Le fils prodigue ou les deux Jack PDF Imprimer Envoyer
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Saison 5, Episode 7

par Cindy

Avec la contribution de Kathy Brown

Version française de


Traduction Chantal Martineau

 


348 avenue Hypérion

Lois Lane sortit de la salle de bains, accrochant sa chemise de nuit sur la poignée de la porte, elle se tourna triomphalement vers son mari. Clark Kent était déjà couché bien qu’ayant son ordinateur portable sur ses jambes croisées. Il leva la tête de son travail dès qu’elle entra dans la pièce.

"Ça y est!" annonça-t-elle, tenant dans la main une boîte colorée.

" Ça y est quoi ?"

"Si je me fie au test que j’ai pris ce matin, je vais bientôt ovuler."

Clark arrêta son ordinateur et le déposa à ses côtés. "Hum, félicitations, chérie, mais nous ne savons toujours pas si je..."

Lois grimpa dans le lit à côté de lui, posant son doigt sur sa bouche. "Chut, nous étions d’accord pour ne pas penser – juste le faire, souviens toi ?" murmura-t-elle sur un ton séducteur.

Clark sourit tandis qu’il faisait glisser la fine bretelle de sa chemise de nuit le long de son épaule et il déposa un léger baiser sur sa peau. "Je me rappelle... Je me rappelle très bien."

Une ruelle sombre

Deux silhouettes en chassaient une troisième dans la pénombre. Avec des signes silencieux et expérimentés, ils se séparèrent, en tentant d'encercler leur gibier, mais il était trop rapide et réussit à se faufiler.

Courant plus vite qu'il ne l’avait jamais fait, le gibier désespéré regarda frénétiquement à droite puis à gauche, tendant l'oreille pour écouter le bruit des pas derrière lui.

Ses poursuivants étaient facilement désorientés dans ces ruelles sombres, mais depuis des années ses rues étaient devenues sa demeure. Il connaissait ses sinuosités, ses impasses, les endroits cachés. Chaque fois qu’ils croyaient le tenir, il réussissait à leur échapper. Ses muscles fatigués et sa stature courbée en disaient long sur ce qu’il venait de vivre au cours des derniers jours.

Enfin, il observa discrètement sa destination finale et fila de l’autre côté de la rue. Haletant, pris de panique, il sortit un petit paquet vulgairement enveloppé dans du papier kraft, adressé à "Clark Kent, c/o Daily Planet." Scrutant les environs et entendant les pas se rapprocher, il jeta le paquet dans une boîte aux lettres voisine et disparut dans la nuit.

Quelques secondes plus tard, ses poursuivants arrivèrent en vue. Frustrés, ils s'arrêtèrent près de la boîte aux lettres pour reprendre leur souffle puis repartirent dans des directions différentes.

Salle de rédaction du Daily Planet

Clark était à son bureau plongé dans son travail pendant que Lois alternait entre l'observation de sa montre et la contemplation de son mari. S’apercevant peu à peu qu’il était observé, Clark leva les yeux vers elle, dressa les sourcils et attendit un peu. "Oui ?"

"As-tu bientôt fini ?" murmura-t-elle l'air conspirateur.

"Lois ! Clark ! Où en est l’histoire du corps trouvé dans le port ?"

Clark sourcilla en direction de Lois et se tourna vers Perry pour lui répondre. "C’est un peu étrange, Chef-- la police a soudain arrêté de donner des informations. En fait, on pourrait presque dire qu’ils ont arrêté d’enquêter. Ils n'en parlent plus du tout."

"Alors, restez là-dessus ! Il y a décidément quelque chose là-bas."

"D’accord, Chef." Clark attendit jusqu’à ce que Perry ne puisse plus les entendre et se pencha pour réprimander sa femme. "Lois, que se passe-t-il avec toi ? Je croyais que tu allais appeler Henderson et 'demander'..."

"Clark ! On doit rentrer à la maison ! On a moins de deux jours pour travailler sur notre...", elle regarda autour d’elle et chuchota, 'projet'."

Les sourcils de Clark se dressèrent. Après s’être assuré que la voie était libre, il murmura tout près d’elle. "Hum... n’est-ce pas ce que nous avons fait hier soir ?"

Lois se leva et se dirigea avec son bureau pour que cette partie de leur conversation ne puisse être entendue par des oreilles indiscrètes. "J’ai lu un peu. Les dernières études montrent qu’une femme a plus de chances de tomber enceinte dans les jours précédant son ovulation. Une fois que j’aurai ovulé, il sera peut-être trop tard. Les études ont aussi démontré, en supposant le nombre normal de spermatozoïdes d’un homme, que nous savons maintenant que tu as, que nous augmentons mes chances d'être enceinte en faisant l’amour le plus souvent possible pendant ces jours de fertilité."

Elle fit le tour de la pièce du regard avant de terminer. "Et si je me fie à ces petites boîtes avec lesquelles j’ai planifié mes journées, je devrais ovuler dans les 48 prochaines heures." Lois fit courir sa main sur son épaule, descendant jusqu’à son revers. "Ce qui veut dire que nous avons du pain sur la planche," minauda-t-elle.

Clark ne pouvait résister, vu le sourire qui se dessinait lentement sur son visage pendant qu’elle parlait. "Ça semble être une tâche pour... Clark Kent," dit-il en clignant des yeux. "Que dirais-tu si nous allions à la maison pour déjeuner ?"

"Que dirais-tu si nous y allions tout de suite ?" dit-elle, enjôleuse.

Clark cligna des yeux. "Lo-is. Il est 10 h du matin."

Lois jeta un oeil à sa montre et Clark pouvait deviner que les aiguilles tournaient à pleine vitesse dans sa tête, tandis qu’elle lui souriait.

"D’accord... alors nous n’avons pas vraiment besoin d’aller à la maison..."

Clark ouvrit grand la bouche de surprise et il était sur le point de lui répondre quand Steve, le coursier, s'approcha de son bureau et déposa du courrier par-dessus les notes de Clark. Portant des écouteurs stéréo sur les oreilles, Steve était dans son propre monde et ne remarqua pas le sourire de Lois, qui encourageait son mari, ce dernier plongea dans son courrier, trouvant un moyen d’éviter de succomber à la tentation.

Remarquant que Clark n’allait pas se laisser convaincre pour l’instant, Lois soupira et retourna à son ordinateur où ses notes peu généreuses se transformaient peu à peu en un article. "Ah, bien, le déjeuner c'est bien aussi..."

Souriant au soupir exagéré de sa femme, Clark commença à trier son courrier. Très tôt, toutefois, son attention fut attirée par un petit paquet qui semblait avoir fait plusieurs guerres. Il lui était clairement adressé.

Clark le secoua avec précaution. N’entendant rien, il l’ouvrit délicatement.

Lois s'était remise à travailler quand elle entendit l’exclamation de surprise de Clark.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-elle, croyant qu’il avait des problèmes avec son ordinateur. Comme il ne lui répondait pas, elle tendit le cou pour voir ce qui se passait et l’aperçut, lisant un petit mot, une petite boîte ouverte sur son bureau.

S’avançant encore plus près, Lois se plaça derrière lui et lut le mot par-dessus son épaule, tandis qu’il la relisait :

Clark -

S’il vous plait, gardez ça pour moi. Je sais que je peux vous faire confiance pour le mettre en sécurité. Ma vie en dépend.

- Jack


"Jack ?" lut Lois, confuse. "Jack qui ?"

"Je n’en ai aucune idée," lui répondit Clark, contemplant encore le petit mot. "Après tout, que je connais plusieurs Jack..."

"Eh bien, qu’y a-t-il dans la boîte ?"

Clark lui tendit une petite clé, que Lois lui arracha des mains.

"Une clé de coffre?" demanda-t-elle, confuse.

Clark acquiesça et elle lui redonna la clé.

"JIMMY!" crièrent-ils en chœur.

Jimmy vint les rejoindre en trottinant, tenant en main une tasse de café froid. "Hé – je sais qu’il est tôt, mais est-ce que l’un de vous veut commander à déjeuner ?"

Lois et Clark s'arrêtèrent et échangèrent des regards légèrement confus.

Clark fut le premier à reprendre ses esprits. Il leva la clé. "Nous avons besoin de savoir ce qu’ouvre cette clé. Nous pensons qu’il s’agit d'un coffre. Crois-tu que tu pourrais trouver dans quelle banque se trouve ce coffre ?"

Jimmy prit la clé. "Oh, bien sûr-- combien de banques peut-il y avoir dans cette ville ? Trois, quatre cents ?" répondit il avec une pointe d'humour. "Pas de problème." Levant les yeux au ciel et haussant les épaules, il s'en alla.

Lois prit le carton déchiré du bureau de Clark et regarda l'affranchissement. "Ça a été posté hier, quelque part dans Métropolis," dit-elle songeuse. "Je me demande s’il n’y aurait pas moyen de savoir de quelle boîte aux lettres ça provient ?"

Elle retourna à son bureau et décrocha le téléphone.

Clark, pendant ce temps, regarda dans son agenda et ses fichiers informatiques et se creusa la tête, essayant de deviner qui avait pu lui envoyer le paquet.

348 avenue Hypérion

Clark déverrouilla la porte d’entrée et la tint ouverte pour sa femme, qui était encore en train d’essayer de résoudre le casse-tête.

"Bien, le bureau de poste ne nous a été d'aucune aide," fulminait-elle, faisant voler son manteau en direction de la patère. Clark l’attrapa en plein vol et l’accrocha. "Et l’homme à qui j’ai parlé semblait... mécontent."

Clark ignora le propre mécontentement de Lois et offrit de lui faire une tasse de thé.

Lois sourcilla-- son verre de vin habituel lui manquait, mais leur objectif actuel l'empêchait de le prendre. Ils n’avaient pas pu filer en douce pour le déjeuner de toute façon. Ils avaient été si occupés qu’elle avait eu de la chance de pourvoir avaler la moitié d'un sandwich à son bureau entre deux appels téléphoniques.

Dans un soupir, Lois accepta de boire la boisson chaude et s’en prit au fauteuil. Quelques instants plus tard, Clark revint de la cuisine avec deux tasses de thé, une assiette de fruits, du fromage et des crackers. Son estomac gargouillant, Lois accepta les crackers avec plaisir, puis se colla contre Clark, le nuage noir commençant à s’estomper.

"Merci," dit-elle.

"Eh bien, nous n’avions pas déjeuné," expliqua Clark.

L’étincelle réapparut dans les yeux de Lois lorsqu’elle enfila un grain de raison dans la bouche son mari, puis en mangea un à son tour… "Laisse-moi une minute pour manger çà, puis je vais te montrer quelque chose pour te mettre en appétit."

"Mmm, tu es tellement appétissante..." murmura-t-il tout en lui faisant manger un cube de fromage, puis il baissa sa tête pour lui mordiller l'oreille. "J'ai hâte d'être au plat de résistance."

Lois pencha la tête quand ses baisers descendirent plus bas sur son cou. "Continue comme ça et nous prendrons d'abord le dessert..."

Ils commençaient à prévoir tout le menu, quand la sonnette de la porte retentit, les faisant sursauter.

Lois grogna de frustration pendant que Clark se levait. "C’est Jimmy," lui dit-il, se dirigeant vers la porte.

"Ça paraît logique," marmonna Lois.

Clark ouvrit la porte. "Salut, Jimmy."

"Hé, CK," dit Jimmy. "Hé, Lois."

Lois lui fit un petit signe de tête, ouvrant la bouche pour lui répondre comme il ajoutait, "Oh, super ! A manger !"

"Sers-toi," offrit Clark à Jimmy, qui s’était déjà servi.

"Hé, écoutez," commença Jimmy, la bouche pleine. "J’ai trouvé de quelle banque vient la clé."

"Tu l’as trouvé ?!" Le mécontentement de Lois fut rapidement oublié. "Jimmy, ton travail tient du miracle. Laquelle ?"

Jimmy avala son cracker et chercha la clé dans sa poche et la tendit à Clark. " Banque d'Épargne et Crédits de Métropolis. A l'angle de la 5ème et de Main."

"Eh bien, allons-y !" Lois sauta en bas du canapé et s'apprêtait à aller chercher son manteau, mais la main de Clark sur son bras l’arrêta. Il mit la clé dans sa poche.

"Chérie, attends une minute," dit-il. "La banque est fermée maintenant. De plus, on ne peut pas entrer dans un coffre juste parce que nous avons la clé. Nous ne savons même pas de quel coffre il s'agit."

"Ils laisseraient entrer Superman," dit doucement Lois.

Clark jeta un oeil à Jimmy, qui était à nouveau plongé dans les hors d’œuvres et n'écoutait pas. Se tournant vers sa femme, Clark répondit, aussi doucement, "Je pense que nous pouvons envisager d'autres éventualités avant de--"

Il fut interrompu quand la porte d'entrée s’ouvrit brusquement et tous trois se retrouvèrent soudain entourés par plusieurs hommes armés.

"Qu’est-ce que--?" commença-t-il, faisant un pas protecteur vers Lois. Conscient de la présence de Jimmy, Clark ne pouvait faire aucun super geste-- du moins jusqu’à ce qu’il sache ce qui se passait. Mais protéger son secret ne voulait pas dire qu’il ne pouvait pas s’interposer entre sa femme et leurs invités inattendus.

Toutefois, dés qu'il se déplaça, il fut saisi par derrière. Agacé et voulant détourner l’attention de Lois et Jimmy, Clark commença à se débattre.

Lois se figea quand un revolver fut pointé sur sa tête. Regardant Clark se "battre", elle retint son souffle avec nervosité comme s'il pouvait devenir violent.

C’est alors que, du pas le la porte, une voix se fit entendre, criant un ordre.

"Laissez-le !"

Jack Olsen entra dans la pièce. Il était suivi par un homme plus petit et plus costaud avec des cheveux roux, qui brandissant un pistolet.

"Papa ?!?" laissa échapper Jimmy, surpris.

Sous le choc, Lois resta bouche bée et elle se tourna vers Clark, qui paraissait tout aussi surpris qu’elle.

"Jack," dit Clark, en le fixant.

"Laissez-le aller," répéta Jack à l’homme qui tenait Clark. L’homme obéit avec réticence, passant une main furieuse sur ses côtes où Clark lui avait donné un coup de coude.

Comme les choses se calmaient, Jimmy retrouva la voix. "Papa, que fais-tu ici ?" s’exclama-t-il. "Pourquoi..." Il s'arrêta de parler, comme s’il voyait pour la première fois l’homme qui se tenait aux côtés de son père. "Oncle Pat ?" dit Jimmy, étonné, son regard allant de l’un à l’autre. "Que se passe-t-il ?"

"Non, ça, c’est ce que moi j’aimerais savoir," lança un Clark vraiment impatient, indiquant les agents dans son salon.

Jack fit un geste de la main et tous les agents se dispersèrent, sauf Pat et deux autres agents qui se positionnèrent près la porte. "Lois... Clark... laissez-moi vous présenter mon partenaire, Patrick McDunn."

"Oui, ravie de faire votre connaissance," murmura Lois d'un ton sarcastique. Clark s’efforça de le saluer brièvement.

Jimmy avait l'air sous le choc. "Ton partenaire," répéta-t-il, de plus en plus bouleversé.

"Jimmy," commença Jack, regardant Pat.

"Je sais que tu ne pouvais pas me dire que tu travaillais pour la NIA, Papa. J'veux dire, je comprends ça-- mais Oncle Pat? Oncle Pat travaille avec toi ?"

Pat semblait mal à l'aise et baissait les yeux.

"Tu savais que l’Oncle Pat travaillait avec moi," rappela Jack à son fils.

"Mais c’était avant que je sache que tu travaillais pour la NIA." Il posa son regard sur l’autre homme. "Oncle Pat?"

"Jimmy, je suis désolé," dit Patrick, prenant la parole pour la première fois. "C’est simplement comme ça qu'on fait ce boulot..."

"Mais je suis ton filleul," protesta Jimmy.

"Jimmy, tu dois comprendre..."

"En parlant de compréhension," les coupa Lois, "peut-être que quelqu’un pourrait nous expliquer tout ça", elle regarda Clark, "Que se passe-t-il, ici ?!"

Clark, toutefois, avait l'air de comprendre. "C’était vous," dit-il, en regardant Jack. "Jack. C’était vous."

Lois devina immédiatement ce qu’il voulait dire et acquiesça. "Mais pourquoi ? Et pourquoi Clark ?"

"Pourquoi Clark, quoi ?" demanda nerveusement Jimmy.

Jack et Patrick échangèrent un regard. "Alors vous l’avez," dit Jack à Clark.

"Avoir quoi ?" demanda Jimmy.

"La clé," répondit Clark sans lever son regard de Jack.

"La clé – cette clé ?" s’exclama Jimmy, abasourdi.

Clark dressa les sourcils en regardant Jack, qui, lui aussi, le fixait.

"Êtes-vous en train de me dire que vous savez où elle est ?" demanda Jack.

"Bien sûr qu’il sait où elle est -- vous lui avez envoyé," lui dit Lois, exaspérée. Tous échangèrent un regard avec leurs partenaires respectifs. "N’est-ce pas ?"

"Pourquoi ne nous asseyons nous pas," dit Jack, indiquant le canapé.

Lois jeta un oeil à Clark et ils les laissèrent entrer dans le salon. Clark enleva les restes de leur repas et ils s’assirent tous. "Commencez par le début," le pressa Jack. "Dites-moi tout ce que vous savez."

Lois et Clark le regardèrent avec stupeur, puis ensuite avec défi.

"Écoutez," dit Jack. "Ç'est une question de sécurité nationale, je devrais même dire de vie ou de mort."

"N’est-ce pas toujours comme ça," commenta froidement Lois.

"On peut faire ça ici ou je peux tous vous embarquer," les menaça Jack, son ton indiquant que non seulement il ne plaisantait pas, mais qu’il n’hésiterait pas à inclure Jimmy dans le "tous." "Je ne veux pas le faire, mais je suis en train de perdre mon temps ici. J’ai besoin de votre coopération-- j’ai besoin de votre aide."

Clark et Lois, avec leur esprit journalistique, échangèrent encore un regard. Lois haussa ses épaules et Clark acquiesça. "D’accord," dit-il. "J’ai reçu la clé ce matin au courrier à mon bureau."

"Au courrier !" s’exclama Jack.

Patrick éclata de rire.

"La bonne vieille poste des États-Unis," dit Patrick en riant. "Ils livrent le courrier à bon port."

"Bref," continua lentement Clark, "Elle était affranchie d’hier, le colis a été posté de Métropolis, et était accompagné d'un petit mot."

"Donnez nous ça – absolument tout." Jack tendit la main.

Clark prit la clé dans sa poche avec réticence et la leur remit.

Le corps entier de Jack semblait se détendre de soulagement quand il lut le bout de papier chiffonné. "Alors il est en vie," souffla-t-il, apparemment en direction de Patrick, mais il semblait plus s’adresser à lui-même. "Du moins, il l’était encore hier."

"Attendez – vous n’avez pas envoyé ça ?" demanda Lois, déconcertée.

"Merci," dit Jack, se levant. "On reste en contact."

Patrick se leva aussi et tous deux se dirigèrent vers la porte.

"Oh, non, vous ne partez pas," dit Clark, se dirigeant vers la porte à toute vitesse pour la bloquer. "Je crois qu’il est temps que nous ayons une explication !"

"M. Kent, nous vous avons déjà expliqué qu’il s’agissait d’une question de sécurité nationale," lui rappela Patrick. Les deux agents près de la porte semblaient prêts se servir de leurs armes et, cette fois, Jack ne fit pas de mouvement pour les arrêter.

"Nous apprécions votre aide," répéta Jack doucement. "Viens, Jim, quelqu’un va te reconduire chez toi."

"Tu vas avoir-- rien, laisse tomber cela, je peux me débrouiller," marmonna Jimmy, tentant de passer à côté de son père, qui posa sa main sur son épaule pour l’empêcher de sortir.

"J’aimerais beaucoup plus que tu sois escorté," dit-il fermement.

Ils quittèrent tous les cinq la maison. Jack envoya Jimmy avec les deux agents, puis se tourna vers son partenaire. "S’il est encore vivant, il viendra ici pour la récupérer."

Patrick acquiesça. "On va garder un oeil sur cet endroit."

À l’intérieur, Lois et Clark se regardaient et se retrouvaient soudain à nouveau seuls dans leur maison.

"Que vient-il de se passer?" se demanda Clark. "Ils sont à la recherche de qui ou de quoi ?"

Lois hocha de la tête. "Je n’en ai aucune idée," répondit-elle. "Je t’avais dit que nous aurions dû aller vérifier ce qu’il y avait dans ce coffre."

Clark regarda son air désapprobateur et elle lui sourit, adoucissant sa critique. Il passa ses bras autour d’elle. "Pouvons-nous essayer de nous habituer à ce que tu ne t'approches pas des hommes armés ?"

"Moi ?! J’étais assise dans mon salon en train de me mêler de mes affaires ! C'est toi qui les a rendus fous--" Elle fut interrompue par le baiser de son mari et décida de laisser tomber le sujet.

Lois était en train de penser qu'après tout la soirée n’allait peut-être totalement gâchée quand la tête de Clark se redressa brusquement. Lois protesta en murmurant et il posa doucement sa main sur sa bouche et un doigt sur ses lèvres.

Elle semblait confuse, Clark se dirigea vers les escaliers, lui indiquant de ne pas bouger. Elle acquiesça et Clark était au premier avant même qu’elle n’ait cligné des yeux.

L’intrus masqué avait forcé sans trop de difficulté le verrou de la fenêtre de la chambre d’amis et avait à peine fait un pas vers la chambre de Lois et Clark que Clark était déjà sur lui, l’attrapant fermement par la tête.

Malgré les protestations de l’intrus, Clark tira sur le masque – et sursauta.

C’était Jack.

Pas l’agent de la NIA qui venait de quitter la salle de séjour, mais le jeune homme que Clark avait tiré de la rue, il y a quatre ans et placé dans un centre de réinsertion, sans ajouter qu'il lui avait aussi trouvé un emploi au Daily Planet. Seulement après quelques mois passés à faire ce travail, Jack était parti à la recherche d’aventures, en quête de plus grandes et plus belles aspirations. Il avait envoyé à Clark une carte de Noël et une ou deux cartes postales, mais tous deux se perdirent de vue avant que Lois et Clark ne commencent à se fréquenter.

Mais maintenant Clark était là, dans sa chambre d’amis, serrant les bras autour du cou du jeune homme.

"Jack," dit-il, surpris, les choses se mettant en place dans son esprit, choses auxquelles il n'avait pas pensé.

Il relâcha le garçon et quand Jack se retourna pour le regarder, Clark vit l’épuisement et le désespoir dans ses yeux d'adolescent.

"Vous pourriez vous munir d’un bon système de sécurité," fut la seule chose que Jack parvint à dire.

Clark releva à peine, remarquant simplement l’apparence crasseuse de Jack.

"Je crois que tu devrais peut-être me dire ce qui se passe," commença Clark.

C’est à ce moment que Lois monta les escaliers, l’appelant.

"Clark ? Clark, qu’est-ce que--" Elle stoppa à la vue de son mari et du jeune homme à ses côtés. Elle alluma l'interrupteur faisant grimacer Jack à la lumière soudaine.

Clignant des yeux, elle eut elle aussi quelques difficultés pour parvenir à voir clairement.

"Lois," dit Clark avec lassitude, "Tu te souviens de Jack ..."

Lois, surprise d’entendre ce nom, contempla un instant le garçon.

"Tu travaillais au Planet – c'est toi qui a cambriolé l’appartement de Clark."

"Mince – essayez d'oublier, c’était il y a quatre ans."

"Oh, c’est vrai, désolée, tu as fait beaucoup de chemin depuis," répondit cyniquement Lois, lui montrant du doigt la fenêtre ouverte.

"C'est pas ça !" dit Jack, s’avançant vers elle, visiblement en colère.

"Hé !" Clark tira Jack en arrière le tenant plus fermement. "Il est temps de nous expliquer ce que c'est. Descendons au rez-de-chaussée."

Lois marcha vers la fenêtre et la verrouilla, puis elle suivit Jack et Clark dans les escaliers. Clark s'arrêta en bas et prit Lois à l’écart.

"Laissons-le respirer," suggéra-t-il. "Je veux qu’il nous dise ce qui se passe."

"Je suis d’accord avec toi," répliqua Lois, ennuyée. "Ce serait bien, pour une fois. Je suis un peu fatiguée de voir des gens bizarres entrer chez moi ce soir."

Clark se tourna vers Jack qui croisa son regard.

"Je vous ai envoyé quelque chose," dit Jack avec insistance.

Clark acquiesça. "C’était toi. Je l’ai reçu."

"Vous l’avez reçu ? Vous l’avez ici?"

Clark se tourna vers Lois. "Pas exactement. Jack--"

Il fut interrompu par la porte d’entrée qui s’ouvrit d'un coup sur Jack Olsen et Patrick McDunn. "Nous allons nous en occuper, maintenant," dit Olsen, traversant la pièce et passant les menottes à Jack.

Malgré les objections de Clark, ils sortirent Jack qui criait et protestait, laissant encore Lois et Clark seuls dans leur salle de séjour.

"QU’EST-CE QUI SE PASSE ICI ?!" Clark leva ses mains au ciel de frustration.

"Allez, viens," lui dit sa femme, son manteau déjà sur le bras alors qu'elle le prenait par le coude et le tirait dehors.

Subdivision de la NIA à Métropolis

Dès 9 heures le lendemain matin, Clark était épuisé et en avait vraiment assez. Il avait passé la nuit à l'agence de la NIA et était à bout de nerfs. Lois et lui avaient été placés dans une salle d’attente dès qu’ils étaient arrivés et malgré toutes leurs tentatives, ils n'avaient pas eu la permission de voir ou de parler à Jack ou à aucun des agents. Après avoir essayé de faire un somme sur le fauteuil qui était très inconfortable, Lois était enfin partie quelques heures plus tôt pour aller à la maison et se changer avant d'aller travailler.

Clark avait pratiquement sauté au plafond (et pensait à vraiment le faire) quand Jack Olsen le pour trouver. Lui, aussi, semblait épuisé et il tendit à Clark une tasse de café et s’assit à côté de lui. "Je n’arrive pas à croire que vous êtes encore ici."

"Où est Jack – est-ce qu'il va bien ?"

Olsen regarda autour de lui. "Où est votre charmante épouse ?"

"Elle a dû aller travailler" rétorqua Clark, énervé. "Elle pense écrire un article sur les mauvais traitements appliqués dans les murs de la NIA."

Olsen le regarda, irrité. "Dois-je vous expliquer en long et en large les termes 'sécurité nationale', Kent?"

"Vous devez m’expliquer quelque chose, Jack."

Jack Olsen soupira. Il se leva et traversa la pièce. "Ce serait une énorme violation de la procédure."

"Il n’a personne vers qui se tourner," dit Clark avec douceur. "Il a toujours été seul. Je suis le seul qui se soit intéressé à lui."

Olsen hésita, puis pressa différents boutons d’un clavier numérique près de la porte. Après s'être arrêté, il s’assit à l’opposé de Clark. "Maintenant nous ne pouvons plus être 'entendus'." Il regarda Clark droit dans les yeux. "Cette discussion est complètement hors d'écoute."

"Oh, s’il vous plait !" dit Clark, exaspéré. "Je n’ai pas demandé de faveur pour un article, Jack!"

"D’accord, d’accord," soupira Olsen. "Nous avons un agent double chez nous."Devant la surprise de Clark, il poursuivit, "Nous avions un de nos agents sur le coup. Il a été découvert dans le port il y a quelques nuits."

"Il était de la NIA ... pas surprenant alors que les policiers n'aient rien dit," souffla Clark.

Olsen acquiesça. "Dans une situation comme celle-là, nous leur demandons de tout nettoyer et d’y porter le moins d’attention possible. Ce n’était jamais arrivé. Mais cet homme avait en sa possession des preuves – qui étaient dans le coffre. Du moins, elles étaient supposées y être."

"Que voulez-vous dire par 'supposées ?'" demanda Clark, mal à l'aise.

"Nous avons eu accès à la boîte il y a quelques heures. Elle est vide."

Clark soupira. "Alors, quoi maintenant ? Et comment Jack est-il impliqué dans tout ça ?"

Olsen l’étudia, puis se leva et fit signe à Clark de le suivre. "Venez. Vous pourrez lui demander vous-même."

Il fit entrer Clark dans une pièce d’isolation où Jack avait été gardé depuis son arrivée à la NIA. La pièce n’était pas très différente de celle où Clark avait été, sauf que celle-ci possédait une table et un miroir sans tain.

Jack avait l'air misérable lorsque la porte s’ouvrit, mais sa bouche s’ouvrit de surprise quand Clark entra. "Vous êtes encore ici ? J'arrive pas à le croire !"

"Oui, ça semble être l'opinion générale." Clark prit un siège à ses côtés, attendant qu’Olsen sorte et il ferma la porte pour pouvoir parler. "Maintenant, est-ce que tu veux bien me dire ce qui se passe ?"

"C’est ce que j’ai fait toute la nuit," grogna Jack, se levant et arpentant la pièce. "Raconter cette histoire, encore et encore --"

A bout de nerfs, Clark se leva brusquement et attrapa Jack par les bras avec colère, retournant vers lui le jeune homme. Ils restèrent ainsi figés un instant, chacun se remémorant un jour différent, un crime différent, un autre interrogatoire.

"D’accord," dit finalement Jack, avec douceur. "Je vais tout vous raconter."

Jack Olsen retourna au bureau qu’il occupait, claquant la porte derrière lui. Elle tapa contre l’embrasure de la porte et s’ouvrit à nouveau. Olsen ne la remarqua même pas. Il était furieux – contre lui-même, à cause de cette histoire. Et maintenant il se remettait en question... ce qui, dans ce métier, représentait un danger considérable.

Peut-être n’aurait-il pas dû donner d’informations à Clark Kent, peut-être n’aurait-il pas dû laisser le journaliste s’en mêler. Certains secrets étaient faits pour être gardés... mais d’autres étaient faits pour être partagés.

La difficulté était de faire la distinction entre les moments où il fallait se taire et les autres où il fallait parler.

Mais il y avait un secret qu’il prévoyait de garder pour lui – celui impliquant Clark Kent. C’était quelque chose qu’il ne voulait même pas dire à Patrick et en général, il disait tout à Patrick. Jack Olsen avait une grande marge de manœuvre dans son boulot. Ses patrons lui faisaient confiance – il se devait – de faire tout ce qui était nécessaire. Mais impliquer des civils dans ses histoires était très périlleux... et si cela ne fonctionnait pas...

Dans n’importe quel cas, il valait mieux que personne ne sache.

Il avait confiance en Kent. Sinon il ne lui aurait pas ouvert la porte. Clark avait toujours était très bon pour Jimmy et le reporter semblait aussi posséder une tendresse exceptionnelle pour le jeune Jack. Olsen aurait aimé que quelqu’un ait pu veiller sur lui de cette manière quand il avait cet âge. Il aurait tant aimé être lui-même présent pour veiller sur son propre fils de cette façon

Il ouvrit son portefeuille et en sortit une photographie relativement récente de Jimmy. "Ah, Jim," soupira-t-il, "qui sait ? Ça t’a peut-être épargné quelques années en maison de redressement."

"La maison de redressement, c'était pas si mal," fit une voix derrière lui. Jack Olsen regarda un peu plus loin et trouva son fils dans l’embrasure de la porte. "Tu ne pourrais pas croire certaines des choses que j’ai apprises là-bas."

"Oh, je crois que je pourrais," dit Olsen, le contredisant. "Que fais-tu ici ? Et comment es-tu entré?"

"Oncle Pat m’a fait entrer." Sans attendre d’être invité, Jimmy entra dans le bureau et se tint à l’opposé de son père. "J’aurais pu attendre que tu viennes me voir, mais nous serions tous les deux vieux et ridés, pas vrai?"

Olsen le fixa. "Jimmy, je crois difficilement que ce soit nécessaire." Quand Jimmy rencontra son regard et que ce dernier ne répondit pas, Olsen essaya à nouveau. "Si c’est à propos de Patrick --"

"Ce n’est à propos de Pat. Non, en réalité, c’est à propos de Pat. C’est à propos de ça et à propos de toutes les autres choses dont tu ne m’as jamais parlé," dit Jimmy, d’un air renfrogné.

"Je croyais que l’on était passés par-dessus cette histoire, Jim," dit Jack Olsen péniblement. "Je croyais que tu comprenais..."

"Comprendre ?! Tu es entré comme un fou dans la maison de mes amis, tu en arrêtes un autre et je suis supposé comprendre ?!"

Olsen le regarda, surpris. "Je ne savais pas que Jack était un de tes amis. Je ne savais même pas que tu le connaissais."

"Ouais, je l’ai rencontré il y a de ça quelques années. Il a travaillé au Planet pendant un moment. Qu’est-ce que cela a à voir avec tout cela ?"

"Est-ce que tu le connais bien ?" insista Olsen.

Jimmy regarda son père, confus. "Je ne lui ai pas parlé depuis des années, si c’est ce que tu veux savoir." Il s’arrêta pour observer attentivement son père. "Attends une minute. Il a de gros problèmes, n’est-ce pas ?"

"Tu n’en as aucune idée," marmonna son père.

"Depuis que j’ai quitté Métropolis, je me suis beaucoup promené," débuta Jack. "Les travailleurs sociaux trouvèrent finalement une de mes tantes en Californie qui était d'accord pour prendre mon petit frère, mais elle ne voulait pas de moi, je ne voulais pas aller vivre là-bas de toutes les manières. J’ai fait le tour du pays, travaillant ici, prenant un autre emploi là-bas... je n’ai jamais trouvé quelque chose que j’aie vraiment aimé. Finalement, j’ai pris la décision de revenir ici. Je n’avais pas de boulot, ni rien d'autre – c’est pour cela que je n'ai pas pris contact avec vous. Je voulais m’installer avant..."

"Tu aurais dû me contacter... J’aurais pu te dénicher quelque chose. C’est dangereux dehors, Jack !"

Jack leva les yeux au ciel. "C’est exactement pourquoi je ne vous ai pas contacté ! Je ne suis plus un enfant – vous n’avez plus besoin de jouer les baby-sitter avec moi !"

"Je n’ai jamais --"

"Écoutez, voulez-vous entendre ce que j’ai à vous dire ou pas ?"

Clark se rassit, l'air contrit. "Je suis désolé... J’aurais dû ne rien dire... vas-y."

Jack prit une grande inspiration et poursuivit. "Je suis revenu en ville il y a quelques semaines. Je suis allé voir si je pouvais trouver des anciens copains et je suis tombé sur Terry."

"Qui est Terry?"

"C’est le gars qui se tenait au bar de Joe, vous savez, ce trou dans le bas de la ville ? Je le connaissais avant de partir -- parfois, quand il buvait trop, il nous racontait qu'il avait travaillé pour la NIA. Exactement-- comme des vielles histoires de guerre et tout ça, il ne donnait jamais trop de détails. Ça sonnait tellement bien à nos oreilles – voyager de par le monde, travailler dans l’ombre, à l’insu de tous..."

"Toujours en train de mentir sur ton identité, ne jamais laisser quelqu’un s’approcher trop près, qui pourrait en apprendre trop sur toi..."

"Est-ce que c’est si pénible ?"

"Jack," dit Clark, d’un ton las. "Ce n’est pas une vie. Sans laisser entrer les gens dans ta vie – te connaître, t’aimer – tu manqueras toujours quelque chose d’important. Tu seras toujours... seul."

Jack leva les bras au ciel. "Le héros solitaire. Moi et Superman." Il rit amèrement.

Clark détourna son regard et hocha de la tête pendant que Jack commençait à bouder. "Même Superman a des gens qui l’aime, Jack. Des gens qu’il affectionne, d’autres qui prennent soin de lui."

Jack arrêta de bouder, tournant le dos à Clark et il demeura silencieux un long moment.

Finalement, Clark s’avança sur sa chaise. "Alors, dis-m'en plus sur Terry."

Jack haussa les épaules et se tourna vers lui. "Nous parlions au bar et il m'a dit qu’il était sur un gros coup. Il semblait de très mauvaise humeur – il passait son temps à regarder par-dessus son épaule. Et puis, il y a quelques soirs, il m'a donné cette clé et m'a dit de la mettre en sécurité. Il a dit que des gens étaient à ses trousses et que c’était très important qu’ils ne puissent pas la trouver. J’ai mis la clé dans ma poche et nous avons quitté l’endroit par la porte de derrière. C’est alors qu’ils nous ont poursuivis-- des costauds avec des armes. Ils l’ont tué, Clark --" sa voix se brisa, laissant finalement sortir ses émotions, faisant craquer sa façade de dur à cuire.

"Ces hommes ont l’air d’être des professionnels, Jack. Comment as-tu fait pour t’en sortir ?"

Jack sourit, d’un air triste et fatigué. "La ruelle était sombre... Je crois qu’ils n’ont pas réalisé que nous étions ensemble au début. Nous nous dirigions dans deux directions opposées. J’étais presque arrivé au coin de la rue quand ils s’en sont pris à Terry. J’ai commencé à courir dans sa direction pour aller chercher de l’aide mais j’ai ensuite entendu l’un d’eux dire qu’il avait fouillé les poches de Terry et qu’il n’avait rien trouvé. C’est alors qu’ils m’ont vu et m’ont reconnu, quand j’étais avec Terry dans le bar... ils ont su additionner deux et deux... et j’ai couru comme je ne l’avais jamais fait avant."

"Qu’as-tu fait ensuite ?"

"J’ai pu les semer et je suis resté caché pendant quelques jours. Mais je savais qu’ils allaient me rattraper, alors je vous ai envoyé la boîte."

"Eh bien, tu as bien fait," soupira Clark.

"Je n’ai jamais su qu’elle ouvrait un coffre, je le jure -- "

"Je te crois," le rassura Clark.

"Qu’y avait-t-il dans le coffre ? Vous le savez ?"

Clark hésita. "Rien. Il était vide."

Jack était horrifié. "Vide ? En êtes-vous certain ?"

Clark acquiesça. "Ils l’ont ouvert ce matin."

Jack était dévasté. "Alors tout cela n'a servi à rien ?" Il s’assit, enfonçant sa tête dans ses mains. Clark déposa sa main sur l’épaule de Jack.

"Pas pour rien."

"Est-ce que tu connais bien Jack, papa ?"

Jack Olsen se tourna pour regarder son fils, soudain curieux, puis soupira. "Je ne le connais pas – pas vraiment. Et encore je le connais trop bien."

"D’accord... ce qui veut dire ?"

"Il a trébuché sur quelque chose qu’il n’aurait pas dû -- bien, deux choses à vrai dire. La première était... des informations. La seconde était sa fascination de 'la vie'."

Jimmy était encore confus. "'La vie ?'"

Olsen sourit tristement. "C’est comme cela que nous l’appelons, être dans cette branche du métier. 'La vie.' Quand tu n’es pas dedans, cela paraît prestigieux, excitant, dangereux -- amusant. Tout comme dans les films. Quand on est dedans, on passe son temps à mentir et ou encore à inventer des excuses à des gens qui n'ont rien à voir avec tout ça. Ce n’est pas aussi sensationnel qu'on le dit, Jim."

Jimmy fixa son père pensivement. "Je suppose que la raison pour laquelle je n’avais pas réalisé pour l’Oncle Pat est que je ne m’étais pas arrêté à cela. Je crois qu’il y beaucoup de choses auxquelles je n’avais jamais pensé."

Olsen sourit. "Ne m’interprète pas de travers. J’aime mon travail. C’est important, ça aide beaucoup de gens. Et ce métier m’a très bien traité pendant plusieurs années. C’est seulement – parfois je souhaiterais mener une vie ordinaire... ah, je ne sais pas..."

Jimmy rit. "Ordinaire. Tu ne peux même pas penser à un truc ordinaire !"

Olsen fit une moue à son fils. "Ne te moque pas de ton vieux père, Jim. Ce n’est pas très respectueux pour moi." Jimmy se contenta de lever les yeux au ciel et Olsen continua. "Allez, viens, je vais t’accompagner dehors."

Il posa son bras autour des épaules de Jimmy, tandis qu’ils se dirigeaient vers les ascenseurs. "Je sais que nous n’avons jamais vraiment su..."

"Hé, tu es occupé," répondit rapidement Jimmy. "Et je dois retourner travailler d’une manière ou d’une autre. Papa ?"

"Oui, Jim?"

"Jack n’a pas vraiment fait quelque chose de mal, pas vrai ? Je veux dire, combien de temps vas-tu le garder enfermer ?"

"Pas longtemps." Olsen sourit quand son fils entra dans l’ascenseur. Tandis que les portes se refermaient, son sourire disparut et il murmura, "Jusqu’à ce qu’il réalise que la NIA n’est pas une vie pour lui. Ce n’est une vie pour personne."

Clark sortit de la pièce de détention, fonçant pratiquement dans Lois. "Hé, tu es de retour," dit-il, l’embrassant. "Que fais-tu ici ?"

"Je voulais être certaine que tu allais bien," dit-elle, l’inquiétude se lisant dans ses yeux. "Comment va Jack?"

Clark soupira et lui raconta tout, incluant ce que Jack Olsen lui avait confirmé. "Le pauvre enfant est confus. Il essayait d’aider son copain, il a pensé tout à coup 'hé, peut-être que la vie n’est pas si mal après tout'. Il a maintenant des problèmes. Nous devons l’aider, Lois."

"Clark," protesta Lois. "C’est un boulot pour le gouvernement. La sécurité nationale est en jeu, tu te rappelles ? Je crois que nous avons les mains liées ! Il s’agit peut-être d’un de ces cas où ne pouvons pas aider."

Clark ne fit que la regarder, les lèvres serrées.

"T'ai-je dis que nous allions dépasser temps pour notre petit 'projet' ?"

Clark soupira très fort et se passa la main dans les cheveux. "Chérie..."

Elle lui coupa la parole. "Laisse faire... Je connais ce ton. D’accord, je t’écoute. Que crois-tu que nous pouvons faire ?"

"Bonne question," dit Jack Olsen, s’approchant d’eux. "Je crois que vous en avez assez fait jusqu’à maintenant."

"Ah, franchement," protesta Clark, "vous *savez* que Jack n’est coupable d’aucun crime. Il est innocent dans toute cette affaire."

Olsen parut ennuyé, mais Clark songea soudain à quelque chose. "Tout le monde ne le sait pas, cependant..."

"Oh, super," sourit Lois. "Tu as réellement un plan."

"Oh, je suis impatient de le connaître," grogna Olsen.

Clark sourit largement. "Y a-t-il un endroit où nous pouvons parler ?"

Jimmy observait la scène, tandis que son père escortait Lois et Clark dans le corridor. Il avait simplement descendu un étage avec l’ascenseur et était revenu sur ses pas. Il n’avait pas prévu voir son père encore dans le couloir, il garda alors la tête tournée et attendit de l’autre côté, derrière un coin de mur, jusqu’à ce qu’ils partent.

Jimmy se dirigeait maintenant vers la porte par laquelle Clark venait tout juste de sortir. Regardant des deux côtés pour s'assurer que la voie était libre, il se glissa à l’intérieur de la pièce, à la surprise de Jack. "Jimmy," dit-il, étonné.

"Hé, quoi de neuf ?" lui demanda Jimmy, comme s’il rencontrait Jack tout le temps dans les quartiers généraux secrets de la NIA.

"Oh, j’ai eu de meilleurs jours. J’ai aussi passé de meilleures semaines."

"J'imagine." Jimmy tira une chaise, s’asseyant face à Jack.

Jack le fixa. "Que fais-tu ici ?"

"Mon père dit que tu as de très gros problèmes," répondit Jimmy.

"Ton père -- Jack Olsen est ton père ?"

Jimmy acquiesça. "Je lui ai dit que tu étais un de mes amis." Il s'arrêta. "Je sais que ça fait très longtemps que tu n’es pas venu en ville, Jack, mais nous voulons vraiment tous t’aider. Tout le monde dit que tu as de gros problèmes."

Jack ne répondit pas et après un silence embarrassant, Jimmy se leva. "D’accord, alors, je dois partir avant qu’ils ne reviennent," dit-il, se dirigeant vers la porte. Il tendit la main, vers la poignée et se tourna vers Jack. "Je voulais simplement m’assurer que tu allais bien."

Jack le regarda, ses yeux devenant plus petits, empreints de confusion. "Typique," dit-il presque silencieusement.

"Quoi ?"

Jack hocha sa tête de dégoût. "J’ai quitté Métropolis pour sortir, voir du pays et trouver quelque chose que je croyais qu'il me manquait. J’ai erré pour trouver pendant si longtemps. Mais je ne l’ai pas trouvé jusqu’à ce que je revienne ici."

Jimmy avança la tête et sourit. "On n’est jamais aussi bien que chez soi ?"

"Chez moi," soupira Jack. "Je crois que je ne saurais te répondre."

"Oh, je crois que si."

"Non. Pas question."

"Jack --"

"J’ai dit non."

Ils étaient de retour dans la salle d’attente, dans laquelle Jack Olsen se sentait assez en sécurité pour pouvoir parler librement. "Réalisez-vous à quel point j’ai effrontément violé le règlement ? Je vous ai fourni des informations top secret-- que vous avez ensuite partagé avec votre femme --"

Lois contempla Clark, qui rencontrait lui-même le regard de Jack Olsen sans une once de culpabilité. "Oui, et vous détenez un jeune homme qui n’a commis aucun crime."

"C' est un témoin important."

"Jack."

L' homme demeura impassible. Clark essaya à nouveau. "Il est votre seul témoin. Et il ne sait rien. Qu’allez-vous faire maintenant ? Vous n’avez aucun indice."

"Ce n’est pas votre problème."

"Vous êtes le seul à l’avoir questionné," lui fit remarquer Lois, croyant suivre une piste. "Nous sommes les trois seules personnes à savoir que Jack ne connaît pas la nature des informations que Terry avait en sa possession."

"Si vous le laissez partir," dit lentement Clark, "votre agent double tentera de le coincer. Et vous pourrez le démasquer."

"Je ne peux pas le plonger dans une situation pareille. C’est trop dangereux," commenta Olsen.

"Ne croyez-vous pas que ce devrait être son choix ?"

"Pourquoi, parce qu’il est capable de tout faire quand arrive ce genre de choses ? C’est un enfant !"

"Et il est tout ce que vous avez."

"Jack," dit Lois, "Il est déjà en danger de toute manière. La seule façon de le protéger est de capturer le traître. Si vous avez une meilleure idée..."

Il n’en avait pas et tous le savaient. Olsen poussa sa chaise contre la table et soupira. "Retournons parler à ce jeune homme. Peut-être aura-t-il plus de bon sens que nous tous et voudra rester en dehors de tout cela."

Ils arrivèrent à la hauteur de la salle d'interrogatoire et Olsen se tourna soudain vers Clark et Lois. "Pourquoi n’allez-vous pas prendre l’air ?" dit-il, la suggestion étant très claire.

"Attendez une minute," protesta Clark, mettant sa main sur la poitrine d’Olsen.

"Écoutez, Kent, vous êtes ici depuis hier soir. Ne voudriez-vous pas emmener votre femme et aller manger quelque chose ?"

"Je ne le laisserai pas seul," dit Clark fermement.

Olsen regarda le bras de Clark d’une manière menaçante. Clark l’enleva, reculant un peu.

Olsen prit une grande inspiration et continua, pacifiquement. "Écoutez, nous travaillons tous ensemble. Nous voulons tous ce qu’il y a de meilleur pour ce garçon. J’ai besoin de lui parler -- seul-- pour trouver de quoi il s’agit."

Clark semblait vouloir dire quelque chose qu’il allait peut-être regretter plus tard, alors Lois le tira gentiment par le bras. "Allez, viens," lui dit-elle. "Je t'offre un café."

Clark fixa durement Olsen. "D’accord," murmura-t-il, "mais nous ne serons pas loin."

Olsen fronça ses sourcils en regardant de Lois pendant qu’elle emmenait Clark dans le corridor.

"Tu dois t’en tenir au décaféiné," dit-elle avec une pointe d’humour.

"La caféine ne m’affecte pas," répliqua Clark, irrité, tandis qu’ils regagnaient le couloir.

Lois s’arrêta et observa autour d’elle les yeux brillants, alors qu’il fallut à son époux quelques secondes pour s’apercevoir qu’elle n’était plus à ses côtés. Elle haussa les sourcils avec défi quand il se retourna, surpris.

Clark soupira et se passa la main dans les cheveux. "Je suis désolé, chérie. C’est seulement que..."

"Quoi ? Dis-le moi, parce que je ne comprends pas," demanda Lois, sa patience envolée depuis longtemps. "Que représente cet enfant pour toi qui soit si important ? Si important que tu ne puisses pas trouver du temps pour concevoir notre propre enfant ?"

Les yeux de Clark la regardèrent avec colère à cette accusation, mais il se radoucit tout contrit. "Je m’excuse si je t’ai fait ressentir ça," répondit-il doucement.

Lois regarda par terre, regrettant d’avoir tout fait peser sur lui. "Clark, je reconnais que tu veuilles l’aider et qu’il est ton ami, mais ça semble être au-dessus de tes compétences habituelles."

"Tu ne comprends pas."

"Tu as raison," dit Lois, presque d’un ton suppliant. "Je ne comprends pas, alors explique-moi."

Clark baissa les yeux et regarda le plancher. "Pas ici. Pas maintenant. Plus tard, je te le promets." Il leva la tête et tenta de sourire. "D’accord ?"

Elle acquiesça et glissa malgré elle un "D’accord."

Il prit sa main et la caressa.

Lois se contenta de soupirer et retourna avec lui à la cafétéria.

Olsen les regarda s’éloigner pendant une minute et entra dans la pièce d'interrogatoire. Jack était maintenant couché sur la table dans le centre de la pièce, les yeux fermés. Il ouvrit un œil pour voir qui venait d’entrer, puis le referma. "Je ne reçois plus de visiteurs," annonça-t-il.

Olsen l’ignora. "Écoute, mon garçon, le moment est venu de nous parler." Il se dirigea vers la table et poussa les jambes de Jack hors de la table, le forçant à s’asseoir.

"Hé !" protesta Jack, attrapant le bout de la table pour ne pas tomber. "Vous savez, c’est un miroir sans tain qui se trouve là-bas. Des gens sont témoins de cette scène."

"Personne ne regarde personne," soupira Olsen. "Personne ne t’observe; personne n’est à ta recherche. Sauf Kent et je viens tout juste de lui demander d'aller prendre de l’air. C’est seulement toi et moi, mon ami et on va avoir une petite discussion.

"Je croyais qu'on l'avait déjà fait la nuit dernière," murmura Jack, plus tranquille à présent.

"Eh bien, nous allons reprendre à zéro et tout recommencer," répliqua Olsen. "Parce que ce ne sera pas fini aussi longtemps que n’aurons pas capturé ce type."

"Le type qui a tué Terry."

"Oui, le type qui a tué Terry." Olsen s’éloigna et ouvrit la porte, la tenant ouverte pour Jack. "Allez, viens."

Jack était confus. "Où ?"

"Tu ne veux pas changer ton histoire ?"

Jack n’avait pas besoin qu’il le lui répète deux fois. Il fit un bond en bas de la table et suivit Olsen à l’extérieur de la pièce.

Tous deux se rendirent jusqu’au bureau d’Olsen où ce dernier fit asseoir Jack sur le canapé et lui tendit un sandwich et un jus de fruit. Jack l'avala d'une bouchée.

"Ça va mieux ?" demanda Olsen au jeune homme épuisé qui s’étendit sur les coussins.

"Bien mieux."

"Bien," dit Olsen, s’asseyant face à lui, "alors écoute-moi bien. Nous n’avons pas beaucoup de choix et nous perdons du temps. Kent a eu une idée que je trouve personnellement folle, mais comme je l’ai dit, on n’a pas beaucoup de choix. Il croit que je devrais te placer sous sa protection, que je garde un oeil sur toi et que j’attende que ce type te suive, c’est dingue..."

"Comment ce gars saura où je suis ?" l’interrompit Jack, confus.

Olsen s’arrêta et croisa son regard. "C'est l'un des nôtres, Jack. Ça me tue, mais Terry s’est fait tué par un gars de l’agence."

Les yeux de Jack s’agrandirent. "Un agent double ? Alors, ça pourrait être n’importe qui... ici." Il se leva, prit d’une soudaine paranoïa. "Je suis ici depuis des heures et n’importe qui ici aurait pu croire que je sais qui c'est..."

Olsen s’approcha de lui et posa ses mains sur les épaules de Jack. "Du calme. Tu es dans de bonnes mains."

"Pourquoi," demanda lentement Jack, "est-ce qu’une personne trahirait son pays, les gens avec lesquels il travaille, les gens qui lui ont sauvé la vie ?"

Olsen resta silencieux un instant et dit, "Les gens font des choses pour toutes sortes de raisons, Jack. Dans un cas comme celui-ci, c’est sûrement à cause de l’argent. Mais parfois... c’est seulement un agent qui a mal tourné. Ça arrive, malheureusement. Cette vie n’est pas pour tout le monde."

Jack acquiesça. Il commençait à comprendre ça. Cela paraissait si intense, les histoires que Terry lui racontait. Et il ne pouvait renier ce flux d’adrénaline qui montait en lui quand il avait glissé la petite boîte dans sa poche, dans le bar, quelques jours plus tôt-- c’était comme dans les films et il allait être l’homme de la situation. Seulement, ce n’était jamais comme dans les films. Son ami avait été brutalement assassiné presque devant lui... et maintenant les assassins étaient à ses trousses.

"Mais maintenant," continua Olsen avec un entrain qu’il ne ressentait pas, "la chose la plus importante est de trouver qui ils sont... et les arrêter. Alors, que dirais-tu de servir d’appât ?"

Le regard nerveux de Jack le trahit, son regret de s'être laissé impliquer dans cette histoire dès le début se lisait clairement sur son visage. Mais il répondit sur un ton qu’ils savaient tous deux être de la fausse bravade. "Tout ce que vous voulez. Nous aurons ce type."

Olsen hocha de la tête et entoura son bras autour des épaules du jeune homme. "Allons-y."

348 avenue Hypérion

Jack, Clark, Lois et Olsen pénétrèrent dans la maison avec beaucoup de trépidation.

"Est-ce que nous n'aurions pas dû attendre qu’il fasse un peu plus sombre ?" réfléchit tout haut Jack, jetant un coup d’œil dans la salle de séjour.

"Non, nous voulons qu’ils sachent que tu êtes ici," lui rappela Lois. "Nous voulons qu’ils s’en prennent à toi."

"Oh, oui, c’est vrai."

Olsen vérifia encore une fois toute la maison, pendant que Clark la passait aux rayons-X, en venant tous deux à la même conclusion que personne ne se trouvait dans les parages.

"Vous devriez vraiment vous munir d'un système de sécurité," commenta Olsen.

"Vous voyez ?" fit remarquer Jack.

"Hm -- oui," dit Clark en jetant à sa femme un regard qui en disait long, "on pense s’en faire installer un."

Olsen paraissait encore mal à l'aise. "Toute cette affaire n’est pas officielle et je dois vous rappeler, pas tout à fait légale. Je ne peux pas vous garantir une protection de la NIA."

"Nous allons nous débrouiller," le rassura Lois. "Superman est toujours dans les parages."

"Coinçons ce type," lança Clark, confiant.

Olsen n’était pas impressionné. "Je vais retourner à mon bureau. Je vais revenir dès que possible, toutefois. Et vous savez comment me joindre."

Clark lui indiqua la sortie et verrouilla la porte derrière lui.

Il se tourna ensuite vers Jack qui étudiait les photos de famille accrochées au mur.

"Pourquoi ne montes tu pas te reposer un moment, Jack? Tu dois être exténué."

"Non, je vais bien," insista Jack. "Alors, avez-vous eu un grand mariage ?"

Lois reconnut qu'il essayait de bavarder un peu. "Tu dois te reposer, Jack," dit-elle.

Jack aurait sans doute encore protesté, mais il fut interrompu par un grand bâillement.

Clark marcha vers lui et mit une de ses mains sur son épaule. "Tu es en sécurité ici. Entre nous, Jack Olsen et Superman, rien ne pourra t’arriver." Jack acquiesça. "Maintenant," continua Clark, "Lois a raison – tu dois te reposer. Ça peut prendre du temps avant qu’il ne se passe quelque chose. Tu as faim ?"

"Je pourrais te faire quelque chose à manger," proposa Lois avec bienfaisance et Clark fit un petit signe de tête à Jack en écarquillant les yeux.

"Euh, non merci, ça va," répondit Jack à la hâte. "Je crois que je vais monter." Avec un sourire et un signe de la main, il monta dans la chambre d’amis.

"Hé," dit Lois, faisant une drôle de tête à Clark. "Je t’ai vu."

Clark lui sourit. "Eh bien, quoique j'apprécie de porter les mêmes vêtements deux jours de suite, je crois que je vais aller prendre une douche et essayer de dormir moi aussi." Il se dirigea vers les escaliers.

"Tu veux de l’aide ?" lui offrit Lois calmement.

Clark se retourna et contempla sa femme qui le regardait. Elle semblait tendue et, avec un regard désolé, il revint près d’elle et l’entoura de ses bras.

Lois s’accrocha à lui un court instant, puis le tira vers le canapé avec elle. "Est-ce que tu vas bien ?" lui demanda-t-elle, repoussant une mèche de cheveux de ses yeux.

Clark sourit et acquiesça. "Oui. Je-- je suis désolé de mon attitude tout à l'heure. C’est seulement que-- je me sens responsable de lui, tu comprends? Depuis que je l’ai rencontré, je me suis senti une âme de protecteur envers lui. Je ne sais pas... J’ai l’impression que si je ne lui porte pas attention, personne ne le fera..."

Sa voix se brisa et Lois mit ses bras autour de lui pour le sécuriser. "Clark, je comprends ça. Je te crois vraiment, je crois que c’est merveilleux que tu ressentes ça envers lui. Ça ne fait que renforcer l’idée que j’ai de toi : tu seras un père merveilleux."

Clark la tira plus près de lui et la regarda, l’incertitude se lisant dans ses yeux.

Lois semblait confuse. "Tu n’en doutes pas, j’espère ? Je veux dire, je croyais que tu avais surmonté la peur que notre enfant 'ne puisse pas te reconnaître dans au milieu d'autres hommes'."

Il rit une seconde. "Non, ce n’est pas cela. C’est juste que... certaines choses arrivent. Jack ne sait même pas qui est son père. Et Jimmy adresse à peine la parole au sien."

"Eh bien, Clark, observe bien leurs situations ! Tu ne prévois pas d’abandonner ta famille, n’est-ce pas?"

"Non, pas du tout."

"Bien, alors, tu n'as pas à t’inquiéter que notre enfant se trouve un jour dans la situation de Jack. Et prévois-tu de mentir à nos enfants sur ce que tu fais ?"

Clark la regarda, ne pouvant pas se défendre. Lois lui tendit la perche. "Laisse-moi reformuler ma phrase. Prévois-tu de laisser nos enfants grandir en croyant que tu fais un truc quand tu en fais en réalité un autre ?" Clark cacha son visage de sa main et Lois grimaça. "Je ne t'aide pas beaucoup, n'est-ce pas ?"

"Non, mais l’effort est tout de même apprécié."

"Écoute, Clark," dit fermement Lois, "Jack Olsen a menti à sa femme, à son fils, à toute sa famille-- personne ne savait ce qu’il faisait vraiment ni où il se trouvait réellement. Et ce manque d’honnêteté a fait avorter son mariage et a détruit sa famille. Nous sommes plus forts que ça. Et nos enfants vont comprendre, aussitôt qu’ils seront assez grands, quel genre de père ils ont exactement. Et ils seront aussi fiers de lui que je le suis."

Clark se pencha lentement vers elle les yeux fermés et posa doucement ses lèvres sur les siennes. "Je t’aime, Lois," murmura-t-il, l’entourant de ses bras et l’attirant à lui. "Je suis désolé que tu aies pensé que je ne pouvais pas trouver de temps pour notre bébé."

"Chut, ne t’en fais pas... Je n’aurais pas dû dire ça. Je n’aurais pas dû te mettre la pression si tu ne te sentais pas prêt à cela aujourd’hui... si tu en as trop dans la tête..."

Clark la tira à nouveau vers lui et la regarda dans les yeux. Il lui sourit chaleureusement et posa sa main sur sa joue. "C’est toi que j’ai dans la tête."

Lois passa ses doigts sur sa bouche avec un soupir de satisfaction et il y déposa un baiser. "Est-ce que quelqu’un a parlé d'aller prendre une douche ?"

"Est-ce que quelqu’un a parlé de m' aider ?"

Lois sourit. "Je parie que si on monte en super vitesse, on ne réveillera pas Jack."

Jack, toutefois, était bien loin de dormir. Il avait essayé, mais il n’avait réussi qu’à s'assoupir quelques minutes. Au lieu de cela, il arpentait de long en large la petite pièce qui servait de chambre d’amis à Lois et Clark. Et le sentiment d’emprisonnement allait lui faire perdre la tête.

"J’ai besoin de prendre l’air," murmura-t-il, se dirigeant vers la fenêtre. Il fit un mouvement pour la déverrouiller, mais pensa à quelque chose de mieux et retira sa main. "J’ai juste--" soupira-t-il, avec frustration. "J’ai besoin de faire un tour pour m'éclaircir les idées."

Il attendit, sachant très bien qu’il ne devrait pas sortir seul. Mais il rationalisa rapidement la situation.

"Je serai de retour dans dix minutes... avant même que quelqu’un n’ait réalisé que j’étais parti."

Des années d’expérience dans ce genre de situation avaient considérablement augmenté sa confiance, Jack éteint la lumière de sa chambre, ouvrit la porte sans bruit et s’engagea dans le couloir.

L’intérieur de la maison était sombre, la seule lumière venait de sous la porte fermée de la chambre de Lois et Clark. Il sourit et entendit des voix qui murmuraient, suivi d’un petit rire féminin et d’un grognement masculin. Puis la douche se mit à couler et il ne pouvait plus rien entendre.

'Non, ils ne sauront jamais que je suis parti,' pensa-t-il, en souriant. Jack descendit les escaliers sur la pointe des pieds, enfila son manteau et franchit la porte d’entrée moins d’une minute plus tard.

Le sentiment de liberté qu’il ressentit lui vint en descendant les marches du perron, c’était exaltant. Il avait presque parcouru un pâté de maison complet avant d’être saisi par le cou.

"Allons-y," souffla l’homme, et Jack, conscient du couteau sur sa gorge, poussa un cri désespéré, tandis qu’il était jeté à l’intérieur d’une camionnette.

Clark faisait glisser ses baisers dans le cou de Lois, l’eau chaude les aspergeant quand il arrêta soudain.

"Quoi ?" soupira Lois alors qu'il se tournait pour regarder à travers le mur.

"Non, non, non... oh, Jack," marmonna Clark, poussant le rideau de la douche sur le côté et quittant la pièce en l’espace d’un éclair.

Le temps que Lois prenne une robe de chambre et se précipite dans les escaliers en appelant son mari, il avait disparu.

Clark survola trois fois la ville, mais il n’y avait aucun signe de Jack. Il réalisa que peu importe où il avait été emmené, peu importe le véhicule qu’ils avaient utilisé, il devait être doublé de plomb.

Frustré et fâché contre lui-même, il se retourna pour rentrer à la maison. Au préalable, Lois avait appelé Jack Olsen et lui avait fourni le code pour l’alerter de ce qui venait tout juste de se passer. Olsen était déjà arrivé à la maison et sermonnait Lois.

Clark les entendait de la rue, il hésita, puis prit la décision et entra dans sa maison en tant que Clark. Lui et Lois étaient tous deux dans l’erreur et Clark savait qu’il devait lui aussi être blâmé.

Il entra en courant et Olsen interrompit son sermon pour s’en prendre à lui. "Eh bien ?" demanda-t-il.

"Il n’y avait aucun signe de lui – Superman est encore en train de le chercher." Ça le rendait malade de mentir et l’expression sur le visage de Lois ne l’aidait pas. Elle était habillée, mais ses cheveux étaient encore humides et elle le contemplait avec horreur.

"Alors, qu’est-il arrivé, bon sang ?!" Olsen était furieux. "Je l’ai laissé avec vous moins de deux heures ! Pourquoi n’avez-vous pas gardé un œil sur lui ? A quoi pensiez-vous ?"

Clark ouvrit la bouche pour répondre, pour s’excuser, mais Olsen leva sa main. "Oubliez cela. Je vais le trouver moi-même."

"Mais--" commença Lois, puis elle s'arrêta tandis qu’Olsen sortait un petit ordinateur, grand comme la main.

Clark réalisa ce dont il s’agissait. "Vous l’avez marqué," dit-il, sans savoir s’il devait être soulagé ou ennuyé.

Lois paraissait choquée et Olsen les observa tous les deux. "J’ai glissé un émetteur dans son manteau. Et c’est une bonne chose que je l’ai fait, vous ne croyez pas ?"

Lois ouvrit la bouche pour répliquer, mais le regard de Clark l’en empêcha. L’image sur l’écran fit apparaître une adresse. "4ème et Grant. C’est tout près de la jetée."

"Allez-y," le pressa Clark. "Je vais contacter Superman et je vous rejoindrai là-bas."

"Le contacter ? Je croyais que vous aviez dit qu’il le cherchait. Est-ce qu’il traîne un téléphone cellulaire avec lui, maintenant ?"

Clark, pris de court par ce défi qu’il n’avait pas prévu, cherchait une réponse quand Lois se mêla très vite à la conversation, indiquant la porte d'un geste de la main.

"Nous perdons un temps précieux," rappela-t-elle à Olsen, d’un ton pointu. Il acquiesça, quittant la maison rapidement.

Clark remercia sa femme du regard. "Reste ici," l’avertit-il, puis il partit en coup de vent.

Quai 12, port de Métropolis

Superman arriva quelques instants plus tard au bâtiment abandonné, remarquant la fourgonnette stationnée à l’extérieur. Il confirma ses soupçons : la camionnette était recouverte de peinture au plomb, il lança quelques jurons, c’était un de ses seuls points faibles. Il passa l'entrepôt aux rayons-X et fut découragé de voir qu’il était vide. "Génial," maugréa-t-il.

Scannant les alentours, il prit soudain conscience du panneau qui indiquait que le bâtiment était un centre d’accueil abandonné. Il essaya de regarder à travers le plancher et, bien entendu, sa vision fut bloquée.

Il sourit, satisfait et entra dans le bâtiment abandonné.

Les hommes en dessous sursautèrent surpris, quand le plafond s'apprêtait à leur tomber dessus. Il se levèrent la tête juste à temps pour voir l’homme à la cape rouge atterrir dans leur repère.

Il y avait cinq hommes, plus Jack attaché et sous le choc, et ils tentèrent de s’enfuir quand ils réalisèrent ce qui arrivait.

Malheureusement pour eux, Superman les avait emprisonnés derrière plusieurs grosses caisses avant même qu’ils n’aient pu faire plus de trois pas.

"Tu vas bien ?" demanda Superman, délivrant Jack.

"Oui, je – Superman !! Là-bas !" Jack indiqua un coin d'où quelqu'un d'autre semblait tenter de filer.

Superman mit le grappin sur l’homme en l’espace d’une seconde, le tenant serré et le balançant d’un endroit à l’autre. "D’accord, laissons --". Il se tut, sous l’effet du choc, quand il aperçut le visage de l’homme qu’il détenait. "McDunn !" s’exclama-t-il.

Patrick cligna des yeux, surpris que Superman connaisse son nom.

Superman hocha de la tête. "Mais pourquoi ?"

"C’est ce que j’aimerais savoir," dit une voix venant de derrière lui. Jack Olsen émergea des ombres poussiéreuses, suivi d’agents venus en renfort qui entourèrent l’équipe de McDunn.

Du coin de l’œil, Superman vit entrer Lois, un magnétophone et un calepin dans les mains. Il lui jeta un regard ennuyé, mais elle lui sourit si tendrement, elle fit ensuite quelques pas en direction du jeune Jack, lui demandant s’il allait bien.

Pendant que Jack la rassurait, Superman s’approcha de sa femme.

"Lois," commença-t-il sur un ton ferme, "Est-ce que Clark --"

"Où est Clark?" demanda soudain Jack.

"Oui, Superman," réfléchit tout haut Lois, calmement. "Où est Clark?"

Superman marmonna un truc disant qu’il avait vu Clark à l’extérieur ce qui confirmait aux les agents de la NIA que la situation était sous contrôle, puis il sortit rapidement.

Il réapparut quelques secondes plus tard en tant que Clark, jouant le grand jeu, demandant à Jack s’il allait bien et saisit l’opportunité de sermonner sa femme. Lois, bien sûr, ne lui prêta aucune attention et se prépara à travailler.

Jack Olsen n’avait rien entendu de tout cela, toute son attention était portée sur son partenaire et la trahison de son meilleur ami.

"Pat," dit-il, essayant de garder un peu de dignité tandis qu’il se battait intérieurement contre une colère épouvantable, "dis-moi simplement pourquoi. Et dis-moi ensuite comment. Après toutes ces années, comment as-tu pu ? Nom d'un chien – je te faisais confiance ! Tu es le parrain de mon fils !"

"Oh, s’il te plaît !" Patrick lui cracha presque dessus. "Nous ne faisons confiance à personne, Jackie... c’est de cette façon que ça fonctionne pour nous. Chacun pour soi... nous mentons à nos femmes, à nos enfants, à nos amis... et nous sommes récompensés pour cela."

"Ce n'est pas pour ça que la NIA --"

"La barbe ! C’est pour cela que chaque partie de la NIA... oh, mais tu n’es pas comme ça... tu es l’agent qui fait toujours passer la famille en premier. Cela fait combien de temps que tu n’as pas vu mon filleul, Jackie, mon garçon "

Les yeux de Jack Olsen se rétrécirent de fureur au sarcasme amer craché par la bouche de son partenaire. "Je ne suis pas un ange, Patrick, et je n’ai jamais dit que je l’ai été. Et je suis le premier à admettre que la NIA n’est pas parfaite. Mais nous avons nos idéaux, quelque chose de bien, quelque chose d’important. Et tu nous as tous trahis. Ton boulot, ton pays, moi ! Ça ne veut rien dire pour toi ? Tu as fait un serment ! Ce que tu as fait a coûté la vie à ces gens!"

Patrick éclata d'un rire sardonique. "Qu’est-ce que je suis, Superman ?" demanda-t-il. "Tu crois que je vais continuer à jouer les héros sans que ça me rapporte ? Reviens sur Terre, Jack! ¨Ca ne marche pas comme ça ! Je mérite mieux que ça ! J’étais fatigué de dédier ma vie à un boulot qui ne me donnait pas assez en retour. J’ai seulement trouvé un autre moyen pour en avoir davantage."

"Et tuer un agent et ensuite traquer un enfant innocent qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment."

Clark regarda Jack qui avait le regard rivé sur la confrontation entre les hommes.

"Personne ne prévoit de se faire prendre, Jack... J’ai simplement fait ce que j’avais à faire. Simplement comme tu devais faire ce que tu as fait pour me capturer."

Jack Olsen en avait plus qu’assez. "Sortez-le d’ici," dit-il, jetant Patrick vers les deux agents qui attendaient. "Et vous," cria-t-il à un autre agent, "dépêchez de trouver un médecin pour examiner ce jeune homme afin de s’assurer qu’il va bien. Tout de suite !"

L’agent prit Jack par le bras et conduisit à l’extérieur du bâtiment le jeune homme trop choqué pour protester.

Après s'être un peu calmé, Jack Olsen se tourna vers Lois et Clark. "Bien, je crois que nous pouvons sortir d’ici, nous aussi. Mes hommes nettoieront cet endroit, ils vont s’occuper des trucs ici."

Il fut arrêté par une main sur son bras.

"Attendez une minute," dit Lois, le ton sympathique, mais ferme. "Je suis un peu confuse à propos d’une chose. Qu’était supposé contenir le coffre ? Quelles preuves possédait votre agent Terry ?"

Jack Olsen se contenta de la regarder froidement. "C’est top secret."

Lois leva un sourcil, étonnée. "Oh, maintenant, vous allez vous défendre avec cela ? Après que nous ayons trouvé votre taupe ?? Je ne le crois pas..."

"Désolé, Lois... vous savez seulement ce que vous avez besoin de savoir. Mais nous apprécions vraiment votre aide."

Lois commençait à se fâcher mais Clark se contentait de rester à ses côtés en hochant la tête avec surprise, presque souriant.

"Notre aide... ouais, tout s’est déroulé selon le plan, pas vrai, Jack?"

Jack croisa le regard de Clark, d’égal à égal.

Lois les regarda l’un et l’autre. "Je crois que j'ai raté quelque chose... Clark, que veux-tu dire, 'selon le plan' ?"

Clark, cependant, regardait toujours Jack. "J'arrive pas à y croire... vous aviez tout prévu. Jack, nous... toute cette situation." Clark rit d’un rire sans humour. "Tu ne vois pas, Lois? Il n’y a jamais eu de preuves dans cette boîte... il n’était pas supposé y avoir quelque chose. Patrick devait juste croire qu'il y avait quelque chose pour traquer Terry."

Les yeux de Lois s'écarquillèrent et le regard impassible d’Olsen ne fit que confirmer ce que Clark venait de dire et il poursuivit, exposant tout le plan.

"C’était un scénario... une ruse... vous saviez que l’agent double allait s’en prendre à Terry simplement parce qu’il croyait que Terry possédait des pièces à conviction qui pouvaient le dénoncer. Seulement, Terry s’est fait tuer. Cela ne faisait pas partie du plan, n’est-ce pas, Jack ?"

Jack regarda à nouveau Clark, inébranlable. "Terry était un agent bien entraîné... il connaissait les risques... mais oui, ce n’était pas supposé se passer comme ça... ils trouvèrent plus rapidement que nous ne l’avions pensé ; nos renforts ne sont pas arrivés à temps. C’est... regrettable... c'est le moins qu'on puisse dire. Mais cela n’a pas changé notre objectif."

"Alors, pendant tout le temps que nous vous 'convainquiez' d’utiliser Jack comme appât... tout ce truc de violer le protocole et le danger-- vous alliez le faire de toute manière. Vous nous avez utilisé pour convaincre Jack."

Jack regarda tour à tour Lois et Clark. "Vous avez tous deux une réputation à la NIA, Clark... vous dire de ne pas vous mêler de nos affaires garantit que vous allez faire le contraire, n’ai-je pas raison ?"

La moitié féminine de Lane et Kent retrouva la voix."Pourquoi vous nous manipulez, espèce de fils de--"

"Personne n’a jamais dit que la vie était belle, Lois – personne n’a jamais dit que nous étions des gens gentils faisant des bonnes choses. Je croyais que vous saviez tout cela. Nous savions que le coffre était vide, oui, mais nous ne savions pas que Terry allait donner cette clé à Jack... et si j'avais su que Terry allait le faire, je lui aurais dit de ne pas le faire. Mais quand c'est arrivé, nous avions à répondre rapidement de la seule façon dont nous pouvions le faire. Coffrer un agent double et le mettre hors d’état de nuire est vital pour la sécurité de notre pays."

"Même si ça impliquait de risquer la vie d’un jeune spectateur ?" Clark fixa Olsen avec un regard perçant.

Olsen le regarda de la même manière. "A la minute où Jack a accepté de prendre cette clé, il a cessé d’être un spectateur innocent. Si j’avais eu le choix, il n’aurait jamais été impliqué. Mais une fois qu’il l’a reçu... nous n’avions plus le choix. Sa vie était en danger aussi ! Reconnaissez-le, Kent. Vous êtes arrivé à la même solution, souvenez-vous ? C’était la seule façon."

Clark ne répondit pas. C’était vrai – c'était la seule solution. Ce n’était pas la faute de Jack Olsen si ce jeune Jack s’était retrouvé impliqué dès le début. Mais ça rendait Clark furieux de voir à quel point il avait été utilisé si facilement.

Jack Olsen soupira. "Écoutez, Lois, Clark... C’est mon affaire de garder des secrets. Mais ceci n’est pas un secret – tout ce que j’ai fait était de protéger mon pays, de protéger ce jeune homme. Si ce n’est que cela, je crois que cette expérience a montré à Jack que cette vie n’est pas faite pour lui..." Olsen se tut, paraissant triste à sa sortie du bâtiment, le dernier endroit où il vit Patrick.

"Bon sang," ajouta-il d’un ton morne, "parfois je me demande si c'est une vie."

Salle de rédaction du Daily Planet

Lois tenait bien haut le journal, arborant le grand titre, 'Agent double de la NIA capturé'."

"Bon travail," commenta Perry, venant derrière elle.

"Merci, Perry."

"Bonne idée l'interview avec le gamin."

"Je crois que c’était important que Jack puisse raconter son histoire avec ses propres mots," dit Lois, regardant Clark et Jack à l’autre bout de la salle.

"Il a bien travaillé. Je crois qu’il sera très bien ici."

"Merci de lui avoir redonné son ancien emploi, Perry. Je sais ce que ça représente pour lui-- et pour Clark."

Perry sourit. "Ce gars-là revient de loin. Qui sait ? Peut-être que je pourrai le mettre avec Olsen-- et voir ce que ça pourra donner." Il retourna dans son bureau.

Le son du rire de Clark fit se retourner Lois, elle l’observa. Elle aimait l’entendre rire. Cela lui faisait toujours sentir qu’il y avait quelque chose de bon dans le monde.

Jimmy se joint à Jack et Clark à l'instant où Lois sentit une main sur son épaule. Elle se retourna et vit Jack Olsen se tenir derrière elle.

"Vous avez tous les deux fait beaucoup de bien à ce jeune homme," dit-il tout bas. Il paraissait fatigué, la suite des événements des derniers jours se lisait sur son visage.

"Alors, vous allez bien ?" demanda Lois, lui offrant une chaise. Après avoir discuté dans la voiture, elle et Clark en étaient arrivés à la conclusion de leur histoire avec la NIA et ses 'vérités partielles' et ils jugèrent qu’il était mieux de ne pas garder une dent contre Jack Olsen... pour le bien-être de Jimmy, tout comme celui du jeune Jack, si ce n’était que ça.

Olsen s’assit et sourit amèrement.

"Oui," dit-il, une ombre traversant son visage. "C’est simplement que – vous croyez connaître quelqu’un – vous lui faites confiance sur votre propre vie... et puis..."

"Hé, papa." Jimmy avait traversé la pièce et se tenait maintenant près de son père. "Comment vas-tu ?"

"Oh, je tiens le coup, Jim," dit chaleureusement Olsen, faisant un véritable effort pour le bien de Jimmy.

"Alors, je suppose que tu vas repartir très bientôt ?" Jimmy se percha sur le coin du bureau de Lois tandis que Clark et Jack s’approchaient.

"Vois-tu, Jim, je voulais justement te parler de cela," soupira Olsen. "Je songe à prendre des vacances – j’ai besoin de vacances. En fait, de longues vacances. Que dirais-tu si je restais à Métropolis pour un bout de temps ?"

Le visage de Jimmy s’illumina. "Vraiment ? Ce serait super !"

Olsen se leva. "Alors... que dirais-tu d’inviter ton vieux père pour le déjeuner ?"

"On y va !"

Tandis que le père et le fils se dirigeaient vers l’ascenseur, Lois et Clark s’échangèrent un regard. Voyant les deux Olsen ensemble leur confirmait qu’ils avaient fait le bon choix.

Lois dirigea son attention vers Jack. "Alors, as-tu un endroit où habiter ?"

"Oh, oui – vous voyez, je vais rester avec Jimmy jusqu’a ce que je trouve un appartement. Je vais en visiter un cet après-midi, c’est --"

Il fut interrompu par Perry, qui sortait de son bureau en criant, "Hé, gamin ! Viens ici !"

Jack leva les yeux au ciel en marmonnant. "Ouais, ouais," et il se dirigea vers le bureau de Perry.

"Chérie, c’était vraiment gentil de lui demander cela..."

"Mais ?"

"Mais, et s’il avait voulu rester avec nous ?"

Lois le regarda avec surprise. "Je croyais que tu te sentais très paternel envers lui ? Je croyais que tu voulais qu’il reste avec nous."

Clark sourit chaleureusement. "En vérité... j’espérais que l’on pourrait travailler sur notre petit 'projet'."

Lois regarda sa montre avec regret. "Je crois que notre temps sera écoulé quand nous partirons d’ici ce soir."

Clark considéra ce qu’elle venait de dire, puis sourit. "Alors... si l’on essayait de saisir plus tôt cette opportunité, au lieu de plus tard ?"

"Clark, nous ne pouvons pas partir tout de suite. Nous avons plein de travail à faire pour notre article !"

Clark hocha de la tête. "Je n’ai pas parlé de partir."

Les yeux de Lois s’illuminèrent tandis qu’il lui prenait la main. "Oh, tu n’oserais pas." Elle lui lança le défi.

"Tu ne me crois pas ?" Toujours souriant, il fit le tour de la pièce à la recherche des regards... et ils disparurent dans une tempête de vent et de papiers.

C'était une chance qu’aucune personne travaillant au Daily Planet n'ait eu besoin de se rendre dans la réserve pendant la demi-heure qui suivit, bien qu' entendant des rires étouffés, certains se demandèrent ce qui se passait à l’intérieur.

FIN



Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)