Et il renaîtra de ses cendres... PDF Imprimer Envoyer
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Saison 5, Episode 6

Écrit par Leanne Shawler

Version française de


Traduction Chantal Martineau



PROLOGUE

Les troncs fantomatiques des arbres flamboyaient et disparaissaient quand les phares de la Limousine les éclairaient. Les branches, de temps à autre plus basses, allaient frapper de leurs feuilles le toit de la voiture.

Le chauffeur ralentit, voyant les signaux lumineux devant lui. L'homme assis à l'arrière, vêtu d'une élégante tenue de soirée, se pencha. "Quel est le problème, Frédérick ?" demanda-t-il.

"Il y a des signaux de détresse devant, monsieur." Ils s'avancèrent plus près et aperçurent une Mustang décapotable arrêtée sur le bord de la route. "On dirait une panne." Une silhouette apparut à l'extérieur du capot de la voiture immobilisée. C'était un homme, extrêmement grand et mince. Toutefois, il n'était pas habillé en chemise et en jeans. Il portait un manteau de velours grenat, des haut-de-chausses marrons, des cuissardes et un tricorne sur la tête.

"Le pauvre homme doit être en retard pour une réception," déclara le patron de Frédérick. "Allons-lui donner un coup de main."

"Oui, monsieur."

Le chauffeur gara la Limousine devant le véhicule en panne. Fred descendit et s'approcha de l'homme costumé. "Avez-vous besoin d'aide, monsieur ?"

L'homme sortit de son long manteau un pistolet qui ressemblait à une arme futuriste. "Les mains en l'air. Tous les deux " ordonna-t-il brusquement. L'accent était du Yorkshire, même si le chauffeur ne pouvait pas distinguer un accent canadien d'un américain. Le chauffeur obéit instantanément. "Ouvrez la porte, mon bon ami."

Tremblant, le chauffeur ouvrit la portière avant du côté du passager. "Je – je suis désolé, monsieur," bégaya-t-il confus à son employeur qui le regardait". Il pâlit à la vue du fusil.

"Vous et la jolie mademoiselle, sortez," ordonna-t-il.

L'homme riche fit ce qu'on lui ordonnait sans se donner la peine d'aider sa jeune compagne qui avait du mal à sortir du siège arrière tant sa robe de soie blanche était ajustée. "Qui êtes-vous ?"

"On m'appelle le Bandit de Grands Chemins", il tapota le dessus de son revolver, "et ça, c'est la Grande Bess." Il les observa et leur jeta un sac de cuir qu'il gardait à sa ceinture. "Maintenant, si vous pouviez gentiment mettre tout votre argent, vos cartes de crédit, vos bijoux et tous les autres objets de valeur dans ce sac, personne ne sera blessé."

L'homme riche arracha sa montre Rolex en platine et la jeta dans le sac, de même que deux autres bijoux, des grosses chaînes en or très décorées. Le Bandit de Grands Chemins toussota, il jeta alors son portefeuille. L'homme toussota à nouveau. Ses boutons de manchettes allèrent dans le sac eux aussi. Le chauffeur jeta lui aussi dans le sac les boutons de manchettes en or qui faisaient partie de son uniforme ainsi que quelques dollars. La femme se débattait pour pouvoir enlever le collier de perles qu'elle avait autour cou. Elle y parvint le jeta dans le sac et enleva les pendants d'oreille qu'elle arborait. Une montre plaquée suivit les perles. Elle retira son alliance.

"Vous pouvez garder cela, madame," dit le Bandit de Grands Chemins, l'arrêtant. "Je ne prends pas les objets qui ont une valeur sentimentale."

La femme le regarda, incrédule. "Merci," soupira-t-elle.

"Je déteste causer tant de tourments aux gens, surtout aux jolies dames." La femme sourit laissant apparaître ses fossettes. "Aimez-vous mon arme ?" demanda le Bandit de Grands Chemins.

"Elle est... particulière," dit l'homme riche.

Le Bandit de Grands Chemins bomba le torse de fierté. "N'est-ce pas ? Allez-y, regardez-la bien comme il faut. Vous aussi, madame."

Lui obéissant, ils regardèrent et le Bandit de Grands Chemins tira. Les trois victimes furent baignées d'une lumière bleue et se jetèrent en arrière avec surprise.

Le Bandit de Grands Chemins rabattit le capot de sa voiture et repartit. La lumière bleue s'évanouit graduellement. L'homme riche se ressaisit, comme s'il venait tout juste de se réveiller. Il se mit à réciter :



"Le vent était un torrent d'obscurité entre les arbres dans la bourrasque,
La lune un galion fantomatique jeté au-dessus des mers nuageuses,
La route un ruban de clair de lune, au-dessus un marais violet,
Et le Bandit de Grands Chemins arriva chevauchant,
Chevauchant- chevauchant-
Le Bandit de Grands Chemins arriva chevauchant, à la porte de la vieille auberge"

Au Daily Planet, Lois et Clark travaillaient assidûment à écrire leurs articles. Un coup d'œil occasionnel leur révéla Perry White faisant impatiemment les cent pas dans son bureau. Simultanément, ils appuyèrent sur la commande "ENVOYER" expédiant les articles au bureau de Perry et ils échangent un sourire.

"Hé !" A l'exclamation choquée de Jimmy tous les yeux de la salle de rédaction se retournèrent sur lui. Il montra des téléviseurs attachés au plafond.

Lois pâlit et resta bouche bée. Clark ne pouvait pas le croire non plus. Perry sortit de son bureau et vint voir ce qui se passait. "Jimmy, monte le son immédiatement !"

Jimmy chercha la télécommande. Tous les yeux étaient rivés sur les écrans. Se tenant derrière un podium, devant plusieurs microphones, se trouvaient le Procureur et Lex Luthor. À leur gauche se tenait le chef de la police, à leur droite, un médecin encore vêtu de sa blouse blanche. Juste au-dessus de l'épaule gauche de Lex, on pouvait voir le visage d'une femme aux cheveux bruns.

"Lex !" soupira Lois, sans y croire. Elle et Clark se regardèrent, effrayés, avant de rediriger leurs regards vers les écrans.

Jimmy trouva enfin la télécommande. Le Procureur se tenait devant le micro."...s'est rendu. Il a déclaré qu'un clone avait usurpé son identité, ce qui a été prouvé lorsque nous avons comparé les empreintes digitales de M. Luthor avec celles du corps qui sauté de la tour Luthor en 1994. D'autres preuves ont révélé que le clone était le responsable de la fraude concernant le Daily Planet à cette époque et les preuves entourant ce dossier ont démontré ce que M. Luthor va maintenant vous expliquer lui-même." Le Procureur se recula et alla se placer aux côtés du chef de la police, qui semblait un peu suspicieux.

Lex marqua un temps d'arrêt, Perry s'exclama : "Frank Jersey, tu ferais mieux d'être dans cette foule ou tu es cuit !"

"C'est avec grand regret," commença Lex, "que j'ai eu vent des tragédies causées par mon clone. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour dédommager la ville de ses actions destructrices. Pendant trois longues années, j'ai été fait prisonnier par un être que j'ai créé dans le fol et vain espoir de me permettre, à moi, un homme sans enfants--" Lois et Clark s'échangèrent un regard incrédule. "—de pouvoir vivre éternellement. Je l'ai élevé comme mon bras droit, lui enseignant tout, pratiquement rien ne lui a été caché." La voix de Lex se brisa. "J'ai été payé par la traîtrise."

"J'ai vécu dans l'obscurité, nourri occasionnellement par mon ravisseur et ses hommes qui ne connurent jamais ma véritable identité. Je--" Lex se redressa et poursuivit avec une noblesse angoissante, "J'ai été forcé de me nourrir de rats et d'étancher ma soif avec de l'eau qui tombait d'une nappe souterraine au-dessus de ma cellule. J'ai vécu ainsi pendant plus de trois ans, jusqu'à ce que la mort de mon clone m'offre la chance de me sauver."

Lex regarda la masse de journalistes et cameramen devant lui. Je me suis retrouvé effrayé par la lumière, évitant l'humanité, essayant de remettre ensemble les lambeaux de ce qui restait de ma vie. Durant ces six derniers mois, j'ai suivi en secret une psychothérapie intensive avec le docteur Young ici présent à la Maison de Repos Happy Hollow jusqu'à ce que je sois jugé apte à reprendre ma place dans la société."

Lois et Clark se regardèrent, des frissons leur parcourant l'échine.

GÉNÉRIQUE


Un journaliste cria. "Quelle preuve y a-t-il qu'il s'agissait vraiment d'un clone ?"

Lex sourit, imperturbable. "Les empreintes digitales elles-mêmes sont une preuve irréfutable. Les propriétaires actuels de Lexcorp ont remis certains documents à la police qui sont dès maintenant accessibles à vous, la presse. Ces documents proviennent de leur département de recherche et ils démontrent, en détail, que des expériences de clonage humain ont bel et bien eu lieu pendant que j'étais en charge et qu'elles furent arrêtées aussitôt que le clone prit la tête du projet."

"Qu'en est-il de Jaxon Xavier et Lex Luthor, Jr ?" cria un autre. "Ils sont tous les deux vos fils !"

"Super question, Frank !" déclara fièrement Perry.

Lex soupira, puis fit la moue. "J'ai entendu parler de ces hommes et de ce qu'ils ont fait à cette ville. Leurs mères, malheureusement, étaient des femmes légères et en dépit du fait que les tests de paternité se soient révélés négatifs, elles sont restées tout de même très insistantes. J'étais l'homme le plus riche parmi leurs connaissances, après tout. Je crains que la petite aide financière que je leur ai apportée n'ait fait que nuire à cette estime. Ce ne sont pas mes fils."

"Allez-vous continuer de faire la cour à Lois Lane ?" cria un autre. Certains des reporters à côté de lui s'offusquèrent.

Lex resta de marbre. "Mademoiselle Lane est une femme mariée et je suis un homme marié." Il était assiégé de questions qui fusaient de tous les coins.

Lois et Clark se tournèrent l'un vers l'autre. "Marié ?" Ils furent interrompus par les autres membres de l'équipe qui les faisaient taire.

Sur l'écran, Lex se tourna et fit un signe à la femme derrière lui. Elle hocha de la tête, ses cheveux raides effleuraient son visage ordinaire, mais elle se laissa flatter. Lex avait encore son charme. "Voici Beth, ma femme," annonça Lex, "et mon sauveur." Encore plus de questions furent adressées au couple. Beth hocha encore la tête et s'éloigna du podium.

"Pour répondre à vos questions, nous nous sommes mariés hier et, oui, nous sommes très amoureux."

Clark regarda Lois d'un air de dire 'tu parles !'. Elle le regarda avec la même expression.

Lex arrêta les questions suivantes d'un signe de la main. "Vous recevrez tous des documents et les copies des dossiers importants, comme ceux de LexCorp, dans moins une heure. Toutes autres questions pourront être adressées à mon bureau, LuthorCorp, ou bien sûr, au bureau du Procureur. Tout ce que je veux maintenant faire est redevenir un citoyen modèle de Métropolis et rembourser à la cité les dettes laissées par mon clone." Il se retira derrière le podium et regarda directement dans la caméra, son visage était triste. Quelque chose de sinistre dans ses yeux fit frémir Lois.

"Voilà, c'est fini, tout le monde," cria Perry, regardant ses employés. "La représentation est terminée ! Retournez tous au travail !" Perry commença à donner des ordres. "Jimmy ! Je veux que tu débrouilles pour savoir si on avait des photographes là-bas. Si non, rends-toi à LNN et essaye de savoir si on peut leur emprunter des bandes vidéo – je veux des photos couleur pour l'édition du matin !" Il cria à quelques autres ordres à ses reporters, demandant à chacun de couvrir un angle du scoop.

Lois et Clark restèrent sans bouger, jusqu'à ce que Perry se calme. "Vous deux," dit-il brusquement, "dans mon bureau tout de suite."

Perry s'assit derrière son bureau. L'endroit leur était familier. Ils avaient été convoqués dans cette pièce tant de fois. "J'ai plusieurs choses à vous dire," commença Perry, "Je ne veux pas que l'un de vous travaille sur une histoire qui pourrait avoir un lien quelconque avec Luthor, est-ce que vous me comprenez ?"

Clark acquiesça, mais Lois argumenta : "Perry, nous sommes la meilleure équipe de reporters que vous ayez et vous n'allez pas nous mettre sur le plus grand événement de l'année à Métropolis ?"

"Lois, vous êtes tous les deux trop proches du sujet. Les choses que Lex – ce que le clone de Lex," se corrigea Perry, "vous a fait à tous les deux ne doivent pas se reproduire. Si je vous donnais cette histoire, tout ce que vous essayeriez de faire serait d'exposer--"

Clark l'interrompit, "N'est-ce pas ce que vous voulez ? Croyez-vous un seul instant qu'il dise la vérité ?" Le visage de Clark était impassible, dur comme de la pierre. "Après tout, ça devrait être le point culminant de la carrière du Procureur. Arrêter Lex Luthor et le coffrer une fois pour toutes. Ça n'a tout simplement pas de sens !"

"Ecoutez, Clark," le raisonna Perry, "Vous ne pouvez pas arrêter quelqu'un si vous n'avez pas de preuves. C'est une arrestation sans motif valable. C'est de cette façon que le dernier Procureur s'est fait élire." ajouta Perry d'un ton apaisant. "Vous avez toutes les raisons du monde d'être en colère, mais pour le moment, on n'a pas assez de matériel pour continuer. Restez loin de Lex."

Clark rétorqua, "Toute cette affaire sent mauvais si vous me demandez mon avis."

"Perry," supplia Lois, "Clark et moi avons tous les deux besoin de connaître la vérité. Nous n'aurons pas l'esprit tranquille tant que nous n'aurons pas trouvé, nous ne pourrons pas dormir en paix."

"Je ne me sentirai en paix que lorsque Lex Luthor retournera là où il devrait être, derrière les barreaux." grogna Clark.

Perry hocha la tête. "Ecoutez-vous parler, Clark. Vous n'avez pas l'esprit ouvert sur ce sujet. J'attends d'avoir et, je l'aurai, un reportage neutre et objectif. Jusqu'à ce que vous vous soyez calmé, vous écrirez les articles de nécrologie."

"Désolé, Chef," Clark baissa le regard et contempla ses mains, mais il était encore tendu de colère.

"Si vous avez tous les deux terminé vos articles, pourquoi ne rentrez-vous pas chez vous et ne prenez-vous pas le reste de l'après-midi ?"

"Perry, ne pourriez-vous pas reconsidérer notre collaboration dans cette histoire ?" le supplia Lois.

Le ton de la voix du rédacteur en chef s'adoucit quelque peu. "Ah, Lois, ma chérie, vous savez que je veux ce qu'il y a de meilleur pour vous deux. Pour le moment, vos émotions sont à vif et vous avez tous les deux besoin de temps pour vous ressaisir et laisser passer le temps. Après qu'Elvis ait quitté Priscilla, c'est exactement ce qu'il a fait. Il s'est retiré du monde, puis il est redevenu aussi populaire qu'avant. Alors rentrez à la maison, parlez-en, coulez-vous la douce, pendant ce temps, ici, nous verrons s'il y a une suite ou non à toute cette histoire."

"Mais Perry--" persista Lois.

"Pas de discussion, rentrez chez vous !"

C'était un ordre, non pas une suggestion. Lois et Clark ramassèrent leurs manteaux et rentrèrent chez eux.

Mindy Church, le patron d'Intergang, se servait d'une fine télécommande noire pour éteindre la télévision. "Bien !" dit-elle. Sa moue voulait dire que les choses allaient tout sauf bien tandis qu'elle martelait son bureau de ses ongles vernis. Elle pressa un autre bouton et la télévision disparut vers le haut dans un compartiment secret aménagé à cet effet. "Alors, Lex est de retour," déclara-t-elle pensive.

"Qu'allons nous faire ?" Son sous-fifre qui lui avait apporté les articles de la conférence de presse, marmonna quelque chose à mi-chemin entre le bureau de Mindy et la porte.

"Faire ?" demanda Mindy, comme si tout pouvait se résoudre d'un seul coup. "Pourquoi ne pas lui faire une offre qu'il ne pourra pas refuser."

Le sous-fifre hocha la tête. "C'est un honnête citoyen !"

Mindy se mit à rire profondément. "Lex Luthor n'a jamais été un honnête citoyen. Il est aussi honnête que je le suis."

"Mais--"

"Freddy, je n'aime pas quand les gens ne sont pas d'accord avec ce que je dis." Les yeux bleus de Mindy se durcirent.

"Je--je ne vous donnais seulement un conseil prudent ?" dit Fred avec espoir.

Les yeux de Mindy se rétrécirent tandis qu'elle réfléchissait. "Vous pourriez avoir raison," dit-elle. "Même s'il était innocent, Lex se ferait surveiller de très près par la police. Nous n'avons pas besoin de leur laisser d'indices concernant ce que je suis sur le point de faire." Elle fit à Fred un sourire qui était presque une caresse. "Bon travail, Joe. Il faudra que je vous récompense."

Fred soupira avec soulagement, puis pâlit à nouveau quand Mindy se leva et s'avança vers lui, d'un pas nonchalant, lui offrant ses lèvres pour un baiser. "Les récompenses ne sont pas nécessaires !" murmura-t-il.

Lois regarda Clark changer la chaîne de télé en donnant des petits coups colériques sur la télécommande. Finalement, elle lui demanda : "Clark ? Veux-tu en parler ?" Elle s'assit à ses côtés et posa une main sur sa hanche.

Clark continua de zapper.

"C'est à propos de Lex, n'est-ce pas ?" suggéra-t-elle.

Clark éteignit la télévision et jeta la télécommande sur la table basse devant eux. "Oui, c'est à propos de Lex. Je ne crois pas une seconde à son histoire, et toi ?"

"Bien, nous savons que les clones existent et que les empreintes digitales..." commença Lois.

"Tu le crois ?" demanda Clark, stupéfait. Il se leva et commença à protester. "Après tout ce qui est arrivé, tu le crois encore ?"

Blessée, Lois se leva et lui répondit : "Clark, tu te rappelles ce clone de moi ? Elle avait les mêmes émotions et motivations que moi, mais poussées à l'extrême. Pourquoi est-ce que la même chose ne serait pas arrivée au clone de Lex ?"

"Lois, ce serait simplement trop commode."

"Explique-moi comment il aurait survécu à l'effondrement de la grotte alors ?"

"De la même manière qu'il s'y est pris pour sauter du plus haut édifice de Métropolis et y survivre."

"La police avait la preuve que ce n'est pas lui qui a sauté. De toute manière, cette femme, le Dr Kelly, est morte."

"La technologie, elle, ne l'est pas," lui rétorqua Clark.

Le téléphone sonna. Clark le décrocha d'un bond. "Quoi ?" Il sourcilla quand il reconnut la voix à l'autre bout du fil et parla plus calmement. "Oh, bonjour Maman." Il écouta distraitement ce qu'elle disait. "Oui, nous l'avons vu nous aussi aux infos. Lois--"

"-- doit être terriblement inquiète à cause du retour de cet homme," termina Martha pour lui. "Si j'étais elle, j'espérerais que ce qu'il dit est vrai." La réflexion de Martha le heurta de plein fouet. "Tout le temps que Lex sera ici, je crois que Lois ne se sentira pas en sécurité."

"Ne t'en fais pas, Maman, je vais veiller sur elle."

"Tu le dois, mon garçon," entrecoupa Jonathan, "elle est notre belle-fille préférée !"

"Tu nous le diras, si tu as besoin de quoi que ce soit, pas vrai, Clark ?" demanda Martha.

"Bien sûr."

"Peut-être devriez-vous venir ici pour quelques jours," suggéra Jonathan.

"Peut-être. Je dois cependant en parler d'abord à Lois, Papa." Clark se retourna et s'aperçut que Lois ne se tenait plus où elle était auparavant. "Je vous appelle plus tard, d'accord ?"

Il raccrocha et appela assez fort, "Lois ?"

Clark fit le tour de la maison en super vitesse et la trouva finalement recroquevillée sur le lit. "Lois, chérie ?"

Lois s'enroula sur elle-même encore davantage, se tendant davantage.

"Lois, je suis désolé." Clark prit un moment pour rassembler toutes ses pensées. "C'est simplement que je suis aussi effrayé que tu l'es." Il l'assit lentement. "Plus de disputes jusqu'à ce qu'on découvre la vérité, d'accord ?"

"Oh Clark !" Lois se déroula juste assez pour se jeter dans ses bras. Ils se serrèrent fermement l'un contre l'autre.

Quand elle fut assez calme pour parler, Lois commença. "Clark, j'ai si peur pour nous deux, à cause de tout ce qu'il sait sur toi. Si c'était le clone qui savait tout, alors il est mort et on est en sécurité et je veux vraiment y croire." Lois posa sa main sur la poitrine de Clark pour accentuer son point de vue, "mais si cet homme est le vrai Lex et le Lex qui a fait un clone de moi, alors il sait qui tu es et nous sommes tous en danger. Toi, moi, tes parents, tout le monde !"

"Je sais, Lois, je sais." Clark lui caressa doucement la main. "C'est pourquoi j'ai peur moi aussi." Il tendit la main et attrapa une mèche de ses de cheveux. "Je veux simplement me débarrasser de lui, l'envoyer en Arctique, l'envoyer quelque part où il ne pourra plus jamais nous faire de mal."

"Je le veux aussi," dit Lois, "mais s'il ne le sait pas, ce serait une punition trop injuste. Nous-- Superman-- ne peut agir sans savoir la vérité. C'est effrayant aussi."

"Lois, nous ne pouvons pas laisser Perry nous écarter de cette histoire. Nous devons trouver ce qui se passe, nous devons absolument le découvrir."

Elle regarda Clark, relevant légèrement ses lèvres. "Ce n'est pas comme si nous n'avions pas déjà désobéi à Perry avant !"

Clark sourit et embrassa sa moue rieuse. "Parle pour toi !"

Le Bandit de Grands Chemins ignorait habituellement toute la technologie qui l'entourait dans la ville de Métropolis, mais il ne pouvait faire autrement que contempler les écrans de télévision en démonstration dans la vitrine du magasin, la lumière clignotante l'avait attiré, il était très tard, c'était presque la nuit. Ce qu'il avait vu l'avait arrêté.

Il se dirigea directement devant la vitrine et contempla les écrans avec surprise. Les dernières nouvelles de la soirée étaient maintenant diffusées, l'histoire faisant la une était le retour de Lex Luthor. Le Bandit de Grands Chemins ne s'en faisait pas avec cette histoire. "Bess !" chuchota-t-il, les yeux rivés sur la femme à la longue chevelure brune qui se tenait aux côtés de Lex derrière le podium.

Le bout de ses doigts effleura légèrement la vitrine. "Ne t'inquiète pas, mon amour," murmura-t-il. "Je vais te sauver."

Le matin suivant, Clark sortit et acheta tous les journaux et magazines traitant du même sujet, même les journaux internationaux. Ensemble, lui et Lois s'assirent à table de salle à manger et parvinrent à venir à bout de tous les journaux et magazines.

Plusieurs des journaux ne retenaient que la version officielle publiée par Luthor. Certains autres contenaient les commentaires des scientifiques de LexCorp. Chaque article montrait une légère variation de la même photographie : le visage de Lex montrant non seulement son désarroi, mais aussi les rides profondes qu'avait provoqué son incarcération. Peu importe comment chacun le regardait, bon ou mauvais, Lex était de retour.

Clark dit d'un ton incrédule : "Je ne peux pas y croire !"

Lois le regarda. "Quoi ?"

Clark était en train de lire le Business Week. "Luthor a déclaré une somme d'argent qu'il détenait sur un compte bancaire en Suisse, pour ne pas le perdre au profit des impôts !"

"Vraiment ?"

"Oui, ça dit ici qu'il a tout transféré sur un autre compte et qu'il a gardé le secret, ne le relevant à personne, pas même à son clone."

"Cela semble un peu trop... commode." Lois et Clark partagèrent le même sourire entendu.

"C'est vraiment stupéfiant de voir que le Fisc le laisse garder la plus grande partie de cet argent !"

"Wow," souffla Lois. "Comment a-t-il réussi à faire ça ?"

Clark hésita.

Lois regarda sa montre. "On ferait mieux d'y aller."

"Es-tu certaine que tu veux aller travailler aujourd'hui ?"

"Clark, je ne vais pas m'enfuir parce que j'ai peur de Lex Luthor. Je ne lui donnerai pas ce plaisir !" Les yeux de Lois brillèrent d'un regard effrayé, mais déterminé.

Clark sourit. "Je crois que nous devrions jeter un coup d'œil sur les nécrologies que Perry nous a transmises."

Lois lui rendit son sourire. "Et voir ce que nous pouvons déterrer. Jeu de mots voulu."

Clark se mit à rire.

"Hé Jimmy !" appela Clark dès qu'il se rendit compte que Perry n'était pas dans la salle de rédaction.

Jimmy se pressa, ses bras pleins de dossiers, classeurs divers et feuilles de papier de toutes sortes. "Ecoutez-moi, je suis très occupé en ce moment. Perry m'a donné beaucoup de travail à faire."

Lois se glissa jusqu'au bureau de Clark. "Jimmy, nous nous demandions si tu avais une copie du document émis par la LexCorp."

"Sur mon bureau." répliqua Jimmy, à court de voix. Lois et Clark regardèrent en direction de son bureau, virent le bazar habituel dans lequel il se trouvait et se regardèrent. Jimmy les vit échanger un regard. "Allez, je vais vous le donner. Je vais justement à mon bureau.

Ils joignirent Jimmy dans sa course vers sa place. Il jeta le matériel qu'il portait sur sa chaise et leur donna les documents de la LexCorp. "Sur quoi travailles-tu ?" demanda Clark.

"Perry m'a demandé de rechercher le scientifique qui travaillait à LexCorp sur le projet des clones. Il veut une histoire de fond sur les clones. C'est pénible comme travail, mais c'est un début."

"Qu'en est-il du docteur Mamba ?" interrompit Lois.

"Je travaille là-dessus aussi. Ces rapports devraient pouvoir me donner des informations très précieuses et utiles pour la suite." Jimmy ne pouvait attendre de commencer ses recherches et ils le quittèrent pour le laisser travailler.

"Hé, hé, hé," Ralph s'approcha d'eux, un large sourire sur le visage. "Ne serait-ce pas nos deux reporters de la rubrique nécrologique."

Lois le fusilla du regard. "Ferme-la, Ralph."

Ralph haussa des épaules. Il avait marqué un point. "Je suis assigné à faire une interview de la superbe Madame Luthor. Ai-je dit superbe ?" tenta Ralph. "C'est une blague !"

"Elle à l'air un peu mieux que toi." répliqua Lois dans le dos de Ralph. Elle se tourna vers Clark. "Oooh, il me rend dingue ! C'est si injuste ! Comment Perry peut-il s'attendre à avoir un reportage objectif de la part de Ralph ?"

Clark haussa les épaules. "Eh bien, on peut tout de même dire une chose de Ralph. Il sait sentir les scandales !"

Lois ricana.

Lex Luthor ouvrit la porte de la Maison de l'Astrologie, une enseigne allumée dans la partie la plus noire de la ville de Métropolis. La sonnette de l'entrée se fit entendre. Asabi sortit en vitesse et entra dans la pièce principale après avoir franchi un épais rideau. "Je suis désolé, mais nous sommes fer--" Asabi s'arrêta, béat de stupéfaction. "Luthor !" soupira-t-il. "Je vous ai vu à la télévision. Qui êtes-vous réellement ?"

"Asabi, êtes-vous devenu cynique ? Je vous ai dit qui j'étais." Lex leva un sourcil, amusé. "Vous avez des pouvoirs, Asabi. Voyez par vous-même."

Asabi hocha de la tête. Il ferma les yeux et se concentra un instant. Il leva les bras, les yeux toujours clos, les mains posées au-dessus de la tête de Lex Luthor. Il baissa les mains doucement jusqu'à ce qu'elles frôlent les cheveux de Lex. Asabi bougea à nouveau ses mains lentement, sentant l'aura de Luthor.

Il s'arrêta, paraissant un instant menaçant, avant de laisser retomber ses bras et d'ouvrir les yeux. "C'est très étrange."

Lex se tint immédiatement sur ses gardes. "Etrange ?"

"Il y a à peine un an, votre âme a été très endommagée, très noire," expliqua Asabi. "Je vois votre âme en ce moment – et elle est presque comme elle était jadis." Il sourit. "Je vous souhaite la bienvenue, Monsieur Luthor."

Lex se détendit un peu. "Je vous remercie, Asabi. Maintenant, parlons affaires."

"Affaires ?" Il regarda Luthor l'air perplexe.

"Affaires," répéta Lex. "Vous voulez toujours travailler pour moi, n'est-ce pas." Lex ne formulait pas sa phrase en une question, mais en une affirmation.

"Oui, bien sûr." Asabi le salua respectueusement à l'indienne et continua, "J'ai attendu votre retour comme si je savais que vous alliez revenir."

"Vous avez travaillé pour mon clone," remarqua Lex, le regard froid.

Asabi frissonna. "Oui, mais je croyais que c'était vous. Les âmes peuvent parfois changer si vite..."

Lex l'interrompit d'un geste de la main. "J'ai quelques problèmes qui requièrent votre assistance."

"Tout ce que vous voulez."

"J'ai besoin de tout reconstruire, Asabi," Lex leva un doigt. "Consultez les gens qui sont intéressés à revenir travailler pour moi : les scientifiques, les hommes d'affaires – vous savez qui travaillait pour moi. Soyez très prudent, je ne veux pas de traîtres."

"Oui, monsieur, je me rappelle d'eux."

"Nous aurons les gens les plus respectables qui se joindront à nous publiquement à LuthorCorp. Quant aux personnages un peu plus dans l'ombre," sourit Lex. "Soyez sûr que j'aurai une emprise très forte sur eux. Ce qui nous amène au second point." Lex leva un autre doigt. "Je ne peux simplement pas avoir de personnages travaillant dans l'ombre qui pourraient se référer directement à moi. Pour parer à cela, j'ai besoin d'un endroit séparé de mes quartiers généraux pour pouvoir faire mes affaires avec eux." Lex leva les yeux vers Asabi. "Trouvez en un – d'où je ne pourrai pas être suivi ou repéré."

"Une tâche difficile et qui pourra prendre du temps à compléter," se plaint Asabi.

"Faites au mieux, Asabi et cela devrait vous prendre pas mal de temps. Nous pourrons nous rencontrer à des endroits divers, en attendant."

Asabi acquiesça et se pencha vers Lex. "Tout ce que vous voudrez, monsieur."

Lex sourit pour la première fois. "Pour l'instant, Asabi, avez-vous une belle pièce de cristal que je puisse présenter à ma femme ?"

"J'ai plusieurs cristaux..." Asabi le conduisit rapidement vers la vitrine.

Clark se massait le visage avec lassitude. C'était déjà les premières heures du matin. Lui et Lois avaient lu les rapports de LexCorp sur les clones.

"Je suis peut-être Kryptonien, mais tout cela va au-delà de mes connaissances scientifiques," se plaignit Clark.

"C'est un truc pour le docteur Klein ?"

"Ça semble l'être."

Superman entra silencieusement à S.T.A.R. Labs et trouva le Dr Klein assis devant un ordinateur, en train de taper sur le clavier. "Dr Klein ?"

"Ah, Superman !" le Dr Klein leva les yeux de l'écran, fort heureux de faire une pause.

Superman lui tendit le dossier contenant les documents de LexCorp.

Le Dr Klein posa son regard sur le logo de la compagnie. "Ah, oui."

"Pourriez-vous y jeter un œil et vérifier si tout est valable ?" demanda Superman.

"C'est déjà fait," lui répondit le Dr Klein. Il vit le regard surpris de Superman et expliqua. "Le Procureur l'a donné à S.T.A.R. Labs pour le déchiffrer, sachant que j'étais chargé de l'enquête sur le fonctionnement du clone de Lois, c'est moi qui m'occupe de ces documents. Je n'ai pas encore eu la chance de dormir."

"Donc, vous avez dit au Procureur qu'ils étaient authentiques ?" Clark savait que cette voie était un cul-de-sac. Lex n'allait pas laisser publier un document s'il n'était pas à son avantage.

"La technique utilisée était différente de celle que j'avais observée avec le clone de Lois. Cette expérience a une phase anormale, la mort des cellules, ce qui a causé la dégénérescence des cellules et par voie de conséquences la mort du clone. Les expériences qui devaient améliorer cela sont restées incomplètes."

"Incomplètes ?"

"Oui, il s'agissait de modifications au projet expérimental et les résultats ont été excellents, mais ils s'arrêtèrent subitement."

"Croyez-vous que Luthor ait pu en retirer des informations intéressantes ?" Superman croisa les bras en écoutant le Dr Klein.

"S'il l'a fait, c'était un travail de maître. Il y a un mémo de Lex disant de fermer entièrement le projet sur les clones. Il est daté du 2 mai 1994."

"Quoi ?" l'interrompit Superman. "C'est le jour où Luthor s'est approprié le Planet."

"Le clone de Luthor." lui rappela Klein. "Quand une expérience prend fin, on la détruit ou on la laisse mourir de mort naturelle. Dans les deux cas, un bon scientifique détaillera le processus. Il n'en est rien ici. Quand j'ai rapporté la chose au Procureur, il a répondu qu'il avait été établi que les documents n'avaient été falsifiés en aucune manière. Ils ont conclu que ce devait être le clone de Lex qui avait fermé le projet."

"C'est très vague."

Le Dr Klein hésita. "Avec la preuve des empreintes digitales, la personne qui a sauté de ce building ressemblait à Lex, mais ce n'était pas lui."

"Mais comment ? Les empreintes digitales devraient être identiques."

"Les clones sont comme des jumeaux," expliqua Klein. "Ils ont le même matériel génétique. Cependant, tout comme des jumeaux, ils ont aussi des empreintes digitales différentes. Leurs gènes leur assurent que le modèle sera très similaire, mais quand l'embryon se développe, les empreintes diffèrent quelque peu."

Lois attendait son arrivée, elle était retournée au Planet. "Alors ?" demanda-t-elle.

Clark pencha sa tête près de la sienne. "Dr Klein a dit que les dossiers de la LexCorp cachent certains faits. Il a dit que le Procureur les avait déjà examinés et ils ont été trouvés non falsifiés. Ils ne pouvaient tout simplement pas trouver ce que tout cela signifiait. Ils ont donc demandé au Dr Klein d'y jeter un œil. Il dit qu'ils sont vrais."

"Bien sûr qu'ils sont réels ! Lex ne donnerait pas quelque chose de faux !"

"Lois ! Clark !" Tous deux sautèrent avec remords. Perry était juste derrière eux. "Par les feux de l'enfer, je savais que la rubrique nécrologique ne vous tiendrait pas occupés pour très longtemps. J'ai un article pour vous."

"Perry," commença Lois, "nous avons déjà commencé l'article sur Luthor, pourquoi ne pas nous le laisser ?"

"Parce que je ne voudrais pas que vous en sortiez blessés." Perry pointa son doigt dans leur direction. "Et je parle de quelque chose de bien pire que votre crédibilité journalistique."

Clark se rendit le premier. "Qu'avez-vous pour nous, Chef ?"

"Il vient tout juste d'y avoir un reportage à la radio. Une série de vols étranges. Les victimes ont été trouvées en train de réciter des poèmes."

"Des poèmes ?" dirent-ils en chœur, découragés.

"C'est ce que j'ai dit. Voyez ce que vous pouvez trouver." Perry les laissa.

Lois soupira. "Je crois que nous allons devoir demander de l'aide dans cette affaire." Elle composa un numéro de téléphone.

"Qui appelles-tu ?"

"Henderson. S'il n'est pas sur ce cas, il doit connaître celui qui s'en occupe. D'autre part, il aura peut-être quelque chose à nous dire sur Lex."

L'inspecteur Henderson les reçut au quartier général de la police. "Que faites-vous sur cette histoire ?" demanda-t-il. "Je croyais que vous travailliez sur celle de Luthor."

"Pas nous," déclara Lois. "Perry croit que nous sommes trop proches de la situation."

"Luthor devrait être en prison, pas dans la société," affirma Clark.

"Clark, je l'aime autant que vous. Il n'y a pas grand chose que je puisse faire, sauf garder l'œil sur lui. Avec des ordinateurs formatés, des livres manquants et des employés refusant de parler, nous ne pouvons rien retracer sur lui après qu'il ait acheté le Daily Planet de toute façon. J'étais présent quand les empreintes digitales ont été relevées. Et il est impossible de changer les empreintes du corps que nous avons dans l'ordinateur."

"Impossible ?" demanda Clark.

Henderson acquiesça. "Alors, que voulez-vous savoir sur le cas du voleur-poète ?"

"C'est comme ça que vous l'appelez ?" demanda Clark.

"C'est ce que nous avons trouvé de mieux, jusqu'à ce que nous puissions avoir une description de cet homme."

"Pas de description ?" fit Lois en écho.

"Aucune. Toutes les victimes ont perdu environ 5 minutes de leur mémoire. Cela a été remplacé par des vers chaque fois différents." Henderson fouilla dans toutes les poches de son complet. "Voilà, je vous ai apporté une copie de ce que nous possédons du poème jusqu'à maintenant."

Clark prit la feuille et la parcourut. "Ça m'est vaguement familier." Il la passa à Lois qui commença à lire le poème. Clark claqua des doigts. "Ça s'appelle Le Bandit de Grands Chemins, d' Alfred Noyes. Je me rappelle l'avoir déjà lu au secondaire."

Henderson grogna. "C'est exact, Clark. C'est exactement comme si il ou elle aimait bien le lire aussi."

Lois regarda Clark d'un air écœuré. "N'y a-t-il rien que tu ne connaisses pas ?"

Clark haussa ses épaules. Lois leva les yeux au ciel en le regardant.

Henderson était en train de penser. "Il n'y a aucun doute que notre voleur se prend pour un héros."

"Etrange," dit Lois.

"Vous l'avez dit !" ajouta Henderson, "et de plus, il semble être un gentleman cambrioleur. Deux de ses victimes étaient des femmes et dans les deux cas il leur a apparemment laissé garder des objets de valeur sentimentale. Une alliance de vingt carats dans un cas et un pendentif d'or et d'argent dans l'autre."

"Apparemment ?" laissa entendre Clark.

"Comme je vous l'ai dit, les victimes n'ont pas de souvenirs de l'attaque. Elles reviennent à elles et s'aperçoivent que tous leurs objets de valeur et leur argent ont disparu – mais à chaque fois que ces gens tentent de se rappeler ce qui est arrivé, ils récitent un vers du poème. Nous avons un hypnotiseur qui travaille avec eux, mais nous ne voulons pas aggraver leur cas."

"Vous pensez qu'ils ont été hypnotisés ?" demanda Lois.

"En se basant sur notre hypnotiseur, oui, c'est une suggestion hypnotique. Habituellement, on peut briser le charme. Pas de chance jusqu'à maintenant…"

"Pouvons-nous rencontrer ces personnes ?" demanda Lois.

Henderson leur tendit une autre feuille de papier. "Je savais que vous me le demanderiez. Toutefois, vous n'en tirerez pas grand chose."

"Si nous trouvons autre chose, nous vous le ferons savoir, Inspecteur," promit Clark.

De retour dans la Jeep, Lois composa un numéro sur son téléphone portable.

"Que fais-tu ?" lui demanda Clark.

"J'appelle Jimmy." Lois demanda à Clark de se taire quand Jimmy répondit. "Jimmy, pourrais-tu accéder à la base de données des rapports de police ? Les dossiers des empreintes digitales ?" Elle l'écouta. "Fais-moi signe si tu trouves quelque chose, OK ?" Lois raccrocha et alluma la radio. "C'est fait. Allons visiter les Fitzroy."

Clark la contempla avec admiration. "Les secondes victimes ?"

"Oui."

"Dernières nouvelles," la voix de l'annonceur remplit l'habitacle du véhicule. "Les forces de police ont finalement terminé d'exhumer les corps du clone de Lex Luthor et de trois autres personnes. Ces corps ont été retirés des débris d'une caverne souterraine qui s'est écroulée il y a deux ans. Des résultats d'expertises plus poussées doivent encore être faits."

Lois regarda dans le rétroviseur gauche avant se mêler au flot de la circulation. "Une autre pièce du casse-tête finalement mise en place," fit remarquer Lois, les yeux sur la route.

"Je parierais qu'il ira exactement où Lex Luthor veut qu'il aille," grogna Clark. "Il ira même jusqu'à ajouter des preuves ou il offrira un pot-de-vin au médecin légiste."

"Comme il a fait pour Jack et le Daily Planet ?"

"C'est ça."

"Ils ont toute suite deviné la vérité pour celui-là," lui rassura Lois. "Ils devineront tout aussi bien pour celui-ci aussi."

Lois jeta un œil au numéro de la rue. "C'est ici."

Lois gara la Jeep Cherokee à l'extérieur d'une maison très imposante. De grandes colonnes ioniques hautes de trois étages supportaient le toit du bâtiment, lui donnant un style architectural du sud.

"Wow," dit Lois. "C'est très riche."

"C'est plus que riche," ajouta Clark, tout en débarquant de la voiture. "C'est du genre vieux riche."

Ils remontèrent le chemin et allèrent frapper à la porte de devant. Un domestique leur ouvrit et les regarda d'un air snob. "À l'entrée de service, s'il vous plaît," dit-il froidement.

Lois l'ignora. "Nous sommes Lois Lane et Clark Kent du Daily Planet. Pouvons-nous voir M. et Mme Fitzroy ?"

"Avez-vous pris rendez-vous ?"

"J'apprécierais que vous leur disiez que nous sommes ici. Nous faisons un reportage sur les vieilles familles de Métropolis."

Le domestique les regarda, comme s'il ne les croyait pas. Il leur ferma la porte au nez.

"Lois," soupira Clark, "nous ne faisons pas d'article sur les vieilles familles de Métropolis."

"Penses-tu qu'ils accepteraient de nous voir autrement ?" soupira Lois à son tour. "De toute manière, on peut écrire un truc là-dessus. Perry adorerait cela."

"Penses-tu qu'ils répondront à nos questions à propos de --" Clark se tut dès que la porte se rouvrit.

"Madame Fitzroy décline cet honneur de parler de sa famille, elle pense que c'est très personnel, mais si vous désirez parler du vol dont elle a été la victime, vous pouvez entrer."

Clark fit de son mieux pour se retenir de rire.

"Merci," dit Lois honnêtement, cachant sa fierté tout en entrant à l'intérieur.

Ils trouvèrent Madame Fitzroy dans un gigantesque salon formel. De riches tapisseries couvraient les murs. Un petit feu brûlait dans une immense cheminée de marbre. Les meubles étaient d'époque Renaissance Reine Anne, élégamment sculptés et réalisés.

Madame Fitzroy était perchée sur le bord d'un des fauteuils. Le domestique les annonça. "Alors, êtes-vous venus pour faire un reportage sur les vieilles familles ou le vol, Mademoiselle Lane ?"

"Le vol," répondit Clark à sa place. "Ma femme a cru que vous n'auriez pas accepté de nous rencontrer autrement."

"C'est cela," dit Madame Fitzroy. "Le Métropolis Star a fait un reportage sur notre famille la semaine dernière. Je savais donc que vous mentiez. Toutefois, j'ai décidé de vous rencontrer. Vous voyez, ce dingue doit être arrêté."

"Vous ne vous rappelez rien de l'incident ?"

Tout comme si une personne tirait les fils d'une marionnette, Madame Fitzroy se redressa et récita :



"Il entra bruyamment dans la cour de l'auberge en faisant cliqueter les pavés
Et frappa de son fouet les volets, mais tout était fermé et verrouillé
Il siffla un air vers la fenêtre, et qui pouvait attendre derrière
Sinon la fille aux grands yeux noirs du propriétaire
Bess, la fille du propriétaire
Tressant le ruban rouge de l'amour dans ses longs cheveux noirs.

Elle reprit ses esprits au moment où le dernier mot sortit de sa bouche. Madame Fitzroy mit une main tremblante sur ses lèvres. "Je l'ai encore fait, n'est-ce pas ?" murmura-t-elle.

"Ce n'est pas grave, Madame Fitzroy," Lois la guida jusqu'à son siège et s'assit près d'elle. "Nous avons cru comprendre que cela vous est arrivé lors de votre retour à la maison ?"

"Oui, à peine à un kilomètre de notre entrée. C'est si étrange. Il n'y a eu aucun dommage fait à la voiture, aucune indication montrant que nous avons été contraints de nous arrêter. Nous avons dû nous arrêter volontairement pour une raison quelconque."

"Où est votre époux, Madame Fitzroy ?" demanda Clark.

"Le pauvre Tony n'a pas très bien vécu cet incident. Vous voyez, il se force toujours à essayer de se remémorer ce qui est arrivé. J'ai bien peur qu'il n'ait craqué sous la pression. Son médecin l'a envoyé dans une maison de repos."

"Quelle maison de repos ?" lui demanda Clark.

"La maison de repos Happy Hollow," répliqua-t-elle. "Je suis allée le voir ce matin. J'ai bien peur que vous ne le trouviez pas très cohérent."

À la mention de la maison de repos, Lois et Clark échangèrent des regards surpris. Cet endroit ressemblait plus à une institution psychiatrique qu'à une maison de repos ! C'était aussi là-bas que Lex avait apparemment été traité.

Lois sourit. "Nous allons tout de même essayer, merci."

Le Bandit de Grands Chemins se tenait devant le bureau de Mindy Church. Sur le bureau entre eux, une petite somme d'argent était posée, de même que des montres et des bijoux. Mindy prit un portefeuille de la pile et y trouva trois cartes de crédit.

"Ces cartes," dit-elle, "nous sont inutiles à moins que nous ne les utilisions avant qu'elles ne soient annulées."

Le Bandit de Grands Chemins haussa les épaules en se moquant.

Mindy l'observa. Sa dernière recrue était un homme très grand, plutôt mince, mais tout de même très séduisant – et ces pantalons serrés ! "Vous avez fait un bon travail, un très bon travail. Les pauvres vous seront amplement reconnaissants."

Le Bandit de Grands Chemins fit un signe de la main à Mindy, modestement. "Je ne fais pas cela pour la célébrité, madame. Ma récompense est de savoir que les pauvres et les nécessiteux seront aidés." Un brin de chagrin emplit son regard. "Et aussi de savoir que ma Bess serait fière de moi."

"Bess ?" Le front de Mindy se remplit de petites ridules, un peu confuse. "N'est-ce pas votre pistolet ?"

"Ceci ?" Le Bandit de Grands Chemins retira le fusil modifié de son grand manteau. "Je l'ai nommé en l'honneur de ma Bess. Elle était la plus étonnante jeune fille qui ait jamais existé."

Mindy se leva et contourna le bureau dans sa direction. "Elle est morte ? Je suis désolée." Elle caressa tendrement son bras.

Son geste ne changea en rien son attitude ou son expression. "Je me devais de la quitter." Ses doigts tenaient le pistolet comme s'il s'agissait d'une femme. Mindy déplaça sa main le long de son bras jusqu'à la hauteur de son poignet.

"Peut-être la retrouverez-vous un jour," suggéra Mindy.

Le Bandit de Grands Chemins hocha de la tête, lui présentant un sourire tordu. "Je l'ai revue. J'irai la rejoindre très bientôt." Avec son index, il caressa la joue de Mindy. "Votre gentillesse et votre générosité me la rappellent, vous lui ressemblez."

Mindy battit des cils et  le regarda goulûment. "Personne ne pourrait jamais être aussi louable que votre Bess."

Il n'avait pas conscience de son manque de sincérité. "Le Docteur Sliverstein l'était. Il m'a donné la Grande Bess." Il tapota le pistolet. "Il m'a montré comment l'utiliser." Le Bandit de Grands Chemins fit la moue. "Cependant, il disparut peu de temps après. Je n'ai jamais eu la chance de le remercier en bonne et due forme."

Mindy prit immédiatement conscience qu'elle discutait avec un homme très dangereux, mais cela ne faisait que l'exciter davantage. "Ne vous en faites pas," minauda-t-elle. "Je ne vous laisserai pas, peut-être même pourrais-je vous aider à retrouver votre Bess." Elle lui sourit. "Nous allons former une équipe du tonnerre ensemble."

Le Bandit de Grands Chemins la contempla. Des éclairs invisibles passèrent entre eux quand il se pencha pour l'embrasser.

Lois et Clark traversaient le jardin de roses de la maison de repos Happy Hollow, se dirigeant vers la petite crique au pied de la colline, où Tony Fitzroy les attendait. Rapidement, ils rejoignirent la crique. Tony Fitzroy était assis sur un banc avec une couverture sur les jambes. Ses épaules étaient voûtées et quand ils s'approchèrent suffisamment de lui, ils remarquèrent qu'il souffrait de calvitie et que ses yeux bleus étaient humides. Clark apporta avec lui une chaise de fer pour Lois et s'assit sur le banc aux côtés de Fitzroy.

"Très fort," commenta Tony Fitzroy.

"Je suis Clark Kent, du Daily Planet, et voici Lois Lane."

"Les fameux reporters !" dit Tony la voix traînante.

"Nous aimerions vous parler à propos du voleur-poète," commença gentiment Lois.

Tony fut pris de tremblements. "Non..."

"S'il vous plaît, M. Fitzroy," l'interrompit Clark, "nous ne voulons pas parler de l'incident en tant que tel. Seulement de l'effet qu'il a eu sur vous. Nous travaillons sur l'histoire pour faire ressortir les sentiments humains."

"L'effet ? L'effet ?!" La voix de Tony devint plus forte et agitée. "Ce truc qu'il a fait à ma mémoire m'a mené à l'asile ! C'est ce qu'il m'a fait ! Non seulement il m'a effrontément volé, mais il a détruit ma vie et ma carrière !" Tony se leva, la couverture tombant dans l'herbe. "Mettez cela dans votre histoire." Il partit rapidement vers le bâtiment principal.

Clark regarda Lois d'un air comique. "Ça s'est bien passé."

Elle lui rendit son sourire. "N'est-ce pas ?" Elle se leva. "Voyons si nous pouvons trouver le Dr Young, pendant que nous y sommes."

"Par accident ?" demanda Clark, souriant.

"Y a-t-il une autre façon ?"

"Docteur Young ?" Lois passa sa tête dans l'embrasure de la porte du bureau du médecin.

Le Dr Young regarda de qui il s'agissait et sourit à la vue du beau visage de Lois. "Oui. Puis-je vous aider ?"

"Je l'espère bien, docteur Young." Lois ouvrit la porte plus grande et entra, suivie de Clark Kent.

"Nous aimerions vous poser des questions concernant votre traitement sur Lex Luthor."

Les yeux du Dr Young s'agrandirent, il les reconnaissait. "Ah, je sais qui vous êtes maintenant. Je suis désolé, mais je n'accorde pas d'interviews."

Lois s'assit sur la chaise opposée à celle du Dr Young. "Supposons que je sois un citoyen concerné avec un intérêt personnel dans le cas de Luthor. Vous étiez au courant de son obsession qu'il avait pour moi ?" Clark posa une main rassurante sur son épaule.

"Je suis désolé, mademoiselle Lane," Le Dr Young hocha de la tête. "Je dois respecter le secret médical."

Lois utilisa son regard de "petite fille perdue" du mieux qu'elle put. "Alors je suis en sécurité ?" demanda-t-elle.

"Mademoiselle Lane, il ne serait pas à l'extérieur de cette institution s'il était dangereux."

Clark ajouta, "Divaguait-il ? Disait-il des choses incohérentes ?"

Le Dr Young soupira. "Je suis désolé, mais je vous ai déjà dit que je ne pouvais rien vous dire. Maintenant, je suis un homme occupé, si vous voulez m'excuser."

Lois et Clark se regardèrent. C'était une mise à la porte très claire. Lois soupira et se leva. "Merci pour votre temps, Dr Young."

À l'extérieur du bureau, en marchant dans le couloir, Clark dit, "Très fructifiant, n'est-ce pas ?"

Lois grimaça. "Nous pourrons toujours entrer par effraction plus tard."

"Lo-is," l'avertit Clark.

Une voix aiguë de femme murmura : "Superman !"

Lois et Clark s'arrêtèrent.

PAUSE COMMERCIALE

Une petite femme dodue entra dans le corridor. Elle était habillée d'une longue robe noire avec un jabot de dentelle. Un bonnet retenait sa chevelure, sauf pour quelques mèches.

"Wanda Mae !" s'exclama Clark.

"Madame Lincoln pour vous, Général Grant," le gronda Wanda Mae.

Avec douceur, Clark Kent l'emmena avec lui dans une pièce. Lois le suivit, ses yeux s'écarquillant sous l'effet de la surprise. "Comment allez-vous, Madame Lincoln ?" demanda Clark.

"Je vais très bien, je vous en remercie," répondit Wanda Mae, hochant de la tête. "C'est si gentil de votre part de me le demander."

"Madame Lincoln, pourquoi avez-vous appelé 'Superman' ?" demanda Lois, sourcillant.

"Je savais que j'allais attirer votre attention." Wanda Mae sourit brillamment.

Lois sourit, sur ses gardes. "Bien, oui, Superman est un bon ami à nous, alors bien sûr, ça allait attirer notre attention."

Wanda Mae sourit et fit un clin d'œil à Clark. "Il est plus qu'un ami, ma chère." Elle regarda Clark. "Vous l'avez épousé, mais vous ne lui avez pas dit ?"

"Elle le sait," la rassura Clark, même s'il était inquiet. "Lois n'aime pas que d'autres personnes le sachent."

"Ah, je ne suis pas la seule qui sait," Wanda Mae fit soudain la moue et mordit ses lèvres. "Soyez prudents. Je vous aime bien."

Lois et Clark échangèrent des regards inquiets. "Merci, Madame Lincoln."

Lex Luthor regarda l'entrepôt abandonné devant lui. C'était si silencieux que l'on pouvait entendre les vagues lécher les pierres sous le bâtiment.

"C'est ce que vous avez trouvé de mieux ?" demanda-t-il à Asabi, qui errait attendant derrière lui.

"Etant donné le peu de temps dont je disposais avant ce rendez-vous, Monsieur Luthor, c'est un excellent choix, si je vous le dis moi-même." Asabi sourit. "J'ai fait confiance à des hommes qui faisaient le gué."

"S'ils échouent, il en ira de votre vie pas de la leur," dit Lex froidement. Il savait qu'il prenait de grands risques en déménageant ses quartiers dans les bas-fonds de la ville si tôt. Mais c'était pour cela que Lex vivait : les risques et le défi de tout vaincre.

Asabi se mordit la lèvre et sortit pour attendre les invités de Luthor.

Peu de temps après, trois hommes revinrent avec Asabi qui les introduisit chacun à leur tour.

Enrico O'Reilly possédait le meilleur et le pire des deux cultures qui l'avaient conçu. Pas plus grand que 1,70 m et très mince, son tempérament pouvait le faire exploser de rage et se calmer très vite après. Enrico possédait une intelligence très vive, polie par plusieurs années passées dans la rue. Il ramena ses cheveux noirs vers l'arrière et enfourcha une chaise, paraissant à l'aise dans une paire de jeans ajustée et un manteau de cuir. C'était le chef d'une bande de jeunes durs à cuire, c'était une figure à surveiller dans les bas-fonds de la ville, Lex pourrait le faire monter en grade et en faire son bras droit, servant d'assistant.

Habillé d'un complet gris, Liu Ping était un membre en règle des Triades de Métropolis. Il n'était pas le chef, mais il était prêt à rompre avec son groupe et en former un nouveau avec ses acolytes. Vers la fin de la trentaine, l'ambition pouvait se lire dans ses yeux foncés.

Le troisième homme était habillé de vêtements en lambeaux et n'avait pas de nom. Tout le monde l'appelait "Le Vieil Homme" et tous savaient dans les bas-fonds qu'il était le chef du plus grand cercle de mendiants de Métropolis – et que l'on devait toujours être d'accord avec lui.

Lex tapa dans ses mains les ouvrit pour accueillir ses invités. "Bienvenue, messieurs. Merci d'avoir accepté de me rencontrer ce soir."

Enrico s'assit, raide, sur son banc. Il regarda de façon alerte tout autour de lui. "De quoi s'agit-il, Luthor ? C'est vrai ou vous travaillez pour les flics ?" Il se rassit. "J'ai entendu dire que vous vous sentiez bien près d'eux, maintenant."

Lex leva un sourcil vers lui et ne daigna même pas répondre à sa question.

"Je vous ai tous invités ici pour une raison, quelque chose que nous avons tous en commun," commença Lex. "Nous avons tous reçu une offre pour rejoindre d'Intergang– et nous avons tous refusé."

Liu Ping s'éclaircit la gorge. "Cela pourrait être fait, Monsieur Luthor," dit-il avec respect, "mais nous ne signerons pas pour vous non plus."

Lex sourit. "Mais ce n'est pas ce que je suggère, mon ami. Ce que je propose est que nous formions une coopérative. Nous protégerons les acquis de nos partenaires et formerons un front contre Intergang. Je ne veux pas de pourcentage sur vos profits," dit Lex. "Je pourrais, de temps en temps, vous payer pour faire une sale besogne pour moi, et je pourrais faire quelque chose pour vous en retour."

"Laissez-moi y réfléchir." dit Le Vieil Homme d'une voix enrouée, acceptant une tasse chinoise venant d'Asabi, avec une dextérité surprenante. Il avala une gorgée du liquide chaud. "Quand l'un de nous commence à manquer d'air à cause d'Intergang, les autres reviennent à la charge ?"

"Nous les battrons. Intergang ne s'attendra pas à une résistance organisée. Nous allons montrer l'exemple et ensuite d'autres quitteront Intergang pour se joindre à notre coopérative. Nous serons plus forts et par conséquent plus en sécurité."

"Où est le piège ?" demanda Enrico.

"Il n'y a pas de piège," lui assura Lex, d'une voix démesurément calme. "C'est une simple question de survie."

Le lendemain matin au Planet, Lois et Clark butèrent sur Jimmy.

"Jimmy, comment se déroule la chasse aux scientifiques du clone ?" demanda Clark.

"L'un est mort, l'autre est en prison." Jimmy les compta sur le bout de ses doigts.

"Docteur Mamba ?" demanda Lois.

"En prison," répliqua Jimmy. "Perry tente de le contacter pour avoir une entrevue avec lui." Il se frappa légèrement le front. "Ce qui me rappelle, Perry veut vous voir."

Lois acquiesça. "Bien sûr. Dans un instant. Et cette autre chose que je t'ai demandé ?"

"Accéder à la base de données ?" dit Jimmy en baillant. "Aucune idée. Je suis resté éveillé toute la nuit à cause de ça. J'ai contacté un des administrateurs du système ce matin. Il s'agit de plusieurs banques de données copiées plusieurs fois avec des références croisées. Y accéder et manipuler la banque de données demande beaucoup de connaissances internes," Jimmy grimaça. "qui, pour des motifs raisonnables, m'ont été refusées."

"Par une personne de l'intérieur ?" pensa Clark tout haut. "Il est temps d'aller visiter le bureau du coroner."

"Vous n'oubliez rien ?" dit promptement Jimmy, devinant que le couple voulait voir de l'action. "Le Chef ?"

Ils se dirigèrent vers le bureau de Perry.

"Comment se déroule votre histoire, vous deux ?" demanda Perry, regardant par-dessus une pile de documents.

Lois faillit répondre 'laquelle ?'. Au lieu de cela, elle dit, "Tout va bien, Chef. La police ne possède pas de détails sur le voleur, les victimes ne se rappellent de rien. C'est véritablement le calme plat, tout semble se mettre place très facilement."

Perry ignora son sarcasme. "Restez là-dessus" dit-il. "J'ai entendu dire qu'un autre homme riche avait été volé aujourd'hui."

"Nous irons vérifier cela, Chef," promit Clark.

"Ecoutez, ce n'est pas la raison pour laquelle je désirais vous voir. Je sais que vous pouvez tous les deux faire votre boulot sans m'avoir sur le dos. C'est à propos du Bal de Charité pour l'Orphelinat de Métropolis."

"Qu'y a-t-il, Chef ?" demanda Lois. "Clark et moi y allons tous les ans. Superman est un orphelin, comme vous le savez."

Perry fit la moue et parut mal à l'aise. "Pourriez-vous envisager de ne pas y aller cette année ?"

Clark regarda Lois et répondit pour eux deux. "C'est hors de question, Chef. Nous y allons toujours."

"Lex y sera, n'est-ce pas, Perry." ajouta instinctivement Lois.

Perry acquiesça.

"Perry, vous ne pourrez pas nous protéger de Lex pour le reste de nos jours," protesta Lois.

"Ou lui de vous, je suppose," remarqua sèchement Perry.

"Qu'est-ce que Lex vient faire à ce bal de la charité ?" demanda Clark. "C'est censé être un événement respectable."

Perry leva les yeux au ciel. "C'est exactement là où je veux en venir, Clark. Aucune d'objectivité. Ne pouvez-vous pas voir que les intentions de Luthor sont respectables ?"

Lois et Clark le regardèrent comme s'ils allaient vomir. Lois se leva rapidement. "Perry ! Comment pouvez-vous dire cela ?"

"Ma chérie," répondit calmement Perry, "dans ce pays, les gens sont innocents jusqu'à preuve du contraire. Et Lex a été reconnu innocent. Cet homme en a beaucoup vu ces dernières années : des années de privation, la perte de sa réputation de citoyen modèle. Les gens sont prêts à tout détruire pour pouvoir lui redonner ce qu'il a un jour été." Lois se rassit brusquement sur son siège. "Maintenant, Alice et moi serions plus qu'heureux de vous racheter les billets..."

Clark l'interrompit. "Nous y allons, Perry."

Lois sourit. "Alice, Chef ?" demanda-t-elle, espérant lui faire suivre son idée. "Vous avez eu un autre rendez-vous foudroyant ?"

Perry cligna des yeux. Clark lui-même sourit, malgré son humeur contrariée. "Alice veut prendre les choses plus calmement, et puis, bien, c'est ce que je fais. Ça n'est pas la peine de détourner cette conversation non plus, Lois. " Il soupira et se laissa tomber dans son confortable fauteuil de cuir. "Ne faites rien de dangereux à ce bal, vu ? J'ai vraiment besoin de mes deux meilleurs reporters."

"Bien sûr, Perry," affirma Lois. Perry savait que ce n'était pas trop rassurant, venant de la bouche de Lois.

Le couple quitta le bureau de Perry. "Lois," tenta désespérément Clark, "es-tu certaine de vouloir aller à ce bal ?"

"C'est une opportunité que nous ne pouvons manquer. Nous devons savoir, Clark."

Clark était d'accord. Lois lui fit un sourire reconnaissant avant de retourner à son bureau pour appeler Henderson à propos du dernier vol du voleur poète.

L'assistante du coroner, une femme aux cheveux foncés et aux yeux bruns, leur avait été d'une aide appréciable. Ils étaient assis dans son petit bureau. "Normalement, nous pratiquons les autopsies au moment même où le corps est emmené ici. Toutefois, nous avons eu une journée très occupée le jour où Lex Luthor a sauté. Puisque Superman ne s'est pas présenté aux endroits où on avait besoin de lui, plusieurs personnes ne sont pas passées au travers." Lois et Clark sourcillèrent. Lois posa une main rassurante sur le bras de Clark. L'assistante du coroner, ne le remarquant pas, consultait ses notes. "Le carambolage sur l'autoroute 8 n'a pas aidé non plus."

"Alors comment se fait-il que la police possède des empreintes digitales du corps de Lex Luthor ?" demanda Lois.

"Le corps du clone a été examine en deux étapes. Nous avons fait de même avec tous les corps qui nous sont arrivés ce jour-là. Nous travaillons en équipe de deux, pour vérifier le travail de l'autre. Une équipe a fait l'examen externe du corps qui inclus la prise d'empreintes digitales. Cela est suivi d'une autopsie complète faite par moi-même et un autre des médecins. Malheureusement, nous n'avions pas encore procédé à l'autopsie quand le corps du clone a été volé."

"Gardez-vous des copies de ces empreintes digitales ?" demanda Lois. "Je sais qu'elles ont été numérisées et mises dans l'ordinateur, mais il doit bien y avoir des originaux ou des copies quelque part. Elles sont archivées dans la ville basse à notre centre d'investigations, mais je dois en avoir une copie ici."

"Vous en avez ?" ajouta Clark. "Pouvons-nous les voir ?"

L'assistante fronça les sourcils. "Je vous assure que ce sont les mêmes." Elle se leva. "Je reviens dans une minute."

Elle revint quelques minutes plus tard. "Puis-je vous appeler ?" demanda-t-elle. "Il semble que Janice les aient placées au mauvais endroit."

"Janice ?" demanda Lois.

"C'est elle qui a relevé les empreintes du corps. Elle était chargée des empreintes digitales et de leur archivage."

"Pouvons-nous la voir ?" dit Lois, en s'avançant dans l'attente d'une réponse.

L'assistante du coroner hocha tristement la tête. "Janice est morte dans un accident de voiture il y a trois mois."

"C'était une employée de confiance ?" demanda Clark.

"Tous mes employés le sont !" s'exclama l'assistante du coroner indignée. "Janice pouvait être un peu inconstante parfois, mais elle faisait très bien son travail."

Clark se leva. "Contactez-nous pour nous dire si vous trouvez quelque chose."

À l'extérieur, Clark lui demanda, "Qu'en penses-tu ?"

"Je crois que Lex a payé Janice pour changer les empreintes digitales. Elle travaillait dans la boîte et savait comment s'y prendre," déclara Lois sèchement.

"Mis à part les empreintes digitales manquantes, nous n'avons aucune preuve tangible." Clark fit la moue. "Pourquoi ne faisons-nous pas une petite recherche sur le passé de Janice ?"

Tard ce soir-là, Lois et Clark étaient recroquevillés ensemble sur le fauteuil à regarder le bulletin d'informations. En fait, ils ne faisaient que regarder à moitié le bulletin, car ils avaient déjà vu la plupart des titres mentionnés plus tôt dans la journée. Clark lisait très rapidement des articles de journaux, ralentissant occasionnellement pour lire un truc plus important et le mettre de côté. Lois était en train de taper sur son ordinateur portable. Perry allait avoir besoin bientôt d'un article sur le voleur poète.

"En direct maintenant du Palais de Justice de Métropolis, nous avons Kate Green." Lois et Clark dirigèrent leurs regards vers le téléviseur et virent une présentatrice se tourner vers la caméra. "Kate, que se passe-t-il là-bas ?"

Kate Green, une petite femme aux yeux verts, sourit à la caméra. "Eh bien, Sue, dans quelques instants, le Procureur fera une déclaration sur le cas de Lex Luthor." Un brouhaha attira son attention. "Quelque chose se produit maintenant." Kate fit signe au cameraman et ils s'approchèrent de la foule, rejoignant le reste du contingent que formaient les journalistes et cameramen.

Le cameraman fit un zoom sur le podium installé à l'extérieur du Palais de Justice. Derrière celui-ci, le Procureur agitait les mains pour obtenir que le silence. Lois et Clark se regardèrent et joignirent leurs mains pour se réconforter.

Finalement, le bruit s'estompa. "J'ai une déclaration à faire concernant l'affaire Luthor," commença le Procureur. "Comme vous le savez tous, nous avons abandonné les charges qui pesaient sur lui. Avant cela, nous avons exhumé quatre corps de leurs tombes. Ces corps avaient été retirés de la caverne souterraine où l'homme que nous croyions être Luthor avait gardé Lois Lane en otage il y a deux ans.

"Nous avons trouvé quatre corps : deux dont l'identité reste encore à déterminer. Les deux autres, après de nombreuses analyses, coïncident avec l'ADN de Lois Lane et de Lex Luthor." Le Procureur prit une grande inspiration. "Après cela, nous ne pouvons qu'assumer, à la lumière de cette preuve présentée et toutes les autres déjà accumulées, que le Lex Luthor qui est parmi nous aujourd'hui est innocent. Avec le même ADN et deux jeux d'empreintes digitales différentes, nous ne pouvons pas tirer d'autres conclusions que les deux suivantes : que Luthor dit effectivement la vérité et que le clone est mort ou que Luthor ment et que le Lex Luthor original est mort et que son clone vivant aujourd'hui à Métropolis est aussi innocent."

"Non !" s'exclama Clark pendant que lui et Lois fixaient l'écran de télévision, consternés.

"Oui !" Lex et Beth se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, dans l'intimité de leur suite.

Lex sourit. "Merci à toi." Leur étreinte se resserra et ils s'embrassèrent passionnément.

Un journaliste cria. "Qu'en est-il des crimes frauduleux commis pendant que Lex dirigeait le Daily Planet ?"

"À nouveau, ces crimes ont été commis par le véritable Lex ou son clone, l'un d'eux est décédé. Les documents de LexCorp avant l'arrivée de Luthor au Daily Planet montrent que des tentatives répétées de clonage ont effectivement eu lieu, de même qu'une succession de clones de Luthor. Nous avons des données sur tous les échecs de tous les clones, sauf pour ce qui est du dernier. Il y a des preuves qui indiquent que le clone lui-même coupa tous les fonds pour le projet quand il arriva à la tête de LexCorp."

Les cheveux de Lois s'envolèrent dans une brise, impossible, mais pourtant familière. "Clark ?" Elle se tourna en direction de son mari.

Il n'était plus là.

Superman, les bras croisés, se rendit à l'extérieur de la fenêtre de la résidence de Luthor, regardant son ennemi lire des dossiers à son bureau.

Luthor leva les yeux, soudain conscient qu'il était observé. Son sourire était très prononcé quand il ouvrit les portes à la Française. "Bonjour, Superman, comme c'est gentil de venir me rendre visite."

Superman flotta jusqu'à la fenêtre, mais ne passa pas l'embrasure de la fenêtre. "Vous vous souvenez d'une petite conversation que nous avons eue il y a longtemps, Luthor ?"

"Etait-ce avec moi ou avec mon clone ?" rétorqua Lex avec un léger rire.

"Je vous avais averti à ce moment là que j'allais vous surveiller. Je vous avertis à nouveau. Tout ce que vous avez à faire, c'est de regarder vers le haut." Superman flotta au-dessus du balcon. "Et restez loin des Kent." Scrutant de toutes ses forces son ennemi, Clark vola à la verticale, accentuant graduellement sa vitesse jusqu'à ce qu'il soit hors de sa vue.

"Tu as fait quoi ?" Lois ne pouvait pas le croire. "Tu es allé le voir et tu l'as menacé ? Clark, es-tu devenu fou ?"

Clark, encore dans son costume, croisa ses bras fermement contre sa poitrine. "Il n'avait pas le droit de penser qu'il allait s'en tirer aussi aisément que cela, Lois."

"Alors, tu l'as mis au défi ? Tu es prêt à te battre ?" Lois se cacha le visage avec les mains et essaya de se calmer. "Tu réalises sûrement que si c'est le Lex qui m'a kidnappé, il connaît ton secret et pourrait nous faire du mal à tous ?"

Clark contempla ses mains. "Je suis désolé, Lois. J'étais très en colère, je n'ai pas réfléchi avant d'agir. Je devrais appeler mes parents, pour les avertir..."

"Superman ne devrait pas autant s'impliquer, Clark," pointa Lois, prenant sa main et la mettant dans la sienne. "Nous ne pouvons rien faire sans en savoir davantage."

"Maintenant, ce sera encore plus difficile d'en obtenir. Il va être encore plus prudent et brouillera ses traces encore plus qu'avant." Les épaules de Clark tombèrent.

Lois enroula ses bras autour de lui et le prit dans ses bras. "Tout ça finira bien, Clark. Nous passerons à travers à cette épreuve ensemble, comme toutes celles qui ont précédé. J'avais si peur..."

Clark laissa échapper un énorme soupir.

"De toute manière," ajouta rationnellement Lois, attirant l'attention de son mari, qui la regardait droit dans les yeux. "Si tout cela n'est qu'un canular, nous savons tous les deux que Lex se mettra à nos trousses d'une façon ou d'une autre." Elle l'embrassa légèrement sur la joue. "Allons appeler tes parents."

Beth observait son mari, elle se tenait dans un couloir sombre. Il se tenait debout, contemplant les étoiles dans le ciel. "Lex ?" Elle entra dans la pièce.

Lex se retourna lentement, le visage songeur. "Oui, mon amour ?"

"Tu dois faire attention, Lex." Beth s'avança vers lui. "Superman est un ennemi très puissant."

Lex s'avança pour lui caresser l'épaule. "Beth, il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Superman se lassera de me surveiller, je te le promets. Je ne ferai rien pour attirer son attention."

Beth sourit au regard de son époux. Elle donna un coup de coude sur son bras, Lex ouvrit grand les yeux sous l'effet de la surprise. "Tu ne dois pas le faire !" dit-elle avec un sourire.

Lex eut le même regard de méchanceté qu'elle avait dans les yeux et lui rendit son coup. "Et qui m'arrêterait, si par exemple, je décidais de contrecarrer cet ordre ?" dit-il avec une pointe de défi dans la voix, souriant.

Beth tint ses mains à ses côtés, s'approchant encore plus près de lui, nez à nez. "Je le ferais, Lex," soupira-t-elle, devenant sérieuse. "Tu le sais."

Lex tenta de se desserrer de son étreinte, faisant la moue. "Oui, je crois que tu le ferais." Il se détourna d'elle et retourna à son bureau en lui tournant le dos.

"Lex," Beth s'approcha de lui, le suppliant de sa douce voix, caressant légèrement ses épaules tendues. Elle n'obtint reçut aucune réponse.

Lois et Clark sortirent du taxi et entrèrent sur la pelouse du Burnhild Mansion Hotel. Le bâtiment historique s'étendait un peu plus loin de la route et le stationnement décrivait un arc élégant à travers la l'herbe verte.

"Attention devant !" Les Kent avaient été surpris par un groupe de jeunes garçons et filles qui couraient en travers du parking, criant et riant à se faire exploser les poumons. Lois remarqua qu'ils étaient vêtus de petits costumes et de petites robes, avant qu'ils ne disparaissent derrière des arbres.

Une jeune femme dans un uniforme sévère de couleur grise s'approcha d'eux. "De quel côté sont-ils allés ?" demanda-t-elle. Clark pointa son doigt dans bonne la direction.

"Des enfants ?" demanda Lois avant que la femme ne reparte.

"L'idée de Luthor. 'Pourquoi est-ce que les adultes devraient avoir tout le plaisir ?' comme il dit." La femme leva les yeux au ciel et tenta de remettre de l'ordre dans ses cheveux. "Je ne le vois pas ici en train d'essayer de suivre ces monstres ! Pardonnez-moi." Elle se mit à courir en direction des buissons.

Lois et Clark échangèrent des regards surpris et entrèrent dans le bâtiment.

La salle de bal était remplie de gens. Des femmes dans des tenues de satin, de soie et autres matériaux exotiques, étaient regroupées et discutaient avec des hommes paraissant très à l'aise dans leur smoking Trois énormes chandeliers brillaient au-dessus de la piste de danse et un balcon en bois sculpté serpentait autour de la pièce, servant de mezzanine à la salle de bal. De gros bouquets d'orchidées, d'œillets et de roses inondaient la salle, placés de façon stratégique, ajoutant à l'air un doux parfum.

Perry s'avança lourdement vers eux, Alice le suivant de près. "Lois, Clark, seulement pour vous le rappeler, il n'y a encore aucun signe de sa présence ici."

"Merci Perry," répondit Clark, pendant que Lois murmurait un bonjour à Alice. "Malheureusement, je crois qu'il se présentera."

Au moment où Clark commençait à raconter à Perry l'histoire de la nurse qu'ils avaient rencontrée plus tôt, Jimmy et sa petite amie Penny se joignirent à eux. Jimmy, comme tous les hommes, avait fière allure dans le smoking qu'il avait loué. Penny portait une robe noire à fines bretelles qui lui arrivait à mi-cuisses.

"Jimmy !" l'accueillit Perry.

"Hé, merci pour les billets !" dit Jimmy, souriant. "Wow, c'est vraiment super !"

"Merci à vous, Monsieur White," ajouta poliment Penny, les yeux brillants de voir le prestige de la soirée.

Les lumières étaient tamisées puis devinrent plus brillantes. Le niveau du bruit baissa.

"Mesdames et messieurs," annonça une femme d'âge mur, portant une ample une robe bleue. Elle se tenait un peu au-dessus des autres invités, perchée sur la volée de marches qui conduisait à la mezzanine. "Je vous présente Monsieur et Madame Luthor !"

Elle se tourna et commença à applaudir tandis que le couple s'avançait pour se montrer à tous. La majorité des gens applaudit. Beth portait une simple robe de satin blanc. Elle s'agrippa nerveusement à son mari, pendant qu'ils passaient à côté de la femme et ils descendirent l'escalier.

La femme leva la main pour obtenir le silence, puis continua à parler. "Lex Luthor tellement fait pour les Orphelins de Métropolis par le passé et ce soir, il vient tout juste de faire un don considérable de cent mille dollars !"

"Où a-t-il trouvé tout cet argent ?" demanda Lois exaspérée à Clark qui observait les Luthor d'un œil malveillant

"Etant revenu depuis peu, il ne lui reste qu'une infime partie la fortune qu'il a jadis possédée," poursuivit la femme. Lois remarqua que Lex se dépêchait de faire disparaître un haussement de sourcil. "Son dévouement pour une cause qu'il avait pris sous son aile, l'ère de la renaissance a sonné ! De la part des Orphelins de Métropolis, je remercie Lex Luthor pour sa générosité." Elle recommença à applaudir. La foule la suivit avec enthousiasme, certains allant jusqu'à siffler.

Perry, qui applaudissait poliment pour conserver une bonne image publique, grommela dans un soupir : "L'odeur de l'argent..."

Ils regardèrent les Luthor descendre l'escalier, Lex hochant la tête d'un signe reconnaissance à l'égard des gens, jusqu'à ce qu'ils soient engloutis par la foule en arrivant en bas. L'orchestre commença à jouer des mélodies et des couples se mirent à danser.

Lois se tourna vers Clark. "Allez, Clark, allons danser."

La moue de Clark disparut et il fit l'effort de sourire. "Vous ai-je dit comme vous étiez splendide ce soir, Madame Kent ?" Lois portait une robe sans manches de satin rouge, touchant le sol. Elle paraissait incroyable.

Lois le guida vers la piste de danse avec un sourire radieux. "Pourquoi ne me le répètes-tu pas ?" Elle fit un clin d'œil à ses compagnons. "Salut les amis, je vous reverrai plus tard."

Le couple se mit à danser lentement sur la piste en remuant à peine. Ils n'avaient d'yeux que l'un pour l'autre. Clark se pencha pour embrasser Lois et leurs lèvres se touchèrent.

Les regardant des coulisses, Alice murmura à Perry, "Je crois qu'ils se débrouilleront bien."

Perry tourna son regard inquiet du jeune couple vers Alice. Il remarqua le regard inquiet d'Alice, puis ses traits s'adoucirent. "Je suis désolé, mon cœur, je suis simplement inquiet pour ces deux-là." Il sourit. "Me ferez vous l'honneur de cette danse ?"

Alice le contempla. "Avec plaisir."

Pendant ce temps, les Kent s'étaient résolus à danser d'une manière plus respectable. Clark se tendit.

"Que se passe-t-il, Clark ?" lui demanda Lois, le serrant dans ses bras de manière rassurante.

"Luthor," soupira Clark, ne regardant pas Lois, ses yeux rivés sur le couple Luthor.

Lois tourna la tête pour jeter un œil. Les Luthor dansaient près d'eux. Lois détourna rapidement son regard et le reporta sur le visage de marbre de son mari. Elle avait croisé le regard de Lex. "Nous sommes en sécurité, il ne peut rien nous arriver ici," dit-elle, essayant de paraître rassurée.

Clark fronça des sourcils. "Ils dansent très près l'un de l'autre." Il fit demi-tour pour que Lois puisse les voir sans que cela soit trop évident. Elle tendait déjà le cou pour regarder.

"Nous aussi." lui dit Lois.

"Tu ne vas pas croire qu'il l'aime, n'est-ce pas ?" lui demanda Clark.

Lois hocha sa tête. "Mais peut-être qu'elle l'aime et ils se doivent de sauver les apparences."

Les Luthor dansaient en effet très près l'un de l'autre, lançant le message qu'ils ne voulaient pas être dérangés. Même si la moitié de la salle avait l'intention de les ignorer, un bon nombre de ceux qui les entouraient n'attendaient que le moment de s'intégrer et parler au fils prodigue de Métropolis.

Lex s'avança pour déposer de tendres baisers sur le cou de Beth. "Tu t'amuses ?" soupira-t-il.

Beth le regarda en grimaçant. "Mes chaussures sont trop serrées, il fait très chaud ici et si ces gens s'approchent plus près de nous, je pourrais les récompenser en m'évanouissant." Elle lui fit un grand sourire. "Je vais bien, vraiment, je suis ici avec toi."

Lex la fit tourner rapidement plusieurs fois et cela obligea des observateurs à reculer. "C'est mieux ?" lui demanda-t-il, amusé.

"Beaucoup mieux." Beth embrassa sa joue.

"Puis-je te laisser seule un petit moment ?" demanda Lex. Ses doigts parcoururent le chemin que se frayait une mèche de cheveux rebelles sur le cou de sa femme.

"Tu peux me faire confiance, Lex. As-tu besoin de faire travailler la salle encore un peu ?"

Lex hocha de la tête. "Je dois rétablir des anciennes relations. J'aimerais bien danser avec toi toute la soirée, mais --"

"Le boulot t'appelle." Beth hocha de la tête. "Je comprends. Je pourrais peut-être m'échapper et voir comment les enfants se portent. J'aimerais bien avoir de ce gâteau à la crème glacée que nous avons commandé pour eux." Elle sourit malicieusement.

"Garde-m'en un morceau." Lex lui retourna son sourire. Il l'embrassa légèrement et elle le quitta.

Lois observait la scène par-dessus l'épaule de Clark. "Elle est partie."

Clark suivit son regard. Lex était maintenant entouré d'une petit groupe d'hommes et de femmes, souriant et échangeant des poignées de mains. "Il semble que Lex fasse maintenant des affaires."

Ils regardèrent tandis qu'il menait Mindy Church à l'extérieur du groupe, ils dansèrent. "Qu'est-ce qu'il pourrait bien avoir à lui dire ?" dit Lois réfléchissant tout haut.

"Elle était mariée au chef d'Intergang," lui rappela Clark, regardant lui aussi la scène.

"Peut-être était-elle plus que mariée," spécula Lois. Elle vit le visage de Lex s'assombrir de rage. "Regarde !" soupira-t-elle.

"C'est ce que je fais," rétorqua Clark. Ebahis, ils furent témoin d'une scène où Luthor, furieux, quittait Mindy Church, la laissant seule au milieu de la salle de bal.

"Intéressant," souligna Lois.

"En effet," remarqua Clark, contemplant Lois. Ses yeux étaient brillants, elle avait un plan derrière la tête. Il connaissait ce regard.

"Pourquoi ne vas-tu pas le découvrir ?" demanda Lois.

"Quoi ?"

"Va danser avec elle," lui répéta Lois. "Ça pourrait nous donner un indice."

"Je ne veux pas te laisser seule."

"Ne t'en fais pas pour moi, je vais aller retrouver Perry ou Jimmy."

"Mais Luthor-"

"Clark, j'ai une bonne paire de poumons, tu vas m'entendre si j'ai des problèmes."

Clark se pencha pour l'embrasser. "Fais simplement attention."

"Je serai prudente." Lois regarda Clark s'éloigner et pénétrer la foule vers Mindy Church qui se dirigeait nonchalamment vers l'escalier. Lois regarda autour d'elle en cherchant Perry.

Une main lui toucha le coude. "Madame Kent ?"

Lois sursauta et se retourna. "Lex !"

"Je suis désolé si je vous ai effrayé," lui dit Lex Luthor. "Vous étiez seule. Je croyais que vous aimeriez peut-être danser avec un vieil ami ?"

"Un vieil ami ?!" Lois haussa le ton, insultée, mais ne voulant pas faire de scène. "Après tout ce que vous avez fait !?"

Lex n'en revenait tout simplement pas. "Lois, ce n'était pas moi. Je ne vous traiterais jamais, pas plus que vos amis d'ailleurs, si mesquinement. Croyez-moi. Nous devons parler de cela." Il fit un geste en direction d'une pièce attenante à la salle de bal.

Lois hocha de la tête. "Je préférerais rester dans un endroit public."

"Vous avez peur ?" la défia Lex.

"Je suis prudente," fut la réponse finale et tranchante de Lois.

Lex semblait amusé. "Dansez avec moi."

"Je ne suis pas certaine que cela vienne en contradiction avec ma définition de prudence," répondit Lois d'un ton sec.

Contre toute attente, elle permit à Lex de danser avec elle, gardant tout de même une certaine distance entre eux. Il n'oserait pas lui faire du mal dans un pareil endroit, avec tous ces gens et cela lui offrait une chance de découvrir la vérité.

"Lois." À chaque fois qu'il disait son nom, de cette voix douce et calme, cela la faisait frissonner. "Vous savez, la dernière fois où je vous ai vu, je venais tout juste de vous demander en mariage. Dans l'avion, vous vous souvenez ?"

Lois hocha de la tête.

"Ça m'a fait très mal de savoir qu'il avait à nouveau demandé votre main et que vous aviez accepté. Il est venu me voir dans ma prison et m'a tout raconté. Il a ricané, ajoutant qu'il allait prendre tout ce qui m'appartenait y compris vous."

Ils dansèrent un moment en silence, Lois digérant ces nouvelles, chacun regardant l'autre avec des yeux prudents.

"Etes-vous heureuse, Lois ?" lui demanda-t-il soudain, la pénétrant de ses yeux.

"Très heureuse," répliqua Lois, le corps crispé. "Et vous et votre femme ?"

"L'amour." Le visage de Lex s'adoucit. "Vous êtes la première femme à laquelle j'ai totalement succombé --" Lois tenta de s'échapper de son étreinte, mais Lex la tint fermement. "Beth est la seconde. J'aimerais bien que vous la rencontriez un de ces jours. Je crois que vous vous entendrez bien."

Lex relâcha son étreinte et Lois saisit cette occasion pour s'éloigner de lui. Sa voix tremblait. "Lex, nous ne pourrons jamais devenir des amis ou encore nous fréquenter. Trop de choses se sont passés, il y a trop de souffrance. À chaque fois que Clark ou moi vous voyons, nous pensons toujours à ce que vous --" Lois soupira d'exaspération "-- ou votre clone-- nous avez fait."

"Mais vous vous en êtes sortis." Lex ne tenta pas de la capturer à nouveau. Il l'observa sérieusement.

"Oui, Lex. Nous avons survécu et nous sommes plus amoureux que nous ne l'avons jamais été." Lois releva fièrement le menton.

Le regard de serpent de Lex pénétra Lois. "Soyez certaine que Clark reste prudent lui aussi."

Les yeux de Lois s'agrandirent d'horreur. 'Savait-il ?' Sous l'effet du choc, Lex la prit à nouveau dans ses bras, puis décida de danser. "Que voulez-vous dire ?" souffla-t-elle.

Lex continua de la même manière, le charme opérant toujours, il sourit paresseusement. "Une superbe femme comme vous, Lois. Si je n'étais pas un homme marié..."

Lois ferma les yeux. "Cela ne vous mènerait nulle part. J'ai l'intention de passer le reste de mes jours avec Clark et personne d'autre." C'était un avertissement très clair. Elle ajouta sur un ton accusateur : "Et puis que dirait votre femme ? Vous ne devriez même pas avoir de telles pensées !"

Lex dressa un sourcil, amusé, se mordant les lèvres avant de lui répondre. "La beauté seule est creuse, insatisfaisante." La voix de Lex devint plus douce. "Beth est brillante, intelligente, passionnée. C'est cela qui fait que je la trouve séduisante."

Lois le contempla. Pendant un instant, Lex lui donnait un indice et l'instant d'après, il énumérait les qualités de sa femme comme s'il y croyait vraiment ! Lex regarda très profondément dans son regard, un regard qui semblait la pénétrer jusqu'au plus profond de son âme. Finalement, il dit, avec un ton moqueur : "Peut-être devrais-je alors vous laisser rejoindre votre mari."

Il laissa Lois s'en aller et elle partit à la recherche de Clark, soudain inquiète qu'il ait pu lui arriver quelque chose. Elle ne vit pas le sourire satisfait sur le visage de Luthor.

Clark avait vraiment des problèmes. Il dansait encore avec Mindy Church, tentant de la raisonner. "Madame Church," dit-il, l'interrompant dans son discours sur l'importance de cette soirée pour une œuvre de charité, "vous ne m'avez encore rien dit."

"Mais Monsieur Kent," dit Mindy en battant des paupières. "Je vous le dis. Je disais à Luthor exactement la même chose que je vous dis maintenant, il m'a laissé tomber comme une vieille chaussette. Vous pourriez croire que son petit don était plus important que le mien. Pourquoi je donne toujours à la Fondation pour les Orphelins de Métropolis, il croit que sa petite donation est de loin meilleure que la mienne."

"Tous les dons aident," réussit à glisser Clark.

"C'est vrai, Monsieur Kent." Les mains de Mindy caressèrent lentement le devant de son smoking jusqu'à ce que Clark tousse nerveusement. Elle posa sa main sur sa poitrine. "Mais je me devais de lui donner une leçon de réalité, vous comprenez ?"

Clark hocha de la tête, ses yeux cherchant désespérément Lois à travers la grande salle. Il avait besoin d'être secouru. Il le vit et leurs regards se croisèrent. Il sourcilla, il était inquiet. Lois se mordait la lèvre et ses yeux étaient humides.

Lois se pressa de les rejoindre. "Pardonnez-moi, Madame Church, mais je crois que cette danse est la mienne." Lois entra rapidement et permit à Clark de la faire tournoyer en s'éloignant de Mindy, très embarrassée.

"Merci, chérie, j'en avais grandement besoin," lui murmura Clark.

Lois lui rendit un sourire triste. "Moi aussi. Lex vient tout juste de nous donner un avertissement."

Clark était effrayé et posa son regard inquiet sur sa femme. "Tu es sûre ?"

"Non," soupira Lois. "Il était trop vague. Lex est fort pour ce genre de choses."

Clark sourcilla. "Prête à rentrer à la maison ?"

Lois hocha de la tête, ressemblant beaucoup à une petite fille effrayée.

Asabi frappa à la porte du bureau d'études de Lex. "Vous avez un appel sur la ligne 1, monsieur."

Lex leva les yeux de ses feuilles. "Merci, Asabi. Soyez certain que le brouilleur de ligne soit en fonction."

"C'est fait, Monsieur Luthor." Asabi s'inclina et sortit, fermant la porte derrière lui.

Lex prit le combiné. "Ici Luthor."

Mindy Church était à l'autre bout du fil. Elle était assise dans son bureau souterrain, fait de béton. Elle parla à Luthor au travers d'un système de microphones. En face d'elle était assis Le Bandit de Grands Chemins, qui nettoyait vigoureusement son arme. "Lex, je vous offre une dernière chance."

Luthor soupira impatiemment. "Je n'étais intéressé par aucune de vos offres précédentes."

"Luthor, vous ne survivrez pas seul à Métropolis." Mindy haussa le ton agressivement. "Plus maintenant. Cette ville est très différente depuis que vous avez été mis à l'écart. Il est temps que vous réalisiez qu'il y a un nouveau patron en ville."

Lex fulminait silencieusement. "Vous êtes nouvelle à tout cela Madame Church et votre enthousiasme doit être applaudi, même récompensé. Que diriez-vous de vous joindre à moi ? Je pourrais bénéficier de jeunes talents comme vous."

"Vous devez être fou à lier." Mindy lui raccrocha au nez.

Lex replaça le combiné à sa place et se rassit confortablement dans sa chaise. "Alors, ça s'est très bien passé," dit-il à personne en particulier. "On trouve ce qui cloche chez les gens et on leur assène des coups sur la tête de façon répétitive," raconta-t-il en gesticulant, "jusqu'à ce qu'on les force à révéler qui ils sont vraiment." Il se mit à rire.

"Il est allé trop loin," bouda Mindy. Elle réfléchit, jouant avec une mèche blonde, l'entourant encore et encore autour de son doigt jusqu'à ce qu'elle soit serrée.

Le Bandit de Grands Chemins sentit son agitation et se leva de sa position inconfortable. "Il vous a manqué de respect, madame ?" demanda-t-il.

Mindy libéra sa mèche de cheveux et se tourna vers Le Bandit de Grands Chemins. "Oui !" s'exclama-t-elle, ses yeux verts brillèrent. " Il m'a rejetée !"

Le Bandit de Grands Chemins se leva, le visage ténébreux. "Alors madame obtiendra vengeance. Je connais Luthor. Dites-moi où je peux le trouver et tout sera réglé."

"Je l'ai !" s'exclama Clark. Il apporta une copie imprimée au bureau de Lois. Ils avaient appelé au bureau du coroner pour trouver le nom de famille de Janice. "Le rapport de son crédit démontre que l'année dernière, elle avait de sérieux problèmes financiers, au bord de la faillite. Puis il y a trois mois, elle a réussit à tout régler."

"Et puis elle est morte ?"

"Exact." Clark hocha de la tête, amer.

"Qu'en est-il du paiement qui a réglé ses problèmes ?"

"Ce n'est pas un seul paiement qu'elle a fait. Soudain, elle payait ce qu'elle devait, plus un extra."

"Ceci ne constitue pas une preuve suffisante, Clark." Lois réfléchit pendant un moment. "Peut-être que les empreintes digitales perdues seront les siennes après tout."

"On aura ces empreintes, Lois. C'est elle qui a rangé les dossiers."

Lois acquiesça, puis ajouta, "Je viens tout juste de recevoir un appel. Les empreintes des dossiers de la ville basse ne sont pas les mêmes que celles trouvées sur l'ordinateur."

Clark paraissait prêt à vociférer.

"Lois ! Clark !" Perry les accueillit avec un cri qui traversa toute la salle de rédaction du Daily Plant, bourdonnante d'activité comme à l'habitude. "Vous allez nous faire une interview exclusive ! Dans mon bureau, et vite !"

Ils suivirent Perry dans son bureau. Perry était excité, mais il n'allait pas oublier ce pourquoi il les avait fait venir. "Maintenant, Lois, vous n'êtes pas obligée de faire ceci si vous ne le voulez pas..."

"Qu'est-ce que c'est ?" demanda Clark, juste avant que Lois ne réponde. "C'est à propos de Lex, n'est-ce pas."

"La femme de Luthor veut que vous l'interviewiez."

Lois et Clark échangèrent des regards confus.

"Nous avons lu pas mal de choses sur le sujet, Chef," dit Clark, "Elle n'a pas du tout adressé la parole à la presse."

Perry se massa la nuque, hésitant à continuer. "Maintenant, Madame Luthor a demandé que seule Lois fasse l'interview."

Clark l'interrompit. "Ne lui avez-vous pas dit que nous formions une équipe ?"

"Oui, Clark, je l'ai fait." Perry soupira. "Elle veut parler de femme à femme."

Lois caressa le bras de Clark d'où elle était assise. "Ne t'en fais pas, Clark, je me débrouillerai." Clark sourcilla et se croisa les bras.

Perry lui tendit un petit dossier. "J'ai déjà mis Ralph sur ce cas pour vérifier le passé de Beth. C'est tout ce qu'il a pu trouver." Le dossier était très mince. "Elle est blanche comme neige. La pire chose qu'il ait trouvé est qu'elle faillit échouer à ses cours de physique au secondaire. Elle a eu quelques petits copains, qui ont refusé de nous parler, elle a eu une puberté tardive. Pas de dossier criminel, même pas une contredanse. Cependant," ajouta Perry avec un sourire, "c'est une historienne."

"Lex a épousé une historienne ?" C'était impossible à concevoir.

"Une innocente trompée ou elle n'est pas qu'elle prétend être. C'est à vous de le découvrir."

"Avec mon expérience, les gens aux manières traditionnelles cachent habituellement un grand secret." Lois sourit à son mari de manière nostalgique et il lui rendit son sourire, avant de reprendre son air renfrogné.

"Si quelqu'un peut le découvrir, c'est bien vous, Lois."

Lois Lane releva nerveusement son manteau pendant qu'elle attendait d'être introduite dans le bureau de Lex Luthor. Elle trouvait étrange qu'il soit de retour et encore plus étrange qu'il tente de restaurer sa réputation au sien de la société en s'attirant ses bonnes grâces. Ce Lex ressemblait tellement au Lex qu'elle avait presque épousé, pas au Lex qui l'avait poursuivie de manière obsessionnelle, jusqu'à ce qu'il veuille prendre Wanda plutôt que Lois, il avait presque détruit tout ce qui lui était cher.

Lex commença avec un certain nombre de généreuses donations, de même que ses activités professionnelles. LexCorp était encore hors de sa portée, mais il avait dit dans une interview au magazine Time. "C'est simplement une question de temps et de succès continuel."

L'interphone émit un bruit au bureau de la réceptionniste. La femme, qui devait avoir une soixantaine d'années, prit le téléphone, hocha de la tête et dit à Lois. "Vous pouvez entrer."

Lois se leva et entra dans le bureau. C'était très bien décoré, aux goûts de Lex, bien sûr. La grande chaise de cuir noir mat pivota sur son axe.

C'était Lex.

"Je suis venue pour avoir une interview avec votre femme," dit Lois fermement, reculant d'un pas, croyant à une supercherie.

"Ça ne vous dérange pas qu'il reste ici, n'est-ce pas, Mademoiselle Lane ?" Madame Luthor sortit d'une autre porte. Ses taches de rousseur ressortaient de son visage pâle et sans éclat.

"Bien, j'avais cru comprendre que ça allait être une discussion de "femme à femme''..." Lois, encore mal à l'aise, insista sur ces mots.

"Je suis désolée, mademoiselle Lane. Je serai aussi franche avec vous, que Lex soit présent ou non, il m'a promis de ne rien dire." Elle dirigea son regard vers Lex. "Pas vrai ?"

Lois était ébahie par les regards qu'ils échangeaient. Lex l'avait-il déjà regardé comme cela ?

"Je suis désolée de ne pas avoir été ici quand vous êtes arrivée," poursuivit Madame Luthor, "mais j'avais un besoin urgent de -- ah, me repoudrer le nez. Je ne suis pas habituée à donner des interviews, vous comprenez." Elle sourit, rougissant un peu.

"C'est bien," dit Lois, d'un ton rassurant. "Si avoir Lex à vos côtés vous met plus à l'aise, c'est très bien."

"Je suis heureuse que vous ayez dit cela, Mademoiselle Lane--"

"Appelez-moi Lois."

"-- Lois."

"Pourquoi êtes-vous heureuse ?"

"Oh, est-ce que l'interview a commencé ?" demanda Madame Luthor, dirigeant Lois vers un fauteuil où elles purent s'asseoir ensemble et garder un œil sur Lex. Lois remarqua cela. "Veuillez vous asseoir."

Elles s'assirent et Lois attendit. "Madame Luthor ? Vous n'avez pas répondu à ma question."

Madame Luthor rougit, embarrassée. "Je suis désolée. Appelez-moi Beth, s'il vous plaît."

"D'accord, Beth." Lois sortit son magnétophone, le posa devant elle et le mit en marche. Elle observa la femme réservée. "Alors, pourquoi êtes-vous heureuse que Lex reste ici ?"

Beth parut très surprise de la question. "Parce qu'il est mon mari. Etre prêt de lui me rend fière."

Lois garda pour elle l'envie de vomir qu'elle avait. "Comment avez-vous rencontré Lex ?"

Beth sourit en regardant son mari. "Bien, ce n'était pas très romantique. Je l'ai trouvé juste après qu'il ait été battu par des voyous."

"Je venais tout juste de m'échapper de la prison de mon clone," dit pitoyablement Lex.

"Il avait de longs cheveux en bataille, une barbe non rasée, des vêtements en lambeaux. C'était épouvantable !" ajouta Beth.

"Et vous saviez qu'il s'agissait de Lex ?" demanda Lois.

"Oh non," répondit Beth, "pas immédiatement. Il n'était pas lui-même, il ne ressemblait même pas à son clone comme je l'ai lu dans les journaux. Lex était incohérent. Je l'ai fait parler jusqu'à ce que les secours arrivent, et c'est alors que j'ai réalisé qui il était. C'était grâce à un sentiment de charité que j'ai été renversée."

"Si vous saviez qui il était à ce moment, pourquoi ne l'avez-vous pas dénoncé à la police ?"

Beth regarda ses jambes et posa à nouveau son regard sur Lois. "Il m'a raconté son histoire et je l'ai cru." Elle regarda plus haut. "Après tout ce qui est arrive à vous et Clark, Lois, ce n'était pas aussi incroyable."

"Et vous vous êtes mariés ?"

"Oui, mais ce ne fut quelques jours avant la conférence de presse de Lex." Elle sourit un peu tristement. "C'était la dernière chose privée que j'ai pu faire."

"Pourquoi l'avez-vous épousé ?"

"Bien, il me l'a demandé," dit Beth avec un sourire. Son sourire disparut et elle répondit sérieusement. "La première fois que j'ai rencontré Lex et que je l'ai aidé, je n'avais absolument pas l'intention de l'épouser. Pourquoi s'intéresserait-il à quelqu'un comme moi ? Mais je suis allée le voir fréquemment à la clinique... Il y avait des bons jours et des mauvais jours, il me les laissait tous voir. " Beth haussa les épaules. "J'ai ainsi pu le connaître intimement et nous sommes tombés amoureux."

"Je l'aime pour qui elle est," l'interrompit Lex. "Elle me permet de rester honnête." Beth et Lex partagèrent un regard amoureux.

Il y avait beaucoup plus dans cette histoire que ces deux là ne voulaient en dévoiler, Lois en était certaine. "Honnête de quelle façon ?"

Lex changea d'expression, plissant les yeux. "Est-ce une question pour moi ou pour Beth ?"

"Ça ne me dérange pas. Les deux." Lois les regarda tous les deux.

Beth répondit. "Lex veut dire que maintenant qu'il est marié, ses yeux n'errent plus. Ses mains non plus." Avec une grande confiance en elle.

Lois aurait pu répondre que les yeux de Lex avaient errer pas mal sur elle le soir précédent, mais cela aurait démoli le rapport qu'elle tentait d'établir avec Beth. Son but était de recueillir l'histoire de Beth et si possible, de développer une relation, un contact, une amie. Qui sait ? Un jour Beth en aurait peut-être besoin.

"J'ai aussi compris que vous avez démissionné de votre poste d'historienne au Musée de Métropolis," commença Lois.

"Oui," répondit Beth, heureuse d'être sur un terrain plus familier. "J'entreprends encore des recherches personnelles quand le temps me le permet, mais je me concentre sur un projet que nous avons et qui est de constituer notre bibliothèque personnelle. Nous adorons lire tous les deux. Celle de Lex était plus complète, mais malheureusement, la ville et LexCorp la possèdent maintenant."

"Ce sera plus la bibliothèque de Beth que la mienne." ajouta Lex en levant les yeux des papiers qu'il était en train de lire. "Nos goûts en matière de littérature sont quelque peu différents."

Beth lui lança un sourire sans reproches et leva les yeux au ciel. "Lex a des choix excellents qui inspirent le défi. Je suis un peu moins discriminatoire. J'aide aussi pour les œuvres de charité de Lex." poursuivit Beth. "Tout le travail nécessaire en coulisses. Vous rencontrez une foule de gens intéressants !" Lois hocha de la tête. "Si vous le désirez, je peux vous fournir une liste. Vous pourrez en discuter avec mes superviseurs. Cela pourrait peut-être vous aider pour votre article."

"Avez-vous leurs noms et leurs numéros de téléphone ?" demanda Lois.

Beth se tourna vers Lex. "Nous avons une liste quelque part, n'est-ce pas ?"

" Tout est noté dans ton carnet d'adresses, ma chérie."

"Ah." Beth se tourna à Lois. "Bien, je ne peux pas vous donner mon carnet d'adresses, mais je peux tout taper et vous les faxer après cette interview."

"Margaret pourrait le faire." suggéra Lex.

Beth le regarda à nouveau. "Ce n'est pas un problème, Lex. Je vais le faire."

Lois sentit que la tension montait et ne comprenait pas pourquoi.

Soudain, Beth expliqua la situation. "Lex croit que maintenant que je suis mariée, je devrais laisser les autres faire ma besogne. Déléguer certaines tâches à sa secrétaire et ainsi de suite." Elle haussa des épaules. "J'aime bien faire les choses par moi-même, aussi insignifiantes soient-elles."

"Lex n'a pas tant changé que cela, alors," répondit Lois.

"Il est un peu vieux jeu de ce côté là. Etre mariée à Lex est un emploi à plein temps, tout le reste n'est que passe-temps. Comme travailler à LNN." La dernière phrase de Beth montrait qu'elle comprenait parfaitement la situation.

"Regrettez-vous d'avoir perdu votre indépendance ?"

"Je n'ai pas perdu mon indépendance, Lois," la reprit gentiment Beth. "Je suis devenue un membre de l'équipe. Parfois il est le partenaire dominant. Parfois je le suis. Parfois, nous ne le savons tout simplement pas !" Elle sourit.

Lex entra dans la conversation. "Avez-vous d'autres questions, Lois ?" Il se trouva l'heureux récipiendaire de deux regards qui l'ignoraient totalement.

"Lois," dit Beth avec un sourire, se tournant vers elle en ignorant Lex, "trouvez-vous que depuis que vous êtes mariée vous ne pouvez plus dire 'Ah, les hommes !' comme avant ?"

Lois lui rendit son sourire, s'amusant soudain. "On ne peut vivre avec eux, mais on ne peut pas non plus vivre sans eux."

Lex grogna. Lois regarda en travers de la pièce et vit que Lex souriait aussi, mais il le cacha tout de suite.

"Je crois que j'ai une seule question à poser," dit Lois, sachant qu'elle avait beaucoup de matériel pour compléter l'interview. Cela n'allait pas être l'histoire qu'elle croyait posséder au début, celle qu'elle avait espérée, mais elle avait maintenant un bon article à écrire qui deviendrait peut-être une énorme histoire plus tard. Madame Lex Luthor pourrait éventuellement devenir une bonne source. Elle demanda, "Aimez-vous Lex ?"

Beth sourcilla et sa brève hésitation indiquait que la question la prenait en traître, puis elle répondit "Que le ciel me vienne en aide, oui, je l'aime."

Lois se posa des questions quant au choix des mots employés par Beth. Toutefois, cette interview arrivait à sa fin et elle ne pouvait pas tirer de conclusions plus concrètes de la part de Beth à moins d'être le Dr Friskin. Elle les remercia tous deux pour leur temps et les quitta.

C'était la nuit à Métropolis et les rues étaient glissantes et sombres à cause d'une pluie récente, les lumières de la ville se reflétaient dans les mares d'eau et les taches d'huile à la surface de la route.

Lex et Beth, habillés pour le dîner, montèrent dans la Limousine. "Vous pouvez y aller." dit Lex au chauffeur.

La Limousine démarra. Lex se jeta dans son siège aux côtés de Beth, la main posée sur le bras de sa compagne. Beth posa sa tête sur son épaule.

Soudain, Lex s'avança et donna quelques petits coups dans la vitre qui séparait leur espace de celui du chauffeur. Il glissa la petite porte. "Où allez-vous ? Pour aller chez le maire, nous devions tourner--"

Lex s'arrêta. Il était en train de regarder le barillet d'un pistolet très inhabituel et tout de même assez gros.

"Restez assis. Vous serez bien assez tôt où vous allez." l'avertit une voix d'homme assez profonde.

Lex lui obéit et la porte de verre se ferma. Beth s'accrocha au bras de son époux. "Lex ?"

Il se tourna vers elle, ne pouvant cacher son choc. "N'aie pas peur, très chère. Nous allons nous en sortir."

Beth aurait aimé qu'il soit plus confiant.

"Disparus ?" s'écrièrent en chœur Lois et Clark.

Perry se plongea dans le rapport de police devant lui. "Ils étaient attendus à un dîner chez le maire et ils ne se sont jamais présentés. La police a découvert leur limousine sur une route boisée déserte. Il n'y a aucune trace de leur présence, pas même une empreinte de pied." Perry les regarda. "Bien sûr, avec la pluie d'hier soir, c'est très surprenant."

"Peut-être que quelqu'un a découvert que quelque chose clochait chez Lex et qu'ils ont décidé de quitter la ville." suggéra froidement Clark.

Lois en était moins sûre. "Beth -- Madame Luthor – ne semblait pas comme ça. Si Lex s'était enfui de la ville, je parierais que Beth n'est pas allée avec lui – ce qui voudrait dire qu'elle est blessée quelque part ou peut être morte." Son visage était triste.

"Ou qu'ils sont vraiment dans le pétrin." ajouta Perry froidement. "Arrêtez de leur trouver des excuses charitables et allez là-bas pour me rapporter un article."

"N'est-ce pas une affaire pour la police ?" demanda Clark, en traînant les pieds.

"Bon, maintenant, Clark," commença Perry, de manière colérique. "C'est moi qui distribue les articles, pas le chef de la police. Vous allez là-bas et vous découvrez ce qui est arrivé à Luthor. Demandez à Superman de vous aider, si nécessaire. Maintenant, allez-y !"

Le visage de Clark était de marbre quand il quitta le bureau de Perry, suivi de Lois.

"Clark, il faut qu'on se parle." dit Lois, tirant sur sa manche. Elle le conduisit dans la salle de conférence. Fermant la porte derrière eux, elle s'approcha de lui. "Clark, que représente Superman ?"

"Il se bat pour la vérité et la justice." répondit Clark, assis sur le bord de la table de conférence.

"Aider ceux dans le besoin ?" ajouta Lois.

"Oui," répliqua Clark, commençant à voir où elle voulait en venir.

"Sans distinction de race, sexe ou religion ?" continua Lois. "Ou dossier criminel ?"Elle n'attendit pas qu'il réponde cette fois." Et c'est à la Cour de Métropolis, au jury et au bourreau de juger, pas à Superman ?"

"Bien sûr." soupira Clark. "Lois, je vois où tu veux en venir. Mais si Lex n'était pas en danger..."

"Nous ne le saurons pas tant que nous n'aurons pas cherché. Les circonstances sont très étranges."

Clark se leva. "Je vais regarder." Il traversa la pièce et l'embrassa sur le front. "Pour toi, je vais chercher. Nous nous sentirons beaucoup plus en sécurité de savoir où Luthor se trouve de toute manière." Il la quitta, desserrant sa cravate.

Lois le regarda partir. "Fais-le pour l'idéal que Superman représente," soupira-t-elle, espérant qu'il puisse l'entendre. Elle le vit se tourner et lui faire un signe de tête.

Des heures et des heures après leur enlèvement, le kidnappeur fit entrer ses victimes dans une vieille grange retapée sous la menace son pistolet. Lex tenait Beth contre lui pour la protéger, elle trébucha, sa tête cachée dans son épaule. Ils furent poussés tout le long d'un des murs de la grange où étaient empilés des vieux ballots de blé moisi.

Ils se tournèrent vers. "Qui êtes-vous ?" demanda Lex de manière arrogante, malgré son ensemble ruiné et poussiéreux. Beth ne pouvait pas faire mieux.

"On m'appelle le Bandit de Grands Chemins et ça c'est la Grande Bess, mon arme." Il donna un coup au barillet de son pistolet qui était beaucoup plus qu'un simple fusil.

"Que voulez-vous ?" le défia Lex, pendant que Beth observait, fronçant étrangement les sourcils. "Si c'est de l'argent que vous voulez, je peux vous en donner. Un emploi ? Des vacances ? Votre propre chemin ? Vous n'avez qu'à le demander."

Leur kidnappeur se mit à rire et enleva le masque noir qui lui recouvrait la tête. "Je veux une seule chose," lança-t-il, dérisoirement. "Votre femme."

Beth leva la tête, le visage et humide parce qu'elle avait pleuré. "Joe ?" souffla-t-elle.

"Bess !" s'exclama Joe, le Bandit de Grands Chemins. "Viens avec moi et sois libérée de ce monstre !"

"Bess ?" répéta Lex, regardant sa femme.

"Un surnom," soupira-t-elle. Beth dit à Joe, "Je ne veux pas, Joe."

Il se passa la main sur le visage, surpris que Beth refuse son offre. "Pourquoi pas ? Qu'est-ce... que fais-tu avec lui ?"

"Que t'est-il arrivé ?" lui demanda Beth, encore collée à Luthor. "Le garçon que je connaissais ne jouait pas avec des fusils portant le nom de son ancienne petite amie !"

Lex hocha de la tête. "Petite amie ?" murmura-t-il, un peu amusé, à Beth. Elle lut la lueur dans son regard.

Le Bandit de Grands Chemins n'avait pas entendu Lex. "Tu étais perdue pour moi. J'ai honoré ta mémoire en nommant mon trésor le plus cher de ton nom. Mais je vois maintenant que ton honneur était placé au mauvais endroit. Ma nouvelle dame est beaucoup plus honorable que toi. Comment as-tu pu épouser... cette infâme créature à tes côtés ?!"

La Grande Bess trembla dans les mains du Bandit de Grands Chemins dont le visage était déformé par le dégoût et la colère. Beth tremblait, elle aussi. Lex se tendit, communiquant sa prudence à sa femme.

Beth s'exclama, sa voix montant d'un ton, "Ton fusil est plus honorable ? Es-tu devenu cinglé ?"

"Beth, ma chérie," l'avertit Lex, remuant à peine ses lèvres, ses yeux fixant le pistolet.

Le Bandit de Grands Chemins se mit à rire et le déconcentra. "Non ! Ma nouvelle patronne ! Si belle, si juste ! Ensemble, elle et moi avons volé les riches et donné aux pauvres." Il regarda franchement Beth. "Mais je peux te sauver, Beth. Juste un petit coup de Broad Bess et tu seras à nouveau à moi, purifiée de tout ce que cet homme aurait pu faire de mal."

"Et puis après, quoi ?" Beth croisa ses bras, tentant de pas paraître impressionnée, mais le frisson dans sa voix la trahit.

"Ensuite je pourrai nettoyer Métropolis de toute cette crasse qui se tient près de toi." Le Bandit de Grands Chemins appuya sur un bouton et le pistolet prit soudainement vie. "Avec ceci, je peux soustraire certains événements de la mémoire d'une personne, je ne peux ainsi pas me faire prendre – et ils n'ont pas besoin d'être agressés. Mais si je le mets à la puissance maximale --" C'est ce qu'il fit, le fusil gronda plus fort. "Les souvenirs forment la vie d'une personne. Sans eux, il n'y a plus de vie."

"Mais les amnésiques --" débuta Lex.

"Retiennent habituellement certains souvenirs, même inconsciemment," continua le Bandit de Grands Chemins, ignorant le regard horrifié sur le visage de Beth. "Je peux tous les supprimer, même votre souvenir d'être né. Alors, vous n'aurez plus aucune raison d'exister."

Superman arriva juste à temps et atterrit entre le Bandit de Grands Chemins et les Luthor. "Ne bougez pas !" ordonna Superman.

Le Bandit de Grands Chemins s'arrêta, surpris.

Superman se tourna et appela quelqu'un, se dirigeant vers un autre ballot de foin. "C'est bon, Madame Church, vous pouvez sortir maintenant."

Mindy apparut de derrière les ballots.

"Vous !" l'accusa Lex, la montrant du doigt. "C'est vous sa nouvelle dame !"

Mindy le regarda avec les yeux hagards. "A son retour, il éperonna comme un fou son cheval, maudissant le ciel, la route blanche fumant derrière lui, il brandit très haut sa rapière ! Rouge sang était ses éperons sous la lune d'or, lie de vin était son manteau quand ils tirèrent sur lui sur le chemin, tombé comme un chien sur le chemin et il baignait dans son sang sur le chemin, un nœud de dentelle à la gorge."

Le Bandit de Grands Chemins la regarda, anxieux.

Superman se tourna vers lui en colère. "Combien de personnes allez-vous encore kidnapper pour voler leurs souvenirs ?" Il se dirigea lentement vers le Bandit de Grands Chemins.

Le Bandit de Grands Chemins hocha de la tête. Il regarda Beth par-dessus Superman qui regardait la scène les mains croisées sur sa poitrine. Il dirigea son regard vers Mindy qui ne le reconnaissait pas du tout. "Non !" pleura-t-il, agonisant. "J'ai été trahi !" Il prit le fusil, le mit à une longueur de bras de lui, comme s'il allait le laisser tomber. Il se retourna et se tira dessus.

"NON !" crièrent Beth et Superman, s'avançant vers lui. Lex retint Beth.

Superman s'agenouilla près du corps inerte du Bandit de Grands Chemins, puis vérifia s'il sentait un pouls. Il regarda par-dessus son épaule. "Il est vivant."

Le Bandit de Grands Chemins reprit conscience et s'assit lentement, aidé de Superman.

"Tu vas bien ?" demanda Beth d'où Lex la tenait, ses bras l'entourant pour la protéger.

Le Bandit de Grands Chemins leva les yeux vers Superman. " Le vent était un torrent d'obscurité jouant avec les arbres dans la bourrasque," commença-t-il et il poursuivit jusqu'à la dernière strophe du poème qu'il reprit enduite au début.

Beth se tourna et cacha son visage dans la poitrine de Lex. Lex regarda par-dessus l'épaule d'un Superman médusé et vit Mindy qui lui souriait et lui faisait un clin d'œil. Les yeux de Lex se rétrécirent et il acquiesça l'air satisfait.

Attendant sur le balcon à l'étage, Lois se retourna et vit Superman atterrir. Elle remarqua son air renfrogné. "Tu les as trouvés ?"

Superman acquiesça et tourbillonna pour revêtir des vêtements plus confortables. "Juste à temps aussi." Clark grimaça. "Ça me dérange tellement d'avoir à secourir Lex quand il représente un si grand danger pour nous."

Lois posa une main réconfortante sur son bras, le guidant vers les chaises du patio. Ils s'assirent, Lois plaça un bras autour de lui. Clark posa sa tête au-dessus de la sienne. "Tu sais," dit doucement Lois, "ça démontre l'énorme force de caractère que tu possèdes quand il s'agit de sauver une vie -"

"Vois-tu, trois vies ont été sauvées, l'interrompit Clark. "Lex, sa femme et Mindy Church."

"Mindy ?!" Lois glissa de sa position et le regarda droit dans les yeux, étonnée. "Que faisait-elle là-bas ?"

"Une autre victime du voleur poète," lui dit Clark. "Il est vivant, mais il a retourné son pistolet sur lui et a effacé tous ses souvenirs avant que je ne puisse l'arrêter."

Lois sentait l'angoisse dans sa voix. "Oh, Clark."

Il pivota pour s'allonger sur la chaise longue et Lois s'assit se reposant davantage sur Clark que sur la chaise.

"J'ai parlé brièvement avec les médecins de la maison de repos Happy Hollow où j'ai laissé le voleur poète et Madame Church." continua Clark. "Ils ont dit que Mindy et les autres victimes allaient peut-être retrouver tous leurs souvenirs, mais ils sont au moins capables de fonctionner comme des citoyens normaux."

"Et le Bandit de Grands Chemins ?" demanda Lois.

"C'est trop tôt pour le dire," répondit Clark. "Il s'est fait plus de mal qu'à ses victimes, c'est certain."

Ils se reposèrent dans le silence un instant avant que Clark n'embrasse ses cheveux et elle le contempla. "Comment te sens-tu ?" lui demanda Lois.

"Beaucoup mieux." Il lui sourit. "Merci de m'écouter."

Lois l'étreignit et l'embrassa sur la joue. "C'est pour cela que je suis ici, ça et autres choses. Le pauvre homme. J'espère que quelqu'un parviendra à l'aider."

Clark soupira. "Les médecins feront ce qu'ils peuvent." Il serra Lois très fort. "J'aurais tant aimé en faire plus pour lui."

"Tu as fait tout ce que tu as pu, Clark." Lois passa sa main sur sa poitrine, lentement, ils changèrent le sujet. "Si seulement nous savions ce qui est arrivé à ces empreintes !" soupira-t-elle. "Eh bien, nous savons au moins que quelque chose est arrivé dans le dossier de Lex, même si nous n'avons pas de preuves."

"Nous ne nous sentirons pas en sécurité tant que nous n'aurons pas eu réponse à cela. Pour la sécurité de tous." Clark inclina sa tête et l'embrassa légèrement sur les lèvres.

"Alors..." Les doigts de Lois se dirigèrent vers le bas de sa chemise. Leurs lèvres se scellèrent et, tandis que leur baiser se prolongeait, Clark les faisait flotter à l'intérieur de la maison.

FIN



Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997).