êtes-vous arrivé ici ?" demanda Wells.

"Oh, Herb, vraiment," Tempus se mit à rire. "Depuis le temps, vous devriez savoir que je ne suis pas tenu par les contraintes qu'ont les autres gens. Comme oh, Clark est là, par exemple. Prisonnier d'un champ de maïs. Poétique, vous ne pensez pas ?" Ça me rappelle une de ces misérables petite ville où vous avez grandi. Peut-être que vous auriez dû tourner les talons avant qu' Herb n'appuie sur ce bouton. Oups." Il éclata à nouveau de rire.

"Qu'avez-vous fait ?" cria Clark angoissé.

Tempus leva les bras au-dessus de sa tête en un geste de triomphe. "Je pensais que vous ne le demanderiez jamais," dit-il avec jubilation. "Maintenant, je vais vous expliquer mon plan diabolique ! J'adore cette partie !"

"Allez-y," persifla Clark menaçant.

Tempus leva son arme. "Clark, vous savez que vos pouvoirs sont sans effet ici et je détesterais que vous manquiez quelque chose."

"Comme quoi ?"

"Oh - comme la vérité sur la façon dont s'est étendu ce terrible incendie dans l'entrepôt ou la tragédie à la galerie d'art. Oh oui - et le fait que Lois n'a jamais reçu ce message téléphonique que vous lui avez laissé."

Clark était cloué sur place par la surprise. "Vous… Vous avez fait tout ça… mais pourquoi ?"

"Et par Dieu, comment ?" demanda Wells.

"J'aurais pensé que le 'pourquoi' serait plutôt évident, avec vous deux arrivant tout juste du futur et tout ça," fit remarquer Tempus.

"Mais comment pouviez-vous donc savoir ce que réserve le futur ?" demanda Wells à nouveau.

Tempus soupira. "C'est pour ça que ça s'appelle un 'plan diabolique' Herb - parce que je sais ce qu'il va se passer. Jusqu'ici ça va," ajouta-il en riant.

"Vous nous avez piégés !" Clark ne savait pas s'il devait crier ou le tuer.

"Et on dit que vous n'êtes bon à rien sans Madame Lane," le félicita Tempus. "Oui - je vous ai piégés. Et ça a si bien marché. Et vous, Monsieur Kent, vous êtes maintenant coincé dans le temps. Pour toujours. Qu'elle honte - votre femme ne saura jamais vraiment ce qui vous est arrivé ? Tragique, vraiment."

"Non," soupira Wells.

"Oui !" cria Tempus. "C'est de mieux en mieux, n'est-ce pas, Herb !

"Vous ne pouvez pas faire ça !" protesta Clark.

"Oh, vraiment ? Et qui va m'arrêter ? Certainement pas vous Superman - oh, je suppose que ce nom ne vous sied plus vraiment, considérant que vous êtes ici, coincé dans le temps et sans pouvoirs ! Au revoir, Monsieur Kent. Je ne manquerai pas de faire toutes vos amitiés à Lois. Herb, ce fut un plaisir. A bientôt dans le temps !" Riant de sa plaisanterie, il appuya sur plusieurs boutons de la télécommande et disparut.

Clark complètement paniqué regarda désespérément autour de lui. "D'accord," dit-il à Wells, "c'est le moment de me dire comment nous allons sortir d'ici."

"Oh, Monsieur Kent," gémit Wells, "Je suis désolé - je ne peux pas… Tempus a tout prévu alors il n'y a rien que je puisse faire !"

Sous les yeux horrifiés de Clark, l'image de Wells commença à tournoyer et disparut.

"Attendez !" cria Clark. "Que voulez-vous dire ? Monsieur Wells ! Non !"

Il pouvait à peine distinguer la silhouette de Wells, mais il entendit la voix du vieil homme, à peine audible. "Il me renvoie, il me boucle hors du vortex… Je suis vraiment désolé, Monsieur Kent… ce n'était pas supposé se dérouler comme ça…"

Il n'était plus là. Clark se retourna lentement pour examiner les alentours. Rien que du maïs et de la poussière aussi loin qu'il pouvait voir.

348 Hyperion Avenue - De nos Jours

Lois était au téléphone avec Perry pour la millionième fois de la soirée. "Dès que j'ai quelque chose, Perry, je vous rappelle." Elle raccrocha avec lassitude, se prit la tête dans les mains puis se frotta les mains d'un air fatigué. Elle porta son attention sur sa main gauche et fit tourner son alliance pensivement.

"Lois, tu verras, nous incarnerons la permanence."

La voix de Clark lui revenait tandis qu'elle se souvenait de ses paroles de réconfort et elle regarda par la fenêtre, espérant le voir entrer.

Vortex Temporel

Clark était en état de panique totale. Il n'avait aucun endroit où aller, il ne pouvait rien faire. "Non ! Lois !" Sa voix se mourut dans le vent et il s'écroula par terre, désespéré.

348 Hyperion Avenue - De nos Jours

Lois se dirigea vers la fenêtre et leva les yeux vers le ciel.

"Lois, tout le monde ne part pas."

"C'est ce que j'espère."


Lois soupira, au bord des larmes. "Où es-tu Clark ?" murmura-t-elle doucement. Je veux juste te dire… Je suis désolée. Et… et je suis seule sans toi. S'il te plaît… rentre à la maison, Clark," Sa voix se brisa et les larmes coulèrent le long de ses joues tandis qu'elle cherchait dans le ciel sombre une silhouette qui n'apparaissait pas…"


A suivre dans l'épisode 15


Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)