Whisky à gogo PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 2
MauvaisTrès bien 

Saison 5, Episode 9

par Dom Melaragni

Édité par Laurie

Caméra Jo McBride

Version française de


Ttraduction Hypérion

 

 


INTRO

La vapeur s'éleva quand Lois émergea de la salle de bains, le corps ruisselant enveloppé d'une serviette. Elle regarda Clark en dressant les sourcils tandis qu'il se retournait.

"Fermer l'eau de la douche n'était pas nécessaire !"

"Lois tu es là dedans depuis des heures ! Et je ne n'allais pas entrer et te faire sortir cette fois, pas alors que nous sommes déjà en retard."

Lois fit la moue. "Raté ! Il faudra que je trouve une nouvelle tactique alors… et pourquoi allons nous être en retard." demanda-t-elle tandis que Clark se dirigeait vers la salle de bains. Ses yeux se posèrent sur une petite boite écossaise posée sur le lit. "Qu'est-ce que c'est ?"

Elle la prit et la secoua. N'entendant rien d'autre qu'un indescriptible petit bruit, elle l'ouvrit et en sortit une bande de tissu écossais rouge.

Clark sortit de la salle de bains et se sécha avec une serviette à toute vitesse.

"Je savais que tu allais oublier. C'est la Nuit de St Andrews et on est supposés se rendre à l'ouverture de ce nouveau bar écossais, Tam O'Shanter's, sur Main Street. Et si on ne se dépêche pas on va rater le Discours du Haggis."

"Ah… le discours du quoi ?"

"Du haggis. C'est une tradition. Burns a écrit un poème humoristique disant que le haggis est aussi important en Écosse que les chefs de clans ? Alors ils font le discours du haggis avant de le manger."

"Ah, au sujet de manger ce haggis… um, ce n'est pas fait avec de la panse de brebis, des entrailles et des tas de trucs ? Je ne crois pas que j'ai envie de manger ça."

"L'invitation dit que c'est une authentique soirée écossaise, peut-être qu'ils auront du véritable haggis. Ne t'en fais pas, d'ordinaire, ils enlèvent les os avant de hacher le mélange pour farcir la panse de la brebis. C'est au moins ce que m'a dit un boucher lorsque j'ai fait le tour de l'Écosse quand j'étais jeune."

"Lois s'assit sur le lit les bras croisés. "Je ne mangerai certainement pas ça. Ils auront bien quelque chose d'autre comme du saumon écossais ou du bœuf, n'est-ce pas ?" demanda-t-elle pleine d'espoir.

Clark hocha tristement la tête . "J'en doute. L'invitation disait un dîner haggis." Il se retourna vers son placard, incapable de se retenir de rire.

Lois fronça les sourcils. "Bien, prépare toi à rentrer à la maison par la pizzeria de nuit."

"Vas-tu te préparer, maintenant ?" Clark arrêta de rire et la regarda. Devant son regard interrogateur à la vue l'écharpe écossaise, il poursuivit. L'invitation disait de porter quelque chose d'écossais et j'ai pensé que ça t'irait bien."

"Je suis sûre qu'elle ne disait pas qu'il s'agissait d'une soirée costumée." Lois agita l'écharpe avec exaspération. "Et je n'avais pas exactement oublié… Je n'avais pas réalisé que c'était ce soir. Alors qu'est-ce que tu vas porter ?" Lois se glissa jusqu'à lui et le prit au lasso avec l'écharpe. Tirant sa tête vers elle et se mit à rire lascivement contre ses lèvres. "Un kilt ?"

Clark lui donna un petit baiser. "Non, mon smoking."

"Mais tu as dit qu'il fallait mettre quelque chose d'écossais."

"Je vais le faire. J'ai une ceinture et un nœud papillon écossais." S'étonnant de l'air déçu de Lois, il se tourna vers son placard et poursuivit. "Je pense que personne ne portera un kilt ce soir et pourquoi…" Sa voix se perdit quand il entendit la serviette de Lois tomber par terre et il fit involontairement un pas vers elle, son visage reflétant le désir.

Lois qui ajustait ses sous-vêtements de dentelle noire se mit à rire. "Clark Kent ! Dépêche toi aussi de te préparer sinon on aura de la chance d'arriver à l'heure pour un dernier verre de whisky !"

Lois et Clark s'assirent à la grande table. Clark se pencha pour accrocher le petit bouquet de bruyère laissé à sa place, à la robe de Lois. Au moment où il se redressait, un homme imposant aux cheveux d'un roux flamboyant posa une mignonnette de whisky sur la table. "Jack MacPherson." se présenta-t-il. Ouvrant une grande bouteille de whisky, il en offrit une dose à Clark.

"Prenez en une petite goutte. C'est bon pour ce que vous avez. C'est spécialement mélangé pour le "Tan O'Shanter's. Jusqu'à ce soir, seul le distillateur, Joe…," il fit un geste en direction d'un homme aux cheveux bruns, à qui un groupe d'hommes de l'autre côté de la salle portaient un toast, "…et moi-même l'avons essayé. Il est arrivé il y a trois jours et c'est un vrai nectar. On en boit un petit coup tous les soirs.

Au moment ou Clark prenait une gorgée, le son des cornemuses s'éleva. Jack cria à tout le monde de se lever pour l'arrivée du haggis. Un homme en costume écossais entra, tenant devant lui, avec déférence, un plateau d'argent, tandis que le joueur de cornemuse ataquait, saluant l'entrée du haggis. En posant le plateau de haggis sur la table il prit la parole.

"… yer sonsie face, great chieftain o' the puddin' race." Lois regarda autour d'elle et remarqua que la plupart des Métropolitains avaient l'air aussi perplexes qu'elle. Soudain, l'homme qui continuait de déclamer son poème sortit un couteau de sa chaussette. Lois se rassit, un peu choquée quand il le plongea dans le haggis et le trancha, tandis que Jack conduisait la salle sous un tonnerre d'applaudissements.

Lois se tourna vers Clark. "Je sais que tu peux commander à dîner en 347 langages mais je refuse de croire que celui-là est l'un d'entre eux."

Clark éclata de rire. "Non, il n'en fait pas partie !" Quoique j'ai compris l'essentiel !"

"Et ils portent des couteaux dans leurs chaussettes ? N'est-ce pas dangereux ?"

"On appelle ça un 'skean dhu'. Ça veux dire poignard caché en gaélique. Jadis, les hommes avaient l'habitude de laisser leurs armes à la porte du château. Pour ne par rester désarmés, ils portaient un poignard rentrer dans un fourreau décoré enfoncé dans leurs chaussettes."

"Ah, je vois. Et maintenant voilà ma part de haggis..."

"Haggis, Neeps et Tatties." dit Jack MacPherson présentant à chacun d'eux une assiette pleine.

"J'ai toujours voulu aller en Écosse mais rappelle-moi de ne pas le faire. Je n'arriverai jamais à comprendre de quoi ils parlent ! Neeps et tatties ?"

"Les Neeps sont des navets en purée et les Tatties sont les pommes de terre, ma p'tite." Jack se tourna à nouveau vers elle. "Vous n'avez jamais mangé de haggis avant ?"

Lois tourna sa fourchette dans le haggis avec précaution. "Non, j'ai tendance à préférer identifier ce que je mange."

Clark, bredouilla. Lois se tourna vers lui. "Je peux d'ordinaire identifier au moins ce que je mets dans ma cuisine, même si personne d'autre ne peut le faire."

Jack se pencha d'un air conspirateur. "Z'inquiétez, ma p'tite. On peut pas trouver du vrai haggis à Métropolis alors vous devrez vous arranger avec ce qui passe pour être du haggis moderne. C'est juste de l'agneau et des céréales mélangés à quelques épices." Il fit un clin d'œil à Clark qui acquiesça et repartit chercher d'autres assiettes.

"Je suppose qu'il n'y a ni panse de brebis ni entrailles là-dedans ?" Lois regarda Clark en dressant un sourcil. "Tu l'as toujours su ! "Je devrais… Je devrais…"

Clark la regarda, l'air exagérément inquiet. "Tu devrais…?"

En voyant son expression, Lois ricana et lui donna une claque sur le bras. "Je devrais tout de même te faire arrêter à la pizzeria en rentrant à la maison.

En soupirant, Jack MacPherson referma la porte derrière les derniers invités et retourna dans l'obscurité du bar. Une silhouette indistincte versa un autre whisky dans un grand verre. Jack se planta au bar. Prenant le verre, il le porta à ses lèvres. "Santé !" il hocha la tête vers la silhouette avant de s'écrouler sur le sol…

Un porte-documents tomba par terre à côté du bureau quand Lois s'écroula sur sa chaise en grognant, les yeux fermés. Clark arriva derrière elle avec deux tasses de café. "Ça peut t'aider ?"

"J'arrive pas à croire que je suis aussi fatiguée. Je crois qu'avoir dansé toute la nuit m'a épuisé et je suis sûre que je vais avoir des bleus sur les bras là où Jack me tenait quand il m'a fait tourner pendant ce truc … qu'est-ce que c'était ? Quelque chose qui parlait d'arbres ?"

"Décaper le Saule" dit Clark. "Tu es sûre que ce n'est pas ce décapage qui t'a épuisée ? Il lui sourit malicieusement.

Lois rougit un peu et lui donna une petite claque sur la poitrine. Sa réplique mourut sur ses lèvres quand Jimmy bondit sur le couple. "Eh, les amis, vous avez entendu les nouvelles ?"

Comme ils le regardaient d'un air interrogateur, il poursuivit enthousiaste. "Vous savez, ce nouveau bar qui a ouvert hier soir sur Main Street ? Eh bien, on a trouvé deux cadavres là-bas, ce matin !"

"Quoi ! le Tam O'Shanter's ! On y était hier soir !"

"Ouais ! Les deux corps ont été identifiés comme étant…," Jimmy tourna les pages de la pile de papiers qu'il transportait. "…Jack MacPherson et Joe McBride. Il n'y a aucun indice de lutte ou d'entrée avec effraction…. Lois, où allez-vous ?"

"Dis à Perry qu'on s'en occupe !" cria Lois par-dessus son épaule en attrapant Clark et en se dirigeant vers l'ascenseur.

Jonathan s'essuya les mains sur son jean en entrant par la porte arrière de la ferme. Il huma d'un air approbateur les arômes provenant de la cuisine avant de regarder étonné la vaste quantité de nourriture empilée sur tout ce qui ressemblait à un endroit disponible.

"Eh chéri," appela Martha. Elle s'approcha pour lui donner un petit baiser sur la joue avant de retourner à la pâte étendue sur le plan de marbre. "As-tu ramené les patates douces ?"

Jonathan leva un sac. "J'ai pensé à prendre quelques provisions supplémentaires au cas où tu n'en aurais pas assez. On a l'impression que tu pourrais nourrir le Mayflower tout entier pour Thanksgiving avec tout ça. Il indiqua le banc à côté de la fenêtre sur lequel étaient posés plusieurs gâteaux et tartes aux fruits. "Je sais que Clark est capable d'avaler tout ça mais il y aura seulement Lois et lui."

"Ah… Je voulais te parler de ça." Martha semblait presque culpabiliser. "Lois a appelé hier. Ses parents essayaient de faire un véritable Thanksgiving chez Ellen…" Jonathan hocha la tête. "Ah, et alors Clark et Lois vont aller chez Ellen et puis ils voleront jusque chez nous ? Mais est-ce que ça ne veut pas dire que tu auras besoin d'un peu moins de nourriture ?"

"Pas exactement. Lucy a téléphoné et a dit qu'elle ne pouvait pas venir alors Ellen s'est invitée avec Sam pour aller chez Clark et Lois. Lois était si contrariée d'avoir à décevoir l'un d'entre nous que je lui ai dit que ses parents n'avaient qu'à se joindre à nous… Je ne crois pas qu'Ellen fasse une très bonne tarte aux potirons de toutes manières et c'est pour ça que j'ai besoin de plus de provisions. Je lui ai dit que je verrai avec toi mais Lois avait l'air si soulagée et ce sera sympathique."

Jonathan, hocha la tête. "Bien sûr, ça ne me dérange pas mais que se passera-t-il s'ils voient Clark faire quelque chose ? Ou s'il y a une urgence et qu'il est obligé de partir au moment de découper la dinde ?"

Martha se mit à rire. "Je crois que tu t'inquiètes pour rien. De plus, si quelque chose arrive, eh bien, on le couvrira. Comme on l'a toujours fait. Maintenant pose ces patates dans le garde-manger et laisse-moi en terminer avec cette pâte avant qu'elle ne sèche."

Jonathan partit vers le garde-manger mais la voix de Martha le suivit. "Et repose moi ça !" Jonathan reposa d'un air coupable les gâteaux qu'il avait mis dans sa poche en sortant de la cuisine, se demandant comment Martha arrivait toujours à l'attraper.

Lois aperçut un visage familier au moment où elle et Clark passaient le barrage de police autour du Tan O'Shanter's.

"Inspecteur Henderson !" appela-t-elle.

L'inspecteur Henderson se retourna. "Lois, Clark, on allait venir vous voir plus tard, sachant que vous étiez sur la liste des invités de la nuit dernière."

"Eh bien, peut-être qu'on peut s'entraider." dit Lois gentiment. "Que savez-vous sur Jack MacPherson et Joe McBride ?"

"Pas comme ça, Lois, d'abord vous m'aidez ! Voilà deux photos de Jack et Joe. Est-ce que l'un d'entre vous les a vus hier soir ?"

Lois et Clark regardèrent les photographies. "Jack nous a parlé quand on est arrivés, il nous a offert un whisky et nous a servi notre haggis." dit Clark. "Je n'ai jamais parlé à Joe, en fait."

"J'ai dansé un quadrille avec lui. Il avait l'air bien, peut-être un peu éméché à cause du whisky, mais à part ça il était normal." Ajouta Lois. "Alors, qu'est-ce que vous savez sur eux ? Et qu'est-ce qui les a tués ?"

"Hmm, c'est ce que les autres invités que l'on a pu contacter nous ont dit. OK, MacPherson était un agent secret britannique mais il avait été déchargé avec les honneurs de ses obligations au Service de sa Majesté il y a quelques mois. Il avait toujours désiré vivre à Métropolis alors il s'est servi de ses indemnités de départ à la retraite pour monter le bar. Joe était juste un ami d'enfance qui est venu l'aider à monter l'affaire. Il travaillait comme distillateur. On ne sait pas ce qui les a tués. Il n'y a aucune marque sur les corps et aucun signe de dégâts à l'intérieur du bar. On va faire une autopsie maintenant. On travaille sur l'hypothèse qu'il pourrait s'agir de quelque chose qu'ils ont mangé."

"Et on aura les résultats en premier, Inspecteur ?" demanda Clark.

"Dès que je les aurai."

"Et tu disais que le haggis était parfaitement sans danger, Clark." dit Lois en souriant.

"Eh bien, les autres personnes qui ont mangé du haggis vont bien."

"En réalité," dit Henderson, "une grande partie d'entre eux est mal fichue. Quoique vu la quantité d'alcool que certains ont bu, c'est difficilement surprenant !"

Lois ronchonnait  devant son ordinateur. Joe était inscrit comme distillateur à la distillerie de Glenverary. Le dossier de Jack était classé. Elle devait attendre Clark pour essayer de décoder les mots de passe du système informatique des Services Secrets Britanniques.

"Rien, Lois ? demanda Clark en revenant et en s'asseyant sur son bureau pendant qu'il jetait un œil sur son écran. "Attends, Glenverary ? Ça me dit quelque chose. Est-ce que ce n'est pas de là que venait la mignonnette de whisky ? Là où le mélange spécial de malt de Jack a été fait. ?"

"Oui, mais ça ne nous dis rien. Jack voulait un whisky spécial pour son bar, aussi il est allé voir son meilleur ami, un distillateur, pour qu'il lui fasse le mélange. Ça n'a rien d'étrange. Peut-être qu'il n'y a aucun article là-dessous. On perd peut-être notre temps."

"Clark, l'Inspecteur Henderson, ligne 1." cria Jimmy

"Clark Kent. Quelles sont les nouvelles, Inspecteur ?… euh, euh… vraiment ?"

Lois s'assit, désespérée de ne pas comprendre ce qui se disait mais Clark continuait à la faire taire. Dès qu'il eut raccroché le téléphone, elle bondit. "Eh bien ?"

"L'autopsie a révélé que les deux hommes sont morts d'une overdose de drogue mais la drogue est inconnue. Star Labs dit qu'il semble qu'elle soit  faite d'un ingrédient qui crée une forte dépendance mais ils n'ont aucune idée d'où cet ingrédient provient  . Ils pensent que c'est trop complexe pour être quelque chose de naturel."

"Oui !" s'exclama Lois l'air triomphant, "Je savais qu'il y avait un article là-dessous ! Qu'est-ce qu'il a dit d'autre ?"

Clark leva les yeux au ciel à son regain d'enthousiasme. "Les deux hommes avaient aussi un taux élevé d'alcool dans l'organisme, alors Star Labs a analysé le whisky et a trouvé la drogue à l'intérieur. La drogue crée une telle dépendance que la police a averti les personnes ayant pris plus d'un verre d'aller chez leur médecin car elles auront besoin d'aide quand les effets vont disparaître aujourd'hui."

Lois pâlit. "Mais tu en as pris !"

"Oui, mais seulement un verre et je doute que ça ait provoqué une réaction sur mon organisme. Après tout, ça ne m'a même pas fait tourné la tête. Le médecin légiste pense qu'ils ont tellement bu le mélange spécial qu'ils ont simplement fait une overdose de drogue. Alors maintenant, tout ce que nous avons à trouver c'est…"

"…comment la drogue est arrivée dans le whisky." termina-t-elle. Je me demande si la drogue porte sur la livraison de tout Métropolis où seulement sur les quelques bouteilles qu'a bu Jack.

"Star Labs est encore en train de les examiner. Henderson m'a dit qu'il a demandé au Dr Klein de nous faire connaître les résultats dés qu'ils auront été donnés à la police."

"Et qui a mis la drogue dans le whisky ? J'aurais tendance à croire que la cible devait être Jack. Que pouvait-il savoir qui vaille la peine qu'on le tue ?" demanda Lois.

"Je ne sais pas mais, étant dans les Services Secrets, il s'est probablement fait un bon nombre d'ennemis." Clark fut interrompu par le téléphone sur le bureau de Lois.

"Lois Lane, Daily Planet… Oh, Dr Klein, tout le whisky est empoisonné. Et les mignonnettes ? … Je vois et… vraiment… Merci-- on vous tiendra au courant." Elle reposa le téléphone, une lueur dans les yeux. "Clark !… Le Dr Klein dit que tout le whisky est empoisonné, même les mignonnettes. Il a été mis en bouteille en Écosse, alors il doit s'agir d'un sabotage international quelque part dans la filière. Jack devait savoir quelque chose de très important pour qu'il soit utile de mettre en péril non seulement sa vie mais celle de tout le monde à Métropolis." Sa voix s'estompa, "Et qui pourrait être assez désespéré pour essayer ça ?"

Clark s'assombrit. "C'est ce que nous devons découvrir."

Perry donna un coup de poing sur le bureau. "Espionnage international ? Drogues inconnues ? J'adore ça. Maintenant trouvez le lien et ce sera la Une ! Allez faire vos bagages !"

"Nos bagages ?" Clark regarda Lois d'un air perplexe. Elle haussa les épaules.

"Oui, vos bagages ! Si les drogues sont fabriquées et ajoutées en Écosse alors vous allez devoir tous les deux vous rendre là-bas pour faire cet article."

"En Écosse ?"

"Oh et faites attention quand vous y serez. Si vous-vous attirez des ennuis, je doute que Superman puisse arriver là-bas aussi vite que d'habitude."

"Vous avez probablement raison, Chef, mais vous êtes sérieux ? On va en Écosse ?" demanda Lois, "Et les frais de voyage ?"

"Les frais n'ont aucune importance si cette histoire se termine par une information internationale. Pourquoi ne voulez-vous pas y aller ? Je sais que c'est bientôt Thanksgiving et que ça ne se fête pas en Écosse. Vous ne voulez pas qu'un gratte-papier de second ordre du Tartan Tabloïd fasse cet article avant vous ?" conclut-il d'un air innocent.

Lois et Clark se plièrent devant l'inévitable et quittèrent le bureau. "J'attendais avec impatience de passer un Thanksgiving agréable à Smallville avec ta mère et sa tarte aux potirons," murmura Lois. "Et on venait d'inviter mes parents. Il faut leur dire que c'est annulé. Je ne voudrais pas les savoir avec Martha et Jonathan sans qu'on soit là-bas."

"Je suis sûr qu'Ellen et Sam comprendront. Maman et Papa attendaient eux aussi avec impatience une grande réunion de famille pour Thanksgiving. Si on arrive à résoudre cette affaire assez vite, on pourra revenir pour la fin des vacances et Perry nous devra bien quelque chose."

"Il nous devra surtout des vacances." Lois fit la moue avant le lancer une dernière protestation. "Mais il fait froid et humide en Écosse."

"Oui, mais l'Écosse à des châteaux hôtels isolés avec des lits à baldaquin et des cheminées avec de belles flambées.

Lois sourit, "et peut-être un prix pour un article… Je crois que Thanksgiving devra attendre."

Lois frissonna quand elle et Clark se retrouvèrent sur le quai de la gare de Prestwick Airport. "Redis le moi encore ! Pourquoi est-ce qu'on est venu en Écosse ?"

"Parce que Perry nous a quasiment balancés dans l'avion et parce ce que si nous découvrons qui se trouve derrière ce que la Brigade des Stupéfiants appelle maintenant 'la drogue la plus dangereuse qui existe', on pourrait être sur les rangs dans la course à ce Pulitzer pour lequel tu as gardé une place à côté des Kerth." répondit Clark patiemment.

"Ah, oui mais rappelle-moi… pourquoi ne pouvions nous pas prendre une voiture pour aller à l'hôtel plutôt que d'avoir à se geler à attendre un train pour nous conduire à Glasgow ?"

"Parce que notre voiture est réservée là-bas mais que notre avion a été détourné à cause du brouillard sur l'Aéroport de Glasgow. La compagnie aérienne n'a pas pu nous avoir une voiture mais est parvenue à nous réserver des places dans le train."

Clark regarda Lois. Elle était emmitouflée d'un manteau, d'une écharpe écossaise, d'un chapeau et de gants mais elle grelottait toujours. Il soupçonna que c'était en partie un stratagème pour se faire câliner mais il n'était pas opposé à se laisser manœuvrer de cette façon. Il ouvrit son manteau et l'enveloppa dans ses bras, la recouvrant de son manteau dans la foulée. Elle le regarda et se mit à rire. Elle avait obtenu exactement ce qu'elle attendait. Il sourit, incapable de lui résister. Ses joues étaient rougies par le froid et ses yeux jubilaient du plaisir de l'avoir manipulé. Il lui embrassa le bout du nez et rentra sa tête sous son menton. Elle se pencha sur lui, appréciant de sentir la chaleur de son corps contre le sien. Il resserra ses bras autour d'elle.

Satisfaite de l'effet qu'elle produisait sur lui, elle le regarda encore. "Il y a combien de kilomètres entre Glasgow et l'hôtel ?"

"Trop ! Je suis seulement content d'avoir un long manteau !"

"Eh bien, peut-être que le train est un de ces anciens trains qu'on voit dans les vieux films avec des compartiments séparés et des rideaux aux fenêtres. Et ces longs sièges si jolis comme ça je pourrais me pelotonner près de toi."

"Et espérons que c'est un train très tranquille !"

Lois se mit à rire et leva la tête pour l'embrasser langoureusement. Clark se recula car le train venait d'enter en gare et prit les bagages en poussant un soupir de soulagement

A la grande déception de Lois, le train était non seulement très moderne mais aussi très bondé. Après être parvenus à passer entre les gens se tenant dans l'allée, Lois se mit presque à hurler en voyant leurs places. Ils n'étaient pas l'un à côté de l'autre mais face à face, séparés par une table. Elle ne pouvait pas continuer à torturer Clark comme elle l'aurait voulu ni même se servir de lui comme oreiller comme elle s'y était résignée après avoir vu le train rempli de monde. Les places se trouvaient près de la fenêtre à côté de deux écoliers indifférents portant des Walkmans qui tournaient à plein tube, Lois avait demandé au garçon assis à côté de Clark s'il voulait bien échanger sa place avec elle, mais il avait répondu qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il accepte car cela signifiait qu'il serait obligé de s'asseoir à côté de sa sœur. Sa réponse avait bien fait rire Clark qui dit à Lois de se contenter de s'asseoir. Après tout, ils avaient enfin une place.

Lois regarda par la fenêtre au moment où le train accélérait. "Tu ne peux vraiment pas dire qu'on a une belle vue d'ici, n'est-ce pas ? Le paysage à l'air plutôt plat et c'est assez fade." murmura-t-elle à Clark en se penchant sur la table pour attirer son attention.

Clark se pencha pour lui répondre, il remarqua que Lois avait déboutonné son manteau et que de sa nouvelle positon, il avait une excellente vue sur sa poitrine. "Je ne dirais pas ça." répondit-il en baissant les yeux.

Lois le réprimanda d'un air moqueur. "Vraiment, Monsieur Kent ! Vous me choquez !" Elle se reposa sur son siège en le regardant. L'expression de ses grands yeux bruns était passionnée et admirative et elle se sentit brûler sous son regard. Elle regarda encore par la fenêtre et s'étira pour déconcentrer son corps de l'appel que le regard de Clark lui avait lancé. Alors qu'elle s'étirait, ses jambes frôlèrent celles de Clark sous la table. La table n'était pas large et elle avait serré ses jambes contre le siège pour se réchauffer quand elle était montée dans le train. Elle sentait maintenant une chaleur soudaine comme si ce geste innocent avait marqué sa peau au fer rouge. Peu importe comment elle se tournait ses jambes étaient pressées contre les siennes… Elle commença à frotter lentement son mollet contre celui de Clark tout en le regardant. Il ferma les yeux et parut reprendre ses esprits puis il les rouvrit.

La lente caresse de Lois sur sa jambe avait chamboulé Clark. Il fermait les yeux, remerciant les dieux qu'elle porte des vêtements de voyage et ne puisse pas vraiment délacer ses chaussures et le taquiner davantage. Il eut soudain une idée… Il enleva une de ses chaussures et trouva la cheville de Lois. Il vit ses yeux s'écarquiller quand elle sentit son orteil essayer le relever sa jambe de pantalon. Il tendit sa jambe un peu plus loin, caressant lentement la jambe de Lois aussi loin qu'il le pouvait. Ce faisant, il la regarda. Ses joues se mirent à rougir et sa respiration s'accéléra. Ses yeux le fixaient, bien que semblant parfois regarder au-dessus de lui.

Lois serra les jambes essayant d'ignorer les sensations que provoquaient les caresses de Clark. Clark passa son pied le long de sa jambe et le glissa entre ses mollets juste sous ses genoux. Doucement il le retira avant de recommencer à nouveau. Lois avala sa salive, elle n'arrivait à croire à sa sensualité de sa caresse et comme elle y répondait. Clark continua de passer son pied contre ses jambes jusqu'à ce qu'il réalise, à la rapidité des battements de cœur de Lois, que s'il continuait davantage, ils allaient avoir une audience. Il changea le rythme de ses caresses et en réduisit l'intensité jusqu'à qu'il frôle à peine sa cheville.

La respiration de Lois ralentit. Elle leva les yeux et sourit avant de jeter un œil dans le compartiment. Heureusement, personne ne semblait avoir remarqué ce qui se passait. La fille à côté de Lois qui s'était rendue compte de quelque chose paraissait intéressée par Clark. Lois reconnut le regard d'adoration dans les yeux de la gamine et sourit. 'Eh bien, elle a bon goût.' pensa-t-elle.

Lois était assise au café italien de la gare centrale de Glasgow, buvant son café moka et regardant les gens se presser. La gare était un grand bâtiment de grès de style Victorien avec des entrées immenses et un haut plafond de verre. Lois était surprise de la diversité de personnes qui allaient et venaient dans la gare. Il y avait des gens qui paraissaient être à la dernière mode à la qualité de leurs vêtements et d'autres qui avaient l'air de n'avoir jamais pris un bain. Juste à cet instant, Clark réapparut agitant les clés de la voiture.

"Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu souris ?" demanda-t-il.

"Cet endroit est si accueillant. Les gens n'arrêtent pas de me sourire et me dire bonjour alors je peux difficilement les ignorer. De plus, tu as les clés ce qui signifie que l'on peut aller à notre hôtel ce qui signifie…" Lois baissa la voix et lui donna un petit baiser.

Alors qu'ils quittaient le café, la serveuse leur fit un petit geste et leur cria au revoir. "Qui était-ce ?" demanda Clark.

"Seulement la serveuse qui m'a parlé de Glasgow pendant que tu étais parti. Savais-tu que Macintosh, l'artiste qui a quasiment inventé l'art déco, est né ici ? Elle a dit que le bâtiment opposé au bureau de location de voitures est un bon exemple de son œuvre. Il utilisait beaucoup les carreaux et aimait la lumière naturelle c'est pour cela qu'il intégrait de nombreuses fenêtres dans son travail, en particulier dans ce bâtiment parce que c'est l'École d'Art.

"On dirait que tu as appris beaucoup de choses !" dit Clark, alors qu'ils arrivaient à la voiture.

Lois montra un grand bâtiment. "Ce doit être le bâtiment dont elle parlait. Elle a raison, le grès rouge est si joli. C'est bien plus intéressant que les briques… et en plus tu conduis ?" termina-t-elle en dressant les sourcils.

"J'ai pensé que tu étais peut-être fatiguée après ce voyage en avion et que tu n'avais pas envie de conduire dans une ville pleine de monde et du mauvais côté de la route. De plus, j'ai eu les instructions détaillées sur l'endroit où passe l'autoroute dans le centre ville et comment la prendre, comme ça on pourra aller à l'hôtel qui se trouve de l'autre côté de la ville.

"Alors, c'est très bien. Je ne pense pas avoir vraiment envie d'affronter ces étranges panneaux de signalisation et ces espèces de ronds-points que les Anglais adorent placer au beau milieu de la rue. De plus, si tu connais vraiment la direction de l'hôtel, on y arrivera un peu plus vite et après ce que qui s'est passé dans le train, j'ai bien l'intention de prendre ma revanche."

"J'ai hâte de voir ça."

Il grimpèrent dans le 4x4 Land-Rover. "Elle n'est pas aussi bien équipée que ma Jeep." se plaignit Lois.

Tandis qu'ils roulaient sur une route secondaire bordant un lac, Lois regardait à travers la vitre. "C'est surprenant de voir comme on se retrouve aussi vite en pleine campagne. Glasgow est plus grand que je ne le pensais mais on roule seulement depuis vingt minutes et il n'y a plus aucun signe de la ville."

"C'est probablement parce qu'il n'y a aucun gratte-ciel visible à l'horizon. Et ses collines que nous traversons y sont sûrement pour quelque chose."

Lois ronchonna et décida de prendre sa revanche le plus tôt possible. Levant les yeux vers lui, elle posa la main sur sa cuisse. Clark l'avait observé du coin de l'œil et avait remarqué la petite lueur malicieuse dans ses yeux avant que sa main ne commence son exploration. Il prit sa main dans la sienne et la reposa sur le siège en la tenant fermement.

"Et si on faisait une trêve pendant que je me concentre sur notre destination ?" suggéra-t-il. "Je me demande déjà ce que tu as prévu pour te venger et ça me distrait suffisamment."

Lois fit la moue. "D'accord ! Mais je ne t'accorderai aucune pitié tout à l'heure !"

Clark se mit à rire. "Qui te dit que je vais demander grâce, de toutes façons ? Je suis l'Homme d'Acier."

"Lois le regarda dans les yeux relevant le défi. "D'accord, absolument aucune pitié."

Clark la regarda et se mit à rire puis reporta son attention sur la route. Ils avaient déjà joué à ce petit jeu et il devait reconnaître que ça les amenait généralement vers des soirées intéressantes. Maintenant, Lois regardait à travers la vitre, préparant sans aucun doute sa revanche.

Lois se concentra à regarder la campagne et laissa son esprit se vider. Elle n'avait pas besoin de préparer sa revanche. Elle savait exactement ce qu'elle allait faire. Clark lui toucha le bras dans l'obscurité et lui montra quelque chose à travers la vitre. Lois s'étira et regarda le château illuminé se dressant entre les arbres au-dessus du lac.

"Wow ! C'est magnifique. C'est là qu'on va descendre ?"

"Oui, on y sera d'ici dix minutes. Ce lac que tu peux à peine distinguer est le Loch Lomond. C'est la plus grande étendue d'eau du Royaume-Uni."

"Clark, tu es une véritable encyclopédie ambulante ! Comment sais-tu tout ça ?"

"Mon second prénom est Britannica !… Ouch !" Lois venait de lui donner une petite claque pour sa mauvaise blague. "Non, j'ai passé un été à vagabonder en Europe avant l'Université. J'ai vu une bonne partie de l'Écosse. Les Highlands étaient silencieuses et tranquilles quand j'étais fatigué des grandes villes et que je ne voulais pas voler jusqu'au Kansas pour faire une pause."

Lois regarda le château, incrédule, quand ils garèrent la voiture. "Il est rose bonbon ! Je croyais qu'on ne trouvait des châteaux roses que dans les contes de fées. Mais il n'a pas l'air d'être peint."

"Ce n'est pas de la peinture. C'est du granite rose. C'est l'autre pierre que l'on trouve communément en Écosse. Tu vas voir beaucoup de granite et de grès par ici, quoique la majorité du granite soit gris. Allez viens !"

Marchant dans la forêt, Lois entendait le bruit du vent dans les arbres, sentait la brise agiter ses cheveux et la chaleur du bras de Clark autour de son épaule. Elle sentait l'odeur des pins et la froideur de l'air la revivifiait

"C'était une bonne idée de faire cette balade avant le dîner, Clark. Les parfums sont si frais et l'on peut sentir le froid de l'air."

"Oui, on a l'impression d'être la première personne à le respirer. Quoique les gens qui vivaient dans ce château il y a 600 ans devaient penser exactement la même chose."

"600 ans. Ça inspire tellement de respect. Après tout, l'Amérique n'avait même pas encore été découverte qu'il y avait des gens qui vivaient dans ce château. On va célébrer le tri centenaire de Thanksgiving mais quand les Pèlerins arrivèrent, ce château avait déjà 300 ans. Ça nous rappelle  comme l'histoire de l'Amérique est récente, à moins d'y inclure l'histoire des indiens d'Amérique mais beaucoup de gens ne le font pas." dit Lois songeuse.

Ils arrivèrent au bord du lac et regardèrent l'horizon. La brise était tombée et la surface de l'eau était comme un miroir, reflétant les montagnes et la lune à la perfection.

Lois leva les yeux. "Regarde les étoiles ! Je sais que ce sont les mêmes que celles qu'on voit à Métropolis mais elles ont l'air si immenses ici, comme si elles étaient sur le point de tomber du ciel."

La brise se remit à souffler faisant clapoter l'eau. Clark se pencha et prit un galet plat sur la plage. Après l'avoir tourné dans ses mains, il donna un petit coup de poignet et le fit ricocher sur l'eau.

"Un……….deux ……….. trois ………quatre……cinq… six rebonds !" dit-il riant.

"Comment fais-tu ça ? J'ai toujours voulu essayer, mais je n'ai jamais pu y arriver !"

"Tiens, tu dois trouver un galet plat et rond qui ne soit pas trop gros, puis tu le jettes comme tu le ferais avec un frisbee mais avec un coup de poignet plus fort."

La pierre passa environ deux mères au-dessus du lac puis coula à pic.

"Essaye encore." Clark passa ses bras autour de Lois et lui montra comment lancer la pierre mais elle coula à nouveau. Après quelques essais, la pierre parvint à faire trois ricochets avant de disparaître dans l'eau sombre.

"J'ai réussi !" s'exclama Lois, se retournant pour regarder Clark. Clark lui sourit. Elle était si excitée, presque comme une petite fille et elle était adorable. Il se pencha et posa ses lèvres sur les siennes. Lois ne put s'empêcher de répondre à son baiser. La scène était si romantique et elle se sentait si bien d'être sous la lune et dans ses bras. La main de Clark se glissa jusqu'à sa taille tandis qu'elle passait ses doigts dans ses cheveux.

Ce moment fut interrompu par une voix avançant à travers les arbres. "Monsieur Kent ? Madame Kent ? Il y a un appel urgent pour vous de Métropolis. Un Monsieur Olsen ?"

Lois éclata de rire. "Qu'est-ce qu'on a bien pu faire à Jimmy ? On est à trois mille kilomètres et il trouve encore le moyen de nous interrompre."

Jonathan tenait la porte du congélateur ouverte pendant que Martha rangeait diverses boîtes en aluminium.

"Je suppose qu'on fêtera Thanksgiving avec quelques jours de retard. J'aurais préféré refaire un repas tout frais, mais c'est du gaspillage de perdre tout ça et le foyer local a déjà reçu ses dons pour l'année. J'espère que Sam et Ellen pourront venir quand même la semaine prochaine. En parlant d'eux, tu veux bien essayer de rappeler ?"

Jonathan acquiesça d'un signe de tête. "J'ai essayé pendant que tu enveloppais toutes ces provisions mais je n'ai eu que le répondeur."

Martha fronça les sourcils. "Lois n'a pu les avoir ni l'un ni l'autre quoiqu'elle ait averti Lucy que Thanksgiving serait retardé. Elle a dit que Lucy a promis de transmettre le message à ses parents si elle les avait au téléphone. Ça va être certainement des vacances bien calmes. Ce sera la première année où Clark ne sera pas là pour Thanksgiving. Même quand il explorait le bassin amazonien quand il était plus jeune, il volait jusqu'à la maison pour la dinde."

Jonathan s'avança vers sa femme et passa ses bras autour d'elle. Il cherchait ce qu'il pouvait répondre sans dire de platitude quand un bruit venant de l'extérieur les fit sursauter.

Quittant les bras de Jonathan, Martha se dirigea vers la porte. Alors qu'elle posait la main sur la poignée, il y eut un petit coup. Elle ouvrit la porte et se retrouva face à une Ellen Lane tout sourire.

"Oh mon Dieu !" dit-elle.

Lois et Clark étaient assis au restaurant tranquille de l'hôtel tandis que le garçon enlevait les restes de gibier avant de se retirer pour aller chercher le dessert.

"Alors, quels sont nos plans pour demain ?" demanda Lois.

"On partira d'ici dans la matinée et on remontera la côte Ouest vers le Nord. Jimmy nous a donné une liste de whiskys que Joe a mélangés à Glenverary pour créer le malt du Tam O'Shanters. Glenverary est également assez loin au Nord alors je pense qu'on devrait essayer d'aller dans les autres distilleries sur le chemin. Quelle que soit la personne qui fabrique cette drogue elle doit la mettre sans l'un des ingrédients du malt plutôt que dans le produit fini. On pourrait aller jusqu'à Glenverary mais on serait obligés d'attendre jusqu'au lendemain. Avec un peu de chance, si on ne trouve rien ailleurs, on découvrira quelque chose là-bas qui nous donnera des indices sur l'origine de cette drogue."

"Et si on ne trouve rien ?"

"On trouvera quelque chose. Les grandes bouteilles et les mignonnettes ont été mises en bouteille dans différents établissements et c'est peu probable que quelqu'un ait pu toutes les saboter." Il soupira. "Jimmy a dit aussi que…"

Juste à ce moment le garçon leur apporta une assiette de terrine au chocolat Drambruie et du café. Les yeux de Lois étincelèrent. "Je crois que je préfère cette branche de la cuisine écossaise au haggis Désolé, qu'est-ce que tu disais ?"

"Jimmy a dit qu'il avait encore essayé d'entrer dans le système informatique principal des Services Secrets. Il a découvert qu'il y a quelques années, Jack MacPherson faisait équipe avec quelqu'un à qui nous avons déjà eu à faire. Nigel St John."

Lois en fit presque tomber son dessert. "Nigel ! Il y a combien de temps ? Avant ou après que Nigel ait commencé à travailler avec Lex ?"

"Comme je l'ai dit, Jimmy n'est pas encore sûr des détails car il n'a pas pu accéder à tous les fichiers. Il a reconnu avoir trouvé ça par accident. Ça veut dire que l'on pourrait tenir un suspect qui a pu mettre la drogue dans le whisky, même si on ne sait pas comment."

"Lex," dit Lois en grimaçant. "Si Nigel a toujours su qu'il travaillait pour le vrai Lex et en a parlé à un ancien collègue, ce collègue serait la preuve que Lex a dû à s'en débarrasser pour protéger son identité."

"Exactement. C'est tout à fait hypothétique pour le moment, étant donné que nous ne savons pas depuis combien de temps Jack connaissait Nigel ni comment la drogue est arrivée dans le whisky. Lois, nous n'avons même aucune preuve que Lex ne dit pas maintenant la vérité."

Lois fronça les sourcils. "Vrai, jusqu'à ce qu'on trouve les empreintes digitales qui ont été perdues. Quand j'ai dansé avec Luthor à ce bal, j'ai eu l'étrange sentiment qu'il était au courant à ton sujet. Je suis sûre qu'il se fiche de nous, qu'il joue avec nous au chat et à la souris. Si Lex est impliqué, ça pourrait même expliquer la drogue. Luthor trempe dans tellement de mauvais coups. Il a probablement un laboratoire qui travaille pour lui sur les drogues dans un but inavouable. Mais on ne peut pas travailler sous cet angle sans en savoir davantage."

Tandis que Clark buvait son café, Lois s'assura que la dernière miette de la terrine avait été retirée de sa cuillère. Clark sourit en hochant la tête. La psychanalyse disait que certaines personnes aimaient le chocolat parce qu'elles y voyaient un substitut au sexe, Lois elle se contentait de l'aimer. Elle mit sa cuillère dans sa bouche et passa sa langue sur le bord d'un geste naturel. Clark grogna. Elle pouvait le torturer sans même le vouloir. Qu'aillait-elle donc lui faire quand elle aurait la chance de mettre ses menaces à exécution ? Il décida qu'une autre tasse de café lui donnerait le temps nécessaire pour garder son contrôle.

Lois leva les yeux en l'entendant grogner, riant malicieusement. S'il pensait que ça, c'était excitant, il n'avait qu'à attendre de voir ce qu'elle avait prévu pour plus tard. En fait, il commençait à se faire tard et Lois devenait très impatiente. Elle avait pensé à sa vengeance toute la journée et elle voulait mettre son plan à exécution.

"Lois, veux-tu une tasse de café cette fois ?" demanda Clark en faisant signe au garçon de venir. Lois réfléchit à toute vitesse. Elle ne voulait vraiment pas qu'ils prennent l'un ou l'autre du café. Quand le garçon arriva, elle décroisa les jambes. "Non, je n'ai pas envie de café." répondit-elle, tendant la jambe de tout son long et l'avançant aussi loin qu'elle le pouvait. Sa jambe remonta sur le genou de Clark avant pousser sa serviette de table.

Clark fit un bond en sentant son pied lui caresser le genou, juste hors de vue sous la nappe. Il comprit que reprendre son contrôle allait être impossible si Lois continuait comme ça. Remerciant le garçon, Clark demanda que le repas soit porté sur sa note.

"Martha ?" Ellen avait l'air un peu ennuyée avant que Martha ne change son air étonné en un accueil silencieux. "Je sais qu'on est en avance d'un jour mais on a pensé que ce serait bien d'être ici pour faire la surprise aux enfants quand ils arriveront. Sam est en train de prendre les valises. Ça ne vous dérange pas, n'est-ce pas ?"

Dans son for intérieur, Martha comprit d'où venait à Lois sa tendance à babiller. "Euh, non, bien sûr que non, Ellen. Sam et vous êtes les bienvenus mais vous devrez attendre plus longtemps que vous ne le pensez pour voir Clark et Lois. Entrez… Je vais faire un peu de café et asseyez vous avant que je vous j'explique."

Jonathan fit asseoir Ellen sur le canapé avant de retourner à la cuisine. Regardant par la fenêtre, il aperçut Sam se débattre avec les bagages et se dirigea vers la porte pour aller l'aider. Il vit Martha penchée sur le congélateur ressortir les paquets qu'elle venait d'y ranger. Elle se retourna et le regarda. "Je suppose que l'on va fêter Thanskgiving, après tout !"

Jonathan se mit à rire et partit à grandes enjambées vers la voiture. "Sam ! Laissez-moi en prendre quelques unes !"

Clark était étendu sur le lit, écoutant couler l'eau dans la salle de bains pendant que Lois se préparait pour aller se coucher. Il avait encore en mémoire la caresse de Lois pendant le dîner. Lois voulait rendre sa revanche et attendait qu'il demande grâce… et il n'était pas prêt à ça, il ne lui faudrait pas longtemps avant qu'elle ne capitule. L'eau s'arrêta de couler dans la salle de bains, mais Lois ne sortit pas immédiatement. Il résista à l'envie de regarder à travers le mur, de plus ses pouvoirs semblaient baisser quand il était distrait. Voler ou tout au moins flotter, ne paraissait pas l'affecter. Il mit ça sur le fait qu'il volait parfois inconsciemment quand il était heureux mais ses autres sens semblaient devenir presque normaux.

"Cla-ark !" lui parvint la voix de Lois depuis la salle de bains. "J'étais en train de penser, pourquoi on ne ferait pas un petit jeu ?"

"Mais tu joues toujours pour gagner, Lois."

"Oui, mais dans ce jeu, perdre est presque aussi amusant que gagner !"

"C'est quoi ce jeu ? Et pourquoi avons-nous cette conversation dans deux pièces différentes ?"

"On joue à chat mais avec mes règles."

"A chat ? Dans une chambre d'hôtel ?"

"Uuh, uuh, maintenant on va jouer, c'est moi le chat ! J'arrive, prêt ou pas !"

Clark s'assit dans le lit, se préparant à filer au cas où elle serait sérieuse. Cependant, quand elle sortit, il se contenta de la regarder sans voix. Lois avait enroulé autour de sa taille l'écharpe écossaise qui lui donnait l'air de porter un kilt très court. Le seul autre vêtement qu'elle portait était un déshabillé de dentelle.

Elle avança vers le lit et bondit, le repoussant en arrière. "Je t'ai eu !" dit-elle en le surveillant.

Clark retrouva sa voix. "Alors, c'est moi, maintenant, n'est-ce pas ? Je t'ai eu aussi !" Il la tira sur le lit et elle se retrouva assise à côté de lui. Il commença à faire glisser de son épaule la bretelle de son déshabillé.

Lois remonta sa bretelle. "Non, j'ai gagné parce que je t'ai attrapé en premier ! Et le vainqueur a le droit de choisir un nouveau jeu alors on va jouer à 'regarde mais ne touche pas'."

Clark hocha la tête. Personne ne pouvait discuter avec la logique tortueuse de Lois. Lois enleva doucement le bras de Clark. Elle se pencha et l'embrassa, lui mordillant la lèvre. Clark grogna tout près de sa bouche. Elle sentit ses lèvres faire courir une série de baisers le long de son cou. Les bras de Clark remontèrent pour se glisser autour de sa taille.

Lois se recula. "Non." murmura-t-elle. On joue à regarde mais ne touche pas, tu te souviens ? Tu n'as pas le droit de me toucher avant de demander grâce."

Clark semblait réfléchir tandis qu'elle lui mordillait doucement le lobe de l'oreille. Elle avait dit un peu plus tôt qu'elle allait lui faire rendre grâce mais il pensait qu'il pouvait résister à ses taquineries, jusqu'à ce que l'ambiance sensuelle qu'elle créait ne la chavire et qu'elle ne remarque pas sa participation. Il n'avait pas grand espoir dans sa théorie mais il ne pouvait pas capituler aussi facilement. Lois laissa le lobe de son oreille et poursuivit son chemin vers son cou. Tandis qu'elle lui mordillait la clavicule, elle leva les yeux et fronça les sourcils.

"Tu as compris la règle du jeu, n'est-ce pas ?"

"J'apprends vite." dit Clark en riant.

"Hmm, alors on va corser les règles. Si tu brises les règles tu auras un gage."

"Et si tu brises les règles ?"

"Je ne peux pas briser les règles- ce sont mes règles !"

Avec un regard de démon, Lois retourna à sa tâche. Elle pensait que Clark pourrait tenir encore 5 minutes si elle prenait son temps.

Sur la route Nord vers la première distillerie de la liste, Inverfiddoch, Lois énumérait le plan de la journée. "Alors, c'est simple, il y a trois fabriques de whisky qui interviennent dans le mélange de malt du Tam O'Shanter's. On va voir ces trois distilleries et on vérifie qu'elles sont réglos avant d'aller à Glenverary."

"Où avec un peu de chance nous trouverons la réponse à ce problème de drogue. Star Labs est en train de rechercher s'il y a des effets positifs et si ça pourrait être utile à quelqu'un."

Pendant qu'ils roulaient, Clark regarda Lois d'un air interrogateur alors qu'elle semblait tendre le cou. Au moment où il ouvrait la bouche pour lui demander ce qu'elle faisait, elle se gara soudain sur le côté de la route. "C'est à ton tour de conduire, maintenant."

"C'est quoi ? Lois c'est l'heure de déjeuner et tu es en parfaite santé. Le seul moment où tu me laisses conduire ta Jeep c'est quand tu es trop fatiguée, malade ou trop pompette pour le faire."

"Oui, mais ce n'est pas ma Jeep et je veux voir le paysage. Je veux regarder les montagnes et je ne peux pas le faire parce que cette route est trop sinueuse."

Clark sortit et Lois se glissa sur le siège passager de la voiture, s'installant confortablement avant qu'ils ne se remettent en route. C'était une journée magnifique, même s'il faisait froid. Le soleil brillait sous un beau ciel bleu qui se reflétait dans les couleurs des lacs. La lumière du soleil projetait sur l'eau des rais de lumières aveuglants. Les montagnes, mis à part quelques forêts, avaient l'air dépourvues de toute végétation mais les rochers escarpés aux nuances de bruyère leur donnaient une beauté étonnante quoique austère. Lois ferma les yeux et vit la trace des rayons du soleil sur ses paupières tandis que le soleil brillait à travers les arbres sur le bord du lac.

La distillerie d'Inverfiddoch était l'archétype d'une petite fabrique indépendante de whisky. Les bâtiments étaient en dalles et quelques unes des portes restaient ouvertes, exposant d'immenses tonneaux vides. Lois et Clark furent chaleureusement accueillis et visitèrent le procédé de distillation. L'immense cuve de cuivre brillait faiblement dans la salle de distillation où l'orge fermentait dans l'eau de source.

"Donc, l'eau est importante, alors ?" demanda Lois

"Toujours, chaque whisky est fait avec une eau différente. Chaque source donne au whisky un léger goût différent et le taux de tourbe dans l'eau leur donne des parfums et des couleurs distincts. Cette cuvée là sera bonne à boire dans 25 ans environ." Le distillateur leva le couvercle de l'alambic et Lois tituba. Même l'odeur d'un produit loin d'être fini était assez alcoolisée pour vous enivrer.

Il furent ensuite conduits à un entrepôt où on leur montra les barils vides nettoyés et préparés pour une nouvelle cuvée de whisky. Il terminèrent la visite de l'entrepôt par une lourde porte de sécurité. Lois s'exclama quand il entrèrent-- des barils s'étalaient dans tous les coins, empilés dans des casiers. Leur guide leur offrit une dégustation d'un des barils. Lois refusa, disant qu'elle conduisait mais Clark en accepta un peu.

"Donc, Inverfiddoch est un malt unique ?" demanda Clark.

"Oui," répondit le distillateur. "Nous ne faisons pas de mélange de malt ici. C'est un véritable art. Chaque whisky a son propre caractère et si on les mélange dans de mauvaises quantités, ils peuvent se contrarier l'un l'autre. Inverfiddoch est utilisé dans de nombreux malts par d'autres distilleries indépendantes à cause de sa saveur suave."

Remerciant leur guide, Lois et Clark retournèrent à la Land-Rover. Lois tourna le volant direction Nord pour prendre le chemin de la distillerie suivante.

Le soleil se couchait sur les montagnes quand Lois cria de frustration. "Argh ! On est allé dans quatre distilleries qui approvisionnent Glenverary en whisky pour créer le malt du Tam O'Shanter's et on n'a rien trouvé !"

"Eh bien, on en sait plus sur la fabrication du whisky. Je me demande quel goût aurait un whisky fait avec notre eau chlorée de Métropolis après tout ce que nous ont dit ces distillateurs sur l'importance de la pureté l'eau. Nous savons également qu'aucun de ces whiskys n'a pu être trafiqué avant de quitter les distilleries. La sécurité autour d'elles est incroyablement serrée à cause des lois britanniques sur les licences.

"Je suppose donc que si quelqu'un a pu se laisser corrompre, ça veut dire que nous pourrions trouver la réponse demain à Glenverary et pourtant l'Inspecteur Henderson a dit que la police n'avait rien trouvé d'inhabituel là-bas."

"Oui, rien d'inhabituel dans ce qu'ils ont regardé. Peut-être que des yeux étrangers auront plus de chance." dit Clark en souriant, tendant le bras pour lui caresser la main. "Où est la femme qui peut renifler les problèmes à cent pas ?"

"Toujours optimiste, hein ?" Elle jeta un œil sur lui de derrière son volant et lui sourit avant de reporter son attention sur la route.

Ils virent bientôt un panneau indiquant Strathpeffer où ils avaient prévu se passer la nuit. "Alors, Clark fais moi un cours d'histoire sur Strathpeffer." dit Lois en riant.

"Lois c'est agréable de savoir quelque chose sur le pays qu'on traverse. Strathpeffer était une station thermale à l'ère Victorienne. La Reine Victoria elle-même venait prendre les eaux ici. L'eau est supposée avoir des propriétés inhabituelles mais je ne me souviens plus exactement ce que c'est."

"On pourra chercher demain. Le guide à la dernière distillerie a dit que la visite de Glenverary ne commence pas avant 11 heures alors on aura quelques heures pour prendre les eaux. C'est une expression tellement désuète."

Ils roulèrent jusqu'au Bed and Breakfast où ils avaient réservé une chambre et furent chaleureusement accueillis par la propriétaire.

"Bonjour ! Nous pensions que vous arriveriez plus tôt mais ce n'est pas grave. Il n'y a pas grand chose à faire ici, le soir, à part aller au pub," dit en jacassant la propriétaire, Madame MacPhail en les guidant dans l'escalier jusqu'à leur chambre.

"Maintenant, je vous laisse, mais aimeriez vous dîner ? Je n'ai pas fait de cuisine ce soir, mais je peux vous faire un bol de bouillon écossais ou une omelette ou autre chose. Ou bien, il y a des endroits ouverts en ville, quoiqu' ils ne vont pas tarder à fermer. Strathpeffer est terriblement petit et il n'y a pas beaucoup de distractions pour des gens de la ville comme vous."

"Nous ne voulons pas vous ennuyer, Madame MacPhail. Nous allons sortir et trouver quelque chose à manger et peut-être faire un tour au pub mais nous nous coucherons probablement très tôt. Nous avons été très occupés ces derniers temps et n'avons pas eu la chance de dormir beaucoup." dit Clark.

"Très bien quoique ça ne m'aurait pas du tout dérangé. Le bouillon aurait juste eu besoin d'être réchauffé et faire l'omelette ne prend pas beaucoup de temps. Je m'en vais maintenant et je vous laisse y aller." dit la femme en papotant, fermant la porte derrière elle.

"Et tu te plains que je suis bavarde !" dit Lois en riant. "Alors, on sort dîner, puis on rentrera pour se coucher tôt et constater qu'il n'y a rien à faire à Strathpeffer."

"Eh bien, s'il n'y a rien à faire dehors à Strathpeffer, je suis sûr qu'on trouvera quelques distractions." dit Clark se penchant pour donner un petit baiser à Lois.

Elle lui répondit, glissant les bras autour de son cou. "Hmm, on pourrait trouver quelque chose à faire, je suppose. Maintenant est-ce qu'on peut y aller et trouver à dîner parce que je meurs de faim.

"Alors on a le choix entre ce petit café, un Chinois ou cet Indien ?" demanda Lois, "et c'est tout ?"

"Madame MacPhail nous a prévenus que Strathpeffer était une petite ville et je déteste te dire ça mais l'Indien est fermé."

"J'ai pas envie de manger chinois. Et puis, je suppose que c'est un authentique café écossais."

Le café faisait aussi fish and chips. Clark fit le tour du café du regard, commanda deux poissons avec tout ce qu'il fallait dessus. L'endroit était calme et la plupart des gens prenaient des frites à emporter. Clark décida que manger à une des tables équivaudrait à ce qu'ils soient observés et qu'on parle d'eux pendant des jours et des jours. Se retournant vers la serveuse il lui demanda s'il pouvait avoir un plat à emporter.

"Un fish supper ? Et pourquoi voudrais-je des frites avec du poisson frit ?" demanda Lois.

"Un fish supper c'est du poisson et des frites. Les frites ici sont comme les frites françaises mais plus épaisses." dit Clark.

Tenant dans les mains le journal qui enveloppait les sacs, Clark marcha le long de la rue et se dirigea vers un petit parc qui avait une vue magnifique sur les montagnes baignées par le clair de lune. "J'ai vu ce coin quand on roulait en ville. Maintenant, vas-y." Il passa l'un des sacs à Lois.

"Oooh ! Je sens la chaleur à travers le journal. Au fait, pourquoi  est-ce enveloppé dans un journal ?" demanda-t-elle en l'ouvrant.

"C'est d'abord dans du papier sulfurisé mais le journal garde bien la chaleur et les vieux journaux sont gratuits. Quand je voyageais à travers le monde, j'ai travaillé avec un reporter écossais qui disait toujours 'aujourd'hui un grand article demain un emballage pour les frites'."

"C'est assez vrai, je suppose. A quoi servent les journaux de la veille ? Maintenant est-ce que je dois manger avec les doigts ?"

"Oui, le poisson va se mettre en petits morceaux et avant que tu le demandes, le truc dessus est la spécialité écossaise, sel, vinaigre et sauce brune. Je n'avais jamais mis de sauce dessus avant aujourd'hui. Les gens en Angleterre n'en mettent pas pour quelque obscure raison mais ce reporter jurait toujours qu'il n'y avait pas de vrai fish and chips sans la véritable sauce brune. Alors allons y !"

"Mmmm, c'est bon ! Très chaud, mais ces frites sont formidables quoique que ce n'est pas très bon pour toi ! Encore qu'une fois de temps en temps, ça ne fait de mal à personne." Clark se mit à rire à la joie de Lois devant quelque chose de si simple avant de commencer à manger lui aussi son poisson.

Lois enfila le dernier morceau de poisson dans sa bouche et regarda ses doigts qui étaient couverts de sauce. Elle commença à se lécher les doigts mais Clark l'arrêta. Il lui prit la main et glissa doucement les doigts de Lois dans sa bouche, léchant le reste de sauce. En souriant elle lui retourna son geste. Ils restèrent les yeux dans les yeux tandis qu'ils se débarbouillaient l'un l'autre remarquant la température qui grimpait entre eux.

"Tu as un peu de sauce sur le menton, Lois," dit Clark, en l'embrassant avant de glisser ses lèvres sur les siennes et de continuer son baiser. Elle gémit doucement contre lui, glissant ses mains sur sa poitrine.

"Allons-nous en. Un jardin public en novembre n'est pas l'endroit ou je veux faire ça." commenta Lois, se reculant à regrets et le tirant pour qu'il se lève.

Tandis qu'ils marchaient dans High Street, Clark remarqua que le café était toujours ouvert et qu'il vendait aussi des glaces. "Lois tu veux un dessert ?"

"Je croyais que c'était pour ça qu'on rentrait à l'hôtel." dit Lois en riant. "A quoi d'autre penses-tu ?"

"Seulement à une crème glacée qu'on pourrait manger en rentrant -- Ce café en vend des 99s."

"99s ? Cette région a vraiment des trucs étranges !"

"C'est une glace avec un bâtonnet de flocons au chocolat planté dessus."

"Des flocons au chocolat ? Devrais-je en demander davantage ?"

"Tu verras…c'est une barre de chocolat qui s'effrite littéralement en petits morceaux."

"Eh bien, dans ce cas, j'aurai deux desserts."

Lois attendit à l'extérieur pendant que Clark entrait, puis il ressortit en rapportant deux cônes. Elle regarda prudemment le bâtonnet de chocolat qui sortait de la glace. "Il n'a pas l'air de s'effriter." Lois prit un morceau de chocolat et bafouilla quand il s'effrita. Clark se mit à rire devant son air écœuré.

"Quel gaspillage de chocolat," fit-elle remarquer, brossant les flocons de sa veste. "Et c'est aussi tellement bon… j'aurais pu en manger davantage."

"C'est pour ça que j'en ai acheté trois paquets grands modèles, pour plus tard !" s'esclaffa Clark.

"Hmmm ! Je savais que j'avais une bonne raison de te garder ! Et ce cône est si bon lui aussi, quoique que le bâtonnet était le meilleur morceau !"

Clark ferma la porte de la chambre. "Heureusement Madame MacPhail était occupée à la cuisine comme ça elle n'a pas eu le temps de bavarder."

Lois se précipita sur lui, le poussant contre le mur. "Maintenant, je veux mon deuxième dessert."

"Clark se mit à rire, attrapant le bas de son tee-shirt. Il s'apprêtait à l'enlever quand on frappa soudain à la porte. Clark ouvrit en ronchonnant et découvrit Madame MacPhail avec deux tasses de chocolat.

"Bonsoir, très chers. Je savais que vous étiez dehors et comme fait très froid ce soir, j'ai pensé que vous aimeriez une tasse de chocolat pour vous aider à dormir."

"Merci beaucoup, Madame MacPhail." dit Clark en prenant les tasses. "On était prêts à aller se coucher et ceci va joliment nous réchauffer." Il commença à fermer la porte et Madame MacPhail n'ayant pas d'autre alternative, sortit de la chambre. Posant les tasses sur la table de nuit, il se tourna vers Lois.

"Viens Clark, laisse les."

"Non, tu as dit que tu voulais du dessert. Puisque c'est le meilleur moment de la soirée, j'ai pensé qu'on pourrait prendre notre temps." dit Clark en souriant. Il se dirigea jusqu'à sa veste et en sortit un paquet. "Je veux un autre morceau de chocolat."

Clark déballa le bâtonnet, le plongea dans le chocolat chaud et le passa sur la bouche de Lois Elle en mordit un morceau et le chocolat explosa. En riant, Clark regarda le petit haut de Lois qui était couvert le morceaux de chocolat et pencha la tête pour le nettoyer.

"Clark, je croyais que c'était moi qui était obsédée par le chocolat !" Lois éclata de rire, retira le bâtonnet de sa main et le jeta sur le bord du lit. "Toi, tu es supposé être obsédé par moi !

"Vraiment ?" demanda Clark innocemment tandis qu'elle l'attirait sur le lit.

Le matin suivant était clair et ensoleillé quand Lois et Clark quittèrent la chambre d'hôte, Madame MacPhail leur fit au revoir du pas de la porte.

"J'en ai tellement entendu sur Madame MacPhail que j'ai l'impression de la connaître depuis des années. A chaque fois qu'elle apportait un autre plat au petit déjeuner, elle nous racontait dix autres années de sa vie. Quoique je dois admettre que ce petit déjeuner était merveilleux. Lui as-tu demandé la recette de sa bouillie ?" demanda Clark en plaisantant.

"Elle la cuit au micro-ondes, il paraît que ça l'empêche de faire des grumeaux. Oh oui et c'est du porridge pas de la bouillie. Elle m'a fourni l'information quand tu as disparu au premier pendant dix minutes. Elle était tellement inquiète pour toi- c'est tout ce que j'ai pu faire pour l'empêcher de te suivre." répliqua Lois, passant son bras autour de sa taille avant de glisser son pouce dans la boucle de sa ceinture. "Qu'est-ce tu as entendu pour devoir t'envoler."

"J'ai dû aller vérifier quelque chose mais ça s'est avéré inintéressant. As-tu dis que Jimmy avait appelé ?" Clark essayait de faire oublier sa disparition, espérant que Lois serait assez distraite pour raconter ce que lui avait dit Jimmy.

"Oui, il était encore au Planet. Te rends-tu compte qu'il n'est pas encore rentré chez lui ? Il a demandé qu'on se dépêche de renter car Perry le fait travailler comme un malade. Il a dit qu'il avait parlé à l'Inspecteur Henderson, qui n'est pas prêt de trouver un mobile à la mort de Jack MacPherson. Apparemment, bien qu'il travaillait pour les Services Secret de sa Majesté, il n'était pas vraiment sur le terrain. Il avait tendance à rester au laboratoire à traficoter des gadgets, donc il n'avait aucune chance de se faire des ennemis."

"Il a peut-être trouvé quelque chose sur une nouvelle arme ou un truc comme ça et a refusé de travailler dessus et a donc été tué par un de ses propres collègues pour éviter les fuites."

"C'est possible, quoique Henderson a envisagé cette possibilité et que le Service lui a assuré, avec une réserve typiquement britannique que cette idée était 'totalement répréhensible'." dit Lois avec un accent britannique très crédible.

Clark hocha la tête. "Ça ne veut pas dire qu'ils ne l'ont pas fait. Après tout, penses-tu vraiment qu'ils auraient pu l'admettre ?"

"Non, bien sûr que non, mais le Service a également fait remarqué qu'ils avaient beaucoup d'autres moyens de réduire les gens au silence. Y compris les faire disparaître sans laisser de cadavre pour éviter les soupçons."

"Assez vrai. Est-ce que Jimmy a mentionné s'il avait trouvé quelque chose reliant Jack à Nigel ?"

"Il a dit qu'il s'en occupait toujours. Il a trouvé un dossier avec les dates de recrutement et il apparaît qu'ils ont rejoint le service le même mois. S'ils étaient de la même promotion, alors ils ont pu rester en contact, quoique je ne vois pas pourquoi. Tu n'as rencontré mes meilleurs amis d'université que lorsqu'on enquêtait sur des trucs auxquels ils étaient mêlés. Tu ne les aurais jamais connus autrement."

Clark la regarda et se mit à rire. "La plupart d'entre eux étaient des gens charmants mêlés aux complots d'autres gens. Mais même si on parvient à relier Jack à Nigel, ce qui est mince, je ne comprends toujours pas comment Lex aurait pu mettre la drogue dans le whisky. La police a vérifié que chaque valve des cuves de mélange était nettoyée et une fois que c'est fait, le procédé est entièrement mécanique avec aucune possibilité de sabotage."

"Jimmy a dit que les résultats des tests de drogue sur tout ce qu'ils ont emporté de la distillerie seraient connus demain. Non, en fait c'est aujourd'hui, maintenant. J'espère qu'on trouvera quelque chose quand on sera à Glenverary ou je vais commencer à me sentir coupable de bien m'amuser ici."

Ils arrivèrent au petit pavillon et entrèrent. Il y avait des gravures à la gloire de Strathpeffer sur les murs, accompagnées de descriptions de ce que les gens avaient l'habitude de faire. Après les avoir regardées quelques minutes, ricanant en voyant les tenues de bain portées à l'ère Victorienne, Lois promena son regard sur le mur du fond où se trouvait une porte donnant accès aux bains. Il y avait des mannequins dans les piscines indiquant comment s'y prendre et au bout du couloir se trouvaient trois puits. Au-dessus des puits se trouvait un portrait de la reine Victoria qui buvait l'eau de son air distingué. Regardant le portrait, Lois remarqua, "Je n'arrive pas à croire que la royauté avait l'habitude de venir dans cet endroit isolé."

"Prendre les eaux est censé être très bénéfique. Je suppose que c'était l'équivalent Victorien de la thalassothérapie et aussi parce que cet endroit avait trois sources différentes à proximité, c'est la même chose que d'être dans un centre sportif plutôt que de faire juste un régime."

Plongeant une tasse dans le premier puits, Lois but une gorgée. "Elle est drôlement froide. Directement des collines, je pense et elle est si claire."

Clark en essaya une autre un peu plus loin. "Pas comme celle là," dit-il, lui montrant l'eau marron. "C'est la tourbe dans l'eau qui fait ça, quoique que ça n'affecte en rien le goût." ajouta-t-il en voyant la tête qu'elle faisait.

Au bout de la salle se trouvait une table avec des tasses empilées et derrière elles un mode d'emploi. Clark le lut à haute voix. "Les eaux de Strathpeffer étaient reconnues séparément mais quelques partisans en mélangèrent d'abord deux puis les trois ensemble pour créer un breuvage plus bénéfique. Malheureusement la combinaison de certains minéraux laisse une odeur et un goût immonde bien que certaines personnes la boivent régulièrement. Es-tu assez courageuse pour boire cette potion ?"

Lois se mit à rire. "Ainsi je pourrais me faire passer pour une sorcière et mélanger des potions." Elle mit dans un verre un peu d'eau du premier et du second puits et renifla avec méfiance. "Pour l'instant, ça va encore," dit-elle buvant une gorgée avec précaution. Quand elle ajouta l'eau du troisième puits, l'eau de son verre vira au noir et il y eut une forte odeur de souffre. "Eurgh ! C'est horrible ! Et ils la boivent encore ! Je ne le ferai en aucune façon. Je suppose que tu pourrais essayer puisque tu peux avaler n'importe quoi."

Clark éloigna le verre qu'elle lui présentait, "Oui mais quand même je ne veux pas boire ça ! Je préfèrerais me taire et manger ton porridge." Lois lui donna une petite claque et versa l'eau dans l'égout. "Je suppose que c'est une chance que ces trois eaux ne finissent pas par se mélanger dans les bonnes proportions dans un lac quelconque où il y a des poissons et où personne ne vit à plusieurs kilomètres à la ronde.

De retour dans la Jeep, Lois et Clark roulèrent sur une autre route sinueuse sur les bords d'un lac miroitant. Clark indiqua à travers la fenêtre, "C'est le Loch Ness."

"Vraiment ?" Je suis contente que ce soit toi qui conduises… Je vais chasser le monstre. Où est mon appareil photo ? Si cette histoire de whisky ne mène nulle part, je n'aurais qu'à prouver l'existence du Monstre du Loch Ness… Ooooh ! Il est là ! J'arrive à voir les ondulations de ses bosses monter et descendre." s'exclama Lois toute excitée.

Clark leva les yeux. "Non, bien que c'est ce que voient la plupart des gens qui pensent avoir vu le monstre. C'est le sillage d'un hors-bord qui fait des vagues à la surface."

"Oh ! Eh bien ça aurait pu être lui !" railla-t-elle en faisant la moue.

"Tu veux juste trouver une preuve certaine de l'existence de Nessie comme ça tu auras un autre article dans la course au Pulitzer !" lui dit-il en plaisantant.

Lois parut un instant songeuse, "Clark, est-ce que Nessie existe ? Tu pourrais chercher et lever tous les doutes. Tu n'as qu'à radiographier le lac ou faire une longue baignade."

"J'y ai déjà pensé, mais il y a tellement d'éléments métalliques et le lac est si profond et si obscur que c'est très difficile d'avoir une image claire. Et de plus, c'est chouette de laisser un petit mystère dans le monde. Peut-être que si quelqu'un fini par prouver que Nessie n'existe pas, j'irai jeter un œil et j'essayerai de le contredire. Il y une théorie qui dit qu'il n'y a pas qu'un seul Nessie mais que toute une famille vit sous la surface."

"Ça explique pourquoi cette histoire dure depuis si longtemps et je préfère penser à toute une famille plutôt qu'à un pauvre monstre tout seul, nageant sans s'arrêter pour éviter de se faire prendre."

"Et tu dis toujours que je suis un tendre !"

"Eh bien, tu l'es ! Disons que ton influence détint visiblement sur moi. Peut-être que j'essais de développer un instinct maternel… Regarde ! Est-ce que ce n'est pas Glenverary, là-bas ?"

Clark tourna la Land-Rover vers l'endroit que lui indiquait Lois.

"Alors, voilà Glenverary, peut-être le repaire d'un assassin. Ça a l'air si calme et si innocent " dit Lois songeuse.

"Ne jamais juger un livre sur sa couverture, Lois. Maintenant, ils savent pourquoi on vient et ce que l'on veut voir. Les visites normales ont été suspendues jusqu'à la fin de l'enquête." fit remarquer Clark en garant le 4x4 dans un coin.

"Eh bien aussi longtemps qu'ils nous montreront ce qu'on veut voir ! Quoique après avoir fait le tour de toutes ces distilleries, je crois que j'ai une idée de ce que je dois voir." dit Lois en sortant de la voiture et se dirigeant vers la réception.

Lois et Clark étaient dans la salle de distillation avec Monsieur Gilfinnan, le propriétaire de Glenverary, quand soudain un homme en salopette entra en courant. "Monsieur Gilfinnan…" commença-t-il, avant de s'interrompre en voyant Lois et Clark. Lois en profita pour murmurer à Clark, "Ils ont été très complets dans leur visite. Je pense qu'ils veulent que nous prouvions qu'ils n'ont rien fait."

"Ne vous faites pas de souci pour eux. Je parie que les tests de drogue sont arrivés. Ils connaîtront les résultats de toute façon alors ils peuvent aussi bien les entendre ici." dit Monsieur Gilfinnan, faisant signe à l'homme de poursuivre. L'homme annonça avec agitation. "Le laboratoire vient de téléphoner le résultat des tests. La drogue est dans le whisky à la mise en bouteille. Elle est aussi dans les barils qui sont entreposés ici. Les valves de la cuve de mélange sont propres mais la cuve elle-même a de légères traces, quoique ce soit plus prononcé dans les barils."

Monsieur Gilfinnan pâlit d'horreur. "C'est un endroit interdit et la cuve de mélange n'est pas comme celle de la distillation du malt où l'on peut lever le couvercle et regarder la fermentation. Elle est scellée avant que chaque mélange ne commence. Ça veut dire qu'il y a un meurtrier quelque part parmi mon personnel."

Assise dans le bureau de Monsieur Gilfinnan pendant qu'il farfouillait dans ses dossiers, Lois jeta un œil dans la petite pièce décorée de quelques aquarelles représentant des scènes locales. Elle en reconnut une du Loch Ness et une autre de la station thermale de Starthpeffer. Quelque chose commença à l'asticoter en son for intérieur.

Monsieur Gilfinnan s'éclaircit la gorge pour qu'elle reporte son attention sur lui. Il semblait avoir vieillit depuis qu'il avait découvert que l'un de ses employés était impliqué dans les meurtres. Elle regarda par la fenêtre pour éviter son regard égaré et aperçut trois hommes manipuler un énorme baril dans la cour. Soudain une pensée traversa l'esprit de Lois, "Monsieur Gilfinnan, le whisky ne fermente-t-il pas dans les barils ?"

"Non, ce procédé est dépassé. Le whisky ne fait qu'y vieillir." expliqua Monsieur Gilfinnan avec brusquerie.

Clark regarda Lois. Il savait qu'elle pensait à quelque chose. Seulement il ne savait pas à quoi. Elle avait une remarquable capacité de trouver des réponses aux évènements et aux problèmes les plus étranges. Il regarda son air concentré tandis qu'elle essayait de rassembler ses pensées et de les mettre en ordre. Soudain, une expression triomphante illumina son visage.

"Clark ! Monsieur Gilfinnan ! Vous ne devez accuser personne de meurtre. Jack MacPherson n'a pas été assassiné ! Il est mort accidentellement." s'écria Lois.

"Mais la drogue… ?" questionna Monsieur Gilfinnan, regardant Lois comme si elle était devenue folle.

"La drogue existe mais je pense qu'elle est naturelle, en dépit de ce qu'a dit Star Labs sur sa complexité. Clark, souviens-toi du breuvage de sorcière à Strathpeffer. "Eh bien, le whisky du Tam O'Shanter's, c'est la même chose."

Clark comprit où elle voulait en venir. "Tu veux dire qu'individuellement tous les whiskys sont bons, mais quand Glenverary les mélange dans des quantités spécifiques…"

"… toutes les différentes eaux qui ont été décrites comme garantissant chaque whisky réagissent entre elles..."

"… et créent une forme légère de cette drogue."

"Oui ! Et les barils de chêne dans lesquels le whisky vieillit produisent une version plus forte de cette drogue." termina Lois, triomphante.

Monsieur Gilfinnan s'assit lourdement, regardant de Lois à Clark et vice et versa. "Vous avez peut-être raison." soupira-t-il. "Ça pourrait expliquer beaucoup de choses mais il nous reste à le prouver. Je vais chercher les quatre whiskys qui sont mélangés ensemble. Ensuite on les enverra pour les faire analyser et nous verrons ce qui se passe. Malheureusement nous ne saurons rien avant quelques jours jusqu'à ce que les résultats du labo reviennent.

Clark regarda Lois. "Monsieur Gilfinnan, pendant que vous préparez le mélange et ramassez quelques échantillons de whisky qui ont vieillit pendant des périodes différentes, je vais essayer de contacter Superman. Je lui demanderai de les porter à Star Labs à Métropolis où ils seront analysés immédiatement. C'est peut être un jour férié aux États-Unis mais quelques pauvres rats de laboratoire doivent rester pour garder le bureau. On pourra avoir les résultas dans quelques heures. Avez vous un téléphone privé que je pourrais utiliser ?"

Monsieur Gilfinnan le regarda l'air surpris. "Superman a le téléphone ? Désolé, je ne devrais pas me mêler de ses affaires. Il y a un téléphone dans le bureau au bout du couloir où vous ne serez pas dérangé." Monsieur Gilfinnan se leva et prit la main de Lois dans la sienne. "Comment pourrais-je jamais vous remercier ? Vous avez sauvé des centaines d'années d'histoire de ma famille du déshonneur. Il y a eu une discussion demandant à la distillerie de quitter l'Association Nationale des Distillateurs et il a été clairement précisé que ça ne pouvait pas attendre le ceilidh de la Nuit de St Andrews ce week-end à Edimbourg."

Lois dressa les sourcils. "Le Kay- quoi ?"

Monsieur Gilfinnan sourit. "Le ceilidh (kaylee) est un bal écossais. En vérité, si votre théorie est correcte, votre mari et vous serez mes invités d'honneur. C'est votre œuvre après tout, qui me permet d'y aller."

Lois sourit. "Bien sûr. Nous avons appris quelques danses à l'ouverture du bar de l'infortuné Jack et j'aimerais avoir la chance de les essayer à l'endroit adéquate"

Clark revint dans la pièce. "C'est fait. Superman sera là dans une heure pour prendre les échantillons. Ça vous laisse le temps de préparer un petit mélange et de ramasser quelques lots précédents. Lois et moi allons retourner à notre hôtel pour la nuit. Vous nous permettrez de vous interviewer pour notre article quand vous aurez terminé ?"

Alors que Lois et Clark se retournaient pour s'en aller, Monsieur Gilfinnan posa la main sur l'épaule Clark? "Euh, Monsieur Kent ?"

Clark se retourna vers lui, laissant Lois traverser la cour vers la Jeep. Monsieur Gilfinnan s'empressa de poursuivre. "Je vous ai invité votre femme et vous à un ceilidh au château Édimbourg demain soir et je me demandais si vous aimeriez porter quelque chose d'approprié ? Il tendit à Clark une carte professionnelle. "C'est le magasin de mon frère à St Andrews. Si vous vous y arrêtez, il fera en sorte que vous soyez convenablement vêtu."

Superman fit un détour par Smallville en retournant à St Andrews. Atterrissant sous le porche il se dirigea vers la porte. Il tourbillonna pour revêtir ses vêtements de ville et avait la main sur la poignée de la porte quand il remarqua un tracteur à quelque distance. Il s'arrêta et l'examina pour voir s'il s'agissait de son père.

Dans la maison, Ellen regardait Martha qui finissait de farcir la dinde pour l'après midi. Entendant des pas sous le porche, elle remarqua les mains collantes de Martha.

Elle prit une grande inspiration interrompant l'histoire tortueuse qu'elle racontait à Martha, "On dirait qu'on a de la compagnie. Je vais aller répondre et puis je vous raconterai ce qui est arrivé après que le chien ait sauté par-dessus la clôture. C'était si drôle. Elle éclata de rire en y repensant et se dirigea vers la salle de séjour pour voir qui était sous le porche.

Clark s'apprêtait à ouvrir la porte quand il entendit un rire de l'autre côté. Baissant ses lunettes, il scanna très vite l'intérieur pour vérifier si sa mère avait des visiteurs. En voyant la mère de Lois prête à ouvrir la porte, il écarquilla les yeux de surprise et eut juste la présence d'esprit de se changer en Superman.

Ellen ouvrit la porte, "Superman ! C'est Ellen Lane ! Je suis invitée chez les Kent pour Thanksgiving. Lois et Clark ne sont pas là. Ils ont été retenus en Écosse. Que faites-vous ici ? Vous allez rester dîner avec nous, n'est-ce pas ? Vous pourriez avoir la part de Clark."

Superman avait l'air légèrement mal à l'aise. "Euh… Je suis désolé, je ne vais pas pouvoir. Je suis venu voir Madame Kent. J'ai un message de Clark pour elle."

Lois regardait avec convoitise une collection d'anciens clubs de golfs  sortant d'un sac de cuir rapiécé, quand Clark arriva derrière elle.

"Ta dernière acquisition de clubs de golf ?" demanda-t-il en plaisantant.

Lois se mit à rire. "Ce musée du golf est surprenant. Cet assortiment rassemble les plus anciens clubs connus dans le monde. Bien sûr, St Andrews est la patrie du golf. J'ai toujours voulu voir la Old Course à St Andrews. Mon père avait l'habitude de m'en parler après être allé en Écosse pour un congrès médical et il a assisté à  la Ryder Cup à St Andrews. As-tu donné le whisky à Star Labs ? Il était temps que tu reviennes. Tu es resté plus longtemps que tu le pensais. En vérité je pensais que tu rentrerais plus tôt. Il y avait des whoosh mais tu n'arrivais jamais et puis quelqu'un m'a vu regarder partout et m'a expliqué que c'était les jets de la Royal Air Force de la base de Leuchars."

Clark gloussa, heureux que ce petit détour par la boutique de Monsieur Gilfinnan ne lui ait pas pris trop de temps en dépit des mesures et essayages qui n'en finissaient pas. "Oui, Monsieur Gilfinnan était si intimidé que Superman puisse l'aider qu'il a presque laissé tomber les échantillons dans la cour. Le Dr Klein en personne était à Star Labs. Il m'a dit qu'il travaillait mieux les jours fériés car il n'était pas tout le temps interrompu. Il pourra nous donner une réponse dans la soirée."

Lois se redressa soudain sur le siège passager lorsque Clark tourna la Jeep dans une rue illuminée vers un immense bâtiment de grès.

"L'hôtel Old Course ? Tu as perdu la tête ? Perry va devenir fou quand il verra ça sur notre note de frais."

"Du calme, Lois. Ça ne sera pas dans nos frais. Nous sommes les invités de Superman. Souviens-toi quand j'ai disparu au premier ce matin pendant le petit déjeuner ? J'ai entendu un jet hors de contrôle qui tombait en vrille et j'ai donc arrêté un avion de la base de la RAF voisine de tomber sur le green au 18ème trou. Ils m'ont exprimé leur gratitude et m'ont offert une chambre quand je le voudrai. Après qu'ils m'aient fait remarquer quelle chance ils avaient que je sois en Écosse à ce moment là. J'ai dit que je vous rendais visite à toi et à Clark au sujet d'un article et que vous auriez plus l'utilité de la chambre que moi alors, voilà ! On descend ici ce soir."

Lois ricana. "Ce bon vieux Superman, hein ? " Tu as téléphoné l'article sur le jet, n'est-ce pas ?"

Clark hocha la tête l'air exaspéré. "Non, comment aurais-je pu expliquer à Perry que j'avais vu un jet prêt à se crasher sur St Andrews alors que nous étions dans les Highlands ? Et de plus depuis quand les crashes font-ils la Une ?"

"Très bien." reconnut Lois. "Je te pardonne en voyant comme tu t'es amendé en nous faisant descendre dans cet hôtel. Bon et maintenant, on reste dans la voiture ou on y va et on pose les bagages dans notre chambre ?"

Quand il arrivèrent à la réception, la réceptionniste leur sourit. "Monsieur et Madame Kent ? Vous avez la chambre 701. Vous restez avec nous ce soir, le dîner sera servi à 8 heures dans la salle à manger privée et vous êtes inscrits au départ du Tee à 8 heures demain matin.

"Au départ du Tee ?"

La réceptionniste sourit, "Ils sont tous les mêmes, Madame Kent. Ils s'inscrivent au tournoi de golf de la Old Course et oublient accidentellement de le dire à leurs femmes." La femme regarda avec étonnement Lois passer ses bras autour du cou de Clark et l'embrasser.

"On va faire le tournoi de la Old Course ?" s'exclama-t-elle toute excitée.

Clark sourit de son enthousiasme. Il savait qu'elle sauterait sur l'occasion mais il avait décidé de lui faire la surprise au cas où ça ne marcherait pas, bien que l'organisateur ait assuré Superman que c'était possible. Tandis qu'ils attendaient l'ascenseur, Lois sautillait d'impatience à la perspective du lendemain matin. "Et tu as gardé le secret ? Tu savais ça depuis ce matin et tu n'as rien dit ! Je devrais… je devrais…"

Clark se mit à rire. "J'ai décidé de garder le secret au cas où il y aurait un problème de dernière minute, des fois que Sean Connery prenne cette dernière place. Et qu'est-ce que tu vas me faire ?"

Lois sourit modestement. "J'ai décidé de te pardonner d'avoir gardé le secret et je te remercierai convenablement un peu plus tard."

"Ferme les yeux, Lois"

"Pourquoi ? Je croyais qu'on allait dîner ?"

"Loi-is ! S'il te plaît, ferme les yeux." Clark la regarda pour s'assurer qu'elle suivait ses instructions avant d'ouvrir la porte en bois devant laquelle ils se tenaient. L'asseyant sur une chaise au bout de la table, il s'accroupit devant elle. "Maintenant tu peux les ouvrir."

Lois eu le souffle coupé quand elle vit la table. Devant elle était disposé un véritable repas de Thanksgiving allant de la dinde et des patates douces à une tarte aux potirons. "Clark, comment as-tu pu organiser ça ?"

Clark se mit à rire en regardant son sourire joyeux. "Eh bien, tu as dit que la tarte aux potirons de Maman allait te manquer. Je me suis arrêté à la maison en revenant de Star Labs et j'ai demandé à Maman si elle pouvait encore préparer à dîner. Je voulais qu'on s'envole là-bas pour la soirée …"

"Mais… ? le coupa Lois.

"Mais j'allais entrer dans la maison quand ta mère a ouvert la porte."

Lois s'exclama. "Maman ! Qu'est-ce qu'elle fait là-bas ? Oh mon Dieu, tes pauvres parents."

"Apparemment ils n'ont jamais reçu ton message et ne t'en fais pas. Quand je me suis arrêté pour prendre ça, tous les quatre appréciaient leur repas et se racontaient des histoires affreusement embarrassantes sur notre enfance. Je crois que c'est aussi bien que nous ne soyons pas là. En tout cas, Maman a pensé que ma première idée ne marcherait pas. Elle a suggéré que si je ne pouvais pas t'amener ici pour le dîner de Thanksgiving, je pouvais t'apporter le dîner."

La table était remplie d'assiettes vides. Lois se rejeta en arrière sur sa chaise et regarda à regret dans son assiette les restes de la crème à la banane et au chocolat.

"La crème banane chocolat n'était pas aussi bonne que la tarte ?" demanda Clark en plaisantant. "Maman va être déçue. Elle l'a fait spécialement pour toi."

"C'est délicieux mais je n'en peux plus. En fait, c'est l'une des meilleures choses au chocolat que j'ai jamais goûté exception faite de ces bâtonnets." Lois regarda Clark et sourit. Clark rougit un peu à l'intensité de son regard.

"Oui, c'était aussi pour moi le meilleur chocolat que j'ai jamais goûté." Il lui retourna son regard.

Lois sentit ses genoux se dérober quand elle vit le désir avec lequel il la regardait. Elle se demandait encore ce qu'elle avait pu faire pour le mériter. Elle savait qu'il l'aimait plus que tout au monde et qu'il ferait n'importe quoi pour elle. Bien qu'elle aimait voler et qu'elle aimait aussi les autres avantages que leur 'apportait' Superman, comme cet hôtel, l'occasion de participer à la Old Course et pouvoir profiter d'un vrai repas de fête, elle était plus touchée par les petites choses que Clark faisait et plus spécialement ce qu'il lui faisait éprouver. Posant son verre, elle se pencha sur la table et lui tendit la main. Il la regarda, surpris par son geste.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-il l'air inquiet quand il vit les yeux de Lois pleins de larmes.

"Rien " dit-elle en reniflant. "Je veux seulement te remercier d'être toi. J'étais juste en train de penser comme j'ai de la chance de t'avoir et combien je t'aime."

Clark lui caressa le creux de la main avec son pouce et regarda au plus profond de ses grands yeux bruns. "Lois, c'est moi qui ai de la chance. Je t'aime plus que la vie et tu n'imagines pas comme je me sens spécial que tu m'aimes."

Ils se sourirent à travers leurs larmes et Clark porta la main de Lois à ses lèvres et l'embrassa doucement. Le léger toussotement du garçon les interrompit "Madame Kent ?" Vous avez un appel." Il tendit à Lois le téléphone sans fil et se retira.

Clark regardait Lois écouter attentivement son interlocuteur, posant quelques questions pour clarifier les détails avant de se retourner vers lui en souriant triomphalement.

"J'avais raison," dit-elle l'air satisfait. "C'était Jimmy. Je te jure qu'il devient pire que Perry. Il a à peine quitté le Planet, même aujourd'hui ! Le Dr Klein lui a laissé les résultats parce que 'quelqu'un' a oublié de lui dire où nous étions. On trouve de la drogue quand certaines quantités des whiskys sont mélangées."

"Félicitations ! Encore une chose dont nous devons remercier le ciel. Tu résous un mystère mais malheureusement, d'après tes conclusions, je crois que nous devons accorder à Lex le bénéfice du doute et dire qu'il n'a rien à voir dans cette affaire."

Lois baissa légèrement la tête. "Jimmy a dit que Jack et Nigel faisaient partie de la même formation et le la même cellule d'espionnage. Malheureusement, les agents secrets sont si… euh… secrets qu'il y a très peu d'indices pour dire que, d'une façon ou d'une autre, ils se connaissaient. C'est dommage de penser que peut-être il est mort en sachant quelque chose qui aurait pu mettre à mal la façade philanthropique de Lex." Sa voix se tut et elle s'assit un instant silencieuse.

Clark leva sa main une fois encore et caressa de ses lèvres le creux de sa main, essayant de recréer l'ambiance joyeuse qui avait précédé. Lois sortit de sa rêverie, frissonnant légèrement quand sa langue lui chatouilla le creux de la main.

"Je suppose je j'étais un peu obsédée." dit-elle l'air contrit. "Où en étions-nous avant d'être si brusquement interrompus ? Oh, je m'en souviens." Se levant de sa chaise, elle se plaça derrière Clark. Elle passa ses mains sur ses larges épaules avant de les descendre sur sa poitrine et lui murmura à l'oreille. "J'étais sur le point de suggérer de remercier le ciel de la manière traditionnelle, le moment est venu pour moi de te remercier pour ce merveilleux repas. De plus, je dois encore te montrer ma gratitude pour le golf que tu as organisé. " Le prenant par la main elle le conduisit hors de la salle.

"Hé ! On dirait le Pont du Golden Gate en plus petit" s'exclama Lois tandis qu'ils passaient sur Forth Bridge en direction d'Édimbourg.

"Oui, mais le pont de chemin fer de Forth Bridge est plus connu. Il y a un sujet de plaisanterie qui dit qu'ils n'arrêtent pas de le peindre. Ils commencent à un bout, il leur faut quatre ans pour arriver à l'autre bout et là ils repartent à zéro et recommencent. Regarde le d'ici." lui montra Clark à travers la vitre

Lois regarda. "Il est rouge vif ! Et je parie que les pointes sont juste un décor. Les trains ne montent pas et ne descendent pas comme des montagnes russes."

"Non, et je parie que beaucoup d'enfants sont déçus la première fois qu'ils y montent et découvrent qu'ils sont tout le temps au même niveau. Si tu tournes ici, on descendra et on ira déjeuner à South Queenferry. On pourra s'asseoir dehors sur le rivage à l'ombre des ponts. Robert Louis Stevenson s'est assis ici pour écrire l'Ile au Trésor."

"Le déjeuner sera le bienvenu après les petits exercices qu'on a fait tout à l'heure… jouer au golf, je veux dire. C'était si excitant d'être au premier trou et de savoir que des champions du monde s'étaient tenus aussi à cet endroit. Et j'ai même fait tout le parcours avec un score à peu près décent. Si j'avais eu mes clubs j'aurais peut-être fait encore mieux."

"Probablement. Quoique la prochaine fois qu'on viendra faire un championnat, je me contenterai de faire le caddy pour toi. J'apprends bien mais je préfère les parcours où je n'ai pas à me servir de ma vision à rayons X pour trouver ma balle."

Lois papota encore un peu sur le golf tandis que Clark retourna s'asseoir et l'écouta extérioriser toute cette excitation de son organisme. Lois arrêta soudain son flot de paroles et sourit à Clark timidement. "Désolé ! Je ne sais pas comme tu arrives à supporter de m'écouter parfois quand je m'égare comme ça."

"Ne t'excuse pas ! Tu avais besoin de t'extérioriser et je suis tout à fait heureux d'écouter. Tu es si exaltante à regarder quand tu t'embarques." Clark la regarda en riant. Maintenant si on veut voir quelque chose à Édimbourg avant de se préparer pour le bal, on ferait mieux d'y aller."

La couronne, dont les diamants brillaient sur l'or scintillant, dominait la vitrine. Lois la regardait se miroiter dans le diamant rond de l'antique sceptre d'Écosse. Tandis qu'elle tournait autour de la vitrine pour regarder la couronne sous un autre angle, le rouge de sa robe du soir se reflétait dans le diamant et imprimait une lueur rosée sur l'épée royale. Elle ne pouvait croire à cette admiration qu'elle ressentait devant cet étalage de patriotisme autour d'elle. Quand Clark avait entendu un appel au secours sur une plate-forme pétrolière en Mer du Nord, il avait suggéré qu'elle le retrouve ici juste au cas où il serait en retard à l'hôtel pour se préparer et qu'elle manque le début du ceilidh. Se demandant dans combien de temps Clark arriverait, elle jeta un œil aux tableaux de la salle. Ils illustraient la glorieuse histoire de l'Écosse depuis l'invasion de l'Angleterre par Wallace et la victoire de Robert Bruce à Bannocburn jusqu'à la Rébellion Jacobine quand la Couronne écossaise avaient été volée pour être mise en sécurité et égarée pendant des siècles.

'Une nation sans roi mais accordant encore une grande valeur à sa liberté' pensa Lois se souvenant de quelques passages de Braveheart. Sursautant en entendant des pas dans les escaliers qui menaient à cette antichambre de la tour, elle se retourna.

"Clark !… Qu'est-ce que tu portes ? Elle eut le souffle coupé par la surprise.

Clark s'approcha d'elle l'air un peu embarrassé. "Eh bien, quand on est à Rome… et tu l'as suggéré quand ont est allés à l'ouverture de Jack. C'est la nuit de St Andrews, alors j'ai pensé…" Sa voix s'estompa quand il vit la réaction de Lois à la vue de ses vêtements.

Lois ne parvenait pas à y croire. Clark, debout devant elle, réalisant l'un de ses fantasmes et elle était encore plus excitée qu'elle l'aurait cru possible. Sa veste noire courte et serrée mettait en valeur ses épaules et marquait sa taille. Il portait un kilt écossais rouge et vert drapé autour de sa taille et qui s'élargissait légèrement en petits plis étroits. Son nœud papillon assorti était attaché sur un gilet noir à boutons dorés qui, pour elle, mettait sa poitrine merveilleusement en valeur. Un sporran de fourrure noir et blanc avec des petits pompons pendait sur le kilt et elle imagina immédiatement ce qui se trouvait derrière. Le kilt s'arrêtait juste à ses genoux, montrant avantageusement le reste de ses jambes. Des chaussettes de laine aux vives couleurs écossaises et des chaussures lacées à carreaux des Highlands complétaient le tout. Lois laissa échapper un long soupir. Inconsciemment, elle s'approcha de lui, glissa ses mains sous sa veste et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser avec passion.

Clark répondit avant de grogner. "Lois, on devrait vraiment descendre et rejoindre le bal. Il m'a fallu une demi-heure pour mettre cette tenue et quoique je le regrette, on n'a vraiment pas le temps. Je ne me serais pas fait prier si j'avais su que tu réagirais comme ça, j'aurais porté un kilt depuis longtemps. Peut-être que tu as du sang écossais et que tu es génétiquement programmée pour chasser les hommes en kilt."

Lois se mit à rire. "Ça se pourrait ! Ou peut-être c'est seulement parce que l'homme que j'aime en porte un et que je me suis toujours demandée de quoi il aurait l'air avec un kilt. Je vais te dire quelque chose quand même. Il ne me faudra pas une demi-heure pour te l'enlever. Au fait, où as-tu eu ce kilt ?"

Le frère de Monsieur Gilfinnan a un magasin dans St Andrews et il a insisté pour que je porte un kilt si nous venions au ceilidh de soir. C'est un costume écossais que je suis autorisé à porter en tant que Kent. Et maintenant, étant donné que j'entends les cornemuses qui commencent à jouer, on ferait mieux de descendre… quoique j'aimerais mieux rester ici et voir ce que tu pourrais me faire.

Le château d'Édimbourg, brillant dans la douce lumière des projecteurs, dominait la ville sur son piton rocheux. Les drapeaux flottaient sur les parapets et les statues de William Wallace et Robert Bruce étaient érigées devant l'entrée. La maçonnerie ancienne, qui autrefois résonnaient du bruit des claymores s'entrechoquant avec les armures, chantait au son des notes entraînantes des cornemuses. La cour principale, dans laquelle la Salle de Banquet se trouvait, était tout en couleurs tandis que les groupes d'écossais dansaient le quadrille.

Lois et Clark dansaient en cercle, côte à côte, le bras droit entourant la taille de l'autre, encouragés par une rangée d'hommes et de femmes se tenant de chaque côté. Les mains des spectateurs qui battaient la mesure s'interrompirent pour applaudir quand les violonistes arrêtèrent un instant la musique.

Trébuchant légèrement, Lois s'agrippa à Clark au moment où ils quittaient le groupe de danseurs qui se remettait en ligne pour entamer un autre quadrille. "Wow, je suis étourdie." dit-elle en riant, "Je ne peux pas croire qu'ils continuent de danser."

Clark ouvrit la bouche pour répondre mais ne put poursuivre car Monsieur Gilfinnan avançait vers eux en titubant joyeusement.

"Loish ! Clark " commença-t-il, ayant visiblement testé généreusement sa production. "Je suis si heureux que vous ayez pu venir. C'est le plus grand ceilidh de l'association des distillateurs que j'ai vu depuis des années. Tous ces gens qui doutaient de moi insistent pour m'offrir un verre. Ils parlent d'utiliser ma distillerie pour la fermentation et tout ça grâce à vous. Je vous enverrai une caisse de whisky à Métropolis pour fêter le millénaire ou peut-être pour arroser votre premier né." Soudain, un cri de l'autre côté de la cour attira son attention et il se retourna. "Je reviens pour danser avec vous un peu plus tard."

Lois attira Clark vers le parapet le plus proche, se penchant sur le fût d'un canon. "Je me demande si on ouvrira cette caisse de whisky avant le millénaire." soupira-t-elle. "Après tout, on a travaillé sur l'autre projet depuis si longtemps maintenant et même en essayant pendant les soi-disant meilleures périodes du mois, ça n'a pas marché. Si on n'avait pas eu tant de trucs de bébé entassés dans la chambre d'enfant après avoir eu CJ, je commencerais à penser que j'ai rêvé d'avoir rencontré nos descendants. Ce problème de 'cycle' m'embrouille. Ils ont dit que l'on devait arriver à le résoudre, mais que va-t-il se passer si c'est vraiment ce que nous devons faire ?"

"Je suis sûr qu'il y à quelque chose que nous devons faire," Clark se mit à rire l'air suggestif, glissant ses bras autour d'elle tandis qu'elle frissonnait dans l'air froid de la nuit. "Et on ferait aussi bien d'essayer jusqu'à ce qu'on comprenne cette histoire de cycle."

"Hmm, je suis tout à fait d'accord. "Lois glissa ses mains sous sa veste pour les réchauffer avant de lui offrir ses lèvres pour un baiser. Alors que leur baiser se prolongeait, elle glissa ses mains le long de son dos jusque dans ses reins. S'écartant après ce baiser elle sourcilla. Elle passa doucement ses mains derrière sa tenue écossaise.

Paraissant légèrement choquée, elle s'exclama. "Clark Kent ! Es-tu vraiment un authentique écossais ?"

Clark se contenta de rire.

FIN



Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)