Une flamme vacillante PDF Imprimer Envoyer
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Saison 5, Episode 13

Par Bella, Trish et Kathy Brown

Version française de


Traduction Hypérion

 

 

Lois Lane était debout dans sa chambre, examinant son profil dans le grand miroir. Elle tendait sa chemise sur son ventre proéminent et hochait la tête en riant.

Elle parvenait à peine à croire que le renflement de son ventre était un bébé. Bien sûr, elle allait devenir encore plus grosse, mais elle était encore étonnée par la taille qu'elle avait déjà.

Par chance pour la décision qu'ils avaient pris de garder sa grossesse secrète au bureau il y avait encore quelques semaines, rien n'avait paru se voir avant ce dernier mois. Et, bien qu'enceinte de quatre mois, quand Clark et elle l'avaient dit à Perry, Jimmy et le reste de la rédaction, Lois pouvait encore mettre ses vêtements habituels.

Ne souhaitant pas porter de vêtements de maternité avant d'y être absolument obligée, Lois essayait les suggestions de sa mère pour porter sa garde robe normale un peu plus longtemps. 'Qui aurait pu penser que ma mère pourrait me donner de bons conseils ?' pensa Lois en souriant.

En effet, Ellen avait donné quelques bonnes idées à sa fille, comme laisser ouvert le dernier bouton de sa jupe et porter de longues vestes et des pulls pour cacher l'ouverture ou enfiler de grandes chemises sur des pantalons à la taille élastique.

Lois avait également pu porter certaines choses de sa garde robe auparavant trop grandes. Le poids qu'elle avait perdu pendant ses fiançailles avec Clark et particulièrement pendant le désastre traumatique Lex Luthor/Wanda Detroit/Maxwell Deter, l'avait obligée à ranger bon nombre de ses vêtements favoris car elle avait maigri. Mais dès son troisième et son quatrième mois de grossesse, ces vêtements trop grands étaient devenus bien utiles.

Elle n'avait pu cacher sa condition qu'avec des tenues stratégiques et, quoiqu'il en soit, il s'avérait qu'elle avait annoncé la nouvelle au journal juste à temps.

Comme s'il avait attendu que Lois annonce sa grossesse, son ventre n'avait vraiment commencé à grossir que lorsqu'elle avait entamé son quatrième mois. Même Jimmy avait remarqué cette rapide évolution, montrant son ventre un lundi matin avec un fier sourire et déclarant qu'elle avait "gonflé!" pendant le week-end. Lois avait énormément rougit à cette déclaration, mais elle ne pouvait nier que Clark avait remarqué la même chose et n'arrêtait pas d'en rire.

Ne sachant à quoi s'attendre d'une grossesse, Lois avait toujours assumé que la taille de son ventre allait se développer de façon plutôt régulière. Personne ne lui avait dit qu'elle pouvait soudain "exploser" en quelques jours. Heureusement, le médecin avait rit d'un ton réconfortant quand elle lui en avait fait part à son dernier rendez-vous, déclarant que la même chose lui était arrivée à sa première grossesse. Elle lui avait assuré que c'était non seulement parfaitement normal, mais assez courant. 'Qui l'eut cru ?' pensa Lois en riant.

Lois sourit en regardant son image dans le miroir. Elle avait d'abord été un peu inquiète à l'idée de prendre du poids et de s'imaginer à quoi ressemblerait son corps, aussi personne ne fut plus surpris qu'elle de voir comme elle était heureuse d'être enceinte et de regarder son corps changer.

Maintenant qu'elle était solidement installée dans son second trimestre, son niveau d'énergie avait considérablement remonté et elle n'avait plus du tout de nausées. Mieux encore, elle se sentait extrêmement désirable et sexy. Elle avait parfois l'impression, quand elle sortait avec Clark, d'afficher tel un homme sandwich -- "Cet homme séduisant est le père de mon bébé !" -- et remarquait les regards envieux que les femmes lui lançaient quand elle et son mari se tenaient par la main et se montraient leur affection en public.

Si leur vie sexuelle avait ralenti dans les premiers mois, elle avait repris un nouveau départ maintenant que Lois se sentait mieux. Clark ne cachait pas combien il la trouvait belle et sexy. En souriant, Lois enleva la chemise et le pantalon, qu'elle portait et prit une nouvelle tenue dans l'armoire. Cette soirée allait être spéciale.

Superman atterrit sur le rebord de la baie vitrée de la salle de séjour et sauta à l'intérieur.

"Lois, tu es à la maison ?" appela-t-il tout en tourbillonnant pour se rhabiller en Clark. Quand il s'arrêta de tourner il remarqua le feu dans la cheminée et sentit l'odeur du coq au vin, l'un de ses plats favoris.

"Je suis au premier, Clark" entendit-il sa femme lui répondre. "Tu veux surveiller le dîner ? Je l'ai mis sur le feu mais tu connais mon manque de talent dans ce secteur."

"Oh, je ne sais pas chérie. Tout dépend de ce que tu essayes de chauffer," répondit-il avec un sourire. "Si je ne me trompe pas, tes 'talents de cuisinière' marchent parfaitement sur moi." Alors que le rire de Lois lui parvenait aux oreilles, Clark sourit et entra dans la cuisine.

Un seul regard au plat qui chauffait dans le four lui indiqua que Lois s'était surpassée -- personne ne savait commander des plats à emporter comme sa femme.

"Ça a l'air bon, Lois" cria-t-il. "Où as-tu pris ça ?"

"Chez Merrick," répondit-elle. "Ce petit resto sur la 63me rue. On y est allés il y a quelques mois."

Clark acquiesça et ferma la porte du four. "Oui, je me rappelle. Qu'est-ce qu'on fête ?"

Lois s'avança et glissa ses bras autour de son mari pour l'embrasser par derrière. Elle planta un baiser entre les épaules de Clark.

"Rien de particulier," murmura-t-elle. "Je voulais juste te faire quelque chose de bon. Nous avons tellement travaillé cette semaine que tu m'as manqué. Je veux que cette soirée soit juste pour nous."

Clark se dégagea de son étreinte et se retourna. Il lança un regard d'appréciation et de plaisir en la voyant. "Oh, chérie, tu es magnifique."

Lois sourit et tourbillonna pour lui. Elle savait qu'il allait aimer cette robe. Elle l'avait remarquée dans le magasin la semaine précédente et ne pouvait pas la chasser de son esprit. Elle était retournée la prendre la veille pendant que Clark faisait sa ronde et n'avait pu attendre de la lui montrer.

Faite de satin bordeaux, elle était suffisamment échancrée sur le devant pour mettre sa poitrine en valeur et la longueur se terminait juste au-dessus du genou pour montrer ses fines jambes. Lois n'aurait jamais pensé qu'une robe de grossesse pouvait être flatteuse, mais elle avait vite fini par le croire après avoir trouvé quelques tenues qu'elle ne pouvait résister à ajouter à sa garde robe.

"Alors, tu aimes ?" lui demanda-t-elle en souriant.

Clark acquiesça. "Elle est magnifique." Il fit un pas vers elle et la prit dans ses bras. "Et si tu commençais à servir le dîner pendant que je nous prépare le dessert."

Lois se recula en riant. "Eh bien, je peux imaginer quel genre dessert nous aurons."

Clark se lécha les lèvres. "Même mieux. Le spécial maison ?"

"Bien sûr… Si tu veux bien aider à le préparer."

"Ah… y a-t-il des techniques particulières que je doive employer pour le faire ?"

"Oh, sans aucun doute… et tu dois être très appliqué."

"Hum, ça paraît compliqué. Est-ce que ça prends beaucoup de temps ?" Il commença à lui embrasser l'oreille, puis glissa ses lèvres le long de son cou, sentant son pouls palpiter en réponse.

"Oh, oui. Si tu fais ça bien, ça peut prendre des heures."

Clark éteignit le four. "Tu sais, dans ce cas particulier, je crois qu'on ferait mieux de commencer par le dessert et de prendre le plat principal plus tard."

Lois poussa un petit cri de plaisir en se retrouvant dans la chambre après un 'whoosh' très rapide. Elle regarda son mari avec un regard d'innocence exagéré. "Clark que fais-tu hors de la cuisine ? Je croyais que tu voulais préparer le dessert ?"

"C'est une recette très ancienne, Lois. J'ai besoin d'espace." Il l'allongea sur le lit et s'étendit à côté d'elle.

"Alors, as-tu tout le matériel nécessaire ?" Elle regarda Clark de haut en bas puis ses yeux revinrent sur son visage, pleins de sous-entendus.

"Lois… je suis tout à fait prêt."

Karen Martin se promenait dans la rue piétonne après la fermeture des magasins, la main dans le dos, essayant d'atténuer la douleur qu'elle ressentait. La journée avait été longue et ses presque neuf mois de grossesse commençaient à sérieusement ébranler son corps. Elle avait l'habitude de faire les boutiques toute la journée, mais maintenant elle sentait qu'elle avait besoin de se reposer plus souvent.

'Dans moins de trois semaines ce sera fini,' pensa-t-elle. Cette idée amena un sourire sur ses lèvres et elle caressa son ventre avec tendresse.

Karen remarqua un parc de l'autre côté de la rue et s'y dirigea. Le parc était calme à cette heure de la soirée et il y avait un banc libre en vue. Juste ce qu'elle recherchait.


Une silhouette mystérieuse examinait les rues pour voir si quelqu'un observait. Les enlèvements étaient risqués et il devait s'assurer que la femme était seule. Il avait gardé un œil sur elle depuis qu'il l'avait aperçue. La candidate parfaite. N'ayant pas l'air très costaud… tout à fait enceinte. Juste ce que voulait le patron.

Le week-end tirait à sa fin. La plupart des gens étaient déjà chez eux ou pressés de s'y rendre, si bien que c'était le moment parfait pour agir. Le parc semblait désert.

L'homme s'approcha de la femme d'un air décontracté pour ne pas la rendre nerveuse. Il préférait autant que possible ne pas faire d'histoires. Tandis qu'il s'approchait d'elle, il sortit le revolver caché dans sa veste.

Les yeux de la femme s'écarquillèrent de terreur. Il la saisit par le bras et lui fit signe de ne pas bouger. Elle obtempéra, tout à fait incapable de détourner les yeux du revolver.

Il la conduisit vers une camionnette indescriptible qui était garée à côté et la poussa par la porte arrière, la refermant solidement. Puis il se dirigea vers l'avant, grimpa sur le siège conducteur et démarra. Le patron allait être content de lui, c'était la quatrième femme de la semaine.

A l'arrière de la camionnette, Karen Martin éclata en sanglots.

Acte 1

"Alors, Penny, dites-moi comment ça va entre vous et Jimmy ?" demanda Lois pendant le déjeuner.

Lois, Penny et Alice White déjeunaient entre amies au Met Mall, la galerie marchande de Métropolis. Faire une pause pendant une journée de travail pour faire les boutiques n'était pas dans les habitudes de Lois, mais depuis qu'Alice avait appris que Lois était enceinte, elle lui avait proposé de faire du shopping avec elle

En temps que mère de deux garçons tous deux célibataires, Alice disait qu'elle avait toujours rêvé d'emmener une fille acheter des vêtements de maternité. Lois avait été touchée quand Alice lui avait dit qu'elle était la personne la plus proche d'une fille qu'elle avait et par conséquent avait accepté la proposition d'Alice. Il leur avait fallu quelques semaines pour clarifier leur planning, mais les deux femmes avaient finalement arrêté un jour pour déjeuner et faire les magasins.

La petite amie de Jimmy, Penny, se trouvait dans la salle de rédaction quand elles partaient et elles ne purent s'empêcher de remarquer comme elle était déçue quand Jimmy lui avait expliqué qu'il avait trop de travail pour aller déjeuner avec elle ce jour là. Aussi, se sentant de bonne humeur et l'esprit généreux, Lois et Alice l'avaient invitée à se joindre à elles.

Le trio avait visité la boutique de vêtements de grossesse préférée de Lois (celle qui fournissait les femmes d'affaires, sans aucune fanfreluche en vue) et avait tout de suite choisi une chemise que Lois pourrait porter pour travailler. Après avoir remercié Alice -- et montré la robe qu'elle avait acheté ce week-end -- Lois avait suggéré de s'arrêter dans l'un des nombreux cafés du Met Mall pour déjeuner, parler entre filles et observer les gens.

"Oh, tout va vraiment très bien, Lois," répondit Penny avec enthousiasme. "Jimmy n'est peut-être pas LE Superman, mais il est vraiment très spécial à sa manière."

Lois sourit à la jeune femme. Quoique Penny lui avait semblée plus qu'un peu excentrique la première fois qu'elles s'étaient rencontrées, Lois devait admettre qu'elle et Jimmy étaient fait l'un pour l'autre. Et Penny elle-même paraissait avoir mûri depuis qu'elle avait renoncé à ses fantasmes sur Superman. Lois essaya de ne pas s'étendre sur l'ironie et la familiarité de cette observation.

"Je suis vraiment très heureuse pour vous deux. Je n'ai jamais vu Jimmy plus heureux. Vous devez avoir une bonne influence sur lui, " dit Lois en plaisantant.

Penny sourit. "En vérité, Lois, Jimmy n'arrête pas de dire combien il a appris de choses de Clark et vous. Vous avez la relation la plus merveilleuse qui existe. Vous semblez tellement heureux." Elle s'interrompit et eut un sourire rêveur. "Honnêtement, en fait, je crois qu'il pourrait y avoir un avenir pour Jimmy et moi. Jimmy a prévu que nous passions le week-end au Lac New Troy devant un feu de cheminée. J'ai hâte d'y être !"

Alice se mit à rire et se joignit à la conversation. "C'est formidable. Quand j'avais votre âge, mes amies et moi parlions de nos petits copains qui ne nous comprenaient pas. Quel plaisir d'avoir trois femmes heureuses à une même table."

Lois se tourna vers elle, l'air réjoui. "Alors, les choses se présentent bien entre vous et Perry ?"

Alice acquiesça avec un sourire heureux.

"C'est merveilleux," répondit Lois avec sincérité. "C'est formidable de voir des couples se remettre ensemble après un divorce. D'abord mes parents, maintenant vous et Perry. Je suis de tout cœur avec vous."

"Eh bien, il ne faut encore rien précipiter," répondit Alice. "Je l'ai laissé me sortir, ce que j'ai bien trop apprécié pour jusque là lui céder." Les trois femmes se mirent à rire. "Mais, oui, nous nous entendons bien mieux que nous ne l'avons fait depuis des années. Je n'arrive pas à croire comme je suis impatiente de passer un peu de temps avec lui, même si c'est juste pour voir un film et aller manger un morceau après."

Les trois femmes continuèrent à papoter tout en mangeant.

Walter Smith était notoirement connu pour les longues heures qu'il passait à ses travaux de recherche.

Il avait à peine quitté son laboratoire pour manger et dormir ces dernières semaines, si absorbé qu'il était par ses expériences. Il avait fait bien des sacrifices toutes ces années pour parvenir aux buts de ses employeurs et il semblait que toutes ces longues heures étaient sur le point de porter leurs fruits.

C'était brillant, vraiment. Et si simple, après avoir compris ce qu'il recherchait. Pas si simple pour la plupart des crétins avec qui il travaillait, bien sûr… mais pour un homme de son évidente intelligence et de son ambition… oui. Simple… mais très utile à une grande majorité de gens.

Le milieu médical accueillerait sa formule et son nom serait sans aucun doute nominé pour de nombreux prix scientifiques, c'était toute la reconnaissance qu'attendait Walter Smith. Non, il y avait beaucoup de gens dans le monde qui paieraient généreusement pour avoir sa formule.

Après des années d'impasses et d'expériences ratées, il avait finalement mis au point un système déclenchant des neurotransmetteurs au cerveau. Et de plus, le mélange synthétique était relativement inoffensif et difficile à trouver dans l'organisme -- et il n'y avait aucun effet secondaire à la drogue, malgré ses précédents essais.

Non, avec cette formule, les patients (ou victimes, tout dépendait de qui utilisait la drogue sur qui) ne seraient pas conscients des changements chimiques de leur cerveau, mais leur humeur et leur comportement seraient considérablement altérés. En fait, celui qui possédait cette formule pourrait altérer les pensées et les actes des gens.

Bien sûr, elle n'était pas encore parfaite, mais c'était une question de temps. Smith avait déjà déterminé comment atteindre la moitié de la population. Il était certain qu'il ne lui faudrait pas bien longtemps pour trouver comment manipuler l'autre moitié.

Malheureusement, il n'était pas encore parvenu à changer l'humeur des sujets de ses tests. Les réactions générales étaient comme prévu -- sujets ayant une réaction contraire à un stimuli que celle qu'ils auraient dû avoir -- mais il y avait encore du travail à faire pour affiner les réponses. Mais une fois que ces détails mineurs seraient résolus, lui et son patron pourraient vendre la formule et prendre leur retraite en hommes riches et prestigieux. Walter Smith serait enfin remercié pour sa loyauté et son dévouement !

'Penses-y !' se dit Smith en jubilant. 'Des sénateurs votant pour des projets qu'ils avaient précédemment rejetés, des hommes d'affaires qui refusaient de payer pour être protégés pourraient être facilement convaincus de changer d'avis. Les possibilités sont illimités !"

Pendant ses rêvasseries, Smith perdit sa concentration un instant. Et au moment où il versait dans son tube à essai ce qu'il pensait être une solution d'acide chlorhydrique, le contenu de ce mélange maintenant instable commença à bouillonner.

Et quand son laboratoire à Trycos Entreprises explosa autour de lui, Walter Smith ne sut jamais vraiment ce qui venait de le tuer.

Au Mel Mall, une adolescente baissait le volume de sa radio pour écouter plus attentivement les nouvelles qui venaient d'arriver. Lois, Penny et Alice, assises à la table voisine, tournèrent leur attention vers la radio.

Comme nous venons de le dire, il vient de se produire une explosion dans le quartier Nord de Métropolis. Nos envoyés spéciaux nous indiquent que l'explosion a eu lieu à Trycos Entreprises, le plus grand laboratoire pharmaceutique de l'état. Nous savons déjà qu'il y a des victimes, mais le feu fait rage dans l'une des partie de l'immeuble. Les pompiers ont essayé d'empêcher l'incendie de se répandre, mais il semble qu'ils aient énormément de difficultés à y parvenir. Des renforts ont été demandés à d'autres casernes.

"Wow," s'exclama Penny. "Je crois que c'est seulement à un ou deux kilomètres d'ici."

Mesdames et Messieurs, heureusement… Superman vient d'arriver sur les lieux. Il vient de sortir quelques personnes blessées dans l'explosion. Retrouvons Mark Rogers sur les lieux, Mark ?

Merci Ken. Oui, Superman a sorti plusieurs victimes de l'incendie et les secours sont en train de s'en occuper. La prochaine tâche de Superman semble être de tenter d'enrayer l'incendie. Le feu est vraiment intense, Ken, et les pompiers sont débordés. Attendez, Superman vient de quitter les lieux. D'après le capitaine des pompiers son super souffle aurait étendu l'incendie au lieu de l'arrêter aussi Superman s'est lancé vers les nuages avec une sorte de plan. Quel plan peut-il avoir, je n'en ai aucune idée.


Le présentateur à la station de radio commença à poser des questions au reporter qui l'interrompit tout de suite avec excitation.

Mesdames et Messieurs, nous venons d'apprendre quel est le plan de Superman. Apparemment il est entrain de diriger des nuages sur la partie enflammée de Trycos. Il commence à pleuvoir ici, mes amis. Et ça tombe à verse. On dirait que ça marche. La pluie battante est en train d'éteindre le feu. Superman a encore réussi !

Pendant que les deux hommes continuaient à discuter de la situation, la jeune fille qui écoutait la radio sourit et s'en alla.

Lois commença à ramasser ses affaires. "Eh bien, les filles, je crois qu'il est temps que je retourne travailler."

Les deux autres femmes acquiescèrent et toutes se levèrent après avoir réglé la note. En sortant de la galerie, elles discutaient avec excitation de l'incendie et de l'Homme d'Acier.

"Eh bien, c'est typiquement Superman. Je suis bien contente que nous l'ayons." dit Alice l'air enjoué.

"Oui, on a beaucoup de chance." acquiesça Lois en souriant.

"Alors, Lois," demanda Penny de façon indiscrète avec un petit sourire. "Clark n'est-il jamais jaloux de vous et Superman ? Vous savez, quand vous allez voler et tout le reste."

Lois se contenta de rire. "Non. Clark était un petit peu jaloux, je crois, il y a longtemps, avant que l'on ne sorte ensemble. Mais plus maintenant. Nous sommes tous trois de bons amis et il n'y a aucune raison d'arrêter cette amitié uniquement parce que Clark et moi sommes mariés. Clark sait combien je l'aime."

"C'est formidable de voir comme vous êtes heureux tous les deux, Lois. Il fut un temps où Perry et moi nous demandions si vous finiriez par vous mettre ensemble. Maintenant vous êtes mariés et vous allez avoir un bébé." dit Alice en souriant fièrement.

Les trois femmes sortirent et ronchonnèrent en réalisant qu'il pleuvait toujours.

"Typique. Il tombe des cordes et pas un taxi ni un parapluie en vue," dit Lois en râlant.

Elles se précipitèrent sous la pluie, marchant à grands pas en essayant de tenir leur manteau sur leur tête pour éviter d'être complètement trempées.

Clark, Jimmy et Perry se tenaient devant le bureau de Clark, discutant de la dernière apparition de Superman. Clark avait couvert l'événement pour le Daily Planet et venait juste de remettre son article à Perry.

Perry jeta un œil à la fenêtre, qu'une pluie battante continuait de marteler. "Eh bien," dit-il, "cette ville à beaucoup de mercis à dire à Superman…mais je suis sûr qu'il y en a quelque uns qui n'apprécient pas ce temps. Superman a amené tellement de nuages qu'il va pleuvoir sur Métropolis toute la journée !"

A cet instant, l'ascenseur s'ouvrit et trois femmes aux visages familiers en sortirent, toutes trempées jusqu'aux os et semblant très mécontentes.

"Euh oh," dit Clark, grimaçant un peu quand il comprit qu'il était en partie responsable.

Les trois hommes se précipitèrent pour rejoindre ces dames sur la plate forme.

"Par Elvis, que vous est-il arrivé ?" demanda Perry.

"Il n'y avait pas de taxis et on est rentrées sous une pluie battante." répondit Alice en claquant des dents.

"Oh, chérie," dit Perry avec compassion, lui frottant les bras pour la réchauffer.

Clark parla tout doucement à Lois. "Tu vas bien ?" Il la regarda avec un sourire coupable. "Désolé, pour la pluie."

Elle soupira, exaspérée par le temps, mais pas en colère contre lui. "Oui, je vais bien. Ne t'inquiète pas, je sais que c'était pour la bonne cause." Il échangèrent un sourire secret pendant que Clark aidait Lois à retirer son manteau.

Jimmy s'avança vers sa petite amie juste à l'instant où elle éternuait bruyamment. "Penny ! Tu es complètement trempée ! Laisse moi te trouver des serviettes et je te ramène à la maison. Je pense qu'un bain et un chocolat chaud t'aideront à te sentir mieux." Lui et Penny se regardèrent intensément et sourirent.

Presque immédiatement, Jimmy remarqua cinq paires d'yeux posées sur lui et se mit à rire.

"Penny, vous avez raison. Il apprend vite." Lois sourit et donna un petit cou de coude à Penny.

Tout le monde se mit à rire.

"Attends un peu, Casanova," l'interrompit Perry. "Tu n'oublies pas que tu as du travail ?" Perry regarda l'expression découragée de Jimmy mais poursuivit néanmoins. "Je te suggère d'aller chercher des serviettes pour ces pauvres femmes, de trouver un taxi pour Alice et Penny et de revenir te mettre au travail. On est au Daily Planet, pas en lune de miel aux Poconos !"

Penny regarda Jimmy, un sourire tremblant sur le visage. "Plus tard," lui dit-elle avec un clin d'œil suggestif.

Jimmy lui fit un grand sourire et se précipita dans le vestiaire pour chercher des serviettes.

Plus tard cet après-midi là, Lois et Clark regardaient attentivement l'écran de Lois quand Jimmy accourut.

"Hé, les amis ! J'ai des informations sur cette probable histoire d'enlèvement sur laquelle vous travaillez." déclara Jimmy tout excité.

"Allez, raconte," dit Lois, levant les yeux en souriant.

Jimmy reprit sa respiration et poursuivit. "Il y a maintenant trois personnes qui ont disparu, la dernière hier soir. Toutes étaient des femmes. Toutes avaient vingt neuf - trente ans. Toutes étaient dans le centre ville la dernière fois qu'on les a vues. Et tenez vous bien…" Jimmy s'interrompit l'air théâtral. "toutes étaient enceintes."

Lois se pencha en avant. "Quoi ? Ce n'était pas dans les premières déclarations de la police."

Jimmy acquiesça d'un petit signe de tête. "Je sais, ils viennent juste de le révéler. Peut-être qu'ils avaient peur de créer un vent de panique ou quelque chose comme ça, mais maintenant ils ont peur d'avoir un kidnappeur en série sur les bras… ou pire."

Lois se rejeta en arrière, un peu pâle. Clark paraissait très inquiet.

Jimmy avala nerveusement sa salive en regardant le ventre de Lois et réalisa que cette information touchait au vif. "Um, le mari de la dernière victime a appelé il y a un petit moment. Il est vraiment inquiet. Il est convaincu que sa femme a été enlevée et n'est pas partie de son plein gré. Bref, voici son numéro. Il a dit qu'il avait déjà parlé à la police mais qu'il se sentirait mieux en sachant que vous enquêtez aussi tous les deux. Je lui ai dit que vous alliez l'appeler."

Clark prit le petit bout de papier avec le numéro de téléphone. "Merci, Jimmy. On va le faire." Il semblait déterminé.

"Bon travail, Jimmy." dit Lois au jeune homme qui s'en allait.

Lois regarda un instant son mari. "Eh bien, partenaire," dit-elle. "On dirait qu'on a du travail."

Lois et Clark dînèrent ce soir là dans un silence complice, chacun étant perdu dans ses pensées. Après avoir aidé Clark à ranger la cuisine, Lois se passa la main dans les cheveux.

"Eh bien, je vais prendre une douche. Je me sens vraiment sale d'avoir été prise sous cette pluie.

Clark sourit. "Je suis vraiment désolé, chérie. Je ne voulais certainement pas inonder la ville."

"Oui, je sais." dit Lois levant la main d'un geste dédaigneux.

"Alors, qu'as-tu acheté aujourd'hui ? J'ai vu quelques sacs de la Galerie, mais tu ne m'as pas dit ce qu'il y avait dedans. Alice t'a-t-elle acheté quelque chose ?"

"Oh, juste une chemise."

Clark dressa la tête. "Alors tu vas l'essayer pour moi ?" Il lui caressa l'épaule. "Ou peut-être que tu préfères un massage complet pour te détendre avant d'aller au lit ?" demanda-t-il avec un sourire taquin et suggestif.

Lois ébaucha à peine un sourire. "Qu'est-ce que ça peut faire," dit-elle en haussant les épaules. "De toutes façons, je vais prendre ma douche." Sur ce, elle tourna les talons et monta l'escalier.

Quand Clark arriva dans la chambre une demi-heure plus tard, Lois était déjà couchée, lisant un livre de poche qui était resté ignoré sur la table de nuit depuis des semaines.

Clark mit son short.

Qu'est-ce que tu fais ?" demanda Lois, en fronçant les sourcils.

"Je me couche."

"Déjà ? Il est encore tôt."

"Oui, j'ai pensé prendre quelques magazines que je n'arrive jamais à trouver le temps de lire et te rejoindre."

"Mais, et Superman ?"

"Le monde peut se débrouiller une nuit sans moi. Je ne sortirais qu'en cas de problème."

"Oh… D'accord."

Lois rouvrit son livre et l'ignora tandis qu'il se glissait dans le lit à côté d'elle. Après quelques instant, toutefois, elle le referma et le posa.

"Je vais dormir, Clark, Bonne nuit." Elle éteignit sa lumière et se tourna sur le côté, tournant le dos à son mari.

"Oh, d'accord, chérie." Clark posa son magazine sur la table de nuit et éteignit sa lampe de chevet. Il se pelotonna contre le dos Lois, s'enroulant autour d'elle.

Lois leva la tête.

"Clark, tu n'as absolument pas besoin de dormir tout de suite. Tu peux continuer à lire, la lumière ne me dérange pas."

"Oh… je sais. Je pensais juste, tu sais, que l'on pourrait profiter d'une soirée calme pour passer un petit moment ensemble. De plus, j'aime te tenir dans mes bras quand tu dors." Il posa sa main sur son ventre. "Vous deux." dit-il d'un ton affectueux.

Lois poussa un profond soupir et se tortilla sous sa caresse. "S'il te plaît, Clark, je suis fatiguée. Pas ce soir, d'accord ?"

"D'accord, puisque tu le dis." répondit Clark, décontenancé, mais essayant de cacher sa déception. Il lui embrassa l'épaule. "Bonne nuit, chérie."

"Bonne nuit, Clark."

Clark se retourna et ralluma sa lampe. Il écouta un moment le rythme de sa respiration puis prit un magazine de sa pile et se mit à lire.

Carter Reese se tenait dans son bureau au dernier étage de Trycos, le visage rougeoyant en regardant par la fenêtre le ciel noir. Il se mit à trembler de rage.

La police avait farfouillé tout l'après midi, posant des questions sur ce que Walter Smith faisait dans le Labo 109 maintenant détruit.

Heureusement, Reese avait eu la prévoyance de coller de fausses lettres d'avertissement dans les dossiers de Smith, juste au cas où quelque chose comme ça arriverait. Il s'était fait un visage des plus torturé et avait dit aux autorités comment Smith avait été surpris à faire des expériences interdites dans le laboratoire de la compagnie et comment il avait dû intervenir et lui demander de cesser cela immédiatement. Reese espérait seulement que la police avait avalé ses allégations d'ignorance et s'en tiendrait à cela. Néanmoins, la police et divers organismes écologiques de recherches surveillaient étroitement Trycos.

"Bon sang !" pesta-t-il en se retournant, tapant son poing sur la table. On était si près… on ne peut pas arrêter maintenant.

Ce n'était pas suffisant pour Carter Reese de posséder et diriger la plus importante compagnie pharmaceutique de Métropolis. Il en voulait davantage. Non, il ne permettrait pas que le projet s'arrête.

Reese décrocha le téléphone et composa un numéro permettant de brouiller la ligne et d'assurer que sa conversation ne serait pas suivie. Après avoir vérifier que la ligne était sûre, Reese appela un second numéro. La sonnerie retentit trois fois avant qu'on ne lui réponde.

"Est-ce que tout va bien ?" demanda Reese.

"Oui. On a trois sujets d'expérience."

"Bien, faites moi savoir quand vous aurez les résultats."

Reese raccrocha le téléphone et sourit. On se souviendrait de la mort de Smith comme d'un léger contretemps. Les choses allaient continuer à se dérouler comme prévu.

Acte 2

Clark était en train de préparer le petit déjeuner quand il entendit Lois pester au premier puis éclater en sanglots. Comme un éclair, il grimpa les escaliers et arriva dans la chambre.

"Lois ? Mon Dieu, que se passe-t-il ?" Il se précipita sur le bord du lit où elle était assise.

Lois le regarda à travers ses yeux mouillés de larmes, fermant fermement sa robe de chambre autour de sa taille.

"Clark, il ne me va plus !"

"Quoi ? Qu'est-ce qui ne te va plus ?" demanda-t-il précipitamment. "Mon Dieu, Lois, ne me fais pas ça ! Tu m'as fait mourir de peur !' Il s'assit à côté d'elle essayant de la calmer.

"Mon pull le plus large. Tu sais, le marron ? Il ne me va plus… et il est immense ! Il a l'air horrible sur moi !"

Clark leva les yeux au ciel, se détendant en réalisant de quoi il s'agissait. "Eh bien, il t'ira à nouveau cet automne," dit-il raisonnablement. "Si tu as vraiment besoin d'un pull ce printemps, tu peux mettre l'un des miens." Clark passa un bras autour de ses épaules et la serra contre lui. "Regarde tu devrais être contente, je te donne la permission d'emprunter mes affaires." dit-il en souriant, essayant de détendre l'atmosphère.

"Clark, ce n'est pas drôle. Je suis grosse. Et je n'ai rien à me mettre !"

"Qu'est-ce que tu racontes ? Tu n'es pas grosse, tu es enceinte ! Chérie, tout le mois dernier, tu m'as dit que tu espérais que ça se voit davantage. Maintenant c'est fait et tu es superbe !" Il lui montra son armoire. "Et regarde tous ces vêtements de maternité que tu as achetés. Tu as plein de choses à mettre."

Lois se dégagea des bras de Clark. Elle se leva, lui faisant face comme une furie. Apparemment au lieu de la calmer, il n'avait fait que la contrarier davantage. "J'ai horreur de voir de quoi j'ai l'air ! Je suis grosse et les gens vont me regarder et penser--"

"Penser quoi ??" s'exclama-t-il exaspéré, puis il se reprit. De la patience -- c'est ce dont il avait besoin, maintenant -- beaucoup de patience. C'était le fin des fins en matière de sautes d'humeur, mais ça passerait. Quand Clark ouvrit à nouveau la bouche, sa voix était plus calme. "Mon ange, ils penseront que tu es enceinte et que tu es magnifique."

Lois ne se laissa pas pour autant apaiser par les paroles rassurantes de Clark.

"Oh, s'il te plaît, Clark, sois réaliste !" répondit-elle sans accepter de se calmer. "Je suis en train de me transformer en baleine, une grosse et horrible baleine -- même pas une mignonne petite baleine ! Et si tu n'arrives pas à voir ça, peut-être as tu vraiment besoin de lunettes." Elle le fixa un instant. "Maintenant, sors d'ici, je dois m'habiller."

Clark dressa les sourcils. "Depuis quand dois-je m'en aller quand--" Il leva les bras au ciel et se leva. "Bien, comme tu veux. Habille-toi."

"Merci," lui lança-t-elle en retour.

Clark fit demi-tour et se dirigea vers la porte. Avant de sortir de la chambre il prit une profonde inspiration et proposa une trêve aussi calmement qu'il le pouvait. "Le petit déjeuner est presque prêt. Descends dès que tu seras prête."

Lois et Clark marchaient sur le trottoir dans un silence inconfortable vers le petit café où ils avaient accepté de rencontrer Adam Martin, le mari de la dernière victime des enlèvements.

Alors qu'ils entraient dans le café, un homme grand au cheveux blonds se leva et s'avança vers eux. Il avait un visage sympathique, quoique pour le moment, il était assombri par son air lugubre.

Il firent rapidement les présentations, commandèrent un café au garçon et passèrent aux choses sérieuses.

"Pourquoi votre femme était-elle en ville ?" demanda Clark à Adam, commençant l'interview.

"Elle faisait quelques courses, la plupart pour le bébé. Karen était un peu parano à l'idée que l'on ne soit pas prêts pour la venue du bébé, le fait que ce soit notre premier et tout ça." Il regarda Lois et Clark. "Je suppose que vous savez ce que c'est." Il sourit tristement. "Nous étions tellement impatients de l'arrivée de notre nouveau venu. Maintenant tout est sans dessus dessous. Karen sera à terme dans trois semaines. Je suis mort d'inquiétude."

"Monsieur Martin, ne pensez-vous pas que votre femme a seulement décidé de se retrouver un peu seule ? Peut-être vous êtes vous disputés récemment ?"

Adam hocha négativement la tête, l'air catégorique. "Non, absolument pas, Madame Lane. Karen et moi formons un excellent couple. Bien sûr, il nous est arrivé de nous disputer, mais nous nous entendons très bien. Nous étions très heureux."

Lois changea de tactique. "Savez-vous où se rendait Karen, dans quelles boutiques elle voulait se rendre ? Se sert-elle d'une carte de crédit ? demanda-t-elle. "Peut être qu'on pourrait retrouver ses achats."

"Karen parlait souvent des magasins pour bébé mais je ne me souviens pas des noms. Je n'y prêtais pas beaucoup d'attention," dit-il en baissant la voix. "Comme j'aimerais revenir en arrière et avoir écouté." Il combattit son émotion et poursuivit. "Elle s'est peut-être servi d'une carte de crédit, mais elle m'a demandé des espèces ce matin là. Je suppose que ça dépend de ce qu'elle voulait de dépenser."

"Alors, ce que vous êtes en train de me dire est que vous n'avez aucune idée de l'endroit où se trouvait Karen et que vous n'avez aucune idée d'où elle a pu disparaître." fit remarquer Lois sur un ton sarcastique.

Clark jeta à Lois un regard furieux tandis que le pauvre M. Martin se tenait la tête et la balançait en disant 'non'. Clark était surpris qu'elle soit si insensible. Quand Lois regarda tout simplement ailleurs, ignorant le message silencieux de Clark, Clark se retourna vers Adam.

M. Martin," dit Clark gentiment. "Nous sommes vraiment désolés de ce qui est arrivé et nous ferons tout ce que nous pouvons pour vous aider. Si la police ne l'a pas déjà fait, pouvez-vous demander à l'organisme de votre carte de crédit une liste des récents achats ? Si la carte a été utilisée, ça nous donnera peut-être une idée de l'endroit où se trouve Karen ou au moins dans quel coin de la ville elle faisait ses courses."

L'homme regarda Clark avec gratitude et acquiesça. "Je ferais tout ce que je pourrais. Je veux juste qu'elle revienne. Je l'aime énormément, elle et notre bébé."

Après quelques autres minutes à réunir les informations, tous trois se levèrent et partirent.

Toutefois, au moment où ils se dirigeaient vers la porte, Lois prit à nouveau la parole. "A quoi ressemble Karen ? Avez vous une photo à nous donner ?"

Adam Martin fouilla dans la poche de son manteau. "Oui, j'en ai apporté une. Elle a été prise avant qu'elle soit enceinte, mais vous voyez elle est mince, cheveux châtains, yeux marrons." Adam regarda Lois l'air songeur. "En vérité, elle vous ressemble un peu Madame Lane."

"Pas question, Lois, je vous l'interdis absolument." La voix de Perry s'entendait malgré la porte fermée, super oreille ou pas.

"Ce n'est pas juste." dit Lois en colère. "Si je n'étais pas enceinte, vous me pousseriez vers la porte et n'essaieriez pas de me retenir." l'accusa-t-elle. "Le fait que je sois enceinte ne veux pas dire que vous devez me dorloter ! Je ne vais pas rester assise à attendre que les bons articles me passent sous le nez, Perry !"

"Lois, j'ai dit non," insista Perry. "C'est trop dangereux. Je veux vous voir, pendant les prochains mois écrire des articles, mais pas au milieu de l'action."

Perry regarda par-dessus son bureau une Lois rebelle et sentit sa pression sanguine augmenter. Lois se tenait devant lui, les mains sur les hanches et la mâchoire serrée. Même son ventre rond ne l'empêchait pas d'avoir l'air courageuse et tout à fait déterminée à obtenir ce qu'elle voulait. Mais il savait combien l'idée de Lois était dangereuse et il maintenait catégoriquement qu'elle ne gagnerait pas cette discussion.

Malheureusement, retirer un article à Lois Lane équivalait à retirer un os à un pitbull. Il était temps de faire entrer la cavalerie.

"Clark, venez ici !!" hurla Perry ?

Clark tira Lois dans la salle de conférence et ferma la porte. "Que se passe-t-il avec toi ??" demanda-t-il.

"Oh, c'est toi qui dis ça," rétorqua Lois. "Tu disais que tu me soutiendrais si Perry essayait de me retirer un article et maintenant tu prends son parti, espèce de traître !"

"Lois c'était si Perry voulait te mettre sur les concours canins où les réunions du conseil municipal. Là, c'est différent. C'est complètement dingue ! Comment peux-tu même suggérer servir d'appât ?"

"C'est un plan parfaitement logique pour attraper un kidnappeur."

"Logique ? Logique ? Lois tu n'as même pas pensé à assurer ta protection ou à ce que tu ferais si tu étais enlevée. Ce n'est pas le genre de plan qui te vient normalement à l'idée. On dirait que tu ne penses plus rationnellement !"

Lois fronça les sourcils et essaya de le repousser pour arriver à la porte. "Pousse toi de mon chemin, cette conversation est terminée !" cria-t-elle.

Clark l'attrapa fermement par le bras. "Tu ne partiras pas avant qu'on ait réglé ça. Lois tu as promis de ne pas te mettre en danger. Et il n'est pas question que je te laisse sortir d'ici pour aller risquer ta vie ou la vie de ce bébé."

"C'est mon corps, Clark. Les femmes ont des droits dans ce pays."

"Et c'est notre enfant, Lois. Et je veux bien être pendu si je te laisse le mettre en danger."

Ils se faisaient face, aucun ne revenant sur ses positions. Clark ne se rappelait pas avoir été si en colère après elle, mais étonnement, il savait que Lois était encore plus furieuse. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle agissait ainsi. C'était comme si elle le provoquait délibérément.

"Puis-je récupérer mon bras, Monsieur Brute Épaisse ?" demanda finalement Lois d'un ton sarcastique, essayant de se dégager. "Ou essaies-tu de me faire mal ?"

Clark la relâcha. "Je suis désolé," dit-il, essayant de se reprendre. "Je t'ai fait mal ?"

Toujours en colère, elle se contenta de lui tourner le dos. Clark essaya encore, cette fois ci plus doucement. "Lois, que t'arrive-t-il ? Que nous arrive-t-il ? On dirait que tu es une autre personne aujourd'hui."

"Je ne vois pas de quoi tu parles," dit-elle en reniflant.

"C'est comme si -- " Clark cherchait les mots justes. "Comme si soudain tu détestais tout. Comme si tu me détestais. Pourquoi es-tu si en colère ? Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? Ai-je fait quelque chose qui t'a contrarié ?"

Lois se tourna vers lui d'un air renfrogné. Quand elle ouvrit la bouche, sa voix était pleine de venin. "Ce que tu as fait, c'est saboter mon article. Je ne l'oublierai pas, Clark Kent !" Clark la regarda un long moment. Elle ne lui avait pas parlé ainsi depuis leur première rencontre -- et même là elle n'avait pas montré tant de haine.

Clark maintint la porte fermée tandis que Lois essayait encore de passer. "Je ne sais pas ce qui se passe ici," dit-il calmement. "Mais tu ne vas pas couvrir cet article. Et un point c'est tout."

Sur ce, il retira sa main de la porte et la laissa passer.

Quelques instants plus tard, quand Clark sortit lui-même de la salle, il sentit sur lui les regards de toute la rédaction. Les yeux de tout le monde, sauf ceux de Lois, en fait. Elle ne lui accorda même pas un regard.

Jimmy se dirigea vers la machine à café et se versa une tasse.

"Hé, CK. Vous avez l'air de vous sentir comme moi."

"Salut, Jimmy." De la salle de rédaction Clark jeta un œil vers la salle de conférence où Lois s'était assise avec son portable et ses notes derrière une porte fermée pour rester seule. "Mon vieux, c'est pas mon jour. Lois m'a mis en colère."

"Racontez moi. Vous savez, Penny et moi étions supposés passer au Lac New Troy pour le week-end. Et alors, ce matin, elle m'a appelé et m'a dit qu'elle ne voulait pas y aller. Clark, on avait prévu ça depuis trois semaines !"

"Alors, Lois et Penny, toutes les deux… qu'est-ce que c'est ? Une épidémie ?"

Les deux hommes quittèrent d'un air sombre la machine à café et s'assirent au bureau de Clark.

"Vous savez quoi ?" Ça me rappelle cette histoire de phéromone d'il y a quatre ans. Mais à l'inverse. Peut-être qu'on devrait demander à Alice si elles n'ont pas respiré un parfum quelconque dans la galerie marchande." dit Jimmy en riant jaune.

Clark leva les yeux, songeur. "Tu sais, en y repensant, Lois a commencé à agir bizarrement hier soir, après la galerie. Je n'y ai pas pris garde sur le moment, j'ai juste pensé qu'elle était fatiguée et voulait rester seule. Mais maintenant je me demande s'il n'y a pas un rapport."

"Oui, c'est pareil avec Penny. Je suis allé la voir après le travail, comme on l'avait prévu, mais elle m'a dit de rentrer à la maison. Elle ne m'a même pas laissé passer la porte. Et malgré que j'ai été si gentil avec elle quand elle était trempée et tout ça." déclara Jimmy d'un air abattu.

Les deux hommes levèrent soudain les yeux et se regardèrent. "Chef ! crièrent-ils ensemble.

"Sapristi ! Que se passe-t-il ?" Perry sortit de son bureau et s'approcha d'eux.

"Perry, comment va Alice ?" demanda Clark.

Perry eut l'air soupçonneux. "Pourquoi me demandez-vous ça ?"

Jimmy sursauta. "Lois et Penny sont toutes les deux de mauvaise humeur et il semblerait que ça ait commencé hier soir après qu'elles soient revenues de la galerie marchande. On pensait que s'il y avait quelque chose de bizarre avec Alice il y aurait peut-être un rapport.

"Eh bien, maintenant que vous en parlez, Alice a annulé notre rendez-vous d'hier soir. On avait parlé d'aller voir un film mais elle a soudain changé d'avis. Elle a dit quelle devait rester à la maison et… se laver les cheveux ! Et qu'elle me laissait écouter les chansons d'Elvis." dit Perry vexé.

"OUAIS ! Alors, Alice aussi. Génial !"

Clark et Perry froncèrent les sourcils en regardant Jimmy.

"Eum, je veux dire… c'est vraiment très triste… terrible…"

Perry reporta son attention vers Clark. "Alors, vous pensez qu'il s'est passé quelque chose qui les a fait agir ainsi ? Vous êtes sûr qu'il ne s'agit pas d'une coïncidence ? Après tout, je suis marié depuis longtemps, mon garçon. Les gens ont leurs humeurs et quelques fois on a juste besoin de laisser tomber et de se calmer."

"Perry, vous avez vu Lois aujourd'hui. Quelque chose ne va pas bien. Je ne l'ai jamais vue comme ça. Elle a été d'une humeur massacrante toute la journée et on dirait que c'est de pire en pire."

"Perry regarda vers la salle de conférence. "Eh bien, vous avez raison. Lois… n'est pas Lois, n'est-ce pas ?"

"Non, et je dois en connaître la raison."

"Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant, CK ?"

"Eh bien, Jimmy, d'abord il faut qu'on sache s'il s'agit uniquement d'elles trois ou si d'autres personnes ont été également affectées."

Clark regarda autour de lui dans la salle de rédaction cherchant d'autres collègues de la gent féminine. Il se leva et traversa rapidement la salle.

"Sheila ? Puis-je vous poser une question personnelle ?" Clark aborda la jeune femme avec hésitation.

"Bien sûr, Clark, de quoi s'agit-il ? Vous avez l'air plutôt mécontent, vous êtes encore contrarié de cette petite scène avec Lois ?"

"Ah… eh bien, en quelque sorte. Si je puis me permettre… est-ce que tout va bien entre vous et Henry ? Vous êtes-vous disputés plus que d'habitude ou autre chose ?"

La jeune femme le regarda d'un air étrange. "Non… pourquoi me demandez-vous ça ?"

"Pas de plans annulés, pas ne mauvaise humeur particulière ?"

Sheila lui fit un petit signe de tête négatif. "Non, rien de tout ça. On s'entend très bien. En vérité, on va rendre visite aux parents d'Henry cette semaine. Et mon vieux, je vais avoir besoin d'un long week-end. J'ai été submergée, ici. Je n'ai pas pris une heure pour déjeuner en deux semaines. Eh bien, à part hier. Je devais aller à la galerie marchande pour acheter un cadeau d'anniversaire pour ses parents. Heureusement, j'ai pris un taxi pour rentrer avant que la pluie ne commence à tomber. Sinon, j'aurais été trempée."

Remarquant le regard attentif de Clark, elle poursuivit. "Je suis désolée, mais pourquoi voulez-vous vous savoir ça ?"

"Oh, c'est juste que …" Clark fit un petit geste de la main. "Ce n'est rien. Merci, vous m'avez bien aidé."

Sheila parut étonnée pendant que Clark s'en allait et elle haussa les épaules et retourna travailler.

"D'accord, alors c'est Penny, Lois et Alice… mais pas Sheila" déclara Jimmy après que Clark l'ait informé. "Qu'ont-elles en commun qui les sépare de Sheila ? C'est la question à 64.000 Dollars."

Les deux hommes étalèrent leurs notes sur le bureau de Clark.

"Peut-être que c'est la pluie," proposa Clark. "Toutes les quatre sont allées à la galerie marchande, mais rien n'est arrivé à Sheila. Elle est partie avant la pluie."

"Oui, mais il pleut tout je temps. Pourquoi le fait de se trouver sous la pluie les ferait agir comme ça ? Qu'est-ce que cette pluie a de spécial ?"

"Eh bien… Superman s'est servi de la pluie pour éteindre l'incendie au laboratoire de recherches de Trycos. Il a amené de gros nuages et il a plu le reste de la journée." Clark se redressa sur sa chaise, pensant à quelque chose.

"Vous pensez que ça a quelque chose à voir avec l'incendie ?" demanda Jimmy.

"Je n'en sais rien. Mais je suis tout à coup très intéressé de savoir quelles recherches ils faisaient. Peut-être que l'explosion a répandu une sorte de drogue dans l'atmosphère et que la pluie l'a dispersée sur le sol."

"Une drogue anti-amour ?" dit Jimmy d'un air dubitatif.

Clark haussa les épaules. "Je n'en sais rien, Jimmy. Mais je sais qu'il faut que l'on cherche tout ce qu'on peut sur les Entreprises Trycos. Tu veux aller y faire une petite visite avec moi ?"

"Bien sûr ! Mais je crois qu'on n'aura pas beaucoup de chance Trois autres journalistes du Planet sont allés là-bas en vain ce matin. Ils n'ont même pas pu passer la porte d'entrée. Trycos reste sur ses déclarations et n'accorde aucune interview." Jimmy pris une feuille de papier et lut à haute voix. "Les Entreprises Trycos maintiennent qu'il n'y avait absolument aucun danger pour les habitants de Métropolis que ce soit avant ou après l'incendie."

"Je n'en crois pas un mot," dit Clark. "Jimmy crois-tu pouvoir pirater le système informatique de Trycos ?" Je veux savoir ce qui a provoqué cette explosion et exactement, si c'est ça, ce qui a pu être répandu dans l'atmosphère."

Jimmy haussa les épaules. "Bien sûr, Clark, je peux essayer. Je vous avertirai dès que j'aurai trouvé quelque chose."

La salle de rédaction était vide quand Jimmy revint au bureau de Clark. "Hé, CK ?"

Clark leva les yeux. "Tu as trouvé ?"

Jimmy avait l'air sombre en s'effondrant sur la chaise en face de Clark. "Non, je n'y arrive pas. A chaque fois que j'essaye, ils envoient automatiquement un programme de défense et alors je me retrouve dans les listes de Fairbanks, Alaska. Quoi que je fasse, le programme a toujours une longueur d'avance sur moi. Mon vieux, celui qui a fait ce programme à Trycos doit être un génie."

Clark soupira et se rejeta en arrière, songeur. "Il regarda Lois, toujours dans la salle de conférence, à travers la vitre. Sa mâchoire se contracta avec détermination. "Eh bien, alors on devra faire ça de la bonne vieille manière. Forcer la porte."

Jimmy dressa les sourcils. "Wow, Lois a dû déteindre sur vous. C'est le genre de chose que je m'attends qu'elle dise." Le jeune ne put cacher un léger sourire.

Clark sourit aussi, un peu plus sinistre. "Eh bien, si Lois n'est plus elle-même, je suppose que je dois l'être pour elle." Il soupira et fit disparaître son air maussade. "Jimmy tu crois que tu peux prendre les informations dans le système informatique de Trycos ? Je vais avoir besoin de tous les renseignements que tu pourras obtenir. Les plan des étages, tout. Je dois mettre la main sur leur terminal. Espérons qu'ils ne sont pas aussi attentifs à la sécurité extérieure qu'à leur système informatique."

Jimmy regarda Clark un instant, puis dit calmement. "Vous avez besoin qu'un expert en informatique vienne avec vous."

Leurs regard se croisèrent.

"Et tu te proposes de l'être ?" répondit Clark.

"Essayez seulement de m'arrêter."

"Bon alors, d'accord. Je te laisse travailler et je vais faire quelques reconnaissances de mon côté. On se retrouve là-bas à minuit. Habille toi en conséquence et prépare toi à quelque piratage."

Jimmy se leva pour s'en aller mais se retourna vers Clark en jetant un œil vers le bureau du rédacteur en chef.

"Um, Clark ? dit-il doucement. "Est-ce qu'on dit à Perry ce qui se passe ?"

Clark hocha la tête. "Non, moins il en sait, mieux ça vaut. Il vaut mieux qu'il ne soit pas impliqué dans quoique ce soit."

Jimmy se contenta de sourire et acquiesça. "Rendez-vous à minuit."

A 18 h 30, Lois sortit de la salle de conférence et rangea son bureau en silence.

Clark la regardait attentivement, à la recherche de quelques signes indiquant qu'elle allait mieux, mais n'en trouva aucun. Il attendit qu'elle mette son manteau avant de s'adresser à elle.

"Tu rentres à la maison ?" demanda-t-il essayant de garder un ton neutre.

"Oui." Elle semblait plus fatiguée qu'en colère mais il avait encore quelques petits signes de la Lois qui l'aimait.

"Je te rejoins un peu plus tard, j'ai encore un peu de travail."

Elle haussa juste les épaules et se dirigea vers la rampe "Comme tu veux."

Clark poussa un long soupir alors que Lois entrait dans l'ascenseur et quittait la rédaction. Il attendit quelques instants avant de prendre quelques affaires dans le tiroir de son bureau, puis éteignit son ordinateur se dirigea vers la cage d'escaliers.

Du toit du Daily Planet Clark s'envola dans les airs dans un éclair de rouge et bleu. Après s'être assuré d'en haut que Lois était rentrée à la maison (et n'avait pas fait quelques détours pour enquêter sur l'histoire des enlèvements), il fit demi-tour et partit vers un autre quartier de la ville.

A la faveur de la nuit, personne ne pouvait remarquer Superman voltiger au-dessus des Entreprises Trycos, un bloc notes et un stylo dans la main et un chronomètre autour du cou.

Le temps que Clark retourne à la maison ce soir là, Lois était installée à la table de la salle à manger à déguster une glace en lisant un magazine. Ou au moins, il semblait qu'elle essayait de manger un peu de glace. Au lieu de cela, la glace au chocolat se trouvait dans un bol au centre de la table, ignorée et fondue.

Clark hocha la tête en traversant la pièce pour se rendre à la cuisine. Il se convainquit que quelque chose n'allait vraiment pas si Lois nourrissait maintenant une aversion pour la glace au chocolat. Il se fit un sandwich et retourna dans la salle à manger ou il tira une chaise en face de sa femme.

Toutefois, aussitôt qu'il s'assit, Lois posa son magazine et commença à quitter la pièce.

"Lois, attends," dit Clark. "Il faut qu'on parle."

"Je n'ai rien à te dire, Clark." répondit-elle.

"Lois, est-ce que tu réalises la façon étrange dont tu agis ? T'en es-tu rendu compte ? Ou les choses te paraissent-elles les mêmes ?"

Lois hésita, puis se retourna pour le regarder, les bras croisés. Son langage corporel lui indiquait qu'elle était fermée comme une huître, mais au moins elle était toujours dans la pièce.

Pendant un instant, Clark pensa voir une lueur de l'ancienne Lois apparaître sur son visage, mais aussitôt elle disparut et elle se massa les tempes d'un air las.

"Je ne sais pas de quoi tu parles, Clark."

Clark prit une profonde inspiration. Il fallait qu'il l'atteigne d'une manière ou d'une autre.

"Lois, je crois que tu as peut-être été exposée à une sorte de produit chimique -- un genre de drogue. Je pense qu'elle a été répandu dans l'atmosphère au moment de l'explosion à Trycos et s'est mélangée à la pluie d'une façon ou d'une autre. Je crois que les gens qui se sont retrouvés sous cette pluie ont été exposés à la drogue."

Tandis qu'elle se contentait de le regarder d'un air incrédule, Clark poursuivit.

"Ne vois-tu pas, chérie ?" Clark s'arrêta quand il vit qu'elle reculait visiblement devant ses paroles d'affection et s'interrompit un instant, d'ignorant le sentiment d'angoisse qui le tenaillait. Quand il ouvrit à nouveau la bouche, sa voix était plus modérée. "Ta mauvaise humeur a commencé hier soir. Et Penny et Alice ont agi de la même façon. Quelle que soit cette drogue, elle semble vous affecter d'une manière… étrange qui vous retourne contre vos maris et petits amis."

Clark regarda attentivement Lois pour voir si ses mots produisaient leur effet. Elle ne le regardait plus, mais regardait par terre. Il était difficile de dire si elle l'ignorait… ou si elle réfléchissait.

Il essaya de lui poser une question directe.

"Lois, Penny t'a-t-elle parlé d'aller en week-end avec Jimmy ?"

"Oui… répondit-elle doucement. "Elle en a parlé et a dit qu'elle avait hâte d'y être."

Clark sauta sur l'occasion. "Eh bien ce matin, elle a dit à Jimmy qu'elle ne voulait pas y aller. Elle ne l'a même pas laissé rentrer chez elle hier soir. Et Alice a annulé son rendez-vous avec Perry, également."

Lois eut l'air inquiète, comme si elle cherchait quelque chose dans sa mémoire mais n'arrivait pas à trouver quoi.

"Lois, ne vois-tu pas ? Tu n'as pas été toi-même aujourd'hui. Les choses que tu as l'habitude… d'aimer…" Clark voix de Clark se cassa un peu, mais il se reprit, "maintenant te dérangent. Lois qu'est-ce que tu ressens ? Tu dois me dire ce qui se passe à l'intérieur de toi afin qu'on puisse arrêter cette chose." Malgré tous ses efforts pour se contrôler Clark ne parvenait pas à dissimuler la pointe de désespoir dans sa voix.

Lois se contenta de hocher la tête, comme si elle chassait quelque chose de déplaisant, et devint encore plus contrariée. "Je ne sais pas, Clark, je ne sais vraiment pas. C'est comme si… j'ai l'impression que les choses vont de travers, mais chaque fois que j'essaie de te parler et même …de te regarder… mon esprit --" Elle se massa à nouveau les tempes, paraissant presque égarée.

Clark se leva et s'approcha d'elle. Ça le tuait de la voir comme ça, sachant qu'elle était en détresse émotionnelle, mais ne sachant pas comment l'aider. "Chérie, ce n'est pas ta faute… je sais que tu m'aimes et je t'aime aussi -- énormément," dit-il tendrement. Incapable de se retenir, il la prit dans ses bras. "Je t'aime, Lois. Et ensemble nous allons combattre cette chose. Je sais qu'on peut le faire ! Il faut juste que tu tiennes un peu plus longtemps, chérie, pour te battre contre cette chose… quelle qu'elle soit."

Lois était toujours dans ses bras, tremblant sous sa caresse. Mais alors qu'il continuait de parler, elle ne put le supporter davantage. Elle se jeta en arrière presque paniquée. "Arrête ! Je ne peux pas !" hurla-t-elle. "Je suis désolée, Clark… mais je ne peux pas rester là plus longtemps." Sur ce, elle éclata en sanglots et se précipita dans les escaliers.

Clark se retrouva seul, debout dans la salle à manger, les bras pendant encore à l'endroit où il l'avait tenue. Son rejet le faisait terriblement souffrir, mais il ne faisait que renforcer sa décision de faire tout ce qu'il pouvait pour l'aider. Elle souffrait, elle aussi, c'était plus qu'évident maintenant. Et quelle que soit la chose qui provoquait ça, elle avait besoin de son aide pour la combattre.

ACTE 3

Clark et Jimmy se tenaient devant la clôture qui les séparait de Trycos.

Ils étaient venus à pied. A cause de l'explosion, il y avait des gardes qui patrouillaient dans le périmètre. Garer un véhicule n'était pas seulement risqué, ça aurait indubitablement attiré l'attention. Marcher semblait être la meilleure option.

"On va vraiment faire ça, n'est-ce pas ?" demanda Jimmy, comme un paquet de nerfs.

"Si tu veux faire marche arrière, Jimmy, je comprendrai." Clark avait besoin de l'expérience informatique du jeune homme mais s'y risquerait seul si cela impliquait de forcer son ami à faire quelque chose qu'il ne voulait pas faire.

"Non, je suis là. C'est que ça paraît tellement …" Jimmy baissa la voix, regardant le vaste complexe devant eux. "…énorme, en quelque sorte."

Clark regarda le jeune homme à ses côtés. Il entendait battre de cœur de Jimmy tandis que montait son taux d'adrénaline. Clark posa la main sur l'épaule de Jimmy. "Je dois le faire, Jimmy. Je ne peux pas rester assis et laisser cette… chose… m'éloigner de ma femme. Elle souffre, Jim. Je peux le voir dans ses yeux. Et je ne peux pas laisser faire ça sans faire tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider."

Jimmy serra les dents. "Alors qu'est-ce qu'on attend ? Allons-y."


Ils sautèrent tous deux par-dessus la clôture et atterrirent de l'autre côté. Clark regarda sa montre. 1 heure 27. "On a cinq minutes pour entrer dans le bâtiment avant que le garde ne revienne."

Jimmy acquiesça et les deux hommes traversèrent la pelouse en courant jusqu'à une petite entrée sur le côté. Il l'atteignirent sans avoir été repérés.

"Une fois que je me serai occupé des alarmes, vous aurez une minute pour ouvrir cette porte. Vous pourrez y arriver, CK ?"

"Oui. Commençons. Il nous reste une minute 48 pour filer."

Jimmy se concentra sur une petite boîte derrière la porte, l'ouvrit et tripota quelques fils électriques.

"Prêt. Une minute, cinq secondes. A vous."

De la même manière dont Clark avait regardé Jimmy couper l'alarme, Jimmy observait Clark déverrouiller la serrure d'une main experte et ouvrir la porte. Il entrèrent dans le bâtiment près des ascenseurs, à côté de la cage d'escaliers. Plus loin devant eux, ils aperçurent le bureau d'entrée et entendirent parler les gardes.

"Souvenez-vous," murmura Jimmy. "On a 20 minutes avant que le système ne se déclenche tout seul et qu'ils découvrent que je l'ai coupé. Il faut qu'on soit sortis à ce moment là. Au fait, où avez-vous appris à forcer une serrure comme ça ?"

Clark se mit à rire. "Il y a énormément d'avantages à être marié à Lois Lane."

Ils se faufilèrent dans la cage d'escaliers et s'y engouffrèrent.

Au moment où Jimmy s'apprêtait à ouvrir la porte, Clark leva la main. L'oreille collée à la porte, il indiqua à Jimmy de rester silencieux. Effectivement, Jimmy entendit bientôt un bruit de pas s'approcher. Quand ils furent passés, Clark murmura des consignes.

"Il y a deux caméras. Quand celle de gauche sera le plus possible éloignée de nous… fonce. On en n'a pas pour longtemps à atteindre le couloir."

Au signal de Clark, ils s'esquivèrent et se précipitèrent dans le couloir.

Au coin, Clark fit signe de s'arrêter une fois encore. Regardant à travers le mur pour vérifier la position de la caméra, Clark chronométra leur approche. Quand la caméra se tourna vers eux, ils étaient déjà dessous, hors de vue.

Il continuèrent de cette manière, l'observation de Clark des mouvements de la caméra leur permettant de ne pas se faire repérer. Toutefois, alors qu'ils allaient tourner au dernier coin du couloir, Clark remarqua un garde penché sur le distributeur d'eau, juste à côté de la salle des ordinateurs qu'ils visaient.

Les yeux de Clark se retournèrent vers la caméra de sécurité du couloir. Elle revenait. Ils étaient coincés.

Jimmy se glaça, levant les yeux et suivant la caméra comme si sa vie en dépendait. Clark regarda encore une fois le coin du couloir. Cet enquiquineur de garde avait toujours soif, mais heureusement il leur tournait le dos.

En une fraction de seconde, Clark se demanda s'il n'allait pas sauter sur le garde et l'envoyer au pays des rêves. Bien qu'il n'avait aucune envie de laisser des preuves qu'ils étaient ici, l'heure tournait. Se préparant à l'inévitable, Clark s'apprêtait à plaquer le garde quand il le vit soudain se redresser, se retourner et s'engager tranquillement à l'angle du couloir.

En un éclair, Clark et Jimmy avaient tourné le coin et étaient à la porte du bureau. Encore quelques secondes et il y aurait eu une pagaille monstre.

"Whoa ! C'était moins une !" Jimmy poussa un grand soupir en s'appuyant contre le mur, les yeux fermés.

"Tu peux le dire encore," lui répondit Clark en murmurant. "Non, d'un autre côté… il ne vaut mieux pas. Du moins, pas avant qu'on ne soit pas entrés à l'intérieur."

Clark tapa le code qu'avait composé le garde que Superman avait observé plutôt dans la soirée. Le verrou s'ouvrit dans bruit sourd. Avec un soupir de soulagement, Clark attrapa Jimmy par le col et le tira dans le bureau, refermant silencieusement la porte derrière eux.

"Il reste combien de temps ?"

Jimmy regarda sa montre. "14 minutes."

"Plus 6 minutes pour sortir, ça te laisse huit minutes pour accéder à l'ordinateur et télécharger les dossiers."

"Pas de précipitation," murmura Jimmy en allumant l'ordinateur.

"Mot de passe… mot de passe." Jimmy regarda autour de lui. "La plupart des gens se servent d'un mot de passe de leur environnement immédiat… passe-temps, animal domestique, épouse. Clark aidez-moi."

Clark balada sa lampe de poche autour de la pièce. "Elle s'arrêta sur une grande toile représentant un violon et sur un violon miniature sur un piédestal de verre.

"Hmm, V-I-O-L-O-N…" Jimmy tapa. "Accès refusé. Quoi d'autre ?"

"Archet… Stradivarius… Quatre Saisons… Paganini…Kenne…" pensa Clark à haute voix, aidant Jimmy a épeler le plus possibles de mots familiers.

"Stop. C'est Paganini… D'accord, j'y suis… oui… voilà… J'ai trouvé le bon menu. Zut ! Les dossiers aussi sont protégés par un mot de passe."

"Trouve-le, Jimmy. Six minutes."

Jimmy n'écoutait pas les paroles de Clark, si attentif qu'il était à sa tâche. Il lui fallut une minute et demie pour trouver le nouveau mot de passe.

"J'y suis. Vous aviez raison, CK. Ce système de sécurité interne est risible. Et maintenant ?"

"Copie tout ce que tu trouves sur le labo 109 ou sur Walter Smith. On n'a pas le temps de trier."

Les unes après les autres, les disquettes furent introduites dans le lecteur, copiant rapidement les informations.

"Jimmy… dépêche-toi ! On a déjà dépassé le temps d'une minute !" le pressa Clark.

"Je sais… Ok, voilà la dernière. Merci Seigneur c'est un ordinateur à vitesse rapide." dit Jimmy en l'éteignant.

Après avoir vérifié les caméras et les bruits de pas, ils sortirent du bureau et se précipitèrent dans la cage d'escaliers, revenant sur leur pas pour tromper encore les caméras.

Ils atteignirent la cage d'escaliers et descendirent aussi vite qu'ils le pouvaient.

"Plus qu'une minute, Clark !"

Il regardèrent par la petite vitre de la porte. Il n'y avait aucun garde en vue. En moins d'une seconde, ils étaient à nouveau dehors.

Jimmy s'appuya contre le mur, reprenant sa respiration. "Wow ! On l'a vraiment fait, Clark ! On a réussi ! murmura-t-il tout excité.

Mais l'attention de Clark était portée sur autre chose… les halètements d'un chien qui approchait.

"Jimmy, fonce. On a de la compagnie… un chien."

"Un chien ?!"

Ils se mirent à courir.

Ils entendirent des aboiements derrière eux, puis un bruit de pas. "PAS UN GESTE ! hurla le vigile.

Clark et Jimmy atteignirent la clôture et grimpèrent. Des projecteurs illuminaient le terrain et un spot approchait à toute vitesse du grillage.

En arrivant en haut de la clôture, la super oreille de Clark capta le son d'un pistolet qu'on armait. Dans un éclair de super vitesse, Clark tira Jimmy à terre de l'autre côté, juste au moment où un coup de semonce sifflait au-dessus de leurs têtes.

Au loin, ils entendirent des voitures arriver dans leur direction. Des sirènes de police hurlaient dans la nuit. Tous deux se relevèrent et coururent.

Soudain, une voiture freina et s'arrêta devant eux, leur coupant la voie. Clark était sur le point d'attraper Jimmy et de s'envoler, au diable son identité secrète, quand la portière s'ouvrit tout à coup."

"Montez !"

Clark regarda à l'intérieur. "PERRY ?"

"Montez, bon sang !" Clark poussa Jimmy par la porte ouverte et plongea à l'intérieur.

"Clark se redressa. "Chef ?? Qu'est-ce que--"

"Pas maintenant, Kent !" Perry mit les gaz et la voiture fila dans la rue déserte. Les sirènes de police hurlaient au loin, sur le lieu des opérations.

Comme il était évident que la voiture n'avait pas été repérée, tous trois se détendirent. Jimmy et Clark regardèrent étonnés et silencieux leur rédacteur en chef les regarder en dressant les sourcils.

"Eh bien, messieurs… je pense que vous avez quelques explications à me donner."

Le soleil était à peine levé quand Clark laissa au Dr Klein un message urgent lui demandant de le retrouver immédiatement à STAR Labs.

Quand le brave docteur ouvrit son laboratoire, Clark était déjà là à attendre.

Klein leva les yeux au ciel. "Les super héros ne dorment jamais ?"

"Dr Klein. J'ai besoin de votre aide. Plusieurs femmes de Métropolis ont commencé à agir étrangement cette semaine, Lois est parmi elles. Les principaux symptômes semblent être un rejet de tout ce qu'elles aiment, spécialement leur partenaire. Ma théorie est que l'incendie de Trycos à répandu une sorte de substance -- une drogue, un produit chimique ou autre chose -- dans l'air et a contaminé la pluie qui est tombée cet après midi là. Lois et deux autres femmes ont été trempées par la pluie. Toutes les trois ont commencé à montrer des symptômes ce soir là.

Klein leva les sourcils. "Rejeter leur partenaires ?" répéta-t-il amusé.

Toutefois, un seul regard à la mine sévère de Clark arrêta son ricanement.

"Que voulez-vous que je fasse ?"

Clark lui tendit plusieurs disquettes. "Voici des dossiers copiés à Trycos hier soir. Ils contiennent les informations sur le travail qui était fait dans le laboratoire qui a été détruit."

Klein prit les disquettes. "Ai-je besoin de savoir où vous avez eu ça ?" demanda-t-il dans un soupir.

"J'en doute," déclara Clark. Même avec son costume et ses lunettes, le regard de Superman sur le visage de Clark convainquit le Dr Klein de ne pas en demander davantage.

"Mon vieux, les choses doivent vraiment aller mal pour vous pour que vous en arriviez à de telles extrémités."

"Dr Klein, je n'ai pas seulement besoin d'avoir la confirmation que j'ai raison. J'ai besoin d'avoir un remède à ce qui est arrivé. Je suis inquiet pour Lois… et je suis inquiet pour le bébé. Jusque là tout semble bien se passer avec la grossesse, mais une exposition à une substance inconnue… eh bien, vous voyez pourquoi je suis contrarié."

"Oui, oui," acquiesça Klein, perdu dans ses pensées. Puis il leva les yeux. "Pensez-vous pouvoir m'obtenir un échantillon de sang de Lois ou de l'une de ces femmes ? Ça m'aiderait à voir à quoi nous avons affaire."

Clark fronça les sourcils. "Lois n'est pas exactement ouverte à mes suggestions ces jours ci… mais je vais voir ce que je peux faire."

Lois était assise à son bureau dans la salle de rédaction à essayer de rassembler ses pensées et ses notes sur l'article des kidnappings. Elle avait eu quelques entretiens téléphoniques avec les familles des autres victimes, s'était plongée dans chaque bribe des dossiers sortis des services de police -- autant que dans ceux qui ne l'étaient pas -- et avait appelé chaque hôpital de la ville leur demandant si une nouvelle Jane Doe avait été admise. Elle avait suffisamment d'informations pour un bon article... mais elle n'était pas encore sur le point de résoudre le mystère de la disparition de ces femmes.

C'est alors que le téléphone sonna.

"Euh, bonjour… je m'appelle Joy, je travaille aux admissions de l'Hôpital Général de Métropolis ? Nous avons parlé hier au téléphone ?

Lois se rappela. "Oui ?"

"Eh bien, j'ai certaines informations qui, je pense, pourraient peut-être vous aider."

"Allez-y, j'écoute," répondit Lois.

"Hier soir, une femme a été admise, elle délirait énormément et ce qu'elle racontait n'avait aucun sens. Mais elle est enceinte et je me suis souvenue qu'hier vous avez demandé si quelqu'un était entré dans des conditions bizarres."

"Oui, en effet. Merci ! J'arrive dès que possible."

La jeune femme indiqua à Lois le numéro de la chambre et raccrocha.

Lois pénétra dans l'ascenseur de la salle de rédaction au moment où les portes s'ouvraient et essaya de sortir aussi vite que possible. Clark l'arrêta.

"Lois, attends, j'ai besoin de ton aide.


L'Hôpital Général de Métropolis était un grand hôpital, mais Lois, qui connaissait suffisamment les lieux, trouva facilement la chambre qu'elle cherchait. Elle était arrivée un peu plus tard qu'elle ne l'avait espéré mais elle se disait que passer un peu de temps à aider Clark était le seul moyen de ne pas l'avoir sur le dos.

Bon sang. Comment pouvait-il avoir l'audace de l'empêcher d'enquêter sur un article ?"

Elle savait qu'il l'avait surveillée toute la journée d'hier et ne l'aurait pas laissée quitter le Daily Planet sans la suivre. Lui faire cette faveur était la parfaite excuse pour partir sans être escortée -- libre de faire ce qu'elle voulait.

Lois ouvrit la porte de la chambre particulière et découvrit une femme d'environ son âge. Les yeux de la jeune femme étaient rouges et son visage était pâle. Elle était branchée à toutes sortes d'écrans et d'intraveineuses. Lois regarda les appareils branchés sur le gros ventre de la femme et les deux moniteurs qui enregistraient deux battements de cœur -- un pour la femme, un pour son enfant. La jeune femme tourna les yeux vers Lois d'un air lugubre, mais ne dit pas un mot.

Lois s'assit sur une chaise à côté du lit. "Bonjour,' dit-elle doucement. "Je m'appelle Lois Lane et je suis du Daily Planet. Je veux vous aider. Pouvez-vous me raconter votre histoire ?"

La femme ferma les yeux, fatiguée. "Deux hommes… un entrepôt… des tests," murmura-t-elle.

Lois fronça les sourcils. La femme n'était visiblement pas en état de lui donner beaucoup de détails -- un fait que la police avait également établi attendu que personne ne se trouvait dehors pour surveiller la chambre. 'Doutaient-ils de sa crédibilité ou venait-elle seulement de reprendre connaissance ?' Pendant une minute, Lois regarda attentivement le visage de la femme. Il lui semblait familier…

"Karen ? Etes-vous Karen Martin ?" demanda Lois

"Euh, " soupira la femme, lui faisant un petit signe de tête affirmatif.

"Lois se pencha sur elle. "Y avait-il d'autres femmes avec vous ? Deux autres femmes ? Toutes deux enceintes ?"

La femme acquiesça luttant pour ouvrir les yeux.

"Où étiez-vous retenue ? Avez-vous pu le voir ?"

"Hobbs… Try… try…"

Lois acquiesça. "Oui, s'il vous plaît, essayez de me le dire."

La femme hocha la tête, agitée. "Try… cos."

Les yeux de Lois s'écarquillèrent. "Trycos ? répéta-t-elle, attendant une confirmation.

"Trycos…" marmonna la femme. Ses yeux se refermèrent.

A cet instant, une infirmière entra dans la chambre.

"Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ?"

Lois se leva. "Je rends visite à mon amie… elle a disparu depuis plusieurs jours. Son mari a-t-il été prévenu ?"

L'infirmière répondit à Lois en marmonnant. "Euh, oui, on vient de l'appeler. Il arrive. Mais vous ne devriez pas être là. Cette femme a besoin de repos."

Lois s'était déjà glissée jusqu'à la porte. "D'accord, je reviendrai plus tard. Merci."

Et sur ce, elle s'en alla.

Jimmy était assis à son bureau, le menton dans la main, les paupières presque fermées. Il n'était pas habitué à rester debout toute la nuit, spécialement après une aventure comme celle que Clark et lui venaient de vivre.

Jimmy sursauta quand le téléphone sonna bruyamment à côté de lui.

"Daily Planet," marmonna-t-il dans l'appareil. Il s'éclaircit la gorge. "Puis-je vous aider ?"

"Jimmy, c'est Lois."

Jimmy se redressa sur sa chaise. "Lois ? Où êtes-vous ?"

"Je suis une piste. Jimmy j'ai besoin que tu trouves si les Entreprises Trycos ont un entrepôt de marchandises, spécialement du côté de Hobbs Bay."

"C'est facile, Lois. Clark m'a fait chercher un tas de trucs sur Trycos justement hier. J'ai toutes mes notes quelque part par-là… Oui, c'est ça. Ils ont un entrepôt dans le quartier nord, à côté des bureaux de la direction et un autre sur la Troisième E. 1311 E. Troisième rue. C'est dans le quartier d'Hobbs Bay.

"Merci, Jimmy !"

"Lois, attendez ! Où êtes-vous ? Que se passe-t-il ?" Mais c'était trop tard. Elle avait déjà raccroché.


Clark se versait une autre tasse de café essayant de ne pas faire les cent pas tandis qu'il attendait que le téléphone sonne. Quand il sonna enfin, il renversa presque sa tasse en se précipitant pour répondre.

"Clark Kent," cria-t-il.

"Clark, c'est le Dr Klein. J'ai des informations pour vous."

Clark avala sa salive. "Allez-y."

"Eh bien, Lois est venue et m'a donné un échantillon de sang. Mon vieux, je vois que vous avez fort à faire avec elle. Vous auriez dû entendre ce qu'elle m'a dit quand j'ai --"

"Dr Klein ! S'il vous plaît !"

"Oh, d'accord… désolé. Eh bien, je n'ai rien trouvé d'inhabituel dans le sang de Lois mais je me suis souvenu de ce que vous avez dit à propos de l'eau. J'ai appelé un météorologiste de mes amis et j'ai eu assez de chance pour obtenir un échantillon de l'eau de pluie qui est tombée pendant l'incendie de Trycos. C'est là que j'ai trouvé."

"Trouvé quoi ? Vous savez ce qui provoque ça ?" demanda Clark avec impatience.

"J'ai trouvé un produit chimique dans l'eau qui correspond aux dossiers de Trycos que vous m'avez donnés. Les dossiers de l'ordinateur disent qu'ils travaillaient sur une formule affectant les fonctions synaptiques. A la base, les produits chimiques sont supposés annuler certaines fonctions du cerveau et stimuler d'autres fonctions, faisant par conséquent réagir les gens à un stimuli auquel ils ne réagiraient pas en temps normal. Malheureusement, ce n'est pas encore parfait. D'après ces dossiers, la formule semble marcher uniquement sur les femmes. Ils essayent de la modifier pour qu'elle fonctionne sur les hommes, mais on dirait qu'ils n'y sont pas encore arrivés."

"Alors combien de temps faudra-t-il avant que nous trouvions quelque chose pour neutraliser les effets ?" demanda Clark.

"Eh bien," songea Klein, "Je n'en suis pas tout à fait sûr mais j'ai envisagé quelques possibilités. Dans tous les cas, d'après les notes des chercheurs, les effets semblent s'estomper après cinq à dix jours et sans aucun antidote."

"Dix jours ! Dr Klein, Lois a été exposée il y a à peine trois jours… et imprévisible comme elle est, je ne crois pas que nous puissions attendre. On dirait qu'elle se renferme de plus en plus.

"Ah, c'est intéressant que vous disiez ça… n'avez vous pas dit que Lois semblait avoir une réaction à cette drogue plus sévère que les deux autres femmes que vous connaissez ?"

"Eh bien, je crois que oui… du moins, c'est ce qu'il me semble, d'après ce que m'ont dit les autres hommes concernés."

"Alors, ça se tient. La raison pour laquelle cette formule marche uniquement sur les femme est qu'elle réagit sur l'œstrogène. Plus la personne à d'œstrogènes plus elle est susceptible de réagir à la drogue. Et avec la grossesse de Lois…"

"Son taux d'œstrogènes est élevé," termina Clark, médusé. "Wow."

"Vous y êtes."

"Oh, Dr Klein, je suppose que vous n'avez pas de temps à perdre. Prévenez-moi à la seconde où vous aurez trouvé quelque chose.

"Bien sûr, Clark. Je vais faire de mon mieux, au revoir."


Lois ouvrit la porte de l'entrepôt et entra doucement dans le bâtiment. Il paraissait abandonné, mais quelque chose ne paraissait pas clair. Ses instincts lui hurlaient qu'elle se trouvait au bon endroit.

Regardant autour d'elle dans la pénombre, elle commença à ressentir un sentiment d'appréhension. Elle grimpa les escaliers et se retrouva devant une solide porte munie d'une serrure neuve et rutilante.

Lois fouilla dans son sac et chercha quelque chose pour forcer la serrure et, dans sa hâte, elle fit tomber un stylo. Il dégringola dans la cage d'escaliers et heurta le sol en résonnant. Son cœur battait la chamade.

Un bruit de pas résonna dans l'entrepôt, et il était difficile de juger d'où il provenait.

Lois se faufila doucement dans les escaliers, essayant de ne pas attirer l'attention et, en même temps ne voulant pas être une cible facile si quelqu'un venait voir ce qui avait provoqué ce bruit. Elle tourna au coin et se tamponna dans un gros homme qui portait un long tuyau noir.

Il la regarda d'un air méprisant et la saisit par le bras. "On dirait qu'on vient de trouver un autre sujet d'expérience." railla-t-il.


Acte 4

Le Dr Klein avait à peine décroché le téléphone cet après là quand Clark entra dans le laboratoire ajustant sa cravate.

"Comment avez vous fait pour trouver ça si vite ??" demanda Clark tout excité.

"C'est facile," dit Klein en souriant. "C'est parce que…"

Klein arracha sa blouse et les boutons sautèrent partout, laissant apparaître un tee-shirt blanc avec deux sigma emmêlés.

"Je suis Super Savant !!"

Klein éclata de rire. Les sourcils de Clark se dressèrent par-dessus ses lunettes.

"Non, pour être honnête, j'ai une équipe des meilleurs chimistes, plus des spécialistes sur les hormones, des produits neurochimiques et des fonctions du cerveau à ma disposition. Le directeur de STAR Labs nous alloue tous les fonds dont nous avons besoin. L'argent n'est pas un problème."

"Vous plaisantez ! Pourquoi ?"

"Sachez seulement que sa jolie jeune femme s'est trouvée sous la pluie provoquée par Superman et que maintenant ils ont quelques… eh bien, différents."

Clark hocha la tête, ricanant un peu malgré lui. "Alors c'est l'antidote ? demanda-t-il, indiquant une grande fiole.

"Oui. Maintenant il nous reste juste à trouver comment le distribuer aux gens qui se sont trouvés sous la pluie cette semaine. Des idées ?"

Clark réfléchit une minute. " Comment atteindre rapidement le plus de gens possible ?" songea-t-il. "On ne sait même pas qui a été affecté. Qui sait combien de gens se sont trouvés sous--" Il leva tout à coup les yeux. "la pluie. Dr Klein, qu'arriverait-il si des gens qui n'ont pas été exposés à la drogue ingéraient l'antidote ?"

Le Dr Klein haussa les épaules. "Rien. C'est, ce qui est curieux dans ces deux formules. Elles sont tout à fait inoffensives. Elles semblent affecter la chimie du cerveau mais rien d'autre dans l'organisme, elles sont à peine visibles dans le sang. Et elles disparaissent sans effets secondaires. Surprenant, vraiment. Le type qui a fait ça est un génie. Dommage qu'il se soit fait sauter, utilisée à bon escient, cette drogue pourrait vraiment être très précieuse au corps médical." Klein sortit de sa réflexion. "Oh, mais pour répondre à votre question, il n'y a aucun danger à exposer les personnes non-affectées à l'antidote."

"Bien." Clark sourit et se tourna vers la porte, plaçant la fiole dans la poche de son manteau. "J'espère que vous avez apporté un parapluie, Dr Klein. Il va y avoir un autre orage !"

"Clark, attendez, une autre question ?"

Clark avait presque le vertige en se retournant. Il avait été tellement inquiet cette semaine... mais maintenant il reprenait espoir. "Oui, Super Savant ?" demanda-t-il à demi sérieusement.

Klein regarda d'un air désespéré les boutons éparpillés sur le sol du labo. "Comment arrivez-vous à vous changer aussi vite sans perdre un seul de vos boutons ?"

Clark sourit et mit un doigt devant sa bouche. "C'est un super secret." Et sur ce, il disparut.

Klein s'agenouilla en souriant et commença à chercher ses boutons, marmonnant sur le manque de coopération des super héros avec leurs supers secrets.

Lois grimaça quand le bandit qui l'avait attrapée lui attacha les bras au dos d'une chaise. "Vous n'allez pas vous en tirer comme ça." lui lança-t-elle.

Les deux scientifiques devant elle se contentèrent de sourire et firent signe au garde de poursuivre sa tâche. "Allez, allez, Madame, ne pensez vous pas que ça fait un peu cliché ?"

Quand ils se retournèrent et reprirent leur expérience, Lois regarda dans la pièce. Dans un coin sombre, elle remarqua deux femmes sur des lits de camp, couchées sur le côté, les yeux fermés.

Lois soupira. "Que leur avez-vous fait ??" demanda-t-elle.

L'un des chercheurs la regarda et leva les yeux au ciel. "Elles sont juste endormies. Bon sang, vous nous prenez pour des monstres ? "marmonna-t-il. "Tuer des femmes enceintes… Seigneur."

Lois hocha la tête. Elle avait l'impression d'être dans un mauvais rêve. "Alors que faites-vous avec elles ? Pourquoi les avez-vous enlevées et amenées ici ? Elles ont des familles qui s'inquiètent pour elles !"

Le deuxième hommes soupira. "Parce qu'on a besoin de sujets d'expériences, bien sûr. Une femme enceinte a plus œstrogène, si bien qu'elle réagit davantage à la drogue. On peut faire avancer le dossier plus vite. Et notre patron veut des résultats rapides. De plus, nous avons pu établir que la drogue est sans danger pour l'enfant. Le Contrôle Pharmaceutique ne nous laissera jamais faire des expériences sur des femmes enceintes !"

Les pensées de Lois se bousculaient tandis qu'elle essayait de se remémorer tout ce que Clark lui avait dit sur Trycos et sur l'explosion. "Est-ce que c'est là-dessus que travaillait Walter Smith quand il est mort ?" demanda-t-elle.

Les hommes arrêtèrent ce qu'ils faisaient. "Comment êtes-vous au courant de ça ?"

"Il ne faudra pas longtemps avant que tout le monde soit au courant? L'une de vos précédentes victimes est probablement en train de parler à la police ce moment.

Les deux hommes pouffèrent. "Quelle précédente victime ? Vous êtes toutes ici."

Ce fut au tour de Lois de lever les yeux au ciel. Comment avait-elle pu penser que ces deux hommes étaient le 'gratin' des mercenaires scientifiques ? "Celle qui s'est échappée hier soir ?" répondit-elle, leur parlant comme s'ils avaient cinq ans.

Les hommes la regardèrent, puis se précipitèrent vers une porte fermée. "Où est Karen ??" se demandèrent-ils.

"Je croyais que tu avais dit que tu la mettais derrière pour dormir ?"

"Non, je croyais que tu avais dit qu'elle était derrière !!"

Lois les regarda tandis qu'ils couraient vers le téléphone.

Clark bondit tout excité dans la salle de rédaction du Daily Planet. Il appela Jimmy en passant devant son bureau, demandant au jeune homme de le rejoindre dans le bureau de Perry.

Clark leur expliqua rapidement tout ce que lui avait dit le Dr Klein. Perry et Jimmy étaient soulagés et commencèrent à élaborer avec excitation des plans pour informer le public de ce qui se passait. Il restait juste assez de temps pour publier un article en première page pour l'édition du soir. Et quoique Perry déteste perdre un scoop, il convint, dans ce cas précis, qu'alerter les télévisions et radios locales, serait dans les l'intérêt de la communauté.

Satisfait que l'article soit en bonne voie, Clark se dirigea vers la sortie, pour 'chercher' Superman.

Superman s'ébranla dans le ciel de Métropolis, pivotant et tourbillonnant pour amener les nuages au-dessus de la ville. Ouvrant la fiole, il se servit de son super souffle pour diffuser l'antidote et déclencher la pluie.

Clark revint au Daily Planet et constata que Perry et Jimmy avaient répandu efficacement la nouvelle Chaque journal de télévision diffusait l'article et les directs montraient des gens en pousser d'autres sous la pluie.

Clark attrapa le bras de Jimmy au moment où le jeune homme se dirigeait vers l'ascenseur.

"Jimmy, où vas-tu ?"

"A la maison, CK ! Penny vient d'appeler. Elle a vu les infos et elle est sous la pluie. Elle veut que je rentre !"

Clark se mit à rire et tapa sur le dos de Jimmy. "C'est formidable, Jimmy. Passe une bonne nuit. Dis-moi, dans quelle salle de conférence Lois se cache-t-elle aujourd'hui ? J'ai prévu de la sortir et laisser la pluie faire sa magie."

Jimmy fronça les sourcils. "Mon Dieu, Clark, je ne l'ai pas vue. Je crois même qu'elle n'est pas revenue depuis qu'elle a appelé ce matin."

Le sourire de Clark s'évanouit. "Elle quoi ? Où est-elle ?"

"Je n'en sais rien. Elle a appelé ce matin et m'a demandé des renseignements sur les entrepôts de Hobbs Bay." Jimmy écarquilla les yeux. "Je l'avais oublié jusqu'à maintenant. J'étais à moitié endormi ce matin quand elle a appelé. Elle voulait savoir si Trycos avait des entrepôts à Hobbs Bay. J'ai supposé qu'elle travaillait avec vous sur ce qu'on a trouvé hier soir. Je lui ai donné une adresse et elle a raccroché. Je suis vraiment désolé, Clark."

"Jimmy, donne-moi cette adresse."

Alors que les deux hommes se précipitaient vers le bureau de Jimmy, Clark se souvint des enlèvements sur lesquels Lois écrivait. S'il y avait un rapport entre eux et Trycos… Son cœur se serra à la pensée que Lois pouvait être leur prochaine victime.

"Tenez, Clark. Celle-ci, juste là."

"Jimmy, appelle l'inspecteur Henderson. Dis-lui ce que nous avons trouvé et donne-lui cette adresse. Dis-lui de me retrouver là-bas. Je pars à la recherche de Superman.

Le temps que Jimmy prenne le téléphone, Clark avait déjà passé la porte.

Lois sursauta quand la porte du laboratoire s'ouvrit. Un homme très agité entra, vêtu d'un costume hors de prix. Les yeux de Lois s'écarquillèrent. Charles Reese, le président et propriétaire des Entreprises Trycos. Elle l'avait rencontré plusieurs fois pour des raisons différentes, c'était l'un des hommes les plus riches de la ville. Et maintenant, il semblait qu'il était aussi l'un des plus dangereux.

L'homme regarda la pièce les yeux grands ouverts, évaluant la situation.

"Espèces d'idiots !!" hurla-t-il à ses subalternes. "A quoi pensiez-vous, en laisser cette femme s'échapper ??"

Les deux hommes tremblèrent devant son regard furieux. "On est désolés, M. Reese. Je suppose qu'on était si absorbés dans nos recherches qu'on a oublié de surveiller les sujets. On n'est pas très habitués à travailler sur des patients non-consentants."

"Pourquoi ces femmes ne sont-elles pas attachées ?" aboya Reese, remarquant les deux femmes toujours endormies sur les lits de camp.

Le premier savant cligna des yeux. "On les a gardées sous sédatifs. Pourquoi les attacher alors qu'elles dorment ?"

"Parce qu'elles peuvent se réveiller et S'ÉCHAPPER !" rugit l'homme. "Peu importe, je m'occuperai de vous plus tard," continua-t-il menaçant. "On file. La police ne va pas tarder à arriver. On est trop prêts pour abandonner maintenant. Ramassez tout et montez dans la voiture. On ne doit laisser aucun indice derrière nous."

Les hommes se précipitèrent pour ramasser leurs notes et leurs tubes à essai. "Qu'est-ce qu'on va faire des femmes, patron ?" demanda l'un d'eux. "Juste les laisser à la police ?"

Reese regarda le jeune scientifique comme s'il lui poussait une seconde tête. "Non, espèce de débile. Quand je dis qu'on ne laisse aucune preuve…" Il tira un revolver de sa ceinture. "Je veux dire on ne laisse aucune preuve."

Pour la première fois, il posa son regard sur Lois qui était assise silencieusement dans le coin, essayant de se libérer de ses liens. "Et, bien mais qu'est-ce qu'on a ici… Lois Lane ! Alors c'est vous la femme qu'ils ont trouvée à fureter dans l'entrepôt. Eh bien vous serez la première à mourir. Alors, désolé, ma chère."

Du fond de la pièce, il leva le revolver vers elle.

Lois tressaillit et ferma les yeux, attendant la fin.

Elle pensa à appeler Superman, mais l'idée lui sembla extrêmement désagréable pour une quelconque raison. Est-ce que ça pouvait venir de cette drogue dont Clark lui avait parlé ? Est-ce que ça altérait vraiment ses réactions ? Elle s'était déjà trouvée dans ce genre de situation désastreuse et savait qu'elle était supposée avoir peur. Pourtant, cette fois… elle se sentait…eh bien… presque calme.

'Peut-être devrais-je combattre mon inclination naturelle et appeler quand même le grand boy scout' pensa-t-elle.

Lois n'eut pas besoin de réfléchir longtemps. Les yeux fermés, elle entendit armer de chien et le bruit du coup de feu. Elle entendit un fracas sonore, beaucoup de hurlements et puis… plus rien.

'Eh bien, ça ne m'a pas fait si mal' pensa-t-elle, presque ennuyée. 'Mince, je n'ai rien senti. Toutes ces fois où j'ai eu peur qu'on me tire dessus et c'était ça ?!"

Lois ouvrit les yeux et découvrit un Superman très inquiet debout devant elle, une balle dans la main. Les quatre hommes étaient par terre, inconscients.

Superman passa derrière la chaise de Lois et déchira les liens de ses poignets. "Tu vas bien ?" dit-il en soupirant.

Lois pinça les lèvres. "Il t'en a fallu du temps," lança-t-elle.

Il leva les yeux au ciel et rit jaune, puis il se tourna vers les officiers de police qui venaient d'envahir la pièce.

"Messieurs, ces quatre hommes doivent être placés en état d'arrestation. Ces femmes ne sont pas blessées, on dirait qu'elles sont sous sédatif. Demandez aux ambulanciers de s'occuper d'elles et conduisez les à l'Hôpital Général. J'ai déjà prévenu les médecins de la façon d'administrer l'antidote."

Superman regarda Lois qui était debout devant lui les mains sur les hanches, le regardant d'un air de défi.

"Allez, Lois, c'est l'heure de voler."

Comme il la soulevait dans ses bras, Lois se débattit. "Hé, pose-moi par terre !"

Sans attendre le reste de ses protestations, Clark s'envola à l'extérieur de l'entrepôt et pénétra dans les nuages.

"Espèce de pauvre type !" hurla Lois en le frappant. "Je vais être toute trempée. Laisse moi partir !!"

Clark la tint serrée. Les souvenirs de Wanda Detroit et Lex Luthor lui revenaient en mémoire, lui brisant le cœur, mais renforçant sa résolution. Il ne laisserait pas tomber comme il l'avait fait alors. Ça avait été la plus grosse erreur de sa vie de la laisser avec Lex Luthor ce soir là et il ne se le pardonnerait jamais si cela se reproduisait. Volant droit vers les nuages, il relâcha les jambes de Lois et la serra contre lui. "Non, chérie, pas cette fois…. Je ne te laisserai plus jamais t'en aller." dit-il avec émotion.

La résistance de Lois se faisait moins insistante à mesure que la pluie tombait sur eux. Les gouttes de pluie inondaient leurs visages et leur tombaient dans la bouche.

Cela lui parut une éternité avant que Lois ne se relâche dans ses bras et Clark la berça contre lui, enroulant sa cape autour d'elle pour la réchauffer. "Lois, ma Lois," murmurait-il dans ses cheveux, la serrant contre lui.

"Clark ?" marmonna-t-elle.

Il recula sa tête pour la regarder dans les yeux avec crainte. Est-ce que ça avait marché ? Est-ce que l'antidote avait fait son effet ?

Lois entoura ses bras autour de son cou et le serra très fort. "Oh, mon Dieu, Clark… que m'est-il arrivé ?"

"Ça va, chérie… ça va?" soupira-t-il. "Tout va bien se passer."

Clark Kent embrassa sa femme pour la première fois depuis des jours, exprimant toute la joie qu'il ressentait de la retrouver saine et sauve.

Elle l'embrassa à son tour avec autant de passion.

Dernier Acte

Baillant, mais heureux, Jimmy entra tranquillement dans la salle de rédaction le lendemain matin.

"Olsen ! Merci de te joindre à nous ce matin !" Le voix retentissante de Perry le catapulta de ses rêves charmants à la réalité d'un jour de travail au Daily Planet.

"Désolé, Chef. J'me suis pas réveillé."

Un sourire s'étalait sur le visage du jeune homme faisant dresser les sourcils de Perry.

Nerveusement, Jimmy poursuivit, se pressant de donner des explications. "Vous voyez, Penny est venue hier soir… eh, eh bien, la formule a marché et nous sommes restés éveillés assez tard à… parler…" Jimmy rougit terriblement. "Ça n'arrivera plus, je le jure."

"Ça va, fiston," dit Perry amusé. "As-tu vu les gros titres de la nuit dernière ?"

"Non, j'ai pas eu le temps…"

Perry tendit à Jimmy un exemplaire du journal.

" 'Chantons Sous La Pluie'… hé, vous vous êtes servi de mon idée pour un gros titre." Puis Jimmy y regarda à deux fois. "Par Perry White… et James Olsen ?? Chef ?!"

"Tu l'as mérité Jimmy. Tu as fait du bon travail cette semaine avec cet article. Ce sont tes informations qui ont permis de faire tomber Les Entreprises Trycos et Carter Reese. Clark m'a dit qu'il n'aurait rien pu faire sans toi. Je suis vraiment fier de toi, fiston."

"Oh, mon vieux ! Oh, mon vieux, j'arrive pas à y croire ! Et à la Une ! Il faut que je le dise à Penny !"

Perry attrapa Jimmy par le col au moment où le jeune homme se précipitait vers l'ascenseur.

"Plus tard, Dom Juan. Pour l'instant tu as du travail."

Jimmy prit un air penaud. "J'y vais, Chef." Il jeta un œil dans la salle de rédaction. "Où sont Lois et Clark ? Je sais qu'ils sont revenus ici hier soir pour écrire l'article de ce matin. Je parie que Clark est content que Superman ait emmené Lois voler sous la pluie."

"A mon avis ils … ne se sont pas réveillés." dit Perry avec un clin d'œil.

"Oh… OH !" dit Jimmy en éclatant de rire.

Lois s'éveilla doucement et étira ses muscles fatigués. Elle sentit un petit coup à l'intérieur de son ventre proéminent et posa doucement sa main pour le caresser avec tendresse. A sa surprise, une autre main se trouvait déjà là.

En souriant, elle posa sa main sur celle de son mari et ensemble et se mirent à rire doucement tandis que le bébé sautait un peu, puis recommençait.

"Je pense qu'il a le hoquet," murmura Lois en souriant. "Est-ce que les bébés ne peuvent pas l'avoir ?"

"Je n'en sais rien," murmura Clark. Ils se tournèrent face à face.

"Bonjour," dit-il, lui donnant un doux baiser.

"Bonjour, toi aussi," murmura-t-elle.

Clark se mit sur le dos, Lois collée contre lui, la tête posée sur son épaule.

"Quelle semaine," dit Clark en hochant la tête.

Lois serra ses bras autour de lui. "Je suis tellement désolée, Clark, pour toutes ces choses que je t'ai dites. C'était un sentiment vraiment étrange. Je n'arrive pas à me souvenir de tout ce que je pensais et de tout ce que je ressentais mais en même temps, c'était comme si ce n'était pas moi. C'était comme si je me regardais dans un rêve et que je ne pouvais contrôler ce que je ressentais."

"Ce n'est pas ta faute, chérie. Je le sais." Après un instant, Clark eut un petit rire. "Au moins, je sais quelles sont les choses que tu préfères. Tu as rejeté trois choses -- moi, Perry… et la glace !"

Ils se mirent tous deux à rire, s'amusant de la plaisanterie.

"Oh, au fait, j'ai appelé l'hôpital ce matin." ajouta Clark. "Karen et Adam Martin sont les heureux parents d'une jolie petite fille. Elle est née hier soir. Karen a eu des contractions après que les effets de la drogue se soient dissipés. La maman et le bébé se portent bien."

Dans les bras de Clark, ils sentaient leur bébé bouger doucement. Lois descendit sa main pour caresser son ventre. "Je suis si heureuse pour eux. Et pour nous… Je ne sais pas ce que je ferais si quelque chose arrivait à notre bébé. Bien que je ne ressentais pas vraiment ça cette semaine. Je l'ai pratiquement ignoré ! Il aurait pu bouger et je n'y aurais même pas pris garde," dit-elle d'un air sombre. Soudain Lois s'assit, anxieuse. "Clark ? Est-ce que tu crois que ça veut dire que je n'aime pas le bébé ?"

Clark la recoucha doucement. "Non ! Non, pas du tout," la rassura-t-il. "La drogue n'a pas affecté cette partie de ton cerveau, c'est tout. Peut-être que le bébé est rangé dans un endroit différent. Après tout, tu n'as pas rejeté ton métier de journaliste et je sais combien tu l'aimes."

"Eh bien, j'aime le bébé… et je t'aime," attesta Lois.

"Chérie, je n'en ai jamais douté."

Lois redressa la tête et le regarda dans les yeux tandis qu'il se penchait sur ses lèvres.

Leur baiser se prolongea.

 

FIN

 

Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)