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Saison 5, Episode 5

par Betsy


Avec la contribution de Kathy Brown et Pam Jernigan

D'après une histoire de Stacey

Édite par Kathy Brown

Version française de


Traduction Hypérion

 

Clark Kent entra dans la chambre et découvrit sa femme allongée à plat ventre au beau milieu du lit. Elle tenait l'album de photos de famille devant elle et examinait tranquillement les photos. Il s'assit doucement à côté d'elle et commença à lui masser les épaules à travers son pyjama de satin.

"Qu'est-ce tu fais, chérie ?"

"Oh, rien, je réfléchis." Lois eut un sourire rêveur en se tournant vers Clark et il lui rendit son sourire. Il regarda par-dessus son épaule la page qu'elle examinait. Celle des photos de bébés.

Leur mères s'étaient retrouvées toutes les deux au dernier Noël et avaient fait cet album, prenant des instantanés de chaque famille et les réunissant dans la mémorable collection Lane et Kent. Sur une certaine page on pouvait découvrir une photo de Lois, le visage couvert de glace au chocolat, tirant la langue à sa sœur Lucy qui souriait. Ou une photo d'un Clark édenté à l'âge de 7 ans en costume de cow-boy, "attaquant" son oncle Ned. Mais sur cette page particulière se trouvait la photo de bébé préférée de chacune des mamans, un petit Clark souriant et une angélique petite Lois endormie.

"Je me demande quand ta mère a pris cette photo de toi. J'aurais pensé que tu trouverais que cette photo pourrait ruiner ta réputation, même à cet âge là, Lois Lane, en train de dormir ?"

Lois se retourna s'appuyant sur son coude pour le regarder. "Ah, ah, très drôle ! Bien sûr, vous avez sans doute ce petit sourire narquois du genre 'j'ai plus d'un tour dans mon sac' depuis votre naissance, Monsieur Kent.

"Moi ? Narquois ? Tu te trompes sûrement." Il lui sourit de ce même sourire qu'il avait sur la photo et Lois réalisa comme la vie pouvait être merveilleuse. C'est alors qu'elle remarqua la direction de son regard et se demanda si, lorsqu'elle avait changé de position, son petit haut n'avait pas tourné avec elle. Elle dressa un sourcil vers son voyeur de mari, hocha la tête et sourit.

Clark se pencha et embrassa doucement ses lèvres. Il prit l'album en y jetant un dernier regard et le posa sur l'étagère. Il se retourna alors que Lois se glissait dans les draps. Tandis qu'ils étaient blottis l'un contre l'autre, elle releva la tête de sa poitrine et demanda. "Sérieusement, à quoi crois-tu que nos enfants ressembleront ?"

"Sérieusement ? Eh bien, je pense qu'ils auront les cheveux bruns, de très beaux yeux marrons, une peau blanche et délicate et un petit nez fin. Ils seront bagarreurs mais farouchement loyaux. Et bien sûr, ils seront intelligents. En d'autre termes, parfaits. Tout comme toi." Il l'attira un peu plus près de lui et déposa un baiser sur le bout de son nez.

"Parfaits ?" Elle leva vers lui un regard souriant. "Tu le penses vraiment ?"

Soudain, les yeux de Clark devirent doux et sérieux. "Oui. Ils le seront forcément. Ils seront le produit de notre amour et c'est la chose la plus parfaite qu'il m'ait été donné de connaître." Et il entreprit de lui démontrer cette perfection.

Le Docteur Daniels leva la tête de son microscope et se redressa. Le travail était long et fastidieux, mais les résultats allaient être phénoménaux. Des enfants parfaits. Il allait donner au monde la possibilité de créer des enfants parfaits.

Sa technique était presque au point. Cela ne prendrait encore que quelques mois de recherches avant qu'il ne puisse commencer une complète série de tests. C'était un homme patient et intelligent et il savait qu'il devrait informer le public de son travail par petites étapes. Il souhaitait faire ça pour faire avancer les progrès importants qu'il allait apporter à l'humanité.

Il regarda le prélèvement qu'il venait de modifier. Il serait vendu à un couple et produirait un bébé génétiquement parfait. Le produit de la vente amènerait les fonds pour deux mois de recherches supplémentaires. Il enregistra soigneusement les résultats avant de ranger la lamelle. Il ferma la porte de son laboratoire privé avant de retourner dans l'aile principale de la clinique pour retirer un autre échantillon. Il était tard et il ne se sentait pas obligé d'être trop prudent dans ses allées et venues.

En entrant dans chambre de conservation des embryons, le Docteur Daniels ne se préoccupa pas d'allumer le plafonnier. Il savait où il avait mis un embryon congelé supplémentaire. Il évita de se mettre aux endroits de la pièce surveillés par la caméra de sécurité, connaissant par cœur son chemin.

Souvent, quand les couples venaient lui demander ses services, il procédait à la fécondation de plusieurs ovules, enregistrant un nombre inférieur que ce qu'il prenait en réalité. De cette façon, il avait une source de recherche assurée. Il rangeait tous les prélèvements, soigneusement étiquetés, dans le coin d'un placard. Il était le seul avec une autre personne à avoir accès à cet endroit et était donc sûr que ses activités passeraient inaperçues.

Tracey Jenkins travaillait tard à la clinique ce vendredi soir. Elle était en quatrième année de médecine, faisant un internat de recherches à la clinique, la fécondation était un sujet qui l'intéressait. C'était un des rares ces moments de calme à la clinique et elle essayait d'inventorier quelques uns des échantillons sur lesquels elle avait travaillé dans la journée.

Elle n'était pas certaine d'aimer travailler seule au laboratoire mais elle ne savait pas à quel autre moment elle aurait pu faire ce travail. Tout le personnel était parti depuis des heures et l'endroit était carrément sinistre quand il était sombre et désert. Le seul bruit qu'on entendait était celui de l'unité du laboratoire de congélation, deux portes plus bas. Même ce bruit donnait le frisson.

La clinique elle-même n'était pas située dans le meilleur quartier de la ville et franchement, depuis qu'elle s'était faite braquée l'année d'avant, Tracey était un peu nerveuse à l'idée d'être seule en ville à une heure aussi tardive. Mais elle était adulte et savait qu'elle devait surmonter ses peurs.

'C'est de ma faute. Si je n'étais pas restée si tard à cette soirée la nuit dernière, j'aurais pu inventorier ces prélèvements la première fois. Maintenant je suis obligée de recommencer.' Elle remit soigneusement le classeur à sa place.

Elle s'apprêtait à se pencher sur le microscope quand elle entendit quelqu'un marcher dans le couloir. Elle frissonna.

'Personne d'autre n'est censé se trouver là. C'est vendredi soir, pour l'amour de Dieu. Et j'ai vu tout le monde partir. Elle sentit la peur lui monter au ventre et la prendre à la gorge et elle s'obligea à penser de façon rationnelle.

'Qui que se soit, il ne saura même pas que je suis là, si je me tiens tranquille. Attends. La lumière. On la voit sous la porte !'

Elle se faufila de l'autre côté du labo et, aussi rapidement et silencieusement qu'elle le pouvait, éteignit la lumière juste au moment où elle entendait des pas tourner au coin du couloir. Elle s'obligea à respirer aussi calmement que possible. Son cœur résonnait si fort dans ses oreilles qu'elle était sûre que la personne qui se trouvait à l'extérieur pouvait l'entendre. Mais les pas s'éloignèrent au bout du couloir.

'Contrôle toi, ma fille. Tu es parfaitement en sécurité. Ce gardien-- c'est quoi déjà son nom, Jeb ?-- est juste là à la réception si tu as vraiment besoin de lui. Alors calme-toi.'

Tracey prit plusieurs profondes inspirations et ferma les yeux. Quand elle parvint à contrôler sa peur, sa curiosité naturelle prit le dessus.

Elle tendit l'oreille pour mieux écouter l'endroit vers lequel était allé l'étranger. Elle entendit le bip et compris qu'il entrait dans chambre de conservation des embryons. 'La chambre de conservation ? Mais, deux personnes seulement possèdent le code d'accès à cette pièce. Je sais que le Docteur Crick n'est pas là. Serait-ce le Docteur Daniels ?'

Elle lutta brièvement avec sa conscience. Allait-elle être courageuse et essayer de découvrir qui était entré dans le laboratoire ou allait-elle s'occuper sagement des ses affaires ?

S'il s'agissait de mes embryons, j'aimerais que quelqu'un les protège. Je vais juste regarder si je peux voir qui est cette personne quand elle sortira.'

Tracey se reprit. Elle entrebâilla doucement la porte de son labo et laissa ses yeux s'habituer à la pénombre avant de scruter la porte de la chambre de conservation pour y apercevoir d'éventuels mouvements. Quelques instants plus tard, elle aperçut quelqu'un ressemblant au Docteur Daniels sortir rapidement de la pièce, tenant un prélèvement .

'Comment diable ?'

Elle referma calmement la porte et attendit que les pas s'éloignent et que le couloir redevienne silencieux.

Tracey se dirigea immédiatement vers son ordinateur et vérifia la liste des prélèvements du Docteur Daniels. Elle devait savoir si c'était le Docteur Daniels et non un intrus qui était entré dans le fichier.

'Il est écrit que la dernière entrée dans le fichier des prélèvements est la mienne. Comment se fait-il que le Docteur Daniels ait pris un prélèvement sans l'enregistrer ? A moins que ce ne soit pas le Docteur Daniels … Oh, mon Dieu. Que dois-je faire ?'

Elle se mordilla la lèvre d'indécision avant de se retourner vers son ordinateur. Elle se mit vite à chercher qui avait accédé au système et eut la confirmation que le Docteur Daniels s'était connecté. Puis elle pirata le système principal et  y entra en tant qu'administrateur ce qui devait lui permettre de faire ses recherches sans être découverte.

'Heureuse de voir que John n'a pas changé son mot de passe depuis des semaines que nous ne sortons plus ensemble !' pensa-t-elle, remerciant le ciel que sa brève aventure avec le responsable du service informatique lui ait permit de connaître ses mots de passe qui n'étaient bien souvent que la variation d'un même thème.

Tracy remarqua que le Docteur Daniels travaillait sur le dossier Fantoni. Elle ouvrit une copie du dossier en lecture seule.

La première chose qui lui sauta aux yeux fut que ce dossier était officiellement archivé. La fécondation in vitro des Fantoni avait marché. Ils venaient d'avoir leur deuxième enfant à la clinique et étaient enregistrés comme n'ayant aucun autre embryon conservé.

Elle referma le dossier et se connecta au fichier administratif. Elle ne pouvait en aucune manière prouver ce dont elle avait été témoin. Et puis flûte, elle n'était même pas sûre de ce dont elle avait été témoin ! De plus elle n'était pas autorisée à se connecter en tant qu'administrateur et le Docteur Daniels pouvait avoir quelque chose de personnel dans la chambre de conservation.

Mais elle sentait qu'il y avait anguille sous roche.

'Je suis seulement fatiguée. Je devrais probablement sortir d'ici et revenir demain matin.'

Se résignant à l'idée de remettre sa grasse matinée de samedi et sa ballade en patins à roulettes, elle remit son prélèvement dans la réserve et ferma son équipement. Se dirigeant vers sa voiture elle ne s'aperçut pas que quelqu'un l'enregistrait avec la caméra de sécurité.

Les journalistes du Daily Planet s'étaient rassemblés pour la réunion hebdomadaire. Tandis que le chroniqueur mondain divaguait au sujet d'une soirée à laquelle il voulait assister vendredi soir, Lois poussa un profond soupir. 'Je comprends pourquoi on appelle ça une discussion à bâtons rompus' pensa-t-elle.

Clark la regarda et lui fit un sourire compréhensif.

"…et une fois de plus, le Star a eu de bonnes places au parterre pour le concert tandis que moi je me retrouve derrière. Comment voulez vous que je puisse suivre toutes les allées et venues de cette position, je n'y comprendrai jamais rien."

"Dommage que le Star n'embauche pas," murmura Lois entre ses dents. Perry lui jeta un regard réprobateur qu'elle lui retourna avec un sourire innocent avant de baisser la tête sur son bloc-notes et sur les griffonnages stupides qu'il contenait.

C'est à ce moment que Perry reprit la direction de la réunion. "Très bien, maintenant, au tour du service des infos locales."

Miller, le responsable des infos locales, lança un regard éberlué à son rédacteur en chef avant de baisser la tête et regarder ses notes.

"William, faîtes en sorte que votre équipe fasse un reportage convenable à la conférence de presse du maire sur les nouveaux critères d'éducation qu'elle va mettre au point."

"Kent, pourquoi ne feriez vous pas un papier sur la façon dont les différentes régions du pays approchent l'appel du Président à une meilleure éducation ? Faîtes un article sur Daley à Chicago, les écoles sous contrat du Michigan et les récents jugements administratifs d'Oakland… vous savez, l'essentiel."

"Lois, je crois qu'on devrait développer la série d'articles que Clark et vous avez faits récemment. La gestion des services médicaux et la découverte de la corruption dans les compagnies assurances qui est sortie hier colleraient bien avec une série d'articles sur la santé publique. N'avez vous pas dit que vous aviez quelque chose sur la compagnie Médicare et les sans abris non assurés.

"C'est davantage l'histoire de Clark, mais je pourrais me mettre dessus."

"Faites le. Si vous avez d'autres idées pour cette série d'articles dites le moi tout de suite, pronto. Kent votre article ne prendra pas plus de quelques jours, aussi je veux que vous vous mettiez tous les deux sur ces histoires de services médicaux. En l'absence de dangereux criminels et de savants fous essayant de diriger le monde, il va nous falloir faire nous même l'actualité."

"C'est tout, messieurs dames. Allez, au boulot. Si nous n'avons pas très vite un scoop, on va être obligés d'imprimer les dernières apparitions d'Elvis et je suis sûr que vous ne voulez pas entrer en compétition avec le Whisper. Alors allez y!"

Les journalistes retournèrent à leurs bureaux respectifs, Lois et Clark ne faisant pas exception. Ces dernières semaines avaient été calmes, mis à part le meurtrier que Lane et Kent avaient aidé à arrêter et la plupart des vétérans du journal ne faisait que gagner du temps jusqu'à ce que la tempête qu'ils attendaient arrive enfin.

Dans l'équipe Lane et Kent, Clark avait toujours été meilleur pour les histoires "d'intérêt humanitaire". Depuis qu'elle travaillait avec Clark, Lois avait acquis plus de patience pour des articles tels que la récente série sur les services médicaux sur laquelle ils avaient travaillé. Lois ne s'était pas pour autant adoucie dans son travail de journaliste mais son éventail d'intérêts s'était élargi depuis sa relation avec Clark. Elle faisait plus de reportages divers sur le terrain et ça affectait son ambition et son style.

Elle s'assit à son bureau et grimaça car le décaféiné dans sa tasse était froid. Depuis qu'elle avait eu le bébé du futur, elle avait commencé à prendre certaines résolutions, conscientes ou non, de préparer sa vie pour un enfant. Boire du décaféiné était une précaution, 'juste au cas' où il arriverait qu'elle parvienne à être enceinte.

'Quand je serai enceinte. Penser positif.'

Elle se leva et alla chercher un peu de café.

Ralph arrivait au moment ou Lois versait un peu plus de liquide bouillant dans sa tasse.

"Eh, eh, eh, qu'est ce que je vois ? Lois l'Enragée qui boit du déca ?? Vous couvez ou quoi ? Eh, eh, Kent n'a pas perdu de temps, n'est-ce pas ? Vous n'êtes mariés que depuis un an, pas vrai ?"

Il lui fit un clin d'œil et rit grossièrement de sa bonne blague.

Lois resta sans voix devant ce monologue offensif et inapproprié. Elle lui répondit par un ricanement dépourvu d'humour, hocha la tête et commença à partir.

Mais Ralph persista et la suivit.

"Dites, sérieusement, Lois. Etant donné que Clark travaille sur cet autre article depuis plusieurs jours, pensez vous je pourrais travailler avec vous sur l'article des services médicaux ? J'ai des contacts à la Pitié qui pourraient nous fournir de bons tuyaux." Ralph considérait sa grand-tante, qui avait fait un après-midi de volontariat à l'hôpital, comme un bon informateur.

"Ralph le seul service médical dont vous devriez vous soucier est le vôtre. N'avez-vous personne d'autre à harasser ? C'est trop tôt dans la semaine, pour moi ?"

Lois n'avait jamais pu travailler avec un partenaire qu'elle pouvait supporter à part Clark. Elle était certaine que Ralph n'aurait pas fait exception. Elle lui tourna le dos et s'en alla. Cette fois, il n'osa pas la suivre.

Lois retourna à son bureau et vit que celui de Clark était vacant. Il avait probablement dû partir pour arrêter un voleur de banque ou quelque chose de ce genre. Son absence lui ôtant sa seule excuse à ses tergiversations, elle s'installa à son bureau pour ranger toutes les informations qu'elle avait sur Medicare et les sans abri non-assurés.

C'était un article d'un intérêt humanitaire pure et simple. Il n'y avait personne à monter du doigt ou de criminels à découvrir. Aussi, c'était pour Lois, une histoire difficile à écrire. L'article sur les assurances aurait été plus à sa portée. Mais elle devait faire cet article, alors elle se concentra dessus.

Lois prit des notes dans quelques rapports du NIH qu'elle avait besoin de mettre en ordre. 'J'ai horreur de lire ces rapports gouvernementaux. Il n'y a rien de pire !' La sonnerie stridente de son téléphone la fit sursauter, interrompant son excès d'apitoiement.

"Lois Lane," répondit-elle d'une voix professionnelle.

"Mademoiselle Lane ? Je suis, euh… une amie de votre sœur Lucy. Je me demandais… euh…"

Lois leva les yeux au ciel et fit un geste de la main encourageant en silence son interlocutrice à sortir ce qu'elle avait à dire."

"Oui, Lucy est ma sœur. Voulez-vous savoir où vous pouvez la joindre ?"

"Non, umm… Je ne peux pas vraiment parler maintenant. Mais j'ai besoin de vous parler. C'est peut être important."

Lois sentit un pincement familier lui traverser les tripes. Il y avait quelque chose dans la façon de parler hésitante de son interlocutrice et aussi en même temps de la nervosité et de l'excitation. Un article. Elle pouvait le sentir.

Lois enclencha le localisateur d'appel de son téléphone, espérant que l'inconnue resterait assez longtemps pour pourvoir la trouver et tourna une feuille vierge sur son bloc-notes.

"De quoi voulez vous parler ? Mademoiselle…?"

"Tracey. Et je ne veux pas vous donner de détails au téléphone. Mais il y a quelque chose dont je voudrais vous parler. Lucy a toujours dit que vous étiez plus un détective qu'une journaliste. Bref, euh, je me demandais si on pourrait se rencontrer quelque part ?"

"Et si je vous invitais à déjeuner ?" 'Si vous êtes l'amie de Lucy, vous êtes sans doute sans travail et vous aurez un repas gratuit.'

"Bien sûr. C'est parfait. Mais je ne peux pas déjeuner avant 13 h 30, aujourd'hui. Et j'ai seulement une demi-heure. Vous savez où se trouve l'Athenian Pizza ?"

"En bas de l'hôpital Madison ? Bien sûr. A l'Athenian à 13 h 30."

"Très bien. Donc, à tout à l'heure." Lois raccrocha le téléphone en souriant. Rendez-vous à côté de l'hôpital… peut-être était-ce un nouveau tuyau sur les services de santé… Elle vérifia son téléphone et constata que la conversation avait durer suffisamment longtemps pour trouver la provenance de l'appel.

Lois décida de vérifier auprès de Lucy si elle avait une amie nommée Tracey vivant à Métropolis. Son instinct lui disait que c'était une bonne piste, mais elle ne voulait pas perdre son temps. Elle n'avait pas parlé à Lucy depuis un bout de temps et, en bref, si cette Tracey était réelle, Lucy pourrait donner à Lois quelques renseignements sur cette source inattendue.

Elle bavarda avec Lucy un petit moment avant de lui poser des questions sur l'identité de son informatrice.

"Tracey ?" Bien sûr. Tracey Jenkins fait son internat à Madison. En réalité elle devrait avoir presque fini maintenant. Elle est vraiment intelligente-- elle me fait beaucoup penser à toi. Pourquoi ?"

"Oh, je fais une série d'article sur les services médicaux et je suis tombée sur elle et elle m'a reconnu et dit bonjour." Pas vraiment la vérité, mais pas loin.

La conversation se poursuivit un petit moment avant que Lois ne s'excuse disant qu'elle avait dû travail. Elle raccrocha et commença à rechercher la provenance de l'appel téléphonique de son informatrice. C'était une cabine téléphonique située dans le même quartier que le James Madison. 'Alors j'ai une source sérieuse. Je me demande ce qu'elle a pour moi ?

A une heure moins le quart, Clark n'était pas revenu à la rédaction. Madison était à l'autre bout de la ville, aussi Lois savait que si elle voulait être là-bas à l'heure et trouver une bonne place de parking, elle ferait bien de partir. Elle mit son magnétophone-- chargé avec des piles neuves et une cassette vierge -- dans son sac, avec un bloc-notes et quelques stylos. Laissant un mot sur le bureau de Clark lui disant où elle était, Lois sauta dans l'ascenseur et s'en alla.

Lois descendit de la Jeep et mit une pièce dans le parcmètre. 'Elle a dit une demi-heure mais je ferais mieux de mettre des pièces pour 45 minutes. Ces contractuels sont toujours à l'affût d'une excuse …'

Lois regarda autour d'elle et localisa la pizzeria au rez-de-chaussée du bâtiment. Elle s'y dirigea rapidement essayant de se réchauffer, le vent matinal de novembre étant un peu frisquet. La pizzeria sentait merveilleusement bon, il y avait plusieurs pizzas exposées sur le comptoir. "Une part, Mademoiselle ?"

Elle salivait d'avance à la vue de la pizza à l'oignon et au saucisson et dut détourner les yeux pour répondre à la question. "Pas encore. J'attends une amie."

"Installez-vous. Faites signe à la serveuse quand vous voudrez commander." Le gaillard derrière le comptoir lui indiqua d'un signe de tête une femme trapue qui essuyait les tables du fond.

Lois sourit, le remercia et se dirigea vers un box au fond de la salle.

Elle n'eut pas à attendre longtemps. Lois commençait à peine à lire le set de table (intitulé "brève histoire de la pizza") quand elle entendit quelqu'un s'approcher de son box.

"Mademoiselle Lane ?"

Lois leva les yeux en souriant à une jeune femme dont le visage trahissait énormément de tension.

"Lois. Vous êtes Tracey ?"

"Oui, Tracey Jenkins." Elle serra la main de Lois et s'assit en face d'elle. Elle passèrent leur commande à la serveuse et se regardèrent. "Je suppose qu'il vaudrait mieux que je commence par le début."

"Voyez-vous un inconvénient à ce que j'enregistre cette conversation au lieu de prendre des notes ?"

"Non, non. Mais je n'ai pas beaucoup de temps avant d'être obligée de m'en aller. Aussi laissez moi vous dire tout ce que je sais. Je suis étudiante en médecine, je suis en quatrième année d'internat. Je travaille dans une clinique de FIV. Vous savez ce que c'est ?"

"Oui-- fécondation in vitro. C'est une méthode de conception pour les couples qui ont des problèmes, c'est ça ?"

"C'est ça. Bien, je travaille là depuis environ 3 mois. Il y a deux semaines, je travaillais tard au laboratoire à compter des prélèvements. J'ai entendu quelqu'un entrer dans chambre de conservation où sont conservés les embryons. Deux personnes seulement, des médecins chefs de la clinique, le Dr Daniels et le Dr Crick, ont accès à cette pièce. Il était très tard et ils étaient tous les deux partis depuis des heures. Aussi j'ai essayé de regarder de qui il s'agissait. Ce pouvait être le Dr Daniels, mais je n'en étais pas certaine. La personne n'avait pas allumé la lumière et elle a traversé le couloir en restant dans l'ombre. La seule chose que j'ai pu clairement voir c'est qu'elle avait un prélèvement dans les mains. J'ai vérifié l'inventaire sur mon ordinateur et aucun des prélèvements n'avait été sorti. C'est là que les choses commencent à devenir bizarres."

"J'ai piraté le système administratif et j'ai regardé si quelqu'un d'autre s'était connecté. Le Dr Daniels s'était connecté dans son laboratoire privé. On a une vérification automatique après 25 minutes. C'est une mesure de sécurité. Aussi il devait être là."

"J'ai noté le nom du dossier sur lequel il travaillait. C'était celui d'un couple qui a terminé de suivre le programme de FIV et est supposé ne plus avoir d'embryons en réserve. Ils ont réussi à avoir deux enfants-- les deux sont nés en bonne santé alors même que les parents couraient un risque important de transmettre la maladie de Tay Sachs, une maladie génétique se terminant par le décès dans 100 % des cas. Le couple décida de ne pas jouer à nouveau avec le destin et n'avait plus d'autres prélèvements conservés dans la chambre de conservation. Alors pourquoi était-il en train d'étudier leur dossier ? Et sur quel prélèvement travaillait-il ? Et que faisait-il avec ?"

"Je n'y ai pas trop pensé jusqu'à ce que j'entende quelques grincheux parler des retards du Dr Daniels la semaine dernière. Ils sous-entendaient qu'il vivait bien au-dessus de ses moyens et qu'il ne faisait pas vraiment sa part de travail. Le Dr Crick a environ 70 % des patients alors que le Dr Daniels apporte 50 % du capital financier et se sert deux fois plus des équipements."

"Je me suis mise à réfléchir. Quand nous fécondons un embryon pour l'implantation, nous en fécondons plusieurs en même temps autant que d'ovules que nous pouvons prélever sur la femme ce mois là. Les embryons les plus viables sont implantés, mais s'il y en a d'autres, nous les congelons et les conservons pour une implantation future. Vous comprenez ?"

Lois acquiesça d'un signe de tête. Elle commençait à voir où menait cette histoire.

"Aussi, j'ai pensé : et si le Dr Daniels subtilisait un ou deux ovules sains. Il pourrait être vendus à d'autres couples infertiles-- le don d'ovule n'est pas une technologie nouvelle. J'ai pensé qu'il lui fallait conserver ses ovules. Et puis je me suis souvenue..."

Elle s'interrompit pendant que la serveuse apportait les plats. Elle la remercièrent toutes les deux et attendirent qu'elle s'éloigne avant que Tracey ne poursuive.

"Je n'ai été autorisée à entrer dans chambre de conservation que deux fois. La première était durant une visite avec le Dr Cricks. Elle a fait référence à un coin du laboratoire comme étant la section du Dr Daniels, en partie pour ses clients personnels et en partie pour ses 'recherches privées'. Je n'ai jamais retiré aucun prélèvement de cet endroit. Le Dr Crick m'a dit que ces prélèvements provenaient de donneurs volontaires. Mais si ce n'est pas vrai ? Et où trouve-t-il tous ces fonds ?"

Peut-être que ma réaction est hors de proportion. Il peut avoir une subvention de recherches et c'est complètement légitime. Je n'ai vraiment pas le temps de creuser davantage et si je me trompe, ça pourrait compromettre ma carrière. Mais s'il y a quelque chose de louche…" Il était évident que Tracey était dépassée par les évènements.

"Je comprends tout à fait." dit Lois. "Et votre nom ne sera jamais mentionné, que je trouve ou non quelque chose, si c'est ce que vous voulez. Mais si je tombe sur vous pendant que j'enquête, agissez naturellement. Nous avons une raison de nous connaître, aussi on peut très bien se saluer sans se sentir coupables, d'accord ?"

"Parfait. Je garde les yeux ouverts. Si je vois quelque chose d'autre ou si vous avez besoin de quoi que ce soit d'autre, voici le numéro de téléphone de ma mère. Je vis toujours à la maison, c'est plus économique."

Elle terminèrent leur déjeuner en vitesse, échangeant des nouvelles de Lucy et apprenant à se connaître. Lois décida qu'elle aimait bien Tracey et Tracey décida en retour qu'elle était heureuse d'avoir fait confiance à Lois. Elle échangèrent un bref au revoir tandis que Tracey se pressait de retourner travailler.

Lois vérifia qu'elle n'avait rien oublié, régla la note avec un généreux pourboire et retourna à sa voiture. Elle était tellement perdu dans ses pensées d'enquêter sur cette histoire qu'elle faillit rentrer dans une femme qui avait garé son scooter devant la Jeep.

Lois s'apprêtait à se mettre en colère quand elle remarqua que le contractuel surveillait le dépassement du temps. Elle referma la portière et fit démarrer le moteur juste au moment ou le signe "terminé" s'affichait. Descendant sa vitre, elle ricana en regardant le contractuel. "Je vous souhaite plus de chance la prochaine fois !

'C'est vraiment une bonne journée !' pensa Lois et elle prit le chemin du Planet.

Bernard Klein leva les yeux de son microscope alors qu'il sentit une brise près de sa tête.

'J'aimerais bien que ces gens de l'entretien apprennent à fermer les fenêtres. Mes échantillons pourraient être détruits à cause de cette différence de température !' Il était sur le point de crier à son assistant de fermer la fenêtre quand il remarqua que quelqu'un se tenait à côté de lui.

Pas n'importe qui.

Superman.

Le Dr Klein se redressa lentement et se mit en condition.

"Superman. Heureux de vous voir. Je réalise combien votre emploi du temps a été chargé ces derniers temps, avec cette conférence et tout le reste et c'est très gentil à vous de prendre le temps de … euh…"

"Dr Klein," l'interrompit Superman, "comme vous venez de le dire, je suis un homme assez occupé. Je sais que vous l'êtes aussi. Je veux que sachiez que je comprends et respecte ça et que je vous suis très reconnaissant de votre aide."

"Vous savez que je souhaite faire tout ce que je peux pour vous aider, Superman. Le Dr Klein s'interrompit et essayait de trouver les mots pour annoncer la nouvelle à Superman. "C'est la raison pour laquelle il m'est si difficile de vous annoncer la mauvaise nouvelle."

"Mauvaise nouvelle ?"

"Eh bien, je suppose que c'est une mauvaise nouvelle. Le second prélèvement que vous m'avez donné : il était négatif. Il regarda celui qu'on appelait 'l'Homme d'Acier' et vit dans son regard la douleur d'un être humain. "Je suis désolé, mais les examens sont très clairs." Le Dr Klein se dirigea vers un classeur et en sortit un petit dossier.

"Vous voyez, ici," il indiqua un petit graphique. "l'enzyme témoin indique qu'il vous manque un enzyme essentiel à la fécondation d'un ovule humain. On aurait probablement pu voir ça avec le premier examen sur l'ovule de hamster, mais nous avons décidé d'y renoncer dans l'hypothèse où il pourrait y avoir un effet secondaire imprévu. Quoiqu'il en soit et ce n'est pas surprenant, votre sperme semble être incroyablement humain…" Après tout, vous avez l'air tout à fait humain." Le Dr Klein déballait à haute voix ses pensées de scientifique pour cacher sa tension nerveuse.

Superman, de son côté, en était resté à la phrase précédente.

"Mon sperme réagi comme… du sperme humain ?"

"Eh bien, évidemment, il contient de l'ADN kryptonien. Mais dans la plus grande proportion, vos caractéristiques sont incroyablement proches des celles des humains. Votre génome ne peut différer du nôtre de plus de 5%. Bien sûr, sur un plan génétique ça peut être énorme."

"Mais alors, où est le problème…"

"En vérité, Superman, cette déficience se rencontre même chez les humains. Vous voyez, la règle avec la pathologie humaine est que si le corps fabrique quelque chose, il se peut que parfois ça ne soit pas bon. Les examens que nous avons faits sont ceux que nous réalisons d'ordinaire dans les expériences sur la fertilité."

"Ses examens peuvent ils être faux ?"

"Les chances pour cela sont extrêmement faibles. Vous en auriez plus à Las Vegas. Je vous aurais bien proposé de refaire à nouveau les tests, mais le prélèvement à été détruit pendant les essais."

"Je vous demande ça seulement parce que j'ai des raisons de croire qu'ils pourraient être faux."

"Klein leva les yeux, surpris. "Vous voulez dire… umm… êtes vous … euh… dois-je vous féliciter ?"

"Superman sembla un peu embarrassé, puis hocha négativement la tête en souriant légèrement. "Non, non. J'ai seulement eu certaines sources d'information. Elles ont indiqué que dans le futur… bon, bref, merci de votre aide."

"Ce n'était pas grand chose, Superman. Vous savez, si vous avez besoin de quoi que ce soit, je serais heureux de vous aider."

Superman prit congé, les épaules légèrement voûtées comme sous le poids d'une grande tension.

Le Dr Klein le regarda s'envoler et soupira, puis il retourna à son travail

Lois travaillait à son bureau depuis près de cinq heures récoltant autant d'informations qu'elle le pouvait sur le Dr Herman Daniels. C'était un type incroyablement brillant, à en croire tout ce qu'elle avait trouvé. Le nombre de prix et de distinctions qui lui aient été donnés pendant qu'il était étudiant et membre du Centre de Recherches de la Faculté de Médecine d'Harvard était étonnant. Et il y avait au moins cent articles signés de son nom. Manque de chances, les raisons pour lesquelles il avait quitté l'Académie n'étaient pas tout à fait claires.

Lois avait déjà arrangé un entretien avec le responsable du département à Harvard. A sa surprise, cet homme s'était arrangé pour la recevoir l'après midi même. Il s'agissait du Dr Hubert, le même qui avait étroitement travaillé avec le Dr Winninger sur les composés favorisant le développement de la virilité que le scientifique avait découvert au Brésil. Après lui avoir pardonné son initiale 'erreur- d'accusation', il avait eut le sentiment que Lois avait fait du bon travail en exposant la vérité sur la mort et les travaux du Dr Winninger. "Ce n'est pas souvent que les gens de la presse montrent le monde scientifique sous un bon éclairage. Mais Monsieur Kent et vous-même semblez le faire." Avait-il dit. C'est pour cette raison qu'il lui avait accordé cet entretien.

Lois était en train de taper les dernières notes de cet entretien et en cataloguait les cassettes ainsi que celles de son déjeuner avec Tracey, quand Jimmy arriva à son bureau avec une liasse de papiers.

"Et voilà, Lois. Tous les papiers de la Bibliothèque de l'Université de Métropolis ainsi que quelques trucs provenant de notre propre bibliothèque. Dites, j'étais en train de regarder les titres de certains : 'Transplantation d'un embryon humain, les bases de la Fécondation In Vitro', 'La Technologie de la Reproduction Assistée : une comparaison entre ZIFT, GIFT, IVF, ET et TET'-- mon vieux, on en a plein la bouche, Réussite de l'Implantation d'un Embryon : Etude des Critères d'Incubation'. Je me demandais. Ce n'est pas, euh… pour des raisons personnelles, n'est-ce pas ?" Jimmy sourit, visiblement embarrassé, mais tout de même curieux.

Lois leva les yeux de son écran. Elle avait juste saisit la fin de la phrase de Jimmy. "Non, non. Bien sûr que non ! Un article, c'est tout. J'ai eu une piste cet après midi…"

Jimmy sourit et commença à bafouiller. Il toussota et se dandina. "Un article. Bien sûr… bien sûr c'est un article. J' veux dire. J' suis désolé. J'ai juste pensé, vous savez, avec le truc de l'adoption d'il y a quelques mois…" Lois dressa les sourcils en le regardant, croisa les bras, se pencha en arrière sur sa chaise et attendit qu'il termine. "Euh... bon, ça ne fait rien." Il se retourna très vite renversant presque la pile de papiers qu'il venait d'apporter et décampa.

'Honnêtement, tu ne crois pas que les gens pourraient s'occuper de leurs affaires.' se dit Lois en levant les yeux au ciel. Et elle termina d'enregistrer ses notes.

Peu de temps après, Lois leva les yeux et vit Clark s'approcher d'elle. Elle savait qu'il avait prévu d'aller voir le Dr Klein en début d'après midi, mais depuis elle avait entendu plusieurs reportages sur des interventions de Superman. Se demandant même s'il avait seulement eut le temps d'aller à son rendez-vous, elle étudia son expression.

Il avait l'air plutôt solennel. Alors que Superman avait bien rempli son après midi, le rendez vous avec le Dr Klein ne semblait pas s'être bien passé.

Lois sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, mais elle réalisa que ce n'était ni le moment ni l'endroit pour discuter de problèmes personnels. Elle lui fit un sourire courageux et lui dit doucement. "Laisse-moi juste fermer mes dossiers et les transférer sur mon portable. Je suis presque prête à rentrer à la maison."

Lois éteint son ordinateur, ramassa ses papiers et se leva, pendant que Clark l'attendait patiemment. Elle le regarda et passa ses bras autour de lui d'un geste chaleureux et compréhensif. Elle s'éloigna doucement de lui, lui prit la main et le conduisit vers l'ascenseur.

Alors qu'ils entraient dans le parking souterrain, Lois commença à lui raconter les grandes lignes des évènements de l'après midi. Elle lui expliqua son entrevue avec Tracey et les autres informations qu'elle avait pu rassembler. Ce faisant, elle sortit la voiture et s'engagea sur la bretelle principale en récapitulant à l'intention de Clark.

"Donc, le Dr Daniels a quitté Harvard pour deux raisons. La première, ses sources de financement commençaient à devenir de plus en plus louches et l'institut avait une réputation à protéger. Plus important aussi, était la direction que ses recherches avaient prise. Il travaillait sur des manipulations génétiques. Les officiels d'Harvard pensaient que le sujet prêtait trop à controverse. Ils furent doublement heureux qu'il soit partit quand la loi anti-clone a été votée--"

"Celle qui fut mise en place quand le président a été kidnappé et cloné ?"

"Ça doit être celle-là. Et tu remarqueras que plusieurs articles dont Daniels est l'auteur sont justement sortis cette année là. Où trouve-t-il l'argent pour financer toutes ses recherches ? Peut être que c'est plus grave que ne le soupçonne Tracey ? Peut être qu'il vend des embryons, pas des ovules. Des embryons génétiquement modifiés."

"As-tu pu établir une liste des subventions qu'il reçoit ? Ou de quelques unes de ses sources actuelles de financement ?"

"Eh bien, j'espérais que mon partenaire allait s'occuper de quelques une de ces listes. Après tout, moi, je vais être obligée de lire tous ces documents."

"Tu sais, Lois, il vaudrait mieux qu'on échange nos boulots. Je peux lire beaucoup plus vite que toi et ces documents m'ont l'air plutôt lourds sur le plan technique."

"Est-ce que tu insinues que c'est trop complexe pour moi ?!" Lois le regarda en relevant un sourcil et il s'agita légèrement.

"Non, bien sûr que non. Tu es capable de tout faire. Je pensais juste--"

"Bien, tu peux t'arrêter là " l'interrompit Lois. "Je vais m'occuper de la lecture car c'est un sujet qui m'intéresse. Particulièrement en ce moment. Tu sais, j'étais en train de me dire qu'on pourrait faire d'une pierre deux coups."

"Lois, " soupira Clark. Je pense que cette histoire est valable. Mais je ne veux pas m'inscrire pour une FIV tout de suite."

"Je ne parle pas de s'inscrire. Je pensais juste qu'on pourrait se présenter comme un couple se renseignant sur ces méthodes. Tu sais, jeter un œil dans la clinique et peut être récolter plus d'informations sur notre propre cas dans la foulée. Ce serait un examen de plus que l'on pourrait faire sans aller voir le Dr Klein."

"Lois, je ne vais pas prendre le risque que des étrangers est en main un… prélèvement pareil-- le laisser à une personne potentiellement capable de manipulations génétiques !"

"Je ne suggère pas ça non plus. Enfin, pas directement. Regarde nous avons besoin de trouver ce qui se passe à un niveau plus élémentaire si nous voulons avoir des enfants. Ça implique de prendre quelques risques. Je ne dis pas que nous devons faire tous les examens qui existent au monde. Mais je crois qu'il faudrait que je fasse des examens pour être sûre que je suis normale. Je crois que nous devrions aussi voir quelle sont les procédures utilisées pour tester les prélèvements males."

"Tout ce que je demande, Clark, c'est que nous gardions l'esprit ouvert. Nous pouvons nous assurer que les prélèvements seront détruits après les examens. Promets-moi juste de garder l'esprit ouvert." Elle tourna son regard suppliant de la route à son mari qui avait les yeux baissés sur le côté passager de la Jeep. Elle tendit la main pour caresser son épaule avant de reprendre le changement de vitesse et rétrograder pour sortir de la bretelle.

"Clark, peut-être est-ce le bon moment pour me raconter ce qu'a dit le Dr Klein."

Clark prit une profonde inspiration. "Eh bien, les résultats sont les mêmes. Le Dr Klein a fait les mêmes examens et ils indiquent les mêmes insuffisances. Sur le fond, mes prélèvements ont l'air normaux. Mais il manque un enzyme qui m'empêche de concevoir des enfants."

"En fait, c'est une des raisons pour lesquelles il ma dit que les premiers tests avaient l'air prometteurs avant qu'on commence tout ça-- il a examiné les prélèvements en tenant compte des différences kryptoniennes mais il s'avère que le problème actuel est plus fondamental. Apparemment, les humains males eux-mêmes manquent parfois de cet enzyme. C'est l'une des causes de l'infertilité masculine. Toute ma vie j'ai rêvé d'être normal et maintenant je le suis d'une manière à laquelle je ne m'attendais pas." Il sourit, d'un sourire fatigué et sans humour et hocha la tête.

Clark s'interrompit un long moment avant de poursuivre.

Enfin, il dit tristement. "Je crois que la chose la plus difficile est de savoir que c'est ma faute et qu'il n'y a aucune chose que je puisse faire pour contrôler ça."

Lois s'arrêta devant la porte de leur maison mais ne fit aucun mouvement pour sortir de la voiture. Elle posa sa main sur le genou de Clark alors qu'il s'apprêtait à ouvrir sa portière. Il la regarda les yeux remplis de chagrin et de culpabilité."

"Je ne vais pas te laisser pas penser ça, Clark Kent, il n'y a personne à blâmer." dit-elle d'une voix ferme. Puis se radoucissant. "Allez viens, traitons ça comme s'il s'agissait d'une enquête. On va arriver à trouver ça ensemble. Cet article sur la clinique de FIV pourrait bien être un excellent endroit pour commencer. Je ne suggère pas que nous tentions une FIV. Je suggère seulement que nous apprenions ce que c'est et, peut-être que si les examens ne sont pas trop indiscrets, nous pourrions faire encore une fois quelques tests élémentaires, juste pour être sûrs." Elle lui caressa le genou d'un geste rassurant avant de descendre de la voiture.

Clark ouvrit la porte de la maison et laissa Lois passer devant lui.

Elle se retourna et le prit dans ses bras dans l'entrée. "Laisse-moi me changer, puis nous préparerons à dîner et regarderons un peu la télé. Je ne suis pas encore prête à lire des documents scientifiques. Je n'ai jamais aimé lire les livres de sciences. Les labos-- c'était plus marrant. Surtout quand on faisait sauter des trucs !"

Lois débitait son flot de paroles en partie par habitude et en partie pour détendre l'atmosphère. Ça allait être une longue nuit de travail et elle avait besoin d'un peu de répit ou elle allait se déclencher un bon mal de tête. Clark apprécia sa tentative pour détendre l'atmosphère et suggéra que des rediffusions de la première saison de 'Dingue de Toi'-- passaient sur la station locale de la FOX. Il préparèrent à dîner et regardèrent la série mettant temporairement leurs problèmes de côté.

Le matin suivant, ils entrèrent dans la salle de rédaction du Planet avec une bonne partie du travail de recherches sur l'article déjà terminée. Lois s'assit à son bureau et se mit sur son courrier électronique pour se débarrasser du travail administratif. Clark lui apporta une tasse de café et ils s'assirent tous les deux pour mettre au point une stratégie pour la journée. Ils savaient qu'il leur fallait se rendre à la clinique de FIV pour avoir les réponses aux questions restantes, mais avoir un rendez-vous dans ce genre d'endroit pouvait prendre des mois. Ils savaient qu'ils ne disposaient pas de tout ce temps. Peut-être était-il temps de faire intervenir le Chef.

Comme s'il avait lu dans leurs pensées, la voix du rédacteur en chef s'éleva.

"Lane, Kent Dans mon bureau. Pronto."

Lois regarda Clark le sourcil froncé. Comment Perry avait-il toujours l'air de savoir…? Clark haussa les épaules, prit son café, son agenda et un stylo et se dirigea vers le bureau du Chef. Lois le suivit un peu moins organisée que son mari.

Elle arriva dans le bureau et, au geste de Perry lui demandant de fermer la porte derrière elle, elle regarda ses mains dangereusement chargées et ferma la porte d'un coup de pied.

Perry la regarda en dressant les sourcils, levant les yeux de l'éditorial qu'il rédigeait. Elle haussa les épaules et s'assit. Tandis qu'elle posait prudemment sa tasse de café, Clark prit son agenda avant qu'il ne tombe par terre. Leur regards se croisèrent et ils se sourirent. Lois murmura un merci alors que Perry commençait à parler.

"Je veux savoir où vous en êtes tous les deux avec le "Médicare" pour l'histoire des sans abris."

"Eh bien, Perry, quelque chose d'autre est arrivé. Hier, j'ai eu un coup de fil d'une amie de Lucy qui a dit qu'elle avait des informations pour moi. Elle travaille dans une clinique de fécondation et pense que l'un des médecins chefs fait quelque chose de louche."

"Vous avez autre chose venant de l'amie de votre petite sœur, à part ça ?"

"Chef, Lois et moi avons fait un gros travail de recherches cette nuit. Le médecin en question, un certain Dr Daniels, a une réputation contestable et une grande partie de la provenance du financement de ses recherches est mystérieuse."

"Et quel était votre plan pour enquêter davantage là-dessus ?"

"Eh bien, on n'était pas tout à fait sûrs. On a pensé que peut être si on essayait d'interroger le docteur, faire le tour des installations, creuser un peu…" commença Clark.

"On a pensé que si on essayait de demander à mon informateur de nous laisser entrer après les heures de …" dit Lois, enthousiaste.

"Entrer illégalement ?" Les deux journalistes eurent la délicatesse de se sentir un peu coupables. "Quand vous avez une parfaite couverture ? Non, non. Ça n'ira pas du tout. En réalité, vous avez rendez-vous cet après midi, en tant que Monsieur et Madame Charles Kane. Vous avez pris un rendez-vous de dernière minute avec le Dr Daniels pour obtenir des informations sur les techniques de reproduction assistée." Perry chercha sur son bureau l'enveloppe dont il s'était servi pour noter le rendez-vous.

"Mais comment avez-vous…?!?"

Au milieu de ses recherches, Perry leva les yeux vers Lois en dressant les sourcils. "La prochaine fois, assurez vous que Jimmy est au courant que vous faîtes des recherches pour un article avant de lui parler d'une histoire pareille, Lois. Il n'a pas sa langue dans sa poche. Heureusement, j'ai deviné où vous alliez et j'ai réussi à arrêter les rumeurs qui auraient pu circuler." termina Perry en dressant un sourcil et en les regardant

Lois rougit un peu et commença. "Oh, Perry… Je…" pendant que Clark bégayait, "Jimmy se trompe toujours, Chef. Vous savez… vous vous souvenez la dernière fois quand…"

Perry ricana et agita la main. "Je ne veux rien savoir. Je veux juste des renseignements sur cette histoire. Voilà les détails pour votre rendez-vous. Si vous n'avez pas quelque chose de plus solide cet après midi, je veux que vous vous remettiez sur l'autre histoire. On ne peut pas laisser dormir cette série d'articles."

"Bien sûr, Chef. Vous obtiendrez tous les détails dès que nous les aurons."

Lois et Clark prirent leur affaires et se dirigèrent vers la porte en vitesse.

"Au fait, Lois…"

Lois et Clark s'arrêtèrent avant d'avoir atteint la porte et se retournèrent vers Perry. Il avait une lueur malicieuse dans les yeux en demandant :

"Comment est le décaféiné ?"

"Monsieur et Madame Kane. Je vous en prie asseyez-vous. Je suis le Dr Daniels et si vous décidez de passer par le procédé TRA, c'est moi qui m'occuperai de votre cas."

"T-R-A ?"

"Oui, Technique de Reproduction Assistée. C'est le dernier terme que nous utilisons. Nous pensons qu'il nous représente mieux car il y a énormément de différentes techniques qui entrent dans le traitement de l'infertilité. La fécondation in vitro n'est que l'une de celles que nous utilisons. En outre, 'Technique de Reproduction Assistée' sonne mieux que 'Fécondation In Vitro', vous ne trouvez-pas ?" Il leur fit un charmant sourire et Lois sourit nerveusement en serrant la main de Clark.

"Avant de commencer, je dois vous demander. Vous ai-je déjà vu quelque part ? J'ai l'impression de vous connaître …"

"Non, non. Je pense que nous avons seulement des visages communs, vous savez." Lois sourit et Clark acquiesça.

"Alors très bien. Laissez-moi vous donner une vison générale de ce que nous faisons." poursuivit le Dr Daniels.

"Avant tout, ceci est un rendez-vous informel, nous n'allons vous faire aucuns examens aujourd'hui, alors décontractez vous. "Le docteur fit un sourire au couple démontrant des rapports médecin-patients bien rôdés.

Lois et Clark se mirent à rirent et se "décontractèrent".

"Notre taux de réussite dans cette clinique est l'un des plus haut de tout l'Est des Etats-Unis et nous sommes très fiers du travail que nous faisons ici. Mais suivre des traitements de fécondation est une procédure très éprouvante et très onéreuse, aussi je veux que vous soyez informés et ayez le temps de peser toutes les options avant de prendre une décision plutôt qu'une autre. Donc, aujourd'hui nous allons juste voir les différentes procédures que nous offrons ici à la clinique et vous laisser poser toutes les questions que vous aurez à poser. Plus tard, si vous décidez de travailler avec nous, nous ferons des examens complets sur chacun de vous et vous ferons remplir un questionnaire complet, ce genre de chose. Vous me suivez ?"

A leur acquiescement, il continua, leur faisant un historique sur la clinique, ses recherches médicales et autres informations d'introduction.

Lois et Clark écoutèrent attentivement quand le docteur Daniels expliqua ensuite les différentes méthodes de fécondation assistée faîtes par la clinique. Ils prirent des notes-- pas aussi détaillées qu'ils l'auraient fait en temps que reporters, de façon à avoir l'air d'un couple "ordinaire".

Il prirent un intérêt particulier dans le type d'examens qui seraient effectués pendant les préparatifs préliminaires, notant des phrases telles que "comptage et mobilité des spermatozoïdes" "test d'essai" et "volume et consistance du mucus."

Ils notèrent également la description de la fécondation in vitro, le moyen par lequel ovule et spermatozoïdes étaient mis en contact dans le laboratoire et la façon dont les embryons qui en résultaient étaient implantés dans l'utérus de la femme. Lois et Clark échangèrent un regard qui en disait long quand le médecin mentionna que les embryons inutilisés étaient conservés pour une future implantation.

"Je réalise que je suis allé un peu vite," conclut le médecin en enveloppant ses boniments. "Laissez-moi vous donner cette brochure. 'Le Guide du Patient sur les Techniques de Reproduction Assistée' ça vous expliquera notre processus en profondeur. Si vous décidez de passer par cette procédure, vous n'aurez qu'à contacter la réception et nous vous ferons les examens préliminaires dès que cela vous conviendra"

"Dr Daniels, ma femme et moi vous remercions d'avoir pris le temps de nous recevoir. Nous savons comme vous êtes occupé, mais nous étions tellement anxieux de savoir pourquoi nous ne pouvons pas avoir d'enfant. Nous avons tellement entendu parler de vous."

"Merci, merci. Je fais seulement ce que je peux pour atténuer la peine de l'infertilité."

Lois regarda le médecin. "Si je peux me permettre une question, Dr Daniels, pourquoi avez vous choisi cette spécialité ?"

"Eh bien, Madame Kane, J'ai en vérité choisi cette spécialité d'une façon indirecte en quelque sorte. J'étudiais les désordres génétiques et j'ai trouvé que ce travail était trop… déprimant. Voyez-vous, je commençais à voir ce qui provoque réellement les pires détresses que peut surmonter le genre humain. Et j'étais impuissant à changer quoi que ce soit. La technologie était assez avancée pour que je puisse identifier le problème, mais pas suffisamment pour offrir une solution. La situation était devenue très frustrante pour moi. C'est alors que j'ai vu que je pouvais faire bon usage de mes recherches sur le développement de l'embryon. Mon propre frère et sa femme ne pouvaient pas avoir d'enfant. L'attente dans une clinique comme celle-ci est très longue et le processus coûte très cher. Ici, avec quelques unes de mes propres techniques qui ont été appliquées, nous sommes parvenus à réduire le coût de cette procédure et à augmenter l'efficacité. Une double situation de victoire. Et bien sûr, rien ne peut surpasser la joie sur les visages de mes patients quand leur bébé vient au monde."

Clark sourit. "Je peux certainement comprendre ça. Bien, Dr Daniels, nous voulons tous les deux vous remercier de vos efforts. Je suis sûr que votre secrétaire ne tardera pas à entendre parler bientôt de nous.

Le Docteur Daniels serra la main du couple et les escorta de la salle de réception jusqu'au couloir. Pendant qu'ils enfilaient leur manteaux, il leur fit ses adieux et retourna vers son laboratoire.

Cependant, alors qu'il allait tourner au coin, il entendit Madame Kane saluer quelqu'un dans le couloir. Curieux, il se retourna pour voir de qui il s'agissait.

"Tracey ? Bonjour ! Vous ne vous souvenez sûrement pas de moi. Je suis Lori, Lori Kane… la sœur de Lucy."

Lori ? "Oh, Bien sûr ! Je me souviens de vous ! Comment allez-vous ? Comment va Lucy ?"

"Elle va bien. Connaissez-vous mon mari, Charles ?"

"Non, je ne le connais pas, Monsieur… euh Kane, c'est un plaisir de vous rencontrer."

"Depuis quand travaillez-vous ici, Tracey ?"

"Eh bien je fais juste un internat de recherches ici. Ce n'est pas permanent. Je suis là depuis deux mois et ça me plait beaucoup. Que fait Lucy ?"

"Vous connaissez Lucy. Elle avait l'air de dominer le monde quand je lui ai parlé il y a quelques jours. Dites, c'est presque l'heure de déjeuner. Et si Charlie et moi vous invitions à déjeuner."

"Je suppose que je peux prendre une demi-heure. Laissez-moi prendre mon manteau."

Tracey prit son manteau et dit à son patron qu'elle faisait une petite pause. Elle sortit de la clinique et rejoignit Lois et Clark. Il marchèrent en silence jusqu'à un petit bistrot en pleine activité Après avoir passé leur commande, Tracey regarda Lois d'un air réprobateur.

"Lois, vous avez failli me faire avoir une crise cardiaque. Je ne savais pas quoi faire !"

"Elle me fait ça tout le temps. Croyez-moi, vous-vous en êtes très bien sortie." dit Clark, lui faisant un clin d'œil en souriant.

"D'accord, vous deux, ne vous liguez pas contre moi."

Ils se mirent à rire tous les trois avant que Tracey ne reprenne la parole.

"Lois, j'ai d'autres informations pour vous." Tracey hésita un peu en regardant Clark.

"Oh, vous pouvez avoir confiance en lui. C'est mon complice, si on peut dire. Clark Kent, voici Tracey Jenkins."

"Heureux de vous connaître en chair et en os, Monsieur Kent. J'aime vraiment votre travail."

"Merci." Dit Clark en lui souriant.

Regardant son visage agréable, Tracey comprit ce que voulait dire Lucy quand elle disait que Lois semblait avoir toutes les chances.

"Ecoutez, j'ai gardé les yeux ouverts, comme vous me l'avez dit. J'ai remarqué quelque chose de drôle." Elle sortit deux feuilles de papier. "Je travaille pour le Dr Crick dont le laboratoire est dans l'aile Est, les autres internes et moi partageons un petit labo au bout du couloir, derrière le bureau du Dr Crick. Il est connecté à son laboratoire que nous utilisons toujours. "Tracey dessina un croquis de l'aile Est annotant les trois pièces.

"Maintenant les salles de rendez-vous et les salles médicales sont au milieu de l'étage, si bien que le Dr Daniels dispose des mêmes agencements dans l'aile Ouest que le Dr Crick dans l'aile Est. Son bureau est identique à celui du Dr Crick. Son laboratoire est le même et est la reproduction exacte de celui du Dr Crick. Ses assistants partagent son labo avec lui. La pièce que nous avons de notre côté est plutôt petite, mais cet endroit est inexistant du côté du Dr Daniels. J'y suis allée pendant la nuit quand je travaillais tard. J'ai vérifié partout s'il y avait une porte. Je suis même sortie pour voir si l'aile Ouest avait l'air différente de l'extérieur. Mais je n'ai trouvé aucune différence. J'ai le sentiment que le Dr Daniels cache ce qu'il fait dans cet endroit."

"Donc, maintenant nous devons juste entrer dans son repaire."

"En vérité, j'ai également une idée pour ça. Si Monsieur Kent nous soumet un prélèvement pour que nous l'analysions, vous pourrez facilement demander de faire le tour des installations pendant que le Dr Daniels vous donnera les résultats."

Lois et Clark échangèrent un regard.

Clark répondit hésitant. "Tracey, nous n'avons pas confiance dans le Dr Daniels pour lui donner un prélèvement. Spécialement s'il les vend ou les transforme. C'est juste trop… personnel."

Tracey fit un geste de la main. "Ne vous inquiétez pas le Dr Daniels ne s'occupe pas de ça. De plus, à la première série d'examens, les prélèvements sont totalement détruits et les échantillons, une fois testés, sont tous détruits dans l'incinérateur biomédical. Rien ne sera transformé ni par lui ni par quelqu'un d'autre."

Tous trois terminèrent leur repas, élaborant des plans et avertissant Tracey de garder les yeux ouverts s'il se passait quoi que ce soit d'autre qui puisse les aider.

Clark s'éveilla d'un sommeil très léger et très perturbé et se retrouva seul dans le lit. Il s'apprêtait à se lever pour chercher Lois quand il la vit assise sur le rebord de la fenêtre, baignée par la clarté de la lune. Il pensa un instant comme elle était belle et comme il avait de la chance de l'avoir dans sa vie. Puis il remarqua la forme de ses épaules et la tension qui semblait émaner d'elle. "Chérie, il est tard et je sais que tu es fatiguée. Qu'est-ce qui t'inquiètes ?"

Lois se leva de la fenêtre et se dirigea vers le lit. "Je ne vois pas comment le Dr Klein peut avoir raison, Clark. J'veux dire, tu dis qu'il à l'air si sûr de lui. Mais je sais que nous pouvons avoir des enfants." Lois regarda son mari avec détermination.

Il était une heure et demie du matin, ils avaient une longue semaine de travail derrière eux et devaient y retourner le lendemain parce ce que c'était leur samedi de permanence. Mais Clark savait par la forme de sa mâchoire qu'elle n'allait pas laisser tomber ce problème.

"Chérie, le Dr Klein a dit que son assistante était revenue très soigneusement sur le résultat des tests des deux prélèvements que je lui ai donné. L'enzyme dont j'ai besoin pour féconder ton ovule n'est pas là. A part en essayant de manipuler mes cellules, il n'y a aucune chance que nous puissions avoir naturellement des enfants."

Lois s'allongea à côté de lui, posant sa tête sur son oreiller pour le regarder. "Clark, je sais qu'on a déjà parlé de ça, mais je ne peux pas m'empêcher de me demander si le Dr Klein pourrait travailler différemment s'il connaissait la vérité." soupira Lois. "Je sais que c'est trop risqué-- après tout, regarde ce qui c'est passé quand on l'a dit à mon père. Mais je ne peux pas m'empêcher d'y réfléchir. Je continue de penser que, peut-être, s'il savait que c'est à moi que tu essaies de faire un bébé, ça pourrait aider d'une manière ou d'une autre."

"Oui, mais nous avons plus d'informations qu'il n'en possède. Nous avons vu nos descendants, pas vrai ? Et c'est quoi cette histoire de cycle ? Nous ne savons toujours pas ce que ça veut dire, mais on dirait que c'est important." Elle lui prit la main et entremêla ses doigts avec les siens. "Clark nous avons traversé tant de choses ensemble. Nous avons vaincu des choses incroyablement étranges, sans parler des nombreux savants fous et de quelques extra terrestres. Penses-tu honnêtement que je vais laisser un enzyme stupide se mettre en travers de notre route."

Clark se mit à rire, d'un rire las. Elle avait tant de flamme, tant de vie. Ça lui faisait mal de penser qu'il ne verrait peut-être jamais cette flamme dans un enfant qu'ils créeraient ensemble. Bien qu'il ait tenu un enfant descendant d'une Lois et d'un Clark, il ne pouvait s'empêcher de penser que peut-être que les gens qu'il avait rencontré étaient d'un autre espace temps ou univers et spécialement après toutes les fois où Lois et lui avaient eu à faire au Métropolis Parallèle au cours de ces deux dernières années. Il n'y avait encore aucune façon de prouver que Lois et lui pouvaient avoir des enfants.

"Allez, tourne toi," dit-il. "Tu es tellement tendue. Tu as besoin de te détendre et de dormir." Il commença à lui masser le dos et les épaules sous sa chemise de nuit.

"C'est juste que j'ai horreur de laisser les problèmes irrésolus." Elle bâilla un peu et se détendit sous les mains apaisantes de Clark.

Clark s'approcha plus près et lui fit de doux baisers dans le cou. "Eh bien, que dirais-tu de refaire les examens encore une fois. Tu sais, même au base-ball les joueurs ont droit à trois lancés."

Elle se retourna vers lui surprise. "Tu le penses vraiment ? Faire des examens à la clinique ?"

"J'y ai pensé aussi. Le Dr Klein et Tracey disent tous les deux que les tests sont détruits. De plus, si nous trouvons une pièce secrète quand nous ferons les examens, il faudra que l'on revienne plus tard pour la fouiller. Ça sera le moment idéal pour récupérer ou détruire les éventuels prélèvements restants."

"Bien, je pense que c'est infaillible puisque c'est comme ça."

"Et de cette façon nous ferons d'autres examens sans déranger encore le Dr Klein."

Lois embrassa ses lèvres en jubilant et il lui rendit son baiser avec avidité.

Quand ils se séparèrent elle lui fit un petit sourire spécial.

"Je me moque de ce qu'ils disent, Monsieur Kent. Je pense que tes 'échantillons' sont tout à fait parfaits.

Le jour du second rendez-vous avec le Dr Daniels arriva vite. Clark fit part de son appréhension à répondre à des questions aussi personnelles, spécialement sous une fausse identité et à des étrangers soupçonnés de malversations, aussi Lois décida de le préparer un peu dans la voiture.

"Mentir est une forme d'art, Clark. La clé de la réussite réside dans le fait que tu dois rester aussi proche que possible de la vérité. Aussi, bien que nous leur ayons donné de faux noms, nous leur avons, d'un autre côté, dit toute la vérité. Tu vois, tu te fais prendre quand tu en rajoutes trop.

"Lois je pense que je peux m'en sortir. Après tout, j'ai vécu depuis cinq ans maintenant sous deux identités.

Lois lui lança un regard surpris et leva les yeux au ciel pour le taquiner. "Bien ça ne prouve rien. Regarde quelques unes des excuses que tu donnais avant de m'avoir pour t'aider."

La plaisanterie dura jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la salle d'attente de la clinique accueillis par le médecin lui-même.

"Bonjour, Monsieur et Madame Kane. Je suis heureux de vous revoir aussi vite. Vous m'avez l'air nerveux tous les deux, mais souvenez-vous seulement, des centaines de couples subissent ce traitement et nous n'avons encore jamais échoué !" Son ton badin détendit l'atmosphère et Lois se mit à rire.

"Nous sommes prêts pour tout ce que vous avez prévu de nous faire, Dr Daniels."

"Bien, je suis sûr que rien de tout cela ne sera trop douloureux." Il les conduisit dans une petite pièce au milieu du bâtiment où un jeune homme en blouse blanche les attendait. "Monsieur Kane, voici Bill, mon assistant. Il va vous indiquer la pièce ou vous pourrez nous fournir l'échantillon dont nous avons besoin. Madame Kane, vous pouvez attendre ici et remplir ce questionnaire avec le maximum d'informations que vous pourrez. Quand Monsieur Kane aura terminé, Bill vous conduira tous deux dans mon bureau et là nous nous assiérons et ferons le tour de votre histoire.

Quand Clark revint dans la salle d'attente, Lois essayait encore de remplir le questionnaire sur son passé médical. Elle regarda sa montre. "Mon vieux, t'as été drôlement vite. Pas de blocage ?"

"Lo-is." Clark se mit à rougir. "S'il te plaît." Il prit une profonde inspiration et essaya de se décontracter. "Je suppose que je commence à m'habituer à donner ce genre d'échantillons, c'est tout. "Bien sûr, les photos de toi que j'ai dans mon portefeuille m'ont aidé."

"Des photos ?! Quelles photos ?!"

"Je t'ai eu.' dit-il en riant et se fut au tour de Lois de rougir. "Maintenant, est-ce qu'on va retrouver Bill ?"

L'assistant les conduisit au bureau du Dr Daniels où le médecin était en train de travailler sur quelques documents. Les murs de son bureau étaient couverts d'un mélange de gravures d'Escher et de diplômes démontrant aussi bien l'intelligence du médecin que ses goûts. Il était évident que le cadre était supposé être professionnel aussi bien que personnel et avoir un effet d'ensemble calmant et rassurant pour les nombreux patients potentiels.

"Maintenant, laissez moi jeter un œil à ce que vous avez rempli. Madame Kane votre passé médical semble complet, vos examens sont parfaitement normaux et le passé de votre famille a l'air normal également."

"Monsieur Kane, vos informations sont un peu plus incomplètes. Vous avez été adopté ?"

"Oui, et je n'ai aucune idée du passé médical de ma famille."

"C'est dommage. Mais pas tragique. Nous ne nous soucierons pas de ça, à moins d'arriver à un résultat négatif de votre test d'activité."

"Quand pouvons nous espérer avoir ce résultat ?"

"Bien. Tracey Jenkins devrait pouvoir faire les examens dans l'après midi. Je crois que vous la connaissez ?"

"Oui, en quelque sorte. C'est une amie de ma sœur." répondit habilement Lois

Le Dr Daniels sourit et acquiesça. Elle a dit qu'elle allait s'en occuper en priorité. Je suppose que c'est parce qu'elle vous connaît. Bref, elle devrait avoir les résultats dans quelques jours et nous travaillerons à partir de là. En attendant, avez vous d'autres questions à me poser ?"

Lois regarda Clark qui lui fit un signe lui indiquant qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait pendant sa super fouille de la pièce. Ils pouvaient partir quand elle le voudrait. "Non, non pas pour l'instant, Dr Daniels, merci. Nous sommes juste anxieux d'avoir les résultats des examens."

Ils se levèrent et échangèrent un au revoir. Le médecin les conduisit à la réception afin qu'ils puissent prendre un rendez-vous pour la phase suivante du traitement. Quand ils furent sortis du bâtiment, Clark révéla ce qu'il avait trouvé."

"Il y a une autre pièce contiguë à son bureau qui paraît être un laboratoire, comme le soupçonnait Tracey. Il y a un tas d'équipements là-dedans et rien n'indique ce qu'il y fait."

"Ou ce qu'il y cache. Au fait, j'ai lu notre contrat avec eux et il y a une clause qui dit que dès que l'on retire nos prélèvements, notre dossier est clos. Par conséquent, si le couple dont Tracey m'a parlé avait terminé, leur dossier n'aurait jamais dû être pointé par le Dr Daniels. C'est illégal en soi."

"Bien, que dirais-tu si nous appelions Tracey ce soir et lui demandions de nous faire entrer dans la clinique demain soir. J'ai vu sur le carnet de rendez-vous de Daniels qu'il avait un genre de convention à l'extérieur de la ville demain, alors ce serait le moment idéal."

Le soir suivant, il rencontrèrent Tracey à la porte arrière de la clinique à l'heure prévue. "Rentrez, les amis, dépêchez-vous. La caméra va à nouveau tourner dans 5 secondes."

Il passèrent la porte et Tracey les conduisit au laboratoire derrière le bureau du Dr Daniels.

"Je pense qu'il doit y avoir une porte qui donne accès à la pièce secrète aussi bien dans cette salle que dans son bureau, au même endroit que dans notre autre labo. Je ne sais pas exactement où. De notre côté, elle se trouve à l'endroit où est ici le placard de rangement des produits chimiques."

Lois se dirigea vers le placard et essaya de l'ouvrir. La porte était verrouillée. Elle ouvrit son sac à main et sortit quelques instruments. Après quelques secondes, le bruit de la serrure qui s'ouvrait se fit entendre dans le laboratoire.

Elle ouvrit la porte du placard et retira deux flacons de solvant vides. Elle donna quelques coups sur le fond du placard et remarqua qu'il sonnait creux. Baladant une lampe de poche sur le fond, Clark et elle essayèrent de trouver si le placard cachait quelque chose. Alors que Clark tirait sur une petite manette, le panneau du fond pivota sur le côté révélant la pièce cachée derrière.

Tous trois entrèrent par la porte au fond du placard dans la petite pièce, de l'autre côté. Clark alluma tout de suite l'ordinateur qu'il trouva tandis que Lois commençait à lire les dossiers. Tracey hésitait à toucher quoi que ce soit. Lois, le remarquant, essaya de calmer la jeune fille.

"Tracey, pourquoi n'iriez vous pas chercher notre dossier et nos prélèvements à votre laboratoire, comme ça nous pourrons les prendre quand nous partirons. De plus, vous pourriez nous couvrir au cas où quelqu'un viendrait pendant que nous sommes là."

"Oh, bien sûr, ça semble être une bonne idée. Je serai de retour dans, disons, un quart d'heure."

"Oui, ça nous donnera amplement le temps de trouver tout ce dont nous avons besoin."

La pièce fut tout à coup silencieuse quand elle fut partie. On entendait juste un bruit de papiers froissés et le cliquetis d'un clavier.

"Jackpot !" dit Clark calmement. Il sortit une disquette vierge de la poche de sa veste et commença très vite à enregistrer les informations.

"Clark, qu'est-ce que tu as trouvé ?" murmura Lois."

"C'est un journal de tous les prélèvements que le Dr Daniels a 'manipulé', ce qu'il a fait dessus et à qui ils ont été vendus."

"Bien, jette un œil à ça. C'est la technique détaillée de la manipulation des gènes pour éliminer les anomalies génétiques." Lois posa les notes et commença à les photographier. Ni l'un ni l'autre n'entendaient la deuxième porte de la pièce s'ouvrir.

"Ahh, Monsieur et Madame Kane. Ou devrais-je dire Kent… Lane et Kent, si je ne m'abuse. Je savais que vos visages m'étaient familiers. Je suppose que c'est une bonne chose que j'ai enregistré les allées et venues de Mademoiselle Jenkins. Autrement vous seriez repartis tous les deux sans une petite fête de d'adieu."

Lois et Clark levèrent tous les deux des yeux coupables. Le médecin tenait un revolver petit mais mortel, pointé directement vers Lois.

"Bien Doc, personne ne vous a jamais accusé d'être stupide. D'avoir mauvais goût, peut-être, mais d'être stupide, non."

Clark regarda Lois, l'implorant des yeux de ne pas exciter le savant.

"Oh, Monsieur Kent, ne craignez pas que je perde mon sang froid. Je ne me servirai sûrement pas de ça à moins que vous ne m'y obligiez." Daniels se retourna vers Lois. "Mais je m'en *servirai* si je dois le faire, Mademoiselle Lane," dit-il d'un ton ferme.

"Vous êtes un léger obstacle à mon plan, c'est vrai, mais je suis allé trop loin pour vous permettre de le contrecarrer. Cependant, j'ai beaucoup d'humanité. Oh, ne vous y trompez pas, je vais vous tuer. Je préfèrerais seulement que votre mort soit douce et paisible, pas vous ? Les coups de feu peuvent être si douloureux, sans parler qu'ils sont aussi salissants."

"Eh bien, Docteur, avant notre fin prématurée, je me demandais si vous pourriez satisfaire ma curiosité sur une chose."

"De quoi s'agit-il, Mademoiselle Lane ? Pourquoi j'ai volé ces embryons à ces couples ? Eh bien, ils ne sont pas tous volés. Mais des recherches comme les miennes nécessitent un grand nombre d'échantillons et c'était une source gratuite garantie. De plus, sans mes recherches, beaucoup de ces couples n'auraient jamais pu avoir des enfants normaux, d'abord !

"Qu'entendez-vous exactement par 'normal', Dr Daniels ?" lui lança Clark. Il se déplaçait pour se placer entre le revolver et Lois.

"Ça suffit, Monsieur Kent. Je veux avoir une vue parfaite sur votre ravissante épouse. C'est vraiment dommage que vous ayez tous les deux décidé de surveiller cette clinique ce soir. Le voisinage n'est pas sûr, vous savez. Un tas de sales types viennent suivre des soins gratuits à Madison. Certains d'entre eux vous auront vu dans votre voiture et auront décidé de vous voler. Ou peut-être vous aurez laissé tourner le moteur, parce qu'il fait si froid et serez morts asphyxiés par le monoxyde de carbone." Il montra une petite bouteille de gaz à côté de lui.

"Je ne pense pas du tout qu'ils vont mourir, Dr Daniels"

"Ah, Mademoiselle Jenkins. Je me demandais quand vous viendriez vous joindre à notre petite soirée. Bon-- vous m'avez épargné le désagrément de vous chercher. Je suis surpris que vous ayez le cran de directement m'affronter. Auriez-vous l'amabilité de vous diriger vers l'endroit où se tiennent vos amis ?"

"Je ne crois pas, Dr Daniels. Voyez-vous, j'ai vos précieux échantillons sur ce plateau," elle indiqua la boite assez grande qu'elle tenait, "et je n'hésiterais pas à les détruire tous avec cet acide si vous ne posez pas le revolver."

"Mademoiselle Jenkins, je crois que vous sous-estimé la gravité de la situation. Si vous posez ces échantillons je vous laisserai peut-être vivre. Les choses étant ce qu'elles sont, je doute que le Dr Crick croit en votre parole plutôt qu'en la mienne, spécialement depuis que vous avez ouvert tous ces fichiers auxquels vous n'êtes pas censée avoir accès. J'ai un enregistrement informatique de ceci." Le médecin poursuivit, la torturant. "Et cet ovule que vous avez vendu au marché noir ? Pas une chose très intelligente à faire, prendre avantage de votre position alors que vous n'êtes même pas encore qualifiée. Tsk, tsk, Tracey. Qu'est-ce que la police va penser de tout ça ?"

Le médecin se mit à rire au regard étonné de Tracey. "Oh, oui, Mademoiselle Jenkins, j'ai préparé un tas de preuves compromettantes, prêtes à être produites au moment opportun. Pensez-y comme étant mon assurance personnelle. Je peux ruiner votre carrière avant même qu'elle ne commence."

Les yeux Tracey lançaient des éclairs. "Vous savez, perdre ma carrière, peut-être même aller en prison-- tout ça en vaudrait la peine si ça signifiait que j'ai pu mettre un terme à un travail comme le vôtre."

"Un travail comme le mien ?! Je pensais que vous, en tant que futur médecin, pourriez comprendre exactement pourquoi je fais ça. Imaginez, un monde libre des choses comme la maladie de Tay Sachs et le syndrome de Downs et l'alcoolisme et l'obésité. La liste n'en finit plus !"

"N'oubliez-vous pas quelques autres anomalies ? Comme les tâches de rousseurs ou les yeux bruns ? lança Tracey.

"Vous-vous croyez tellement intelligente. Vous pensez que je ne suis pas meilleur qu'un nazi ?!" Le Dr Daniel se dressa de toute sa hauteur, mêlant indignation et mépris dans un regard cinglant. Lois prit avantage de sa distraction pour se déplacer sur le côté. Le museau du revolver ne suivit pas son mouvement et, s'enhardissant, elle commença à avancer dans le périmètre de l'ordinateur, vers le médecin qui poursuivait son intense diatribe. "Pauvre ignorante !" Je ne suggère pas que nous gommions toutes les différences génétiques, seulement les anomalies. Je serais acclamé par les générations futures pour avoir été l'homme qui a aidé l'humanité à devenir une race de Supers Hommes !"

"Pour une raison ou une autre, je ne le pense pas !" le contredit sèchement Clark, concentrant l'attention du médecin loin de Lois. Elle parcourut rapidement la distance restante, se plaçant derrière le Dr Daniels. Son premier coup de pied envoya en l'air le bras qui tenait l'arme. Il serra instinctivement son doigt sur la gâchette, mais trop tard-- la balle alla se loger sans dommages dans le plafond, envoyant dans l'air une pluie de plâtre. Le grondement assourdissant fit sursauter le savant peu habitué aux armes à feu. Il lâcha prise et le coup suivant de Lois à son épaule libéra le revolver, l'envoyant voler sur le sol du laboratoire. Pendant ce temps, Clark s'était avancé vers le médecin et le tenait fermement par le bras.

"Vous ne comprenez pas !" dit le Dr Daniels furieux. Il essaya de se défaire de l'étreinte de Clark, mais sans succès.

Lois lui répondit l'air suffisant. "Vous pourrez expliquer ça à la police."

"C'est fini ? Tracey sortit la tête de derrière un tabouret de laboratoire. Voyant que la tension était tombée, elle se redressa et prit le revolver. "J'ai ramassé ça, comme ça il ne pourra plus le prendre-- Lois pourriez-vous prendre cette chose ? Je me sens un peu… secouée."

Tandis qu'elle passait le revolver, un bruit à l'entrée les fit tous se retourner. Ils virent le garde chargé de la sécurité qui se tenait dans l'entrée secrète, l'air soupçonneux. "Qu'est-ce que c'est que tout ça ? Dr Daniels, vous allez bien ?"

"Jeb, le ciel soit loué vous êtes venu," commença le Dr Daniels d'un ton mielleux.

"Ne l'écoutez pas, Jeb." supplia Tracey. "Il pratique des expériences illégales ici, après tout, pourquoi cette pièce serait-elle secrète ?"

"C'est elle qui a violé la Loi, jeune homme." insista le médecin. "Et voici ses complices-- regardez, ils me menacent avec un revolver !"

Lois hocha la tête, stupéfaite de l'exaspération de l'homme. "Regardez, je suis Lois Lane et voici Clark Kent. Nous sommes du Daily Planet." Elle remarqua que Jeb, bien qu'ayant l'air d'un type méritant, n'était pas une lumière. Elle soupira. "Et nous serons très heureux d'attendre ici jusqu'à ce que la police arrive et tire ça au clair, d'accord ?"

Le jeune homme assiégé regarda le désordre de la pièce, pesa les deux histoires qu'on lui avait racontées… et décida qu'il devait en tout état de cause retourner le problème aux hautes autorités. "Très bien, personne ne bouge. Je vais appeler les flics." Il ouvrit sa radio et garda un œil vigilant sur tout le monde.

Le Dr Daniels s'affaissa dans les bras de Clark. "Si vous me permettez. Puis-je m'asseoir en attendant ? Je ne suis plus aussi jeune qu'avant."

Clark le relâcha, l'air un peu confus et le médecin s'assit sur le sol du laboratoire paraissant soudain plus vieux. Comme s'il se parlait à lui-même, il dit lentement. "Au moins mes recherches survivront. Et dans de bonnes mains, elles feront exactement ce que j'ai prévu."

"Pas si j'ai quelque chose à dire." le contredit résolument Tracey.

Clark redressa la tête l'air soudain préoccupé, puis il se baissa derrière le Dr Daniels. La bouteille de monoxyde de carbone avait été ouverte et diffusait silencieusement le gaz dans la pièce. L'air dégoûté il ferma la valve. "Je ne me prendrais pas si vite pour un martyr, si j'étais vous, Dr Daniels. Il faut beaucoup plus de monoxyde de carbone que ça pour donner à quelqu'un un simple mal de tête."

"Peut-être qu'un jour, quand nous nous entendrons mieux, un travail comme le vôtre aura sa place." dit Clark pensivement. "Mais pour l'instant, alors que les gens se haïssent simplement pour des raisons de couleur de peau, laisser un petit groupe de personnes décider ce qui constitue un 'défaut génétique' est dangereux."

"Et au vu de votre compte en banque, Dr Daniel. "dit soudain Lois. Je ne pense pas que vos motifs étaient complètement altruistes, d'ailleurs."

A ce moment, la police arriva et Lois et Clark concentrèrent leur énergie à expliquer les activités de la nuit.

Quelques heures plus tard, quand les autorités eurent terminé de les interroger, Tracey, Lois et Clark furent autorisés à s'en aller.

Clark alla téléphoner la suite de l'article et Lois rejoignit Tracey.

"Tracey ?" Lois appela la jeune fille alors qu'elle s'apprêtait à retourner à son laboratoire.

"Oui ?"

"Clark et moi voulons vous remercier de votre aide. Vous avez été très courageuse."

Elle sourit. "Vous le pensez vraiment ? Merci ! Je suis seulement contente que tout ce soit arrangé si vite. J'espère qu'il n'a pas fait trop de dégâts avant d'être arrêté."

"Eh bien, c'est aux autorités d'informer les parents et les donneurs de ce qu'il faisait exactement."

"Oui. Je suis seulement contente que ce soit terminé. Je serai heureuse de reprendre une vie normale sans avoir à regarder derrière mon épaule."

Elles se sourirent et se serrèrent la main.

"Oh, au fait. Voici les résultats de vos examens. Je sais que ce n'était qu'une couverture, mais si vous avez jamais eu des problèmes, eh bien, en voilà un que vous pourrez écarter."

"Ecarter ?" demanda Lois, surprise.

"Oui, le prélèvement de Monsieur Kent est parfaitement sain et normal. Le compte est bon, l'ovule du hamster a bien répondu et l'essai d'enzyme est revenu positif-- bien au-dessus de la normale. Voici le rapport-- et le prélèvement a été complètement détruit, juste comme vous l'avez demandé."

Lois regarda les papiers, sidérée, puis elle hocha la tête.

"Merci encore, Tracey. Vous allez être un médecin formidable.''

Au moment où ils entraient dans la maison, Lois essayait toujours de donner un sens à ce que Tracey lui avait dit. Elle était perdue dans ses pensées et ne remarqua pas le regard que Clark continuait à lui lancer. Il resta silencieux jusqu'à ce qu'ils aient accroché leurs manteaux et soient entrés dans le séjour.

"Ok, dis le."

Lois le regarda avec surprise. "Hein ?"

"Allez Lois, qu'est-ce qui ne va pas ? Tu as, à l'évidence, quelque chose à l'esprit. Tu as à peine dit deux mots depuis qu'on a quitté la clinique."

Lois lui sourit l'air perplexe. "Eh bien, c'est que… je ne suis pas sûre de ce qui ne va pas. Ou peut-être devrais-je dire de ce qui va bien. Tiens, laisse moi te montrer quelque chose."

Elle sortit de son sac les feuilles de papier que Tracey lui avait donné et les tendit à son mari.

"Voici les résultats de tes examens, Clark, Tracey me les a donnés quand tu étais au téléphone avec le Planet."

Clark jeta un oeil aux papiers puis s'arrêta dans sa lecture et les regarda plus méticuleusement.

Lois le regardait tandis que son expression passait de la curiosité à la confusion, ressemblant à la sienne. "Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas quoi faire de ça."

"Je ne comprends pas, Lois. C'est positif. Exactement à l'endroit où le Dr Klein m'a montré l'insuffisance, il y a une courbe sur ce graphique--. Je-- je ne peux pas y croire.

Lois essaya de restreindre son excitation grandissante. "Alors, c'est vraiment le même examen ? Tracey a dit que les examens étaient normaux, mais je n'étais pas sûre que c'était les mêmes que ceux qu'avait fait le Dr Klein."

"Ce sont les mêmes examens. Voici l'enzyme qui manquait dans mes autres prélèvements !"

Il se regardèrent étonnés puis réétudièrent les papiers.

"Mais comment cela se peut-il ? Hier tu étais stérile et aujourd'hui tu ne l'es plus ? Ça n'a aucun sens, Clark ! J'veux dire, je suis sûre que Tracey sait ce qu'elle fait, mais j'ai aussi confiance dans le Dr Klein."

Elle écarquilla les yeux en pensant à quelque chose d'autre. "Clark…" commença-t-elle, un grand sourire sur ses lèvres. "Y a-t-il des chances que ça ait quelque chose à voir avec cette histoire de cycle ? Oh, j'aimerais qu'il y ait un moyen de refaire les examens sur le prélèvement qu'on a donné à la clinique pour voir s'ils sont exacts."

Clark leva les yeux des papiers, souriant comme si un poids énorme avait été ôté de ses épaules. Il jeta les papiers sur la table et prit Lois dans ses bras."

Clark ?!" hurla-t-elle surprise, en éclatant de rire. "Qu'est-ce que tu fais ?"

"Je ne sais pas pour toi, chérie, mais en ce qui me concerne, j'en ai assez de tous ces examens. Je dis on arrête de penser et on commence à agir."

Pour démonter son point de vue, il prit ses lèvres et lui donna un voluptueux baiser.

"Oh, Monsieur Kent," minauda Lois comme ils arrivaient en haut des escaliers. "J'adore votre façon d'agir ."

 

FIN



Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)