Retour vers le passé PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 3
MauvaisTrès bien 

Saison 5, Episode Un

Par Barbara
Avec l'assistance de Peace pour le script
Édité par Diane Levitan

Version française de


(traduction par Chantal Martineau)

 


Métropolis, 15 juin 1997, 1 heure du matin

Lois et Clark avaient espéré qu'une fois mariés, installés dans leur nouvelle maison, ils pourraient "prendre racine" comme le disait Clark, avoir enfin une vie normale. Ils voulaient fonder une famille, s'investir dans l'association des parents d'élèves et le Club de base-ball des juniors, être juste 'Monsieur et Madame tout le monde'. Mais normal pour Lois et Clark signifiait aussi être toujours la meilleure équipe de reporters du Daily Planet, ce qui les maintenait sur le qui-vive à chaque heure du jour et de la nuit et les amenait à déjouer les plans des plus abominables criminels de la Terre. Et bien sûr, normal signifiait aussi garder secrète la véritable identité de Clark pour le reste du Monde. Et puis, il y avait la question de savoir s'ils pouvaient ou non concevoir un enfant. D'accord, normal était un terme très relatif.

Au moins, ils devaient savoir s'ils pouvaient ou non avoir un enfant. Ils avaient demandé au Docteur Klein d'effectuer des tests et avaient même envisagé d'entamer une procédure d'adoption. Tout ça semblait être un plan logique. Une nouvelle étape logique pour une vie normale. Alors pourquoi le sort semblait-il s'acharner sur eux ?

Tout avait commencé avec leur dernière histoire. Ils avaient enquêté sur une série de morts mystérieuses qui les avaient conduits à Klaus Mensa, un escroc récemment libéré de prison. Mensa était hanté par l'idée de développer son cerveau pour en faire une arme absolue et s'en servir pour contrôler les gens et les objets qui l'entouraient. Il avait entrepris de prendre sa revanche sur ceux qui, comme il le pensait, l'avaient doublé, et bien sûr, l'une de ces personnes s'avérait être justement l'associé de Sam Lane, le père de Lois.

Sam Lane, l'éternel rêveur, travaillait sur sa dernière série de miracles médicaux. Après sa méthode "Devenez Riches Vite et Facilement," il travaillait maintenant sur "Bonheur dans une Bouteille," projet destiné à entrer dans l'histoire. Et puis, il y avait aussi "Déprime Je t'élimine," qui devait dissiper toutes les pensées sombres et tristes. Mais, le plus grand miracle sur lequel travaillait Sam était de loin sa réconciliation avec la mère de Lois, Ellen, et sa relation avec ses deux filles.

C'est cette réconciliation qui avait aidé Lois et Clark à franchir un pas décisif quand les recherches du Dr Klein avaient déterminé qu'ils ne pouvaient pas concevoir un enfant. Ils avaient demandé l'avis de Sam sur le résultat des tests du Dr Klein dans l'espoir qu'il pourrait accomplir un autre miracle. Comme par malchance, les parents de Lois et Clark avaient été retenus en otage et Sam et Ellen Lane avaient découvert la véritable identité de Clark. Mais tout était rentré dans l'ordre, leurs parents ayant été retrouvés indemnes et secourus, et de plus, la "Déprime Je t'élimine" de Sam avait servi, par la même occasion, à effacer de leur mémoire tous les souvenirs déplaisants.

Aussi, soulagés que leurs parents soient sains et saufs et pendant que ces derniers se reposaient dans les chambres d'amis, Lois et Clark étaient apparemment revenus à la case départ. Revenus au désir d'avoir une vie normale et bien loin d'en avoir une. Alors qu'ils étaient couchés, ils tentaient de comprendre la folie de toute cette aventure.

"Bon," Soupira Lois, "Mes parents sont à nouveau normaux. Ils ont rayé de leurs souvenirs la vie secrète de leur gendre en collants."

Clark sourit. "Savoir que j'étais Superman n'aurait apporté que des désagréments. Heureusement ce souvenir s'est effacé."

"Mmm. Je crois que Maman a oublié ses problèmes avec Papa."

"Mmm," dit Clark en riant, "Apparemment oui, je les ai vus s'embrasser sur la terrasse."

Lois poussa un profond soupir. "Oh, Clark, je suis désolée."

"Pourquoi ?"

"Je suis désolée que Papa n'ait découvert aucune erreur dans les dossiers de Star Labs, je regrette… Il croit que nous ne pourrons pas avoir d'enfants."

"Chérie, aies confiance, je n'ai jamais douté de nous, pas une seule seconde. Nous avons vécu des choses impossibles. Un enfant ne peut nous être apporté que par l'amour, tu ne crois pas ? "Il se tut un instant cherchant ses yeux pour qu'elle comprenne. "Et reconnais que l'amour est de loin le sentiment primordial entre nous."

Lois soutint le regard de Clark, levant la tête de son épaule pour le remercier une fois encore de son incroyable foi en leur amour. Le regardant dans les yeux elle remarqua ce regard si familier. Ce regard qui signifiait qu'il recevait un appel. "Quoi ? Tu as entendu quelque chose ?"

"Je n'en suis pas certain." Regardant autour de lui comme pour mieux comprendre, il s'assit, semblant quelque peu déconcerté. "Eh bien … C'est… Je crois … Je crois que j'ai un peu de mal à croire ce que j'entends."

Clark sortit du lit et descendit au rez-de-chaussée Lois le suivit, anxieuse de voir ce qui le déroutait tant. Au moment où ils entraient dans le salon, ils virent une lumière dans la salle à manger alors qu'ils se souvenaient très bien tous deux avoir éteint avant de monter au premier. Prudemment, Clark ouvrit les portes coulissantes et s'avança vers le berceau qui se trouvait juste à l'entrée de la pièce. Ils furent stupéfaits de trouver un bébé couché dans le berceau et enveloppé dans la couverture d'enfant de Clark marquée du 'S'.

Remarquant qu'un petit mot avait été laissé avec le bébé, Clark s'en saisit et le lut à haute voix. "Lois et Clark, cet enfant est à vous."

Bouleversée par ces mots, Lois se pencha pour prendre l'enfant, ne pouvant croire qu'il leur était vraiment destiné.

Entendant leurs parents descendre les escaliers, Clark se retourna cherchant comment expliquer ce qui se passait.

"Fiston," dit Jonathan, "Tout va bien ?"

"Vous allez bien ?" demanda Sam.

"On a vu une lueur," ajouta Martha se dirigeant vers la salle à manger.

"Lois." appela Ellen.

Clark sortit de la salle à manger soudain incertain de ce qu'il devait dire.

"Euh... euh... oui... oui pas de souci... tout va très bien… juré… Euh, Maman et Papa et … Maman et Papa … Nous avons quelque chose à vous annoncer."

Lentement, Lois, qui se trouvait derrière lui, s'avança tenant le bébé dans ses bras. Ne sachantque dire, Clark se mit à rire présentant l'enfant à ses 'nouveaux grands-parents' stupéfaits.

Métropolis, 2 avril 2079, 20:00 Heures

"Ah, quelle belle soirée." Passant devant son habituel arrêt de bus à la faveur d'une promenade en ce printemps précoce, Eva poursuivait tranquillement son chemin dans les rues désertes de Métropolis. Elle ne vivait qu'à 15 pâtés de maisons du campus, mais elle trouvait plus commode habituellement de prendre les transports en commun quand elle portait un sac surchargé de dossiers. Elle avait décidé de rester un peu plus tard ce soir-là pour ne rien emporter, optant pour une soirée tranquille à la maison plongée dans son dernier roman mystère. Ayant donc laissé soigneusement son travail sur son bureau pour le lendemain matin, elle glissa ses mains dans les poches de son manteau et se dirigea vers le parc. "Je ferais aussi bien de prendre le plus long chemin pour rentrer à la maison et profiter d'une ballade près de la rivière."

De l'endroit où il était, dans l'ombre de l'allée, il pouvait juste entendre ses derniers mots, bénissant les dieux de sa bonne fortune. Jetant un regard autour de lui pour vérifier s'il y avait des passants, il la suivit dans le parc.

Perdue dans ses pensées, Eva s'arrêta et regarda la lune se refléter dans l'eau. Ces deux semaines de travail avaient été longues. Son service avait été chargé d'un énorme programme de recherches auquel était allouée une bourse substantielle. Le projet allait être d'un grand bénéfice pour l'université et avait été convoité par tous les professeurs archivistes. Elle était honorée d'avoir été choisie pour coordonner ce projet avec Lori, mais n'en était pas moins honorée de travailler sur un projet de recherches sur Superman.

Superman avait tant fait pour Métropolis et le monde durant les 80 dernières années. Elle avait entendu tous les récits de ses nombreux sauvetages, missions de paix et découvertes scientifiques au fil des ans, mais depuis qu'elle s'était investie dans ce projet, elle était vraiment surprise de découvrir tout ce qu'il avait pu accomplir.

Regardant autour d'elle, elle s'aperçut qu'elle traversait justement un exemple des efforts de Superman. Vingt ans plus tôt, le quartier du port était composé de maisons mal famées occupées par des revendeurs de drogue et les rats infestaient les entrepôts utilisés par Intergang. Lançant une campagne de rénovation urbaine, Superman avait épuré les lieux d'Intergang et des dealers de drogue pendant que les urbanistes, de leur côté, nettoyaient le port. Le quartier était maintenant composé de maisons d'époque, d'immeubles d'habitation, de magasins et même d'un jardin public.

Plus surprenants que les efforts de Superman pour changer Métropolis, étaient ses efforts pour maintenir la paix dans le monde. Avec ce monde qui bougeait et changeait si rapidement depuis la fin du 20ème siècle, Superman s'était engagé à aider les nations à combattre pour leur lutte de la liberté. Il avait contribué à ce que la République de Chine devienne une nation indépendante et démocratique et venait juste de revenir de la célébration du cinquième anniversaire de la paix au Proche-Orient.

Faisant demi-tour, le regard posé sur l'eau, Eva ne put s'empêcher de sourire. Si passionnant que pouvait être un travail sur Superman, elle devait admettre qu'elle était encore bien plus excitée à l'idée de travailler en collaboration avec sa meilleure amie, Lori.

Lori avait commencé à travailler à l'université une semaine environ après Eva. Elles s'étaient rapidement liées d'amitié essayant ensemble de se faire à leur nouvel environnement. Lori venait d'une petite bourgade et s'habituait à vivre dans une grande ville et Eva venait à peine de revenir à Métropolis après avoir terminé ses études dans le sud, à l'université où étaient allés ses parents. Eva avait toujours pensé qu'il valait mieux rester sur ses gardes avec les gens, mais Lori était le genre de personnes qui vous obligeait à vous raconter. Et avant même de vous en rendre compte vous lui aviez confié toute l'histoire de votre vie. Elle avait redécouvert la ville en la faisant visiter à Lori et s'était elle-même retrouvée à travers leurs longues et tardives discussions, ça faisait du bien d'avoir à nouveau une amie, ça faisait du bien de se fixer à nouveau.

Lori l'avait toujours étonnée, son approche de la vie était si différente de la sienne, la prenant à bras-le-corps et révélant tant de joies et de plaisirs. Peu importe où elle se trouvait, les gens semblaient rayonner en sa présence. Eva s'en était toujours émerveillée et s'était souvent demandé pourquoi les gens réagissaient ainsi. Finalement, elle décida qu'il lui était impossible de rester taciturne auprès de quelqu'un de si gai. En somme, cette énergie paraissait déteindre sur vous. Peut-être y avait-il quelque chose de spécial dans cette eau qu'ils buvaient tous dans son village. Peut-être était-elle tout bonnement heureuse. Quelle qu'en soit la cause, Eva était ravie que cela semble contagieux car elle ne s'était jamais sentie aussi bien depuis des années.

Repensant à ces trois premiers mois, elle sourit à l'idée d'avoir vu sa meilleure amie tomber amoureuse. Lori avait été envoyée d'urgence au département histoire pour remettre des documents au Doyen. Comme elle tournait au coin d'un couloir, elle se cogna dans un jeune professeur qui se rendait dans sa classe. Après avoir à la hâte ramassé leurs papiers ils se séparèrent rapidement. Malgré son embarras, Lori s'arrangea pour ramasser une des feuilles du jeune homme et le glissa dans son classeur dans l'espoir de le revoir. Elle ne parla que de lui pendant les jours qui suivirent. Finalement à bout de nerfs, elle l'appela, ils prirent un café et, dès lors, devinrent inséparables. Ils se fréquentèrent, se marièrent peu de temps après et venaient d'avoir leur premier enfant. Lori devait revenir travailler après quelques jours de congé de maternité.

"C'est ça que j'ai oublié," pensa-t-elle sortant de sa rêverie. "Je dois préparer une fête pour son retour. C'est tellement génial de la voir revenir!" Elle sourit, ses pensées vagabondant maintenant des décorations aux hors-d'œuvre, elle pressa le pas vers la maison, ignorant encore la silhouette cachée dans l'ombre.

Métropolis, 15 juin 1997 1 heure 15 du matin.

Comme ils n'avaient pu discuter de la façon dont ils allaient expliquer la présence de ce bébé, tout ce que Lois et Clark pouvaient faire était de se regarder l'un l'autre et espérer que l'un d'eux serait inspiré. Au grand soulagement de Clark, Lois semblait avoir échafaudé un plan. Il espérait seulement que Superman pourrait y survivre !

"N'est-il pas adorable ?" dit Lois en riant, présentant le bébé pour une inspection.

Revenant enfin à la raison, Martha osa la première poser la question qui lui était venue tout d'abord à l'esprit. "Chérie, d'où vient-il ?"

"Eh bien," dit Lois, "Je n'en suis pas sûre. On l'a juste trouvé avec un petit mot disant qu'il était à nous."

"Quelqu'un a laissé un... un bébé... sur le pas de la porte ?" bégaya Ellen.

Soulagés par ces mots, Lois et Clark acquiescèrent tout de suite "Oui," dirent-ils ensemble.

Martha s'approcha de Lois pour regarder de plus près le bébé, les yeux au bord des larmes. "Qui a pu faire une chose aussi horrible ?"

"Je ne sais pas, Martha. Je pense que c'est un mystère que Clark et moi devons éclaircir."

Regardant dans les grands yeux bruns du bébé, Martha vit qu'il luttait pour les garder ouverts. "Je ne sais pas ce qui c'est passé, mais on dirait que tous ces événements l'ont épuisé. Pourquoi ne pas le mettre au lit et aller nous coucher nous aussi ? On essayera d'y voir plus clair demain matin."

"C'est une bonne idée, Maman," se tournant vers Lois, Clark continua, l'expression de son visage lui indiquant tout ce qu'il ne pouvait pas dire. "Chérie, tu devrais monter le bébé dans notre chambre pendant que j'amène le berceau."

Comprenant qu'il devait cacher une certaine couverture et le petit mot, Lois conduisit ses parents vers les escaliers. "D'accord, Clark. Papa, pourriez-vous Maman et toi jeter un coup d'œil au bébé pour voir s'il va bien ?"

"Bien sûr, Princesse," répondit Sam. "On ne sait pas ce qu'il a pu endurer."

"Je prends ton sac, Sam," ajouta Ellen.

Pendant qu'ils montaient tous l'escalier, Clark se précipita dans la salle à manger et attrapa la couverture. Cherchant un endroit sûr dans la pièce où la cacher, il vit son père passer la porte.

"Bien, Fiston, ils sont montés. Que se passe-t-il exactement."

Soulagé de ne plus être obligé de se cacher, Clark poussa un grand soupir. "Je ne sais pas, Papa, j'ai entendu pleurer un bébé, je suis descendu et je l'ai trouvé. Il était enveloppé là dedans." dit Clark, montrant la couverture qui découvrait le symbole familier.

"Est-ce que le mot dit autre chose ?"

"Rien." Et se tournant pour le prendre, Clark baissa ses lunettes pour y regarder de plus près. "Attends, il y a quelque chose d'autre dans le bas." Le regardant à nouveau, il remarqua des traces d'écriture. "C'est signé H.G. Wells. Il a dû se servir d'une encre sympathique sachant que je pourrais la voir."

"Eh bien, au moins, on en sait un peu plus."

"Je suppose que j'étais surtout inquiet que quelqu'un soit au courant, pour moi. Je me demande où il a eu cette couverture ?" Repensant à ce qu'il venait juste de dire et remarquant l'expression amusée de son père, Clark leva les bras au ciel. "D'accord, question stupide. Quand l'a-t-il eue ?" Clark tendit en riant la couverture à son père. "Tu peux cacher ça dans ta chambre ? Sam et Ellen n'en savent rien et j'aimerais autant que ça continue pour le moment."

"Bien sûr, mon garçon. Allez viens, on ferait mieux de monter ce berceau avant qu'ils ne descendent voir ce qu'on fait."

Métropolis, 5 avril 2079 8:20

Lori montait les éternels escaliers qui menaient au troisième étage, espérant qu'Eva n'avait pas prévu "toute une histoire" pour son retour. Ça avait déjà été assez dur de laisser CJ à la garderie pour la première fois, la dernière chose dont elle avait besoin était bien d'arriver dans une salle pleine de monde avec vingt minutes de retard et des traces de mascara sous les yeux. Même si Clark avait essayé de la rassurer en lui assurant qu'elles étaient parties, elle savait bien qu'il en restait encore. 'Peut-être que je pourrais prendre les escaliers de derrière' pensa-t-elle.

En ouvrant les portes du bureau, elle vit que les choses étaient restées les mêmes que lorsqu'elle était partie huit semaines avant. Dieu merci, il n'y avait ni banderoles ni ballons, juste le doux bourdonnement du personnel vaquant à ses occupations quotidiennes. Arrivant à son bureau, elle remarqua quelque chose de bizarre. Le bureau d'Eva était près du sien depuis le jour où elle avait commencé à travailler. Elle ne pouvait s'empêcher de rire chaque fois qu'elle regardait le drôle de petit clown qu'elle gardait toujours près de son téléphone. Elle l'avait, semblait-il, gagné à une fête foraine il y a quelques années et c'était devenu une sorte de mascotte. Il avait disparu. Et en y repensant, qu'Eva ait beaucoup de travail ou non, son bureau était toujours parfaitement rangé. Non seulement le clown avait disparu, mais il y avait des dossiers et des papiers partout.

Regardant autour d'elle, elle ne put apercevoir Eva nulle part, mais sa chaise était tirée et il y avait une tasse de café au milieu du désordre. Supposant qu'elle s'était absentée un moment, Lori déposa ses affaires sur son bureau et essaya de se remettre dans le bain. Elle remarqua quelques collègues s'approcher d'elle avec un sourire quand le téléphone sonna.

"Bonjour, beauté."

Elle murmura en riant. "Je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler ici. Et si mon mari le découvrait ?"

Elle l'entendit rire. "Bon eh bien, si vous insistez, je ne dirai rien."

"D'accord, mais j'aime mieux vous avertir… il peut être sacrément impressionnant. En tout cas, il me coupe le souffle avec son petit sourire… sans doute celui qu'il fait maintenant"

"Eh bien, Madame Kent, je prends le risque. Je suis sûr que même Superman ne peut vous résister quand vous jouez les timides."

"Où es-tu ?"

"Dans mon bureau. Tu me manquais et j'ai pensé utiliser ma "vision" avec le téléphone."

"Uh huh. Je suppose que c'est une bonne chose que les arbres du campus ne soient pas recouverts de plomb."

"Ils devraient disparaître s'ils l'étaient. Et pendant qu'on y est, CJ va bien. Il est profondément endormi dans son berceau comme on l'a laissé."

"Merci d'avoir vérifié. Il me manque déjà."

"Alors, je vois qu'Eva ne t'a pas embarrassée avec une petite fête. Où est-elle ? Je pensais qu'elle était en train de t'accaparer avec l'album de photos à l'heure qu'il est."

"Je ne sais pas. Je ne l'ai pas trouvée. Elle a dû descendre aux archives."

"Bon, j'ai un cours dans quelques minutes. Je voulais juste savoir si tu allais bien. Ça m'a manqué de venir au campus avec toi. Rendez-vous à midi et on mangera avec CJ."

"Merci. J'espère que je tiendrai aussi longtemps sans le voir. Je t'aime."

"Je t'aime aussi, mon ange. Maintenant … au travail."

"Oui, Monsieur…"

Lori n'avait jamais vu un père aussi attentionné que Clark Kent. Elle était convaincue qu'il avait chaque respiration, chaque gazouillement des huit premières semaines de CJ sur son film. Elle le taquinait souvent en lui disant que CJ n'allait reconnaître son père que s'il avait une caméra ou un magnétophone attaché au visage, donc montrer des photos au bureau n'était pas un problème. Les disposer dans un petit album avait été son plus grand pari. Après avoir entendu les 'oh' et les 'ah' des employés du bureau, elle savait que le temps de Clark avait été bien employé.

Elle était tellement occupée à montrer son fils à tout le monde qu'elle ne s'était pas aperçue qu'Eva n'était pas revenue à son bureau. Elle parcourait l'album avec Jeremiah, le nouvel archiviste de l'équipe.

"Ah, et en voilà une pour le dessus de la cheminée. Toute la famille devant le foyer."

Lori revint sur l'album en riant. "Si je vous disais combien de temps il a fallu pour prendre celle-là. Clark a mis 20 minutes pour comprendre comment marchait le déclencheur. CJ et moi nous sommes presque endormis."

"Eh bien, en tout cas vous faites une bien belle famille."

"Merci, Jeremiah. Avez-vous vu Eva ? Je ne l'ai pas vue de toute la matinée."

"Um…elle n'est pas là. Elle a pris quelques jours de congé. Elle ne vous l'a pas dit ?"

"Quoi ? Quand ?"

"Elle a appelé Sylvia lundi et a dit qu'elle avait des affaires personnelles à régler et serait absente pour une durée indéterminée. J'étais certain qu'elle vous en avait parlé. Je sais que vous êtes très proches."

"Je lui ai parlé hier soir et elle ne m'a rien dit. Où est-elle allée ?"

"Vous devriez demander à Sylvia. J'ai aidé Eva pendant que vous étiez absente et Sylvia m'a demandé de travailler avec vous jusqu'à ce qu'elle revienne."

"Je vais aller lui parler et voir ce qui se passe. Je reviens dans une minute."

Métropolis, 15 juin 1997 1 h 55

Lois et Clark étaient assis et regardaient l'enfant dormant paisiblement dans le berceau à côté de leur lit. Aucun d'eux ne parlait, de peur de réveiller le bébé ou de s'éveiller d'un incroyable rêve.

"Clark, c'est moi ou est-ce qu'il te ressemble ?" murmura Lois.

"Non, Chérie, ce n'est pas seulement toi. Il ressemble beaucoup aux photos de moi à son âge. Et j'en sais un peu plus sur cette histoire. Je te le dirai quand tes parents seront endormis."

"Quoi ? Qu'est-ce que tu sais ? cria Lois, son envie de connaître la réponse surpassant la nécessité de baisser la voix."

"Chh…tu vas réveiller le bébé."

Lois continua en murmurant." D'accord, désolée. Alors…vas-y…"

"Eh bien, le petit mot était signé H.G. Wells. C'est lui qui a  amené le bébé. Pourquoi ça ne m'est pas venu à l'idée." Clark voyant que l'information circulait dans son cerveau anticipa sa réponse. "Et qui sont ses parents …j'ai bien peur de ne jamais le savoir."

Elle regarda en souriant l'enfant endormi. Épuisée par les événements de la journée et en sécurité dans les bras de son mari, Lois se laissa gagner par le sommeil. "Eh bien, j'espère qu'il est à nous …"

La serrant contre lui, il déposa un doux baiser sur son front. "Moi aussi, Chérie, moi aussi."

Métropolis, 5 avril 2079 12h:15

Lori regardait son mari bercer doucement leur fils. C'était devenu leur routine au déjeuner. Clark revenait à la maison,  ramenait leur repas et tenait CJ pendant qu'ils mangeaient

Pendant qu'elle dégustait l'un des mets délicats que le monde avait à offrir, elle lui raconta chaque nouvelle chose que CJ avait faite. Ce jour-là, il avait acheté un repas chinois dans l'un de ses restaurants favoris dans la nouvelle république de Canton.

"Chéri, il se passe quelque chose de bizarre avec Eva. Apparemment, après m'avoir appelée lundi, elle a téléphoné à Sylvia pour lui dire qu'elle avait des affaires personnelles à régler et qu'elle devait s'absenter."

"Vraiment ?"

"Oui. Elle ne m'a jamais parlé de ça. Tout ce qu'elle m'a dit c'est combien c'était génial que je revienne et que j'avais intérêt à apporter plein de photos de son filleul."

"Peut-être qu'elle a eu un coup de téléphone après t'avoir appelée et qu'elle n'a pas voulu vous réveiller toi et le bébé"

"Peut-être."

"Est-ce qu'elle a dit autre chose à Sylvia ?"

"Non. Sylvia dit qu'elle est restée très vague quant à l'endroit où elle allait. Eva a toujours été une personne discrète, aussi elle ne s'est pas posé de questions. Elle pensait que j'étais au courant."

"Eh bien, si quelque chose n'allait pas, je pense qu'elle t'en aurait parlé. Elle n'a sans doute pas eu le temps de téléphoner. Je suis sûr que tu vas avoir bientôt de ses nouvelles."

"Je suppose."

"Viens là." murmura-t-il, lui faisant signe. "J'ai là un bras vraiment inoccupé."

Clark regardait Lori retourner au campus s'assurant qu'elle arrive saine et sauve au bâtiment. Il ne voulait pas l'inquiéter, mais était soucieux de la façon dont Eva avait quitté la ville. Depuis des années, il avait appris à connaître Eva assez bien et savait qu'elle ne serait jamais partie sans avertir Lori de l'endroit où elle se rendait. Juste au cas où, il décida de donner un coup de fil à son grand-père au Daily Planet pour voir s'il ne pouvait pas jeter un œil. Si quelque chose était arrivé à Eva il le trouverait.

Métropolis, 15 juin 15 1997 3:00h du matin

Clark s'éveilla d'un rêve qui lui semblait revenir souvent ces derniers temps. Il était assis dans la chambre regardant Lois tenir leur enfant au creux de ses bras. Mais quelque chose dans ce rêve lui paraissait tellement réel.

Se retournant, il découvrit que la place de Lois était vide. Regardant dans la pièce, il la vit assise sur la chaise au pied du lit, berçant doucement un bébé dans ses bras. Elle leva les yeux et soutint son regard en lui souriant.

"Je sais… J'ai pensé à la même chose en me réveillant. Je l'ai entendu pleurer et j'ai cru que j'étais encore en train de rêver. " Regardant le bébé endormi dans ses bras, elle hocha la tête "Il est vraiment beau, n'est-ce pas ?"

Clark s'approcha et s'agenouilla à côté d'elle, encore captivé par l'image de sa femme et de l'enfant. "Vous êtes beaux tous les deux."

"Clark, que penses-tu que Wells voulait dire par cet enfant est à vous ? Pourquoi nous a-t-il laissé un bébé ?"

"Je ne sais pas."

"Est-ce qu'il pourrait être vraiment notre enfant ? Est-ce que le Dr Klein s'est trompé ?"

"Lois, tu sais combien j'aimerais que nous puissions avoir un enfant, mais peut-être qu'on ne devrait pas…"

"…trop s'attacher. Oui, je sais."

"Chérie, c'est juste que d'où qu'il vienne, il devra y retourner."

"Je sais, Clark, mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas profiter de lui pendant qu'il est là"

A ce moment, le bébé tourna la tête et ouvrit lentement les yeux. Regardant le couple lui sourire, il se mit à rire. Clark, pas plus immunisé contre le bébé que ne l'était Lois, commença à gazouiller en le chatouillant.

"Uh, Clark… Qu'est-ce que tu disais à propos de ne pas s'attacher ?"

Il tenta de s'expliquer en rougissant un peu. "Eh bien, comme tu l'as dit, autant qu'il se sente comme chez lui pendant qu'il est là."

"Uh huh…"

Métropolis, 5 avril 2079 13h10

Lori retourna à son bureau, rassurée par sa conversation avec Clark. Regardant Jeremiah ranger le bureau d'Eva, elle décida qu'il était temps qu'elle fasse quelque chose de productif. En outre, le travail l'empêcherait de penser à Eva et CJ.

Prenant son bloc-notes, elle approcha sa chaise de Jeremiah. "Alors, par quoi on commence ?"

"Eh bien, j'étais sur le point de descendre aux archives. Eva a très bien organisé la façon dont le projet devait être élaboré. Je vais seulement continuer à travailler là-dessus. A moins que vous ne vouliez changer quelque chose ?"

"Non. Si Eva a une stratégie, je suis sûre qu'elle est bonne. Allons-y. Vous me direz ce que vous avez fait."

"D'accord."

Le bureau principal des recherches historiques était situé au troisième étage à l'endroit où se trouvait anciennement la bibliothèque. Un généreux bienfaiteur de l'université avait fait don d'une somme considérable pour construire entièrement une nouvelle bibliothèque avec des équipements dernier cri et une pièce pour fusionner les deux installations. Cela laissait l'ancien espace libre aux nombreux départements de recherches de l'université pour se développer. Chaque département avait son propre espace à la place où étaient autrefois les salles de consultation des ouvrages et de stockage dans lesquelles se trouvaient les archives. Cela permettait à chaque département de monter des projets qu'il aurait été impossible de réaliser auparavant. Leur nouveau projet prenait presque un étage d'archives à lui seul, ce qui représentait la totalité de l'espace avant les rénovations.

Lori et Eva avaient été embauchées pendant que les travaux de rénovation avaient lieu et juste avant que la construction de la nouvelle bibliothèque soit reportée. Si bien, que toutes deux finirent par partager un bureau de fortune dans le sous-sol de l'édifice. Elles passèrent leurs quatre premiers mois à travailler ensemble, ce qui leur donna beaucoup de temps pour parler et elles se forgèrent rapidement une solide amitié. Elles étaient presque déçues que les rénovations soient terminées et elles durent rejoindre le reste de l'équipe dans l'espace de travail principal. Elles continuèrent à travailler ensemble de temps à autre pour les trois années qui suivirent et toutes deux étaient vraiment impatientes de se voir confier ce nouveau projet, puisque ça leur permettait de collaborer pour les deux années à venir.

Lori réalisa qu'Eva et elle étaient en quelque sorte moins proches depuis son mariage. Elle n'avait jamais réalisé combien être la femme de Superman changerait sa vie. Au moment où elle avait rencontré Clark, elle savait qu'il était celui avec qui elle voulait passer le reste de ses jours, mais il lui avait fallu du temps pour réussir à accommoder leur vie à son second emploi. Elle évitait donc d'inviter des gens chez elle au cas où il devrait partir – même Eva. Clark avait vraiment des problèmes pour excuser ses départs et, même s'il avait souvent quitté ses cours, il avait tout de même été bon élève, ce qui était un atout en cas de problème... C'était toujours un peu plus difficile de partir au beau milieu d'un souper dans sa propre demeure. Mais, ils réussissaient finalement à s'organiser. Avec l'aide des parents et des grands-parents de Clark, ils parvenaient à trouver des excuses plus plausibles.

Il y avait aussi CJ. Pratiquement dès qu'il avait été conçu, il leur était devenu très difficile de penser à autre chose. Ils l'avaient désiré depuis si longtemps. Lori était fille unique et Eva était devenue la sœur qu'elle n'avait jamais eue. Ils l'avaient fait participer aux différentes étapes de la grossesse et ils étaient excités lorsqu'elle accepta de devenir la marraine de CJ. Ça avait été un moment très spécial pour tous trois et c'est pourquoi cela faisait si mal de savoir qu'Eva était partie sans rien laisser, pas même un petit mot expliquant son départ.

En repoussant ces pensées, Lori descendit aux archives. Jérémiah commença à lui expliquer ce qu'il avait complété et les grandes lignes qu'Eva avait tracées pour poursuivre le travail.

Lui montrant les boîtes étiquetées qui étaient posées derrière lui sur la grande étagère, il lui expliqua ce qu'il y avait dans chacune des sections. "C'est là qu'on s'est arrêtés lundi. Eva est sans doute restée tard puisque j'ai trouvé une liste révisée des choses à faire mardi matin sur mon bureau. J'ai simplement continué de travailler sur ce qu'elle avait souligné. Comme je l'ai dit, si vous avez d'autres idées, on peut changer."

"Ce qu'elle a fait est très bien. Vous avez tous les deux bien travaillé pendant que j'étais absente."

"Elle tend à être un bourreau de travail. Je devais tout le temps l'obliger à s'arrêter."

Souriant, Lori ajouta: " Je sais de quoi vous parlez. J'ai dû faire cela durant trois ans. Merci d'avoir pris la relève."

"De rien, ma chère."

"Jérémiah, est-ce qu'Eva ne vous a pas glissé un mot sur un voyage qu'elle devait entreprendre ? Ce n'est pas son genre de partir comme ça."

"J'ai essayé d'y repenser depuis que Sylvia me l'a dit, mais je ne me souviens de rien. Je suis parti à 18 h... c'est le soir des échecs. Elle était encore là et elle m'a dit qu'elle allait bientôt partir elle aussi."

"Elle m'a appelé vers 19h30 environ et elle était encore ici. Elle a dû recevoir un appel après."

"Je suppose."

"J'espère que tout va bien."

"Je suis sûr qu'elle va bien. Elle vous l'aurait dit si ça n'allait pas."

"C'est ce que Clark a dit."

"Eh bien, c'est un homme intelligent. Vous devriez l'écouter."

Souriant, elle ajouta: " Je suis certaine que c'est ce qu'il dirait."

"À propos, j'ai assisté à quelques-unes de ses conférences. Il est très cultivé pour un homme de son âge. Il semble qu'il ait beaucoup voyagé."

"Oui. Il partait l'été et voyageait de par le monde. Il a des histoires des plus remarquables à raconter."

"J'aimerais bien les entendre un jour."

"Eh bien, asseyez-vous à côté de lui quelques secondes et vous les entendrez."

Il sourit: "J'aimerais bien. D'après les conférences auxquelles j'ai assisté, je peux dire que c'est un remarquable narrateur. Et j'aimerais entendre ses histoires sur Superman. Elles feraient un excellent supplément pour notre collection.

Lori le regarda, ne sachant comment prendre ça. Remarquant son regard curieux, Jérémiah continua.

"Les récits que j'ai entendus avaient pour objet les tentatives de paix depuis les cent dernières années. Superman était au centre de la discussion et Clark a dit qu'il l'avait personnellement rencontré."

"Oui, Superman est un ami de la famille. A ce propos, Eva m'a dit que nous avions un point commun."

"Vraiment ?" demanda Jérémiah. "Qu'est-ce que cela peut bien être ?"

"Notre intérêt pour Superman."

"Bien, je dois avouer que j'ai une certaine fascination pour l'Homme d'Acier. Je suppose donc que Clark ne voit rien de mal dans votre intérêt ?"

"Bien, je le surveille avec son obsession pour Ultrawoman et il me surveille avec mon obsession pour Superman."

"Je vois."

Se sentant mal à l'aise de poursuivre une discussion sur Clark et Superman, Lori essaya d'amener la conversation vers un terrain moins dangereux . "Au fait, il y a quelque chose que Clark aime encore plus que de raconter ses longues histoires, les échecs. Pourquoi ne viendriez-vous pas souper et faire une partie avec lui ? Je ne suis pas de taille contre lui... mais peut-être que vous si."

"J'adorerais cela."

"Super ! Je vais voir son planning pour le reste de la semaine. Je vous préviens, vous serez peut-être interrompus par des pleurs de bébé."

"Cela fait très longtemps que je n'ai pas été en contact avec un de ces petits êtres. Ce sera rafraîchissant."

"D'accord, mais vous êtes prévenu. Je vous donnerai la réponse demain."

Jérémiah Thomas était un professeur retraité qui était revenu à Métropolis pour échapper au froid mordant de la Nouvelle-Angleterre. Incapable de laisser tomber le milieu académique, il avait décidé que la recherche lui procurerait un changement de vie bénéfique. Eva et Lori étaient enthousiasmées à l'idée d'avoir quelqu'un de son expérience avec qui elles pourraient travailler sur le projet. Lori ne savait pas grand-chose sur Jérémiah, à part ce qu'Eva lui avait dit lors de ses visites. Elle avait l'impression qu'Eva avait commencé à penser à lui comme à un second père. Avec ses cheveux gris et sa barbe, il ressemblait énormément à la photographie qu'Eva conservait sur son bureau, celle de son père.

Les parents d'Eva étaient professeurs et avaient au moins la quarantaine lorsqu'ils avaient décidé de fonder une famille. Lorsqu'Eva était encore à l'école secondaire, ses parents avaient été tués dans l'explosion d'un des laboratoires de l'université.

Lori avait demandé au père de Clark des informations sur l'explosion et il se rappelait être arrivé à temps pour éteindre le feu, mais trop tard pour sauver les personnes présentes dans le laboratoire. Eva avait prévu de continuer le travail qu'ils avaient entrepris à l'université, mais elle décida finalement que tout ça remuait trop de douloureux souvenirs. Elle termina ses études et obtint son diplôme, puis elle retourna à Métropolis pour prendre un nouveau départ. Lori ne pouvait pas oublier le drame d'avoir perdu ses parents, mais elle était très heureuse de voir que Jérémiah était un substitut consentant. Il paraissait assez gentil et semblait être doté d'un bon jugement, puisqu'il était très impressionné par son époux.

Souriante, Lori ouvrit la boîte face à elle et commença tranquillement à se plonger dans son travail.

Métropolis, 15 juin 1997, 5h45

Le matin s'était annoncé dans la maison des Kent non seulement par un doux rai de lumière qui filtrait à travers les persiennes, mais aussi par les cris étouffés du nouveau * Kent * qui faisait remarquer sa présence.

Sans réfléchir, Clark se dirigea vers le berceau, prit le bébé et commença à apaiser ses cris. Lois ouvrit lentement les yeux et attendit que son cerveau enregistre ce qui se passait.

"Clark, est-ce qu'il y a une urgence ?"

Il s'approcha du lit et s'assit près d'elle en souriant. "Et, bien, si tu appelles un bébé affamé une urgence... oui."

Se collant à Clark, elle sourit à son tour et regarda le bébé. Réconforté d'être dans les bras de Clark, le bébé cessa  un instant de pleurer. Ayant enfin tout enregistré, Lois s'étira et dit " Clark, avec quoi allons-nous le nourrir ? Et il a besoin d'être changé. Nous n'avons pas de couches."

Se tournant vers elle, il essaya de la rassurer. "Chérie..."

"Et il va avoir besoin de vêtements..."

"Chérie..."

"Et des jouets... et..."

L'attrapant par le bras pour attirer son attention, il essaya à nouveau " Chérie..."

"Quoi ?"

"Ma mère a appelé la pharmacie ouverte 24 heures sur 24 et ils sont venus livrer ce dont il a besoin. Nous pourrons aller chercher les autres choses ce matin."

"Que Dieu bénisse Martha !" soupira Lois.

"Que ferait-on sans nos parents ?"

Avant même que Clark ne puisse répondre, un petit coup se fit entendre à la porte. Il se tourna et regarda pour voir de qui il s'agissait. Souriant à Lois, il lui donna gentiment le bébé et se leva pour aller ouvrir. " Je suppose que tu peux la remercier toi-même."

Clark ouvrit la porte et une Martha tout sourire apparut en les regardant par-dessus un plateau surchargé. Elle était debout depuis déjà un bon moment et le plateau contenait tout ce qu'il fallait, du petit déjeuner pour Lois et Clark jusqu'au biberon et aux couches pour le bébé. Clark prit le plateau des mains de Martha et elle alla tout de suite s'installer près de Lois qui faisait des drôles de mimiques à l'enfant. Devant tout ce brouhaha, le bébé décida finalement que l'heure de son déjeuner était passée depuis longtemps et fit entendre son mécontentement. Ce qui avait tout d'abord commencé par de légers pleurs pouvait maintenant s'entendre dans tout Métropolis.

Lois n'avait jamais été très à l'aise auprès des bébés. D'une manière un peu étrange, toutes les petites créatures qui souriaient et gazouillaient dans les bras des autres commençaient immédiatement à pleurer quand elle s'apprêtait à les prendre. Ainsi, elle s'était fait un point d'honneur à les éviter le plus possible. Etant donné que les enfants n'auraient pu constituer un objectif pour obtenir le Prix Pulitzer, ceci paraissait être une bonne solution. Et ça avait bien fonctionné jusqu'à ce qu'elle rencontre Clark. Ces derniers temps, elle espionnait constamment les conversations à propos des bébés qui circulaient au travail, celles qu'elle avait scrupuleusement évitées auparavant. Elle avait remarqué qu'elle s'était mise à sourire aux enfants qui passaient dans la rue. Depuis qu'ils étaient mariés, elle avait même commencé à rêver tout éveillée à ce que pourrait ressembler sa vie avec un enfant.

Mais rien ne pouvait la préparer à la réalité. Tenant l'enfant qui hurlait, elle ne savait pas du tout quoi faire. Pourrait-elle rester la même femme qui avait obtenu une interview du Président des États-Unis ? Cette même femme qui avait gagné trois prix Kerth ? Elle pouvait obtenir des informations sur un sujet donné à un moment approprié, mais elle était complètement désarmée quand il s'agissait de prendre un enfant dans ses bras. "Ne devrait-il pas exister un mode d'emploi pour ces choses-là ?" pensa-t-elle.

Martha reconnut les signes de détresse sur le visage de Lois et se saisit du biberon qui se trouvait sur le plateau. Le tendant à Lois, elle sourit.

"Tenez, ça fera l'affaire."

Prenant le biberon, Lois s'empressa de le glisser dans la bouche de l'enfant espérant le calmer. Heureusement, il tira avidement sur la tétine, ce qui arrêta ses pleurs. En voyant Clark et Martha sourire, Lois soupira: " Ça a marché ! Vous êtes un génie, Martha."

Martha entoura Lois de ses bras. "À cet âge, ils sont assez faciles à deviner. Soit ils ont faim, soit ils ont besoin d'être changés."

En hochant la tête vers Clark, elle se mit à rire. "Puisque vous vous êtes occupée du biberon, vous pouvez laisser Clark se débrouiller avec les couches."

Lois acquiesça en riant: " J'aime votre façon de penser, Martha."

Tout ce que Clark pouvait faire était de hocher la tête. Il savait qu'il n'était pas de taille à lutter contre les deux femmes de sa vie. Elles faisaient de lui ce qu'elles voulaient; quand elles se liguaient, attention ! Il fit donc, la seule chose possible en pareilles circonstances.

En souriant, il leva la tête vers la fenêtre. "Je crois que j'entends un vol à la banque..."

" Pas de ça, Monsieur !" l'avertit Lois. "Tu ne voudrais pas que je publie un article disant que Superman est vulnérable aux couches sales, n'est-ce pas ?"

Posant le plateau sur le canapé derrière lui, Clark rejoignit sa femme et sa mère qui regardaient l'enfant téter tranquillement. Les entourant toutes deux de ses bras, il posa gentiment un baiser sur leur joue. " Vous feriez aussi bien d'ajouter deux certaines femmes sur cette liste pendant que vous y êtes."

Lois se mit à rire et fit un rapide clin d'œil à Martha. "C'est rien de le dire..."

Métropolis, 6 avril 2079, 3h00

Lori fut réveillée par le bruit familier des cris de son fils. Un des avantages à être mariée à Superman était, en outre, qu'il parvenait toujours à l'entendre avant elle . Se retournant pour essayer de sortir du lit, elle vit son époux bercer leur fils, essayant d'apaiser ses pleurs.

" Bonjour, chérie", lui dit-il en souriant, grimpant dans le lit à côté de sa femme encore endormie." J'ai eu une petite conversation avec ce jeune homme, hier soir et lui ait précisé qu'il pouvait nous réveiller à 6h du matin, mais j'ai oublié qu'il ne sait pas encore lire l'heure. On va travailler là-dessus dès ce soir."

" T'as fait ça." Regardant le réveil, elle sourit. "Il a seulement trois heures d'avance..."

"Bien, c'est ton fils. Je présume qu'il est génétiquement disposé à avoir ta tête de mule."

"Fais attention à ce que tu dis", ricana-t-elle, le frappant avec l'oreiller.

Clark sourit, se pencha et murmura à CJ. "Ferme les yeux, fiston. Je ne veux pas que tu prennes les mauvaises habitudes de ta mère. La prochaine fois, tu sais, elle va t'apprendre à babiller."

Le menaçant à nouveau de son oreiller, elle ne put s'empêcher de rire. "Oh, tu vas payer chèrement ces propos, Kent !"

Se mettant hors d'atteinte de l'oreiller, il flotta hors de sa portée. "Hé ! Je tiens un bébé, Kent !"

"Cela suffira à te sauver pour l'instant, tricheur. Lorsque tu t'y attendras le moins..."

Se dirigeant à nouveau vers elle, il lui adressa un sourire diabolique. " Des promesses, des promesses..."

"D'accord", ricana-t-elle, s'appuyant sur l'oreiller, "donne-moi le bébé et il ne te sera fait aucun mal."

"Entends-tu comment elle me parle, CJ ? Tu ne parlerais jamais comme ça à Superman, n'est-ce pas ? Bien sûr, tu ne ferais pas ça !"

Prenant le bébé des bras de Clark, elle s'appuya à nouveau contre la tête du lit et commença à lui donner le sein. En regardant son petit corps frêle, elle ne pouvait s'empêcher de penser à quel point il ressemblait à son mari. Elle regarda Clark, qui les observait tous les deux. Son regard lui coupa le souffle.

Se penchant vers elle, il l'embrassa tendrement. "Tu n'as aucune idée de la joie que tu m'apportes. Tu m'as donné plus que je n'aurais jamais imaginé."

"Je t'aime aussi, chéri. C'est difficile de croire à quel point notre vie a changé depuis ces huit dernières semaines."

"Tu sais, j'avais l'habitude d'écouter les histoires que racontait mon grand-père à propos de ses parents. Comment ils se sont rencontrés et comment il a créé le personnage de Superman afin d'avoir une vie avec elle. J'ai aussi eu l'habitude de regarder ma mère et mon père et voir comment ils intégraient Superman dans leur vie. Je me suis toujours demandé s'ils étaient fatigués de tous les mensonges et de toutes les intrusions indésirables dans leur vie. En vous regardant tous les deux, je sais pourquoi ils ont fait ces sacrifices. C'est parce ce que je sais ce que vous représentez pour moi tous les deux."

"Clark, je t'ai dit le soir où j'ai découvert ton secret que ça m'était égal. Je t'ai aimé dès le moment où je t'ai vu, j'étais nerveuse et inquiète que tu puisses me faire de la peine"

S'avançant pour toucher son visage, elle lut l'amour dans ses yeux. "Et me blesser est une chose que tu ne pouvais pas me faire."

"J'ai une petite confession à te faire. Je n'étais pas inquiet de te faire de la peine, ce jour-là. J'étais seulement trop nerveux pour dire quoi que ce soit. Tu m'avais coupé le souffle. Je ne savais pas quoi dire. Les trois plus longues journées de ma vie ont été celles que j'ai passé à attendre ton appel. J'avais laissé tomber ce papier avec mon nom en espérant que tu le ramasses. Je suis presque devenu fou à essayer de me décider si je devais t'appeler ou non."

"Clark Kent, je ne te crois pas ! Tu savais ce que j'allais faire ? Tu m'as piégée ?"

"Que dit-on à propos du juste milieu entre l'amour et la guerre ?"

"Bien, je ne sais rien de la guerre, mais je suppose que je n'ai pas à me plaindre de tes tactiques..." Regardant leur fils maintenant endormi, elle lui retourna son sourire. "...surtout quand ceci est le résultat."

"T'ai-je déjà dit comme tu étais formidable ?"

Lui tendant leur fils, elle laissa échapper un bâillement. "J'ai oublié, et toi ?"

"Je suppose que je devrais te le rappeler, alors..."sourit gentiment Clark, déposant son fils dans le berceau.

"Des promesses, des promesses..."

Métropolis, 15 juin 1997, 6h30

Jonathan entra dans la chambre juste à temps pour attraper Clark au milieu de la leçon sur la façon de changer les couches. Lois le surveillait, tout sourire, mais mémorisant tous les points que Martha mentionnait. Elle ne pouvait se retenir de rire un peu de Clark, mais il semblait vraiment très à son aise, tout naturel, avec le bébé. Elle espérait seulement qu'un jour, elle pourrait ressentir la même chose.

Pendant que Clark mettait la touche finale à la couche, il décida que c'était le bon moment pour demander l'aide de ses parents. Chatouillant le ventre de l'enfant une dernière fois, il le leva doucement, le calant sans difficultés dans le creux de ses bras. Ses besoins satisfaits pour le moment, l'enfant s'enfonça davantage dans l'étreinte de Clark et dériva rapidement vers le sommeil, provoquant chez tout le monde un soupir de soulagement. Après avoir fermé la porte, Clark les rejoignit et flotta doucement près de Lois, faisant attention à ne pas déranger le bébé.

"Avant que les parents de Lois ne se réveillent, on doit prendre quelques décisions concernant ce petit bonhomme." Regardant sa mère, Clark poursuivit: "Maman, je suis certain que papa t'a mise au courant du petit mot. On doit se mettre d'accord pour trouver une histoire à raconter à tout le monde jusqu'à ce que nous connaissions les intentions de M. Wells et le pourquoi de la chose. Et nous allons avoir besoin de votre aide pour chercher comment le ramener à l'endroit d'où il vient"

Avec un rapide coup d'œil à Jonathan, Martha acquiesça. " Chéri, tu sais que nous t'aiderons de n'importe quelle manière. Avez-vous une idée de qui sont ses parents ?"

"Non, Martha, répondit Lois, tout ce que disait le petit mot était qu'il était à nous. Je ne peux cependant pas passer sur le fait de sa ressemblance frappante avec Clark."

Avec un grand sourire et s'approchant du bébé pour avoir une meilleure vue de l'enfant, Martha acquiesça. "Eh bien, je ne voulais rien dire auparavant, mais Clark, il ressemble vraiment à ce que tu étais à cet âge."

"Je sais, Maman. Il ressemble beaucoup aux photographies que tu m'as montrées."

Tentant de faire revenir l'assemblée au problème majeur, Jonathan glissa sa main autour de la taille de Martha et l'attira à lui. "Fiston, s'il est effectivement ton fils, pourquoi M. Wells l'a-t-il amené ici ? D'après ce que vous nous avez dit tous les deux, n'a-t-il pas essayé d'éviter de vous parler de votre avenir ?"

"Oui, papa, c'est aussi ce que nous nous sommes demandé. La seule chose à laquelle je pense est, peu importe qui il est, il doit être en danger et M. Wells nous fait confiance pour le protéger."

Lois prit part à la conversation, de façon journalistique, travaillant avec des instincts maternels protecteurs qu'elle jurait ne pas posséder. "Bien, s'il est en danger, il aurait été gentil de la part de M. Wells de nous faire part de la situation. Après tout, Clark et moi sommes des journalistes d'investigation, mais quand même on ne peut pas enquêter dans une période où on ne peut pas aller, ou encore savoir quand ..."

" Chérie, ça va," l'interrompit Clark "Je suis convaincu que M. Wells va nous faire savoir ce que nous devons faire quand il le pourra. Jusque là, nous devons tous les quatre garder les pieds sur terre, au cas où il serait notre enfant. S'il est un super bébé,  nous ne savons pas vraiment à quoi nous en tenir. Et nous devons aussi expliquer sa présence à tout le monde, y compris à tes parents."

Reprenant quelque peu son calme, Lois approuva d'un signe de tête. "Tu as raison. Restons-en à l'histoire disant que nous l'avons trouvé devant notre porte. Après tout, c'était ça, pas vrai ? Pendant que nous essayons de trouver ce que M. Wells pensait, nous pouvons dire à tout le monde que l'on essaie de chercher qui peut nous l'avoir laissé. Perry pensera certainement qu'il y a un article à écrire là-dessus."

"Fiston, tu sais que ta mère et moi resterons et vous aiderons aussi longtemps que vous aurez besoin de nous. De plus, nous avons déjà un peu d'expérience dans le domaine des super bébés."

"Merci à vous, je suis convaincu que nous aurons besoin de vous."

"Clark, que fait-on pour mes parents ? demanda Lois, qu'arrivera-t-il s'ils le voient faire un super truc… Qu'est-ce qu'on dira ?"

"Eh bien, ajouta Martha, pensant à haute voix, Clark n'a pas développé ses pouvoirs avant l'adolescence et il avait deux parents kryptoniens. Si ce bébé est seulement à moitié kryptonien, il n'y a aucune raison de supposer qu'il pourrait les développer plus tôt. Peut-être même les aura-t-il encore plus tard que Clark."

Lois et Clark échangèrent un sourire, amusés du support inconditionnel que leur apportait Martha. Lois s'avança pour lui prendre la main. "Martha, vous êtes meilleure à ce jeu que Clark et moi. Êtes-vous sûre de ne pas vouloir un emploi au Daily Planet ?"

Ricanant, Martha serra légèrement la main de Lois. "Seigneur, non. Les bébés et les super bébés, je m'y connais. Je vous laisse tout le reste. Je crains que Jonathan ne m'ait gâtée pour le grand tour en ville."

Fronçant dramatiquement les sourcils, Jonathan attira Martha encore plus près de lui. "Hmmm, pendant un instant, j'étais inquiet. De toute manière, Clark a déjà les mains bien occupées à secourir un Kent. Je ne crois pas que Superman lui-même soit capable de vous suivre toutes les deux."

"Tu m'as enlevé les mots de la bouche, papa."

Lois et Martha échangèrent un regard entendu. "Ils sont jaloux, Martha. Vous et moi faisons une bonne équipe."

"Exactement, ajouta Clark, c'est ce qui nous inquiète."

À ce moment précis, on entendit frapper. Sachant que c'était ses parents, Lois se dirigea vers la porte pour leur ouvrir. Souriant à nouveau à Clark, elle ne put résister à l'envie de faire un dernier commentaire. " Encore sauvé par le gong, Kent, mais nous en rediscuterons plus tard..."

"Je suis certain que c'est encore toi qui vas gagner."

" Vous voyez Martha, le mariage lui a fait le plus grand bien !"

Les quatre Kent échangèrent encore quelques rires quand Lois ouvrit la porte à ses parents, apparemment conscients qu'ils étaient entrés au beau milieu d'une conversation déjà entamée. Pour ne pas gêner, Ellen embrassa rapidement sa fille et s'avança pour aller jeter un coup d'œil au bébé. Sam dit bonjour à sa fille et la prit dans ses bras, lui souhaitant le bonjour puis la laissa retourner auprès des autres.

Malgré toutes les erreurs commises dans le passé, les parents de Lois aimaient vraiment leurs deux filles. Il semblait que le fait de concilier leurs différences leur avait permis d'acquérir une sorte de liberté ou d'habileté à pouvoir communiquer leur état d'âme à leurs enfants, quelque chose qui était nouveau pour tous. Tous deux étaient très enthousiasmés à l'idée de devenir grands-parents et en même temps d'avoir droit à une seconde chance avec leurs filles. Entendant les cris de l'enfant provenant de la chambre à coucher de Lois et Clark, ni l'un ni l'autre n'avaient pu résister à l'envie d'aller y faire un tour.

Lois soupira. Elle n'avait pas encore réalisé à quel point elle avait besoin de Clark jusqu'à  ce qu'ils aient à expliquer la présence du bébé à ses parents. Aucun des membres de la famille Lane n'était bon à exprimer ses sentiments aux autres et, résultat, ils passaient la majorité de leur vie à marcher sur des œufs en présence les uns des autres. Mais Clark les avait accueillis à bras ouverts, comme il l'aurait fait pour n'importe qui d'autre. Avec son soutien, elle trouvait plus facile de passer du temps avec ses parents et réussissait à éviter les heurts. Il semblait toujours savoir à quel moment diriger une conversation vers un autre sujet ou encore parler à Lois en privé.

Entrevoyant la possibilité que des questions nécessitant beaucoup d'explications pouvaient surgir, Clark tenta de distraire tout le monde. "Bien, nous avons vraiment tous une journée très longue devant nous. Lois et moi devons savoir comment ce petit bonhomme est arrivé jusqu'ici. En attendant de pouvoir le renvoyer d'où il vient, on a besoin de quelques petites choses." Se tournant vers sa mère, Clark élabora un plan d'action. "Maman, est-ce qu'Ellen et toi pourriez aller chercher des vêtements pour le bébé... et plus de nourriture... et pensez-vous que l'on ait besoin d'autre chose ? À première vue, vous devez toutes les deux en savoir plus que Lois et moi sur les soins à prodiguer à un bébé."

"Bien sûr, chéri," dit Martha, une lueur amusée dans les yeux. "Allons-y, Ellen, préparons-nous et allons faire les magasins pour enfants."

En souriant, Clark s'adressa à son père. "Il semble que toi et Sam allez être aussi sollicités. A les entendre parler, il y aura quelques sacs à porter. Lois et moi pourrons travailler ici et surveiller le bébé."

"D'accord, fiston. Sam et moi essaierons de les retenir pour qu'elles laissent quelque chose sur les étagères des magasins."

Sam se dirigea vers Clark et lui donna une tape amicale dans le dos. "Clark, mon garçon, si vous pensiez qu'Ellen était emballée par votre mariage ? Eh bien vous n'aviez aucune idée comme elle attendait d'avoir des petits-enfants."

"Papa, demanda Lois, Maman veut vraiment des petits-enfants ? Ma mère ? Celle qui est dans la pièce à côté ? Ne réalise-t-elle pas que ça fera d'elle une grand-mère ?"

Passant son bras autour de Lois, il ne put se retenir de rire. "Oui, Princesse, et elle s'attend vraiment à ce que vous ayez des enfants un jour, mais ne vous en faites pas, Jonathan et moi, nous nous assurerons qu'elle ne dépense pas l'argent du collège."

"Papa, cet enfant n'est pas le nôtre..."

"Je sais. Je vais m'occuper de le lui rappeler."

"Merci papa !"

"Allons Jonathan, je crois que l'on devrait y aller avant qu'elles ne nous laissent derrière."

"Vous avez raison, Sam. Nous vous appellerons tout à l'heure pour savoir si vous avez besoin de quelque chose."

"Merci papa, Sam. Nous apprécions votre aide."

Les reconduisant jusqu'à la porte, Clark la referma doucement et contempla sa femme. Empreint de respect en regardant Lois tenir l'enfant, il s'assit sans bruit tout à côté d'elle. Il pouvait voir que les émotions de Lois faisaient ressortir ce qu'il y avait de meilleur en elle, maintenant que tout le reste de la famille était occupé. L'entourant de ses bras, il essaya de lui apporter encore plus de soutien.

"Shh, tout finira par rentrer dans l'ordre. Nous allons trouver un moyen pour aider ce petit garçon. Et aussi, nous allons trouver le moyen d'avoir un enfant nous aussi."

"Clark, je sais que je devrais me concentrer sur la façon de l'aider, mais je ne peux rien y faire, je veux seulement continuer de le prendre dans mes bras. Je veux me convaincre pour un temps qu'il est vraiment à nous."

"Je sais, chérie. Je veux cela autant que tu le désires, mais nous avons beaucoup de choses à faire avant que nos parents ne reviennent."

"Je sais. On doit donner l'impression que l'on travaille sur un article."

"C'est vrai. Pourquoi ne t'habilles-tu pas et je vais le surveiller."

Souriant à Clark, Lois lui tendit le bébé. "Tu le tiens uniquement pour que je me prépare, c'est ça ?" Lui jetant un regard des plus innocents, il acquiesça: "Bien sûr."

"Oui, c'est ça..."

Lois et Clark étaient déjà descendus à la cuisine lorsque Martha et Ellen arrivèrent, examinant une feuille de papier. En voyant Lois, qui donnait encore à manger au bébé, elles s'approchèrent d'elle.

"Lois, dit Martha, tout en posant la liste sur la table, il y a assez de biberons dans le frigo pour tenir jusqu'à notre retour. Il aura probablement besoin de manger toutes les deux heures. J'ai montré à Clark comment les réchauffer, mais vous devriez peut-être vous en assurer. Vous devrez aussi vérifier sa couche dès qu'il aura mangé. Et il dormira probablement entre chaque biberon. Nous avons mis toutes les directives par écrit, mais Ellen et moi avons nos téléphones portables si vous avez besoin de nous." Le bébé s'endormait et Lois redonna le biberon à Clark. Sans rien oublier, Martha continua. "Et nous pouvons le changer avant de partir, si vous voulez ?"

Se levant pour monter au premier, Lois hocha la tête. "C'est bon, Martha. J'ai regardé Clark. Je peux le faire."

"D'accord, chérie, à tout à l'heure."

Lois se dirigea vers l'étage, souhaitant avoir la mémoire photographique de Clark. Elle avait écouté tout ce que Martha avait dit à Clark sur la façon de changer un bébé, mais elle ne l'avait jamais fait. Elle avait fait beaucoup de détours pour toujours l'éviter, même quand sa sœur Lucy était toute petite et elle n'avait jamais gardé d'enfants pour cette raison. Et maintenant qu'elle avait encore ouvert sa grande bouche, elle était obligée de le faire. "Peut-être que ce ne sera pas si mal. S'il te plaît, dors." pensa-t-elle, espérant que le destin s'en chargerait.

Martha avait laissé les couches et les produits sur le canapé à côté du berceau. Prenant une couche, Lois se remémora tout ce que Martha avait dit à Clark. Elle déploya la couche, trouva les lingettes pour essuyer le bébé et chercha la poudre. Fière d'elle, elle commença à enlever la couche du bébé.

Martha et Ellen étaient presque arrivées à la porte d'entrée quand cela la frappa brutalement. Se retournant et courant à l'étage, Martha se fraya rapidement un chemin vers la chambre de Lois et Clark. "Lois, dit-elle, j'ai oublié de vous dire..."

Se tournant pour la regarder dans l'embrasure de la porte, Lois termina la phrase qui lui était adressée. "Ne le laissez pas sans couche..."

A la vue d'une Lois mouillée et découragée, Martha se retint de sourire. "Hmmm... oui. Désolée. Je vais vous envoyer Clark pour que vous puissiez vous changer."

"Merci, Martha. Y a-t-il autre chose que je doive savoir ?"

"Non, chérie, dit-elle avec un sourire, incapable de se contrôler, je crois que vous avez été baptisée."

"Merci beaucoup, Martha", grimaça Lois, riant finalement.

Quand les grands-parents revinrent, on aurait cru que tout le rayon enfant de chez Bloomingdale avait été livré dans le salon de la résidence Kent. Vraisemblablement, les grands-pères avaient été pris eux aussi par l'ambiance du shopping.

Appelant du salon, en dépit du bébé endormi, Ellen annonça qu'ils étaient de retour. "Lois, Clark, où êtes-vous ?"

Clark se dépêcha de descendre au rez-de-chaussée retrouver Ellen qui approchait maintenant des escaliers. "Chut ! Lois vient tout juste de le coucher pour qu'il fasse un petit somme." En voyant tous les paquets qu'apportaient encore Jonathan et Sam, il hocha la tête de désespoir. "Vous vous souvenez que nous avons uniquement un tout petit bébé ici, et pas un orphelinat entier ?"

Martha se dirigea vers Clark et le prit dans ses bras. "Chéri, même un tout petit bébé a besoin de beaucoup de choses... même si c'est pour un très court laps de temps." S'avançant vers les paquets, elle ajouta tendrement." Et vous aurez besoin de tout ça un jour, de toute façon."

Clark entendit Lois descendre les escaliers et se tourna vers elle quand il l'entendit s'exclamer.

"Maman ! Martha ! Qu'avez-vous fait ? Avez-vous laissé quelque chose au magasin ?"

"Écoute, Lois," objecta Ellen, "je sais que ça paraît beaucoup, mais tu verras que tu auras besoin de chaque chose." faisant un geste de la main à Sam, qui aidait encore Jonathan à transporter les derniers paquets, pour qu'il la défende. "Dis-lui, Sam."

"Hmm, oui, Princesse. Tu auras besoin de tout cela."

Clark s'avança vers Lois et lui prit la main. "Eh bien, regardons ce qu'ils ont acheté, chérie."

"D'accord, d'accord, céda Lois, qu'est-ce que c'est que tout cet attirail ?"

Avec le reste de la famille au premier, la chambre de Lois et Clark fut transformée temporairement en une chambre d'enfant. Lois et Martha se retirèrent à la cuisine pour préparer un nouveau biberon. Tout en lui montrant comment faire chauffer le biberon, Martha vit que Lois était un peu préoccupée.

"Lois, qu'y a-t-il ? Je sais quand quelque chose vous tracasse."

"Oh, Martha, je ne sais pas. Après tout, je croyais que j'étais prête pour ça. Quand on en a discuté auparavant, je me sentais prête. Maintenant, je ne sais pas si je peux le faire."

"Faire quoi, chérie ?"

"Tout cela. Après tout, rien qu'aujourd'hui, on m'a vomi dessus deux fois et... puis... vous avez vu l'accident avec la couche. Je l'ai changé trois fois et il n'est pas encore 13h ! Je n'ai pas pu aider Clark à préparer un article ni à trouver comment renvoyer le bébé d'où il vient."

"Lois, s'occuper d'un bébé n'est pas facile. C'est un travail qui prend 24 heures sur 24."

"C'est ce que je veux dire. Clark et moi avons déjà deux emplois qui occupent toute notre journée. Comment pourrons-nous en supporter un troisième ? Peut-être que Mlle Bailey avait raison. Peut-être ne devrions-nous pas avoir la responsabilité d'un enfant."

"Chérie, de quoi parlez-vous ? Qui est Mlle Bailey ?"

"Lorsque Clark et moi avons abordé la question d'avoir un enfant, on a pensé explorer toutes les options qui nous étaient offertes. Ainsi, nous avons décidé d'avoir plus d'informations sur l'adoption. Mlle Bailey est au service d'adoption du comté et elle a fait une recherche préliminaire sur nous. Sur 100 points, elle en a donné 97 à Clark et 19 à moi. Pouvez-vous le croire ? Elle a dit que j'étais une "accro du risque" et que "je me débrouillais pour affronter la mort à chaque coin de rue'". De plus, elle a dit qu'elle ne recommandait pas de placer un enfant chez nous."

"Et qu'a répondu Clark ?"

"Que n'importe quel enfant serait heureux de m'avoir pour mère."

"Et il a raison. Lois, être parent est l'un des emplois les plus exigeants que vous ne pourrez jamais avoir. Et ce n'est pas quelque chose que vous acceptez pour seulement quelques années. C'est un engagement à vie. Cela demande beaucoup de patience, de courage et l'amour inconditionnel de deux parents. S'il y a deux personnes qui possèdent cette ténacité, c'est vous deux."

"Martha, cela semble si merveilleux, mais après aujourd'hui, je ne sais plus."

"Lois, vous venez tout juste d'avoir un bébé qui vous est tombé dessus! Bien sûr, vous devrez vous adapter. Nous n'avions pas prévu l'arrivée de Clark. Pendant les premières semaines, j'ai cru que j'étais la femme la plus stupide du monde. Tout était nouveau pour moi. J'ai fait toutes les erreurs possibles." Plaçant sa main sur le bras de Lois, elle sourit. "Comment croyez-vous que j'ai pu vous prévenir pour l'incident de la couche ? Clark nous a attrapés Jonathan et moi plus d'une fois."

Lois la regarda et rit. "Vraiment ?"

"Vraiment. Mais ensemble, Jonathan et moi avons trouvé un moyen pour que tout fonctionne. Vous deux aussi, vous le ferez. Ensemble."

Derrière les deux femmes, une autre voix vint s'ajouter à leur conversation. "Elle a raison, Lois," dit Clark, passant ses bras autour d'elle, "Nous allons faire marcher tout ça... ensemble." Lois se rejeta en arrière contre Clark, réconfortée une fois encore par la chaleur de la famille. Se rappelant la remarque précédente, Clark se tourna vers Martha. "Maman, es-tu vraiment obligée de raconter l'incident de la couche à tout le monde ? La prochaine fois, tu montreras à Lois toutes mes vieilles photos de bébé tout nu."

Martha s'approcha et tapota ses joues rouges. "Je suis désolée, mon chéri, je ne voulais pas t'embarrasser. De toute façon, Lois a déjà vu ces photos depuis longtemps."

"Quoi ? Quand ? Où étais-je ?"

"Quand vous êtes venus à Smallville à la Fête du Maïs. Nous avons regardé des vieilles photos quand tu aidais Jonathan dans la grange."

Lois ne put se retenir de le taquiner un peu. "Tu avais un beau petit boyau, Clark."

"Maman, je ne peux pas croire que tu aies fait ça..."

Lois et Martha ne pouvaient pas se retenir plus longtemps. Lois leva la tête et le regarda puis lui donna un petit baiser sur les lèvres. "Je t'ai eu !"

"D'accord, ça suffit, je vais devoir vous séparer, vous deux...". Prenant part au rire général, il appuya sa tête sur l'épaule de Lois. Tout à coup incertain, il posa son regard sur l'une, puis sur l'autre. "Tu ne l'as pas vraiment fait, pas vrai, Maman ?"

Lois et Clark mirent finalement le bébé en sécurité dans le berceau et les grands-parents se retirèrent dans les chambres d'amis. Ils allaient monter eux aussi lorsque Clark entendit frapper à la porte. L'ouvrant avec précaution, il découvrit un H.G. Wells très inquiet.

"Oh mon Dieu, j'avais espéré vous trouver seuls."

Clark s'enferma avec Lois et Wells dans le vestibule pour que leurs voix ne soient pas entendues à l'étage.

D'après ses expériences passées avec Lois, H.G. Wells pensa que la meilleure chose à faire était de leur donner une explication rapide. "Clark, mon garçon, j'ai bien peur d'avoir besoin de votre aide. J'étais..."

Avant même que H.G. Wells ne continue, Lois pensa qu'elle en avait assez entendu. " Attendez une minute. Attendez juste une minute. Tout d'abord, vous laissez un bébé dans notre maison sans aucune explication puis vous revenez ensuite et vous voulez emmener mon mari avec vous... Dieu seul sait où... et vous voulez me laisser seule ici ?"

"Lois, ma chère, je vous ai fait confiance pour le bébé parce que je savais que seuls vous deux pouviez comprendre."

"M. Wells, demanda Clark en prenant la main de Lois, tentant de calmer tout le monde, qui est cet enfant et pourquoi avez-vous voulu que l'on s'occupe de lui ?"

"J'allais tout vous expliquer. Je voyageais dans le futur et j'ai découvert qu'Utopia avait été, d'une certaine manière, dérangée. Encore pire, elle n'a même jamais existé. Je suis revenu sur mes pas pour en trouver la cause et j'ai découvert la situation la plus désastreuse possible. Quelqu'un essayait de faire du mal à votre descendance, ce qui empêchait l'existence même d'Utopia. J'ai donc fait la seule chose qui m'ait traversé l'esprit en pareilles circonstances. J'ai apporté l'enfant ici jusqu'à ce que nous puissions arranger les événements du futur. Clark, nous devons nous dépêcher."

Lois essaya d'avaler toute l'information qui lui avait été donnée, mais elle devait d'abord éclaircir un point précis. "M. Wells, vous avez dit que quelqu'un essayait de faire du mal à nos descendants. Qui est cet enfant ?"

"Lois, pensez à votre premier voyage dans le temps, lorsque vous avez sauvé Clark bébé. Il y avait un brin d'information supplémentaire que je n'ai pas restitué à votre mémoire. Si vous vous concentrez, cela vous reviendra."

Lois et Clark se regardèrent en espérant que ces paroles s'éclaircissent. Les observant, H.G. Wells poursuivit, "Lois, rappelez-vous que c'est la première fois que vous avez découvert que Clark était Superman. Vous étiez bouleversée que Clark n'ait pas partagé son secret avec vous. Tempus vous avait même nargué parce que vous n'aviez pas voulu regarder plus loin que le bout de votre nez. Est-ce que vous vous rappelez ce que je vous ai dit ?"

Des images commencèrent à défiler dans la tête de Lois. Elle voyait la machine à voyager dans le temps et les bêtises de Tempus. "Je me rappelle. Il a dit qu'il voulait rencontrer la femme 'la plus galactiquement stupide' ". Vous avez dit que j'étais aveuglée par l'amour et que notre histoire était celle que les parents racontaient encore et encore à leurs enfants." Les mots revenaient enfin à Lois, elle se tourna vers Clark et répéta à nouveau ces paroles. "Et nos descendants sont ceux qui créèrent Utopia."

N'arrivant pas à croire ce qu'il entendait, Clark se tourna vers H.G. Wells. "Êtes-vous en train de nous dire que Lois et moi pouvons... nous pouvons avoir des enfants ? Que cet enfant est notre... quoi... petit-fils ?"

"Eh bien, votre arrière-arrière-petit-fils pour être exact."

"Lois et Clark se regardèrent l'un l'autre étonnés. Ils étaient tous les deux fous de joie de savoir qu'ils pouvaient concevoir un enfant, mais ne savaient pas encore de quelle manière aider le bébé qui dormait au premier. Leurs émotions étant au maximum, Clark attira Lois vers lui pour l'embrasser. Il n'y avait rien à dire.

H.G. Wells se retrouva dans une situation qui semblait se répéter souvent avec les Kent. S'éclaircissant la gorge, il tenta de les faire revenir dans le vif du sujet.

Regardant Clark droit dans les yeux, Lois lui sourit une dernière fois et se tourna vers H.G. Wells. "D'accord, je comprends pourquoi vous avez amené notre arrière... arrière... petit-fils..." Elle se tut un instant et une autre question lui vint à l'esprit. "Au fait, quel est son nom ?"

"Lois, moins vous en saurez à propos du futur, mieux ce sera. Je peux cependant, vous dire qu'ils l'appellent CJ." J'aimerais mieux ne pas vous dire pourquoi."

"C'est juste. D'accord alors, je comprends pourquoi vous avez amené CJ ici. Ce que je ne comprends pas c'est ce que vous attendez de Clark. Et aussi pourquoi vous voulez seulement de lui pour vous aider."

"Lois, la personne qui a dérangé Utopia a dû aussi découvrir l'identité de votre arrière-petit-fils. J'ai besoin de la présence de Clark pour expliquer à son petit-fils le danger dans lequel il se trouve. Il n'a aucune raison de me croire, mais les pouvoirs de Clark seront vraiment très difficiles à réfuter."

" Mais si quelqu'un a découvert l'identité de notre arrière-petit-fils, ne reconnaîtra-t-il pas Clark aussi ?" demanda Lois.

"C'est possible, mais j'ai peur, ma chère, que ce soit un risque que nous devions prendre." dit H.G. Wells, se tournant vers Clark. "Clark, vous ne devriez courir aucun risque. Le travail que vous avez commencé avec Star Labs a été complété par vos enfants. La kryptonite n'existe pas dans le futur.

"Donc, ajouta Lois, pas encore convaincue, quelle est la menace pour le futur ? Comment quelqu'un peut-il empêcher la création d'Utopia ?"

"Je n'en suis pas encore tout à fait sûr. C'est pourquoi j'ai besoin de Clark, il m'aidera à le découvrir." H.G. Wells reporta son attention sur Lois, espérant pouvoir lui expliquer son plan. "Ma chère, aussi épouvantable que puisse paraître ce plan, qui doit être accompli, les pouvoirs de Clark seront sollicités pour renverser la situation, Clark aura peut-être même de la difficulté à convaincre vos descendants du danger. J'ai peur qu'il faille que Superman vienne en personne pour tout remettre en ordre. Et le temps est précieux."

Se tournant vers Lois pour la prendre à nouveau dans ses bras, Clark essaya de la rassurer. "Lois, chérie, je dois aller avec lui... on doit arranger le cours des événements !"

"Je ne discuterai pas avec toi... je sais que tu dois y aller." Lois s'approcha de Clark pour retenir son attention, la détermination se lisant sur son visage était égale à la sienne. "Mais je vais avec toi."

"Non."

"Je peux t'aider."

"Lois... non !"

"Je ne veux pas te perdre..." Le tremblement de sa voix faillit ébranler la décision de Clark, mais il savait, sans en connaître la cause, il savait... quelque part... qu'il était vital cette fois-ci qu'elle reste derrière lui. Il la serra plus fort dans ses bras et la sentit se serrer contre lui. Elle entoura ses bras autour de sa taille, il savait que ce geste était l'expression de son assentiment. Et alors qu'elle posa sa tête sur son épaule, il l'entendit murmurer: "Tu dois m'emmener avec toi."

Clark soupira, posant sa tête contre la sienne. Il embrassa ses cheveux, prit délicatement son menton pour qu'elle le regarde dans les yeux. "Tu ne me perdras pas", la rassura-t-il, "mais pour l'instant, ce bébé, notre arrière-arrière-petit-fils..." dit-il en souriant, encore tout bouleversé par à cette pensée, mais revenant à la réalité. "Ce bébé a besoin de toi ici. M. Wells a dit que sa vie était en danger dans le futur... si ce danger le poursuit jusqu'ici... Mes parents sont fantastiques, mais tu es la seule à connaître le tae kwon do."

Lois le regarda, pas vraiment convaincue. Elle commença à protester. "Clark..." mais les lèvres de Clark la firent taire.

"Tu as dit que tu voulais m'aider..." lui rappela Clark, tandis qu'il se dégageait de son étreinte. Elle acquiesça, son regard de défi commença à s'effacer.

"C'est de ce genre d'aide dont j'ai besoin. J'ai besoin de savoir que CJ et mes parents sont en sécurité."

"Mais Clark, Martha et Jonathan peuvent en prendre soin... mieux que moi, à ce qu'il semble. Et qui viendra ici chercher un bébé de..." Regardant H.G. Wells, elle lui demanda silencieusement de terminer sa phrase.

"2079" répondit H.G. Wells.

"Wow !" Se tournant vers Clark, elle continua de se défendre. "Comme je l'ai dit, qui viendrait ici chercher un enfant de 2079 ? Et qu'est-ce que tu disais à propos de traverser les épreuves ensemble ?"

"Nous le faisons. Lois, s'il était notre enfant, que ferais-tu ? Tu le protégerais comme tu me protégerais, moi, avec ta vie... Ne te rappelles-tu pas ? Je me bats contre les méchants, tu écris les histoires. Quelqu'un doit rester ici et écrire l'histoire."

"Mais, Clark..."

"Chérie, penses-tu que ma mère et mon père peuvent expliquer tout cela à Perry... ou encore à tes parents... ou encore au Service d'Adoption, et s'ils découvraient la vérité sur ce qui se passe ?"

Dans un profond soupir, Lois acquiesça. " Non, mais, Clark..."

"Lois, tu sais bien que je ne veux pas te quitter !" murmura-t-il, se penchant vers elle.

"Je ne peux imaginer ne pas passer tous les moments possibles avec toi." Il se recula et la regarda dans les yeux. "Mais nous devons protéger l'avenir de CJ... notre avenir... c'est comme ça que nous pourrons traverser cette épreuve."

Malgré toutes ses convictions, Lois ne pouvait résister à Clark quand il la regardait de cette manière. Ce regard qui touchait son cœur et lui donnait des frissons dans le dos. Même si elle ne voulait pas l'admettre, elle savait qu'il avait raison. "D'accord, va te battre contre les méchants." Avançant ses mains pour les poser sur le visage de Clark, elle l'observa en silence, essayant de faire taire sa peur, mémorisant chacun de ses traits. Puis elle approcha son visage du sien. "Reviens-moi !" soupira-t-elle juste avant que leurs lèvres se joignent.

Il la serra contre lui et l'embrassa passionnément. "Toujours !", murmura-t-il tout contre sa bouche.

H.G. Wells, qui était une fois de plus oublié par le couple, s'éclaircit la gorge. "Je crains que nous ne devions y aller, mon garçon."

Se tournant vers H G. Wells, Clark acquiesça. Donnant un dernier baiser à Lois, il murmura tout près de ses lèvres. "Je t'aime, Lois Lane."

"Je t'aime, Clark Kent." Le poussant vers la porte, elle soupira. "Maintenant, va-t'en avant que je ne change d'avis."

Lois regarda les deux hommes disparaître pendant qu'ils empruntaient le chemin qui menait à la machine à voyager dans le temps. Fermant la porte, elle monta lentement dans leur chambre, seule, essayant de savoir ce qu'elle allait faire maintenant.

Métropolis, 6 avril 2079, 7h30

Laisser CJ à la garderie le matin suivant ne fut pas plus facile que ça l'avait été le premier jour, même si Lori était heureuse d'entendre que CJ prenait bien les biberons que lui donnait le personnel de la crèche. Clark et Lori le couchèrent dans le berceau et ils l'observèrent tandis qu'il s'endormait. Aussitôt qu'il fut installé, Clark traîna Lori à l'extérieur avant qu'elle ne puisse objecter. Ce n'était pas plus facile pour lui de laisser CJ que ça ne l'était pour Lori, mais plus longtemps ils restaient là, plus difficile ce serait de le quitter.

L'université possédait une garderie pour toute la faculté, qui se situait justement dans le bâtiment à côté de celui de Clark. Savoir que Clark pouvait surveiller le bébé à tout instant et  être sur place en quelques secondes si nécessaire, apaisait quelque peu les inquiétudes de Lori de le laisser à des étrangers. Mais bien que son esprit ait enregistré tout cela, elle avait encore du mal à l'expliquer à son cœur.

Ils marchèrent en silence dans le sentier tracé menant à l'université. C'était devenu leur routine quotidienne, aller ensemble au campus, Clark l'embrassant et lui disant au revoir quand ils atteignaient son bâtiment.

"Chéri, tu n'as pas besoin de jouer les baby-sitters. Je vais bien. Et c'est ridicule de faire tout ce détour exprès pour moi et de revenir ensuite sur tes pas."

"Je sais que tu n'as pas besoin de baby-sitter. J'aime seulement passer ces quelques derniers instants seul avec toi." Clark s'arrêta et la conduisit vers les jardins qu'ils traversaient. L'attirant à lui, il l'embrassa tendrement. " Et tu sais que je déteste perdre du temps sans toi à mes côtés."

Lui rendant le baiser qu'il lui avait donné, ils se perdirent l'un dans l'autre. Ils revinrent rapidement au présent au moment où les arrosoirs se mirent soudainement en marche, arrosant les fleurs du printemps et les jeunes amoureux. Riant à gorge déployée, ils reprirent le sentier.

"J'aimerais savoir quelle excuse tu vas donner à tes étudiants."

"Bien, la 'vision à infrarouge' a ses avantages."

"Oui, en effet. Maintenant sèche-moi avant que quelqu'un nous voie."

"Tu sais, nous sommes mariés. Nous avons le droit de nous embrasser. Et c'est le printemps... le temps pour un jeune homme de se tourner vers l'amour."

"Je sais, mais je me fais déjà assez taquiner comme ça au bureau. Je ne veux pas leur donner de 'munitions' supplémentaires."

"Alors, si je te faisais faire un tour à la cime d'une montagne déserte pour avoir un peu plus de 'ce caprice de printemps', y verrais-tu une objection ?"

"Bien, je n'ai jamais dit cela... Mais comment expliquerais-tu ton retard à tes étudiants ?"

"C'est sans problèmes. Tim me demande toujours s'il peut me remplacer pour certains cours."

"Je vois que tu as eu du temps pour réfléchir à tout ça..." dit-elle en souriant, se tournant pour poursuivre son chemin vers son bâtiment.

"Comme tu l'as dit, lorsque tu t'y attendras le moins..."

"Je crois que le monde serait choqué de voir ce côté de son super héros."

"Oh, je pense qu'il comprendrait."

"Vraiment ? Eh bien, quoi qu'il en soit, je n'ai pas envie de lire ça dans le journal de ton grand-père."

"De qui crois-tu que me vienne cette idée ?"

"Clark, je savais qu'il ne fallait pas vous laisser seuls tous les deux. Ta mère m'avait prévenue."

"Eh bien, dit-il tout sourire en se penchant à son oreille, il dit que ma grand-mère a toujours considéré cela comme un des avantages d'être mariée à Superman."

Elle ne put s'empêcher de rire. "Je le pense aussi. Mais la dernière fois que tu as fait cela, c'était... il y a onze mois ? Et regarde ce que ça a donné."

"Eh bien, tu l'as dit toi-même, tu veux d'autres enfants." L'embrassant tendrement sur la joue, il poursuivit. "Jusqu'à présent, tu n'as fait qu'approuver mon plan."

"Je veux d'autres enfants, mais j'aimerais tout d'abord avoir du temps pour jouir de la présence de CJ. Elle s'interrompit pour retrouver ses pensées, elle se redressa et sourit. "Et vous ne me rendez pas la tâche facile pour que je reste saine d'esprit, M. Kent."

"Je n'essayais pas."

"J'avais remarqué. Et ne crois pas que je n'apprécie pas tes efforts, mais je dois maintenant aller travailler. Je suis partie pendant huit semaines après tout. Et tes prétextes pour excuser mon retard ne sont pas plus valables que les miens."

S'avouant vaincu, il leva les bras au ciel et dit. "D'accord, d'accord. Je sais quand j'ai perdu. Mais rappelle-toi, lorsque tu t'y attendras le moins..."

"Je te fais confiance de ce côté-là."

"Ne crois pas que tu pourras y échapper."

" Au fait dit-elle, changeant de sujet avant d'arriver en retard. A quelle heure dois-je dire à Jérémiah de venir pour votre partie d'échecs, ce soir ?"

"Dis-lui de venir vers 19h. J'aurai terminé de préparer le souper et, Dieu merci, à cette heure-là CJ sera endormi. Nous pourrons dîner et ensuite nous retirer pour jouer aux échecs."

"D'accord. C'est un homme si gentil et tu sembles tellement l'impressionner."

"En fait, dit-il malicieusement, tu es la seule personne que j'essaie d'impressionner, mais ce sera vraiment bien d'avoir un défi à relever aux échecs. Je suis assez fatigué de te laisser gagner à chaque fois qu'on joue."

"Hé..." Voyant qu'il lui faisait les yeux doux, elle l'embrassa pour lui dire au revoir. "Vas-y. Je donnerai un coup de fil à Tim et je lui dirai de se tenir prêt."

"Merci. Je t'aime, chérie."

"Je t'aime aussi", murmura-t-elle, comme il disparaissait dans un rush, sachant qu'il pouvait l'entendre.

Métropolis, 15 juin 1997, 23h.

Lois était assise dans chambre à coucher, le regard posé sur l'enfant endormi dans le berceau de Clark. Elle n'aurait jamais cru qu'avoir un bébé pour une si courte durée pouvait à ce point déchirer son cœur. Depuis que le docteur Klein leur avait dit qu'ils ne pouvaient pas procréer, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils avaient tout de même perdu quelque chose. C'était un sentiment qu'elle ne pouvait décrire, jusqu'à aujourd'hui.

Depuis quatre ans qu'elle connaissait Clark, ils avaient vécu plus de choses que la plupart des gens dans une vie entière. Malgré les guerres dans d'autres galaxies, l'amnésie, les univers parallèles, la kryptonite, les agences diaboliques du gouvernement et un nombre inouï de complots visant à les séparer, toutes ces épreuves n'avaient fait que les rapprocher encore davantage. Curieusement, aucune machination d'un quelconque psychopathe n'avait le pouvoir de déchirer leurs cœurs à ce point.

Ils avaient déjà parlé de fonder une famille avant même d'être mariés, Lois savait ce que cela représentait pour lui. Avant Clark, elle n'aurait jamais voulu reproduire la tristesse son enfance sur une autre génération. Mais après être devenue un membre de la famille de Clark, elle réalisa finalement ce que voulait réellement dire faire partie d'une famille. Elle ne pouvait s'empêcher d'envier l'enfance qu'il avait eue. Elle devait l'admettre, même s'ils n'étaient mariés que depuis quelques mois, elle regardait bien en face le jour où ils fonderaient une famille. Cela n'en était pas moins effrayant, mais pour Lois, c'était un immense pas en avant.

Mais maintenant qu'elle savait qu'ils pouvaient avoir un enfant, elle ne parvenait pas à décrire son état d'âme. Elle était soulagée, ravie, accablée... "Regarde-toi en face, Lane... tu es effrayée à mort." Regardant les traits minuscules du bébé, elle imaginait à quoi ressemblerait leur enfant. Serait-il le portrait de Clark ? Serait-il même un ‘il' ? Que voulait dire les initiales CJ ? Etait-ce une simple coïncidence que ce soit les mêmes que celles de Clark ? H.G. Wells ne lui avait même pas dit son nom de famille,  elle ne savait même pas s'il s'appelait Kent.

Avec plus de questions que de réponses, elle se mit au lit, poussant un profond soupir. Fermant les yeux, elle essaya de faire le ménage dans sa tête. Elle n'avait jamais réalisé à quel point c'était fatiguant de prendre soin d'un enfant. Avant même de s'en apercevoir, elle s'endormit.

Métropolis, 6 avril 2079, 19h.

Jérémiah arriva chez les Kent à 19h précises, il avait choisi une bouteille de vin spécialement pour cette occasion qu'il tenait coincée sous son bras. Il avait vraiment hâte de venir, ayant planifié chaque étape avec précaution. Il savourait chaque instant d'avoir, encore une fois, un partenaire de cette envergure.

Lori et Clark lui avaient préparé un délicieux plat italien, on disait que la recette était passée de génération en génération depuis l'arrière-grand-père de Clark. Et malgré tous ses efforts, Jérémiah ne put tirer la moindre information de Clark, révélant simplement qu'il avait juré de ne jamais divulguer le secret de la recette.

"Bien, j'espère avoir plus de chance aux échecs." plaisanta-t-il.

"Pourquoi n'allez-vous pas vous installer, ajouta Lori, plaçant CJ dans son berceau, CJ et moi ferons la vaisselle."

"D'accord chérie, crie si tu as besoin de quelque chose."

Les deux hommes occupés aux échecs et CJ dormant paisiblement, Lori commença à répondre aux cartes de félicitations. À chaque fois qu'elle croyait avoir terminé, un autre cadeau apparaissait. Elle en avait encore davantage à faire puisqu'elle était retournée au travail et elle était déterminée à les finir. Avec cinq autres petits mots à écrire et simplement deux cartes restant dans la boîte, elle décida de sortir et de se rendre au magasin du coin pour en chercher.

Elle entra dans le salon et trouva son époux et Jérémiah penchés sur l'échiquier.

"Alors, qui gagne ?"

"Eh bien, répondit Jérémiah, Clark a mené un temps, mais je suis en passe de m'en sortir maintenant."

"Oui, sourit Clark, je crois qu'il s'impose..."

"Bien, je vais vous laisser. Clark, je vais au magasin chercher d'autres cartes de remerciements. CJ dort dans sa chambre. Peux-tu le surveiller jusqu'à ce que je sois de retour ?"

"Certainement chérie. Fais attention à toi."

"Oui. Je serai de retour dans une demi-heure. Battez-le. Jérémiah!"

"J'en ai bien l'intention, Lori."

"Hé, protesta Clark, de quel côté es-tu ?"

"J'aime bien prendre le parti de l'opprimé," sourit Lori, tapotant sa joue offensée, "tu gagnes toujours."

"Je vais voir si je peux finalement être celui qui remportera la partie contre lui, Lori."

"Bonne chance."

Regardant Lori ramasser ses affaires et sortir, Jérémiah se tourna vers Clark avec un sourire. "Vous avez vraiment une femme exceptionnelle, Clark. Elle me rappelle quelqu'un que j'ai connu il y a très longtemps."

La regardant toujours pendant qu'elle descendait dans la rue, Clark se retourna vers Jérémiah, incapable de masquer le sourire qu'il arborait. "Je suis l'homme le plus chanceux de la planète."

Repensant à la réflexion de Jérémiah, Clark parut intrigué par son nouveau partenaire de jeu. " Alors, que devrais-je savoir de vous ? Est-ce que votre famille vit ici à Métropolis ?"

"Non, je n'ai plus de famille. Je ne me suis jamais marié et mes parents sont morts il y a des années."

"Je suis désolé de l'apprendre. Bien, cette jeune femme dont vous parlez semble vous avoir vraiment marqué."

"Oui, en effet. Quand je croyais qu'elle était partie pour de bon, elle pointait à nouveau le bout de son nez."

"Je sais ce que vous voulez dire. Je suis devenu un homme mort à l'instant où j'ai vu Lori. Elle m'a eu dès ce moment et nous sommes ensemble depuis." Fixant l'échiquier, Clark joua le coup suivant. "Qu'est-il arrivé à cette jeune femme... si ça ne vous ennuie pas que je pose cette question ?"

"Oh, non, bien sûr que non", répondit Jérémiah, parant avec aisance le coup de Clark. "Ça ne me dérange pas. J'ai dû déménager et je ne l'ai jamais revue. Et, comme je l'ai dit, c'était il y a fort longtemps." Pressé de parler d'autre chose que de son passé, Jérémiah examina la pièce d'un regard circulaire. Portant son attention sur un petit livre de prénoms de bébés posé sur la table à côté de lui, il s'en saisit. Feuilletant les pages, il aperçut des noms entourés et d'autres rayés, tout au long du livre. Souriant, il dit à Clark. "Je vois que vous avez fait toute une recherche pour trouver le prénom de votre fils."

Clark rit, acquiesçant de la tête. "Bien, vous connaissez Lori. Elle devait connaître toutes les options avant que nous fassions un choix. Je crois que j'ai mémorisé tout le bouquin."

"Clark est un prénom vraiment très fort. Que veut-il dire ? Est-ce un nom de famille ?"

"Cela vient de l'ancien Anglais, ça veut dire 'ecclésiastique'. Il a été dans la famille aussi longtemps que la recette du dîner de tout à l'heure. Maintenant, voyons si je peux me rappeler... Jérémiah... n'est-ce pas un nom qui veut dire 'celui qui n'a pas d'espoir en l'avenir' ?"

"Très bien," sourit Jérémiah, posant le livre, "vous avez dû l'apprendre par cœur."

"Bien, vous ne semblez pas avoir vécu selon ce dicton. Je pense que Lori s'est inquiétée pour rien avec tous ces prénoms ."

"Oui, je crois."

Tous deux reprirent leur partie, chacun impressionné par l'habileté et la connaissance de la stratégie de l'adversaire. Après avoir pesé avec précaution les options qu'il avait, Clark s'apprêtait à jouer quand il fut interrompu par la sonnerie du téléphone. S'excusant d'interrompre la partie momentanément, il se dirigea à l'autre bout de la pièce et répondit.

"Résidence des Kent." Reconnaissant la voix familière de son grand-père, Clark lui souhaita le bonjour. "Pops, comment vas-tu ?"

"Eh bien, j'ai peur de t'apprendre de mauvaises nouvelles. J'ai regardé le dossier de ton amie disparue et tu avais raison. Il se passe quelque chose d'étrange. Un de mes reporters a fait une petite enquête auprès de ses voisins et ils ont dit qu'elle n'était jamais rentrée chez elle ce soir-là. Je lui ai même fait vérifier les Jane Doe qui se trouvent à la morgue et je suis désolé de te dire qu'une d'entre elles correspond à sa description. "Peut-être voudrais-tu aller jeter un œil pour t'en assurer ?"

"Merci, Pops. Je vais le faire."

"J'espère que ce n'est qu'une coïncidence, mais j'ai pensé que tu voudrais le savoir."

"Moi aussi je l'espère. S'il te plaît ne dis rien de tout cela à Lori. Je ne veux pas qu'elle s'inquiète si ce n'est pas elle."

"D'accord, fiston. Maintenant, prends soin de mon arrière-petit-fils !"

"Bien sûr. Je le gâte dès que j'en ai l'occasion."

"Bien. Maintenant, dis bonjour à Lori de ma part. Je dois aller à la maison avant que ta grand-mère ne vienne me chercher ici."

"Dis donc, c'est bien pour ça que tu restes tard ?"

"Tu sais tout ! Mais ne lui dis pas, d'accord ?"

"Je ne dirai rien. Prends soin de toi, Pops."

De retour à la partie, Clark semblait redouter quelque chose et était perdu dans ses pensées. Après avoir regardé Clark fixer l'échiquier pendant quelques minutes, Jérémiah brisa le silence.

"Est-ce que tout va bien ?"

Ne voulant pas montrer son inquiétude au sujet d'Eva jusqu'à ce que cela soit absolument nécessaire, Clark leva la tête et sourit poliment. "Oui, tout va bien." Avançant sa reine pour menacer le roi de Jérémiah, il annonça " Échec."

Jérémiah balaya l'échiquier du regard, cherchant son prochain coup, afin de trouver la défense appropriée à cette attaque. Cherchant quelque chose dans sa poche, il sortit lentement une petite pièce d'échecs de son écrin et la plaça sur le jeu.

Immédiatement, Clark ressentit une douleur foudroyante dans tout le corps et commença à respirer bruyamment pour chercher de l'air, incapable de discerner la cause de son malaise. Regardant l'échiquier, il aperçut la lueur verte de la nouvelle pièce. Et alors qu'il glissait lentement de sa chaise jusque sur le sol, il entendit les derniers mots de Jérémiah.

" Non, Clark, échec et mat!"

Les personnages de cet épisodes sont la propriété de DC Comics, December 3rd Production et Warner Brothers. Aucune violation des droits n'est délibérée de la part des auteurs du "Season 5 groupe", toutefois, les idées exprimées dans cet épisode sont la propriété des auteurs de la 5ème saison( copyrighted © 1997).