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Saison 5, Episode 2

Écrit par Peace

Avec l'assistance de Barb

Version française de


(traduction par Chantal Martineau)

Précédemment dans Lois et Clark :

Tandis que Lois et Clark doivent gérer l’excitation et l'angoisse à la perspective de ce bébé qui leur est tombé sur les bras, 82 ans dans le futur, Lori et Clark Kent comptent deux nouveaux venus dans leurs vies, leur bébé, CJ, et un nouvel ami et partenaire d’échecs, Jérémiah.

{Jérémiah balaya l'échiquier du regard, cherchant son prochain coup, afin de trouver la défense appropriée à cette attaque. Cherchant quelque chose dans sa poche, il sortit lentement une petite pièce d’échecs de son écrin et la plaça sur le jeu. Immédiatement, Clark ressentit une douleur foudroyante dans tout le corps et commença à respirer bruyamment pour chercher de l’air, incapable de discerner la cause de son malaise. Regardant l'échiquier, il aperçut la lueur verte de la nouvelle pièce. Et alors qu'il glissait lentement de sa chaise jusque sur le sol, il entendit les derniers mots de Jérémiah .

"Non, Clark, échec et mat !"}

Métropolis, 6 avril 2079, 21 heures.

Jérémiah contempla la forme qui se trouvait par terre devant lui. Puis il jeta un bref regard  à sa montre gousset qu’il tenait dans la main.

"Dix minutes depuis ton dernier mouvement," marmonna-t-il. "Je dirais que tu as eu le beau rôle dans les derniers instants, Clark Kent." Il éclata d'un un rire démoniaque, la bouche déformée par un rictus hideux. Il arrangea ensuite une mèche de cheveux gris qui lui était tombée dans les yeux et remit dans sa poche le pion en Kryptonite qui avait mis fin à sa dernière partie avec le super héros gisant à ses pieds. Il fit quelques pas en direction de la sortie, puis se retourna pour observer une minute de plus et s'assurer que Superman ne pourrait pas revenir à la vie une fois la Kryptonite remise dans son précieux étui.

"J’ai attendu vingt ans pour voir ce jour!" dit-il réfléchissant pendant que la minute s'écoulait. "Vingt ans à croupir en prison, à regarder des rediffusions de mauvaises comédies. Vingt ans à feindre la gentillesse pour obtenir la libération sur parole – pour tout le bien que ça m’a fait."

Finalement convaincu que Clark était réellement mort, il se retourna et se dirigea vers l’escalier pour prendre le bébé. Le bébé, après tout, était tout l'intérêt de la chose – eh bien, pas vraiment tout l'intérêt, regarder mourir Superman avait été plaisant – mais le bébé représentait le pouvoir. Imaginez seulement, un super enfant, qu’il pourrait élever lui-même et regarder grandir, qui l’appellerait Papa, qui ferait ses sales besognes et qui lui serait toujours fidèle.

Il se dépêcha de traverser le couloir, scrutant chaque pièce pour repérer le bébé. Il trouva finalement sa chambre tout au fond, mais le berceau était vide. Il revint sur ses pas jusqu’à la chambre des parents – pourrait-elle avoir déposé le bébé sur leur lit pour une sieste ? Non, pas apparemment.

Avant qu'il n'ait le temps de se mordre les lèvres de frustration, il entendit un bruit venant du salon. Il se rua dans le couloir, retirant la Kryptonite de sa poche et hors de son écrin, juste au cas où Superman serait après tout ressuscité. Arrivé à la porte, il s'arrêta et entra avec précaution, juste à temps pour voir ressurgir une image de son passé : H. G. Wells et Clark Kent arrivant dans la machine spatio-temporelle.

"Diable!" vociféra Jérémiah dans son for intérieur. "J’ai tué la copie et l’original revient pour me hanter ! Et H.G.Wells a dû prendre le bébé – Qu'il soit maudit!" Il les observa en silence, restant caché dans l’embrasure de la porte, tandis qu’ils débarquaient de la machine spatio-temporelle et découvraient le corps gisant dans le salon.

"Oh, mon Dieu!", entendit-il H.G. Wells soupirer. "Eh bien, mon garçon, il semble que nous soyons arrivés un peu trop tard. Nous allons devoir --"

Se conformant à son plan initial, Jérémiah courut vers la porte et se précipita dans la pièce. "Qui êtes-vous ?", demanda-t-il, "et qu’avez-vous fait de mon ami ?" Avant même qu’ils ne puissent répondre, il se pencha sur le corps étendu par terre tâta son pouls, puis accusa en criant: "Il est mort – vous l’avez tué !" Il sortit de la pièce, en appelant de l’aide.

Heureusement pour lui et son plan, c’est à ce moment précis que Lori revenait du supermarché avec ses cartes. Sa belle-mère était arrivée pour une petite visite, et toutes deux marchaient côte à côte. Jérémiah s’empara du bras de Lori la précipita dans le salon. "Quelque chose d'horrible est arrivé à Clark!" dit-il d'un air dramatique. Il se tourna vers Elaine Kent. "Appelez la police," ordonna-t-il. "Ces hommes ont fait du mal à Clark!"

Lori se précipita vers le salon à temps pour voir Clark et H.G. Wells remonter dans la machine spatio-temporelle "Clark ? Où vas-tu ?" Une seconde plus tard, elle était assez près de lui pour mieux l’observer. "Vous n’êtes pas Clark ! Qui êtes-vous ? Qu’avez-vous --?"

À cet instant, elle aperçut son mari, étendu par terre sans bouger. "CLARK !!!", cria-t-elle. Elle accourut à ses côtés, désespérée de le toucher, mais effrayée de le bouger. "Qu’est-ce qu’il a qui ne va pas ?"

Jérémiah s’approcha d’elle, pointant un doigt tremblant vers H. G. Wells. " C'est lui qui a fait ça", déclara-t-il. " Je l'ai vu tuer votre mari."

Lori hocha la tête, incrédule. " Non... C’est impossible," murmura-t-elle. Elle toucha le bras de son mari et trouva sa peau froide et moite au contact de sa main. Le corps tremblant de panique, elle posa frénétiquement ses doigts sur son cou, à la recherche d’un pouls. "Non !" sanglota-t-elle.

Pendant ce temps, H.G. Wells hochait lui aussi sa tête. "Monsieur, vous vous trompez. Lorsque mon compagnon et moi sommes arrivés, M. Kent était déjà... bien... oh, mon Dieu !"

Métropolis, 16 juin 1997, 10 heures.

"Oh, chéri ! Oh, CJ, s’il te plait, arrête de pleurer !" Lois arpentait le sol de la chambre, berçant le bébé qui pleurnichait dans ses bras. Elle essaya à nouveau de lui donner à manger, mais il se détourna du biberon en pleurant encore plus. "Allez, allez, CJ! Tu as mangé, tu es au sec, tu as ma complète attention – que veux-tu de plus ?!"

La seule réponse de CJ fut une autre plainte.

"Oh, Martha, qu’est-ce qui vous retient aussi longtemps ?" Des larmes de frustration montaient aux yeux de Lois. " Quel genre de mère suis-je si je ne peux pas m’occuper toute seule d’un bébé pendant une demi-heure ?" Elle s’installa dans le rocking-chair, essayant elle aussi de se calmer. "Bien, tu n’as peut-être pas encore des supers pouvoirs, mais tu as déjà des supers poumons, pas vrai ?" Son petit rire nerveux n’était pas une arme efficace contre les gémissements de CJ, et encore une minute et Lois aurait fondu en larmes si la porte ne s’était pas ouverte à ce moment.

"Hé, hé, quel tempérament !" s’exclama Martha.

"Martha, je lui ai donné à manger, je l'ai changé, je l’ai bercé jusqu’à ce que j’aie l’impression que mes bras allaient se briser, et il ne cesse de pleurer, et ma mère avait à un rendez-vous, et Papa devait aller au laboratoire, et je ne sais plus quoi faire !"

Martha tapota l’épaule de Lois avant de prendre le bébé de ses bras. "Chut, chut, ok, nous allons prendre soin de cela, tout ira bien..." Elle prit CJ, le déposa sur son épaule et lui donna une tape assez vive (mais pas trop forte) sur ses fesses bien rembourrées, et elle le tint assez haut et près d’elle pour pouvoir le voir. "Maintenant, calme-toi," lui commanda-t-elle. Surpris, CJ la contempla un instant et, devenant tout à coup silencieux, il fit un rot bruyant, poussa un soupir, et s'endormit instantanément.

L’installant dans son berceau, Martha se retourna vers Lois, qui était encore sous le choc en regardant sa belle-mère. "Vous l’avez frappé !"

Martha acquiesça et prit un air de femme qui savait ce qu’elle faisait. "Je l'ai appris de Jonathan, qui dit l’avoir appris de son propre grand-père. Il disait que parfois les bébés se mettent à pleurer et oublient de s’arrêter. C’est comme une personne qui est prise d’une crise d’hystérie –il faut parfois les surprendre avec une petite claque pour qu'ils s'arrêtent." Lois hochait encore de la tête, pas très convaincue, mais Martha ajouta." Vous savez, je ne suis pas du genre à frapper les enfants. Vous me connaissez mieux que ça. Avez vous vu où je l’ai frappé ? Sur les fesses, où il a une protection naturelle et une belle couche très épaisse qui le protège encore plus. Et je l’ai frappé juste assez fort pour attirer son attention. Mon Dieu, je parierais que le médecin l’a frappé plus fort que cela quand il est venu au monde !"

Lois soupira, contemplant le bébé qui dormait paisiblement dans le berceau. " Bien, ça a marché... mais je ne crois pas que je pourrais un jour..." Ses lèvres commencèrent à trembler puis ensuite les larmes qu’elle avait tentées de retenir depuis un bon moment se mirent à couler sans crier gare. "Oh, Martha! Je ne sais pas comment être une mère ! Je sais que je vous ai dit il y a quelques jours que j’étais prête, mais je ne le suis pas ! Et… Et... Clark dit qu’on doit faire ça ensemble, mais il n’est pas là – il n’est jamais là – c’est simplement comme dans mon cauchemar, avec des bébés partout dans la maison et Clark qui croit qu’avoir des enfants c'est du gâteau, mais je suis la seule le manger et la reine était obligée de tenir deux bébés et le pape devait lui aussi en tenir deux et il y en avait au moins dix et --" sa voix monta en une plainte égale à celle de CJ quelques minutes avant. "J’ai déjà vu deux fois "Trois hommes et un bébé"  -- si Tom Selleck peut faire ça, pourquoi est-ce que je ne le peux pas ?"

Riant un peu, Martha s'approcha d'elle et la serra dans ses bras, sans même essayer de comprendre ce qu'elle racontait. "Oh, chérie, c’est seulement un film ! Et si je me rappelle bien, Tom Selleck a dû faire face à un bébé pleurnichant lui aussi quelques fois." Elle donna quelques tapes maternelles dans le dos de Lois, la laissant pleurer. Quand elle entendit Lois renifler et glousser un peu, Martha hocha la tête. "De toute façon, je ne crois pas que personne ne soit prêt à recevoir un enfant parachuté dans son salon !"

" Je sais, vous l’avez déjà dit."

Martha acquiesça, se reculant un peu pour aller chercher un mouchoir à Lois. " Et je continuerai de le dire jusqu’à ce que vous finissiez par me croire ! Je crois que c’est une des raisons pour lesquelles on passe neuf mois enceinte – pour laisser une chance à la mère de se préparer elle aussi." Elle sourit. " Attendez un peu – quand vous aurez votre propre bébé, et je suis certaine que vous en aurez, vous vous débrouillerez très bien !"

"Oh, c’est vrai – je n’ai pas eu l’opportunité de vous le dire avant parce que ma mère était ici !" Les yeux de Lois s’agrandirent et s’emplirent de joie. Elle était journaliste après tout – elle adorait donner au gens de bonnes nouvelles.

"Me dire quoi, chérie ?" lui demanda curieusement Martha. "Et où est Clark, au fait – dehors à être Superman ?"

"C'est une façon de parler."Finalement dans son élément, Lois guida Martha vers le sofa. " Où est Jonathan ? Nous devrions lui dire aussi."

Martha grimaça. "Jonathan m’a fait revenir ici toute seule – il a dit qu’il devait aller à un autre endroit faire des courses et --" des coups frappés à la porte d'entrée l’interrompirent. "Ce doit être lui." Elle ouvrit la porte et découvrit un Jonathan debout devant elle qui la regardait l'air mi-moqueur et mi-désapprobateur, un colis dans les mains. "Oh, Jonathan, pourquoi as-tu fait ça ?"

" Il n’est jamais trop tôt," insista Jonathan.

" Pourquoi quoi ?" demanda Lois, tendant le cou pour voir du côté de Martha.

Jonathan lui montra un tout petit ensemble : gant de base-ball, batte, casquette, et un gilet à l'emblème des MétroU, faisant éclater Lois d'un rire incontrôlable.

Métropolis, 6 avril 2079, 22 heures.

Clark, choqué, regarda H.G. Wells menotté se faire emmener par les policiers. Il n’arrivait pas à comprendre les accusations portées par le vieil homme et qui avaient conduit à l'arrestation de Wells, ni pourquoi ces accusations ne s'étendaient pas à lui. Le médecin légiste était venu et avait emporté avec lui le corps du jeune homme qui lui ressemblait tant -- 'Mon arrière-petit-fils !' rumina Clark rempli de chagrin -- et Elaine Kent, pleurant, avait emmené sa belle-fille, Lori, dans sa chambre. La police avait rapidement examiné la pièce avec des appareils que Clark ne reconnaissait pas, et ensuite, à sa stupéfaction, avait enlevé le cordon policier qui délimitait la scène du crime. Jérémiah avait assuré à la police que l'espèce de traîneau qui trônait au beau milieu de la pièce resterait sous clé jusqu’à ce que l’objet puisse être saisi.

Finalement, Clark se retrouva seul dans la pièce avec Jérémiah. Il y avait quelque chose d’étrangement familier dans les yeux de l’homme, un regard de démon que Clark reconnut soudain Le visage était différent – pas simplement plus vieux, mais différent – mais aucune chirurgie plastique ne pourrait déguiser les yeux diaboliques de cet homme. "Tempus."

"Duh!" L’homme le regarda avec dédain.

"Vous savez que H.G. Wells n’a pas tué... ce jeune homme," déclara fermement Clark, ne voulant pas révéler l’identité de ses descendants, espérant que Tempus n'en savait en rien.

"Non, Superman." Minauda Tempus. "J’ai tué ce jeune homme. Qu’allez-vous faire à ce propos ?" Avant même que Clark ne puisse réagir à la confession effrontée de l’homme, Tempus sortit une fois encore la pièce d’échecs de Kryptonite, regardant avec satisfaction Clark s’écrouler sur le sol. " Vous savez, j’ai dû demander bien des faveurs pour pouvoir mettre la main là-dessus – avez-vous idée de la rareté de la Kryptonite de nos jours ? Vous et les employés de STAR Labs, avez bien réussi à vous débarrasser de la chose – votre arrière-petit-fils n’avait aucune idée de ce qui l’a tué." Il leva la pièce flamboyante dans sa main en avançant sur Clark. "Je ne peux vous dire à quel point c’est bon de faire ça une seconde fois. J’ai l’impression que j’en ai eu pour mon argent, vous comprenez ?"

Pendant que Clark sombrait dans l’inconscience, Tempus regarda l’heure à sa montre. "Bien, aussi plaisant que ce soit de vous voir mourir, Superman, je veux prendre le bébé avant qu'ils ne reviennent tout à l’heure pour la machine spatio-temporelle." Il déposa le pion de Kryptonite sur le sol, prenant soin de le mettre hors de la portée de Clark s’il devait reprendre conscience, il verrouilla la porte de la salle de séjour et prit place à bord de la machine. "Une bonne chose à propos des prisons du 20ème siècle – ils essayent si bien de vous réinsérer. C’est incroyable tout ce qu’on apprend en prison, également la mécanique. "Il jeta un dernier regard à Clark. " Au revoir, Clark. Je dirais à Lois que vous êtes mort !"

Métropolis, 16 juin 1997, 10h20.

"C'est votre arrière-arrière-petit-fils ?! Oh, mon Dieu, ça fait de lui notre arrière arrière-arrière – là, je m'y perds!" Martha se mit à rire laissant éclater sa joie de savoir que le vœu le plus cher de son fils (après s'être marié avec Lois) allait devenir réalité. Elle mit sa main devant sa bouche, masquant son rire pour ne pas déranger CJ. Ce jeune homme, bien que fatigué d'avoir hurler pendant de 20 minutes, s’était endormi, oubliant les trois paires d’yeux brillants qui regardaient vers lui.

Lois se leva et alla jusqu’au berceau, regardant CJ dormir. Elle caressa doucement les petits cheveux qui couvraient sa tête. Après un long soupir hésitant, elle se tourna vers Martha et Jonathan. "Quand Clark m’a dit que nous ne pouvions pas avoir d’enfants, que les résultats du Dr Klein disaient que nous étions biologiquement incompatibles, j’ai cru que mon cœur allait se briser. Pas seulement parce que Clark désire tant des enfants, même si ça en fait partie– je veux qu’il soit heureux --" dit-elle en reniflant, luttant pour garder sa contenance. "-- mais pour moi aussi. J’étais prête, je m'étais mentalement préparée à tout ça, rester enfermée avec tous ces enfants a éveillé mon instinct maternel ou un truc de ce genre, et puis c’est comme si quelque chose en moi venait de mourir.

"Ensuite, on a demandé à Papa de nous aider, et je voulais vraiment croire qu’il pourrait tout arranger – si quelqu’un pouvait tout arranger, ça devait être lui." Elle hocha la tête. "Mais il n'a rien trouvé qui clochait dans les dossiers de STAR Labs -- Clark et moi parlions de cela quand il a entendu CJ en bas dans le salon. Clark a dit que nous vivons l’impossible et que si avoir un bébé dépendait de l’amour entre deux personnes," ses yeux commencèrent à briller de larmes au souvenir qu’elle évoquait, "que tout pouvait alors être possible pour nous deux. Je voulais tant le croire. Mais je pense que je ne le croyais pas – pas vraiment. Et maintenant, tout d’un coup, nous avons la preuve, ici même sur ce lit, que nous pouvons avoir des enfants – que nous allons avoir des enfants – et j’ai si peur…"

"Oh, chérie !" Martha traversa la pièce vers elle Jonathan la suivant." Vous devez apprendre à avoir confiance en vous – et Clark."

"Avoir des enfants n’est pas une chose facile," ajouta Jonathan. "C’est effrayant pour n’importe qui. Mais nous serons là pour vous, aussi longtemps que vous aurez besoin de nous et vos parents feront de même. Et Clark sera--"

"Clark ira là où on a besoin de lui," dit Lois, essayant de laisser transpirer un sentiment de calme qu’elle ne ressentait pas. "Je le savais quand je l’ai épousé."

Et pour une fois, Martha et Jonathan n’avaient pas les mots pour la réconforter.

Métropolis, 6 avril 2079, 23h10.

"Lori, tu ne devrais pas aller là-dedans !" Elaine Kent essaya de l’en empêcher, mais Lori passa devant elle d’un air déterminé. Quelques instants plus tôt, quand ils avaient découvert que CJ avait disparu, Lori était devenu folle de chagrin, elle se sentait coupable. Puis soudain, ses larmes avaient séché et elle était descendue au rez-de-chaussée.

"Mon mari est mort et mon bébé a disparu – je dois trouver un moyen de savoir pourquoi on me l’a pris et où il peut être et je ne ferai pas cela en restant assise à pleurer dans ma chambre. Pourquoi la porte du salon est-elle verrouillée ?" Elle se battit avec le loquet pendant quelques instants et laissa ensuite échapper un petit soupir de frustration puis elle se dirigea vers la cuisine. Elle prit quelques minutes à fouiller dans un tiroir plein de 'bric à brac' et en sortit un porte-clés, l’une d’elles, fort heureusement, ouvrait la porte du salon – Lori se sentait sur le point d'arracher la porte de ses charnières.

"Mais, chérie, ne devrais-tu pas attendre le grand-père de Clark ? C’est un reporter – il connaît beaucoup plus de trucs sur la façon d'enquêter que toi." protesta Elaine. Pops avait été là plus tôt, bien sûr, et avait entrepris de soulager sa peine du meilleur moyen qu’il le pouvait – en allant au Daily Planet pour écrire et publier l’histoire de la mort de son petit-fils. Quand Lori et Elaine avaient découvert le berceau vide, elles avaient appelé au Planet, mais Pops n’était pas à son bureau -- elles avaient dû laisser un message sur son répondeur.

"Je vais encore l'appeler " annonça Elaine. Elle se dirigea dans la cuisine, moins disposée que sa belle-fille à entrer dans la pièce où son fils était mort.

"Il sera ici dès qu’il recevra le message," dit Lori, "mais je ne resterai pas assise à l’attendre." Lori hésita un instant sur le pas de la porte, puis serra les dents et entra. 'Du calme, Lori,' se dit-elle. 'Ils l’ont déjà emmené, tout ce que tu dois faire, c’est de trouver des indices – tout ce que la police n’aurait pas pu voir. Qui pourrait bien tuer Superman ?' Elle se déplaça dans la salle avec précaution, sans même pouvoir s'expliquer son besoin de faire attention. Il ne faisait pas froid dans la pièce, mais elle prit tout de même le manteau de son mari qui se trouvait sur la patère, le manteau très épais que son grand-père lui avait donné, elle s'y enveloppa pour se donner l'impression qu'il la serrait dans ses bras, la gardant en sécurité.

Un objet vert brillant placé au beau milieu du plancher attira son attention. " Qu’est-ce que c’est--" Soudain, elle trébucha sur le pied du corps étendu sur le sol à cause du pion brillant... son époux... le visage déformé par douleur... ses lunettes de travers... la respiration haletante... "Non," protesta-t-elle. " Il est parti – ils l’ont emmené – tu n’es pas réel !" Les émotions de la journée la chavirèrent elle, elle bascula inconsciente sur le sol, tombant comme une masse aux côtés de l’arrière arrière-grand-père de son époux décédé, sans s'apercevoir que la respiration à côté d’elle devenait soudain plus régulière

Métropolis, 17 juin 1997, 14 heures.

Lois s’assit à son ordinateur, ses épaules voûtées et endolories, lisant les comptes rendus sur la rumeur d'un enfant disparu. Elle savait d’où venait l’enfant, mais elle devait construire de toutes pièces une histoire convaincante pour Perry. En outre, être au Planet lui donnait un peu d'oxygène loin de ses activités maternelles. 'Laissons Martha s’en occuper pour un temps,' pensa-t-elle, sans remords. 'C’est pour cela que les grands-mères existent !'

Elle avait consulté un manuel pour nouveaux parents pour déterminer l’âge de CJ, se basant sur sa taille, son poids et ses habilités apparentes, pour pouvoir ensuite envisager jusqu’à quand elle devait remonter– il était probablement âgé de six à huit semaines, donc elle n’avait pas à chercher dans les rapports d’enfants disparus avant la mi-avril. Elle avait pensé s’informer discrètement auprès des assistantes sociales et la police de Métropolis, mais elle décida ensuite de ne pas le faire -- la dernière chose dont elle avait besoin était que l’un d’eux décide d’emmener CJ loin d’elle et de le placer dans un orphelinat.

"Madame Lane ?"

Lois regarda la femme qui se tenait près de son bureau, effaçant automatiquement son écran. "Oui, puis-je vous aider ?"

"Nancy LeClaire, des services sociaux. J’ai cru comprendre que vous avez trouvé un enfant."

"Pardon ?" Lois savait ce dont la femme parlait, mais pour le moment, le fait de jouer les idiotes semblait la meilleure chose à faire.

"Un enfant trouvé. Un enfant laissé à votre porte? Vous savez, bien sûr, que légalement tout enfant trouvé doit être conduit à notre agence et placé dans un foyer d’accueil jusqu’à ce que ses parents naturels soient retrouvés ou encore que des arrangements permanents puissent être faits." Le sourire de Mademoiselle LeClaire ne pouvait pas trahir la détermination qui se lisait dans ses yeux.

Lois était journaliste depuis trop longtemps pour se laisser berner par son attitude plaisante et ses manières naturelles d'aborder le sujet. Elle mit de côté son sentiment de panique et parla aussi calmement qu’elle le pouvait "Mademoiselle LeClaire, il y a effectivement un enfant demeurant sous mon toit, mais je peux vous assurer que ce n’est pas un enfant trouvé. C'est --'Qui ? Mon arrière-arrière-petit-fils? Elle ne va jamais gober ça ! '—le bébé de ma sœur."

"Je vois," dit mademoiselle LeClaire, qui ne semblait pas la croire. Lois se demanda si elle avait entendu l’hésitation dans sa voix.

"Lucy a été impliquée avec... eh bien, elle est toujours attirée par le mauvais genre d'homme... et cette fois elle a fini par tomber enceinte, et elle ne pouvait pas l’accepter – et comme je peux -- Ha ! – et elle devait retourner à l’université pour prendre des cours d’été, elle a donc laissé CJ avec moi, ce n’est pas que ça me dérange, mais j’ai moi aussi une carrière, mon époux et moi sommes des gens occupés, donc ses parents vont rester un peu avec nous pour nous aider à nous occuper de CJ, jusqu'à ce que Lucy revienne sur terre, accepte la situation et revienne le chercher."

"D’accord, il semblerait donc que nous ayons été mal informés," dit mademoiselle LeClaire nonchalamment. Elle était en train de se lever pour partir quand le téléphone de Lois sonna.

Lois répondit avec enthousiasme. 'Peut-être est-ce un véritable article et que ça forcera cette personne à partir !' "Lois Lane," répondit-elle de son mieux d'une voix qui voulait dire 'Je-suis-une-journaliste-très-occupée-et-ne-me-faites-pas-perdre-mon-temps'.

"Lois?"

"Bonjour, Martha -- oh, attendez, ne me dites pas que vous m’appelez parce que vous avez besoin d’aide avec CJ !" supplia Lois. Tout en gardant en mémoire la visite inopportune de l’autre femme, c’était incroyable comment ces quelques heures de retour à 'sa vraie vie' avait fait du bien à son esprit et lui avait redonné confiance. Tout ce dont elle avait maintenant besoin était un méchant impliqué dans une histoire de 'niveau Kerth', elle serait ainsi au septième ciel

"Lois, vous devez rentrer à la maison tout de suite !" murmura Martha d'un ton urgent dans le téléphone.

Martha, c’est vous l’experte en bébés, qu’est-ce que--"

"LOIS! Tout de suite ! Il y a un homme ici qui dit être venu pour emmener CJ avec lui. Il ne dit pas qui il est, mais je n’aime pas son regard."

Raccrochant violemment le combiné, Lois s’en prit à la femme à ses côtés. "Depuis quand est-ce que les Services Sociaux kidnappent des bébés ?" demanda-t-elle furieuse. Sans même attendre une réponse, elle prit son sac à main et empêcha Nancy LeClaire de la retenir en se précipita jusqu’à la porte.

Métropolis, April 6, 2079, 10:11 p.m.

Clark hocha sa tête, essayant de clarifier ses idées, en reprenant lentement conscience. Pendant les dernières secondes, juste avant de s'évanouir, il était sûr qu’il allait mourir. Qu’est-ce qui l'avait sauvé ? Il tourna sa tête lentement, douloureusement, et aperçut une jeune femme étendue sur le sol, inconsciente, tout près de lui. Il ne pouvait pas voir la Kryptonite, mais sans ses effets ravageurs, il sentit ses forces lui revenir rapidement.

Aussitôt qu’il s’en sentit capable, il s’assit et tenta de soulever la jeune femme, pensant qu'en la déposant sur le canapé elle serait plus à son aise. Mais à l’instant où il la souleva, la douleur le frappa de plus belle et il ne put la retenir. Et puis la douleur disparut encore une fois.

Clark resta un instant assis, rassemblant ses sens et sa force. Était-elle étendue sur la Kryptonite? Mais pourquoi la douleur avait elle disparu aussi vite ? À moins que quelque chose ne se soit déplacé quand il avait essayé de la soulever... Il essaya sa vision à rayons X, s’attendant à voir le sol à travers son corps et quelque chose comme une boîte ou un paquet recouvert de plomb. Au lieu de cela, il s’aperçut qu’il ne pouvait pas du tout voir à travers elle.

Peut-être était-il plus mal en point qu’il ne l’avait présumé. Il commença à vérifier ses autres pouvoirs. Flotter. Pas de problème, même s’il ne se sentait pas capable de voler encore. L’ouïe. Oui, il pouvait entendre quelqu’un dans la pièce voisine chuchoter quelque chose sur un ton pressant à propos d'une dénommée Lori. La force. Il leva un bref instant le canapé et le reposa par terre. Le souffle. Souffler sur quelque chose ne semblait pas être une bonne idée, mais il pouvait essayer de geler un truc. Il chercha dans la pièce et trouva sur une table un verre à moitié plein d'eau ayant probablement été de la glace des heures auparavant. Un coup de souffle rapide et l’eau redevint glace. D’accord, tout le reste fonctionnait, retour aux yeux. La vision infrarouge. Il fit fondre ce qu’il venait tout juste de geler, doucement, pour ne pas faire fondre le verre aussi… La vision à rayons X, encore une fois. Il regarda tout d’abord le mur, puis au travers, ce qui lui révéla une femme plus vieille que la première, probablement celle qu’il avait entendue quelques minutes auparavant, parler au téléphone.

Il flotta dans une position plus confortable juste au-dessus du sol et se mit à réfléchir. La vision à rayons X fonctionnait bel et bien alors pourquoi ne pouvait-il pas voir à travers elle ? Il essaya de radiographier son pied et n'eut pas de difficulté à passer au travers jusqu'au sol et au-delà de la tuyauterie juste au-dessous des fondations dans le sous-sol. Maintenant ses mollets. Là encore, aucun problème. Mais à ses genoux, il entra en contact avec le bord de l'épais manteau qu'elle portait et réalisa soudain pourquoi il ne pouvait pas voir au travers. 'Un manteau doublé en plomb ? Hmm...'

Alors, il ne pouvait laisser la jeune femme seule – quelqu’un d’autre allait devoir l’aider. La femme dans la pièce voisine était apparemment une amie ou encore membre de la famille – il devait l’appeler. Il se remit sur ses pieds et bougea lentement, encore un peu chancelant, à travers la pièce. À la porte, il parla doucement à la femme qui se trouvait dans la cuisine et était encore au téléphone, espérant ne pas l’effrayer. "Madame ?"

"Clark!" pleura-t-elle. Elle l’observa un moment, hébétée, puis retourna au téléphone et à la voix réconfortante qui murmurait à son oreille. "Je dois y aller, Pops, Clark est de retour."

Ignorant le "Quoi ?!?" choquée que même Clark pouvait entendre sans sa super oreille, elle lâcha le téléphone et se précipita à travers la pièce, entourant de ses bras autour de son cou.

"Oh, mon fils chéri! On croyait que tu étais mort !" Elle se recula pour s’abreuver du visage de son fils bien aimé puis et ses yeux devinrent suspicieux et elle se détacha de lui tout d’un coup. "Vous n’êtes pas mon fils!"

" Non, madame, je ne suis pas votre fils." dit-il doucement, s’approchant d’elle pour la soutenir alors qu'elle était prête à s'évanouir."

"Qui êtes-vous ?" demanda-t-elle, confuse. "Pourquoi ressemblez-vous tant à mon fils ?"

Avant même qu’il ne puisse répondre, un 'whoosh' se fit entendre à la fenêtre—ce son que Clark savait qu’il faisait quand il arrivait quelque part dans son costume, mais il ne l’avait pas entendu depuis le jour où il avait rencontré le Clark de l'univers parallèle. Un visage inconnu dans un costume semblable au sien se posa lentement sur le sol.

"Pops !" soupira la femme, l'exaspération surpassant pour le moment ses sentiments. "Je croyais que vous aviez abandonné le costume !" Elle essaya de ne pas parler trop fort, mais Clark l’avait bien sûr entendu très clairement. " C’est vous qui avez dit 'Superman ne vieillit pas, se sont seulement les hommes derrière lui.'"

"Eh bien, Elaine, vu les circonstances, ça me semblait approprié." Il se tourna vers Clark, avec l’intention de lui demander une explication, mais les mots moururent sur ses lèvres. Après un moment, il s’assit à la table, évidemment sous le choc.

"Il ressemble tellement à Clark, mais ça ne peut pas être lui !" dit Elaine.

"Il ressemble exactement à--" Superman hocha la tête. "C’est pas possible," murmura-t-il.

Finalement Clark réussit à se remettre du choc d'avoir vu quelqu'un d'autre dans son costume, réalisant qui pouvait être cet homme, il reporta son attention sur le point le plus urgent de la situation.

"Madame, monsieur," glissa-t-il, "Qui je suis va demander quelques explications, mais ce qui est encore plus important pour le moment est d’aider la jeune femme--" et il montra la salle de séjour.

"Oh mince ! Lori !" soupira Elaine. Elle se rua dans le salon et essaya de relever sa belle-fille qui revenait tranquillement à elle. "Eh bien, ne restez pas là," ordonna-t-elle, "Venez m’aider à la relever !"

Clark semblait mal à l'aise. "Je ne peux pas, madame."

Superman le fixa le regard mi-déçu, mi-désapprobateur. "Bien, moi je peux."

Clark l’arrêta sur le pas de la porte. "Il y a de la Kryptonite là-dedans."

Superman semblait plus confus que jamais. À ce moment, Elaine aida Lori à s’asseoir et les effets de la Kryptonite frappèrent ensemble les deux hommes.

"Le manteau est doublé de plomb – mettez-la dans le manteau," souffla Clark.

"Quoi ? Mettre quoi dans le manteau ?" demanda Elaine.

"Vert -- brillant – mettez-la dans le manteau !" grinça Superman. "Vite!" À côté de lui, Clark s'écroula sur le sol, succombant encore plus vite après sa récente exposition.

Métropolis, 17 juin 1997, 14h20.

L’homme n'était guère réticent à assassiner les gens qui se mettaient en travers de ses plans mais il n'était pas ravi de trimbaler un bébé qui avait besoin d'être changé et CJ avait sali sa couche juste au bon moment.

Martha avait fait en sorte de retarder le plus longtemps possible le changement de couche, lui faisant prendre un bain comme mesure préventive, afin permettre à Lois de renter. Lois se précipita la maison, mais à la dernière minute, son instinct lui dit d’entrer avec précaution. Elle passa la porte et se rendit dans le couloir sur la pointe des pieds jusqu’à la chambre. Observant dans l'embrasure, elle vit Martha qui refusait de donner CJ à un homme qui tenait un pistolet.

L’homme en avait plus qu’assez. "Donnez-moi le bébé," demanda-t-il, "ou je le tuerai dans vos bras."

Horrifiée, Martha lui tendit le bébé, qui se mit immédiatement à pleurer dans les bras de l’étranger. Exaspéré par le bruit qu'il faisait, l’homme leva la main pour le réduire au silence.

Un hurlement soudain, "Hi-Ya ! " couvrit jusqu'aux cris de CJ et le pied de Lois frappa la main qui tenait le revolver. Le coup partit, la balle se logea sans dommages dans le plafond, le pistolet se fracassa par terre, d'où Martha put le ramasser. Elle le pointa sur l’homme.

L’étranger ignora l'arme, agitant sa main meurtrie en dévisageant la nouvelle venue. "Lois. Heureux de vous revoir – NON !"

"Rendez-moi mon bébé !" dit Lois.

"Oh, mais ce n’est pas votre bébé, n’est-ce pas ?" railla l’homme, l'air méprisant.

"Non, c'est encore mieux – il est la promesse du futur !" Lois redressa la tête, déterminée à ne pas montrer sa peur à cet homme, qui qu'il soit.

"Pas de doutes, Lois ? Aucune crainte à propos de votre habileté maternelle ?" persifla-t-il. "Vous ne voudriez pas l’élever toute seule, pas vrai ? Avec votre récent veuvage et tout..."

Les couleurs disparurent du visage de Lois, frappée par les implications de cette déclaration. De l'autre côté de la pièce, Martha gémit : "Non ! Oh, non !"

Métropolis, 6 avril 2079, 22h16.

Elaine regarda sceptiquement le pion d’échecs brillant dans sa main. Elle pensait demander pourquoi l’envelopper dans le manteau devenait tout à coup un geste si désespérément important – il semblait que c’était un geste plutôt stupide. Mais la vue de son beau-père titubant et qui basculait lentement sur la table la convainquit. Elle prit le pion et le mit dans la poche du manteau. "Ca va mieux ?" demanda-t-elle. Aucun des hommes ne répondit. Soudain prise de panique, elle arracha le manteau de Lori et l’entoura autour du pion. Puis elle enveloppa le manteau dans un sac en plastique et le ferma avec un ruban adhésif, pour éviter qu'il ne se déroule.

Les hommes se relevèrent lentement secouant la tête.

"Oh, mon vieux, ça fait mal," grimaça Clark.

Superman se redressa s'appuyant sur une chaise et contempla l’homme, apparemment plus jeune que lui, couché sur le sol. "Qui êtes-vous," soupira-t-il, "et pourquoi ressemblez-vous tant à mon père ?"

Clark s’assit par terre, puis se leva péniblement et s'assit sur la chaise face à Superman, considérant la meilleure explication à donner. "Si vous êtes... Voyons voir... L’arrière-grand-père de CJ ? Alors je suis – serai – votre père."

Superman se mit à rire d'un air incrédule et Elaine ajouta, "Jeune homme, avez-vous idée de la bizarrerie de vos propos ?"

Clark sourit et s’adressa à elle. "Quoi ? De regarder un homme assez vieux pour être mon grand-père--"

"Hé, merci," marmonna Superman.

"--et dire qu’il est mon fils ? Très étrange, surtout si l’on considère que Lois et moi venons d’apprendre que nous ne pouvons pas avoir d’enfants. À ce propos," il se tourna vers Lori, "vous devez être la mère de CJ – a t-il déjà disparu ?"

"Excusez-moi ?"

"Je suis désolé-- je manque de tact en demandant ça, mais c’est très important :  votre fils est-il à l'étage ou a-t-il disparu ?"

"Il a disparu," admit Lori à regret. "Savez-vous où il est ?"

"Il est avec Lois," la rassura-t-il.

"Avec Lois," dit soudain Elaine, plus sceptique que jamais. "Grand-Mère Lois, qui est morte il y a 20 ans alors que Clark n'était encore qu'un bébé ?"

Clark se mordit la lèvre. Ce n’était pas le moment de s'angoisser avec la vitesse de vieillissement et quoiqu'il ne soit plus exactement un bébé maintenant... Non, attendez, ils doivent parler du mari de Lori qui, apparemment, s’appelait Clark aussi.

"Grand-Mère Lois est morte – êtes-vous en train de me dire que mon bébé est mort ?" Le ton de Lori monta de façon hystérique, interrompant le fil de ses pensées. "C'est ce que vous êtes en train de me dire ? Mon bébé --"

"Non, non, non – il va bien," l'interrompis Clark désespérément. " Il va bien –s’il vous plaît ne pleurez pas!" Il passa ses mains dans ses cheveux, frustré. "Je ne suis pas très doué pour vous expliquer ça, Madame, CJ va bien, nous allons vous le ramener dès que nous le pourrons."

Lori étouffa ses pleurs et Elaine se mordit la langue, chacune tentant de comprendre cet étranger qui leur paraissait si familier et s’exprimait en termes confus. Superman contempla l’étranger et lui dit, "D’accord, expliquez-nous tout cela. Reprenons depuis le début – qui êtes-vous ?"

"Je suis Clark Kent--" il entendit Lori sangloter à ce nom, mais poursuivit -- "fils de Jonathan et Martha Kent-- eh bien, ils m’ont adopté. Mes parents biologiques étaient Jor-El et Lara, de la planète Krypton."

Superman hochait sa tête. "C’est impossible – mon père est mort il y a des années. Comment pourriez-vous être lui ?"

"H.G. Wells m’a ramené du passé pour corriger un événement qui a mal tourné--"

"H.G. Wells?" demanda Elaine.

"Oui."

"L’écrivain."

"Oui."

"Qui est mort il y a plus de cent ans – encore un truc sur les gens morts – quel rapport avez-vous avec tous ces gens décédés ?!?"

"Elaine – laissez-le finir," trancha froidement Superman.

"Pops, tout cela n’a pas de sens !" protesta-t-elle.

"Elaine !"

Elaine fulmina en silence, puis ses yeux s'écarquillèrent quand elle vit Clark se lever de sa chaise, se mettre en tailleur et flotter vers elle à travers la pièce.

"S’il vous plaît, laissez-moi vous aider." demanda-t-il simplement.

Pendant tout ce temps, les yeux de Lori restaient fixes et elle semblait être à la recherche d’un souvenir. "Vous êtes le prince !" s'exclama-t-elle soudain. " Vous êtes ici pour sauver mon Clark !"

Clark ferma et rouvrit les yeux. "Excusez-moi ?"

Lori commença à rire. "Je n’arrive pas à y croire – l’histoire était donc vraie et elle nous concernait Clark et moi !"

Maintenant les trois autres la regardaient. "Je suis désolé, je m'y perds." avoua finalement Clark.

"Mon mari Clark disait que son arrière-grand-père, Grand-Père Clark, lui racontait l'histoire de deux voyageurs temporels, un méchant et un gentil et d'un prince et d'une princesse qui voyageaient eux aussi dans le temps pour sauver un bébé dénommé CJ. C’est en partie pour ça que nous avons appelé notre bébé CJ, parce que Clark a toujours adoré cette histoire – mais nous avons toujours cru que ce n’était qu’une histoire."

Il était une fois, un papa et une maman qui avaient un bébé qu’ils aimaient très très fort. Ils espéraient tant avoir un enfant et quand il vint au monde, ils étaient tellement heureux. Ils l’appelèrent CJ.

Un jour, un méchant voyageur temporel vint chez eux lorsque la maman n’était pas là et il essaya de faire du mal au papa, parce qu’il voulait voler Bébé CJ. Mais alors, un gentil voyageur temporel arriva pour sauver bébé CJ. Il prit Bébé CJ et l’amena au prince et à la princesse qui s’occupèrent du bébé.

Mais le prince et la princesse ne prenaient pas seulement soin de bébé CJ. Ils arrivèrent avec le gentil voyageur temporel et sauvèrent le papa aussi. Ensuite ils tuèrent le méchant voyageur et redonnèrent Bébé CJ à son papa et à sa maman, et ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps.

"Mon père était un conteur fantastique" sourit Superman. Il regarda ensuite dans la direction de Clark qui, pendant l’histoire de Lori, s'était levé et se tenait près d’elle. "Vous êtes vraiment lui, n’est-ce pas ?" Superman se leva et s'avança, des larmes inhabituelles au coin des yeux. "Papa –je n’aurais jamais cru te revoir !"

Clark laissa échapper un rire nerveux, encore un peu ému de voir ce vieil homme qui était – qui serait – son fils. Les hommes s’embrassèrent gauchement, puis Clark se recula un peu. "Je ne suis pas encore habitué à être appelé 'Papa'," dit-il souriant, en hochant la tête.

"Je ne peux pas imaginer t'appeler autrement," l’avertit Superman, "donc j’espère que tu ne vas pas me dire 'Appelle-moi Clark'."

D’accord." sourit Clark.

"Et mon nom est--"

"Arrête ! Ne le dis pas ! Si ça ne te dérange pas... eh bien... je crois que je préfère t'appeler Pops, comme les autres le font." Clark acquiesça en regardant des deux femmes. Il haussa les épaules un peu timidement au regard surpris de Superman. "Il y a quelque chose de spécial à choisir le nom de son enfant – je ne veux pas manquer cela !"

Pops rit un peu. "Tu avais l'habitude de m'appeler Pops quand j’étais gamin – maintenant je sais pourquoi !"

Finalement, Elaine se détendit. "Je me rappelle que vous m'en avez déjà parlé." Elle sourit et se tourna vers Clark. "Je suis désolée de ne pas vous avoir cru – c’est formidable de vous revoir, Grand-Père."

Clark grimaça. "Grand-Père ? Ca c'est un nom que je vais devoir vous faire oublier. Pouvez-vous m’appeler Clark? ou- ou- CK? C’est comme ça que Jimmy me surnomme."

Elaine sourit encore et acquiesça, mais avant qu’elle ne puisse ajouter autre chose, Lori entra dans la conversation. "CK, vous avez dit que mon bébé était avec Grand-Mère... hum... LL?"

Clark se mit à rire, faisant un signe 'comme vous voulez' avec la main et Lori continua, sa voix se brisant dans un soupir. "Et dans l’histoire, le prince sauva le papa de CJ – mais il est déjà mort." Elle lutta pour garder sa voix calme à ces mots qui lui brisaient le cœur.

Clark radiographia brièvement la salle de séjour pour confirmer ce qu’il savait déjà. "Tempus a déjà pris la machine spatio-temporelle --"

"Tempus ?!" s’exclama Pops. "Qu’a-t-il à voir là-dedans?"

"C’est lui le 'méchant voyageur temporel'," expliqua Clark. Il se tourna vers Lori. "C'est lui qui a tué votre mari et a fait accuser H.G. Wells – je crois que vous l’avez appelé Jérémiah?"

"C’est impossible -- Jérémiah est le plus gentil – Qu’est-ce que je dis ?! Vous êtes impossible, mais vous êtes ici." Elle se mit à marcher de long en large, se tortillant les mains. "Il était mon ami – je l’avais invité ici – tout ceci est ma faute ! Clark est mort et tout est de ma faute !"

Pendant qu’Elaine se ruait pour réconforter Lori, Pops se tourna vers Clark. "Tu as dit qu’il avait pris la machine spatio-temporelle," dit-il l'air sombre, "ce qui veut dire que tu es coincé ici et qu’il --?"

Clark haussa les épaules de désespoir et ses yeux s’écarquillèrent en réalisant la situation. "Il se trouve à mon époque, avec Lois," murmura-t-il.

Métropolis, 17 juin 1997, 14h25.

Lois regarda l'homme l'air impassible. "Non," murmura-t-elle. Puis elle regarda le bébé qu’il tenait et se mit tout à coup à rire. "'Non, j’ai raison," déclara-t-elle fermement. "Mon mari n’est pas mort."

"Eh bien, on dit que l’espoir fait vivre, surtout chez les gens galactiquement stupides--" commença l’homme.

"Dans ce cas, vous prenez l'eau ! lui jeta Lois. "Si mon mari était mort, ce bébé aurait disparu -- Duh! Vous n’êtes pas très au courant des paradoxes sur les voyages spatio-temporels, n’est-ce pas ? Alors maintenant, qui est galactiquement stupide ?" Et sur ce, elle se rua sur lui, frappant son épaule inoccupée. Pendant que Martha, qui avait déposé le pistolet, se glissait derrière lui dans le champ de vision de Lois et dégageait le bébé de son emprise.

Les bras soudain libres, l’homme était sur le point d’attaquer Lois lorsqu’elle le gifla et lui donna un coup de genou dans le bas-ventre qui le fit s’écrouler en gémissant.

Au moment où elle s’asseyait sur lui, regardant frénétiquement autour d’elle à la recherche de quelque chose pour l’attacher, une fenêtre temporelle s’ouvrit et une silhouette familière la traversa.

"Andrus ?"

"Oui, mademoiselle Lane. Je suis flatté que vous vous rappeliez de moi."

"Ça ne fait pas si longtemps." L’étranger commença à se débattre, essayant de s’échapper et elle sauta sur lui de tout son poids, lui coupant le souffle encore une fois. "Ne bougez pas !" lui ordonna-t-elle.

"Hmm... non, je suppose que pour vous, ça ne fait pas longtemps," dit Andrus calmement. "Je suis heureux de voir que vous avez réussi à maîtriser Tempus." Il sortit une longue corde et aida Lois à attacher l’homme.

"C’est Tempus?" demanda Lois, incrédule. "Bien, je savais qu’il n’était pas des services sociaux, pas avec ce pistolet." Elle attrapa son prisonnier par les cheveux, ignorant ses protestations et lui tourna la tête pour voir son visage. "Il ne ressemble pas à Tempus," déclara-t-elle, laissant retomber sa tête d'un grand coup sur le sol. "De toute manière, Tempus est encore en prison – c’est la première chose que j’ai vérifié lorsque tout ceci a commencé."

"Oui, bien, cet être est une future version de Tempus. Contre l'avis de certains membres du Conseil Temporel, il a été libéré sur parole à notre époque, surveillé étroitement pour prévenir toute tentative de fuite. Peu après sa libération en 2027, nous l’avons repris et renvoyé dans son époque tout à fait conscients de ne pouvoir le réhabiliter, mais sachant que nous devions laisser l’Histoire suivre son cours."

"Bla, bla, bla," se plaignit Tempus. "Assez de commentaires... pouvons-nous enchaîner ?"

"Hmm... bien, nous avons des choses remettre en ordre avant de procéder à l’extradition."

Métropolis, 6 avril 2079, 22h25.

"Qu’est-ce qui te fait croire que Tempus soit à ton époque ?" demanda Pops.

Clark se tourna vers Lori. "Dans l’histoire, vous avez dit que le prince et la princesse voyageaient dans le temps ?"

"Oui...?" Lori semblait surprise.

"Alors Lois devrait arriver dans la machine spatio-temporelle d’une minute à l’autre--" le sol commença à vibrer-- "maintenant."

Une seconde plus tard, un effet bizarre d’ondulation secoua le sol du salon et la machine spatio-temporelle se matérialisa. Clark et Pops regardèrent au travers du mur pendant que Lois débarquait, suivie par Andrus.

"Par ici, Lois," l’appela Clark.

Lois tourbillonna au son de sa voix et se rua dans la cuisine. "Clark !" cria-t-elle en pleurant, se jetant dans ses bras. "Tempus a tenté de me convaincre que tu étais mort," soupira-t-elle entre leurs baisers, "mais je savais que ce n'était pas vrai – je le savais!"

"Il a essayé," tenta de répondre Clark, mais un léger sanglot l’interrompit.

"Je veux mon mari !" dit Lori qui pleurait sur l’épaule d’Elaine.

Lois se tourna vers la voix et traversa la pièce à pas rapides. "Vous devez être la mère de CJ," dit-elle doucement.

L’autre femme acquiesça. "Est-ce qu'il va bien ?" demanda-t-elle en pleurs.

"Il va bien," la rassura Lois. "Je l’ai laissé avec les parents de Clark – il est terrible !!"

Malgré elle, Lori sourit un peu. "Il sait aussi hurler, quand il veut."

"Ne m'en parlez pas," répondit Lois.

Avant qu’elle ne puisse poursuivre, une main timide et inconnue se posa sur son épaule, attirant son attention. Elle fit face à l’homme dans le costume de Superman, surprise en réalisant qui il pouvait être.

"Maman ?" demanda-t-il.

Elle éclata soudain de rire. "Mon vieux, voilà la bien la question la plus hallucinante que j'ai jamais entendu !" Son rire contagieux brisa la glace et tout le monde se détendit un peu. Elle leva la main pour replacer une mèche de cheveux récalcitrante tombée sur son front, sentant que même s'ils venaient tout juste de faire connaissance elle le connaissait déjà. "J’ai l’impression que je vais adorer être ta mère."

Rempli d’émotion, Pops la serra dans ses bras. "Oh, Maman, tu m’as manqué !"

Après un moment, Lois se recula lui tapotant le bras en se frottant les yeux. "Ça suffit," dit-elle sur un ton bourru. "Nous avons du travail." Elle se pencha et prit sa main, la regardant pour l’inspecter.

"Lois, que fais-tu ?" demanda Clark étonné.

"Je compte ses doigts. Et après je compterai ses orteils." Elle sourit effrontément. "N’est-ce pas ce que font les nouvelles mères ?"

"Maman !" protesta Pops en riant.

"D’accord, d’accord, j'arrête. De plus, j'ai entendu dire que 'je me débrouille toujours pour affronter la mort à chaque coin de rue' " grimaça-t-elle à la description inamicale, "c’est peut-être ma seule chance de vous connaître tous – spécialement vous," ajouta-t-elle, indiquant Lori. "Ne perdons pas notre temps en sottises."

Andrus avait regardé toute la scène silencieusement de l’embrasure de la porte du salon. Il gardait une main ferme sur la corde qui attachait les mains de Tempus, évitant qu’il n'essaye de se libérer. Alors, il s’éclaircit la gorge et prit la parole. "C’est mieux de ne pas trop en dire," prévint-il. "Vous ne voudriez pas altérer votre futur en sachant trop de choses sur le passé. Ou est-ce votre... passé... non...?" Et il baissa la voix confus avec une moue dubitative.

Lois leva les yeux au ciel. "Avec cet homme, parfois, je me demande. " murmura-t-elle.

Pops lui tapota le bras, souriant. "En réalité, il a probablement raison, du moins de ne pas en révéler trop. Papa a déjà dit qu’il ne voulait pas connaître mon nom, pour que toi et lui ayez le plaisir de le choisir par vous-même. Je dois juste vous faire confiance de bien le choisir..." soupira-t-il l'air mi-moqueur et mi-désespéré. Pendant que Lois s’esclaffait, il continua, "Et tu auras tout ton temps pour me connaître. Tu as arrêté 'd'affronter la mort…' -- oh, une bonne vingtaine d’années avant que tu -- bien, avant que toi et Papa... ne mourriez." Il regarda au loin, fixant une photographie sur le mur.

Tandis que Lois suivait son regard, Elaine se fit entendre. "Mon vieux, ça a été un sacré choc," dit-elle. "Vous perdre tous les deux comme ça, à une semaine d’intervalle."

Lois se dirigea lentement vers la photo, se reconnaissant avec son époux comme l'élégant couple âgé de la photo. Elle se retourna vers lui, ses yeux se remplirent de larmes tout en souriant et il traversa la pièce pour la prendre dans ses bras.

"On s'est fait du souci pour rien," soupira-t-il dans ses cheveux. "Des vies virtuellement identiques, vieillissant au même rythme." Il se rendit soudain compte que les autres le fixaient étonnés, il fit leur fit signe que ce n'était rien. "C’est juste quelque chose que… on se demandait" dit il vaguement. Et Lois le serra un peu plus fort, heureuse qu’il n’ait pas envie d'aborder le sujet.

Et puis… elle se tourna vers Andrus, le tirant de sa rêverie. "Vraiment, je suis très surprise que vous n’ayez pas encore dit 'non, ne leur dites pas ça !' Vous nous avez toujours coupé la parole avant quand ça devenait... Eh bien… trop révélateur."

Andrus sourit gentiment. "Le futur est une chose fragile, mademoiselle Lane," raconta-t-il. "Toujours bougeant, toujours changeant."

Clark acquiesça. "Tempus aurait ainsi pu réussir à me tuer plus tôt... euh... j' veux dire, plus tard... ou--" Il soupira. "Vous voyez ce que je veux dire."

"Donc vous dites que nous sommes en train de voir une version de notre futur ?" demanda Lois. "Ce n’est pas nécessairement la manière dont les événements vont se dérouler ?"

"Quelque chose comme ça," dit Andrus.

"Eh bien, c’est certainement la version que je préfère," déclara-t-elle fermement.

"J’aurais aimé que Charlie et les autres puissent se libérer de la Conférence, risqua Elaine. "Ils auraient adoré vous voir."

"Charlie ?" demanda Lois.

"Mon mari," dit Elaine, souriant. "Votre petit-fils."

Sentant que cette scène allait rapidement devenir une réunion familiale importante, Andrus reprit à nouveau la parole. "J’ai cru comprendre que H.G. Wells avait été emprisonné pour le crime commis par Tempus," dit-il. "Nous pouvons commencer par nous arranger pour le faire libérer. Ensuite, nous allons devoir remonter le temps de quelques heures et trouver une manière d’éviter que ce meurtre ne se produise."

"Vous pouvez faire cela ?" s’emballa Lori, osant à peine espérer.

"Oh, Oui," lui assura Andrus. "En fait, c’est absolument crucial, quoique --"

"En réalité," l'interrompit Lois doucement, "J’ai une idée de la façon de prendre les choses en main arrivés là-bas." Elle exposa son plan et tout le monde trouva que l'idée était bonne. Tout le monde, en effet, sauf Lori.

"Oh, c’est un bon plan," admit Lori. "Mais je viens avec vous."

"Lori, on ne sait pas si çà va marcher--" Clark ignora le coup de coude dans les côtes de sa femme et continua d’exposer sa théorie, "Ça serait très difficile pour vous de voir votre époux mourir si nous ne pouvons pas parer le coup."

"Clark, c’est de mon mari dont nous parlons – ma vie." Lori s’approcha plus près, regardant de Lois à Clark et inversement. "Je dois y aller – je dois vous aider – je ne peux pas rester assise ici !"

"Laisse tomber, chéri," souffla Lois. "Il semble que notre arrière-petit-fils a épousé une femme aussi-"

"Tête de mule ?"

"J’allais plutôt dire volontaire, tout comme moi," déclara Lois, piquant son mari une autre fois.

"Oui, chérie." Clark fit un clin d’œil à Pops, puis murmura, "Les deux mots les plus importants qu'un homme marié doit connaître sont -- 'oui, chérie'."

"Sois sage ou je te laisse ici," le menaça Lois, tendant la main et l’embrassant pour ne pas que les autres pensent qu’elle était sérieuse. "Et alors, comment serais-tu, huh ?"

"Seul," déclara Clark, lui rendant son baiser. "Je vais être sage!"

Métropolis, 6 avril 2079, 20h45.

De retour à la partie, Clark semblait redouter quelque chose et était perdu dans ses pensées. Après avoir regardé Clark fixer l'échiquier pendant quelques minutes, Jérémiah brisa le silence.

"Est-ce que tout va bien ?"

Ne voulant pas montrer son inquiétude au sujet d’Eva jusqu’à ce que cela soit absolument nécessaire, Clark leva la tête et sourit poliment." Oui, tout va bien". Avançant sa reine pour menacer le roi de Jérémiah, il annonça " Échec."

Jérémiah balaya l'échiquier du regard, cherchant son prochain coup, afin de trouver la défense appropriée à cette attaque. Il allait fouiller dans sa poche quand Lori entra soudain dans la pièce. "C'est ça que vous cherchez, Jérémiah?" demanda-t-elle froidement, lui montrant la petite boîte qu’elle avait confisquée au Tempus du futur. Son contenu mortel avait été retiré avant qu’ils ne remontent le temps.

Jérémiah la fixa, sous l’effet de surprise, puis remit la main dans sa poche toujours vide.

"Ou peut-être ça, Tempus?" lança Lois qui était derrière lui, tenant la boîte qu’elle avait subtilisée de sa poche quelques secondes plus tôt.

Tempus pivota, se battant pour garder une contenance alors que son plan s'écroulait. "Je… je… je ne sais pas de quoi vous parlez," bégaya-t-il. "Je n'en ai aucune idée--"

"Laissez tomber, Tempus," dit Clark (l’original) traversant la pièce. "C’est fini."

Clark (l’arrière-petit-fils) se leva, regardant avec confusion les nouveaux arrivants. Il se concentra finalement sur sa femme qui tentait éperdument de retenir ses larmes pendant qu’elle l'observait. "Lori, que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui ne va pas ?" Il se précipita à ses côtés et l’enveloppa de ses bras. "Chut… chut… ne pleure pas, mon amour."

Il se tourna vers les autres. Andrus et H.G. Wells étaient entrés dans la pièce et attachaient Tempus. "Quelqu’un pourrait-il me dire ce qui se passe ? Lori, qui sont ces gens ? Pourquoi attachent-ils Jérémiah ?"

Avant que quiconque ne puisse lui répondre, Tempus regarda Clark droit dans les yeux et cria, "Superman! Aidez-moi ! Je crois qu’ils veulent me tuer !"

Clark se tendit, essayant de trouver un moyen pour aider son ami et profitant de ce moment d’hésitation, CK se changea rapidement en Superman et se plaça aux côtés de Clark.

"Bien, bien," dit Superman d’une voix traînante. "L’homme qui a dévoué sa vie à détruire Superman a soudainement besoin de son aide." Il se tourna vers Clark, laissant de côté son ton sarcastique et parla d’une voix suppliante. "Regardez-le," ordonna-t-il. "Regardez-le dans les yeux et dites-moi ce que vous voyez."

Pendant un long moment, Clark observa Superman d’une manière presque incompréhensible. Il se tourna ensuite vers son partenaire d’échecs et sembla comparer ce qu’il avait vu dans les yeux de Superman avec ce qu’il voyait dans les yeux de Tempus. Pendant que Tempus se tortillait sous ses yeux, Clark se mit à regarder ailleurs. Tempus commença à se débattre furieusement, paraissant bien déterminé à pouvoir le confronter et le dominer. Clark, étant légèrement plus près, aida à le maintenir pendant qu’Andrus lui administrait un sédatif.

Les derniers lambeaux du masque de civilité et d’innocence que revêtait Tempus fondirent comme neige au soleil. Un autre regard apparut, celui de la rage pure. "NON !" cria-t-il, puis le sédatif fit son effet et il s’écroula sur le sol.

Clark se tourna vers Superman. "Je ne crois pas être en mesure de le décrire, mais il n’était pas ce que je croyais qu’il était. Je ne sais pas comment je le sais, mais il n’est pas... un ami. J’ai cru pendant un moment que ce n’était que de la compétition, à cause de la partie d’échecs, mais c’est plus que cela. C’est quelque chose de... démoniaque... comme je l’ai dit – c’est difficile à décrire."

Comme il disait ces mots, Lori s’évanouit dans le néant. "Lori ? Lori !" pleura-t-il. Il se changea en Superman. "Où est-elle allée ? Qu’est-il arrivé à ma femme ?!?!"

"Cette Lori venait du futur," lui répondit H.G. Wells. "Votre veuve Lori, d'un futur dans lequel Jérémiah ou Tempus, c'est en fait son véritable nom, a réussi à vous assassiner. Une fois que vous avez reconnu qu'il représentait un danger pour vous, la possibilité de vous tuer s’est évaporée, du moins pour l'instant, et par conséquent Lori a cessé d’exister."

Superman regarda à travers de la porte d’entrée. "Votre Lori, en revanche, qui ne sait pas ce qui est arrivé, est debout sur le trottoir en face de la maison avec votre mère," ajouta-t-il, en grimaçant, "ce qui veut dire que je vais devoir la convaincre à nouveau."

"Et vous ? Qui êtes-vous ?"

Superman y pensait depuis un moment et dit avec un immense sourire, "Je suis, hum, le prince qui a voyagé dans le temps pour vous sauver et assurer la sécurité de Bébé CJ."

Les yeux de Clark s'écarquillèrent. "L’histoire était vraie ?"

"L’histoire était vraie. Ai-je bien fait de te la raconter quand tu étais petit garçon ?"

C’était une révélation de trop pour Clark, il chancela et s'appuya sur une chaise pour se tenir. "Grand-Père ?" murmura-t-il. Puis, il cria, "Grand-Père !!" mettant ses bras autour du cou de l’autre homme. Et puis aussi vite, il les retira. "Mais tu es mort !" s’exclama-t-il. "Suis-je mort moi aussi ?"

"Tu n'as pas l'air mort, pour moi," dit Lori qui entrait dans la pièce, Elaine juste derrière elle. Voyant son mari se tenir près de Superman, elle s'arrêta et sursauta. Après un moment, elle s’approcha, hésitante, observant les deux hommes. Clignant des yeux, elle fixa son mari et hasarda une question "Tu as un frère jumeau et… tu as simplement oublié de me le dire ?"

"Pas à ce que je sache," interrompit Elaine. Elle se figea, les bras croisés, fixant Superman. "Alors, qui êtes-vous ?" demanda-t-elle.

"C’est Grand-Père," dit Clark, avant que Superman ne puisse répondre. "Est-ce que Grand-Mère est venue aussi ?" demanda-t-il, un peu à la manière d’un enfant émerveillé avec un regard brillant.

Superman montra Lois.

"Grand-Père ? Grand Mère ?" demanda Elaine. "De quoi parles-tu ?"

" Grand Mère," soupira Clark, traversant la pièce pour aller rejoindre Lois.

"Tu commences à te sentir vieux ?" demanda Lois à Superman, tout en retournant sa caresse à Clark.

"Je commence à penser que nous allons avoir une famille merveilleusement heureuse." Il lui sourit.

Pendant ce temps, Lori avait remarqué Tempus sur le sol et se précipitait à ses côtés. "Qu’arrive-t-il à Jérémiah ?" demanda-t-elle. Elle regarda Andrus et H.G. Wells qui se tenaient tous deux à ses côtés. "Qui êtes-vous ? Pourquoi ne l’aidez-vous pas ? il est blessé --"Puis elle réalisa soudain, "--et ses mains sont attachées ! Qu’est-ce qui se passe ?"

Elaine était fatiguée d’être ignorée. "Clark Kent, viens ici tout de suite et explique-moi ce qui se passe ici." Lori sourit presque quand elle vit son mari se faire gronder par sa mère, comme un enfant rebelle de 10 ans, mais elle était encore trop perturbée à la vue de 'Jérémiah' attaché sur le sol, apparemment gardé par deux étrangers qui s'amusaient drôlement de la situation.

Superman avait commencé à répondre, après tout, c'était aussi son nom puis il se ravisa. "Pendant que tu leur expliques, je vais me glisser dans quelque chose de plus confortable," annonça-t-il. "Excusez-moi." Puis il tourbillonna réapparaissant revêtu de son jeans et de son tee-shirt. Un instant plus tard, pendant qu’il remettait ses lunettes, on le distinguait à peine de son arrière-petit-fils. Et tandis que les femmes se trouvant dans la pièce s'émerveillaient de ce prodige, les deux Superman relevèrent la tête, sur le qui vive. Ne formant qu’un, il volèrent jusqu’à la fenêtre du salon – l'un d'eux l'ouvrit et l’autre attrapa par le col le photographe qui se cachait dans les buissons.

Clark Kent (Lois ne pouvait pas dire lequel) agrippa le jeune homme et le leva  à quelques centimètres du sol. "Qui vous a envoyé ?" demanda-t-il sur un ton féroce. Et, se rappelant une scène similaire, Lois sut que c’était son mari qui parlait.

"Personne," bégaya le photographe, apeuré.

"Hé – je vous connais," s’exclama l’autre Clark. "Vous êtes ce nouveau gosse dont Pops me parlait l’autre jour. Pose-le par terre, Grand-Père,  c’est bon. Quel est votre nom, déjà ?"

"Tommy," répondit le jeune homme, tremblant encore un peu quand ses pieds touchèrent finalement le sol.

"Que faisiez-vous devant cette fenêtre ?" grogna son assaillant.

"Je cherchais un article." Tommy semblait reprendre confiance. "Mon grand-père était le meilleur photographe que le Daily Planet ait jamais eu et il a écrit un petit mot – il m’a dit que si je venais ici ce soir, je pourrais couvrir la plus grande histoire de ma carrière – et je l’ai eu -- wow!!!"

CK se tourna vers son arrière-petit-fils. "Tu vas devoir demander à Pops de stopper cette histoire," murmura-t-il avec urgence.

Le jeune Clark le regarda pensivement. "Oh, je ne sais pas. Le monde a beaucoup changé, Grand-Père. Peut-être que le moment est venu pour les gens de rencontrer l’homme – ou les hommes – derrière Superman."

"QUOI !?" s’exclama Lois. "Tu ne peux pas faire ça ! Tu feras de ta femme et de votre enfant des cibles de choix pour tous les filous là dehors!"

"Il n’y a plus autant de filous qu’avant, Grand-Mère," dit doucement Lori, s’approchant de son mari. "Superman a eu un effet bénéfique sur les gens de Métropolis et du monde."

"Un président de votre temps a déjà prôné une Amérique 'plus juste et douce' dit Clark, entourant ses bras autour des épaules de Lori. "De plusieurs manières, nous vivons dans un monde meilleur. Je ne peux imaginer ce que la vie peut être pour vous, toujours en train de jongler avec..." Il regarda Tempus, réalisant soudain que même sous sédatifs et très bien attaché, il tentait de ramper vers la porte.

CK soupira bruyamment. "Mon vieux, vous n’abandonnez jamais, pas vrai ?" Il se releva et alla se placer devant homme, lui bloquant le chemin. CK se pencha et agrippa l’arrière de la ceinture de Tempus, le levant comme une valise de voyage. "Je t'envie," dit-il à Clark, ignorant les rires de Lois à la façon dont il tenait Tempus. "Ça doit être agréable d’avoir affaire à – quoi ? Des catastrophes naturelles ? Des chatons dans les arbres ?"

Clark étouffa un rire. "Bien, nous avons encore des crimes," admit-il. "Mais la plupart de ses crimes sont non-violents – des fraudes, hum... du vol électronique... Les sortes de choses pour lesquelles Pops se bat au Daily Planet, il est plus efficace là-bas que je ne peux l’être dans le costume.

Lori regarda tendrement son époux. "Tu sais que cela règlerait ton problème de poser ta candidature," commanda-t-elle.

"Quel est le problème ?" demanda Lois.

"Les gens ont commencé à suggérer que Superman pose sa candidature comme Président," dit Clark, souriant, mais un peu embarrassé.

"Oh, c’était dingue !" glissa Elaine. "Il y avait des macarons et des autocollants partout où l’on pouvait lire -- 'SUPERMAN PRÉSIDENT!' – il aurait gagné haut la main."

"Mais la Constitution dit que le Président doit être né aux États-Unis, et tout le monde sait que Superman vient de Krypton..." finit Clark.

"Mais vous n’êtes pas de Krypton, je le suis," protesta CK.

"Oui, mais ils ne le savent pas. Et le Dr.Clark Kent, professeur à l’université de Métropolis, n’a pas la popularité nationale que Superman possède pour être élu."

Tommy avait tout écrit silencieusement. "Alors, où êtes-vous né ?" demanda-t-il.

Clark se tourna, et commença – il avait momentanément oublié la présence de leur visiteur. "Je suis né à Smallville, dans le Kansas," dit-il. "Je suis un Américain de troisième génération." Il pensa à ce qu’il venait de dire, puis rit. "Disons plutôt Krypto-Américain!"

CK se tourna vers Lois, souriant. "Eh bien, chérie, que dirais-tu de partir pour le Kansas pour avoir notre bébé ?"

"C’est quelque chose dont nous devrons parler, chéri," rétorqua-t-elle. "Dès que nous trouverons la manière de faire un bébé."

Clark regarda l’un, puis l’autre. "Vous n’avez pas encore trouvé votre cycle, pas vrai ?" demanda-t-il sur un ton compatissant. "Ça a pris à Lori et moi des lunes --"

"Cycle?" demanda CK. "J’ai un cycle ?"

Pendant que Clark acquiesçait, Andrus les interrompit. "Je suis désolé – je dois réellement insister sur le fait que vous ne devez pas dévoiler plus de choses sur le sujet, M. Kent," dit-il fermement. "J’ai peur que davantage de révélations futures n'affectent le cours du temps, au lieu de seulement replacer les choses comme elles doivent l’être."

"Pardonnez-moi ?" s’exclama Lois. "Qu’est-il arrivé à la phrase 'le futur est une chose fragile, mademoiselle Lane'?"

"Vous avez bien dit que cette version du futur était celle que vous préfériez, n’est-ce pas ?" demanda Andrus, la lueur dans ses yeux trahissant la sévérité de sa voix.

"Bien... oui..." dit Lois.

"De toute manière," dit H.G. Wells, "La décision de savoir où 'Pops' naîtra ne se fera pas avant longtemps – il est, après tout, le plus jeune de vos enfants." Ses yeux brillaient de malice.

"Le plus jeune ?" fit Lois en écho, incrédule.

"De nos enfants – au pluriel ?" demanda CK, agréablement surpris.

"Combien d’enfants ?" demanda suspicieusement Lois.

H.G. pointa un doigt en leur direction. "Non, non, non, ce serait vous en dire trop ! Mais vous avez raison sur une chose, M. Kent, vous allez fonder une merveilleuse famille." Pendant qu’ils s’approchaient pour s’étreindre, H.G.Wells prit sa montre gousset et la regarda. "Bien, je crois qu'il est le temps pour nous de repartir et de vous rendre CJ," dit-il.

"Nous rendre CJ ?" demanda Lori, soudain suspicieuse. "De quoi parlez-vous ? Clark, de quoi parlent-ils ?"

"Chut, chut," la réconforta Clark. "Tu étais en train de demander quelque chose au sujet de Jérémiah."

"Je ne --"

"Jérémiah allait essayer de nous voler CJ."

"Non !"

"Tout va bien – ils l’ont arrêté." Clark montra Andrus et H.G. Wells et dit, "En, réalité, c'est Grand-Mère, et --" il s’arrêta, ne voulant pas lui révéler la tentative de meurtre qu’ils avaient réussi à arrêter – pourquoi la blesser en la mettant au courant?

"Ta femme a le droit de connaître toute l’histoire," lui dit doucement son arrière-grand-père.

Clark fixa CK, puis acquiesça. "Tu as raison."

"Quand j’aurai jeté un coup d'œil sur CJ," insista Lori, se tournant vers la porte. Une main sur son bras l’en empêcha.

"Il n’est pas là-haut," dit Lois. "H.G. Wells l’a amené à notre époque pour sa sécurité. C’est ce qu’il voulait dire quand il parlait d’aller le récupérer."

"Mais vous êtes ici – qui prend soin de lui?"

"Les meilleurs parents du monde," dit CK, souriant. "Les miens."

Lori regarda CK pendant un instant, puis quelque chose sembla se mettre en place dans sa tête. "Vous êtes le prince et la princesse," elle regarda ensuite dans la direction de son mari, "de l’histoire d'après laquelle nous avons nommé CJ." Clark acquiesça, comme pour confirmer ce qui venait d’être dit. Elle se tourna ensuite vers H.G. Wells. "Et vous êtes le gentil voyageur temporel – wow ! H.G. Wells !"

Il sourit et se courba un peu. "À votre service, madame."

Lori regarda finalement 'Jérémiah'. "Alors, il reste le rôle du méchant voyageur temporel, ce doit être vous, je suppose. Je vous ai fait confiance – je vous ai invité chez moi --" Ses mots la trahirent et elle retourna dans les bras de son mari, reposant sa tête sur son épaule. Puis elle réalisa autre chose aussi. "Eva!" s’exclama-t-elle. "Il a pris la place d’Eva--  l’a-t-il--?" Le regard dans les yeux de son mari confirma ses pires craintes concernant son amie. "Oh, non... non !" Elle tomba dans ses bras en sanglotant.

"Je suis désolé, chérie," soupira-t-il. "Je l’ai appris ce soir." Une pensée le frappa soudain et il se tourna à H.G. Wells. "Pouvez-vous retourner dans le temps et la sauver elle aussi ?" demanda-t-il.

Lori le regarda, les yeux brillants d'espoir tandis qu’H.G. Wells acquiesçait, puis il se tut quand Andrus hocha la tête.

"Il le pourrait," dit Andrus, "mais ça ne donnerait rien de bon. C’est la seule chose que Tempus n’ait pas trop altéré – s’il l’avait laissée tranquille, elle aurait été tuée quelques instants plus tard, renversée par une voiture – elle aurait apparemment traversé la rue sans regarder et se serait carrément jetée dessous."

"Oh, Eva," pleura Lori, enfonçant sa tête dans l’épaule de son époux.

Les autres observaient la scène en silence pendant que le jeune couple faisait le deuil de son amie. Après un moment, Andrus activa la fenêtre temporelle et CK l’aida à y installer Tempus, encore solidement attaché. "Le meurtre d’Eva demeurera non résolu pendant plusieurs années, mais heureusement, même à notre époque, il n’y a pas de mise en liberté pour ces gens qui ont commis des meurtres. Il va être poursuivi et gardé là où nous pourrons le surveiller très étroitement, à partir de maintenant." Il serra les mains de ceux qui l’entouraient et partit.

H.G. Wells tapota l’épaule de CK. "Peut-être qu’en allant chercher CJ tout de suite, ça pourrait aider à consoler un peu leur peine." murmura-t-il et CK acquiesça.

Métropolis, 17 juin 1997, 16h00.

"Nous avons vérifié avec Lucy Lane, elle persiste à dire qu'elle n'a pas d'enfant," dit Nancy LeClaire. Elle essayait de contourner Jonathan Kent, toujours sur la défensive entre elle et Martha qui tenait CJ. "Puisqu’il n’est pas ce que madame Kent a prétendu qu’il était --"

"Son nom est Lane, pas Kent et vous ne prendrez pas ce bébé !" déclara Martha.

C’est à ce moment précis que le plancher commença à trembler.

"Qu’est-ce que --?" Les yeux de Nancy s’agrandirent alors que la machine spatio-temporelle se matérialisait devant elle.

Lois bondit hors de l’engin où elle avait pris place à côté de Clark et atterrit presque sur Martha, qui lui tendait les bras pour récupérer CJ. "Bonjour, bébé," gazouilla-t-elle. "Es-tu prêt à retourner à la maison pour voir ta maman ?"

Prenant avantage de la distraction des autres, Nancy tenta de se glisser et de prendre l’enfant pendant qu’il passait des bras de Martha à ceux de Lois. "Mentir aux Services Sociaux est une infraction fédérale, mademoiselle Lane," dit-elle, en attrapant le bras de CJ.

Lois essaya de frapper la main de la femme pour qu’elle l’enlève. "Vous ! Que faites-vous ici ?"

"Je fais mon travail," insista Nancy. "Cet enfant n’est pas celui de votre sœur et ceci n’est pas une famille d’adoption reconnue – j’ai un ordre temporaire de la Cour qui donne la garde de cet enfant à l’État jusqu’à ce qu’il puisse être remis à ses parents."

"Ce que nous sommes actuellement en train de faire." Un long bras recouvert de spandex bleu retint gentiment mais fermement Nancy loin de Lois.

"Superman!" soupira-t-elle.

"Nous avons identifié les parents de cet enfant," assura-t-il à Nancy tranquillement, "et nous sommes sur le point de le ramener à l'instant." Il l’accompagna vers la porte. "J’apprécie vraiment votre dévouement et votre travail," dit-il, d'un sourire chaleureux.

Nancy fondit, étourdie, se comportant comme une écolière. "Je – je - merci--" bégaya-t-elle.

"Je suis certain que vous avez beaucoup de documents à remplir pour annuler l’ordre temporaire de la cour," continua-t-il avec gentillesse. "Si vous m'y autorisez, je vais veiller personnellement à ce que le bébé soit remis à ses parents, cela vous fera économiser beaucoup de temps et de tracas."

Elle acquiesça, clignant des yeux, essayant de regagner un semblant d’attitude professionnelle. "Bien sûr – merci à vous, Superman. Si cela ne vous dérange pas --?"

Il hocha la tête, toujours souriant "Pas de problème – je serais très heureux de vous aider."

"Je vais m’occuper des formalités cet après-midi, alors." Elle se dirigea vers la porte, puis se retourna vivement. "Superman, seriez-vous libre pour dîner ce soir ?"

Métropolis, 6 avril 2079, 21h.

"Elle a du culot !" dit Lois pendant qu’ils émergeaient à nouveau dans le futur. "Debout dans mon salon, en train d’inviter mon mari !"

CK lui sourit pendant qu’elle s’asseyait sur ses genoux, le bébé dans ses bras. "Oui, elle était presque aussi perspicace que tu l’étais !"

"CJ !" cria Lori, se ruant vers la machine spatio-temporelle. Elle arracha pratiquement son bébé des bras de Lois.

Lois paraissait un peu désappointée par ce que son arrière-petit-fils lui avait fait comprendre. Elle baissa légèrement les épaules, essayant de ne pas avoir l'air d'être affectée par le retour du bébé à ses parents. Remarquant son changement d’humeur, CK se plaça derrière elle, l’entourant de ses bras.

"Prête pour le retour à la maison ?" demanda-t-il.

"Oui," soupira-t-elle, la voix un peu rauque. Elle se dirigea vers Elaine et Lori, qui jacassaient autour de CJ. "Prenez bien soin de lui," dit-elle, ses yeux se remplissant de larmes.

Lori retourna CJ pour libérer son bras, ne voulant pas le lâcher complètement. "Merci, Grand-Mère," dit-elle, en serrant Lois contre elle. "Merci d’avoir pris soin de mon bébé."

"Ce fut un plaisir," dit Lois, entourant Lori de ses bras. Elle déposa un baiser sur la tête duvetée de CJ, le regardant tandis qu’il s’endormait dans les bras de sa mère, en toute sécurité. "Ça a été un plaisir de te rencontrer, CJ," soupira-t-elle, déposant un léger baiser sur sa joue. "Tu vas me manquer."

Elaine se recula, la regardant. "Je ne suis toujours pas certaine de votre identité," dit-elle finalement, "mais je crois que je devrais vous remercier pour-- mince alors, je ne sais même pas pourquoi je devrais vous remercier !"

Lois rit de bon cœur. "Clark vous expliquera tout cela quand nous serons partis," dit-elle. "Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Elaine. Je suis heureuse d’avoir rencontré mes... descendants – Ha ! – ils ont le goût des femmes spéciales ! Ce n’est pas facile d’être la femme de Superman, pas vrai ?"

Elaine s’adoucit un peu en voyant le regard compatissant de l’autre femme devant elle. "C’est devenu plus facile," dit-elle, "surtout quand le costume passe à la génération suivante."

"Je crois que je vais attendre ça avec impatience," dit Lois, souriante. Elle s’approcha timidement d’Elaine et la serra contre elle, celle-ci lui retourna son geste d'une manière toute aussi hésitante. Finalement Lois se tourna vers Clark qui serrait la main de cet arrière-petit-fils qui lui ressemblait tant.

"Grand-Mère, c’était si bon de te revoir." dit il, la prenant dans ses bras.

Pour une fois, Lois ne savait pas quoi dire. Elle serra son arrière-petit-fils avec ferveur, puis se tourna vers CK qui faisait ses adieux aux autres.

CK était trop ému pour parler. Il prit Lori et le bébé dans ses bras, embrassa Elaine sur la joue, puis donna une autre accolade à Clark. "Tu es un homme bien, Clark Kent," dit-il enfin.

"J’ai eu de bons modèles," dit simplement Clark.

Le flash du photographe attira l’attention de tout le monde. "Est-ce que je peux avoir une photo de groupe avant que vous ne partiez ?" supplia Tommy.

Tout en riant, ils posèrent pour lui, ils prirent plusieurs photos. Soudain, Lois dit, "Attendez une minute – comment avez-vous dit que vous saviez que vous deviez venir ici ce soir ?"

"Mon grand-père me l’a dit," dit Tommy. Il se mit à fouiller dans le sac de son appareil photo et en sortit une enveloppe jaunie avec les mots "Jimmy Olsen – ne pas livrer avant le 6 avril 2079, portant distinctement l’écriture de Superman.

CK la regarda un instant, puis sourit à sa femme et la rendit au jeune homme. "Bien," dit-il, "Je crois que si Superman l’a donné au service courrier du Daily Planet, nous pouvons raisonnablement croire que ça ne sera pas lu ou ouvert avant la date fixée."

Il alla s’asseoir dans la machine spatio-temporelle, attirant Lois à lui et H.G. Wells grimpa à ses côtés. Pendant que la machine se mettait en marche, Lois et Clark jetèrent un dernier regard à leurs descendants, faisant au revoir de la main en disant, "Au revoir ! Prenez soin de vous !"

Métropolis, 17 juin 1997, 16h05.

"Alors, que va-t-il leur arriver, maintenant ?" Encore une fois, Lois parlait pendant qu’ils traversaient le temps.

"Maintenant Tommy va écrire son histoire et ce sera la naissance d'Utopia" répondit H.G. Wells. "Ironique, n’est-ce pas ? Tempus a agi comme catalyseur pour créer la seule et unique chose qu’il voulait détruire."

"Que voulez-vous dire ?" demanda Clark, aidant Lois à se lever de ses genoux.

"Bien, si Tempus n'avait pas essayé de tuer Clark... l’autre Clark... vous n’auriez pas eu besoin de remonter dans le temps et il ne se serait rien passé, aucun des événements auxquels le photographe devait assister. Ils auraient peut-être continué à vivre ainsi indéfiniment. Mais maintenant --", il fouilla dans la poche intérieure de son manteau et en sortit un journal. La première page était titrée "LA VÉRITABLE IDENTITÉ DE SUPERMAN ", et dessous se trouvaient des photos de Superman se transformant en Clark.

"Alors, est-il élu président ?" demanda Lois.

"Qui ?" demanda Martha.

H.G.Wells ne fit que sourire, reprit le journal et se rassit sur le siège de sa machine. "Au revoir, mademoiselle Lane, M. Kent." Il pencha la tête en direction de Martha et de Jonathan. "M. et Madame Kent." Il toucha du doigt le bord son chapeau et disparut dans un rayon de lumière.

Lois poussa un léger soupir, puis se tourna vers son mari, la contrariété de son regard laissant place à un clin d'oeil. "Un cycle, hein ?"

Il lui rendit son sourire. "C’est ce qu’il a dit."

Lois regarda ses beaux-parents. "Martha, Jonathan, pourriez-vous nous excuser un moment ? Clark et moi avons des... recherches à faire."

FIN

Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997)